Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 30 novembre 2018

« Le jardin d'Éden. Un petit bijou vénitien : l’artichaut violet » par Emanuela Casentini


« Le jardin d'Éden. Un petit bijou vénitien : l’artichaut violet » (Garten Eden Zartes Herz Venetiens: Die violette Artischocke) est un documentaire réalisé par Emanuela Casentini. L’artichaut est un chardon, un légume riche en polyphénols, antioxydants naturels. Il est valorisé par la gastronomie juive. Arte diffusera le 30 novembre 2018 à 17 h 10 "Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" (Xenius: Artischocken. Gesundes Gemüse mit Herz), présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard.
 « Cette série documentaire en quatre épisodes dresse le portrait de passionnés qui s’engagent pour la préservation d’espèces anciennes de fruits et légumes ». 

« Dans ce volet, nous découvrons l’artichaut violet, qui pousse dans la lagune de Venise ».

Région unique entre terre et mer, la lagune de Venise abrite une spécialité culinaire très prisée : l’artichaut violet ». 

« Ce sont surtout les premiers bourgeons de la plante, les savoureux castraure, que les Vénitiens s’arrachent sur les étals ». 

« Sur l’île de Sant’Erasmo, les frères Finotello ont repris il y a vingt ans l’exploitation familiale. À cette époque, les temps étaient durs pour les agriculteurs. Mais depuis qu’une coopérative a été créée avec d’autres producteurs, et que l’artichaut de Sant’Erasmo fait l’objet d’une appellation protégée, la situation s’est nettement améliorée ». 

« Cosetta, la femme de Carlo Finotello, nous met l’eau à la bouche avec d’appétissantes recettes ».

Judaïsme
« La Torah nous commande de manger des herbes amères (merorim) à Pessah (fête juive de Pâque) avec des pains azymes (matsot) et l’agneau pascal (Exode 12,8 ; Nombres 9,11), mais ne donne pas plus de détails. La Mishna (Pessahim 2,6) énumère cinq plantes qui peuvent être utilisées comme maror... Voici les légumes par lesquels une personne s’acquitte de son obligation à Pessah : hazeret (laitue romaine), ‘olchine (chicorée), tamkha (voir ci-dessous), harhavina (eryngium ou panicaut, une variété de chardon) et maror (sonchus oleracheus communément appelé laiteron maraîcher ou laiteron lisse. En arabe : murar)… ». Le tamkha serait le cardon, le carduus argentatus ou chardon argenté, voire le cynara cardunculus appelé artichaut sauvage…Il semble toutefois qu’au Moyen-âge les juifs ashkénazes utilisaient de la laitue ou d’autres gros légumes feuillus tandis que les juifs séfarades utilisaient l’artichaut ».

Les artichauts sont consommés souvent après des fêtes juives, notamment après le Séder de Pessah au cours duquel les Juifs se souviennent de leur libération du joug de Pharaon et de leur fuite d'Egypte. Ainsi, des juifs d’Egypte mangent des salades d’artichauts et des artichauts farcis.


Les artichauts représentent depuis environ six cents ans un mets de la gastronomie juive transalpine.

Après Kippour, de nombreux Juifs romains mangent les « carciofi alla giudia » ou « artichauts à la juive ». Les restaurants romains les proposent à leurs clients qui en raffolent.

Les « carciofi alla giudia » ou « artichauts à la juive » sont de (petits) artichauts souvent violets dont on enlève les premières feuilles très dures, puis que l’on coupe en deux dans le sens de la largeur. La partie inférieure des artichauts est jetée. Il faut laisser une partie de la tige mais en enlever la couche supérieure filandreuse. Les artichauts ainsi taillés sont plongés dans de l’eau citronnée durant une dizaine de minutes. Puis ils sont égouttés, séchés, et s’ouvrent naturellement. Ils sont alors frits entiers dans une friteuse emplie d’huile d’olive à 140° pendant une dizaine de minutes. Ils sont ensuite posés sur du papier absorbant pour enlever le maximum d’huile. Ils sont savourés, croustillants et moelleux, seuls, salés et poivrés, ou avec une sauce, voire agrémentés de salade.

Or, au printemps 2018, le Grand Rabbinat israélien a considéré que les règles de la cacherout imposaient d’effeuiller entièrement l’artichaut avant de le cuisiner, et ceci afin de déceler d’éventuels vers ou insectes, animaux non cacher, et de les enlever du légume avant de le cuisiner et de le consommer.

Tollé en Italie. Et refus des Juifs romains de renoncer à leur recette, tant ils sont convaincus que la particularité de leurs artichauts permet naturellement de respecter la cacherout : « la variété romaine aurait des pétales particulièrement serrés empêchant l’entrée des vers, son mode de préparation éliminant les feuilles externes les plus dures avant de plonger l’artichaut dans une eau citronnée puis dans l’huile bouillante éliminerait tout risque de présence animale ».
 
Mais à Milan, certains restaurants cacher ont enlevé ce mets de leurs menus.

Des chefs français ont inscrits les « artichauts à la juive  » sur leurs cartes.

Arte diffusera le 30 novembre 2018 à 17 h 10 "Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" (Xenius: Artischocken. Gesundes Gemüse mit Herz), présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard.


