Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 31 mars 2015

« La Bible d’Alexandrie » de Pierre-Henry Salfaty (2/2)


Dans le cadre de la série télévisuelle L’invention de l’Occident, Arte rediffusa le 2 avril à 2 h 05 La Bible d’Alexandrie, second volet, après « Jérusalem et Athènes », documentaire de Pierre-Henry Salfaty. La Bible, le Livre le plus lu, le plus distribué, qui a tant donné à l'Humanité...



D’où viennent les concepts fondateurs des valeurs de l'Occident qui ont gagné à leur cause l’ensemble de la planète ? Ils sont le fruit des cultures nées et disparues autour de la Méditerranée depuis près de trois mille ans. Deux d'entre elles ont particulièrement résisté au choc de l’histoire : les civilisations juive et grecque ».

« Les valeurs occidentales prennent leur source au confluent des cultures grecque et juive. Cette captivante fresque retrace le dialogue entre ces deux civilisations, à l'origine d'idées comme les droits de l'homme ».

Composé d’interviews d’hellénistes et d’historiens des religions - Nicholas de Lange, Tessa Rajak, Sylvie Honigman, Gilles Dorival -, d’après un sujet de Jacques Attali et de Pierre-Henry Salfati, auteur d'un remarquable film sur Mahler, ce documentaire « en deux parties narre cette genèse, ce continuel dialogue judéo-grec sur lequel s'est fondée notre modernité ».

A Alexandrie, le « dialogue judéo-grec prend sa dimension la plus impressionnante. Trois siècles avant l’invention du christianisme, les Juifs d’Alexandrie « inventent » la Bible : ils traduisent la Tora en grec. Cet événement de taille a lieu dans l’indifférence générale alors que toute notre civilisation, pour le meilleur et pour le pire, y trouve sa source. Cette nouvelle hybridation conduit à une doctrine nouvelle : le christianisme. Au même moment, Euclide met au point ses Éléments, second best-seller de l’humanité jusqu'à nos jours. À Alexandrie, une grande part de la sagesse juive se convertit à la science grecque ».

Cette « fusion judéo-grecque conduit à une vision de la raison scientifique qui va à l'encontre du paganisme et la religiosité monothéiste qui gagne les consciences. En même temps, Alexandrie engendre la mondialisation du marché. Curieusement, les derniers avatars de cette double mixité judéo-grecque, née à Alexandrie, se nomment aujourd’hui, laïcité et économie de marché ».

Situé au pied du mont Sinaï ou mont Horeb (désert du Sinaï, « terre biblique ») où, dans la Bible hébraïque, Moïse a reçu les Tables de la Loi, le monastère grec de Sainte-Catherine est construit au VIe siècle à l’initiative de l’empereur et prêtre grec de Byzance, Justinien, qui se présente comme « l’élu de Dieu ». 

Un monastère inscrit en 2002 sur la liste du Patrimoine mondial  de l’Unesco (Organisation des Nations-unies pour l’Education, les Sciences et la Culture). Ce monastère abritait la plus ancienne Bible grecque, dite la Septante

Dès la fondation d'Alexandrie, les Juifs y étaient établis, et y représentaient une partie importante de la population. Admiratifs, ils découvrent la civilisation grecque et aspirent à adopter l'hellénisme. Sous la direction de Demetrios, une magnifique bibliothèque est construite dans cette Cité du Savoir rêvée. Ptolémée y invite philosophes, savants. Euripide, Eschyle, Epicure, Aristote... Les grands auteurs y sont représentés. Mais elle fut ravagée par un incendie.

"L'entreprise culturelle sert à asseoir le pouvoir politique de Ptolémée". Démétrios demande la traduction en grec du Livre des Juifs. 

A Alexandrie, la Torah devient la Bible. 

Vers 37 de l'ère commune, le préfet romain Flaccus demeura indifférent, inactif quand des synagogues ont été brûlées par des autochtones jaloux du statut des Juifs considéré trop proche de celui de l'élite grecque. Puis Flaccus prend l'initiative de persécutions, notamment des émeutes et spoliations, contre les Juifs réduits à vivre, misérables, dans une forme de ghetto. 

La guerre de Kitos ou de Quietus - nom du général romain qui les réprima - (115-117) ou révolte des exilés est "une insurrection quasi-générale et simultanée des Juifs contre les Romains". Elle se déroule lors des campagnes de Trajan contre l’Empire parthe. Surgissant dans les cités à forte population juive de l'Empire parthe, l'Adiabène et l'Osroène, la révolte touche les cités des rives de la mer Méditerranée, notamment Cyrène, Alexandrie et Chypre. La situation en Judée et Galilée est peu connue. La répression supprime l'essentiel du judaïsme alexandrin.

En 303, l'empereur ordonne de faire disparaitre les textes bibliques. 

Chrétien, l'empereur Constantin (272 ?-337) ordonne la traduction en grec de la Bible. Soixante-dix ou soixante-douze traducteurs effectuent ce travail. 

