Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 31 mai 2019

Les Compagnons de la Libération


Les Compagnons de la Libération sont membres de l'ordre de la Libération, institué le 16 novembre 1940 par le général de Gaulle, « chef des Français libres ». Ce titre a été décerné pour récompenser les personnes, les unités militaires et les collectivités civiles se distinguant "dans l'œuvre de libération de la France et de son empire". Ainsi, ils étaient "1 038 personnes, cinq communes - Paris, Île-de-Sein, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors - dix-huit unités combattantes dont deux bâtiments de guerre" lors de la signature du décret de forclusion de l'ordre de la Libération, le 23 janvier 1946. En mai 2019, Le Monde évoque les Compagnons de la Libération dans son hors-série L'Esprit de résistance.

Pierre Clostermann (1921-2006)
Romain Gary, des « Racines du ciel » à « La Vie devant soi »
Max Guedj (1913-1945), héros méconnu de la France libre
« Ceux de Normandie-Niémen » d’Yves Donjon

Le 16 novembre 1940, le général de Gaulle crée L’Ordre de la Libération pour « récompenser les personnes ou collectivités militaires et civiles qui se sont signalées de manière exceptionnelle dans l’œuvre de Libération de la France et de son Empire. Il puise dans l’histoire de France et de la chevalerie le modèle qui l’inspire. Plus qu’une simple décoration, c’est une véritable phalange de combattants exceptionnels, réunis en un même combat, qu’il veut susciter ».

Le général de Gaulle « répugne à décerner la Légion d’Honneur, largement attribuée par Vichy et dont le Maréchal Pétain a reçu le collier de Grand Maître le 26 juillet. Il connaît les vertus de l’émulation et souhaite mettre en exergue des figures de courage et d’action au service de la libération de la France et de son Empire ».

Il entend distinguer les résistants, peu nombreux, l’ayant rallié dans des circonstances difficiles, venus d’horizons variés, unis par leur amour de la France, la volonté de la libérer de l’occupant nazi, le rejet du gouvernement de collaboration dirigé par le maréchal Pétain, et résistant dans la France Libre et la Résistance intérieure.

En « instituant leur ordre, le général de Gaulle a redonné tout son sens au mot de ‘compagnon’ et réinventé cette fraternité sur laquelle notre République s'est construite ».

Au total, 1038 personnes, de tous horizons, cinq communes (île de SeinVassieux-en-Vercors) et 18 unités combattantes, sont décorées de la Croix de la Libération. Parmi elles, six femmes, dont Berty Albrecht, et 25 nationalités sont représentées (le général Dwight EisenhowerWinston ChurchillS.M. Mohammed V). Notons que 238 Croix sont attribuées à titre posthume. En 1945, 720 Compagnons étaient vivants. Le romancier et ministre André Malraux (1901-1976), célèbre Compagnon, écrit : « L’Ordre est un cimetière. Nous parlons au nom de nos survivants, qui parlent au nom de leurs morts, qui parlent au nom de tous les morts ». Evoquons la mémoire du Wing Commander de la RAF Max Guedj (1943-1945) et de Pierre Clostermannas du "Grand  cirque".

Après guerre, l’Ordre donne à la France 36 ministres, 71 députés, 13 sénateurs, 34 maires, 80 officiers généraux ou amiraux et trois maréchaux de France. Citons le juriste et Prix Nobel de la Paix 1968 René Cassin ou François Jacob (jeune médecin militaire et Prix Nobel de Physiologie en 1965).

Le projet de l’insigne – Croix de la Libération, seul grade – est « réalisé par le capitaine des Forces françaises libres Tony Mella et la maquette est exécutée par la succursale londonienne du joaillier Cartier. Les couleurs du ruban ont été choisies de façon symbolique : le noir, exprimant le deuil de la France opprimée par les envahisseurs, le vert, exprimant l'espérance de la Patrie ».


Au « revers de l'écu, est inscrite en exergue la devise « PATRIAM SERVANDO - VICTORIAM TULIT » (« En servant la Patrie, il a remporté la Victoire ») ».

"1940-1945 une « chevalerie exceptionnelle »

Dans le cadre du 70e anniversaire de l’appel du général de Gaulle le 18 juin 1940 et du 30e anniversaire de la mort de Romain Gary (1914-1980), la Fondation Charles de Gaulle, le ministère français de la Défense (Secrétariat d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants) et la Chancellerie de l’Ordre de la Libération ont proposé l’exposition itinérante "1940-1945 une « chevalerie exceptionnelle », Romain Gary présente les Compagnons de la Libération" reprenant la formule du général. Rappelant le contexte de la défaite française, cette exposition didactique reprend les réponses inédites aux 43 questions adressées par l’écrivain Romain Gary à certains de ses frères d’armes, Compagnons de la Libération, pour évoquer les résistances, intérieure et extérieure, au régime de Vichy et à l’occupation nazie, les valeurs et le patriotisme de ces combattants. 

Quatre-vingt cinq témoignages écrits et sonores de Compagnons de la Libération soulignant leur patriotisme, leur peur et leur courage, 250 photos, cinq films dont deux projections sur grand écran, des cartes, une borne interactive, des panneaux historiques bilingues français-anglais visent à sensibiliser un public de tout âge à cette épopée.

En forme d’une Croix de Lorraine lumineuse, le parcours débute et s’achève par des espaces dévolus à Romain Gary.

L’axe majeur précise le contexte historique, la défaite française contre l’armée allemande, l’instauration du régime de Vichy, les premières résistances, à l’intérieur et à l’extérieur de la France, le premier statut des Juifs en 1940, rend hommage à des figures historiques (Jean Moulin, Félix Eboué)…

« Le plus grand moment de ma vie, ce fut la Croix de la Libération » (Romain Gary)
Romain Gary naît Roman Kacew en 1914, dans une famille juive de Vilno (Lituanie).

Son enfance est marquée par la Première Guerre mondiale : exode contraint vers la Russie, père enrôlé dans l’Armée russe et dont la trace est perdue. Dotée d’une grande volonté, sa mère « devient son unique repère », l’entourant « d’un amour débordant et exigeant ».

Tous deux fuient à Varsovie (Pologne), et arrivent en France où ils s’installent à Nice en 1928. Romain découvre la France dont il a tant rêvé.

Soldat en 1939, il est fasciné par les aviateurs, Guynemer, Mermoz, et par le journaliste et écrivain Kessel. Il postule à une préparation militaire supérieure à l’Ecole de l’Air.

En 1940, après la défaite de la France, il rejoint Londres et le général de Gaulle, via Casablanca (Maroc).

Il choisit comme nom de guerre « Romain Gary » (en russe, « Brûle ! »). Un pseudonyme qu’il gardera ce nom toute sa vie. La « France Libre devient sa seule famille lorsqu’il apprend le décès de sa mère, malade, en 1941 ».

Romain Gary est affecté au groupe de bombardement Lorraine. Début 1944, Romain Gary, observateur-navigateur, et son pilote Arnaud Langer sont blessés lors d’une mission de bombardement sur la France et accueillis à leur retour à la base en héros. La Croix de la Libération leur est attribuée le 20 novembre 1944.

Suivant l’injonction maternelle qui prédisait un destin d'ambassadeur, Romain Gary entame en 1945 une carrière diplomatique et publie Education Européenne, premier roman d’une œuvre diverse. Deux de ses œuvres – Les racines du ciel (1956) et La vie devant soi (1975) signé Emile Ajar - seront exceptionnellement récompensées par le Prix Goncourt.