"Réputé pour stimuler la digestion dans l’Égypte antique, l'artichaut était considéré sous l’Ancien Régime comme un aphrodisiaque. De tout temps, ce légume, symbole de richesse et d’opulence, a fasciné les hommes. Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique se penche de nouveau sur ses propriétés médicinales. "Xenius" s’interroge : que contient donc l'artichaut et quels sont ses bienfaits réels ?"


"Xenius : L'artichaut. Un légume au cœur tendre" présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard:
Allemagne, 2018  

Allemagne, 2017
Sur Arte le 8 juillet 2018 à 19 h 15

Visuels :
Carlo Finotello a pris avec son frère la suite de leurs parents. A cette époque, il y a 20 ans, l'artichaut violet a été menacé d'extinction.
La teneur en sel du sol dans la lagune de Venise Sant'Erasmo donne à l'artichaut une qualité particulière.
L''artichaut de Sant'Erasmo est considéré comme plus délicat et plus épicé que les variétés toscane et sicilienne.
La récolte de l'artichaut violet est courte, de début avril à la mi-mai
© Steven Kfoury

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Les citations sur le documentaire sont d'Arte. Cet article a été publié le 5 juillet 2018.

jeudi 29 novembre 2018

« Les Juifs ont résisté en France 1940-1945 »

L’AACCE  (Association des amis de la Commission centrale de l’enfance) a publié les actes du colloque éponyme placé en 2006 sous la présidence d’honneur d’Adam Rayski (1913-2008). Les 30 novembre 2018 à 19 h 48, 2 décembre 2018 à 14 h 25 et 4 décembre 2018 à 12 h 48, Toute l'Histoire diffusera Ils étaient juifs et résistants, documentaire d'Alain Jomy (55 '). "En juin 1940, la France perd la guerre et l'Occupation allemande débute. Les juifs représentent alors une infime fraction de la population française. Venus de tous les horizons, appartenant à des mouvements de jeunesse ou à des partis politiques, ils ont été très nombreux à s'engager dans tous les mouvements de résistance. Celle-ci a commencé avec l'entraide. Puis, face à la répression et aux persécutions raciales, elle s'est poursuivie avec la propagande et l'action armée. Ce document reconstitue cette histoire peu connue, celle de tous ces citoyens juifs qui sont entrés en résistance contre le nazisme sur le territoire français".

« Les Juifs ont résisté en France 1940-1945 »
Femmes en résistance
« Des « terroristes » à la retraite », de Mosco Boucault
« Le maquis des Juifs » par Ariel Nathan
L'Outre-mer français dans la guerre 39-45
Max Guedj (1913-1945), héros méconnu de la France libre
« Les Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale » de Claude Santiago et Antoine Casubolo

Les résistances des Juifs ont été longtemps occultées au détriment de l'image de Juifs victimes sans avoir combattu la Shoah et gommées dans le récit de la Résistance aux Nazis et aux collaborateurs de ces derniers.

Actes du colloque
L’AACCE  (Association des amis de la Commission centrale de l’enfance) avait organisé un colloque sur les Juifs résistants avec l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE), les Anciens de l’Union de la jeunesse juive (UJJ), l’association pour la Mémoire de la résistance juive de la Main d’œuvre immigrée (MRJ-MOI), le Musée de la résistance nationale de Champigny-sur-Marne, et avec le soutien de la Ville de Paris.

Ce livre  passionnant, à la riche iconographie, est accompagné du DVD « Paroles de témoins » réalisé à partir d’interventions, notamment les témoignages émouvants de résistants filmés lors du colloque.

Il s’ouvre sur les témoignages d’enfants de ces résistants juifs, et vise à réfuter deux idées fausses diffusées pendant environ 30 ans : l’une « occultait l’importance de la participation des étrangers et immigrés dans la Résistance », l’autre alléguait que les Juifs « s’étaient laissés mener passivement à l’abattoir ».

La résistance Juive comprend à la fois celle des mouvements Juifs et celle d’organisations ne se définissant pas comme Juives (MOI).

Historiens, journalistes, résistants en montrent les composantes, les stratégies, la complexité et la diversité : engagement volontaire de Juifs étrangers dans l’armée française (1939-1945), participation au sauvetage des enfants Juifs, etc. Ils évoquent les motivations, qualités – courage, ténacité, solidarité, abnégation - et valeurs animant ces combattants.

Si José  Aboulker  (1920-2009), Jacques Bingen  (1908-1944), Henri Krasucki  (1924-2003) et Pierre Mendès-France  (1907-1982) sont cités ainsi que beaucoup d’autres, manque notamment Max Guedj  (1913-1945), héros de la France Libre au sein de la RAF (Royal Air Force).

