Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 30 novembre 2018

« Le jardin d'Éden. Un petit bijou vénitien : l’artichaut violet » par Emanuela Casentini


« Le jardin d'Éden. Un petit bijou vénitien : l’artichaut violet » (Garten Eden Zartes Herz Venetiens: Die violette Artischocke) est un documentaire réalisé par Emanuela Casentini. L’artichaut est un chardon, un légume riche en polyphénols, antioxydants naturels. Il est valorisé par la gastronomie juive. Arte diffusera le 30 novembre 2018 à 17 h 10 "Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" (Xenius: Artischocken. Gesundes Gemüse mit Herz), présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard.
 « Cette série documentaire en quatre épisodes dresse le portrait de passionnés qui s’engagent pour la préservation d’espèces anciennes de fruits et légumes ». 

« Dans ce volet, nous découvrons l’artichaut violet, qui pousse dans la lagune de Venise ».

Région unique entre terre et mer, la lagune de Venise abrite une spécialité culinaire très prisée : l’artichaut violet ». 

« Ce sont surtout les premiers bourgeons de la plante, les savoureux castraure, que les Vénitiens s’arrachent sur les étals ». 

« Sur l’île de Sant’Erasmo, les frères Finotello ont repris il y a vingt ans l’exploitation familiale. À cette époque, les temps étaient durs pour les agriculteurs. Mais depuis qu’une coopérative a été créée avec d’autres producteurs, et que l’artichaut de Sant’Erasmo fait l’objet d’une appellation protégée, la situation s’est nettement améliorée ». 

« Cosetta, la femme de Carlo Finotello, nous met l’eau à la bouche avec d’appétissantes recettes ».

Judaïsme
« La Torah nous commande de manger des herbes amères (merorim) à Pessah (fête juive de Pâque) avec des pains azymes (matsot) et l’agneau pascal (Exode 12,8 ; Nombres 9,11), mais ne donne pas plus de détails. La Mishna (Pessahim 2,6) énumère cinq plantes qui peuvent être utilisées comme maror... Voici les légumes par lesquels une personne s’acquitte de son obligation à Pessah : hazeret (laitue romaine), ‘olchine (chicorée), tamkha (voir ci-dessous), harhavina (eryngium ou panicaut, une variété de chardon) et maror (sonchus oleracheus communément appelé laiteron maraîcher ou laiteron lisse. En arabe : murar)… ». Le tamkha serait le cardon, le carduus argentatus ou chardon argenté, voire le cynara cardunculus appelé artichaut sauvage…Il semble toutefois qu’au Moyen-âge les juifs ashkénazes utilisaient de la laitue ou d’autres gros légumes feuillus tandis que les juifs séfarades utilisaient l’artichaut ».

Les artichauts sont consommés souvent après des fêtes juives, notamment après le Séder de Pessah au cours duquel les Juifs se souviennent de leur libération du joug de Pharaon et de leur fuite d'Egypte. Ainsi, des juifs d’Egypte mangent des salades d’artichauts et des artichauts farcis.


Les artichauts représentent depuis environ six cents ans un mets de la gastronomie juive transalpine.

Après Kippour, de nombreux Juifs romains mangent les « carciofi alla giudia » ou « artichauts à la juive ». Les restaurants romains les proposent à leurs clients qui en raffolent.

Les « carciofi alla giudia » ou « artichauts à la juive » sont de (petits) artichauts souvent violets dont on enlève les premières feuilles très dures, puis que l’on coupe en deux dans le sens de la largeur. La partie inférieure des artichauts est jetée. Il faut laisser une partie de la tige mais en enlever la couche supérieure filandreuse. Les artichauts ainsi taillés sont plongés dans de l’eau citronnée durant une dizaine de minutes. Puis ils sont égouttés, séchés, et s’ouvrent naturellement. Ils sont alors frits entiers dans une friteuse emplie d’huile d’olive à 140° pendant une dizaine de minutes. Ils sont ensuite posés sur du papier absorbant pour enlever le maximum d’huile. Ils sont savourés, croustillants et moelleux, seuls, salés et poivrés, ou avec une sauce, voire agrémentés de salade.

Or, au printemps 2018, le Grand Rabbinat israélien a considéré que les règles de la cacherout imposaient d’effeuiller entièrement l’artichaut avant de le cuisiner, et ceci afin de déceler d’éventuels vers ou insectes, animaux non cacher, et de les enlever du légume avant de le cuisiner et de le consommer.

