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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 19 mai 2019

Bernard Natan (1886-1943)


Juif roumain, Bernard Natan (1886-1943) arrive en 1906 à Paris. Après un engagement courageux lors de la Première Guerre mondiale, cet entrepreneur français visionnaire développe sa société Rapid films, rachète en 1929 Pathé - une coquille presque vide -, redresse un cinéma français moribond après la Première Guerre moderne, le modernise dans les années 1920 et 1930, révolutionne la technologie cinématographique dans le monde, produit des chefs d’œuvres et édifie un groupe médiatique - cinéma, radio, télévision - florissant malgré la crise économique et les défaillances de banquiers. Ce qui suscite jalousie et convoitise. Rendu responsable de l’effondrement de Pathé en 1935, diffamé, ce producteur passionné est condamné à tort pour fraude en 1939 et 1941. Déchu de sa nationalité, il est livré aux Allemands, et déporté le 25 septembre 1942 à Auschwitz-Birkenau où il est assassiné peu après. Depuis deux décennies, les travaux universitaires de Gilles Willems, « Pathé-Natan. La véritable histoire », par André Rossel-Kirschen, neveu du producteur, et Natan, documentaire irlandais de Paul Duane et David Cairns, ont réhabilité ce magnat génial et pionnier.  Le 19 mai 2019, de 22 h 35 à 23 h 30, France 5 diffusera "1940 - Main basse sur le cinéma français", de Pierre-Henri Gibert.

Henri Alekan (1909-2001), directeur de la photographie
L'acteur Roschdy Zem, un « coeur qui bat pour la paix » selon SaphirNews

Bernard Natan ? Le « nom de ce juif roumain né Tannenzapf, immigré à Paris en 1905 et assassiné à Auschwitz en 1943, est tombé dans l'oubli ». Arte désignerait-elle ainsi un chrétien ou un musulman dont le nom est oublié ? Et en se trompant sur l'année du meurtre ?

Bernard Natan « fut pourtant le patron du cinéma français dans l'entre-deux guerres. Propriétaire de Pathé, rebaptisé Pathé-Natan, il bâtit des studios rue Francoeur à Paris - qui abritent aujourd'hui la prestigieuse école de cinéma La Fémis -, ouvrit cinquante salles en France et produisit une soixantaine de films, parmi lesquels ceux de Maurice et Jacques Tourneur, Marcel L'Herbier ou René Clair ».

« Juif le plus puissant du cinéma français »
Natan Tannenzaft nait en 1886 à Jassy ou Iasi, dans le royaume de Roumanie, dans une famille juive ayant une cristallerie.

Ce jeune homme arrive en France en 1905.

En 1909, il travaille comme chimiste dans un laboratoire de Charles Pathé, en est renvoyé, puis est engagé comme projectionniste dans une salle de cinéma de la rue Ménilmontant, un quartier populaire à Paris. Là, il rencontre Marie-Louise Chatillon qu’il épouse. Le couple a deux enfants, deux jumelles.

En 1910, il fonde avec trois associés Ciné Actualités, société de production. Bilan : une trentaine de films produits dont L’Adjudant Grinchepi (130 m), À qui le Pôle ? (120 m).

En janvier 1911, Natan Tannenzaft, alors âgé de 25 ans, est condamné à quatre mois de prison pour « outrages aux bonnes mœurs », pour avoir diffusé vers 1910 des films pornographiques. Au vu de la faiblesse de sa condamnation – il encourait une peine de deux ans d’emprisonnement -, il est vraisemblable qu’il a diffusé, comme de nombreuses entreprises cinématographiques, des films « grivois » destinés au public des foires. 

Neveu et biographe de Bernard Natan, André Rossel-Kirschen a visionné les films pornographiques réalisés entre 1920 et 1926 et dans lesquels Bernard Natan aurait joué. Or, l’acteur supposé être Bernard Natan a la vingtaine, alors que Bernard Natan approchait alors de la quarantaine. 

Une condamnation qui alimentera à la fin des années 1930, sous le régime de Vichy et au-delà le mythe de « Bernard Natan pornographe, réalisateur et acteur » de films gays et sado-masochistes. 

En 1913, il fonde un atelier de tirage de films, Rapid Films qui s’imposera parmi les laboratoires cinématographiques les plus importants. 

Il crée aussi Rapid Publicité qui deviendra Jean Mineur, puis Médiamétrie.

De 1914 - déclenchement de la Première Guerre mondiale – à 1916, le royaume de Roumanie choisit la neutralité. Puis elle opte pour l’Entente. Occupée par les armées des empires allemand et austro-hongrois ainsi que de la Bulgarie, elle capitule, et à la fin du conflit se retrouve dans le camp des vainqueurs.

Dès le 2 août 1914, Natan Tannenzaft s’engage comme volontaire étranger dans la Légion étrangère. Il combat pendant 21 mois au front. En 1916, il est gazé. Cité deux fois à l’ordre de sa division, la 97e. Il est libéré un mois avant la fin de la guerre avec le grade de sergent.

En 1921, ce décoré de la Croix de guerre obtient la nationalité française et prend pour nouveaux prénom et nom Bernard Natan.

Pressentant l’essor du cinéma en France, il assure à Rapid Film un développement rapide et majeur par une intégration verticale : il achète des immeubles de la rue Francoeur et de la rue Cyrano de Bergerac, regroupe dans une même zone ateliers, studios de montage et de production, en particulier des prises de vues des Jeux olympiques de 1924, des matches de tennis et des combats de boxe.

Plein d'imagination, il crée le bonus accompagnant la sortie d'un film, et les premiers spots publicitaires.

Dès 1924, il siège au sein du comité directeur de la Chambre syndicale de la Cinématographie. Trésorier, il en est élu vice-président en 1929.

En 1926, il édifie rue Francoeur deux studios de tournage de films inaugurés par Paul Painlevé, alors ministre de la Guerre, et crée avec Henri Diamant-Berger et le Britannique John Maxwell la société Les Productions Natan qui produit des films tels Education de Prince (1927) par Henri Diamant-Berger, La Madone des Sleeping (1928) de Maurice Gleize et Marco de Gastyne, La Merveilleuse vie de Jeanne d’Arc de Marco Gastine. Il rentabilise ses investissements en co-produisant des films tournés dans ses studios de la rue Francoeur : L’Argent (1928) de Marcel L’Herbier.

Il collabore avec le grand studio hollywoodien Paramount.

En mars 1929, il achète la société Pathé, la plus grande entreprise de cinéma française. En fait, une coquille quasi-vide : Charles Pathé a achevé dès 1928 de céder les actifs de sa société – filiales étrangères, usine de films vierges à Vincennes -, car il ne croyait pas depuis 1918 en la rentabilité de cette activité économique. Restent à Pathé des participations mineures, un atelier de tirage de pellicules à Joinville, une participation dans la société Pathé Baby et la production de Pathé Rural, des appareils de format réduit (17,5 mm) dont l’exploitation depuis un an est déficitaire. Charles Pathé vend pour 50 millions de francs des actions de contrôle de la société Pathé. Une fusion entre Pathé et Rapid Films, qui valait 25 millions de francs de l’époque, rendue possible grâce aux banquiers Bauer & Marchal. La société nouvelle s’appelle Pathé-Natan.

Au début des années 1930, la France est atteinte par la Grande dépression, la crise qui avait éclaté en octobre 1929 aux Etats-Unis. De plus, l’avènement du cinéma parlant induit des problèmes financiers - adaptation des salles de cinéma et des studios de tournage au son, etc. – et artistiques : comédiens à l'excellente diction, dialoguistes ciselant de bons mots.