Mais cette Bible n'intéresse pas alors les Grecs, et les Romains, de l'Antiquité. Peut-être par hellénocentrisme et car c'était le Livre d'une des communautés de la Cité.

Certains soulignent l'influence de la Bible sur la philosophie grecque. Philon d'Alexandrie met la philosophie grecque au service de la Bible pour "actualiser la Bible". En 2003, Fayard a publié "Philon d'Alexandrie" de Mireille Hadas-Lebel. Né vers 20-15 avant l'ère commune, « dix ans après la disparition de Cléopâtre, d’une famille de notables" juifs hellénisés et romanisés, "dans la cité la plus belle, la plus savante et la plus flamboyante du monde méditerranéen, Philon allie une vaste culture hellénique et une profonde connaissance de la tradition juive. A partir de la traduction grecque des Septante, il développe une forme de commentaire biblique éclairé par la philosophie en recourant à l’allégorie, qui lui vaudra plus tard l’hommage de l’Eglise (grâce à laquelle son œuvre immense a survécu). Homme de pensée, il sut aussi se montrer un homme d’action quand il essaya, lors d’une fameuse mission auprès de l’empereur Caligula à Rome, d’intercéder en faveur de sa communauté menacée qui lui survécut quelques décennies à peine. Il en demeure le représentant le plus illustre, qu’on l’appelle Philo Judaeus ou bien Philo Alexandrinus. Ce livre évoque l’éclat d’une ville à son apogée, la rencontre des cultures, la spiritualité d’un homme et la nouveauté d’une synthèse qui devait marquer pour toujours la pensée occidentale ».

"Fondée en 331 par Alexandre le Grand, qui lui a donné son nom, son plan géométrique et ses premiers habitants, des Grecs de Macédoine, Alexandrie est entrée dans le giron de Rome en 30 avant J.-C. Elle était déjà devenue une des plus grandes villes de la Méditerranée et sans doute du monde, qui brillait par sa richesse économique, l’artisanat de luxe y étant réputé (joaillerie, tissus, papyrus, etc.). Cette production alimentait en partie un commerce actif, et le symbole de ces activités était constitué par le célèbre Phare qui guidait les navires vers les deux ports de la ville… En 39 après J.-C., Philon se rendit en ambassade auprès de Caligula ; il a laissé trente-huit traités dans lesquels il examine la Bible à la lumière de la philosophie, et il a rapporté les menaces vécues par le judaïsme contemporain dans l’In Flaccum et la Legatio ad Caium" (Yann Le Bohec, "La rencontre des cultures dans l’Antiquité", in Commentaire 2004/1 (Numéro 105), pages 280 à 281)

Au "1er siècle, Alexandrie devient la capitale du polythéisme païen". 

Les chrétiens de cette cité utilisent la Septante, qui à un moment donné est abandonnée par les Juifs. Pour certains, le christianisme est l'interprétation héllénistique de la Bible. 

En l'an 66, l'empereur ordonne le massacre et la spoliation des Juifs d'Alexandrie

"Cette Bible a forgé la conscience européenne pendant des siècles".

Cette Bible grecque originale d'Alexandrie inspire la quête du comte Constantin von Tischendorf (1815-1874), au nom du roi de Prusse : le comte l'appelle Codex Sinaiticus. En 1853, le comte Constantin von Tischendorf, philologue, helléniste et paléographe protestant, « l’aurait empruntée pour 15 jours » afin de réaliser une copie, et ne l’a jamais rendue aux moines grecs orthodoxes de ce monastère… Une Bible datée du IVe siècle de l'ère vulgaire, lue en grec à Alexandrie. 


« La Bible d’Alexandrie  » de Pierre-Henry Salfaty
Sequoia Films/Arte (France), 2012, 54 minutes
Diffusions le 12 juin à 23 h 30
 
A lire sur ce blog :
 Cet article a été publié le 12 juin 2013. Les citations proviennent d'Arte.

lundi 30 mars 2015

« Jérusalem et Athènes », de Pierre-Henry Salfaty (1/2)

Dans le cadre de la série télévisuelle L’invention de l’Occident, Arte rediffusera le 2 avril à 01 h 10 Jérusalem et Athènes, premier volet, avant « La Bible d'Alexandrie », de la série documentaire L'invention de l'Occident de Pierre-Henry Salfaty. Une mise en parallèle et un dialogue entre deux textes fondateurs - la Bible, et la somme d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée – l’un pour le peuple Juif, monothéiste, l’autre pour le peuple Grec polythéiste. Les relations complexes, d’attraction, parfois de « fusion », entre ces deux peuples à l’origine de la civilisation occidentale.

Les « valeurs occidentales prennent leur source au confluent des cultures grecque et juive. Cette captivante fresque retrace le dialogue entre ces deux civilisations, entre deux langues, dont l’hébreu, « langue divine ».
Cette « captivante fresque interroge des historiens pour souligner cette origine d'idées tels les droits de l'homme ou l'économie de marché.

