lundi 18 décembre 2017

« Bette Davis - La reine d’Hollywood » par Sabine Carbon


Arte diffusera le 18 décembre à 23 h 05 « Bette Davis - La reine d’Hollywood  » (Bette Davis - Der dunkle Blick. Größer als das Leben ) par Sabine Carbon. « Son regard hypnotique derrière des paupières lourdes et sa troublante aura l’ont hissée au sommet du cinéma hollywoodien. Portrait de Bette Davis (1908-1989), une star souveraine dont l’audace a contribué à l’émancipation de la femme ».


« Petit bout de femme aux yeux immenses, Bette Davis ne craignait rien ni personne ». 

« Rebelle dans l’âme, cette enfant de la Nouvelle-Angleterre, née en 1908, qui adopte bientôt l’allure garçonne des Années folles, n’aura de cesse de se libérer de son éducation puritaine ».

« Précocement prête à conquérir le monde – et ce père avocat qui les avait abandonnées, sa sœur, sa mère et elle –, la jeune première de Broadway, élève de Martha Graham, est révélée sur grand écran à 26 ans par « L’emprise » de John Cromwell. La star en devenir y incarne non sans audace une jeune sadique qui maltraite son amant handicapé ». 

« Un an plus tard, sa présence hypnotique de femme fatale dans « L’intruse » lui vaut son premier Oscar ». 

« Travailleuse acharnée et résolument indépendante, l’inoubliable Margo de Joseph L. MankiewiczÈve ») n’hésite pas à défier les studios, dont la Warner, à une époque où leurs créatures se soumettent docilement à leurs mentors ». 

« Une cigarette coincée entre les doigts, cette pionnière au glamour trouble ose tout, se comporte comme un homme – quatre mariages et trois enfants, dont deux adoptés – et excelle dans les rôles de garce, comme « L’insoumise » de William Wyler, jouant de son ambiguïté avec une remarquable intelligence, doublée d’une jubilation transgressive ». 

« Et quand sa carrière décline, Bette Davis publie une annonce dans « Variety » : « Actrice cherche emploi stable »...

« Nourri de nombreux témoignages dont celui de la classieuse Gena Rowlands et truffé d’anecdotes qui lui ressemblent, ce film dresse le portrait du mythe et de la femme souveraine et indomptable, qui a splendidement assumé ses contradictions comme ses rides (« Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? ») ». 

« Celui, aussi, d’une écorchée pudique dont la bouleversante profondeur affleure derrière le talent de comédienne dans le beau « Now Voyager » (« Une femme cherche son destin ») ».


« Bette Davis - La reine d’Hollywood  » par Sabine Carbon
Allemagne, 2016
Sur Arte le 18 décembre à 23 h 05

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Les citations sont extraites d'Arte.

« Nansen, un passeport pour les apatrides » par Valentine Varela et Philippe Saada


Histoire diffusera les 18 décembre 2017 et 12 janvier 2018 « Nansen, un passeport pour les apatrides » (Der Nansen-Pass), par Valentine Varela et Philippe Saada. De 1922 et 1945, le "passeport Nansen", document d’identité, a permis aux réfugiés apatrides, donc sans passeport, à se déplacer entre les pays : Russes blancs, Arméniens, Assyriens, etc



« Au début des années 1920, plus de 2 millions de Russes – Russes blancs ayant fui la Russie après la révolution d’octobre, voire celle de février 1917 - et d'Arméniens sont devenus apatrides. Les premiers ont été privés de leur nationalité par Lénine, tandis que les seconds, rescapés du génocide de 1915, sont interdits de retour par la jeune république turque », car leurs "gouvernements avaient institué leur déchéance de nationalité collective".

« Révolté par leur sort, le Norvégien Fridtjof Nansen (1861-1930), figure majeure de l'exploration polaire, scientifique de renom, vient d'être nommé haut-commissaire aux réfugiés par la Société des Nations » (SDN). Il s’est attelé à la tache ardue de donner un statut à ces réfugiés afin de leur permettre de franchir les frontières sans être titulaires de passeports. Animée par la volonté d'éviter l'hécatombe d'un conflit mondial, la SDN regroupe alors des personnalités comme Nansen, sans formation en diplomatie.

Cet explorateur célèbre, ce scientifique reconnu, cet ardent patriote et artisan de l'indépendance de la Norvège veille sur les prisonniers de guerre, arpente la Russie révolutionnaire où règne la terreur bolchevique, où le nouveau pouvoir pratique les expropriations, etc. Irène Companeez témoigne sur ce chaos.

Un million et demi de Russes, dont ceux de L'Armée blanche, fuient, parfois via la mer Noire, et une partie arrive à Constantinople à une époque où la Turquie chasse ses minorités orthodoxes. La Croix-Rouge alerte les diplomates de la SDN et crée le poste de haut-commissaire aux réfugiés. Nansen occupe ce poste humanitaire. A Constantinople, il découvre stupéfait la condition désastreuse de ces réfugiés qui "dorment à même le sol". Comment les répartir dans des pays d'accueil et comment organiser leur protection juridique quand les jeunes Etats-nations se soucient de leurs frontières ?

Face à ce vacuum juridique, sans grand moyen financier, Nansen s'entoure de juristes russes et réussit « à imposer au niveau international un document qui leur redonne une identité et des droits », un certificat d'identité juridique indispensable pour ester en justice, se marier, etc. Un passeport renouvelable un an et valable à vie.