Tollé en Italie. Et refus des Juifs romains de renoncer à leur recette, tant ils sont convaincus que la particularité de leurs artichauts permet naturellement de respecter la cacherout : « la variété romaine aurait des pétales particulièrement serrés empêchant l’entrée des vers, son mode de préparation éliminant les feuilles externes les plus dures avant de plonger l’artichaut dans une eau citronnée puis dans l’huile bouillante éliminerait tout risque de présence animale ».
 
Mais à Milan, certains restaurants cacher ont enlevé ce mets de leurs menus.

Des chefs français ont inscrits les « artichauts à la juive  » sur leurs cartes.

Arte diffusera le 30 novembre 2018 à 17 h 10 "Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" (Xenius: Artischocken. Gesundes Gemüse mit Herz), présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard.


"Réputé pour stimuler la digestion dans l’Égypte antique, l'artichaut était considéré sous l’Ancien Régime comme un aphrodisiaque. De tout temps, ce légume, symbole de richesse et d’opulence, a fasciné les hommes. Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique se penche de nouveau sur ses propriétés médicinales. "Xenius" s’interroge : que contient donc l'artichaut et quels sont ses bienfaits réels ?"


"Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard:
Allemagne, 2018  

Allemagne, 2017
Sur Arte le 8 juillet 2018 à 19 h 15

Visuels :
Carlo Finotello a pris avec son frère la suite de leurs parents. A cette époque, il y a 20 ans, l'artichaut violet a été menacé d'extinction.
La teneur en sel du sol dans la lagune de Venise Sant'Erasmo donne à l'artichaut une qualité particulière.
L''artichaut de Sant'Erasmo est considéré comme plus délicat et plus épicé que les variétés toscane et sicilienne.
La récolte de l'artichaut violet est courte, de début avril à la mi-mai
© Steven Kfoury

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Les citations sur le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 5 juillet 2018.

jeudi 29 novembre 2018

Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi


Le Musée Cognacq-Jay a présenté l’exposition Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi assortie d'un magnifique catalogue. Des réjouissances encadrées aux buts variés : animation de la République, attraction de touristes, mise en scène politique et religieuse de la cité lacustre. Et à laquelle pouvaient participer les Juifs. Arte diffusera le 28 novembre 2018 "Venise l'insolente" (Venedig, Stadt der Sehnsucht) par Laurence Thiriat. 

Trésors du ghetto de Venise

« Au XVIIIe siècle, la stabilité politique et économique de la République Sérénissime établit le dernier âge d’or vénitien, auquel mettra un terme la conquête napoléonienne de 1797. Cet ultime chapitre d’une histoire millénaire sera marqué par un déploiement inouï événements publics et privés à Venise. Les fêtes, célébrations, régates, et autres spectacles rythment la vie de la cité et attirent curieux et amateurs de l’Europe entière ». 

« Loin d’être de purs divertissements oisifs, ces festivités - comme le carnaval- participent à une véritable mise en scène politique et religieuse de Venise. Immortalisées par de grands noms, Tiepolo, Guardi, Longhi, elles impriment durablement et exportent partout en Europe les attraits de la cité des Doges. Plus de quarante peintures, gravures, dessins, provenant de collections françaises et européennes prestigieuses, seront ainsi présentés au public pour réanimer, le temps d’une exposition, les fastes déployés par la Sérénissime République de Venise au temps des Lumières ». 

L’exposition s’articule autour de quatre thèmes liés aux fêtes vénitiennes.

« Grandes et petites réjouissances. La danse et la musique occupent une place de choix dans la société vénitienne, aussi bien au sein de l’aristocratie que du peuple. En parallèle des festivités officielles, des fêtes organisées par des particuliers au sein de maisons privées sont désignées sous les termes de ridotto ou casino ».

« De la ville à la scène. La commedia dell’arte connaît un essor sans précédent à Venise au XVIIIe siècle, en particulier avec l’auteur de théâtre Carlo Goldoni. Quant à l’Opéra, il bénéficie alors de majestueuses salles de spectacle, dont la plus célèbre demeure la Fenice. il connait un succès retentissant grâce notamment à ses compositeurs locaux comme Monteverdi ou Galuppi ».

« Le pouvoir en spectacle. Les institutions laïques et sacrées de la Sérénissime aiment convier des foules entières à de grandes festivités cristallisant l’image d’une Venise puissante et fastueuse. Les réceptions de princes étrangers, notamment français, sont également l’occasion d’extraordinaires célébrations sur la place Saint-Marc ou le Grand Canal ». 