« D’où viennent les concepts fondateurs des valeurs de l'Occident qui ont gagné à leur cause l’ensemble de la planète ? Ils sont le fruit des cultures nées et disparues autour de la Méditerranée depuis près de trois mille ans. Deux d'entre elles ont particulièrement résisté au choc de l’histoire : les civilisations juive et grecque ».

Composé d’interviews d’hellénistes et d’historiens des religions - Marcel Detienne, Bernard Legras -, d’après un sujet de Jacques Attali et de Pierre-Henry Salfati, auteur d'un remarquable film sur Mahler, ce documentaire « en deux parties narre cette genèse, ce continuel dialogue judéo-grec sur lequel s'est fondée notre modernité ».

Moïse et Homère
« Trois récits monumentaux, la Tora, l’Iliade et l’Odyssée, au-delà de leurs singularités, expriment en fait la même chose: la prééminence de la liberté parmi toutes les valeurs humaines ».

A Babel, évoquée par la Bible – nom grec -, « L’Eternel brouilla le langage de toute la Terre » et « dispersa » les peuples « sur toutes la surface de la Terre ».

Listant les similitudes entre les deux civilisations - Noé et le Déluge, les sacrifices d'Iphigénie ou du fils d'Abraham - et différences - les dieux de l'Olympe se mêlent aux hommes, L'Eternel donne les Commandements à Moïse qui est monté sur le mont Sinaï -, « le film montre que cet idéal commun s'est élaboré plus tôt qu’on ne le pense, bien en amont de la fondation d’Alexandrie, haut-lieu de la fusion judéo-grecque ou même de l’apogée d’Athènes : au moment où la légende fait de la sortie des juifs d’Égypte un événement contemporain du voyage des Grecs vers la ville de Troie ». La « sortie d’Égypte débouche sur la libération d’un peuple et par là même de tous les peuples ». Quand à L’Iliade, ce roman accouche de l’Odyssée, qui accouche d’Ulysse, prototype du héros grec en homme libre ».

La loi est divine chez les Juifs : elle exprime la volonté de Dieu. La "Torah est la loi unique et universelle, alors qu'il n'existe aucun texte unique dans le monde grec" polythéiste. A Jérusalem, le Temple de Salomon protège la Loi : celle-ci avait été brisée par les Hébreux, qui de plus la relisent continûment. Chez Homère, la justice, les lois, ont une origine divine grecque, et les Dieux sanctionnent leur transgression. La "légende de Minos semble se calquer sur celle de Moïse... Les Grecs ont inventé le politique, la loi, la liberté..." Athènes "a voulu être la cité qui réunit toutes les cités, la loi qui rassemble toutes les lois". Vers le IIIe siècle, le "nomos renvoie à la loi humaine". Solon est décrit comme le fondateur de la démocratie occidentale. Les Révolutionnaires français cherchent à s'inspirer des lois de Minos.

Réalisée à la demande du roi grec Ptolémée II, la « Septante, première traduction grecque de la Bible » (Tanakh) au IIe siècle avant l’ère commune, « semble être la conclusion d'un long dialogue entre la Bible et la pensée grecque, ainsi qu'elle est le point d'origine du monde moderne... »

On peut regretter l’oubli de Rome…


« Jérusalem et Athènes  » de Pierre-Henry Salfaty
Sequoia Films/Arte (France), 2012, 54 minutes
Diffusions le 12 juin 2013 à 22 h 35 et 2 avril 2015

A lire sur ce blog :
 Cet article a été publié le 11 juin 2013. Les citations proviennent d'Arte.

lundi 23 mars 2015

Dieu(x), Modes d’emploi



Le Petit Palais a présenté l’exposition éponyme, consensuelle, superficielle et décevante qu’il montrait en association avec Tempora/Musée de l’Europe. Un « panorama des pratiques religieuses dans le monde d’aujourd’hui au travers de thématiques : « Divinités », « Cultes », « Passages », « Intercesseurs », « Corps », « Conflits et coexistence », « Voix », « Lieux », « Cycles », « Au-delà » ». Le 23 mars 2015, à 19 h 30, à l’occasion de la parution de son ouvrage Quand les dieux sont en guerre (La Découverte, 2015), Tobie Nathan conversera avec Victor Malka, journaliste et écrivain, au MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) : "Une idéologie humaniste, née au XIXe siècle, a installé l’idée que toutes les divinités ne sont que l’expression d’une même idée de dieu. C’est cette proposition que Tobie Nathan entend réfuter. Selon lui, il faut accepter l’hétérogénéité des dieux, malgré leurs ressemblances, malgré leurs prétentions, et même malgré l’influence qu’ils ont pu exercer les uns sur les autres. Pour l’auteur, ce principe est la condition même d’une possibilité de paix". Tobie Nathan, professeur émérite de psychologie à l’université de Paris VIII, "est le principal représentant de l’ethnopsychiatrie. Auteur de très nombreux essais, il a aussi publié des romans. Il a reçu le prix Femina essai 2012 pour Ethno-Roman (Grasset)".