Marianne
En mai 2015, Marianne a consacré un hors-série aux résistances Juives. "Les juifs, durant la Seconde Guerre mondiale, n'ont pas été des victimes passives de la folie génocidaire de l'Allemagne nazie. Ils l'ont aussi activement combattue, armes à la main, participant à la libération du continent européen du joug hitlérien. C’est cette histoire européenne que veut rappeler le numéro spécial de "Marianne" consacré aux "Résistances juives". Ce hors-série, disponible en kiosques à partir du 13 mai, est accompagné d’un documentaire d’Ariel Nathan, "Le Maquis des juifs", relatant ce que furent la vie et les idéaux des combattants juifs dans les montagnes du Sud-Ouest entre 1942 et 1944... Il y a 70 ans, lors de l’ouverture des camps de la mort, le monde étonné et bouleversé découvrait le génocide des juifs. L’horreur, l’ampleur des massacres industriels perpétrés par les nazis et leurs alliés, le soupçon ignominieux d’une forme de passivité des victimes, occultèrent l’engagement des juifs dans la Résistance partout en Europe. Les recherches historiques tordent le cou à cette fable ignoble, permettant de révéler qu’au-delà de l’héroïsme des combattants du ghetto de Varsovie, plus de 80 autres ghettos se révoltèrent. Que des soulèvements eurent lieu à Auschwitz, Treblinka ou Sobibor, aux portes mêmes des chambres à gaz. Qu’en France, les juifs s’organisèrent pour le sauvetage de leurs coreligionnaires menacés d’extermination et formèrent des bataillons de combat. C'est ce que montre le documentaire "Le Maquis des juifs".

Documentaire
Ils étaient juifs et résistants est un documentaire d'Alain Jomy (55'). "En juin 1940, la France perd la guerre et l'Occupation allemande débute. Les juifs représentent alors une infime fraction de la population française (0,3%, soit environ 350 000 âmes, ou 0,7%). Difficile pour ceux qui vivent dans la zone occupée de lutter, mais partout ailleurs on note un engagement massif malgré une minorité numérique, quelles que soient les origines et partis politiques. Venus de tous les horizons, appartenant à des mouvements de jeunesse ou à des partis politiques, ils ont été très nombreux à s'engager dans tous les mouvements de résistance. Celle-ci a commencé avec l'entraide. Puis, face à la répression et aux persécutions raciales, elle s'est poursuivie avec la propagande et l'action armée. Ce document reconstitue cette histoire peu connue, celle de tous ces citoyens juifs qui sont entrés en résistance contre le nazisme sur le territoire français". De la résistance civile - distribution de tracts, de messages et d'affiches appelant les jeunes à la résistance, sauvetage d'enfants juifs - à celle armée.

Dans les revues, tels Libération ou Combat, participent Benjamin Crémieux, Marc Bloch... La presse clandestine juive, notamment en yiddish, diffuse des informations capitales sur les Juifs déportés.

L'UGIF est créée "pour mieux séparer les Juifs du reste de la population".

La MOI a été créée par la CGT. Elle recrute parmi les jeunes juifs des quartiers populaires, notamment dans le XIe arrondissement de Paris.

40 000 Juifs sont déportés en 1942, soit environ la moitié des Juifs déportés de France pendant la guerre.

Adam Rayski a écrit : « Sur l'horloge de l'histoire, les aiguilles avancent plus vite pour les Juifs que pour les autres peuples. Le temps des autres n'est pas précisément le nôtre".

Robert Gamzon réunit les dirigeants des Scouts juifs locaux, et entre dans la clandestinité. Moisac s'avère un centre actif. Près de 10 000 enfants juifs sont sauvés. Des fermes écoles sont instituées.

Beaucoup d'associations sont repliées à Lyon. Après l'invasion de la Zone libre par les Nazis, la résistance y débute par la distribution de tracts, comme à Paris.

A Paris, la VIe Section fabrique de faux papiers. Les "réseaux juifs résistants sont fragiles, à la merci des dénonciations", des filatures. Il reste 65 jeunes FTP-MOI, pas tous armés. Les "autres groupes ont été éliminés. Les directions des FTP-MOI tombent les unes après les autres".

Pour éviter les attentats sous formes de déraillements de trains, les Allemands nazis joignent aux wagons militaires des wagons transportant des civils.

En 1943, les Allemands envahissent la zone italienne. Les premières rafles ont lieu à Nice. Certains Juifs rejoignent le Vercors. "L'action du Maquis était intégrée" au sein des plans des Alliés en cas de Débarquement. Des résistants juifs tentent de rejoindre les Forces françaises livres en Afrique du Nord. Après avoir quitté des camps d'internement en Espagne, certains sont affectés à la IIe Division blindée du général Leclerc.

L'OJC réunit diverses organisations juives, et combat dans des maquis, notamment dans le Tarn.

A Paris, les filatures cernent les résistants juifs et les arrêtent vers le 16 novembre 1943. Le groupe Manouchian figure dans l'Affiche rouge dénonçant "l'Armée du crime". Une campagne antisémite naît.

Dédié à Stépha Skurnik, ce documentaire passionnant souffre d'un défaut majeur : il oublie que la France avait à l'époque des départements et un empire outre-mer avec d'éminents juifs résistants.


"Ils étaient juifs et résistants" d'Alain Jomy 
55'
Sur France 5 les 29 janvier à 22 h 35 et 11 février 2017 à 0 h 15
Sur Toute L'Histoire les 21 octobre 2017 à 19 h 05, 22 octobre 2017 à 11 h, 24 octobre 2017 à 22 h 43, 26 octobre 2017 à 8 h 10, 30 novembre 2018 à 19 h 48, 2 décembre 2018 à 14 h 25 et 4 décembre 2018 à 12 h 48

Les Juifs ont résisté en France 1940-1945. AACCE, 2009. 335 pages. 39 euros. ISBN / EAN13 : 2000000004310

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Cet article a été commandé, mais ni publié ni payé par L'Arche. Il a été publié 
sur ce blog le 2 avril 2014, puis les 20 mai 2015, 29 janvier et 21 octobre 2017.

Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi


Le Musée Cognacq-Jay a présenté l’exposition Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi assortie d'un magnifique catalogue. Des réjouissances encadrées aux buts variés : animation de la République, attraction de touristes, mise en scène politique et religieuse de la cité lacustre. Et à laquelle pouvaient participer les Juifs. Arte diffusera le 28 novembre 2018 "Venise l'insolente" (Venedig, Stadt der Sehnsucht) par Laurence Thiriat. 

Trésors du ghetto de Venise

« Au XVIIIe siècle, la stabilité politique et économique de la République Sérénissime établit le dernier âge d’or vénitien, auquel mettra un terme la conquête napoléonienne de 1797. Cet ultime chapitre d’une histoire millénaire sera marqué par un déploiement inouï événements publics et privés à Venise. Les fêtes, célébrations, régates, et autres spectacles rythment la vie de la cité et attirent curieux et amateurs de l’Europe entière ». 

« Loin d’être de purs divertissements oisifs, ces festivités - comme le carnaval- participent à une véritable mise en scène politique et religieuse de Venise. Immortalisées par de grands noms, Tiepolo, Guardi, Longhi, elles impriment durablement et exportent partout en Europe les attraits de la cité des Doges. Plus de quarante peintures, gravures, dessins, provenant de collections françaises et européennes prestigieuses, seront ainsi présentés au public pour réanimer, le temps d’une exposition, les fastes déployés par la Sérénissime République de Venise au temps des Lumières ». 

L’exposition s’articule autour de quatre thèmes liés aux fêtes vénitiennes.

« Grandes et petites réjouissances. La danse et la musique occupent une place de choix dans la société vénitienne, aussi bien au sein de l’aristocratie que du peuple. En parallèle des festivités officielles, des fêtes organisées par des particuliers au sein de maisons privées sont désignées sous les termes de ridotto ou casino ».

« De la ville à la scène. La commedia dell’arte connaît un essor sans précédent à Venise au XVIIIe siècle, en particulier avec l’auteur de théâtre Carlo Goldoni. Quant à l’Opéra, il bénéficie alors de majestueuses salles de spectacle, dont la plus célèbre demeure la Fenice. il connait un succès retentissant grâce notamment à ses compositeurs locaux comme Monteverdi ou Galuppi ».

« Le pouvoir en spectacle. Les institutions laïques et sacrées de la Sérénissime aiment convier des foules entières à de grandes festivités cristallisant l’image d’une Venise puissante et fastueuse. Les réceptions de princes étrangers, notamment français, sont également l’occasion d’extraordinaires célébrations sur la place Saint-Marc ou le Grand Canal ». 

« Au carnaval. Que serait Venise sans son carnaval ? Instituée au Moyen Âge, cette fête colorée et masquée réunit au XVIIIe siècle une foule cosmopolite, qui aime autant les attractions foraines de plein air que les divertissements plus discrets du Ridotto, l’ancêtre du casino ». 

C’est leur encadrement – dépenses financières limitées officiellement – qui a permis d’éviter par exemple l’épisode Savonarole (1452-1498), frère dominicain, prédicateur et réformateur italien qui fonda et dirigea la dictature théocratique de Florence de 1494 à sa mort.

Venise, porte ouverte sur l'Orient
Le 27 novembre 2017, Arte diffusa le premier volet - Venise, porte ouverte sur l'Orient - de la série documentaire La route de la soie et autres merveilles. "Le grand reporter Alfred de Montesquiou suit les traces de Marco Polo, de Venise à Xi’an. Un fabuleux voyage à l'affût du dialogue secret des cultures, entre Orient et Occident". 

"Couronné du prix Albert-Londres, Alfred de Montesquiou a parcouru le Moyen-Orient pour rendre compte de ses crises et de ses guerres. Cette fois, c'est en voyageur curieux et ébloui qu'il traverse l'Italie, la Turquie, l'Iran, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan et la Chine sur quelque 12 000 kilomètres, pour se faire passeur de savoirs et de rencontres, à l'affût du dialogue secret entre les cultures de l'Orient et de l'Occident. Brassant histoire religieuse, artistique et politique, traditions populaires et savantes, faits vrais et légendes, il parvient à partager avec une grande simplicité les bonheurs et les enseignements parfois érudits de ce fabuleux périple. Un hommage réconfortant à la beauté du monde et de l'humanité".

"Le point de départ d’Alfred de Montesquiou pour son périple le long de l’ancienne route de la soie est le même que celui du plus fameux des voyageurs à l’avoir jamais parcourue, à la fin du XIIIe siècle : Venise, ville d’origine de Marco Polo. D’emblée, en explorant la basilique Saint-Marc, on regarde dialoguer les civilisations. D’une ancestrale fabrique de mosaïque, qui travaille toujours selon les techniques héritées de Byzance, à un atelier de tissage hors du temps, d'une restauratrice spécialiste de l'histoire de la gastronomie vénitienne à un spécialiste des légendes locales, cette promenade à la découverte des merveilles de la cité des Doges s'achève, au détour d’un canal, devant un trésor peu connu : la bibliothèque du monastère arménien de la lagune, avec ses quelque cent soixante-dix mille volumes composés dans toutes les langues de la route de la soie".