En quelques années, malgré ce contexte économique déprimé, Bernard Natan construit une grande société cinématographique, de la production à la distribution de films, et modernise le marché français. Comment ? Il achète les 19 salles de cinéma du circuit Fournier, en acquiert ou en construit plusieurs autres dont Le Marignan et L’Ermitage sur les Champs-Elysées. Il dirigera 62 salles de cinéma en France et en Belgique qu’il dote d’équipements sonores grâce au procédé RCA dont il a la licence de distribution en France. De plus, il achète la société Cinéromans, soit sept studios de Joinville, des salles et le contrôle de la société de distribution Pathé Consortium. Équipés pour le parlant, les studios de la rue Francoeur et de Joinville sont réputés pour leur modernité. En outre, Bernard Natan et son frère Emile vont produire les premiers films français parlants : Les Trois Masques et Chiqué.

Bernard Natan acquiert un autre studio, la Société des cinéromans d’Arthur Bernède et Gaston Leroux, ce qui adjoint la manufacture électronique et la projection. 

La presse française fustige Natan dans des articles à relents antisémites.

De 1929 à 1935, la compagnie Pathé-Natan engrange 100 millions de francs de profits, et produit plus de 70 films : Le Roi des resquilleurs (1930) de Pierre Colombier avec Georges Milton et Hélène Perdrière, Au nom de la Loi (1932) de Maurice Tourneur avec Gabriel Gabrio et Charles Vanel, Les Croix de bois (1932) de Raymond Bernard avec Pierre Blanchar, Charles Vanel, Raymond Aimos, Antonin Artaud et Paul Azaïs, Les Misérables (1934) de Raymond Bernard, sur une musique d’Arthur Honegger, avec Harry Baur, Charles Vanel, Orane Demazis et Jean Servais. Les meilleurs artistes - Marcel L'Herbier, Jacques de Baroncelli, René Clair, Jean Grémillon, Jacques Prévert, Maurice et Jacques Tourneur – créent des chefs d’œuvres et de jeunes acteurs – Jean Gabin, Gisèle Casadesus et Renée Saint-Cyr - débutent grâce à Bernard Natan. Natan ouvre aussi une cinquantaine de salles de cinéma.

A l'instar des studios hollywoodiens, Bernard Natan dispose de ses studios modernes à Paris et à Joinville, d'équipes artistiques et techniques fidèles, et distribue les versions françaises de films étrangers, dont les dessins animés de Mickey Mouse produits par Walt Disney.

Et assure la post-synchronisation (doublage) de nombreux classiques étrangers, comme M le maudit, de Fritz Lang.

Bernard Natan relance la production des films d'actualité Pathé Journal, qui avaient disparu en 1927, et développe Pathé Rural par des films sonores. Sans oublier les projecteurs Pathé-Baby, à usage amateur et familial.

A L’Ermitage, Bernard Natan diffuse des films d’art et d’essai.

Ce visionnaire érudit et père affectueux achète les brevets du Pr Chrétien pour l'Hypergonar, futur cinémascope, et ceux de télévision Baird, ainsi qu’un poste de radiodiffusion : Radio Ile de France.

En novembre 1929, il crée la première compagnie de télévision en France baptisée Télévision- Baird-Natan.


En 1930, avec Fernand Vitus, il s’empare de Radio Vitus, stadio de radio parisienne, et crée une société anonyme, Radio-Natan-Vitus, qui s’imposera en empire radiophonique.

Ce programme ambitieux a été financé par une augmentation de capital – de 55 à 160 millions de francs – et l’émission de 100 millions d’obligations. Les banquiers Bauer et Marchal y contribuent à hauteur de la moitié. Pour pallier à la crise de trésorerie générée par l’absence d’octroi de crédits, des irrégularités sont commises, qui susciteront des poursuites pénales.

Natan veut promouvoir un cinéma français, face au cinéma américain à une époque d'essor de la radio, de balbutiements de la télévision, d'une presse populaire aux tirages élevés. Dans son groupe, il emploie plusieurs membres de sa famille. Le cinéma offre alors un spectacle complet - attractions, actualités, films - à un public large.. Paradoxalement, ses films n'ont pas été distribués aux Etats-Unis. Mais certaines scènes de bataille des Croix de bois ont été réutilisées par Hollywood.

Généreux, discret, il envoie régulièrement et anonymement un chèque à Méliès, un des pionniers du cinéma, qui, ruiné, tenait un modeste stand de jouets à la gare Montparnasse (Paris).

« Affaire Dreyfus du cinéma »
« Dès la fin de 1930, des manœuvres avérées sont entreprises par des industriels (avec, semble-t-il, la collaboration de Charles Pathé) pour récupérer à bon compte la société Pathé et ses nouveaux actifs. Une violente campagne de presse à tonalité antisémite et xénophobe est déclenchée. On annonce tous les ans la déconfiture de la société qui survit pourtant en cette période de crise générale. Au début de 1936, à la suite de manœuvres tortueuses, le Tribunal de Commerce nomme un administrateur provisoire qui s'empresse de déclarer la faillite : « Le passif estimé à 60 millions de francs ne pourra jamais être comblé », déclare le Tribunal. Bernard Natan, évincé de la société (qui contrairement à la légende poursuit son activité bénéficiaire), va s'efforcer de continuer à produire un grand nombre de films : La Maison du Maltais, Katia, Cavalcade d’Amour, etc. dans les studios de Saint-Maurice dont Paramount lui a cédé la concession. Son frère Émile a de son côté fondé la société Les Films Modernes qui réalisera plusieurs films couronnés de succès : Mayerling, Le Roi, Quadrille, et après-guerre : Trois Télégrammes, Manèges, Violettes Impériales, jusqu'à sa mort en 1962. La bataille pour le contrôle de la société va entraîner l'arrestation de Bernard Natan fin décembre 1938, à une époque où la propagande antisémite connaît des sommets difficiles à imaginer de nos jours. Il sera condamné en 1939 et en 1941. Déchu de la nationalité française, il sera livré [par le régime de Vichy] aux Allemands et déporté le 25 septembre 1942 à Auschwitz » où il est assassiné quelques semaines plus tard, relate André Rossel-Kirschen, neveu (1926-2007) et biographe de Bernard Natan. 

Et d’ajouter : « Entre temps, la Société Nouvelle, créée pour l'exploitation de Pathé Cinéma, découvre qu'il n'y a pas de passif, qu'elle a toujours été bénéficiaire, et qu'elle est en mesure de rembourser (avec paiement d'indemnités de retard) les créanciers et les possesseurs d'obligations. L'affaire (dont 90% des actifs sont constitués par les apports de Bernard Natan) va poursuivre, avec des hauts et des bas, son activité jusqu'à son rachat par Chargeurs en 1992, pour 1 milliard 200 millions de francs. Mais la légende de « l'escroc Natan, responsable du détournement de centaines de millions de francs, qui a ruiné l'Empire Pathé », va prospérer et est toujours présente dans toutes les histoires du cinéma ».

Agent principal hostile à Bernard Natan, Robert Dirler a des accointances avec l'Allemagne nazie. Il est nommé à la tête de Pathé Cinéma, et le soir-même le tribunal de commerce prononce la liquidation de l'affaire. Des journalistes, dont Marcel Lapierre, se servent de rumeurs pour diffamer Bernard Natan, le discréditer sans étayer leurs allégations. Le journal Match crée la légende de "Natan acteur pornographe".