« Un voyage à travers les religions d’aujourd’hui, pratiquées aux quatre coins du globe et à Paris. On y croise les trois religions du Livre (judaïsme, christianisme et islam), les religions asiatiques (bouddhisme, hindouisme, taôisme…) et l’animisme, de l’Afrique à l’Océanie en passant par les Amériques. Comment l’homme se représente-t-il le divin dans ces différents systèmes de croyance ? Comment communique-t-il avec lui et dans quel but ? Comment organise-t-il l’espace et le temps pour faire place au sacré ? Quel est l’impact de la religion dans les activités sociales – rites de passages, contrôle du corps ? Quel rôle la religion joue-t-elle dans certains des conflits qui embrasent le monde ? Autant de questions qu’aborde l’exposition en un spectaculaire parcours confrontant art sacré et anthropologie ».

L’ambition est grande. La réalisation moins que médiocre. Peut-être est-ce du à ce qui semble la volonté de gommer des aspérités, de faire comme si les mots - paix, etc. - avaient le même sens dans toutes les religions. Comme si le jihad n'existait pas, et ne menaçait pas le monde.

Pourtant les commissaires de l’exposition sont érudits : pour le Petit Palais, Raphaëlle Ziadé et chez Tempora SA/Musée de l’Europe Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Benoît Remiche.

En effet, que d’amalgames ! Judaïsme, christianisme et islam, « trois religions du Livre. Oui, mais pas le même : la Bible hébraïque est commune au judaïsme et au christianisme, le Coran est « parole incréée d’Allah, révélée à Mahomet par l’ange Gabriel ». La Bible, « considérée comme une falsification de la vérité coranique, n’est nullement respectée ». (Bat Ye’or)

Et le  bouddhisme : religion ou philosophie ? Les commissaires de l'exposition ont tranché, mais sans expliquer leur choix. Comme si cela allait de soi !

« Des caricatures de Plantu permettent de parcourir le thème, replongeant le visiteur dans l’actualité des dernières années : par exemple, montée de l’intégrisme islamique, guerres incluant des facteurs religieux comme la guerre civile du Liban, poids des intégristes dans le conflit israélo-arabe ». Vraiment ? Ne s’agirait-il pas plutôt d’un conflit né du refus du monde musulman d’un Etat Juif ? Une guerre civile au Liban… mais à laquelle ont concouru des Arabes palestiniens. Quant aux dessins de Plantu, ils sont peu éclairants. Surtout celui sur la réaction ministérielle à l'attentat contre la synagogue de Marseille.

Les lieux  de ces religions ? « Dix maquettes de projet d’architecture récents complètent le propos en voulant donner à voir la façon dont les architectes d’aujourd’hui répondent à la question de construire un édifice cultuel, en France, en Allemagne ou au Japon ». Mais pourquoi occulter la signification de la hauteur des minarets ? Et les débats sur la construction de mosquée : financement, formation des imams, etc.

On a l'impression d'une exposition "hors contexte" comme il existe des cultures "hors sol". Finalement, tout "se vaudrait", tout "se ressemblerait"...

Des parallèles entre religions existent. Mais pourquoi dissimuler les différences ?

« 160 chefs d’œuvre issus du patrimoine spirituel de l’Humanité seront ainsi prêtés par les plus grands musées. Sculptures, objets d’art, peintures, manuscrits côtoient maquettes, photos, films et bornes interactives pour tenter d’éclairer la variété des croyances et des cultes dans le monde ».


A voir sur le judaïsme : le Rideau d’arche sainte et son lambrequin du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, Dieu donnant les tables de la Loi à Moïse de Chagall (dessin, Musée d’Israël), le « tableau de NicolasPoussin, La destruction du Temple de Jérusalem (Musée d’Israël), événement symbolique où les ambitions politiques du pouvoir romain s’attaquèrent au cœur de l’institution judaïque qu’était le Temple de Jérusalem, lieu du Saint des Saints, détruit en 70 par Titus ».

Le plus impressionnant se trouve en fin d’exposition : des masques et costumes africains, dont trois venus du musée national du Burkina Faso, portés lors de fêtes.

Jusqu’au 3 février 2013
Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill. 75008 Paris
Tel : 01 53 43 40 00
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 20 h

Visuel :
Chandelier de Hanouca
© RMN / Jean-Gilles Berizzi

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié le 2 février 2013.

jeudi 19 mars 2015

Nonie Darwish: “An Arab for Israel”


Nonie Darwish is an Egypt-born American writer. Her father was the chief of the Egyptian Military Intelligence in Gaza and was killed by the Israeli army in 1956.
Nonie Darwish was brought up in the hate of Jews and Israel. She worked as a journalist in Egypt.
In 1978, she moved to the United States, and converted to Christianity.
Since September 11, she has advocated for a reform of Islam and peace with Israel. She has founded ArabsforIsrael and Former Muslims United.
She is the author of Now They Call Me Infidel, Why I Renounced Jihad for America, Israel and The War On Terror (Sentinel, 2006) and Cruel and Usual Punishment, The Terrifying Global Implications of Islamic Law (Thomas Nelson, 2009).
Slight, lively, she gracefully accepted an interview in Paris on April 17, 2009.
On March 19, 2015, Global Faith Institute will organize ISRAEL in the HEARTland. A night to honour Israel with many guests, including Nonie Darwish.