Le Carnaval de Venise se déroulait du 27 janvier au 13 février 2018.

Venise et le Titien
Arte diffusera le 12 juillet 2018 à 8 h 40 "Tableaux de voyage. Venise et Le Titien" (Sehnsuchtsorte. Venetien und Tizian), par Mirella Pappalardo (Allemagne, 2017, 43 min). "La maison du Titien, figure prépondérante de la haute Renaissance italienne, se trouve à Venise. Mais pour saisir pleinement les influences du maître, il faut revenir à Pieve di Cadore, sa ville natale, dont les paysages l'ont beaucoup marqué. Dans le sud de la Vénétie, la ville de Padoue expose ses premières œuvres, qui comportent de nombreuses représentations de saint Antoine."

Dans la série "Grand'art", Arte a diffusé Titien (1488 ou 1490-1576) "a fasciné l' Europe entière en donnant l'éclat des plus belles femmes de Venise aux héroïnes mythologiques et aux vierges à l'enfant du répertoire traditionnel, mêlant le sacré au profane. Il s'agira de montrer que c'est en 1515, à Venise et sous le pinceau de Titien, que la mode est née. Il s'agira de montrer que chez Titien, les personnages y ont une corpulence autrement plus sensuelle que par le passé. Enfin, qu'il a introduit le mouvement dans son art de la composition - un siècle avant Rubens".

Arte propose "Grand'art. Tintoretto" par Hector Obalk (France, 2016). "Après Florence, dont les artistes ont réinventé la perception de l'espace pictural, Venise poursuit, dans la seconde moitié du XVIe siècle, à une échelle monumentale et spectaculaire, cette révolution maniériste. Tintoret (1518-1594), un maître dont les fresques ornent le palais des Doges, la Scuola Grande de San Rocco et les églises, en est le chef de file. Par son sens du gigantisme et sa capacité à peindre rapidement, Tintoret annonce Rubens et Fragonard. Il est aussi le premier à avoir projeté des ombres sur la chair de ses personnages, un procédé qui n'en finira pas de distiller son charme dans les œuvres de Véronèse, Rembrandt, et même Renoir. Sensibilité, érudition, humour : la collection conçue et présentée par Hector Obalk pour transmettre son amour de la peinture revient jusqu'au 29 juillet avec sept inédits".

"Venise l'insolente"
Arte diffusera le 28 novembre 2018 "Venise l'insolente" (Venedig, Stadt der Sehnsucht) par Laurence Thiriat. "En écho à l’exposition du Grand Palais "Éblouissante Venise !", une traversée de la Sérénissime au XVIIIe siècle, cité d'audaces et de plaisirs à la foisonnante scène artistique : Vivaldi, Farinelli, Tiepolo père et fils, Canaletto, Longhi, Guardi ou encore Goldoni et Casanova !"

"De tout temps, Venise a fasciné. Aucune cité n’a suscité autant de rêves, de désirs et de fantasmes. Merveille d’architecture, empire commercial et reine des mers, elle a concentré en son sein les plus grands artistes, lesquels ont contribué à son rayonnement à travers le monde. Au XVIIIe siècle, au crépuscule de sa puissance et de sa splendeur, la Sérénissime, qui affirme fièrement son statut de république, déborde de vitalité. Vivaldi, Farinelli, Tiepolo père et fils, Canaletto, Longhi, Guardi ou encore Goldoni et Casanova participent au bouillonnement fiévreux qui s’est emparé de la ville. Libertine et insolente, transgressive et créative, Venise s’enivre de fêtes et de carnavals, jusqu'à ce que Bonaparte conquière la ville en 1797."

"Au travers de ses arts foisonnants, ce documentaire captivant restitue les plus grands moments de l'histoire de la Sérénissime alors qu’elle danse sur un volcan, avant son inexorable déclin. Un hommage éblouissant à la prodigieuse beauté de la cité italienne, à laquelle le Grand Palais consacre une exposition jusqu'au 21 janvier 2019."


"Venise l'insolente" par Laurence Thiriat
France, 2018, 52 min
Sur Arte le 28 novembre 2018 à 22 h 30
Visuels :
© Christophe Trarieux

Sous la direction de Rose-Marie Herda-Mousseaux et Benjamin Couilleaux, Sérénissime ! : Venise en fête de Tiepolo à Guardi. Paris Musées, 2017. Broché. 171 pages. ISBN-13: 978-2759603428

Du 25 février au 25 juin 2017 
Au Musée Cognacq-Jay, le goût du XVIIIe siècle
8, rue Elzévir - 75003 Paris
Tél. 01 40 27 07 21
Tous les jours de 10 h à 18 h. Sauf lundis et certains jours fériés
Visuels
Affiche et catalogue
Pietro FALCA dit Pietro LONGHI (Venise, 1702-1785)
Le Charlatan, vers 1757
Huile sur toile
Toulouse, Fondation Bemberg, inv. 1029
CREDIT obligatoire : Fondation Bemberg, Toulouse. Photo RMN - Grand Palais /Fondation Bemberg / Mathieu Rabeau