Confiant en la justice française, Natan reste en France. "Ses ennemis veulent le déposséder de ses biens et arrivent à leur fin. Il fallait des boucs-émissaires", observe Serge Klarsfeld, qui insiste sur le succès éclatant de Natan.

Cette cabale antisémite nourrie par une presse souvent stipendiée a incité des historiens à qualifier l’affaire Natan d’« affaire Dreyfus du cinéma ». Natan ne trouve d'appui ni à gauche ni à droite. Qui propageait ces rumeurs ? Charles Pathé ? Pas de preuve. D'anciens rivaux ?

« Ces rumeurs étaient destinées à le détruire », précise Serge Bromberg, spécialiste des débuts du septième art.

En 1938, Natan est arrêté. Il explique avoir payé les dettes en déposant un brevet. Sous la IIIe République, il est condamné pour escroquerie à 4-5 ans de prison.

Filmé lors d'une audience judiciaire, Bernard Natan tente de cacher son visage derrière un journal, puis déclare : "Ce n'est pas une comédie. C'est une tragédie". Mais sa voix est trafiquée pour ressembler à celle nasillard de Mickey.

La défaite de la France en 1940 est imputée aux Juifs par les antisémites. En 1941, sous le régime de Vichy, les Allemands montent l'exposition Le Juif et la France qui attire élèves et adultes, ainsi que des Juifs curieux. L'exposition antisémite souligne "l'influence des Juifs dans les activités économiques. Le visage de Natan y apparaît plus grand que celui des autres, comme un prédateur", explique Serge Klarsfeld, président des Fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF).

Le 9 septembre 1942, Bernard Natan écrit une dernière lettre bouleversante à ses filles.

Déchu de la nationalité française, il devient apatride, et envoyé au camp de Drancy, un camp de transit situé près de Paris et surveillé par des policiers français. Le 23 septembre 1942, la veille de la première rafle contre les Juifs roumains, la justice française le livre aux Allemands. Le 25 septembre 1942, le convoi 37 transporte notamment Bernard Natan au camp d'Auschwitz-Birkenau. La Gestapo informe Eichmann sur Natan. Avec René Blum, frère de l'ancien Président du Conseil socialiste Léon Blum, c'est la seule personnalité française sur laquelle une information sera communiquée à la hiérarchie nazie.

Le 28 janvier 1943, Natan parvient à écrire à sa famille. Il est tué en 1943. La date exacte de son assassinat est inconnue.

En 1944 et 1948, Pathé engage des poursuites judiciaires contre Bernard Natan, qui est condamné par contumace en 1949, donc, sous la IVe République, dans une France républicaine.

Pendant plus d’un demi-siècle, historiens du cinéma – Maurice Bardèche et Robert Brasillach -, journalistes – Michel Boujut -, dictionnaires du cinéma (Larousse), universitaires - Charles Slade - ont véhiculé l’image fausse de « l’escroc » Bernard Natan.

Les travaux universitaires de Gilles Willems dans les années 1990, « Pathé-Natan. La véritable histoire », par André Rossel-Kirschen, neveu du producteur Bernard Natan et résistant, en 2004 ainsi que Natan, documentaire irlandais de Paul Duane et David Cairns en 2013 et promu par le producteur et historien du cinéma Serge Bromberg, ont réhabilité Bernard Natan, magnat génial et pionnier : « À travers des archives rares, mais aussi le témoignage émouvant de ses petites-filles et l'éclairage d'historiens, ce documentaire retrace l'extraordinaire et tragique destin d'une des figures les plus marquantes, et pourtant oubliée, du cinéma mondial ». Grâce leur en soit rendue. Curieusement, aucun documentariste français n’a été réalisé sur Bernard Natan.

Un hommage à Bernard Natan, a été rendu le 26 novembre, à 18 h au siège de la Fémis (Ecole nationale supérieure des métiers de l'image et du son), 6 rue Francoeur, 75018 Paris, qui abrita la société Rapid films, dirigée par Bernard Natan, Juif français né en Roumaniepionnier visionnaire du cinéma français, producteur talentueux, spolié - une spoliation évoquant celle du Dr Lionel KriefÉtaient présents Françoise Ickowicz et Lenick Philippot, petites-filles de Bernard Natan, Serge Klarsfeld, dont l’oncle Henry était un ami de Bernard Natan, Jérôme Seydoux, dirigeant de Pathé, et Frédérique Bredin, présidente du CNC (Centre national du cinéma). Rien n'indique dans la plaque la judéité de Bernard Natan.

Présenté depuis 2013 dans de nombreux festivals, Natan, documentaire irlandais de Paul Duane et David Cairns, est diffusé pour la première et l’unique fois par Arte à… la mi-août 2016, et en deuxième partie de soirée.

Les 9 et 16 juillet 2017, Ciné + Classic diffusa Natan, le fantôme de la rue Francoeur, documentaire de Francis Gendron (2016). "En 1927, Bernard Natan, Français d'origine roumaine, né Natan Tannenzapf, inaugure les studios de cinéma de Montmartre. Quelques années plus tard, il prend la direction de la firme Pathé qui devient Pathé Natan. Très vite, il propulse "la firme au coq" dans une vaste réorganisation industrielle. Bernard Natan va profondément réorganiser l'entreprise et en assurer le succès. Mais la crise des années 1930 plonge l'économie française dans la tourmente. Les industries du cinéma ne sont pas épargnées. Pathé Natan devient la proie de divers repreneurs tandis que la presse quotidienne d’extrême droite et antisémite mène campagne pour détruire la légitimité de son chef, qui finira devant les tribunaux. En butte à une campagne antisémite, Bernard Natan, devenu "le juif le plus haï de France", est placé sous mandat de dépôt en 1938. Déchu de sa nationalité française par le Maréchal Pétain, il est extrait de prison le 23 septembre 1942 par la police française et livré aux autorités allemandes du camp de Drancy, d'où il est déporté vers Auschwitz-Birkenau, où il mourra deux mois plus tard". Le 10 mars 2019, à 22 h, viàGrandParis diffusera Natan, le fantôme de la rue Frankoeur de Francis Gendron.

Le 2 octobre 2017, de 19 h 30 à 22 h, FARBAND – Union des Sociétés Juives de France (Farband-USJF) proposa la projection de Natan, le fantôme de la rue Francoeur, de Francis Gendron, en présence de Francis Gendron et d'Alain Braun, réalisateur. Cette vidéo-projection était précédée d'un buffet casher et suivie de thé, café, pâtisseries. "Après une trilogie sur les producteurs et un film sur Jean Zay, ministre du cinéma,  Francis Gendron dresse ici le portrait d’un des personnages les plus importants de l’industrie cinématographique de l’avant-guerre, oublié des historiens du cinéma. Bernard Natan, né Natan Tannenzaft le 18 juillet 1886 de parents juifs à Iași en Roumanie, est un producteur franco-roumain qui a contribué à fonder l'industrie du cinéma en France. En février 1929, il acquiert la société Pathé, qui est alors la plus grande compagnie de cinéma de France. Très vite, Bernard Natan propulse "la firme au coq" dans une vaste réorganisation industrielle. Il construit le plus grand réseau de salles de cinéma, produit plus de 65 longs-métrages de fiction, modernise les studios et les salles pour les adapter au cinéma parlant. Il relance le Pathé Journal. Le succès est si évident que la Revue cinématographique française lui consacre un numéro spécial en 1934 : « Une grande firme, un chef, Bernard Natan ».  Mais la reprise de Bernard Natan coïncide avec la Grande Dépression de 1929 qui atteint tous les secteurs de l'économie alors que Pathé subissait déjà une situation financière difficile. Et il  est attaqué sans répit par la presse française qui critique sa façon de diriger son groupe. Plusieurs de ces attaques sont d'ordre antisémite. Il devient « le juif le plus haï de France ». En 1935 Pathé tombe en banqueroute. Les autorités françaises inculpent Bernard Natan pour escroquerie. Il est accusé d'avoir créé des sociétés fictives, et de mauvaise gestion des affaires. On l'accuse même d'avoir caché ses origines roumaines et juives en changeant de nom. Il est arrêté et emprisonné en 1939. En 1942, il est déchu de la nationalité française et, apatride, est envoyé au camp de Drancy. Le gouvernement français le livre ensuite aux forces d'Occupation allemandes le 23 septembre 1942. Il est alors envoyé au camp de concentration d'Auschwitz, par le Convoi No. 37, en date du 25 septembre 1942, où il meurt quelques mois plus tard, probablement en 1943. Son nom roumain, Natan Tannenzapf, figure sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah".