En 1976, l’éditeur Lattès lui commande un livre sur les Compagnons. Enthousiasmé par le projet, Romain Gary élabore un questionnaire : il cherche à découvrir leurs « leviers intérieurs », les éléments qui les poussèrent à résister. Questions : « A quel moment avez-vous pris votre décision de continuer la lutte ? L’appel du général de Gaulle a-t-il été déterminant ou simplement propice ? », « Certains compagnons indiquent qu’ils n’acceptaient pas d’être vaincus. Pouvez-vous indiquer votre point de vue ? », « Si vous écriviez un livre sur les Compagnons de la Libération, que souligneriez-vous plus que tout le reste ? »…

Il demande à Jérôme Camilly, journaliste-reporter, d’enquêter auprès de ses frères d’armes. Il songe à trouver dans ce thème une source d’inspiration. Le projet n’aboutira pas. Ce questionnaire, des témoignages confiés et les écrits de Compagnons constituent le fil du parcours de cette exposition.

Publié quelques mois avant sa mort, Les Cerfs-volants, dernier roman de Romain Gary, porte sur cette période matrice dans sa vie.

Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980.

Des Compagnons de la Libération
Interrogés par un des leurs, ces Compagnons répondent avec précision, sincérité et modestie. Leurs témoignages, écrits ou sonores, sont rendus publics pour la première fois.

A la question : « Aviez-vous plutôt le sentiment d’être guidé par votre sens de l’honneur humain en général, de la dignité humaine, ou par des considérations strictement nationales ? », Pierre Dureau répond : « J’étais de famille chrétienne. Le nazisme, c’est la négation du christianisme, au même titre que l’antisémitisme ». Quant à Jacques Baumel, il se souvient : « Méfions-nous des grands mots ! J’ai été guidé par le respect de l’homme, le respect de la dignité humaine, de la liberté. J’exècre ces deux régimes, puisque je ne les mélange pas, le régime nazi et le régime de Vichy. L’un étant cruel, l’autre fourbe »

A la question : « Pouvez-vous donner un aperçu des périls que vous avez courus, de ce que vous pouvez considérer comme « victoire personnelle » dans ces actions ? », José Aboulker répond :
« La seule victoire personnelle, au moment du débarquement allié à Alger, c’était de ne pas avoir abandonné le soir du 7 novembre notre entreprise qui paraissait vouée à l’échec. Sur les 800 camarades qui devaient faire la prise insurrectionnelle d’Alger, la moitié ont manqué. En face de nous, il y avait les chefs vichyssois qui avaient pris l’habitude de la défaite : j’étais sûr que nous l’emporterions ».
L’exposition « fait résonner encore la mémoire de ceux qui ont combattu pour elle et vise à sensibiliser les jeunes générations à l’engagement de ceux qui ont combattu pour une France libre ».

Le 6 octobre 2016, les Rendez-vous d'Histoire de Blois proposèrent la table-ronde "Partir pour résister : la résistance extérieure des Français Libres" : "La résistance extérieure des Français libres impliquait de partir de France pour continuer le combat. Engagés sur tous les fronts, ces exilés volontaires eurent également le souci de maintenir un lien avec la France occupée". Le modérateur en sera Robert Bresse, Président de la Fondation de la France Libre, Robert Belot, Professeur des universités, Jean-François MURACCIOLE, Professeur des universités, Guillaume PIKETTY, Professeur d'histoire à Sciences Po Paris, Sébastien ALBERTELLI, Agrégé d'histoire.

La Mairie du IXe arrondissement de Paris a accueilli l'exposition Résister ! Les Compagnons de la Libération 1940-1945, proposée par le Musée de l'Ordre de la Libération.

"Une vie d'engagement - Les Compagnons de la Libération dans la Grande guerre"
Cette exposition est réalisée par le musée de l’Armée et le musée de l’ordre de la Libération, dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre. Elle se déroulait dans les galeries de la cour d’honneur en accès libre et gratuit.

"Les 1038 compagnons de la Libération ont des origines sociales, géographiques, confessionnelles et générationnelles très diverses mais ils se sont retrouvés, entre 1940 et 1945, dans un combat commun et des valeurs partagées qui sont le socle de la citoyenneté d’aujourd’hui. L’engagement, le désintéressement, le combat pour la Patrie et la liberté, le refus de l’asservissement en sont plusieurs exemples".

Les "futurs compagnons de la Libération, avant de s’engager dans le second conflit mondial, ont eu une formation, une éducation et des expériences qui constituent souvent la genèse de leur engagement résistant. Fait peu connu, une partie non négligeable d’entre eux (118 soit près de 12%) ont été également des acteurs de la guerre de 1914-1918 et, par conséquent, des deux conflits mondiaux qui ont ébranlé le XXe siècle. Ils se sont inscrits dans une forme de continuité dans l’action de défense nationale, dans le cadre de ce que le général de Gaulle a appelé « la Guerre de trente ans ».

Ces "hommes mais aussi ces femmes, nés entre 1880 et 1900, tout comme ceux de leur génération, font l’expérience du feu lors du premier conflit mondial. Quelque vingt ans plus tard, dans un contexte radicalement différent, ils se distinguent par un engagement volontaire dicté par leur conscience et rejoignent la petite minorité de ceux qui formeront la Résistance française dans les rangs de la France libre ou dans la clandestinité".

Cette exposition "en plein air se présente sous la forme de 32 panneaux installés sur les piliers de la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides. S’inscrivant dans le cadre des célébrations du centenaire de la Première Guerre mondiale, elle a pour objet de rappeler l’engagement dans la guerre de 14-18 de ces futurs compagnons de la Libération, combattants des deux guerres mondiales".

"Chaque panneau présente un compagnon issu de l’armée de terre, de l’aviation ou de la Marine, ainsi que deux femmes, Berty Albrecht, ambulancière volontaire, et Émilienne Moreau- Evrard, « héroïne » de la Grande Guerre. Un panneau est également consacré au fondateur et grand-maître de l’ordre de la Libération, Charles de Gaulle".

Parmi ces combattants de la Grande guerre : René Cassin (5 octobre 1887-20 février 1976), Compagnon de la Libération par décret du 1er août 1941.

René Cassin "est né le 5 octobre 1887 à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques" dans une famille juive. D'origine portugaise, "son père était négociant en vins. Il fait de brillantes études au lycée Masséna à Nice avant d'entrer à la faculté de droit à Aix-en-Provence. En 1906 il effectue son service militaire comme simple soldat puis reprend ses études. Licencié ès-Lettres, il remporte également le premier prix au concours général des facultés de droit. En 1914, il est Docteur ès sciences juridiques, économiques et politiques lorsqu'il est mobilisé, avec le grade de caporal-chef".

"Mobilisé en 1914 comme caporal-chef au 311e régiment d’infanterie, il participe à la bataille de la Marne. De ces violents combats, il garde toute sa vie à l’esprit « ces terribles nuits d’offensive au corps à corps, illuminées par l’incendie de nos villages ». A la tête d'un corps-franc, il est grièvement blessé par balles de mitrailleuse le 12 octobre 1914 à Saint-Mihiel. Il reçoit une grave blessure aux jambes et au ventre lors de la prise de Saint-Mihiel par les Allemands. Il est soigné à Antibes. Mutilé à 65%, réformé, il retourne à la vie civile où sa formation de juriste lui permet d’œuvrer à l’amélioration des conditions de vie des blessés, veuves et orphelins de guerre". Il reçoit la croix de guerre avec palme et la médaille militaire".