« Au carnaval. Que serait Venise sans son carnaval ? Instituée au Moyen Âge, cette fête colorée et masquée réunit au XVIIIe siècle une foule cosmopolite, qui aime autant les attractions foraines de plein air que les divertissements plus discrets du Ridotto, l’ancêtre du casino ». 

C’est leur encadrement – dépenses financières limitées officiellement – qui a permis d’éviter par exemple l’épisode Savonarole (1452-1498), frère dominicain, prédicateur et réformateur italien qui fonda et dirigea la dictature théocratique de Florence de 1494 à sa mort.

Venise, porte ouverte sur l'Orient
Le 27 novembre 2017, Arte diffusa le premier volet - Venise, porte ouverte sur l'Orient - de la série documentaire La route de la soie et autres merveilles. "Le grand reporter Alfred de Montesquiou suit les traces de Marco Polo, de Venise à Xi’an. Un fabuleux voyage à l'affût du dialogue secret des cultures, entre Orient et Occident". 

"Couronné du prix Albert-Londres, Alfred de Montesquiou a parcouru le Moyen-Orient pour rendre compte de ses crises et de ses guerres. Cette fois, c'est en voyageur curieux et ébloui qu'il traverse l'Italie, la Turquie, l'Iran, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan et la Chine sur quelque 12 000 kilomètres, pour se faire passeur de savoirs et de rencontres, à l'affût du dialogue secret entre les cultures de l'Orient et de l'Occident. Brassant histoire religieuse, artistique et politique, traditions populaires et savantes, faits vrais et légendes, il parvient à partager avec une grande simplicité les bonheurs et les enseignements parfois érudits de ce fabuleux périple. Un hommage réconfortant à la beauté du monde et de l'humanité".

"Le point de départ d’Alfred de Montesquiou pour son périple le long de l’ancienne route de la soie est le même que celui du plus fameux des voyageurs à l’avoir jamais parcourue, à la fin du XIIIe siècle : Venise, ville d’origine de Marco Polo. D’emblée, en explorant la basilique Saint-Marc, on regarde dialoguer les civilisations. D’une ancestrale fabrique de mosaïque, qui travaille toujours selon les techniques héritées de Byzance, à un atelier de tissage hors du temps, d'une restauratrice spécialiste de l'histoire de la gastronomie vénitienne à un spécialiste des légendes locales, cette promenade à la découverte des merveilles de la cité des Doges s'achève, au détour d’un canal, devant un trésor peu connu : la bibliothèque du monastère arménien de la lagune, avec ses quelque cent soixante-dix mille volumes composés dans toutes les langues de la route de la soie".

Le Carnaval de Venise se déroulait du 27 janvier au 13 février 2018.

Venise et le Titien
Arte diffusera le 12 juillet 2018 à 8 h 40 "Tableaux de voyage. Venise et Le Titien" (Sehnsuchtsorte. Venetien und Tizian), par Mirella Pappalardo (Allemagne, 2017, 43 min). "La maison du Titien, figure prépondérante de la haute Renaissance italienne, se trouve à Venise. Mais pour saisir pleinement les influences du maître, il faut revenir à Pieve di Cadore, sa ville natale, dont les paysages l'ont beaucoup marqué. Dans le sud de la Vénétie, la ville de Padoue expose ses premières œuvres, qui comportent de nombreuses représentations de saint Antoine."

Dans la série "Grand'art", Arte a diffusé Titien (1488 ou 1490-1576) "a fasciné l' Europe entière en donnant l'éclat des plus belles femmes de Venise aux héroïnes mythologiques et aux vierges à l'enfant du répertoire traditionnel, mêlant le sacré au profane. Il s'agira de montrer que c'est en 1515, à Venise et sous le pinceau de Titien, que la mode est née. Il s'agira de montrer que chez Titien, les personnages y ont une corpulence autrement plus sensuelle que par le passé. Enfin, qu'il a introduit le mouvement dans son art de la composition - un siècle avant Rubens".