Les Russes se rendent à Berlin, à Paris où est créé un lycée russe. Une main d'oeuvre hostile à la Révolution russe de 1917 et recrutée par l'industrie automobile en région parisienne. Compositeurs, danseuse, peintres, écrivains gardent leur âme slave, leur identité russe, et l'amour du pays quitté.

En 1922, Fridtjof Nansen  est distingué par le prix Nobel de la paix pour son « travail d’une dimension internationale » en faveur des réfugiés russes et arméniens, des « prisonniers de guerre, en aidant les millions de Russes luttant contre la famine et son travail pour les réfugiés en Asie mineure et en Thrace ».

Nansen s'occupe aussi des réfugiés arméniens survivants de la "plus grande tragédie de l'humanité" selon ses propres mots. La France assure un mandat sur des zones, en particulier au Liban, abritant des milliers d'Arméniens. La jeune république turque refuse des papiers et la nationalité turque aux survivants arméniens. La SDN accepte l'extension du "passeport Nansen" aux Arméniens. Ceux-ci embarquent vers des rivages accueillant dont Marseille.

Nansen espère toujours que les réfugiés retrouvent leurs foyers, un foyer national. Après l'échec de son projet de retour de réfugiés en Union soviétique, il quitte la SDN et meurt en 1930. Des funérailles nationales lui rendent un dernier hommage. Les Arméniens sont reconnaissants à Nansen : le mot "nationalité : Arménie" figure sur ce "passeport Nansen". Quant aux Russes, ils se voyaient en émigrés russes.

Nouveaux réfugiés : les Assyro-Chaldéens et les Juifs russes arrivés en Allemagne.

En 1938, le prix Nobel de la Paix est décerné à l'Office international Nansen (Nansen International Office for Refugees) « qui avait poursuivi son œuvre ».

Ensuite, d'autres « communautés bénéficieront de ce fameux « passeport Nansen » jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale : les Allemands juifs chassés par le nazisme, mais aussi les républicains espagnols qui fuient la dictature franquiste  ». La crise économique réduit l'accueil de ces réfugiés.

En 1945, l'Organisation des Nations unies (ONU) succède à la Société des Nations qui n'a pas su empêcher la Deuxième Guerre mondiale, et adopte en 1951 la convention de Genève sur les réfugiés, donnant naissance à l'Office du haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Ce sont alors trente millions de réfugiés que l’ONU doit alors aider.

En 1944, Albert Cohen (1895-1981), alors romancier, est conseiller juridique au Comité intergouvernemental pour les réfugiés regroupant notamment la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il a pour mission en particulier la conception de l'accord international du 15 octobre 1946  sur le statut et la protection des réfugiés.

« Je suis content qu’on aime ce que j’ai écrit. Mais je vais vous faire un aveu. Ce dont je suis le plus heureux, ce n’est pas d’avoir écrit Solal, Mangeclous le Livre de ma mère, Belle du Seigneur ou les autres livres. Ce dont je suis le plus heureux, c’est d’être l’auteur de l’Accord international du 15 octobre 1946. Je vais vous dire de quoi il s’agit et vous comprendrez pourquoi je suis plus fier de cela que tous les livres que j’ai écrits. Pendant la guerre, j’étais à Londres et j’étais conseiller juridique du Comité Intergouvernemental pour les Réfugiés, composé de vingt gouvernements dont la Suisse. Et ce Comité m’a chargé de préparer un accord très important pour les réfugiés privés de la protection d’un gouvernement. Et je ne vais pas allonger, mais j’ai eu le bonheur de créer, par cet accord, un passeport qui a changé complètement la vie des réfugiés apatrides, qui étaient de pauvres êtres. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient démunis de ce qu’un proverbe russe appelle l’homme. Ce proverbe russe dit que l’homme est composé du corps, de l’âme et du passeport. Or je leur ai donné un passeport qui les mettait, à l’époque, sous la protection du Comité intergouvernemental et plus tard, sous celle des Nations unies. Je leur ai donné un passeport qui ressemble tout à fait aux passeports officiels, c’est-à-dire qui, lorsqu’ils le présentent à un douanier, a un aspect de passeport fort convenable, fort officiel, alors qu’autrefois, ils n’avaient que le malheureux certificat Nansen, une pauvre petite feuille de papier. J’ai le sentiment d’avoir fait beaucoup de bien à beaucoup d’êtres déshérités, qui sont de pauvres âmes, de pauvres corps, qui naviguent ça et là sans jamais savoir qu’ils sont chez eux. Eh bien maintenant au moins, ils ont le droit de voyager et de s’installer dans le pays qu’ils ont choisi, grâce à mon passeport. », a déclaré Albert Cohen lors d’une interview en 1978 à la Radio Suisse Romande par Jacques Bofford - Emission « En question ». Ce passeport permettait aussi aux réfugiés de retourner dans le pays lui ayant accordé ce document.

Avec Philippe Saada, Valentine Varela, fille de la réalisatrice française juive d'origine russe Nina Companeez (1937-2015) et petite-fille du scénariste et dialoguiste Jacques Companéez (1906-1956) ayant fui l’antisémitisme russe puis nazi, relate notamment l'exil de sa propre famille.

« À travers archives, témoignages et éclairage d'historiens, leur film rappelle la genèse d'une réalité contemporaine ».
 