Il "enseigne à la Faculté d'Aix-en-Provence et à Marseille puis participe dès 1917 à la création de l'une des toutes premières associations départementales de victimes de guerre. Dès 1922, il "préside l’Union fédérale des Mutilés et Veuves de Guerre".

"Agrégé de droit en 1919, René Cassin est, à partir de 1922, président de l'Union fédérale des Mutilés et Veuves de Guerre ; professeur à la faculté de Lille, il rédige et fait voter des lois en faveur de l'emploi des victimes de guerre et se dépense sans compter dans ses différentes activités. En 1924, et jusqu'en 1938, le professeur René Cassin devient membre de la délégation française à la Société des Nations et lutte dans tous les domaines pour la Paix. En 1929, il est nommé professeur de droit à la faculté de Paris et devient vice-président du Conseil supérieur des Pupilles de la Nation".

"En 1930, après un voyage au Moyen-Orient où il rencontre, en Palestine, de nombreux Juifs allemands, il mène, dès son retour, une active campagne contre le nazisme. La même année, il obtient le vote de la loi sur la retraite du combattant. A la fin des années trente, il dénonce dans plusieurs discours le danger que représente le IIIe Reich pour l'Europe et le Monde".

"A la déclaration de guerre, René Cassin est nommé à la direction de la documentation au Commissariat à l'Information et, au moment de la débâcle, cet anti-nazi pressent la liquidation du régime républicain. Refusant l'idée de l'armistice, il décide, dès le 17 juin, de rejoindre l'Angleterre et embarque avec son épouse, le 24 juin à Saint-Jean-de-Luz, sur un bateau britannique de transport de troupes, l'Ettrick, à destination de Plymouth. "A Londres, il est l’architecte juridique de la France libre".

"Le 29 juin, il se présente à Saint Stephens House et le général de Gaulle lui confie la mission de rédiger un accord avec le gouvernement britannique, maintenant le caractère purement français de l'armée de la France Libre, Charte signée le 7 août 1940 entre Winston Churchill et Charles de Gaulle".

"Responsable du service juridique de la France Libre, membre du Conseil de défense de l'Empire à sa création en octobre 1940, René Cassin est le rédacteur des statuts de l'Ordre de la Libération créé par l'ordonnance n° 7 du 17 novembre 1940. René Cassin, qui multipliera pendant la guerre les interventions à la radio de Londres et les articles dans la presse française libre, est nommé Commissaire à la Justice et à l'Instruction publique du Comité national français en septembre 1941. Il entame, fin 1941, une tournée de trois mois au Proche-Orient et en AEF".

"A partir de 1942, il préside l'Alliance israélite universelle (AIU)".

Il "prend, à sa création en août 1943, la présidence du Comité juridique de la France combattante (qui fait office de Conseil d'Etat) fonction qu'il conserve au sein du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) avant de devenir à la libération, vice-président du Conseil d'Etat (jusqu'en juin 1960) puis Président honoraire. Il siège également à l'Assemblée consultative d'Alger dès novembre 1943. Entre 1942 et 1944, René Cassin est le représentant de la France au Comité des Ministres Alliés de l'Education et, de 1943 à 1945, représentant français à la commission d'enquête sur les crimes de guerre".

Il est "vice-président du conseil d’État après la guerre. A partir de 1946, il préside pendant seize ans le Conseil d'administration de l'Ecole nationale d'Administration (ENA), faisant constamment valoir dans ces fonctions les principes exigeants qui sont les siens dans le service de la Nation".

"En 1946, il fait partie du petit groupe international, présidé par Eleonor Roosevelt, qui a la charge de rédiger la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, votée à Paris, le 10 décembre 1948, par l'Assemblée générale des Nations-unies".

"En 1958 il préside le comité consultatif provisoire chargé de préparer la Constitution de la Ve République et reçoit, à l'Elysée, le serment du général de Gaulle, Président de la République en janvier 1959. En juin 1960, le professeur Cassin est nommé au Conseil constitutionnel dont il sera membre jusqu'en février 1971".

"Vice-président (1959) puis Président (1965-1968) de la Cour européenne des Droits de l'Homme, René Cassin reçoit en octobre 1968 le Prix Nobel de la Paix. Membre de l'Institut depuis 1947, Président de l'Académie des Sciences morales et politiques, Docteur honoris causa des universités d'Oxford, de Londres, de Mayence et de Jérusalem, il fonde en 1969, à Strasbourg, l'Institut international des Droits de l'Homme. Il est membre, en juin 1972, du Conseil de l'Ordre de la Libération".

"Le prix Nobel de la paix couronne en 1968 la carrière de cet humaniste, promoteur de la concorde universelle et des valeurs de la République pour laquelle il a tant œuvré".

René Cassin "est décédé le 20 février 1976 à l'Hôpital de la Salpetrière à Paris. Ses obsèques ont été célébrées à la Chancellerie de l'Ordre de la Libération. En 1987, son corps est transféré au Panthéon".
Titres l'ayant distingué :
• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 1er août 1941
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 14/18 avec palme
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Commandeur des Palmes Académiques


En mai 2019, Le Monde évoque les Compagnons de la Libération dans son hors-série L'Esprit de résistance
"Romain Gary, à qui un journaliste demandait s’il se sentait plus français que russe ou vice versa, avait fait cette réponse : « Ma patrie, c’est la France libre. » Nous devons beaucoup à Romain Gary, aviateur, écrivain sensible, élégant, facétieux et compagnon de la Libération. Nous devons beaucoup à Daniel Cordier."
"De son appartement face à la mer, à Cannes, inlassablement, il continue, à 98 ans, à répéter aux visiteurs qui recueillent ses paroles, comme un hymne au courage et à la liberté, le même discours avec sa voix malicieuse. Il fallait se soulever en juin 1940 et rejoindre Londres, ou trouver n’importe quel moyen pour résister. Oui, Jean Moulin, dont il fut le secrétaire, a accompli une immense tâche en unifiant la Résistance sous la direction du général de Gaulle."
"Cordier est devenu historien pour défendre l’honneur de son « patron », il est compagnon de la Libération. Un des quatre qui restent avec Hubert Germain, Pierre Simonet et Edgard Tupët-Thomé".
"Mais nous devons également beaucoup aux résistants inconnus que leurs familles redécouvrent aujourd’hui, aux étrangers qui se sont battus pour la France et qui ont été bien oubliés dans la distribution des médailles, et aux femmes résistantes aussi. Nous en avons rencontré trois : Marie-José Chombart de Lauwe, jeune résistante bretonne arrêtée et déportée à Ravensbrück ; Michèle Agniel, qui est partie dans le dernier train qui a quitté Paris pour les camps allemands, dix jours avant la Libération ; Madeleine Riffaud, qui devait prendre ce même train, le 15 août 1944, arrêtée et torturée pour avoir exécuté un officier allemand, et qui s’est évadée pour reprendre le combat."
"Les derniers acteurs de la Résistance et de la France libre disparaissent. En cette année du 75e anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 et des libérations des villes françaises, en premier lieu celle de Paris, le 25 août, la question de la transmission des valeurs de la Résistance occupe les dirigeants de plusieurs musées de la Résistance qui travaillent à rénover leur muséographie dans de nouveaux locaux."
"Le maillage de la France par les musées consacrés à la Résistance, à l’internement en France, à la déportation en Allemagne et, plus généralement, à la seconde guerre mondiale, est impressionnant, même s’il a mis très longtemps à se constituer. Les querelles entre les différentes mémoires de la Résistance se sont apaisées, les historiens continuent à ferrailler autour des interprétations mais sont d’accord sur l’essentiel : il faut se donner tous les moyens pour transmettre à la jeune génération, élèves du primaire, collégiens et "lycéens, l’histoire et les valeurs de la Résistance. C’est l’objectif de ce nouveau hors-série du Monde".