Arte propose "Grand'art. Tintoretto" par Hector Obalk (France, 2016). "Après Florence, dont les artistes ont réinventé la perception de l'espace pictural, Venise poursuit, dans la seconde moitié du XVIe siècle, à une échelle monumentale et spectaculaire, cette révolution maniériste. Tintoret (1518-1594), un maître dont les fresques ornent le palais des Doges, la Scuola Grande de San Rocco et les églises, en est le chef de file. Par son sens du gigantisme et sa capacité à peindre rapidement, Tintoret annonce Rubens et Fragonard. Il est aussi le premier à avoir projeté des ombres sur la chair de ses personnages, un procédé qui n'en finira pas de distiller son charme dans les œuvres de Véronèse, Rembrandt, et même Renoir. Sensibilité, érudition, humour : la collection conçue et présentée par Hector Obalk pour transmettre son amour de la peinture revient jusqu'au 29 juillet avec sept inédits".

"Venise l'insolente"
Arte diffusera le 28 novembre 2018 "Venise l'insolente" (Venedig, Stadt der Sehnsucht) par Laurence Thiriat. "En écho à l’exposition du Grand Palais "Éblouissante Venise !", une traversée de la Sérénissime au XVIIIe siècle, cité d'audaces et de plaisirs à la foisonnante scène artistique : Vivaldi, Farinelli, Tiepolo père et fils, Canaletto, Longhi, Guardi ou encore Goldoni et Casanova !"

"De tout temps, Venise a fasciné. Aucune cité n’a suscité autant de rêves, de désirs et de fantasmes. Merveille d’architecture, empire commercial et reine des mers, elle a concentré en son sein les plus grands artistes, lesquels ont contribué à son rayonnement à travers le monde. Au XVIIIe siècle, au crépuscule de sa puissance et de sa splendeur, la Sérénissime, qui affirme fièrement son statut de république, déborde de vitalité. Vivaldi, Farinelli, Tiepolo père et fils, Canaletto, Longhi, Guardi ou encore Goldoni et Casanova participent au bouillonnement fiévreux qui s’est emparé de la ville. Libertine et insolente, transgressive et créative, Venise s’enivre de fêtes et de carnavals, jusqu'à ce que Bonaparte conquière la ville en 1797."

"Au travers de ses arts foisonnants, ce documentaire captivant restitue les plus grands moments de l'histoire de la Sérénissime alors qu’elle danse sur un volcan, avant son inexorable déclin. Un hommage éblouissant à la prodigieuse beauté de la cité italienne, à laquelle le Grand Palais consacre une exposition jusqu'au 21 janvier 2019."


"Venise l'insolente" par Laurence Thiriat
France, 2018, 52 min
Sur Arte le 28 novembre 2018 à 22 h 30
Visuels :
© Christophe Trarieux

Sous la direction de Rose-Marie Herda-Mousseaux et Benjamin Couilleaux, Sérénissime ! : Venise en fête de Tiepolo à Guardi. Paris Musées, 2017. Broché. 171 pages. ISBN-13: 978-2759603428

Du 25 février au 25 juin 2017 
Au Musée Cognacq-Jay, le goût du XVIIIe siècle
8, rue Elzévir - 75003 Paris
Tél. 01 40 27 07 21
Tous les jours de 10 h à 18 h. Sauf lundis et certains jours fériés
Visuels
Affiche et catalogue
Pietro FALCA dit Pietro LONGHI (Venise, 1702-1785)
Le Charlatan, vers 1757
Huile sur toile
Toulouse, Fondation Bemberg, inv. 1029
CREDIT obligatoire : Fondation Bemberg, Toulouse. Photo RMN - Grand Palais /Fondation Bemberg / Mathieu Rabeau

Francesco GUARDI (Venise, 1712-1793)
Le Doge Alvise IV Mocenigo porté sur la place Saint-Marc, vers 1775-1777
Huile sur toile
Grenoble, musée de Grenoble, inv. MG. 10

"Tableaux de voyage. Venise et Le Titien" par Mirella Pappalardo 
Allemagne, 2017, 43 min
© Mirella Pappalardo

"Grand'art. Tintoretto" par Hector Obalk 
France, 2016
Le Paradis de Tintoret dans la Salle du Grand Conseil du Palais des Doges à Venise
© Corpus Productum

Producteurs : ESTHO NEWS, ARTE France

Articles sur ce blog concernant :
Les  citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 23 juin 2017, puis les 27 novembre 2017, 13 février et 12 juillet 2018.

mardi 27 novembre 2018

Daniel Blaufuks


Daniel Blaufuks est né au Portugal dans une famille juive ashkénaze ayant fui le nazisme. Ce photographe primé a créé une œuvre, mêlant photographie et vidéo, sur la thématique de la mémoire et de l’Histoire, les liens entre temps et espace. Dans le cadre de Photo Saint-Germain 2018, le musée national Eugène-Delacroix présente l’exposition « Aujourd’hui. Eugène Delacroix, Daniel Blaufuks ».
        