      
« Nansen, un passeport pour les apatrides » par Valentine Varela et Philippe Saada.
2015, 56 min
Sur Arte les 21 juin à 23 h 40, 24 juin à 10 h 35 et 4 août 2016 à 6 h 40
Sur Histoire les 18 décembre 2017 et 12 janvier 2018
Visuels : © Idéale Audience

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 21 juin 2016.

dimanche 17 décembre 2017

Joseph L. Mankiewicz (1909-1993)


Joseph L. Mankiewicz (1909-1993) était un brillant producteur et réalisateur juif américain de vingt films aux dialogues finement ciselés, souvent des chefs d'oeuvres. Arte diffusera les 17 et 18 décembre 2017 Le Reptile (Zwei dreckige Halunken ; There Was a Crooked Man…), La Porte s’ouvre (Der Hass ist blind), Eve (Alles über Eva), ainsi que Trois bonnes raisons de voir "Eve".


La Porte s’ouvre 
La Porte s’ouvre (No Way Out) est sorti en 1950.  « Un jeune médecin noir confronté au racisme dans une petite ville américaine... Un thriller tendu et courageux qui sert de baptême du feu à l'acteur Sidney Poitier ».

« Le docteur Luther Brooks, jeune interne noir, est appelé en urgence au chevet de deux truands blessés par balle, Ray Biddle et son frère John. Lorsque John meurt, Ray accuse le docteur de l'avoir sciemment tué. Il va réussir à déclencher une campagne de dénigrement raciste et des émeutes. Luther Brooks va tout tenter pour démontrer son innocence ».

« À travers ce film antiraciste réalisé en 1950, longtemps interdit dans le sud des États-Unis et mis au rancart par la télévision américaine, Joseph L. Mankiewicz s'opposait avec courage au code Hays préconisant de montrer l'Amérique sous un jour positif. Mais tout autant qu'à l'intolérance frontale et assumée, c'est à la haine absurde que « La porte s'ouvre » s'attaque, avec une efficacité consommée ».

« Pour son premier rôle au cinéma, Sidney Poitier hérite d'un rôle fort, se retrouvant dans l'œil du cyclone entre les attentes d'une élite blanche progressiste et le rejet d'une bonne partie de la population, conservatrice. Puissant ».

Eve 
« L'irrésistible ascension d'une jeune comédienne ambitieuse au détriment d'une star sur le déclin... Un conte cruel ciselé par Joseph L. Mankiewicz, avec l'étincelante Bette Davis et une des premières apparitions de Marilyn Monroe  ».

« Ève Harrington, une comédienne débutante, reçoit un prix prestigieux couronnant la meilleure actrice de théâtre de l'année. Comment est-elle arrivée au sommet si rapidement ? Flash-back : un an plus tôt, Ève, admiratrice éperdue de la star Margo Channing, la guette chaque soir à la sortie des artistes. Un jour, la jeune femme est invitée à rencontrer son idole dans sa loge. Elle sait aussitôt se rendre indispensable et se fait engager comme secrétaire particulière. Petit à petit, son champ d'action s'élargit jusqu'à influer sur la vie entière de Margo Channing. Quelle toile tisse-t-elle et dans quel but ? »

« Comment les portes du paradis s'ouvrent-elles ? Comment aller jusqu'au bout de son ambition quitte à trahir ceux à qui vous devez tout ? Plus que le portrait d'une jeune arriviste prête à toutes les intrigues, « Ève » dépeint brillamment les pratiques en cours dans le milieu codifié du théâtre ». 

« C'est donc à une impitoyable étude de mœurs que se livre Joseph L. Mankiewicz, en observateur cinglant des rapports humains (« Soudain l'été dernier », « La comtesse aux pieds nus ») ».

« Perte des valeurs, égoïsme, manipulation, le cinéaste américain inocule le trouble en inversant les attentes : la star expérimentée (et bientôt déchue) et a priori capricieuse (étincelante Bette Davis) devient la proie du tendron, et se révèle attachante et plus séduisante que jamais. Serti de dialogues effilés comme des poignards, un réquisitoire raffiné, avec, en prime, une des premières apparitions conséquentes de Marilyn Monroe ».

Trois bonnes raisons de voir « Eve » 
« Eve » reçut 5 Oscars en 1951. Au Festival de Cannes de la même année, Mankiewicz reçut le prix du jury et Bette Davis celui de la meilleure actrice. Le scénario se vit aussi décerner un Golden Globe. Bette Davis qui incarne Margo Channing dans le film, épousa son partenaire Gary Merrill à la fin du tournage. Selon ses propres dires, c’est le film qui la ressuscita.

Le Reptile (There Was a Crooked Man…)
« Jeté en prison pour avoir commis un hold up, Paris Pitman Jr. n'a qu'une idée en tête : s'évader et récupéré son butin... Un western hirsute et corrosif. Un petit joyau d'humour misanthrope, avec Kirk Douglas  et Henry Fonda ». Un film joyeusement amoral.

« Le hold-up commis par Paris Pitman Jr. chez un riche propriétaire s'est remarquablement déroulé : il a volé 500 000 dollars et tous ses complices sont morts, ayant joué lui-même de la gâchette pour les y aider. Il cache son butin dans une fosse à serpents, mais, peu discret et trop débauché, il est reconnu en ville par sa victime. Direction la case prison, en plein désert de l'Arizona. Son seul objectif  désormais : s'évader et récupérer son magot ».