Francesco GUARDI (Venise, 1712-1793)
Le Doge Alvise IV Mocenigo porté sur la place Saint-Marc, vers 1775-1777
Huile sur toile
Grenoble, musée de Grenoble, inv. MG. 10

"Tableaux de voyage. Venise et Le Titien" par Mirella Pappalardo 
Allemagne, 2017, 43 min
© Mirella Pappalardo

"Grand'art. Tintoretto" par Hector Obalk 
France, 2016
Le Paradis de Tintoret dans la Salle du Grand Conseil du Palais des Doges à Venise
© Corpus Productum

Producteurs : ESTHO NEWS, ARTE France

Articles sur ce blog concernant :
Les  citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 23 juin 2017, puis les 27 novembre 2017, 13 février et 12 juillet 2018.

mercredi 28 novembre 2018

« Sauvés par des Justes » par Christian Frey et Susanne Wittek


Les Justes parmi les Nations « sont plus de deux mille sept cents en France et vingt mille en Europe. « Sauvés par des Justes » (Stille Retter) par Christian Frey et Susanne Wittek. « Gros plan sur ces citoyens qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont risqué leur vie pour sauver des Juifs en tout désintéressement », luttant face à la peur et contre le désespoir ». Dans le cadre de l’année croisée France-Israël, l’Association Bnai Brith Moshe Dayan, en partenariat avec le Comité Yad Vachem Nice Côte d’Azur et la ville de Nice, invite le 27 novembre 2018 à 18 h 30 au Centre Universitaire Méditerranéen au colloque "Les Justes parmi les Nations". De la mémoire à la reconnaissance, comment Israël honore ses Justes".
Après l'accession d’Hitler au pouvoir en janvier 1933, les « Juifs d’Allemagne sont rapidement mis à l’écart ». Les « Juifs d’Allemagne » étaient allemands. Pourquoi Arte les dénaturalise-elle ?

« Dès le mois d’avril, un boycott des magasins juifs est organisé, empêchant notamment les commerçants d’accéder à leur lieu de travail ». Et aussi les clients. Par qui est organisé ce boycott ?

« En 1935, les lois de Nuremberg ancrent l’antisémitisme dans la législation du IIIe Reich ».

« L'escalade se poursuit avec le pogrom de la Nuit de cristal, du 9 au 10 novembre 1938, qui contraint des milliers de juifs à l’exil ». Un pogrom, ou plutôt des pogroms en Allemagne, en Autriche et dans la région Sudètes, peuplée de Germanophones, annexées par le IIIe Reich.

Arte évite d’utiliser le mot « nazi ». Pourquoi ?

« Beaucoup choisissent de se réfugier dans la patrie de la Révolution et des droits de l’Homme. Mais après l’occupation d’une partie de la France par les troupes allemandes en 1940, la lutte pour la survie continue ».

« Malgré l’implication des autorités françaises dans leur persécution, les trois quarts des juifs, Français et réfugiés, échapperont à la déportation, notamment grâce à l’aide des Justes ». Grâce aussi à des organisations juives, à leurs amis, des relations professionnelles, le hasard...

Ces « gestes de solidarité ou de sauvetage, dès les rafles de l'été 1942, de la part de citoyens de toutes conditions sociales, opinions ou religions, seront reconnus en 1953 par une loi israélienne qui crée pour eux le titre de « Juste » (Righteous Among the Nations), rendant ainsi hommage à ceux « qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs en tout désintéressement ».

Au terme de l’examen des dossiers répondant à des critères exigeant au moins deux témoins, Yad Vashem a reconnu environ au 1er janvier 2016 26 120 Justes parmi les nations. Installé à Jérusalem (Israël), Yad Vashem remet aux Justes une médaille et un diplôme de Justes parmi les Nations lors d'une cérémonie de gratitude.

Avec 6 620 Justes parmi les nations, la Pologne, où ceux qui aidaient les Juifs risquaient d’être exécutés avec leur famille, figure en première place dans la liste des Justes. Employée au Comité d’aide sociale de Varsovie, Irena Sendlerowa (1910-2008) a assuré l’évasion d’environ mille cinq cents enfants juifs du ghetto gardé par les nazis.

En Europe - environ vingt mille Justes -, la France a abrité 3 925 Justes.

Toute une variété de situations se sont présentées. Certains de ceux ayant hébergé, nourri, fait travailler durement des enfants juifs. D'autres les ont violés.

Diffusé dans le cadre d’une soirée spéciale consacrée à la libération des camps nazis sur Artel le documentaire « Sauvés par des Justes » (Stille Retter) par Christian Frey et Susanne Wittek présente des témoignages de Juifs sauvés par des Justes parmi les nations : Robert Badinter, avocat, ancien garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et sénateur socialiste (1995-2011), Alfred Grosser, politologue et historien né en 1925 à Francfort-sur-le-Main, réfugié avec sa famille en France dès 1933.