Une passion pour Delacroix : la collection Karen B. Cohen
De Delacroix à Matisse. Dessins du musée des Beaux-arts d'Alger
« Une lutte moderne. De Delacroix à nos jours » 
Daniel Blaufuks

Daniel Blaufuks est né en 1963, à Lisbonne (Portugal) dans une famille juive ashkénaze. Fuyant le nazisme et les persécutions antisémites, ses grands-parents polono-allemands s’y étaient réfugiés en 1936.

En 1976, Daniel Blaufuks s’installe en Allemagne, et revient au Portugal en 1983.

Malgré sa vocation artistique, il travaille dans une entreprise d’importations de biens.

Après avoir étudié la photographie, il débute sa carrière artistique en collaborant à Blitz, magazine hebdomadaire de musique, puis au journal O Independente, et à l’édition portugaise de Marie Claire

1989. Le Prix Kodak portugais lui est décerné.

En 1996, Daniel Blaufuks figure parmi les huit artistes sélectionnés par l’European Photography Award.

En 1991, avec Paul Bowles, il publie My Tangier, et en 1994 London Diaries, suivis de Ein Tag in Mostari (1995) et Uma Viagem a S. Petersburgo (1998).

Daniel Blaufuks a vécu en Angleterre, aux Etats-Unis, et a parcouru l’Inde, la Russie, l’Afrique et l’Amérique du sud.

Il a réalisé des films et vidéos : Life is not a picnic (1998), Black and White (2000), Under Strange Skies (Sob Ceus Estranhos, 2002), documentaire sur les réfugiés juifs à Lisbonne durant et après la Deuxième Guerre mondiale, Reversed Landscapes (2002) sur l’architecture portugaise, et Slightly Smaller than Indiana (2006).

En 2010, le Centre Photographique d’Île-de-France « a accueilli Daniel Blaufuks, artiste portugais, pour une résidence de recherche et de création. Daniel Blaufuks utilise principalement la photographie et la vidéo, et présente son travail par l’intermédiaire de livres, d’installations et de films. Ses sujets de prédilection sont la relation entre le temps et l’espace, et la représentation de la mémoire privée et collective ».

« Atelier et appartement du peintre romantique » dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, le musée national Eugène-Delacroix accueille l'exposition Aujourd’hui. Eugène Delacroix, Daniel Blaufuks. « Présentée dans l’intimité de l’atelier d’Eugène Delacroix, cette exposition rassemble les oeuvres diaristiques de Daniel Blaufuks , à travers les compositions de Polaroïds annotées de sa série Tentative d’épuisement, et des œuvres d’Eugène Delacroix : peintures, dessins, estampes, manuscrits » et « une peinture d’On Kawara issue de sa série « Today » (1966-2013) accompagnée de sa boîte et de sa coupure de presse ».

« De 2009 à 2016, j’ai photographié une table et une fenêtre dans ma cuisine à Lisbonne. Dans un premier temps, je fus attiré par son silence ; plus tard, par la manière dont les objets recevaient la lumière; finalement, par leur composition géométrique », écrit Daniel Blaufuks au sujet de Tentative d’épuisement. « À travers ces œuvres réalisées depuis 2009 à un rythme quasi quotidien et dans l’intimité de cet espace privé, Daniel Blaufuks cite le texte Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (écrit en 1974) de l’écrivain Georges Perec. L’artiste affirme ainsi son existence et ponctue ses photographies de commentaires manuscrits sur les aléas de sa pratique quotidienne, le passage du temps et l’irruption des événements du monde extérieur ».

« Peintre majeur du XIXe siècle, très tôt remarqué par la critique pour la puissance et l’invention de ses œuvres, Delacroix fut aussi un écrivain remarquable, dont les qualités d’expression littéraire étaient servies par une culture classique profonde et un sens aigu de la composition et de la narration. Tenu toute sa vie durant sur de petits carnets retrouvés à sa mort, son Journal en témoigne. Delacroix écrivit également de nombreuses lettres, il fut un épistolier fervent. Tout jeune homme, il fut tenté par la littérature. Le musée Delacroix conserve les manuscrits de deux courts romans, Alfred et Les Dangers de la Cour, ainsi que celui d’une pièce de théâtre, Victoria. Ceux-ci sont présentés aux côtés des œuvres de Daniel Blaufuks ».