Le 10 mars 2019, viàGrandParis diffusera Natan, le fantôme de la rue Frankoeur de Francis Gendron.

Le 19 mai 2019, de 22 h 35 à 23 h 30, France 5 diffusera "1940 - Main basse sur le cinéma français", de Pierre-Henri Gibert. "En 1940 naît à Paris la Continental, société de production de films créée par l'occupant. A sa tête, Alfred Greven, producteur cinéphile et homme d'affaires opportuniste. Pendant les années d'occupation, sous les directives de Goebbels, il s'assure les services des meilleurs artistes et techniciens du cinéma français pour produire des films à succès, hautement divertissants, et, stratégiquement, sans aucun message de propagande. En parallèle, il profite de la spoliation des biens juifs pour racheter cinémas, studios et laboratoires, et prendre ainsi le contrôle de toute la chaîne de fabrication des films. Son objectif est de créer un second Hollywood en Europe".

  
André Rossel-Kirschen, Pathé-Natan. La véritable histoire. Les Indépendants du 1er siècle, Pilote 24, 2004. 302 pages. 978-2912347404

Screenworks, Irlande, 2013, 66 min
Sur Arte le 16 août 2016 à 22 h 20

Visuels : © Screenworks

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Les citations non sourcées sont d'Arte. Cet article a été publié le 16 août 2016, puis les 9 juillet et 2 octobre 2017.

L’Agence juive a reçu de futurs olim


Le 13 mars 2003, à l’Espace Rachi (Paris), l’Agence Juive pour Israël (AJPI) a permis à de futurs Olim français de dialoguer avec le président d’Israël, Moshe Katsav, en visite dans ses locaux à Jérusalem. A l'initiative de l'Agence juive, se tiendra le 19 mai 2019, de 10 h à 17 h, dans les Salons Hoche,  le Salon de l'alyah.

A Paris, grâce à une vidéoconférence, des Juifs français, qui projettent de faire leur aliyah, ont présenté leurs parcours et leurs souhaits à Moshe Katsav, et à trois responsables de l’AJPI : Sallai Meridor, président mondial, Giora Rom, directeur général, et Menahem Gourary, directeur régional (Europe occidentale). Etaient présents aussi Olivier Rafowicz, délégué général pour l’aliyah au sein de l’AJPI en France, et un de ses collègues, Roland Lahav.

Ce matin-là, ils étaient une quinzaine de futurs Olim. Moyenne d’âge : 35 ans. Célibataires ou mariés, souvent avec des enfants en bas âge ou autour des 20 ans. Leur aliyah est prévue dans les mois à venir. « Nous n’avons pas encore prévenu nos parents », confie un couple, embarrassé. Avant de déclarer ne pas « être intégré culturellement en France »...

Guidés par l’amour de l’Etat hébreu, tous ces futurs émigrants ont pris leurs décisions en 2002. S’ils ont été freinés par des problèmes liés au travail à trouver, à la langue à maîtriser et aux questions de sécurité, ils envisagent avec optimisme une éventuelle reconversion professionnelle. Ils sont aussi convaincus que l’aliyah française augmentera fortement lors d’une vague grave d’antisémitisme. Le nombre de nouveaux olim français en Israël a doublé en 2002, soit 2 566 personnes.

M. Katsav a complimenté « les Juifs français, les plus proches d’Israël. L’aliyah des pays occidentaux est une priorité nationale pour Israël. Pour attirer les immigrants de ces pays, le gouvernement devrait leur offrir des défis à relever, et pas seulement une aide financière ». Pour l’AJPI, face aux problèmes posés par l’assimilation, la solution est « l’éducation juive ou/et l’aliyah », soit comme le résume M. Rafowicz « rentrer à la maison ».

Dans une semaine, Barbara Uzan, commerciale, son époux, leur fille de seize mois et ses beaux-parents quitteront la France pour trouver « une autre qualité de vie juive ». Mme Uzan qui a passé son enfance en Israël, espère que « la situation s’arrangera vite ».

L’été prochain, Abraham-Albert Thuil, la trentaine, et sa famille « monteront » en groupe, ce qui aidera à « aplanir les difficultés quotidiennes par l’entraide et à s’intégrer rapidement au sein d’Eretz Israël ».

Et, licenciée de sociologie, Keren Cohen poursuivra ses études sur le Proche-Orient dans le pays natal de sa mère.

L’AJPI cible de manière privilégiée les communautés des pays occidentaux et les classes aisées. Face aux problèmes posés par l’assimilation, la solution est l’éducation juive ou/et l’aliyah.

2013
2013, 3 120 Français Juifs ont fait leur aliyah, soit une hausse de 63% par rapport à 2012 (1 916 Olim de France). 

2014
Le 14 octobre 2015, Zeev Elkin, ministre israélien de l'Immigration, a annoncé que "plus de 30.000 nouveaux immigrants devaient arriver en Israël en 2015". Ce qui s'avère le chiffre le plus important depuis dix ans. En 2014, 27 488 personnes avaient immigré en Israël. La France est le pays au plus fort contingent d'olim, avec une augmentation de 118% en deux ans.  Pour 2015, le nombre de nouveaux olim français serait d'environ 7 500, contre 6 985 en 2014 et 3 440 en 2013. En 2014, pour la première fois depuis la refondation d'Israël en 1948, la France avait été le premier pays d'émigration Juive vers Israël avec plus de 6 000 olim.

Depuis 1948, plus de trois millions de Juifs ont fait leur "aliyah".

2018
"L’immigration juive en Israël a connu une hausse de 5 % en 2018 par rapport à l’année 2017, suite à une augmentation de 56 % de l’alyah des Juifs russes au sein de l’Etat juif. L'arrivée de Juifs russes entraîne une hausse de 5 % de l'alyah mais les chiffres révèlent une baisse de l'immigration depuis la France, le Royaume-Uni et le Brésil. L'Agence juive a recensé plus de 29 600 immigrants juifs en 2018, soit une hausse de 4,6 % par rapport à 2017, où ils étaient 28 220. Cette hausse a été entraînée par l’immigration depuis la Russie. Israël a ainsi accueilli plus de 10 500 immigrants russe, un bond de 45 % par rapport à 2017."