Originally published in American Thinker
Cet article a été publié par American Thinker
Véronique Chemla: Nonie Darwish, thank you for accepting an interview. Let's begin with your childhood...

Nonie Darwish: I was born in Cairo and grew up in Egypt-ruled Gaza in the 50's. My memories of Gaza date until I was 8 and half years old. I was brought up in a Muslim Egyptian family.

My father, Lt. General Mustafa Hafez, lead the Egyptian Military Intelligence in Gaza. After the revolution, Gamal Abdel Nasser, the president of Egypt, was committed to unifying the Arab world and destroying Israel.

Egypt started the fedayeen operations against Israel from the Gaza strip. Fedayeen literally meant a man who self-sacrifices or ‘to give up oneself for jihad'. The fedayeen crossed the border into Israel, killed people, blew up things and came back to Gaza. My father had a hard time finding volunteers to do the fedayeen operations and fight. Traitor was a common description of Arab Palestinians in many Arab countries.

Véronique Chemla: What were you taught in the Gaza public school?

Nonie Darwish: I was taught hate, vengeance, retaliation, that jihad is a war. Peace was never discussed. We used to recite poetry every day about jihad. It was part of the culture. For instance, we used to play songs: "Arabs are our friends, Jews are our dogs".

Véronique Chemla: How were Jews presented in the Arab World?

Nonie Darwish: Jews were always presented as deceitful people, who want to kill Arabs, especially children and women. We heard incredible stories such as "Jews baked cookies with blood of Arab children". We were told: "Don't take a candy from a stranger. He could be a Jew trying to poison you". We never saw a Jew.

Véronique Chemla: Were Christians hated too?

Nonie Darwish: Islamic intolerance and discrimination were also towards Christians and even minority Muslims such as Shiites and Kurds.

After the Arab nationalist movement and liberation in the 20th century, the pressure on minorities became intolerable and many Christians left and are still leaving the Arab world and migrating to the West.

Véronique Chemla: In 1956, your father became the first targeted assassination...

Nonie Darwish: My father had asked for a transfer. Abder Hakim Amer, the head of the Egyptian Military Intelligence, promised him that as soon as he finds somebody to replace him, he will be transferred. He was given three more weeks. Before three weeks, my father had a bomb letter that had exploded at his office.

Véronique Chemla: How did your family and Egyptian officials react?

Nonie Darwish: It was naturally a horrible event for my whole family which changed our lives forever. After my father's death we moved back to Cairo.

President Nasser gave his famous speech in Alexandria about the nationalization of the Suez Canal, on October 1956. In that speech, Nasser also mentioned my father and said that Egypt will retaliate from Israel. He never mentioned why Israelis had killed my father. So, I thought that the Jews had killed my father for no reason and they liked to kill Arabs.

President Nasser with top government officials came to our home to pay condolences to my mother. My mother made my brother, sisters and me standing a line to greet him. I remember one of the officials pointing at us and saying: "Which one of you will avenge your father's blood by killing Jews?" We were all looking at each other, speechless. I felt that if I really do love my father, then I must kill Jews.

Later in life, I learned that Israelis were in a conflict because they did not want to kill my father, but had too: they knew what an honorable man Mustafa Hafez was. It took me a long time to make peace with this conflict inside me. Both sides must forgive for the sake of peace. Or else, we'll be in a permanent jihad.

Véronique Chemla: Then you went to a British catholic school in Cairo...

Nonie Darwish: I studied sociology and anthropology at the American University in Cairo and I learned about American democracy and freedoms. My sister also spent a few years in America, and she talked to us about it. I felt that America was my chance for freedom.

Véronique Chemla: Were you questioning Islam?

Nonie Darwish: Not early in my life, but I gradually felt that there was no freedom whatsoever under Islamic Law especially for women.

One day, I visited my best friend who was a Copt (Christian) and lived near a mosque. I heard the Friday sermon in that mosque one day while studying with my friend and the preacher said: "May God destroy the Jews and the Infidels! They are all enemies of Allah, of Muslims!" I saw fear on my friend's eyes. It was the first time in my life I thought something was wrong with my religion.

I compared that to the Catholic nuns in my school who never cursed anyone. I then wondered: "Why are Muslims insulting non-Muslims?" I started a little comparison in my mind, but I couldn't dare say it to anyone.

Véronique Chemla: For six years, you were a journalist in Egypt. In November 1978, you arrive in the US...
Nonie Darwish: That is correct. I moved to the United States with my Egyptian Coptic husband who had family in Los Angeles. We were not allowed to marry in Egypt unless he converted to Islam.