« L’esprit de Résistance », un hors-série du Monde, 100 pages, 8,50 euros, en kiosque et sur boutique.lemonde.fr.


Jusqu’au 4 juillet 2010
Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris (75004)
Ouverture tous les jours de 10 h à 20 h
Entrée libre

Visuels de haut en bas :
Affiche. (© DR)

1943, en Grande-Bretagne, au groupe de bombardement Lorraine. Romain Gary et son pilote, Arnaud Langer, dont il a enfilé le blouson. (© Musée de l’Ordre de la Libération)

Août 1945, à Nancy. Le Capitaine Romain Gary vient de recevoir la Croix de la Libération. (© DR)

Sur le décret d’attribution de la Croix de la Libération, les deux noms de Romain Gary et d’Arnaud Langer, son pilote, sont réunis comme dans le danger. (© Service Historique de la Défense)

Le général de Gaulle portant la Croix de la Libération, le 14 juillet 1941, à Brazzaville. En retrait, le général de Larminat. (© Musée de l’Ordre de la Libération)

La croix de l’Ordre de la Libération (© Musée de l’Ordre de la Libération)

René Cassin blessé à Chauvoncourt dans la Meuse le 12 octobre 1914. © Archives nationales (France)
Cet article a été publié le 24 juin 2010, puis le :
- 8 mai 2013 pour le 68e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945, 
- 26 mai 2013 alors que France 3 diffusait Alias Caracalla, au coeur de la résistance, d'Alain Tasma.
Il a été modifié le 14 janvier 2011 ;
- 19 juin 2014, 7 octobre 2016 et 29 mars 2018.
Les citations sont extraites du dossier de presse et du site de l'Ordre de la Libération

Harald Wolff, peintre et dessinateur


Né à Berlin (Allemagne), Harald Wolff est un dessinateur et peintre narratif qui affectionne les ambiances réalistes, fantastiques ou ironiques. La galerie d'art contemporain Kunstraum Vincke-Liepmann à Heidelberg présentera du 1er juin au 14 juillet 2019 l'exposition "Mehrfach zugewandt" - Arbeiten auf Papier und Malerei" ("Multi-facettes' - oeuvres sur papier et peinture"). Vernissage le 1er juin 2019 à 19 h avec accompagnement musical de Georg Grieg (guitare + voix) 



Harald Wolff est né à Berlin.

Il étudie à la Hochschule der Künste Berlin, élève de Martin Engelman


Il dépeint en des techniques mixtes (gouache et pastel gras) une « comédie dramatique » aux scènes théâtrales ou chevaleresques.


Au début des années 1970, cet artiste s'était installé à Florence (Italie), à Haïfa (Israël) et à Paris.


Exposées en Europe, ses œuvres ont été acquises notamment en France par le Fonds national de l’art contemporain (FNAC) et la Bibliothèque nationale (BNF).

"Intéressé par le dialogue humain, les rencontres et les conflits, Harald Wolff crée des œuvres semi-abstraites marquées par de riches combinaisons de couleurs et une certaine douceur de signature."

En 2012, la galerie Claire Corsia a présenté une exposition collective avec notamment le peintre Harald Wolff

Dans ses œuvres sur papier, Harald Wolff précise des situations paradoxales et drôles (« Parners meeting »), suggère ou use des flous pour peindre des ambiances légères, aériennes ou aquatiques.

Harald Wolff aime « mettre en désordre la banalité rassurante du quotidien »…

La galerie Kunstraum Vincke-Liepmann présenta une exposition du peintre Harald Wolff

La galerie Janzen a présenté l'exposition Leise Ahnung  de Harald Wolff. Des peintures et des dessins d'un artiste figuratif dont certains œuvres confinent à l'abstraction.

Cet artiste a été aussi l'un des invités de la XVe édition d'ARTCITE (22 septembre-22 octobre 2016) dans trois lieux à Fontenay-sous-Bois : l’Hôtel de ville, la Maison du citoyen et la Halle Roublot.

La galerie d'art contemporain Kunstraum Vincke-Liepmann à Heidelberg présentera l'exposition "Mehrfach zugewandt" - Arbeiten auf Papier und Malerei" ("Multi-facettes' - oeuvres sur papier et peinture") du 1er juin au 14 juillet 2019. 


"SONDERAUSSTELLUNG
Der vielfach ausgezeichnete Schriftsteller Martin Grzimek, der in der Nähe von Heidelberg lebt, zeigt sich im Kunstraum Vincke-Liepmann von einer unbekannt-kreativen Seite. Während einer Schreibpause an einem umfangreicheren Romanmanuskript entstanden im Sommer 2018 neunzig Zeichnungen mit Tinten- und Farbstiften. Es sind bildhafte Notizen in Anlehnung an das zuvor Geschriebene, als spielerisches Festhalten von Gedanken, Vorstellungen, verwischten Reflexionen. Keine der Zeichnungen ist aus dem Anspruch heraus entstanden, ein Kunstwerk zu schaffen. Die verwischten Linien deuten auf die Flüchtigkeit von Gedanken hin, Schnörkel und Schlingen auf den Moment des Spielens und Formen wie Kreis, Ellipse, Dreieck oder Quadrat auf feste Bestandteile des Alltäglichen.

In einer Sonderausstellung zeigt Martin Grzimek seine  kleinen Werke im Kunstraum Vincke-Liepmann und wird zur Vernissage am 4. Mai eine begleitende Lesung geben.

Verwischte Gedanken, 04. 05. 2019 (Eröffnung 19 Uhr), Kunstraum Vincke-Liepmann, Häusserstrasse 25, 69115 Heidelberg

MG, Schriftsteller, 1950 geboren und aufgewachsen in Trutzhain (Hessen), einem ehemaligen Kriegsgefangenenlager. Nach dem Studium der Theaterwissenschaften, Germanistik und Philosophie in Berlin und Heidelberg ab 1975 erste verstreute Veröffentlichungen. Von 1980 an Romane,  Erzählungen und Kinderbücher im Carl Hanser Verlag, München, zuletzt „Tristan - Roman um Liebe, Treue und Verrat“ und bei Hanser/dtv das Kinderbuch „Ich, Hannibal, der Floh“. Dozent für Deutsch und Kreatives Schreiben an der Uni Heidelberg. Lebt nach langjährigen Aufenthalten in Südamerika und den USA in Nußloch." 