"Les Juifs immigrant depuis Argentine et l’Afrique du sud sont en augmentation – avec un chiffre qui reste toutefois très modeste. 330 Argentins environ ont émigré vers Israël, ce qui représente une hausse de 17 % par rapport à l’année dernière, et 320 sud-Africains – une légère augmentation de 2 %."

"L’alyah est en baisse dans la plupart des autres communautés juives majeures. Environ 6 500 immigrants juifs sont arrivés d’Ukraine, ce qui représente une baisse de 9 % ; 3 550 sont venus du Canada et des Etats-Unis, un chiffre similaire à celui de l’année dernière. 2 600 Juifs français sont venus s’installer en Israël, ce qui représente une baisse de 25 %, 660 immigrants sont arrivés du Brésil, ce qui représente une baisse de 4 % – un pourcentage partagé par le Royaume-Uni, les Juifs britanniques ayant été 330 à faire l’alyah cette année."

Le président de l’Agence juive Isaac Herzog "a salué cette hausse globale, disant dans un communiqué dimanche que « chaque Juif venant en Israël et établissant ici son nouveau foyer apporte une nouvelle pièce de cette mosaïque merveilleuse que représente le peuple juif sur sa terre historique. Après 70 années d’indépendance et le nombre immense d’olim [nouveaux immigrants] d’ores et déjà installés en Israël, le potentiel d’une alyah encore plus importante reste significatif et l’Agence juive continuera à œuvrer en vue de cet objectif ».

"Depuis 2015, année qui avait vu près de 8.000 Juifs français émigrer en Israël, le nombre n’a fait que diminuer. En 2017, un peu plus de 3.500 Juifs français ont émigré en Israël et ce nombre devrait chuter d'environ 25% en 2018".

A l'initiative de l'Agence juive, se tiendra le Salon de l'alyah le 19 mai 2019, de 10 h à 17 h, dans les Salons Hoche à Paris et le 20 mai 2019 de 16 h à 20 h à Marseille. "Processus d’Alyah, intégration par villes, assurance maladie, marché du travail, éducation, fiscalité, aides à l’intégration… De nombreux représentants, venus d'Israël spécialement pour répondre à toutes vos questions sur l’Alyah".

A lire sur ce blog :
Cet article avait été publié en une version plus concise par Actualité juive hebdo. Il a été publié sur ce blog le 1er janvier 2014, puis le 22 octobre 2015.

vendredi 17 mai 2019

« La reine Victoria - Entre désir et devoir » par Andrea Oster


Arte diffusera le 18 mai 2019 « La reine Victoria - Entre désir et devoir » (Zwischen Lust und Pflicht – Queen Victoria) par Andrea Oster. « Conformément aux mœurs puritaines de l’époque, la reine Victoria (1819-1901) était représentée soit en mère de la nation, soit en épouse dévouée de son grand amour, le prince consort Albert. Derrière cette imagerie officielle se cache en réalité une femme passionnée. Portrait. »


« Je ferai de mon mieux... » C'est cette phrase empreinte de modestie et de conscience de la charge à assumer que, âgée onze ans, Victoria prononce en apprenant qu'elle succéderait à son oncle Guillaume IV sur le trône britannique.

« Le 24 mai 2019 marque le 200e anniversaire de la naissance de la Victoria Ière, qui a régné plus de soixante ans, jusqu'à sa mort en 1901 ».

« Ce documentaire explore une facette méconnue de son existence, l'imagerie officielle la représentant, conformément aux mœurs puritaines de l’époque, soit en mère de la nation, soit en épouse dévouée de son grand amour, le prince consort Albert ».

« La mort prématurée de ce dernier en 1861, à seulement 42 ans, plonge la souveraine dans une profonde dépression, qui l’éloigne de la scène politique pendant six ans. Mais peu à peu, elle reprend goût à la vie et entame une relation discrète, dont la nature réelle reste controversée, avec John Brown, un domestique écossais  –  par ailleurs retracée dans un film diffusé le 22 avril par ARTE ».

« Quand Brown meurt à son tour, en 1883, Victoria est âgée de 64 ans ».

« Depuis quelques années déjà, elle s’est découvert une passion pour l’Empire colonial britannique ».

« Fascinée par l’Inde, elle presse ses ministres de lui obtenir une couronne impériale, qu’elle obtient en 1876. Cette requête cache aussi une prosaïque question de préséance : impossible en effet pour Victoria de n’être que reine à l’heure où sa fille aînée s’apprête à devenir impératrice en Allemagne ».

« Ponctué de scènes reconstituées, de nombreuses interviews d’historiens et d’extraits du journal de la souveraine, ce portrait permet de découvrir toutes les dimensions de ses vies privée et publique ».

Comme la reine Elisabeth Ière (1558-1603), la reine Victoria a marqué son temps dénommé l' "ère victorienne". C'est sous son règne que, sous l'effet de la révolution industrielle, l'Angleterre se transforme profondément grâce au chemin de fer, et aux mutations affectant l'économie - industrialisation, libéralisme, progrès technologique affectant aussi l'agriculture -, la société - essor démographique, syndicats -, l'urbanisation, la politique - parlementarisme inventif, apparition de grands partis, expansion coloniale -.

L'époque victorienne voit s'épanouir le talent d'auteurs majeurs : Charles Dickens (1812-1870), Bram Stoker (1847-1912), Thomas Hardy (1840-1928), Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), les sœurs Brontë Charlotte (1816–1855), Emily (1818–1848) et Anne (1820–1849), George Eliot (1819–1880) ainsi qu'Elizabeth Gaskell (1810-1865). George Bernard Shaw (1856-1950) et Oscar Wilde (1854-1900) sont des dramaturges réputés.

Tout cela permet à la Grande-Bretagne d'accéder au statut de première puissance mondiale.

Une époque évoquée avec talent en 1970 par Billy Wilder dans La Vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes), aux décors signés par Alexandre Trauner. Un film dramatique émaillé d'humour où les scénaristes Billy Wilder et I.A.L. Diamond révèlent une facette du caractère de la reine Victoria âgée.  

Mais c'est Romy Schneider, alors adolescente, qui avait prêté son visage juvénile à la jeune reine Victoria dans "Les Jeunes Années d'une reine" (Mädchenjahre einer Königin), film autrichien réalisé par Ernst Marischka (1954), avec Adrian Hoven et Magda Schneider.

Les Juifs sous l'ère victorienne
Né dans une famille juive anglaise sépharade d'origine italienne, Benjamin Disraeli (1804-1881) s'était converti à l'anglicanisme. Écrivain et politicien conservateur, il a été à deux reprises Premier ministre (1868, 1874-1880). En 1876, la reine Victoria le fait comte de Beaconsfield et en 1878 le nomme à l'ordre de la Jarretière, l'ordre de chevalerie britannique le plus élevé.

En 1998, la Littman Library of Jewish Civilization a publié "Victorian Jews Through British Eyes" de Anne Cowen et Roger Cowen.

"When Queen Victoria came to the throne in 1837, Britain was home to only 30,000 Jews and they did not yet have full political rights. By the end of the century their numbers had increased about sevenfold, and practising Jews had taken their places in both the House of Commons and the House of Lords. Victoria’s reign therefore saw a tremendous change in the profile of Jews within British society."

"The Victorian period was also one of economic transition for British Jews. While initially in a narrow range of predominantly working-class or marginal occupations with only a small upper-class élite, Jews became increasingly middle-class during these years; they began to enter the professions, and to move from inner London to fashionable suburbs. Increasingly, Britain's Jews were British-born and of British descent, and proclaimed their loyalty to British ideals. From 1881 on, however, the position changed dramatically: a mass of Jewish immigrants arriving from Russia, made conspicuous by their foreign dress, appearance, language, and habits, prompted the emergence of an ‘Aliens Question’ into the British political arena. The image of Jews changed yet again".