My first job was working as a secretary. In the hallway of my work I noticed a sign that said: "This Company abides by the government laws that there is no discrimination in employment on the basis of gender, religion, race or nationality". This sign made me feel good. That was very different from the Muslim world where men and women, Muslims and non-Muslims had different laws to live under.

Véronique Chemla: What were your relationships with Muslims?

Nonie Darwish: After I arrived in America, I went to a mosque that was run by mostly Pakistanis and Arabs, and financed by Saudi Arabia. In the mosque I was told: "Don't assimilate in America. We're here to Islamize America. We're going to build more mosques. You have to wear your hijab with pride".

It did not make sense that most immigrants from Egypt and more moderate countries, who never wore hijab, suddenly started wearing it for the first time in America! I was shocked by how fanatic they were and how they have a political agenda. I never went to the mosque again.

Véronique Chemla: When did you change your mind towards Israel and terrorism?

Nonie Darwish: I changed gradually and it was not easy after a long life of indoctrination into hate and anti-Semitism.

As I started befriending Jewish people, I realized that many of them are very kind and just like everyone else. I started questioning why my culture was spreading lies and hate propaganda about Jews and the West. I discovered that if Islam demands jihad against non-Muslims, then non-Muslims had to be portrayed as bad or else jihad will end.

I then read books about Jews and their history. I realized everything that Arab kids were taught about Jews were lies.

I also learned good things about Israeli people and government. About 14-15 years ago, my 43 year old brother was in Gaza. He collapsed after a stroke and was unconscious. All the Arabs around my brother agreed: "If you want him to live, take him to Hadassah hospital in Israel". That means that in times of trouble, Arabs trust Israelis. The Israeli doctors and nurses did a miracle. My mother and his wife joined my brother in Jerusalem during his treatment and they told me: "The Jewish people are very good and kind". That is when I saw a different side of Israel. Acts of good will and decency by Israel are never mentioned in the media. I felt that this is not giving justice to Israel.

Véronique Chemla: 9/11 was the event that changed you for ever...

Nonie Darwish: In August of 2001, my husband, children and I went to visit Egypt.

When I landed in Cairo, I was shocked to find that radical Islam has taken over. The majority of women chose to wear Islamic clothes. When I had left Egypt, nobody wore them. I said to myself: "Oh, my God! Did I land in Saudi Arabia or in Egypt?" I saw pollution and garbage in the Nile, high unemployment, and the usual poverty of Egypt. But Egyptian Newspapers only focused on Israel and America bashing. Mosques did the usual cursing of America, the West and Israel.

I returned to the USA on September 10, 2001, at night. The next day, when I saw live on TV the second plane crashing into the Twin Towers, I knew right away: "That's the jihad I left behind".

When I learned later that the leader of the 19 terrorist was Mohamed Atta, from a middle-class family from Cairo, I was devastated. I called many friends in Egypt. They all said: "Don't you know this is a Jewish conspiracy?" I could not believe the level of denial. For how long are we, the Arab people, going to continue to accuse the Jewish people of everything we do wrong?

The way my people treated the Jewish people is a tragedy and a disgrace. This must end. That was the day I decided to speak out and that was the day I totally changed towards Israel.

Véronique Chemla: Did you feel any discrimination after 9/11?


Nonie Darwish: Not at all. I belonged to many women's groups in the USA. The women were so gracious, understanding and nice.

I then wrote an article exposing the jihad and my feelings about terrorism and the education to turn children into killers. Suddenly, I started getting many requests from Jewish groups and political groups to speak. I then discovered that the American public needed more understanding of the culture behind the jihad from an insider like me. Then an agent read my story and encouraged me to write a book.

Véronique Chemla: What do you think of Islam?

Nonie Darwish: The problem is sharia law which was written a hundred years after Mohamed died. All the ills of Muslim society are linked to sharia law which froze 7th century culture into a divine law from Allah that cannot be changed. Sharia law made it a crime punishable by death to promote change or reform in Islam.

I don't think there is enough motivation in the Muslim world for change. That is especially a problem because Islam has no central authority to make rulings that would be respected by the Muslim public.

Mainstream sharia law books define jihad as "To war with non-Muslims to establish the religion" and in Al Azhar University jihad is defined as "a permanent war institution against Jews, Christians and pagans".

It's clearly violence but after 9/11 many Muslims in the West claimed that jihad is an inner struggle. That is misleading because, when the word jihad is mentioned in the Quran, 97% of the time it refers to violence and war. Only 3% of the time it does not refer to violence but to "inner jihad" about how a Muslim must struggles to surrender to Allah, to the Islamic faith, to sharia law and never asks question.

Islam must expand and the center piece of the Islamic ideology is the concept of jihad. Jihad is the responsibility of every single individual Muslim, even if is not organized by the government like in Iran. It is also the obligation of every Muslim head of state (the Khalifa). Muslim leaders who abandon jihad and want peace and treat non-Muslim countries as equals are violating their duty as a Muslim head of state under Sharia. That is why President Sadat was killed. That is why Sadat's peace treaty is a "cold peace" between Israel and Egypt.