Du 1er juin au 14 juillet 2019. Vernissage le 1er juin 2019 à 19 h avec accompagnement musical de Georg Grieg (guitare + voix) 
 A la  Kunstraum Vincke-Liepmann 
Häusserstrasse 25. D-69115 Heidelberg
Tél. : 0172 - 615 84 97
Jeudi et vendredi de 15 h à 19 h. Samedi et dimanche de 11 h à 15 h 

A partir du 15 février 2017. Vernissage le 15 février 2017 à 17 h
Du 18 septembre 2016 au 8 janvier 2017. Vernissage en présence de l'artiste le 18 septembre 2016 de 16 h à 19 h
A la galerie Janzen
Bastionstraße 13. 40213 Düsseldorf
Tel.: 0 211 - 875 451 50
Mercredi et vendredi de 14 h à 18 h. Dimanche de 12 h à 16 h . Et sur rendez-vous

Du 22 septembre au 22 octobre 2016
Hall de l'hôtel de ville
Du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h30 à 17 h30
Samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h
Présence d'artistes les samedis de 14 h à 18 h
4, esplanade Louis-Bayeurte - 94120 Fontenay-sous-Bois
Tél. : 01 49 74 74 74 

Maison du citoyen et de la vie associative
Du lundi au vendredi de 9 h à 21 h,
le samedi de 9 h30 à 18 h30
16, rue du R-P-Lucien-Aubry - 94120 Fontenay-sous-Bois
Tél. : 01 49 74 76 90 

Halle Roublot
Mardi, mercredi, jeudi et samedi de 14 h à 19 h vendredi de 16 h à 21 h
95, rue Roublot - 94120 Fontenay-sous-Bois 
Tél. : 01 71 33 52 31 

Du 4 juin au 17 juillet 2016
A la galerie Kunstraum Vincke-Liepmann 
Häusserstrasse 25
D-69115 Heidelberg
Tel. : 0172 - 615 84 97
Jeudi et vendredi de 15 h à 19 h
Samedi et dimanche de 11 h à 15 h

Jusqu’au 4 octobre 2012
323, rue Saint-Martin. 75003 Paris
Tél. : 09 52 06 65 88
Du lundi au samedi de 14 h à 19 h 

Visuels : © DR
o. T., 2016, Tusche + Pastell auf Chinapapier, 21 x 30 cm

Reiseglück | 2016 | Öl auf Leinwand | 97 x 130 cm




Articles sur ce blog concernant :











Cet article a été publié sur ce blog le 23 septembre 2012, puis les 3 juin et 17 septembre 2016, 7 janvier et 15 février 2017.

jeudi 30 mai 2019

« La tragédie des Brigades Internationales » de Patrick Rotman


« La tragédie des Brigades Internationales » (Vom Kämpfen und Sterben der Internationalen Brigaden) est un documentaire intéressant, mais carencé de Patrick Rotman. De « 1936 à 1939, la vraie histoire de ces combattants venus mêler leur destin à celui du peuple espagnol, dans l’éclatante lumière de l’héroïsme fraternel et la pénombre des crimes et des liquidations ». Arte diffusera le 30 mai 2019 le cinquième volet de l'"Espagne, l'histoire vue du ciel" (Spanien von oben - Geschichte(n) eines Landes), "L'héritage de la Guerre civile" (Das Erbe des Bürgerkriegs) de Mike Magidson. 

Le Front populaire et les photographes
« Les chansons du Front populaire », par Yves Riou et Philippe Pouchain
« La tragédie des Brigades Internationales » de Patrick Rotman

Dans les années 1980 et 1990, Patrick Rotman et Hervé Hamon sont devenus célèbres pour leurs enquêtes sérieuses et souvent déclinées en documentaires, et leur biographie d’Yves Montand. Les thèmes ? Les professeurs, Mai 68, les "intellocrates", la guerre d’Algérie sans en percevoir le caractère djihadiste, la « deuxième gauche » incarnée par le syndicat CFDT.

Co-auteur avec Jean Lacouture d’une biographie sur François Mitterrand, Patrick Rotman a poursuivi une carrière solo en présentant une émission historique télévisée Les Brûlures de l’Histoire. Et a réussi à générer une économie d’auteur de gauche reposant sur trois principaux piliers : l’édition – directeur de collection et auteur aux éditions du Seuil -, le service public audiovisuel – coproducteur et diffuseur de documentaires ou téléfilms -, et la société Kuiv Productions dirigée par Michel Rotman.

En 2011, est sorti le film La Conquête réalisé par Xavier Durringer sur un scénario de Patrick Rotman. L’ascension politique de Nicolas Sarkozy de 2002 et 2007, ses problèmes conjugaux, ses rivaux... Las, éclate l’affaire Dominique Strauss-Kahn, impliqué dans une agression sexuelle de Nafissatou Diallo, femme de chambre à l’hôtel Sofitel de New York. Une histoire aux nombreux rebondissements qui a intéressé davantage les spectateurs français.

Trois totalitarismes
Pourquoi l’intérêt de Patrick Rotman pour la Guerre d’Espagne au travers du prisme des « combats tragiques des Brigades internationales contre le fascisme » ? « C’est un conflit oublié, mais fondamental. Je le vois comme une antichambre de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle interviennent toutes les grandes puissances, mais aussi comme un conflit symbolique entre le bien et le mal, ou, pour le dire abruptement, entre les brigades du sacrifice. La guerre d’Espagne a longtemps marqué l’imaginaire de la gauche française, avant d’être peu à peu effacée de la mémoire collective. C’est pourquoi j’ai voulu la faire revivre avec des images rares, étonnantes, émouvantes. La guerre d’Espagne symbolise toute la tragédie du XXe siècle : le triomphe des totalitarismes », a expliqué Patrick Rotman à Emmanuel Raspiengeas.

Et de préciser : « Ce qui m’intéressait, c’était de revenir sur cette vision mythologique, de montrer la réalité de ce conflit, qui fut aussi l’affrontement des deux totalitarismes du XXe siècle, le communisme et le nazisme. Sans oublier ce que l’on peut appeler « une guerre civile dans la guerre civile », c’est-à-dire la prise de pouvoir par les communistes dans le camp républicain. J’ai souhaité dépasser la grande chanson de geste qu’a représenté la guerre d’Espagne, en me focalisant sur le trajet héroïque des Brigades internationales ».

Qui étaient ces Brigades internationales ? « Trente-cinq à quarante mille hommes et femmes venus de tous les pays. Les Brigades étaient entièrement organisées par l’Internationale communiste, qui les armait. Elles ont été envoyées dans tous les combats, sans aucun souci de préserver des vies humaines, ce qui a provoqué des pertes énormes : près d’un tiers des effectifs. J’ai voulu montrer la contradiction entre l’idéal magnifique de ces hommes et la terrible finalité de leur combat contre le fascisme, qui se soldera par un échec militaire et politique. Après la défaite, ceux qui étaient issus d’Europe de l’Est, les Polonais, les Allemands, les Yougoslaves, n’ont pas pu rentrer dans leurs pays, alors sous dictature nazie ou communiste. Ils furent parqués dans des camps en France, où ils ont appris la signature du pacte germano-soviétique… Une effroyable fin de parcours. Certains furent ensuite livrés à la Gestapo, pendant que d’autres parvinrent à entrer dans la Résistance. D’autres encore furent victimes de procès staliniens en Hongrie ou en Tchécoslovaquie ».

Hormis l’Union soviétique, quel autre pays en 1939 était sous férule communiste ?

Si la guerre d’Espagne est une « antichambre de la Seconde Guerre mondiale », alors la guerre d’Indépendance d’Israël est un épilogue de ce conflit. Des nazis ont combattu dans les rangs des pays et entité Arabes contre le jeune Etat Juif renaissant pour lequel ont lutté des sabras, des survivants de la Shoah, des volontaires, juifs et non juifs, venant du monde entier. Un thème rarement évoqué dans des documentaires.

En 2015, le rappel par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu des liens entre le grand mufti de Jérusalem Mohammed al-Husseini et le Führer Adolf Hitler, ainsi que l’implication du mentor d’Arafat dans la Shoah ont soulevé une polémique mondiale. Un « non-sujet » pour Patrick Rotman et Kuiv Productions ? Le service public audiovisuel, en l’occurrence Arte, n’accepterait-il les projets de documentaristes juifs que sur des thèmes « politiquement corrects » ? Pourtant le combat d'Israël contre les nazislamistes visant à sa destruction n'est-il pas un "conflit symbolique entre le bien et le mal".

