mardi 24 mai 2016

« Les dessous des accords de Munich » de Christine Rütten


Histoire a rediffusera le 24 mai 2016, dans le cadre de Histoire de comprendre, 1938, Chamberlain et Munich, réalisé par Robert Mugnerot, avec Alexandre Adler : "Le 30 septembre 1938, la conférence de Munich mettait fin à une grave crise internationale. Les représentants de la France et de l'Angleterre, le président du Conseil Edouard Daladier et le Premier ministre Arthur Chamberlain, de crainte de provoquer un embrasement généralisé, abandonnaient la Tchécoslovaquie, leur alliée, aux appétits d'annexion de l'Allemagne hitlérienne. La région des Sudètes fut immédiatement rattachée au Reich. De retour à Londres, Chamberlain, triomphant, annonçait à une opinion soulagée qu'il ramenait « la paix pour notre temps ». Un temps qui fut très bref. Un an plus tard, les démocraties, qui n'avaient pas voulu entrer en guerre pour la Tchécoslovaquie, le faisaient pour la Pologne : la Seconde Guerre mondiale éclatait". Arte a diffusé « Les dessous des accords de Munich » (Hitlers Ultimatum – DieWahrheit über das Münchner Abkommen), documentaire de Christine Rütten. 30 septembre 1938 : l’annonce de la signature des accords de Munich – démantèlement de la Tchécoslovaquie par l’abandon de la région des Sudètes - est accueillie par la liesse à Londres et à Paris, et la stupéfaction à Prague. Des accords symboles de la lâcheté, de l’aveuglement et de la naïveté de dirigeants politiques de démocraties face au totalitarisme.
  

29-30 septembre 1938. La conférence de Munich réunit les représentants de la Grande-Bretagne – Premier ministre conservateur Neville Chamberlain -, de la France – Edouard Daladier, président du Conseil -, de l’Italie – Benito Mussolini, Duce - et de l’Allemagne – Führer Adolf Hitler. En est absente la Tchécoslovaquie, pourtant au centre des négociations.

Pour mettre un terme à la crise des Sudètes – trois millions de germanophones vivent dans la région tchèque des Sudètes, en Bohême et en Moravie - et « pour sauvegarder la paix », la Tchécoslovaquie est démembrée : le IIIe Reich annexe les Sudètes. Après 1945, par les décrets Beneš, la Tchécoslovaquie expulse et exproprie 2,6 Allemands des Sudètes, « collaborateurs du régime nazi », qui s’installent dans les Länder allemands - notamment de Bavière et de Saxe – ainsi qu’en Autriche. Un événement tragique, douloureux prévu par la conférence de Potsdam (17 juillet- 2 août 1945) et qui se conclut par l’intégration des réfugiés dans leurs pays d’accueil dont ils contribuent à l’essor.

A Londres, Chamberlain est accueilli par une foule enthousiaste. Winston Churchill avait pourtant prévenu : « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ».

En France, Daladier craint une réaction courroucée de la population. C’est au contraire des Français en liesse qui l’accueillent. «  Les cons ! », murmure Daladier. Le socialiste Léon Blum est partagé entre « un lâche soulagement et la honte ».

Les Tchécoslovaques dont Jiři Kosta, Juif tchèque né en 1921, sont stupéfaits par l’abandon ou le sacrifice contraint de leur pays, bastion de démocratie en Europe de l’Est, havre pour les réfugiés ayant fui le nazisme.

A la suite de l’invasion allemande dans les Sudètes, 100 000 sociaux-démocrates, communistes et Juifs fuient cette région.

Moins d’un an plus tard, l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht déclenche la Seconde Guerre mondiale. Ce répit a-t-il été utile aux démocraties européennes pour mieux se réarmer face à une armée allemande vantant sa Luftwaffe ? La Blitzkrieg (guerre éclair, en allemand) tend à prouver le contraire.

Des enseignements tirés des accords de Munich
Les accords deMunich ont démontré l’inanité et le danger de la « politique d’apaisement », du déni de la réalité – réarmement allemand, projet expansionniste nazi -, du pacifisme ayant guidé les démocraties européennes à l’égard de l’Allemagne nazie. Pour le gouvernement britannique, « la question des Juifs est une affaire intérieure allemande, donc sans influence sur la politique étrangère » britannique, précise l’historien Ian Kershaw.