"All these developments were picked up in the illustrated magazines of the time: the object of a magazine is to interest its readers, and the unfamiliar may be more compelling reading than the commonplace. To illustrate the social history of the Jews in Victorian Britain, the authors therefore combed the Illustrated London News, Punch, and The Graphic and selected nearly 150 illustrations, with commentary, to show how the British image of the Jew developed in this period. The topics considered include early Victorian attitudes to Jews; the leading Jewish families and other prominent Jews; the Jewish way of life; immigrant Jews; Jewish life abroad; and the Jew in art".

Allemagne, 2018, 54 min
Sur Arte le 18 mai 2019 à 22 h 25

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent d'Arte.

Saul Leiter (1923-2013), photographe


Le Museum für Fotografie présente l'exposition collective "Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nudes". Saul Leiter (1923-2013), photographe américain Juif. C'est la première exposition, dans l'histoire de la Fondation Helmut Newton, uniquement consacrée au genre photographique : le nu.


En ce 16 janvier 2008, un matin hivernal de vernissage presse de son exposition à la Fondation Henri Cartier-Bresson (FHCB), Saul Leiter était débonnaire. Pas prétentieux. Curieux. Flegmatique.

Interrogé sur son rapport au judaïsme et à l’Etat d’Israël, ce photographe américain s’approchait. Plantait son regard dans le vôtre. Répondait en approfondissant et élargissant la question. Sans détour. Avec douceur. Avec une profonde humanité. Avec une tendresse simple et touchante.

Saul Leiter se laissait photographier, prenait la pose voulue par les photographes professionnels. Puis, il a sorti de sa poche son appareil photo numérique, et il s’est mis à photographier ses homologues en train de le photographier. A l’instar de son travail en abysse…

Cet octogénaire m’a confié : « Je ne sais pas si je suis un « bon juif », dans la mesure où je ne pratique pas beaucoup. Je ne sais pas s'il y a un lien entre mon œuvre et ma foi. J'espère qu'il y aura la paix entre les Israéliens et les Arabes, mais je ne sais pas si je la verrai... Je songe à donner une partie de mes photos et des œuvres que j'ai acquises à un musée en Israël. Je le ferai en mémoire de ma mère qui était gentille et m'a soutenue quand j'en avais besoin ».

De la théologie à la photographie
Saul Leiter est né en 1923 dans une famille juive de Pittsburg.

« Mon père et mon grand-père étaient des rabbins. J'ai étudié la théologie et quand je revenais de chez mon grand-père, je pouvais répondre à des questions [pointues] », avait ajouté le photographe Saul Leiter ce 16 janvier 2008.

En 1935, sa mère lui offre un appareil photo de marque Detrola.

Saul Leiter est un étudiant brillant en théologie à la Telshe Yeshiva Rabbinical College de Cleveland.

Il lit avec intérêt les livres sur l’art à la bibliothèque de l’université de Pittsburgh. Il vénère la peinture, notamment Pierre Bonnard, peintre postimpressionniste (1867-1947), et Edouard Vuillard (1868-1940), tous deux membres des Nabis (Prophète en hébreu) : « La peinture est glorieuse. J'aime la photographie, mais je ne suis pas certain que la photographie puisse faire ce que la peinture peut », a-t-il confié à Sam Stourdzé.

En 1944, ses peintures sont exposées dans des galeries de Cleveland, Pittsburgh et au grand magasin Gump à San Francisco.

Saul Leiter met un terme à ses études universitaires à l’âge de 23 ans : il s’installe en 1946 à New York, au rythme trépidant, pour devenir peintre. Il y rencontrera Rothko et les expressionnistes abstraits, Faurer et Smith.

Il expose aux côtés de Philip Guston et Willem de Kooning.

Son ami Richard Pousette-Dart, peintre expressionniste abstrait, lui fait prendre conscience du « potentiel créatif de la photographie ». Saul Leiter se lance dans la photographie à la fin des années 1940, à une époque où nait la Street Photography, « photographie de la rue » new-yorkaise. 

 En 1947, Saul Leiter découvre Cartier-Bresson auquel le Museum of Modern Art de New York, le MoMA, consacre une exposition demeurée fameuse. Ce qui déclenche sa volonté de s’exprimer dans cet art. Avec son Leica, ce piéton photographie la vie quotidienne dans la Big Apple, d’abord en noir et blanc, puis dès 1948 en couleurs. Deux supports auxquels il restera fidèle pendant des décennies. A l’exception peut-être d’Helen Levitt (1913-2009), peu de photographes contemporains peuvent réunir un ensemble comparable de photos en couleurs. Pendant toute sa carrière professionnelle et son activité personnelle de photographe de rue, Saul Leiter continue de peindre. Un an après son arrivée à New York, l’Art Institute of Chicago sélectionne une de ses peintures pour l’exposition « Abstract and Surrealist Art ».

Débuts au MoMA 
Coopérative de photographes engagés soucieux de sujets sociaux, la Photo League envisage alors d’exposer les œuvres de Saul Leiter avec celles de Robert Frank. Un projet qui n’aboutit pas car cette association cesse son activité en 1951. Cette année-là, Life publie la série en noir et blanc The Wedding as a Funeral de Saul Leiter.

Robert Frank met ce photographe en contact avec Alexey Brodovitch, directeur artistique de Harper’s Bazaar qui déclare à propos des photos de Saul Leiter : « Ce sont des œuvres pour les musées que vous me montrez là, et pas des pages de magazines… »

En 1953, à l’initiative d’Edward Steichen, conservateur en chef de la photographie au MoMA, cette institution culturelle prestigieuse expose 25 de ses tirages noir et blanc pour l’exposition collective « Always the Young Stranger », avec Roy DeCarava et Leon Levinstein. Le musée d’art moderne de Tokyo présente aussi ses photos dans l’exposition Contemporary Photography. Saul Leiter ouvre alors un studio sur Bleeker Street dédié « au portrait, à la mode et à la publicité ». Photographe de mode jusque dans les années 1980, il collabore aux magazines les plus célèbres dont Esquire, où il est repéré par le directeur artistique Henry Wolf, puis dans Harper’s Bazaar, Elle, Life, Nova, Vogue, Queen...

En 1955, l’Artist Club, espace de rencontre de peintres expressionnistes abstraits, présente sa première exposition de photographies en couleurs.

En 1956, la Tanager Gallery à New York lui assure une exposition individuelle.

De nouveau, en 1957, Steichen intègre une vingtaine de ses clichés couleur pour une conférence au MoMA : « Experimental Photography in Color ».

Alors que le noir et blanc est prisé dans les années 1940 et 1950, Saul Leiter opte très tôt pour les couleurs. De ses flâneries dans la métropole américaine, il saisit en des angles improbables, ces brefs moments, suggère plus qu’il ne montre, filtre la réalité via une vitrine, un reflet ou des miroirs. Ce qui transforme et démultiplie la réalité. Ce qui confère à ses photos une certaine étrangeté, un sens quasi-symbolique et universel. Le mystère surgit de la vie urbaine new-yorkaise.

« Je n'ai pas de philosophie de la photographie. J'aime juste prendre des photos. Il me semble que des choses mystérieuses peuvent prendre place dans des lieux familiers », a écrit Saul Leiter.