Que risquerait Patrick Rotman à traiter de sujets cruciaux contemporains, telles l’affaire al Dura ou les spoliations actuelles de Français juifs ?

Patrick Rotman souligne l'implication de l'Eglise catholique en faveur des mutins. Quid des imams à l'égard des soldats rifains ? Quels liens entre ces derniers et leurs homologues allemands et italiens ? Qui étaient les milliers de volontaires - irlandais, marocains, russes blancs - engagés au côté du général Franco contre la république espagnole, et quelles étaient leurs motivations ?

Patrick Rotman élude aussi le caractère juif de nombreux volontaires des Brigades internationales à "l'entrainement sommaire". Pourquoi ?

Les Juifs engagés dans les Brigades internationales ont représenté plus de 10%, entre 6 000 et 8 000, soit un tiers des Américains, un cinquième des Britanniques et la moitié des Polonais. Venus essentiellement de Pologne, des Etats-Unis, de France, d’Eretz Israël, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de Belgique, de Hongrie, du Canada et d’URSS, ils s’appelaient Shimon Avidan, Fernando Gerassi, David Guest, Artur Kerschner, Sam LevingerBert « Yank » Levy, George Nathan, Alfred Sherman, Drago Štajnberger, Máté Zalka. Dans le Bataillon Palafox, la Compagnie Naftali Botwin, créée en décembre 1937, était composée entièrement de combattants juifs. En outre, on évalue à 70% la part du personnel médical volontaire pour soigner les blessés à être juive. Le rôle des Juifs a été longtemps marginalisé en raison, selon l’historien Martin Sugarman, des « gardiens de la mémoire » staliniens.

"Pour beaucoup, le mythe des Brigades internationales reste aujourd'hui encore intact. Et pourtant, derrière l'aventure héroïque de milliers de volontaires venus de tous les pays au secours de la République espagnole, se cache une autre vérité, déconcertante et douloureuse, que révèle ce témoignage sauvé de l'oubli. Sygmunt Stein, militant communiste juif en Tchécoslovaquie, bouleversé par les procès de Moscou qui ébranlent sa foi révolutionnaire, va chercher en Espagne l'étincelle qui ranimera ses idéaux. Mais arrivé à Albacete, siège des Brigades internationales, il se voit nommé commissaire de la propagande, poste où il découvre jour après jour l'étendue de l'imposture stalinienne. Très vite, la réalité s'impose à lui : "La Russie craignait d'avoir une république démocratique victorieuse en Europe occidentale, et sabotait pour cette raison le duel sanglant entre les forces démocratiques et le fascisme." Tout ce qu'il croyait combattre dans le franquisme, à commencer par l'antisémitisme, il le retrouve dans son propre camp. La déception est à la mesure de l'espoir qui l'avait mené en Espagne: immense. Affecté par la suite à la compagnie juive Botwin, il sera envoyé au front pour servir de chair à canon. Des exécutions arbitraires du "boucher d'Albacete", André Marty, aux banquets orgiaques des commissaires politiques, en passant par les mensonges meurtriers de la propagande soviétique, Sygmunt Stein dénonce violemment dans son livre Ma guerre d'Espagne : Brigades internationales : la fin d'un mythe, écrit en yiddish dans les années 1950, et resté inédit en français, la légende dorée des Brigades internationales".

Un documentaire à voir car, depuis quelques années, des journalistes ont dressé un parallèle infondé et infamant entre les Brigades internationales et les musulmans rejoignant l’Etat islamique pour combattre en Syrie. Ce qui permet d’occulter le caractère politico-religieux de l’engagement djihadiste hostile à la démocratie : « La Syrie, Bilad el-Sham en arabe, joue un rôle particulier dans l'eschatologie musulmane. Ce pays de Cham est cité dans le Coran et les Hadiths, car c'est là que doit se dérouler l'affrontement final contre Satan, contre la Bête à la fin des temps, lors du jugement dernier. Les musulmans croient même que Jésus –dans sa version coranique– reviendra sur terre en Syrie. L'un des minarets de la mosquée des Omeyyades à Damas est d'ailleurs appelé le minaret de Jésus. Tout cela résonne dans l'imaginaire des djihadistes. Ils mènent un combat contre ce qu'ils considèrent comme le Mal sur une terre dont parle la tradition islamique. Voilà aussi pourquoi la Syrie est devenue un tel aimant », a expliqué Frédéric Pichon, expert en géo-politique.

A la rigueur, l’engagement de volontaires internationaux auprès des combattants Kurdes pourrait présenter des points communs avec les Brigades internationales.

Épopée
« À travers de poignantes archives, Patrick Rotman retrace  l'histoire des trente-cinq mille volontaires venus du monde entier combattre le franquisme, défendre la jeune République, menacée par le putsch de Franco, lui-même soutenu d'emblée par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, dans la guerre civile espagnole (1936-1939) ».

L'armée d'Espagne au Maroc compte 40 000 hommes. Le Pronunciamento échoue, mais environ un quart du territoire espagnol est régi par le golpe rebelle dirigé par le général Franco. Bastion anarchiste, la Catalogne, fidèle à la République, résiste. A l'été 1936, c'est l'effervescence révolutionnaire. La Terreur rouge cause des milliers de morts. L'objectif : la révolution. Des milliers d'exploitations agricoles sont collectivisées, 18 000 usines sont occupées, des banques sont pillées. La propriété est confisquée, grande ou petite (magasins de coiffure). Pour le quotidien populaire L'Intransigeant, Antoine de Saint-Exupéry couvre la guerre, et les exécutions. Sur le front d'Aragon, les photographes Robert Capa et Gerda Taro informent sur ce conflit dans lequel l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste interviennent de manière décisive au profit des mutins. Du sud de l'Espagne, les mutins débutent la Reconquête avec comme cri : "Viva la muerte" ("Vive la mort"). Les partisans de la République leur opposeront ¡No pasarán! (« Ils ne passeront pas ! »).

Un "pacte de neutralité" unit les puissances européennes, dont la Grande-Bretagne et l'Union soviétique, pour ne pas s'ingérer dans ce conflit. Grâce à Jean Moulin, des avions français sont acheminés vers la république espagnole avant l'entrée en vigueur de ce pacte. Les "avions de Malraux (Escadrile España) s'opposent à la remontée de l'armée d'Afrique de Franco". Ce qui inspire L'Espoir de Malraux. Les risques évidents incitent Staline à délaisser l'attentisme. En septembre 1936, l'URSS aide la République en lui livrant des armes et envoyant des agents de renseignements. En échange de cette aide militaire, la République lui livre l'or de la banque d'Espagne.

« Ouvriers parisiens, militants tchèques et britanniques, dockers new-yorkais, mineurs polonais ou anglais, militants antifascistes allemands", dont Willy Brandt, "et communistes italiens... : en tout, quelque trente-cinq mille hommes, venus d'une cinquantaine de pays, vont combattre sur tous les fronts de la guerre, souvent en première ligne et sans aucune formation, dans des batailles de plus en plus désespérées, pour défendre la République menacée par le putsch de Franco ».
   
Ces volontaires « répondent à l'appel lancé sous l'égide de Moscou par l'Internationale communiste, alors que les démocraties occidentales ont décidé de ne pas intervenir ».