L'historiographie sur cette période a nuancé le portrait de Chamberlain et la perception des accords de Munich. Se fondant sur des archives rendues publiques dans les années 1960, des historiens ont souligné la faible marge de manœuvre du Premier ministre britannique. Des auteurs ont insisté sur la nécessité de la France et de la Grande-Bretagne de gagner du temps pour se doter d'un arsenal militaire moderne.

Ce chemin de la lâcheté, de l’aveuglement, de la vanité et de l’illégalité – la France ne respecte pas ses engagements à l’égard de la Tchécoslovaquie – est jalonné par des étapes importantes auxquelles ces démocraties, comme la Société des Nations (SDN), ne réagissent pas, tels le rétablissement du service militaire obligatoire par Hitler en 1935 ou l’occupation en 1936 par l’Allemagne nazie de la Rhénanie démilitarisée, en violation de trois clauses du traité de Versailles et des traités de Locarno.

Munichois ou antimunichois ? Depuis des décennies, ces épithètes qualifient les partisans ou les adversaires de l’appeasement lors des crises affectant les relations internationales. Et certains s’efforcent de tirer des enseignements de ces accords honteux pour éviter une telle faute politique aux conséquences graves : millions de victimes de la guerre, dont celles Juives de la Shoah. Comment et quand faut-il réagir face aux dictateurs ? Les démocraties doivent-elles s'atteler à soutenir tous ceux qui luttent contre des dictateurs ou autocrates, et au risque d'amener au pouvoir, via des élections démocratiques des ennemis des libertés, des islamistes qui imposeront un régime autoritaire fondé sur la sharia (Libye) et promouvront le jihad ?

La réalisatrice Christine Rütten évoque Saddam Hussein massacrant des Kurdes. Montre des images de musulmans décharnés internés derrière des fils barbelés d’un camp de concentration dans l’ex-Yougoslavie. « Slobodan Milošević avait exposé son projet dans son discours du champ des merles en 1989 », déclare Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé Vert qui a prôné l’intervention armée dans l’ex-Yougoslavie contre le leader serbe Milošević.

Mettre en parallèle Hitler, Hussein et Milošević ne parait pas pertinent.

Par contre, la comparaison entre Hitler et les islamistes qui veulent détruire Israël, peuple et Etat, s’impose.

Autres exemples de l’actualité des accords de Munich, l’approbation par nombre de pays de la proclamation unilatérale d’un Etat palestinien observateur non membre de l'ONU le 29 novembre 2012, à l’assemblée générale des Nations unies ou l’attentisme – Union européenne -, voire le possible soutien français à cette proclamation illégale de la « Palestine » et qui implique la disparition de l’Etat Juif. Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils opposeront leur veto si une telle proclamation était présentée au Conseil onusien de sécurité dont ils sont membres de droit.

Quant à la conférence de Paris que la France entend réunir fin mai 2016 en vue de mettre fin au "conflit israélo-palestinien", sans l'Etat d'Israël ni l'Autorité palestinienne, et tout en affirmant avec prétention et vanité détenir les "paramètres de la paix" et a déjà annoncer qu'elle proclamera l'Etat palestinien en cas de refus de l'Etat Juif de ses conclusions, elle fait penser à quoi ?


de Christine Rütten
2008, 52 minutes
Diffusions les 15 septembre 2011 à 1 h 35 et  27 septembre 2011 à 10 h 55

1938, Chamberlain et Munich de Robert Mugnerot
Diffusions sur Histoire les 4 et 11 février, 18 et 19 mars 2014, 2, 9, 17 et 27 juillet 2015

Visuels : © HR

Articles sur ce blog concernant :
France
Shoah (Holocaust)

Cet article a ét épublié le 14 septembre 2011 et le :
- 7 mai 2013 à l'approche de la diffusion par la chaine Histoire, les 11 et 14 mai 2013, du documentaire de 1938, Chamberlain et Munich, documentaire de Robert Mugnerot ;
- 17 mars 2014. Histoire a diffusé les 18 et 19 mars 2014 1938, Chamberlain et Munich de Robert Mugnerot ;
- 2 juillet 2015. 

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