L’exposition Aujourd’hui. Eugène Delacroix et Daniel Blaufuks « interroge les liens entre l'existence intime de l'artiste et les murmures du monde, les enjeux des pratiques diaristiques et les relations du texte à l'image peinte ou photographique ».

« L'exposition est réalisée en collaboration avec la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris dans le cadre du festival Photo Saint Germain ».


Du 31 octobre au 3 décembre 2018
6, rue de Fürstenberg. 75006 Paris 
Tél. : 01 44 41 86 50
Tous les jours, sauf les mardis, de 9 h 30 à 17 h 30. Nocturne chaque premier jeudi du mois jusqu’à 21 h
Visuels :
Daniel Blaufuks, The Destruction of Aleppo, de la série Attempting Exhaustion (Tentative d’épuisement), 2016, © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier

Daniel Blaufuks, The Journal of Eugène Delacroix, de la série Attempting Exhaustion, 2018 © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

Eugène Delacroix, 
Les dangers de la cour
, Manuscrit autographe © 
Photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

Daniel Blaufuks, Original Copies Original, de la série Attempting Exhaustion, 2016 © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

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Les citations sont extraites de communiqués de presse.

« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot


Arte diffusera le 28 novembre 2018 "Shoah, les oubliés de l'Histoire(Die Grauen der Shoah, dokumentiert von sowjetischen Kameramännernpar Véronique Lagoarde-Ségot. Des images filmées par les cameramen de l'Union soviétique au fil de l'avancée de l'Armée rouge et des découvertes de la Shoah. 

« War Story, 1995-1996 » de Mikael Levin
« 1945. L'ouverture des camps en Allemagne », par Serge Viallet
« Images de la libération des camps. Chronique d’un film inachevé », par André Singer
Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946) 
« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot

Témoignages bouleversants – images en panoramique des fours crématoires, aux pieds desquels le sol est jonché de tas d’ossements et de cendres humains - « de l’indicible horreur de la Shoah, les images de la libération des camps se sont imprimées dans la mémoire collective. Mais qu’en est-il des trois millions de Juifs qui périrent sur le sol soviétique ? »

Pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’ouverture des camps par les Alliés, le Mémorial de la Shoah a proposé l'exposition Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946) exceptionnelle consacrée à l’étude des images de la Shoah filmées par les opérateurs soviétiques, à leur réception et à la manière dont ces films ont forgé la perception de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale. Il dévoile des images, souvent inédites, filmées par les Soviétiques sur l’ensemble du Front Est. Une exposition dense complétée par un mini site Internet.

« Dans les fosses, les cadavres n’ont plus de voix pour dire leur singularité ». Sur un texte lu par l’actrice Anna Mouglalis, ce documentaire « présente des extraits des bandes tournées par les Soviétiques pendant toute la durée du conflit », et plus d’un an avant la découverte du camp de Buchenwald par l’armée américaine. 
« Des images exceptionnelles, restées quasiment inexploitées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui documentent pourtant la Shoah à l’Est » de l’Europe. 

« Tout en éclairant les intentions politiques qui les sous-tendent, Véronique Lagoarde-Ségot restitue, à travers ces témoignages bouleversants, un pan longtemps tombé dans l’oubli de l’extermination du peuple Juif ».

Véronique Lagoarde-Ségot avait co-assuré le montage de Cinq caméras brisées, documentaire « franco-israélo-palestinien » écrit et réalisé par Emad Burnat et Guy Davidi (2011), sélectionné aux Oscars en 2013.

Une judéité occultée
Au début du XXe siècle, une majorité des Juifs d'Europe de l'Est vivent Ukraine, Lituanie et Pologne. Les Juifs de l'empire russe subissent des pogroms, etc.

Après la révolution russe de 1917, les Juifs se voient dotés de droits, les synagogues sont nationalisées, un Conseil des affaires Juives  est constitué.

Le 22 juin 1941, Hitler « lance la Wehrmacht à l’assaut de l’URSS, faisant voler en éclats le pacte germano-soviétique signé en août 1939 » avec le IIIe Reich. L'armée allemande bombarde, pillent, brûlent villages et habitants... La frange occidentale de l'URSS est vite occupée par le IIIe Reich. Pour des habitants d'Ukraine et des pays Baltes, l'arrivée des Allemands est saluée en raison des aspirations nationales, du ressentiment à l'égard du stalinisme.