Novateur, il compose avec les couleurs comme un peintre en couches épaisses ou en couleurs saturées, tel un rouge pimpant. Il compose soigneusement ses photographies par son cadrage, son regard plein d’humanité et son sens des couleurs auxquelles il confère un relief, et par leur assemblage particulier un rythme.

Il goûte à l’abstraction par son jeu des formes géométriques. Divise la photo en espaces distincts, aux formes et couleurs différentes, alternant le flou onirique et la netteté, semblant suspendre ou étirer le temps par une vue imprécise. Des photographies sont imprégnées d’un flou onirique, poétique, doux, un brin mélancolique. Malgré ce flou, l’allure de la personne anonyme ressort. Saul Leiter est un photographe de l’allusion et de la suggestion, des silhouettes et des ombres, des transparences et des occultations.

Saul Leiter « impose sa maîtrise de la couleur dans des vues citadines non conventionnelles dans lesquelles les reflets, les transparences, la complexité des cadrages, les effets de miroir se marient à une technique très particulière des émulsions pour écrire une forme unique de pastorale urbaine » selon son éditeur Actes Sud.

Une consécration tardive
Bizarrement, malgré des débuts prometteurs au MoMA dès les années 1950, Saul Leiter ne suscite pas d’exposition pendant environ 50 ans, jusqu’à la publication du livre Early Color. « J’ai passé une grande partie de ma vie en étant ignoré. J’en étais très heureux. Etre ignoré est un grand privilège. C’est ainsi que j’ai appris à voir ce que d’autres ne voient pas et à réagir à des situations différemment », résumait ce photographe modeste.

Cet artiste est redécouvert dans les années 1990 grâce à des expositions et livres sur ses photos acquises par des musées américains et des collectionneurs privés.

En 1991, le Victoria & Albert Museum à Londres présente ses images dans l’exposition Appearences: Fashion Photography Since 1945.

En 1992, le livre The New York School: Photographs 1936–1963 de Jane Livingstone inclut ses photos en noir et blanc.


En 1993, la galerie Howard Greenberg (New York), partenaire avec la Maison Européenne de la Photographie de cette exposition parisienne dans le cadre du Mois de la Photographie à Paris, expose ses photos en noir & blanc et le représente depuis. Dans le documentaire de Claude Ventura Saul Leiter, photographe diffusé récemment par Arte, on voit Saul Leiter dialoguer avec le galeriste Howard Greenberg.

En 2005, cette célèbre galerie organise l’exposition Early Color reprise l’année suivante par la galerie anversoise Fifty One Fine Art Photography.

En 2006, Steidl, éditeur réputé, publie le livre éponyme dont l’introduction est signée de Martin Harrison. Celui-ci présente des photographies de Saul Leiter au festival international de la mode 2006 à Hyères. Le Milwaukee Art Museum assure la première exposition individuelle du photographe dans un musée : « In Living Color ».


2008, c’est l’année de la rétrospective de Saul Leiter – photographies en noir et blanc et en couleurs de 1947 à la fin des années 60, peintures et carnets de notes - à la FHCB, à Paris, et la publication de Saul Leiter - Second printing chez Steidl.

La notoriété du peintre Saul Leiter grandit. En 2009, la galerie Knoedler & Company, réputée pour ses expositions de peintres de la « New York School, école de l'expressionnisme abstrait », présente une sélection de ses peintures.

En 2010, la Galerie Camera Obscura a présenté l’exposition Photographies et peintures de Saul Leiter.  Des clichés pris entre 1947 et 1960 souvent inédits des rues de New York ainsi qu'une dizaine de peintures au style proche de l’expressionnisme abstrait.

Ce photographe américain Juif est décédé le 26 novembre 2013 à l'âge de 89 ans

In No Great Hurry: 13 Lessons in Life with Saul Leiter de  Tomas Leach, (2012) a été diffusé les 7, 8 et 9 janvier 2014, lors du 23e festival new-yorkais du film Juif au Film Society of Lincoln Center.

En 2014, la célèbre Howard Greenberg Gallery (HGG) présenta la première exposition individuelle de Saul Leiter. Cette exposition de plus de 40 photographies en noir et blanc des années 1940 et 1950, décennies particulièrement prolifiques, dont beaucoup d'inédites, des rues animées de New York, de portraits d'amis et de sa famille, coïncidera avec la publication de Saul Leiter: Early Black and White, une monographie en deux volumes sur des textes de Max Kozolff et Jane Livingston  (Steidl/Howard Greenberg Library). Saul Lieter “a un enthousiasme pour la couleur, qui provient de son amour pour les maitres de l'art moderne. Mais sa production en noir et blanc est aussi redevable aux leçons qu'il a apprises de ces mêmes maîtres", écrit Max Kozloff dans son introduction à ce livre.

En 2018, la Howard Greenberg Gallery (HGG) présenta l'exposition "Saul Leiter: in my Room". Trente-cinq photographies en noir et blanc, ainsi que des tableaux colorés des années 1940 et 1950, décennies particulièrement prolifiques, dont beaucoup d'inédites, de ses muses. "Saul Leiter’s intimate photographs of his muses over three decades will be on view at Howard Greenberg Gallery from May 10 through June 30, 2018. Deeply personal and contemplative, many of the images in Saul Leiter: In My Room share tender moments underscored by the subjects’ trust in the photographer. The exhibition, which includes work from the mid-1940s through the early 1960s, will be the subject of an upcoming book, also titled In My Room, to be published by Steidl/Howard Greenberg Library. Many of the 35 photographs in the exhibition are on public view for the first time.

"Fed by thrilling recent discoveries from Saul Leiter’s archive, the exhibition reveals the world of the artist and the women in his life through his studies of the female figure. Often illuminated by the lush natural light of Leiter’s studio in New York City’s East Village, these black-and-white images uncover the mutual and empathetic collaboration between the artist and his subjects".

"In the 1970s, Leiter planned to make a book of his nudes, but never realized the project in his lifetime. The exhibition and upcoming book offer a first-time look at this body of work, which Leiter began on his arrival in New York in 1946 and continued throughout the next two decades. Leiter, who was also a painter, incorporates abstract elements into these photographs and often shows the influence of his favorite artists, including Bonnard, Vuillard, and Matisse."

"The prolific Leiter, who painted and took pictures fervently up to his death, worked in relative obscurity well into his eighties. Leiter preferred solitude in life, and resisted any type of explanation or analysis of his work. With In My Room, he ushers viewers into his private world while retaining his strong sense of mystery."

"Leiter made an enormous and unique contribution to photography with a highly prolific period in New York City in the 1940s and ’50s. His abstracted forms and radically innovative compositions have a painterly quality that stands out among the work of his New York School contemporaries".

"Saul Leiter (1923-2013) was born in Pittsburgh, the son of a rabbi who was a distinguished Talmudic scholar. In 1946, he moved to New York City to pursue his painting. Shortly after his arrival in New York he met the Abstract Expressionist painter Richard Pousette-Dart, who was experimenting with photography. Leiter’s friendship with Pousette-Dart, and soon after with W. Eugene Smith, and the photography exhibitions he saw in New York, particularly Henri Cartier-Bresson at the Museum of Modern Art in 1947, inspired his growing interest in photography".

"Edward Steichen included Leiter’s black-and-white photographs in the exhibition Always the Young Strangers at the Museum of Modern Art in 1953. In the late 1950s the art director Henry Wolf published Leiter’s color fashion work in Esquire and later in Harper’s Bazaar. Leiter continued to work as a fashion photographer for the next 20 years and was published in Show, Elle, British Vogue, Queen, and Nova."