The roots of Islamic terrorism are in the Quran. In January of 2006, a member of Egyptian Parliament "Ragab Hilal Hamida", said from the floor of the Parliament that "the Quran directly commands us to commit terrorism, so why are we afraid of it?"

I want to stress that I am not against the good and peace loving Muslims. I am against hated, sharia law and jihad.

Véronique Chemla: There are contradictory sourates in the Quran...

Nonie Darwish: Early when Mohamed started his message as a prophet, he was weak and wanted to attract Jewish tribes to Islam. So he gave good verses about the Jews.

He was in Mecca for 11 years and only had 100 followers. But when Mohammed moved to Medina he became a head of state and a warrior and that was when he had many followers who joined him in the battles and benefited from the bootie and wealth they accumulated. When the Jewish tribes on Medina refused to convert to Islam, they became Mohammad's enemies and thus the Quran verses changed to make them Islam's enemy. From that day, Islam's message was obsessed with killing Jews.

Muslim scriptures have many commandments to kill Jews and Christians, for instance the following hadith (Sahih Muslim book 41, no. 6985):

"The Hour [Resurrection] will not take place until the Muslims fight the Jews, and kill them. And the Jews will hide behind the rock and tree, and the rock and tree will say: oh Muslim, oh servant of Allah, this is a Jew behind me, come and kill him!"

This hadith is recited in mosques in the Middle East regularly, but when is questioned, Muslims get very upset even if a hadith like that has made a whole group of people ILLEGAL TO EXIST.

Some Muslims claim that the relationship with Jews turned bad only due to the creation of the state of Israel in 1948. That is not true because Muhammad commanded Muslims to kill Jews in the 7th century.

Muslims have been trained mentally to say two opposite things in the same sentence and feel perfectly OK with it. For example: "Islam is a religion of peace, but God bless the 9/11 terrorists".

Véronique Chemla: How do you explain some describe Islam as "the religion of peace"?

Nonie Darwish: The word "Islam" is confusing because it sounds similar to the word "salam" which means peace. The word "Islam" means ‘surrender' or ‘submission.' Islam is full of contradictions and misinterpretations.

Surah 47:35 talks about peace: "So do not weaken and call for peace while you are superior" The translation of Yusuf Ali, says: "Be not weary and faint-hearted, crying for peace, when ye should be uppermost". So, if you are stronger than your enemy, don't ask for peace. Only accept peace, when you loose or weak. So, peace is not a value in itself in Islam. It's a technique in a war.

Véronique Chemla: Does America or the West know the Islamic world?

Nonie Darwish: Westerners judge Arabs and Muslims by their own values. And so are Arabs and Muslims, they judge the West by their own values system. A major obstacle to understanding between the West and the Muslim world is a Sharia law telling Muslims that Lying (to non-Muslims) is Obligatory if the purpose is Obligatory!! The reference is the Sharia book ‘Reliance of the traveler r8.2'. Thus, if the purpose is jihad (an obligation), then a Muslim must hide his purpose. Unfortunately, very often the West believes the lies. Trust and respect is encouraged to be only between Muslims. Non-Muslim countries are called "Dar Al Harb" meaning "house of war" and lying to them is OK if it is for the benefit of Islam.

Unfortunately, the Muslim world does not see its lies, hypocrisy and exaggerations exposed enough by Western media. Western media is more comfortable attacking itself than exposing jihad, oppression of women under Sharia law or discrimination against minorities in the Muslim world. It seems to be more sensitive to Muslims whom it does not want to offend. It does not take them seriously or is simply afraid of Muslim threats and fatwas of death.

Truth is best for everyone. That's the only way for Muslims to reform.

Islamic law forbids non-Muslims from criticizing Muslims or exposing Islam's week points. This is considered an enormity punishable by death.

The West must not shy from accusations of "islamophobia" if it is reporting the truth.

After September 11, people asked: "Where are Arab voices? Why are they silent?" I and others are speaking out, but Western media is silent. That is very discouraging.

Véronique Chemla: What do you think the European or American "apologize" policy?

Nonie Darwish: Every country has something in its history to be ashamed of. I believe that Western Democracies today and America are doing a lot of good. But the Far Left in Western countries seems to be no longer appreciative of their culture, history and democracy. They seem to constantly want to apologize for example for their period of imperialism. But they never expect Arabs to apologize for Arab or Islamic imperialism. So may be the West should learn a little bit from the Arab world because you can't hand yourself on a silver platter to the Arab world out of guilt over nothing. Believe me, the Arab world will be happy to take it.

President Obama seems to love the idea of apologizing to the world on behalf of America. I think President Obama is trying to appease the Muslim world at the expense of American values and he is going to be disappointed soon. The West needs to foster pride in its democracy that is based on Judeo/Christian values.