« Dès le début de l’offensive, Staline mobilise le pouvoir de l’image pour dresser la patrie contre l’envahisseur » nazi. Les Soviétiques maîtrisent l'outil cinématographique.

Le dictateur de l’Union soviétique « dépêche sur le front des opérateurs de prises de vues tels que Roman Karmen, Otilia Reisman ou Mark Troïanovski. Armés de leurs petites caméras Eyemo, ils filment l’immense désolation des territoires foulés par l’ennemi ». Ils sont "l’œil du Kremlin".

"L'image se met au service du drapeau". Blessés russes, désolation des Russes, armée russe désorganisée, incendies... Les opérateurs russes filment non pas des "images positives", mais celles de désastres. Tri et montage des images constituent la deuxième étape, avant leur projection dans les salles de cinéma.

« Amorcée à la fin de l’année 1941, la reconquête révèle l’ampleur du crime : dans le sillage de l’Armée rouge, les opérateurs découvrent les traces des exécutions de masse - de Juifs, d'handicapés mentaux, d'"opposants", etc. - perpétrées par les Einsatzgruppen – ou groupes mobiles d’intervention –, avec la collaboration de nationalistes des pays baltes et d’Ukraine, contaminés par la théorie du « complot judéo-bolchevique ». Les crimes de masse se font au vu et au su de tout le monde. Aux abords des ravins, des fossés, les Einsatzgruppen font déshabiller les civils, les tuent, puis recommencent avec d'autres groupes humains. N’oublions pas que des Einsatzgruppen comptaient dans leurs rangs des musulmans d’URSS incités à rejoindre les Forces de l’Axe par le grand mufti de Jérusalem al-Husseini.


Les combattants russes luttent pour leur patrie et pour Staline, le "petit père du peuple". Les "films servent à alimenter la haine". Avec la reconquête territoriale de zones précédemment occupées par l'armée allemande, l'Armée soviétique découvre l'horreur. Des images prises en un hiver particulièrement rigoureux. Un plan montrant une étoile juive sur une victime est écarté du montage des images prises par les cameramen russes. De gros plans "capturent l'émotion" des villageois. En Ukraine, des milices locales, antisémites, collaborent avec les nazis aux massacres de Juifs. Les caméras allemandes filment les violences subies par les Juifs. Des images de Juifs dans les ghettos ramènent du néant des visages émouvants. "C'est le silence complet", constate Vassili Grossman devant ces territoires Judenrein.

Après la victoire de Stalingrad, l'Armée rouge s'achemine vers de nouvelles victoires. Les images des cinéastes illustrent les figures de héros russes.

Souvent Juifs, des travailleurs forcés sont contraints par les Nazis d'effacer les traces des massacres commis par l'occupant allemand. Les rescapés de ces groupes de travailleurs forcés expliquent à l'Armée rouge les techniques de construction d'un brasier, l'utilisation de machines pour broyer les os des victimes, etc. Exhumations, collectes de preuves et témoignages, évaluations des préjudices... L'heure est aux premiers procès de l'Etat nazi, criminel, poursuivi pour "crimes contre le peuple" en Union soviétique. L'heure est aussi à l'enterrement des cadavres dans des cimetières emplis de croix filmés par les cameramen soviétiques.

« Pourtant, ce n’est qu’en recoupant leurs images avec celles des Allemands qu’apparaît la spécificité du génocide Juif ». 

« Car rapidement, la propagande stalinienne s’emploie à gommer la judéité des victimes, à universaliser le martyre, pour fédérer le peuple dans la lutte contre le IIIe Reich ».

Dans la marche vers Berlin, en 1944, les cameraman filment les parades militaires, les accueils enthousiastes, avancées glorieuses.

En découvrant les camps nazis d'extermination, les cameramen découvrent l'ampleur de la tragédie subie par les Juifs. Des opérateurs mettent en scène l'arrivée de l'Armée rouge dans les camps, alternent les champs/contre-champs, plans larges et rapprochés. Ils filment les peignes, chaussures, cheveux, et talits, châles juifs de prières, mais ceux-ci sont écartés du montage du film. La diversité nationale est soulignée par le commentateur.
  