« Lorsqu'on songe au raffinement d’« Ève" et de « La Comtesse aux pieds nus », ou aux aristocrates qui composent nombre de ses films, ce n'est pas sans délectation que l'on observe Joseph L. Mankiewicz poser sa caméra dans la fange des prisons américaines du XIXe siècle et se colleter à la rudesse comportementale des cow-boys de l'Arizona ». 

« Mais sueur, sang et poussière n'y changeront rien, Mankiewicz reste lui-même et compose une délectable satire de western où toute morale est copieusement foulée aux pieds (éperonnés). Trahisons, duperies et cupidité mènent le bal et trouvent en Kirk Douglas un "M. Déloyal" de première main. Une farce cynique et jubilatoire ».


La Porte s’ouvre, par Joseph L. Mankiewicz
Etats-Unis, Twentieth Century Fox Film Corporation, 1950
Image : Milton R. Krasner
Montage : Barbara McLean
Musique : Alfred Newman
Producteur : Darryl F. Zanuck
Scénario : Lesser Samuels, Joseph L. Mankiewicz
Acteurs : Mildred Joanne Smith, Harry Bellaver, Stephen McNally, Richard Widmark, Linda Darnell, Sidney Poitier, Stanley Ridges, Dots Johnson, Dick Paxton
Sur Arte le 17 décembre 2017 à 22 h 55
Visuels
Richard Widmark, Linda Darnell et Sydney Poitier
Credit : © 1950 Twentieth Century Fox

Eve, par Joseph L. Mankiewicz
Etats-Unis, Twentieth Century Fox Film Corporation, 1950
Image : Milton R. Krasner
Montage : Barbara McLean
Musique : Alfred Newman
Producteur : Darryl F. Zanuck
Scénario : Joseph L. Mankiewicz
Acteurs : Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Gary Merrill, Hugh Marlowe, Gregory Ratoff, Barbara Bates, Marilyn Monroe, Thelma Ritter
Auteur : Mary Orr
Sur Arte le 18 décembre 2017 à 20 h 50
Visuels :
Garry Merrill, Anne Baxter et Bette Davis
George Sanders et Anne Baxter
Bette Davis, Marilyn Monroe et George Sanders
© 1950 Twentieth Century Fox

Trois bonnes raisons de voir "Eve" 
France, 2017, 2 minutes

Le Reptile, par Joseph L. Mankiewicz
Etats-Unis, Warner Bros., 1970
Image : Harry Stradling Jr.
Montage : Gene Milford
Musique : Charles Strouse
Producteur : Joseph L. Mankiewicz
Scénario : Robert Benton, David Newman
Avec John Randolph, Hume Cronyn, Warren Oates, Kirk Douglas, Henry Fonda, Burgess Meredith, Lee Grant, Martin Gabel, J. Edward McKinley
Sur Arte le 17 décembre 2017 à 20 h 55
Visuels :
Henry Fonda et Kirk Douglas
Henry Fonda

© Warner Bros. Entertainment Inc.

« Exil nazi : la promesse de l'Orient » par Géraldine Schwarz


France 5 diffusera le 17 décembre 2017 à 1 h 30 « Exil nazi : la promesse de l'Orient  », documentaire de Géraldine Schwarz. Après la Deuxième Guerre mondiale, des dirigeants nazis ont fui vers le Moyen-Orient, parfois aidés dans leur fuite par l'Eglise catholique. Là, ils ont servi des régimes arabes autoritaires (Egypte, Syrie) dans des services de renseignements, en s’inspirant de la Gestapo, contre l’Etat d’Israël - conseils stratégiques et tactiques militaires lors de la refondation de l’Etat Juif, entrainement de fedayins palestiniens -, de propagande antisémite, d’aide au FLN (Front de libération nationale), etc. Et en toute impunité. 
Après la Deuxième Guerre mondiale, des criminels de guerre nazis ont échappé aux Alliés et à la justice. Un grand nombre a trouvé refuge en Amérique du Sud. Certains ont préféré rejoindre, provisoirement ou définitivement, le Moyen-Orient, dans lequel certains avaient lié des relations amicales avec des dirigeants Arabes .

Impunité
« Grâce notamment à un accès inédit à des archives des services secrets d’Allemagne de l’Ouest (BND) et à d’autres sources internationales », ce documentaire sélectionné au Festival international du film d’Histoire de Pessac, « révèle qu’après la guerre des dirigeants arabes en Egypte et en Syrie ont recruté plusieurs centaines d’anciens nazis et SS. Ces anciens serviteurs du Reich ont contribué à reconstruire leurs armées et leurs services de renseignement pour les aider à combattre Israël. Ils ont ainsi répondu à l’offre de la Ligue arabe.

« Certains anciens collaborateurs de Joseph Goebbels ont même apporté leur « savoir-faire » en matière de propagande ». Ce qui explique les similitudes des stéréotypes antisémites dans les propagandes nazies et arabes, et dans la spoliation et ostracisation des Juifs .

La réalisatrice Géraldine Schwarz « a pu reconstituer leur exil depuis Rome, plaque tournante des nazis en cavale. Parmi eux, Walther Rauff, l’un des logisticiens de la Shoah qui a coordonné le déploiement de camions à gaz dans l’Est de l’Europe pour exterminer les Juifs ».