Ce titre de Juste parmi les Nations s’avère un enjeu politique instrumentalisé à des fins étrangères à la vérité, dans un but de rapprochement avec le monde arabe ou/et musulman, pour pallier le refus de mener le dialogue judéo-musulman, ou de la part d'Etats musulmans pour instrumentaliser le lobby juif américain afin d'obtenir son soutien à des fins de politique régionale (le Maroc impliqué dans le conflit du Sahara occidental).

Ainsi, avec l’appui de Juifs marocains, le Maroc tente d’obtenir ce titre pour le roi Mohammed V. Or, les travaux d’historiens ont prouvé que ce souverain, alors sultan Mohammed V, n’a protégé aucun Juif.

« Sur l’essentiel, le Sultan Mohammed n’a pas protégé les Juifs puisqu’il a même promulgué les statuts des Juifs en Dahir (décret) chérifien. En réalité, le Sultan Mohammed entend faire savoir aux autorités de Vichy qu’il reste le maître du pays. S’il y a persécution ou protection, il estime que c’est à lui à en décider. Le message est les suivant : les Juifs sont ses sujets et non pas ceux de Vichy. A travers les Juifs, le Sultan Mohammed réclame sa part d’autonomie vis-à-vis du gouvernement de Vichy. Les Juifs sont des pions parmi d’autres dans le rapport de force entre le Makhzen et Vichy. Par ailleurs, il ne fait preuve d’aucune détermination à défendre les Juifs : il ne rencontre les dirigeants de la communauté juive qu’une seule fois et en privé, au printemps 1942, pour leur dire qu’à titre personnel, il désapprouve les mesures de Vichy. En revanche, à titre officiel et publiquement, il ne prend aucune mesure en faveur des Juifs. Pire, il traduit les statuts des Juifs en Dahir chérifien ! », a déclaré l’historien Georges Bensoussan.

Et de réfuter le mythe selon lequel le sultan se serait opposé au port de l’étoile jaune par les Juifs : « Le port de l’étoile jaune est une mesure allemande qui n’a jamais été d’application en Zone libre, c’est-à-dire sur l’ensemble du territoire français placé sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Et le Maroc (comme l’Algérie) faisait partie de la Zone libre. Seule la Tunisie s’est vue appliquée le port de l’étoile jaune dans la région de Sfax pendant les six mois qu’a duré l’occupation allemande. Or, les Allemands n’entrent pas au Maroc. Le Sultan Mohammed n’a donc jamais eu le moindre contact avec les Allemands. Il n’y a donc jamais eu d’étoile jaune au Maroc… Les 150.000 Français vivant au Maroc sont violemment antisémites. L’administration française est littéralement gangrenée par l’antisémitisme. Quotidiennement, elle apporte la preuve de son antisémitisme dans la façon dont elle traite les Juifs. Ainsi, le gouvernement de Vichy n’accorde aux Juifs que 50% des ressources alimentaires qu’il attribue aux musulmans. Dans ce contexte particulier, l’attitude du Sultan du Maroc -qui reçoit notamment les dirigeants de la communauté juive en audience privée pour leur témoigner de sa solidarité- fait le tour de tous les mellahs (quartiers juifs) du Maroc. En comparant son attitude avec celle des autorités françaises, il n’a aucune difficulté à apparaître comme un sauveur magnanime ».

Colloque
Dans le cadre de l’année croisée France-Israël, l’Association Bnai Brith Moshe Dayan, en partenariat avec le Comité Yad Vachem Nice Côte d’Azur et la ville de Nice, invite le 27 novembre 2018 à 18 h 30 au Centre Universitaire Méditerranéen. Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Simon Benchimol, Président Bnai Brith Moshe Dayan, Denis Sibony Vice-Président en charge de la culture, tous les membres Association B'nai B'rith Moshe Dayan, Daniel Wancier, Président du Comité Yad Vashem Côte d'Azur, Anita Mazor, Ministre près l’Ambassade d’Israël à Paris en charge du sud de la France convient au colloque "Les Justes parmi les Nations". De la mémoire à la reconnaissance, comment Israël honore ses Justes", en présence de Martine Ouaknine, Adjointe au Maire, Conseillère métropolitaine, Conseillère départementale, de Justes, de descendants de Justes et des personnes sauvées qui livreront leurs témoignages. Entrée libre.


« Sauvés par des Justes » par Christian Frey et Susanne Wittek
2016, 52 min
Sur Arte le 24 janvier 2017 à 21 h 45

Visuels :
© Suzanne Radelhof
© Gebrüder Beetz Film

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Les citations non sourcées proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 23 janvier 2017.

mardi 27 novembre 2018

Daniel Blaufuks


Daniel Blaufuks est né au Portugal dans une famille juive ashkénaze ayant fui le nazisme. Ce photographe primé a créé une œuvre, mêlant photographie et vidéo, sur la thématique de la mémoire et de l’Histoire, les liens entre temps et espace. Dans le cadre de Photo Saint-Germain 2018, le musée national Eugène-Delacroix présente l’exposition « Aujourd’hui. Eugène Delacroix, Daniel Blaufuks ».
        
Une passion pour Delacroix : la collection Karen B. Cohen
De Delacroix à Matisse. Dessins du musée des Beaux-arts d'Alger
« Une lutte moderne. De Delacroix à nos jours » 
Daniel Blaufuks

Daniel Blaufuks est né en 1963, à Lisbonne (Portugal) dans une famille juive ashkénaze. Fuyant le nazisme et les persécutions antisémites, ses grands-parents polono-allemands s’y étaient réfugiés en 1936.