"In the early 1980s Leiter was faced with financial difficulties that forced the closure of his Fifth Avenue commercial studio. For the next two decades he lived and worked almost in obscurity. In 2006, with the help of writer/curator Martin Harrison and Howard Greenberg Gallery, the groundbreaking monograph Saul Leiter: Early Color was published by Steidl in Germany. The “little” book became an overnight sensation with worldwide distribution and firmly established Leiter as an early pioneer in the history of color photography. In 2006, the Milwaukee Museum of Art held the first U.S. museum show of Leiter’s photographs".

"Leiter’s work has been prominently featured in solo museum and gallery shows in the U.S. and Europe. His work is in the collections of the Museum of Fine Arts, Houston; the Art Institute of Chicago; the Baltimore Museum of Art; the Victoria and Albert Museum; the National Gallery of Australia; the Whitney Museum of American Art; the Milwaukee Art Museum; and the Yale University Art Gallery, among others".

"The Saul Leiter Foundation, founded in 2014, is dedicated to preserving the art and legacy of the American photographer and painter Saul Leiter, and to the appreciation, advancement, and conservation of photographic works worldwide. The foundation maintains an archive of Leiter’s artwork and operates activities to promote the medium of photography through educational programs, exhibitions, books, and licensing. The SLF is working toward completing a catalogue raisonné to be made available for study by students, curators, writers, and art professionals".

"Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nudes"
Le Museum für Fotografie présente l'exposition collective "Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nudes" articulée en trois parties : Saul Leiter, "Lynch: At Second Glance" et "Newton: Icons". "It marks the first time in the history of the Helmut Newton Foundation that an exhibition will be dedicated exclusively to the genre of nude photography."

"Saul Leiter, parallel to his fashion photography for Harper’s Bazaar and the colorful abstractions he captured on the streets of New York from the 1950s onwards, also photographed nudes in the studio. These pictures remained under lock and key during his lifetime and only a few of his friends knew his quiet, intimate black-and-white images. While Leiter had his color film processed by photo labs in New York, he developed the nudes himself in his own darkroom. His female models were friends or lovers, whom the artist portrayed in his New York apartment over the course of some 20 years."

"After Leiter’s death in 2013, Margit Erb, the director of his estate, has worked through the various aspects of his oeuvre, publishing them and in some cases also re-editing them. In 2018, a book on Leiter’s nudes, In My Room, was published by Steidl Books, and Howard Greenberg Gallery in New York exhibited a selection of new prints. The Helmut Newton Foundation will now present for the first time around 100 unique vintage and late prints, printed by Saul Leiter himself. In his small-format nude portraits, women recline on sofas, become silhouettes against the light, are pictured smoking and lost in thought, or smile and pose for Leiter’s camera; not all models are entirely undressed. The images are subtle, sensitive, almost shy approaches to the female body and spirit."

Lynch: At Second Glance
"We encounter a similar visual atmosphere in the nudes of David Lynch, taken half a century later mostly in Lodz and Los Angeles. Many of them are in black and white; a few are in color. In his abstract images, details often fill the frame; only upon closer examination can we associate them with the human body and compare them to our own in our mind’s eye. Lynch decided on a large format for his 25 photographs; they were selected and printed exclusively for this exhibition in Berlin. This show is also preceded by a book, which was published under the title Nudes by Fondation Cartier in Paris in 2016. The photographs were created both parallel to and independently of Lynch’s cinematic work, which sometimes contains sexual allusions and actions. His photographic nudes, sometimes more observational, sometimes more posed, are as mysterious as his movies, but only in the rarest cases do they look like film stills. In viewing these images, we sense a cautious, indeed tender exploration of the female body with the camera – such visions are likely only possible through the medium of photography. A sense of intimacy (or the illusion thereof) is achieved through extreme close-ups with an almost tactile physicality, even if only a naked thigh or arm is visible in the frame."

Newton: Icons
"Helmut Newton began photographing nudes in the 1970s, both independently and incorporated into his fashion photography, and worked in this genre until the end of his life in 2004. His series “Naked and Dressed”, which marks the transition from fashion to nudes in his work, and his “Big Nudes” made him world-famous and inspired countless photographers and other visual artists to imitate or re-interpret them. This new presentation brings together around 60 iconic nudes from well-known exhibitions and projects such as “Helmut Newton’s Illustrated: Pictures from an Exhibition”, “White Women”, “Sleepless Nights”, “Big Nudes”, “Sex and Landscapes”, “Work”, and “Us and Them” as well as some 40 previously images from the foundation archive that have not yet been exhibited, including numerous original Polaroids. Newton created an incomparable body of work, full of subtle seduction and timeless elegance, also and especially in the nude genre. He depicts naked bodies populating swimming pools, ingenious shots of undressed mannequins and other fashion-focused nudes, half-clothed models wearing orthopedic prostheses, and provocative stagings of sexual obsession by a female cast – which open up a realm of associations where our imagination can wander."


Du 1er décembre 2018 au 19 mai 2019 
Au Museum für Fotografie
Museum of Photography / Helmut Newton Foundation
Jebensstraße 2. 10623 Berlin
Tel.: +49 (30) 266 42 42 42
Tuesday -Wednesday : 11:00 - 19:00, Thursday : 11:00 - 20:00, Friday -Sunday : 11:00 - 19:00
Visuel :
© Saul Leiter Foundation, courtesy Howard Greenberg Gallery

In No Great Hurry: 13 Lessons in Life with Saul Leiter
 Tomas Leach, 2012
 UK,| 75 minutes

Du 18 septembre au 25 octobre 2014
A la Howard Greenberg Gallery (HGG)
The Fuller Building
 41 East 57 Street
 Suite 1406
 New York, NY 10022
 Tel.: 212.334.0010
 Du mardi au samedi de 10 h à 18 h. Vernissage le 18 septembre de 18 h à 20 h

Jusqu’au 23 décembre 2010
268, boulevard Raspail. 75014 Paris
Tél. : 01 45 45 67 08
Du mardi au samedi, de 13 h à 19 h, ou sur rendez-vous

Oeuvres de Saul Leiter de haut en bas :
Sea
Années 60.
Gouache et aquarelle
22,5 x 30 cm
Self Portrait
1959
Tirage argentique moderne.© Saul Leiter
Courtesy Howard Greenberg gallery

Réflection, New York
Années 1950
Tirage chromogène moderne

Green pole
années 50
Tirage argentique moderne

Taxi, New York
1957
Tirage argentique moderne

Blue Umbrella
c. 1950
Tirage argentique moderne
© Saul Leiter
Courtesy Howard Greenberg gallery

Kissing (variant), c.1954
Gelatin silver print; printed later
9 7/8 x 9 7/8 inches

Untitled (Barbara), date unknown
Gouache, casein and watercolor on paper
5 x 6 7/8 inches

Untitled (Nude), 1950s
Gelatin silver print; printed 1970s
7 x 5 inches

Untitled, 1950s
Gelatin silver print; printed 1970s
7 x 5 inches

Soames, 1950s
Gelatin silver print; printed 1970s
7 x 5 inches

Soames, c.1960
Gelatin silver print; printed 1970s
9 x 6 inches

A lire sur ce blog :
Cet article a été publié les 22 décembre 2010, 30 novembre 2013, 7 janvier 2014, 29 juin 2018 et 16 mai 2019. Il a été modifié le 16 mai 2019.