Le SS Walter Rauff « a été chargé en 1941 du programme technique d’extermination des Juifs par des camions à gaz. Il y a eu plusieurs centaines de milliers de morts par ce moyen de mise à mort. C’est un spécialiste de la mise à mort des Juifs », précise l’historien Serge Klarsfeld dans « Les Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale  », documentaire de Claude Santiago  et d'Antoine Casubolo Ferro (2013).

Le 7 avril 2015, le quotidien israélien Ynet a résumé la teneur du Journal de Walter Rauff, sur l'occupation de la Tunisie par les Allemands nazis : l'enthousiasme de Tunisiens arabes pour les Nazis, la foi des Français et des Juifs dans la victoire des Alliés, etc. Conservé en Grande-Bretagne, récemment traduit en hébreu par le Dr. Haim Saadoun, ce Journal est composé des rapports envoyés par Walter Rauff aux dirigeants nazis à Berlin.

Dans son journal, Rauff décrit la population Arabe tunisienne et sa coopération avec les Nazis : « La communauté Arabe est amicale avec les Allemands et volontaire pour l'aider... Les Arabes qui nous ont accompagnés de l’aéroport vers la ville... nous ont donné les adresses de Juifs dont les maisons et voitures combleraient nos besoins. Le recrutement des Juifs pour le travail forcé a eu un impact positif sur l'atmosphère dans le secteur Arabe ».

Pour éviter d'être capturé par les Alliés, Rauff a fui, avec des dirigeants nazis, de Tunisie vers Milan. Il a été cependant arrêté  par les Alliés, s'est échappé en 1946 de son camp de prisonniers de guerre à Rimini, sur la côte adriatique, et a été caché dans des monastères, notamment à Rome, dépendant du Saint-Siège. En 1948, il a été recruté par les services de renseignements de la Syrie, et a vécu à Damas pendant un an, avant de rejoindre l'Equateur, et de s'installer au Chili. En 1963, et sur demande du Centre Simon Wiesenthal, la République fédérale d'Allemagne a émis une demande d'extradition de Rauff. La cour suprême du Chili a refusé en alléguant que les lois chiliennes s'appliquaient aux crimes dont étaient accusés Rauff et de la prescription. Rauff est décédé de mort naturelle en 1984 au Chili.

Après guerre, Rauff organise, « avec l’aide de l’évêque Alois Hudal et sous le nez du Vatican et de la Croix-Rouge internationale, l’exil vers la Syrie d’une cinquantaine d’anciens nazis. Dont Franz Stangl et Gustav Wagner, chefs des camps d’extermination de Sobibor et de Treblinka ».

Au Caire (Egypte), « grâce à des témoignages inédits, le film suit la trace de plusieurs d’entre eux : comme Artur Schmitt, général-major de l’Afrikakorps recruté par la Ligue arabe. Ou Gerhard Mertins, ancien Waffen-SS, trafiquant d’armes et spécialiste des combats de guérilla, qui sera plus tard impliqué dans la secte néonazie « Colonia Dignidad » au Chili ».

« Une direction égyptienne incapable, qui n'était pas en mesure d'utiliser les avantages de la première semaine, de mettre les Juifs au pas et de détruire l'État d'Israël lors d'une Blitzkrieg de deux semaines tout au plus », analysait  Artur Schmitt à propos de la défaite de l’Armée égyptienne.

En Egypte, le film « retrace également le parcours de Johann von Leers » (1902-1965), universitaire « ancien expert de la propagande nazie recruté parmi d’autres sous Nasser. Antisémite fanatique, Von Leers avait travaillé » durant le IIIe Reich avec le grand mufti de Jérusalem Mohamed Amin al-Husseini  « à un rapprochement idéologique du national-socialisme et de la religion musulmane ». En décembre 1942, von Leers a publié un article dans Die Judenfrage, journal antisémite, intitulé “Judaism et islam comme opposés”. Cet idéologue proche de Goebbels séjourne incognito en Italie pendant cinq ans, puis se fixe en Argentine en 1950. Après la chute de Perón en 1955, il rejoint l’Egypte où il est conseiller politique au ministère de l’Information sous Muhammad Naguib, et actif dans la propagande contre l’Etat d’Israël. Il fréquente le grand mufti, se convertit à l’islam et prend les noms de Omar Amin et Mustafa Ben Ali. Il finance la publication en arabe des Protocoles des Sages de Sion, un faux antisémite forgé par la police tsariste à Paris au début du XXe siècle et décrivant un complot Juif pour dominer le monde, ravive le blood libel et promeut les émissions radiophoniques antisémites en diverses langues. Selon une source, il a l’idée de mettre en avant, dans le cadre de la guerre contre Israël, une nationalité palestinienne distincte.

Collaborateur le plus important de l'officier SS Adolf Eichmann, Alois Brunner a enseigné aux services secrets les méthodes de la Gestapo, notamment l’interrogatoire à « la chaise allemande », un instrument de torture utilisé à ce jour en Syrie : « Le détenu est placé sur un appareil ayant l'apparence d'une chaise, qui est composé de parties amovibles avec lesquelles le corps du prisonnier est distendu. Cette méthode conduit souvent à ce que la colonne vertébrale de la victime soit brisée ». Le Mossad avait échoué à éliminer Brunner.