Ils « ont entendu également les plaidoyers d'André Malraux et de George Orwell, engagés dès la première heure, l'écrivain français à la tête d'une escadrille aérienne, l'Anglais au sein du Poum (Parti ouvrier unifié marxiste, antistalinien) ».

Ils « ont peut-être vu aussi les clichés incroyables qu'un couple de jeunes photographes, Gerta Pohorylle et Endre Friedmann, alias Gerda Taro et Robert Capa, expédient jour après jour du front ». A Madrid, comme les écrivains - Hemingway, Dos Passos - et correspondants de guerre -  Mikhaïl Koltsov de la Pravda, Geoffrey Cox du News Chronicle, Henry Buckley, du Daily Telegraph, Ksawery Pruszynski, de la revue polonaise Wiadomosci Lireackie, Herbert L. Matthews du New York Times -, ils séjournent à l'hôtel Florida.

Certains volontaires des Brigades internationales ont rejoint les Olympiades populaires à Barcelone, et sont demeurés en Espagne après leur annulation causée par le soulèvement militaire du général Franco, après son pronunciamento du 18 juillet 1936. « Nous étions venus défier le fascisme sur un stade et l'occasion nous fut donnée de le combattre tout court ». Footballeur juif polonais d'Anvers, Emmanuel Mincq rejoint le Bataillon Thälmann et co-dirigera la Brigade Dombrosky. Après la fin de la guerre en 1939, il est interné dans des camps français à Argelès, Le Vernet, Gurs.

Comme ces volontaires, les « écrivains Ernest Hemingway, John Dos Passos, Gustave Regler ou le documentariste Joris Ivens vont aussi contribuer à exalter la résistance héroïque du peuple espagnol, face à une armée franquiste bien supérieure en nombre et surarmée, qui multiplie les massacres au fil de ses victoires ».

« À leurs côtés, le correspondant de la Pravda, Mikhaïl Koltsov, informe aussi le NKVD... »

« Dès 1937, les Soviétiques, affirmant leur emprise sur le camp républicain, agissent en effet en Espagne comme à domicile, arrêtant, torturant, exécutant tous ceux qui s'opposent au stalinisme. Les militants anarchistes et libertaires, parmi lesquels figurent nombre de brigadistes, se retrouvent pris ainsi entre deux feux totalitaires ».

Ce « film raconte l’histoire des Brigades internationales qui se confond avec celle de la guerre d’Espagne : la guerre civile, les événements militaires, les affrontements dans le camp républicain, la révolution sociale, l’internationalisation du conflit, les raisons de la défaite, l’engagement des intellectuels et artistes comme André Malraux, Ernest Hemingway, Robert Capa, Dos Passos ou l’écrivain allemand Gustave Regler », ses figures telle Dolores Ibárruri Gómez, alias la Pasionara.

Le 28 octobre 1938, les Brigades internationales défilent à Barcelone dans une revue d’adieu en présence du gouvernement espagnol et de « représentants des partis politiques ». Le Desfilado.

Des « images rares, voire inédites, recherchées dans une quinzaine de pays retracent, de l’enthousiasme à la désillusion, l’épopée tragique des volontaires internationaux venus mêler leur destin à celui du peuple espagnol, dans l’éclatante lumière de l’héroïsme fraternel et la pénombre des crimes et des liquidations ».

« Restituant à la fois destins individuels et complexité historique, Patrick Rotman retrace ces trois années d'un combat perdu, dont les faits d'armes continuent de nourrir, aujourd'hui encore, le romantisme révolutionnaire. Un récit intense et détaillé, porté par de poignantes archives, dont nombre des images magnifiques de Robert Capa et de Gerda Taro, qui mourra avant la défaite finale, à 27 ans, écrasée accidentellement par un char républicain ».

« Quand je pense à la quantité de gens extraordinaires que j'ai connus et qui sont morts dans cette guerre, avait-elle écrit peu de temps auparavant, j'ai le sentiment absurde que ce n'est vraiment pas juste d'être encore en vie », a écrit la photographe juive Gerda Taro (1910-1937).

Le 18 décembre 2017, Claude Sitbon a écrit sur sa page Facebook, en partageant mon article : "Savez-vous qu'un Goulettois [habitant de La Goulette, cité méditerranéenne située près de Tunis, en Tunisie, Nda] Charles L'Espagnol était membre des Brigades internationales" ?

Le festival international du film d'histoire de Pessac présenta le 24 novembre 2018 à 18 h 15 « La tragédie des Brigades Internationales », documentaire intéressant de Patrick Rotman.

"Pendant la guerre d’Espagne, de 1936 à 1939, des volontaires affluent du monde entier pour défendre la jeune République, menacée par le putsch de Franco, lui-même soutenu par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Quelques 35 000 hommes, venus d’une cinquantaine de pays, vont s’engager dans des combats de plus en plus désespérés…"

« Il y a deux manières d’évoquer l’épopée des Brigades internationales. La première est de décrire des unités de volontaires dirigées par des chefs staliniens sanguinaires occupés à faire fusiller leurs propres troupes ou à assassiner trotskistes ou anarchistes en trahissant l’élan de la révolution sociale. La seconde consiste à saluer ces brigadistes comme les derniers représentants d’une utopie communiste en train de sombrer dans la nuit stalinienne, des héros de la lutte antifasciste,  premiers engagés dans cet épisode préfigurant la seconde guerre mondiale.
Patrick Rotman a manifestement hésité entre les deux options pour finir par se rallier à la deuxième. À raison, car les travaux d’historiens comme Paul Preston (Une guerre d’extermination. Espagne 1936–1940, Belin, 2016) ou Rémi Skoutelsky (L’Espoir guidait leurs pas, Grasset, 1998) ont tordu le cou aux mensonges de la propagande franquiste ou aux approximations provenant de certains témoignages.
Le récit des trois années de guerre est classique, expliquant pas à pas le coup d’État militaire de juillet 1936, l’aide immédiate aux putschistes, apportée par Hitler et Mussolini, la révolution sociale menée par les anarcho-syndicalistes de la CNT, la guerre menée par des milices mal équipées contre une armée professionnelle. Sans omettre le rôle mortifère des espions soviétiques, la violence des premiers mois du côté républicain et celle qui deviendra un véritable système de terreur du côté franquiste. Pour aboutir à la décision de recruter des volontaires étrangers, prise par l’Internationale communiste en septembre, qui va mener à l’engagement des premières Brigades internationales pour défendre Madrid en novembre.
D’Albacete, où ils sont armés et entraînés à toutes les grandes batailles, on suit de manière très réaliste ces unités étrangères. Le point d’orgue étant la bataille de Guadalajara où s’affrontent les soldats de Mussolini et les volontaires italiens de la brigade Garibaldi. Toujours engagées en première ligne, voire sacrifiées, les Brigades internationales subiront des pertes terribles entraînant mutineries et désertions bien expliquées dans le documentaire avec cependant des exagérations : on n’abattait pas des brigadistes d’une balle dans la tête sur le front.
Le documentaire se termine avec l’incarcération des derniers brigadistes en 1939, dans des camps d’internement français. Pour justifier son titre, le réalisateur aurait pu évoquer la répression féroce que subiront ses hommes aux Etats-Unis avec le maccarthysme, en Suisse, où on leur retirera la nationalité, en Tchécoslovaquie ou en Hongrie, où ils seront broyés dans des procès staliniens, en Pologne, où ils subiront de honteuses campagnes antisémites. Et leur rôle essentiel dans la résistance au nazisme, en France et ailleurs. » – Le Monde

 "L'Héritage de la Guerre civile"

Arte diffusera le 30 mai 2019 le cinquième volet de l'"Espagne, l'histoire vue du ciel (Spanien von oben - Geschichte(n) eines Landes), "L'héritage de la Guerre civile" (Das Erbe des Bürgerkriegs) de Mike Magidson. "En cinq thématiques, l'Espagne vue du ciel, à la recherche des empreintes que l’histoire a laissées sur les hommes et les paysages. Dans ce numéro : la guerre civile qui a déchiré l'Espagne entre 1936 et 1939 a laissé de nombreuses traces dans le paysage, qui ont fait récemment l'objet de vifs débats au sein de la population du pays."