En 1976, Daniel Blaufuks s’installe en Allemagne, et revient au Portugal en 1983.

Malgré sa vocation artistique, il travaille dans une entreprise d’importations de biens.

Après avoir étudié la photographie, il débute sa carrière artistique en collaborant à Blitz, magazine hebdomadaire de musique, puis au journal O Independente, et à l’édition portugaise de Marie Claire

1989. Le Prix Kodak portugais lui est décerné.

En 1996, Daniel Blaufuks figure parmi les huit artistes sélectionnés par l’European Photography Award.

En 1991, avec Paul Bowles, il publie My Tangier, et en 1994 London Diaries, suivis de Ein Tag in Mostari (1995) et Uma Viagem a S. Petersburgo (1998).

Daniel Blaufuks a vécu en Angleterre, aux Etats-Unis, et a parcouru l’Inde, la Russie, l’Afrique et l’Amérique du sud.

Il a réalisé des films et vidéos : Life is not a picnic (1998), Black and White (2000), Under Strange Skies (Sob Ceus Estranhos, 2002), documentaire sur les réfugiés juifs à Lisbonne durant et après la Deuxième Guerre mondiale, Reversed Landscapes (2002) sur l’architecture portugaise, et Slightly Smaller than Indiana (2006).

En 2010, le Centre Photographique d’Île-de-France « a accueilli Daniel Blaufuks, artiste portugais, pour une résidence de recherche et de création. Daniel Blaufuks utilise principalement la photographie et la vidéo, et présente son travail par l’intermédiaire de livres, d’installations et de films. Ses sujets de prédilection sont la relation entre le temps et l’espace, et la représentation de la mémoire privée et collective ».

« Atelier et appartement du peintre romantique » dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, le musée national Eugène-Delacroix accueille l'exposition Aujourd’hui. Eugène Delacroix, Daniel Blaufuks. « Présentée dans l’intimité de l’atelier d’Eugène Delacroix, cette exposition rassemble les oeuvres diaristiques de Daniel Blaufuks , à travers les compositions de Polaroïds annotées de sa série Tentative d’épuisement, et des œuvres d’Eugène Delacroix : peintures, dessins, estampes, manuscrits » et « une peinture d’On Kawara issue de sa série « Today » (1966-2013) accompagnée de sa boîte et de sa coupure de presse ».

« De 2009 à 2016, j’ai photographié une table et une fenêtre dans ma cuisine à Lisbonne. Dans un premier temps, je fus attiré par son silence ; plus tard, par la manière dont les objets recevaient la lumière; finalement, par leur composition géométrique », écrit Daniel Blaufuks au sujet de Tentative d’épuisement. « À travers ces œuvres réalisées depuis 2009 à un rythme quasi quotidien et dans l’intimité de cet espace privé, Daniel Blaufuks cite le texte Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (écrit en 1974) de l’écrivain Georges Perec. L’artiste affirme ainsi son existence et ponctue ses photographies de commentaires manuscrits sur les aléas de sa pratique quotidienne, le passage du temps et l’irruption des événements du monde extérieur ».

« Peintre majeur du XIXe siècle, très tôt remarqué par la critique pour la puissance et l’invention de ses œuvres, Delacroix fut aussi un écrivain remarquable, dont les qualités d’expression littéraire étaient servies par une culture classique profonde et un sens aigu de la composition et de la narration. Tenu toute sa vie durant sur de petits carnets retrouvés à sa mort, son Journal en témoigne. Delacroix écrivit également de nombreuses lettres, il fut un épistolier fervent. Tout jeune homme, il fut tenté par la littérature. Le musée Delacroix conserve les manuscrits de deux courts romans, Alfred et Les Dangers de la Cour, ainsi que celui d’une pièce de théâtre, Victoria. Ceux-ci sont présentés aux côtés des œuvres de Daniel Blaufuks ».

L’exposition Aujourd’hui. Eugène Delacroix et Daniel Blaufuks « interroge les liens entre l'existence intime de l'artiste et les murmures du monde, les enjeux des pratiques diaristiques et les relations du texte à l'image peinte ou photographique ».

« L'exposition est réalisée en collaboration avec la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris dans le cadre du festival Photo Saint Germain ».


Du 31 octobre au 3 décembre 2018
6, rue de Fürstenberg. 75006 Paris 
Tél. : 01 44 41 86 50
Tous les jours, sauf les mardis, de 9 h 30 à 17 h 30. Nocturne chaque premier jeudi du mois jusqu’à 21 h
Visuels :
Daniel Blaufuks, The Destruction of Aleppo, de la série Attempting Exhaustion (Tentative d’épuisement), 2016, © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier

Daniel Blaufuks, The Journal of Eugène Delacroix, de la série Attempting Exhaustion, 2018 © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

Eugène Delacroix, 
Les dangers de la cour
, Manuscrit autographe © 
Photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

Daniel Blaufuks, Original Copies Original, de la série Attempting Exhaustion, 2016 © Daniel Blaufuks, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

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Les citations sont extraites de communiqués de presse.