L’activisme d’anciens nazis au Moyen-Orient a induit des tensions diplomatiques officieuses entre la Grande-Bretagne et la République Fédérale d’Allemagne (RFA). « L’ancienne puissance coloniale craignait pour son influence en Egypte » - la Grande-Bretagne contrôlait le canal de Suez -, « tandis que comme le révèle le film, dans le dos de Bonn le BND recrutait certains de ces hommes pour mieux s’implanter dans la région. Tels Gerhard Mertins et Johann von Leers et plus tard, Walther Rauff ».

Mais « les services secrets allemands ne sont pas les seuls à s’être ainsi compromis. En revenant sur leur parcours au Moyen-Orient, le documentaire apporte de nouvelles preuves de l’impunité dont ont bénéficié de nombreux nazis. Longtemps encore après la guerre, en Europe et ailleurs, les institutions politiques, religieuses et judiciaires censées les poursuivre ont brillé par leur inertie. Beaucoup d’anciens responsables nazis ont été protégés voire même recrutés par des Etats, des entreprises et des services de renseignement de tous bords ».

A la fin de la guerre, le IIIe Reich embrigade des adolescents allemands pour combattre. Après la victoire des Alliés, les Nazis recourent à des attentats commis, par des "loups solitaires" contre les Alliés. Ces terroristes se terrent entre deux attentats, et surgissent uniquement pour commettre leurs actes criminels.

Enfin, les modalités - "statut des Juifs" - ayant causé "l'exode oublié", "modèle d'exclusion transnational" (Shmuel Trigano), d'environ un million de Juifs des pays Arabes, de Turquie, d'Iran et de la partie de Jérusalem conquise par la Jordanie lors de la guerre d'Indépendance d'Israël marquent d'étranges similarités avec l'exclusion des Juifs par le IIIe Reich. L'influence dans ces territoires devenus (quasi-)Judenrein de ces Nazis...

Le 3 novembre 2016, dans le cadre du séminaire européen annuel de Yad Vashem, Alexandra Herfroy-Mischler évoqua "La politique nazie au Proche-Orient, ses alliés arabes et le rôle du Grand Mufti de Jérusalem. Mais aussi l'islamophobie dans le discours israélien contemporain en lien avec la Shoah". Lier "l'islamophobie" et la Shoah me semble aberrant.

 « Exil nazi : la promesse de l'Orient  », par Béatrice Schwarz
Artline Films, France télévisions, La Chaîne Histoire, RTBF, avec le soutien de CNC, Procirep-Angoa, 2014, 52 min
Sur la chaîne Histoire  les 7 mai à 20 h 40, 10 mai 2015 à 22 h 25, les 2 et 5 juillet 2015, 14 juillet à 11 h 15, 20 juillet à 11 h 10 et 26 juillet à 11 h 15, 1er août à 11 h 20 et 7 août 2017 à 11 h.
Sur France 5 le 17 décembre 2017 à 1 h 30

Visuels :
Arrêté en 1945 à Milan, où il était en charge de la Gestapo, l’officier SS Walther Rauff parviendra à s'évader et partira en Syrie.
© DR

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Les citations proviennent du site du documentaire. Cet article a été publié les 7 mai, 1er juillet et 18 novembre 2015, 3 novembre 2016, 13 juillet 2017.

samedi 16 décembre 2017

A l’époque de l’affaire Dreyfus


En 2002, la Maison de la Bibliophilie a présenté une centaine de documents originaux sur l’Affaire Dreyfus confiés par un collectionneur privé, le Dr. B. Cet amateur les a éclairés par une chronologie et des notices sur les acteurs, le contexte et les enjeux de l'affaire Dreyfus. Il a montré aussi les échos à l’étranger de cette injustice teintée d’antisémitisme. Des « trésors » passionnants sur ce « drame qui a fait avancer la conscience humaine ». Le 13 janvier 1898, le quotidien L'Aurore publiait en première page l'article intitulé J'accuse... !, lettre ouverte de l'écrivain Emile Zola au Président de la République, Félix Faure. Les 17 et 18 décembre 2017, à Tel Aviv (Israël), Gilbert Ponte, metteur en scène, et Joel Abadie, comédien, présenteront le spectacle Moi, Alfred Dreyfus.

Inaugurée en novembre 2001, « la Maison de la Bibliophilie  offre l’opportunité à un amateur de présenter sa collection (livres, documents, objets) liée à l’histoire et aux grands faits de société ».

Pour le Dr B., c’est l’achat de l’édition originale du Procès de Zola dédicacé par un expert qui a initié voici une trentaine d’années une passion pour l’Affaire Dreyfus, si « fertile en événements politiques et littéraires ».

Des gravures du Journal illustré, du Petit journal et de L’Illustration ont évoqué la condamnation du capitaine français Juif Alfred Dreyfus, le 22 décembre 1894, pour trahison « à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée », c'est-à-dire au bagne en Guyane (Amérique du Sud).

Au combat solitaire du frère Mathieu Dreyfus, succède des ralliements progressifs à la cause : dreyfusards, convaincus de l’innocence d’un individu, se battent dès le début et pour la réhabilitation de Dreyfus, les dreyfusistes combattent pour la justice et la vérité contre les valeurs d’autorité et d’ordre et songent à un meilleur fonctionnement de la République, et les dreyfusiens, apparus vers 1898, souhaitent clore cette Affaire pour revenir à une normalité politique et sociale et sauvegarder le régime républicain parlementaire. Pour certains, la personne du capitaine Dreyfus s’efface derrière le symbole. Une défense duale et divisée s’élabore : primauté de l’individu ou celle de principes ?