"Si plusieurs statues du général Franco ont été cachées ou détruites et la nomenclature des rues transformée après 1975, d'autres monuments continuent de commémorer le Caudillo, ses alliés et ses victoires. Ces dernières années, le gouvernement a même révélé, sous l'impulsion du juge Garzon, l'existence d'immenses fosses communes où seraient enterrées jusqu'à 110 000 victimes des exactions du régime franquiste."

LA GUERRE D’ESPAGNE

« 1936
Février
Le Front Populaire remporte les élections législatives
17-18 juillet
À l’appel du général Franco, soulèvement de garnisons de l’armée. Une véritable insurrection populaire répond au coup de force des troupes rebelles. Au soir du 20 juillet, un tiers du territoire espagnol est sous la domination des franquistes.
Juillet-Août
La sédition militaire précipite la Révolution. L’État se décompose en quelques jours. Dans un désordre absolu, débute une période de terreur rouge.
La terreur blanche répond à la terreur rouge. Début août, à Londres, un pacte de non-intervention est décidé entre les principales puissances européennes.
Hitler et Mussolini de leur côté, apportent un soutien décisif à Franco.
Septembre-Octobre
L’URSS décide d’aider la République espagnole en lui fournissant matériel militaires et instructeurs. Au total sur l’ensemble de la guerre civile, 650 avions, 347 chars et 20 000 mitrailleuses sont fournis par l’Union soviétique. En échange, le gouvernement espagnol livre à Moscou l’or de la Banque d’Espagne.
Les premiers groupes de brigadistes internationaux arrivent début octobre.
Novembre
Début de la bataille de Madrid.
Décembre
Devant la résistance acharnée de Madrid, Franco renonce à prendre la capitale par une offensive frontale.

1937
Février
BATAILLE DE JARAMA
Franco n’a pu prendre Madrid mais l’encercle pour l’isoler de ses bases de ravitaillement.
Le 6 février, il lance sur un front de 18 km une attaque en tenaille au sud-est de Madrid à travers la rivière Jarama pour couper la route de Valence à Madrid.
Les franquistes disposent de 40 000 hommes et d’une centaine de blindés.
Le front finit pas se stabiliser. Les deux camps ont subi des pertes considérables, autour de 10 000 hommes chacun.
Mars
BATAILLE DE GUADALAJARA
Le 8 mars, 35 000 soldats italiens attaquent avec une division blindée et foncent à travers les lignes républicaines.
Les Républicains brisent l’offensive italienne et contre-attaquent. La victoire de Guadalajara à laquelle les Brigades Internationales ont largement contribué, redonne espoir au camp républicain.
Avril
Le 25 avril, 43 avions de la Légion Condor bombardent une petite ville basque de 7 000 habitants, Guernica. 1654 morts et 800 blessés". Cette tragédie inspire à Pablo Picasso son célèbre tableau Guernica, montré au Pavillon espagnole de l'Exposition universelle à Paris.
"Mai
Le 3 mai, des gardes d’assaut tentent de reprendre, place de la Catalogne, le contrôle du Central Téléphonique de Barcelone gardé depuis juillet 36 par les miliciens anarchistes. Cette attaque met le feu aux poudres dans le camp républicain. 
En quelques heures, la ville se couvre de barricades. Les affrontements de Barcelone s’achèvent par la victoire totale des communistes sur les autres courants du camp républicain.
Juin
CHUTE DE BILBAO
Juillet
BATAILLE DE BRUNETE
L’état-major républicain déclenche le 6 juillet, l’offensive, la plus importante depuis le début de la guerre. L’objectif, a été choisi par les conseillers soviétiques : c’est Brunete un village à vingt kilomètres à l’ouest de Madrid. 70 000 hommes participent à l’opération. Cinq Brigades Internationales se voient attribuer le rôle clef dans cette bataille qui doit desserrer l’étau autour de la capitale.
La grande offensive de la République sur Brunete, s’achève par un revers majeur, la destruction des meilleures troupes.
23 000 combattants républicains y laissent leur vie.

1938
Janvier-Février
BATAILLE DE TERUEL
Le 8 janvier, la garnison franquiste capitule.
Mais Franco ordonne de ramener des troupes fraîches et lance la contre attaque.
75 000 soldats nationalistes partent à l’assaut des positions républicaines. Teruel est reprise par les franquistes en février.
Mars
OFFENSIVE NATIONALISTE EN ARAGON
Le 9 mars, 150 000 soldats nationalistes appuyés par 200 chars, 600 avions, 700 canons attaquent sur 100 km de front une armée républicaine à bout de forces. Le front est rompu.
L’offensive nationaliste progresse de manière spectaculaire et atteint la Méditerranée. Ce qui reste du territoire républicain est coupé en deux.
Juillet-Novembre
BATAILLE DE L’EBRE
A l’aube du 25 juillet 1938, les troupes républicaines commencent à traverser l’Ebre. Au bout d’une semaine, le 1er août, l’offensive est brisée. Après 100 jours de combats terribles, les troupes républicaines pilonnées par plus de 300 avions, repassent l’Ebre. Les survivants retrouvent leurs positions de départ. 70 000 Républicains ont été mis hors de combat, (60 000 du côté nationaliste).
Octobre
RETRAIT DES BRIGADES INTERNATIONALES
Le 28 octobre 1938, c’est la Despedida, le défilé des adieux. Deux ans presque jour pour jour après leur arrivée triomphale, les Brigades internationales défilent sur l’avenue Diagonal en plein cœur de Barcelone.

1939
Janvier
CHUTE DE BARCELONE
Le 26 janvier 1939, les troupes de Franco entrent dans Barcelone. Les restes de l’armée républicaine franchissent la frontière française et rendent les armes. 
500 000 Espagnols fuient vers la France en un lamentable cortège de réfugiés. La guerre d’Espagne est finie ».

« La tragédie des Brigades Internationales », écrit et réalisé par Patrick Rotman
Art Francee, Kuiv Productions, France Télévisions , France 3, France, 2016, 101 min
Sur Arte les 25 octobre à 20 h 50 et 7 novembre 2016 à 9 h 25, 19 décembre 2017 à 20 h 50
Visuels : © KUIV PRODUCTIONS

"L'héritage de la Guerre civile" de Mike Magidson
France, 2019, 27 min
Sur Arte le 30 mai 2019 à 6 h 40
Visuels :
Valle de Los Caidos, mausolée monumental de l'époque franquiste, situé dans la vallée de Cuelgamuros, proche de la capitale Madrid
Les restes du village de Belchite et de son église détruits pendant la guerre d'Espagne (bataille de Belchite) en oût et septembre 1937
Credit : © Point du Jour

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations et la chronologie sont d'Arte. Cet article a été publié le 23 octobre 2016, puis les 19 décembre 2017 et 23 novembre 2018.