  
« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot
Mélisande Films, Sophie Faudel, 2014, 53 min
Sur Arte les 10 novembre 2015 à 22 h 35, 29 novembre 2018 à 1 h 25
Sur Histoire  les 27 janvier à 20 h 40, 4 février à 23 h 35, 7 février à 0 h 55, 23 février 2016 à 2 h 5529 juin 2017 à 09:15, 5 juillet 2017 à 9:25, 11 juillet 2017 à 9:40 et 17 juillet 2017 à 9:25. 
Visuels 
© Akg-images/RIA Nowosti
© Mélissande Films
Les citations proviennent d'Arte et du documentaire. Cet article a été publié le 10 novembre 2015, puis le 2 février 2016.

lundi 26 novembre 2018

Izhar Cohen, dessinateur et illustrateur


Izhar Cohen est un dessinateur et illustrateur israélien né en 1963. Il collabore à de célèbres magazines européens, israéliens et américains, d'informations générales ou scientifiques. Dans le cadre de l'Année croisée France-Israël et à l'occasion du Festival Lettres d'Israël, la bibliothèque Germaine Tillion invite à la découverte de l’œuvre dessinée sophistiquée d'Izhar Cohen.
    
Izhar Cohen est né à Raanana (Israël) en 1963.

Il étudie l’art la Talma Yalin Art School de Tel Aviv.

Durant son service militaire en 1989, il illustre dans Bamahane, magazine de Tsahal. Là, il goûte à cette discipline. Sa carrière professionnelle est lancée.

Puis Izhar Cohen suit des cours de dessin graphique à la Bezalel Academy of art de Jérusalem

Il complète sa formation l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris – apprentissage de la gravure, notamment sur bois -, puis au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres.

Ses dessins de presse ont été publiés par la presse française - L'Express, Le Figaro Madame, Le Monde - israélienne et anglo-saxonne : The Times, The Guardian, The Financial Times, Time Magazine, World of Interiors, Prospects, Metropolitan Home, World Media, Gourmet, Reader’s Digest, Wall Street Journal…

Izhar Cohen  a aussi illustré des livres pour la collection Folio, chez Gallimard.

Repéré par Allan Manham, fondateur de l’agence d’illustrateurs Artworks, Izhar Cohen se voit proposer de nombreuses collaborations pour des clients importants à Londres, New York et Tokyo.

La créativité d’Izhar Cohen est appréciée par des groups souhaitant renforcer leurs projets conceptuels tels leurs rapports annuels, brochures, etc.

Izhar Cohen collabore alors avec les firmes de design leaders, comme Pentagram et Newell and Sorrell.

Après plus de dix ans passés en Europe, Izhar Cohen retourne en Israël. Il enseigne et donne des conférences dans le département de communication visuelle de la Bezalel Academy of Arts and Design à Jérusalem.

2005. Retour à Paris où Izhar Cohen obtient un studio à la Cité internationale des Arts.

Izhar Cohen est l’auteur d’« ABC » (David Bennett Books, UK, Dial books New York), « Treasure Hunt » (Mathew Price Children’s Books, UK), « The Book of Cricket » (Running Press, USA), « The Flood Tale » (Pavilion Books London), « The Wolf’s Story » (Walker Books, UK, Candlewick USA), « The Magic Whisper » (Kinneret, Israel).

Installé à Florence (Italie), Izhar Cohen  garde son lien avec la presse israélienne via ses illustrations de la tribune hebdomadaire de Yair Lapid pour Yediot Aharonot et pour Globes, ainsi qu’avec des magazines de dimension internationale.

L’exposition à la bibliothèque Germaine Tillion invite à découvrir trois facettes de son œuvre dessinée. "Tel Aviv d'abord que connait très bien Izhar Cohen puisque c'est là qu'est née sa vocation artistique à l'occasion de ses études à Talma Yalin Art School. La littérature à travers des linogravures publiées dans The Guardian. Des dessins de presse à thème scientifique réalisés pour Scientific American."

Le 10 octobre 2018, Michel Kichka et Izhar Cohen ont dialogué sur le thème « Tel AvivJérusalem, dessins croisés » dans cette bibliothèque parisienne.


Du 10 octobre au 01 décembre 2018
6, rue du Commandant Schloesing. 75016 Paris
Tél. : 01 47 04 70 85
Mardi, jeudi, vendredi de 13 h à 19 h, mercredi de 10 h à 19 h, samedi de 10 h à 18 h, 


Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent de communiqués de presse.