L’exposition rappelle que l’adhésion à la cause dreyfusarde n’a pas été immédiate pour Zola, Clemenceau, Jaurès ou Blum. Pour des raisons diverses : Dreyfus est bourgeois, Juif, militaire.

Le 13 janvier 1898, le quotidien L'Aurore publiait en première page l'article intitulé J'accuse... !lettre ouverte de l'écrivain Emile Zola au Président de la République, Félix Faure. C'est Georges Clémenceau (1841-1929), qui travaille pour ce journal, qui trouve ce titre.

Des livres et photographies laissent imaginer les souffrances endurées par le capitaine Dreyfus au bagne de l’île du Diable (1895-1899).

Cette condamnation injuste et flagrante a révolté en Italie - carte postale de soutien d’Iesa - et en Alsace occupée par l’Allemagne impériale : image d’Epinal sur le procès de 1899.

Hermann-Paul a illustré La campagne de révision (La revue blanche). Parmi les dreyfusards : Bernard Lazare (Une erreur judiciaire, 1897), Lucien Herr et la Librairie Bellais, etc.

En 1898, Stock publiait Les lettres d’un innocent, recueil de celles de Dreyfus, depuis sa condamnation, à son épouse Lucie, née Hadamard.

Par le rôle des intellectuels – terme apparu avec l’affaire Dreyfus -, par « la médiatisation de la presse », c’est « le prototype d’une affaire d’opinion publique ». « La presse est devenue le lieu d’un grand mouvement de démocratie argumentaire ». Apparaissent la Ligue des Droits de l’Homme (1898), les pétitions, etc. C’est aussi une ère où une librairie antisémite publiait librement à Paris…

Le caricaturiste anti-dreyfusard, Caran d’Ache, a légendé un dessin dans Psst... ! : « La Révision ?... soit, mais avec le poteau et les douze balles, cette fois » (1898). Il est l’auteur des deux célèbres œuvres dessinées publiées par Le Figaro, le 14 février 1898, révélant les fractures profondes et violentes suscitées par cette affaire. Premier dessin : « - Surtout ! Ne parlons pas de l'affaire Dreyfus! », prévient un homme aux personnes attablées. Le second dessin montre ces convives se bagarrant avec fureur et violence : « - Ils en ont parlé…»

Quant à la Librairie antisémite, elle éditait Le péril judéomaçonnique (1897) et l’Antijuif Le jeu des 36 têtes (1899) avec « le traître Dreyfus, le pornographe Zola, Clémenceau la honte », etc.

Bien que l’innocence de Dreyfus ait été reconnue (1906) et que Dreyfus ait réintégré l'armée avec le grade de chef d'escadron, et ait été décoré de l’ordre de la Légion d'honneur, (grade de chevalier), les préjugés s’opposaient encore à la raison, les attaques virulentes à la raison digne. Ainsi, le 4 juin 1908, lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon, le journaliste Louis Grégori a blessé Dreyfus. Un jury de la Seine l’a relaxé peu après ! Ce qu’a relaté Le Procès du Panthéon (La Libre parole, 1908).

Cet amateur a confié des objets exceptionnels sur ce moment crucial de l’histoire de France et du judaïsme, voire du sionisme politique moderne - alors correspondant à Paris du journal Die Neue Freie Presse, Theodor Herzl couvre l’affaire Dreyfus - : facsimile du « bordereau », photographies des « pièces secrètes », extraits de L’Autoforgerie de Bertillon et du dossier d’expertise graphologique, numéro de L’Aurore avec la Lettre au Président Félix Faure : J’accuse du 13 janvier 1998, bon à tirer signé par les magistrats de l’affiche de la Cour de cassation sur la demande de révision du procès (27 mai 1899), calendrier publié par l’Action française (1908), dessins, brochures, photographies de Nadar, vaisselle, exemplaires « truffés », éditions au tirage limité, accompagnés d’un billet d’auteur, etc. Et la belle gravure de Zwy Milsthein unit Zola et Dreyfus.

Cette exposition émouvante a été « une contribution républicaine et civique ».

En mai 2014, de nouveau, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a comparé à tort l'affaire Kerviel à l'affaire Dreyfus. Par contre, et à maints égards, le parallèle entre l'affaire Dreyfus et l'affaire al-Dura ou l'affaire du Dr Lionel Krief s'avère pertinent. Une comparaison approuvée par Marine Le Pen du Front national. 

En 2014 (5-22 juillet 2014) et en 2016 (8-30 juillet-jours pairs) à l'Albatros, le festival Off d'Avignon présente Dreyfus, l'amour pour résister (1h20), pièce de théâtre, librement adaptée de la correspondance d’Alfred et de Lucie Dreyfus intitulée "Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" (Mille et Une Nuits, Ed Fayard),  par Vincent Duclert. "A travers des lettres d’une beauté à couper le souffle, se révèle le témoignage méconnu et bouleversant d’un homme injustement éclipsé par sa propre Affaire, qui puise dans l’amour la force de résister à cinq années de déportation imméritées. Une page de l’Histoire de France,une formidable leçon d’Humanité, un hymne à l’amour. Ce combat exemplaire et pacifique contre l’Antisémitisme et la raison d’Etat demeure d’une brûlante actualité". Mise en scène par Gilbert Ponté, la pièce de théâtre est interprétée par Joël Abadie et soutenue par Métropole Montpellier, Ligue des Droits de l'Homme, LICRA LR.

À l’occasion de la parution de L’histoire de l’Affaire Dreyfus de 1894 à nos jours par Philippe Oriol, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et les éditions Les Belles Lettres organisent, au musée de l'Armée (Hôtel national des Invalides), le 13 novembre 2014, de 17 h à 19 h 30, une conférence exceptionnelle en partenariat avec la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du Ministère de la Défense. Animée par Nicolas Weill, journaliste au Monde et traducteur, cette conférence réunira Philippe Oriol, historien, Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine Dreyfus, vice-président de l’association Maison Zola – Musée Dreyfus, Martine Le Blond-Zola, vice-présidente de l’association Maison Zola – Musée Dreyfus, Vincent Duclert, historien (EHESS / Centre de recherches sociologiques et politiques Raymond-Aron), Henri Mitterand, professeur émérite (Université Paris III / Columbia University, New York), président d’honneur de la Société littéraire des Amis d’Émile Zola et Alain Pagès, professeur de littérature française (Université Paris III).

Pour l'anniversaire de la publication de J'accuse de Zola le 13 janvier 1898, hommage à Alfred Dreyfus et à Emile Zola a été rendu le 13 janvier 2015, à 18 h, en présence de Philippe Oriol, historien, et de Martine Leblond-Zola, arrière-petite-fille d'Emile Zola. Puis, à 20 h 30, le théâtre Pierre Tabard à Montpellier présentera Dreyfus, l'amour pour résister, de Vincent Duclert avec Joël Abadie. La pièce a été représentée jusqu'au 15 janvier 2015.

À l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) présentera le 18 mai 2015 à 19 h 30. À l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), L'histoire de l'affaire Dreyfus, en présence de Philippe Oriol et de Nicolas Weill, journaliste au Monde. LHistoire de l’affaire Dreyfus "se propose d’offrir une vision plus proche de ce que fut l’événement et de le dépasser pour en observer les échos jusqu’à 2012. Philippe Oriol, enseignant et chercheur, auteur de nombre d’articles et de publications concernant l’Affaire, a engagé un important travail de documentation : le dépouillement systématique de toute la presse publiée, entre 1894 et 1908, celui des fonds des archives départementales et, surtout, des archives peu ou pas exploitées ou inédites. Il oeuvre depuis dix ans à un Dictionnaire biographique et géographique de l’affaire Dreyfus en trois volumes".

Dans le cadre du Festival Avignon Off, la compagnie de la Traversée présente Dreyfus, l'Amour pour Résister (4-26 juillet 2015, 1 h 20), librement adapté par Joël Abadie, interprète, de « Écris-moi souvent, écris-moi longuement... », correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus par Vincent Duclert (©Mille et Une nuits, Ed Fayard), et de « Cinq années de ma vie » d'Alfred Dreyfus. La pièce est mise en scène par Gilbert Ponte : "A travers des lettres d’une beauté à couper le souffle, se révèle le témoignage d’un homme, injustement éclipsé par sa propre Affaire, qui puise dans l’amour de sa femme la force de résister". Bande visuelle : Amandine Francotte, voix off Lucie : Lorène Hartmann, voix off journaliste : Christophe Guillon, voix off Zola : Xavier Jaillard, création et régie lumières : Benoît Cornard.

Le 20 novembre 2015, dans le cadre de Mystères d'archives, Arte rediffusa 1939. Dernières images du bagne de Guyanedocumentaire de Serge Viallet et Pierre Catalan (2013, 27 minutes) : "En 1939, les reporters Raymond Mejat et Pierre-André Martineau tournent des images dans plusieurs pénitenciers de Guyane. Comment expliquer que le bagne de Cayenne soit encore en activité à la fin des années 1930 ?"

Pierrette Dupoyet présenta son spectacle Dreyfus, l'affaire au théâtre de la Vieille Grille (19-22 mai 2016).

En 2016 (8-30 juillet-jours pairs) à l'Albatros, le festival Off d'Avignon présenta Dreyfus, l'amour pour résister (1h20)pièce de théâtre, librement adaptée de la correspondance d’Alfred et de Lucie Dreyfus intitulée "Ecris-moi souvent, écris-moi longuement" (Mille et Une Nuits, Ed Fayard),  par Vincent Duclert. 

Visuel :
Alfred Dreyfus
Dessin sur le vif réalisé lors du procès de Rennes par Paul-Albert Laurens
©collection Philippe Zoummeroff


Cet article a été publié en une version concise dans Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le :
- 20 mai 2014. De nouveau, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) compare à tort l'affaire Kerviel à l'affaire Dreyfus. Par contre, et à maints égards, le parallèle entre l'affaire Dreyfus et l'affaire al-Dura ou l'affaire du Dr Lionel Krief s'avère pertinent. Une comparaison approuvée par Marine Le Pen du Front national ;
- 17 juillet et 13 novembre 2014, 12 janvier 2015 ;
- 17 mai 2015 : à l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) présentera le 18 mai 2015 à 19 h 30. À l’occasion de la parution de L’Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, de Philippe Oriol (Les Belles Lettres, 2014), L'histoire de l'affaire Dreyfusen présence de Philippe Oriol et de Nicolas Weill, journaliste au Monde ;
- 10 juillet et 18 novembre 2015, 19 mai et 13 juillet 2016, 14 janvier 2017.