Véronique Chemla: What are the main problems of the Arab world: illiteracy, proud, shame, the situation of women...?

Nonie Darwish: All of the above. I believe sharia law is the main problem standing in the way of reform.

The centre of the oppression in Islam is the woman. Everything is sacrificed for the purpose of expanding Islam, even the family unit is sacrificed. Killing men in jihad, making mothers become happy to give up their sons for jihad, that's the destruction of the family. Sharia law turns men and women against each other and tells men not to trust women: there is no loyalty from the husband to his wife because of polygamy. Loyalty comes from a woman's first-born son.

It is oppressed women who bring up boys for the first 7 years of their lives. The boys identify with and absorb her oppression and her victim mentality.

But the relationship between the mother/son has also been poisoned when he grows up and joins the men who mistreat and look down on women. The boy eventually grows to reject the same women who shape the victim mentality. This unhealthy dynamic is the cause of a lot of anger and problems within the Muslim family.
Arab children are especially brought up with extreme shaming or extreme pride.

Furthermore, Sharia law can only promote dictatorships. A Muslim head of State can come to power through seizure of power, meaning through force (coup d'Etat). A Muslim head of State must be obeyed even if he is unjust. A caliphate must rule by and enforce sharia law on the people, but he himself cannot be judged by sharia Hudud laws, such as murder, theft and drinking. Sharia law is not compatible with democracy.

Véronique Chemla: When and why did you create "Arabs for Israel"?

Nonie Darwish: I have received emails from Arabs and Muslims: "I support you a 100%. But please, don't put my name, I'm scared". So, I felt they need a forum to speak. Arabs for Israel started on February 2004.

Véronique Chemla: How are your books greeted in America and by Muslims?

Nonie Darwish: I receive a lot of appreciation from Jewish and Christian people and also from some Arabs who want to learn the truth.

There is censorship in the Islamic world. Arab media attacked me for supporting Israel and criticizing Islam, but they didn't even read my books.

Véronique Chemla: What was the 2007 Islamic secular Summit aiming at?

Nonie Darwish: It promoted the separation of Mosque and State in the Muslim world. It was attended by many Muslims and former Muslims in America to debate. We signed a declaration on what a Muslim country must do in order to live in peace with the rest of the world and itself.

Véronique Chemla: How do you qualify the conflict in the Near-East?

Nonie Darwish: I think this is a religious holy war against a non-Muslim country. It is the Muslim world against Israel. Islam intrinsically rejects peace with non-Muslim countries and is intrinsically anti-Jewish. The truth is that Arabs simply have no tolerance for any nation that is not Arab and Muslim in the region.

Some Muslim leaders say it doesn't matter if Israelis give us all of Israel, we‘ll still kill them.

The word "Palestinian" refers to a geographical area, and not to Muslims or Arabs. I prefer the words "Arabs of the West Bank and the Gaza strip". The Arab world decided the route of jihad and imposed it on them. The Arab League policy did everything it could to keep them in a permanent refugee status. They have been shamed, blamed, pampered and abused, to never have peace with Israel and were given money only for terrorism.

Véronique Chemla: What do you think about Hamas?

Nonie Darwish: Hamas is not only an Islamist group against Israel, but it also hurts its own people. It wants to bring an Islamic sharia-rule State in the region replacing Israel. It's written in its charter.

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Cet article a été publié sur ce blog le 18 décembre 2009.

dimanche 15 mars 2015

« La faute du bobo Jocelyn » de Pierre Cassen et Christine Tasin



Christine Tasin et Pierre Cassen livrent dans ce « roman de politique fiction » publié fin 2011 par Riposte laïque éditions leur vision de la France si la gauche arrivait au pouvoir. Organisées par Résistance républicaine et Riposte laïque, les Assises pour la liberté d'expression se dérouleront ce 15 mars 2015 à Rungis. 


Ce « roman de politique fiction » est l’aboutissement littéraire d’une réflexion politique qui s’est développée sur Internet depuis environ une dizaine d’années, face aux mutations de la société française souvent occultées en particulier par les élites politiques, universitaires et médiatiques, notamment les dangers d’une société multiculturelle dans laquelle l’immigration de peuplement, majoritairement musulmane, ne s’est pas entièrement intégrée, des revendications – foulard islamique, prières non autorisées dans les rues, etc. - ébranlant les principes républicains, la haine teintée de mépris d’immigrés à l’égard des Blancs, des Français et des Juifs, l’affaiblissement ou la disparition d’institutions républicaines ayant assuré jusqu’aux années 1960-1970 l’intégration dans la Nation française d’immigrés, la constitution de zones de non-droit, le délitement des valeurs assurant la cohésion nationale, une classe politique apeurée, incapable de relancer la croissance économique et de réformer des instances sclérosées et acceptant des concessions pour ne pas heurter des sensibilités musulmanes, une gauche tentée de substituer au peuple français une population hétéroclite de communautés quérulentes, la dilution de la souveraineté nationale au profit d’une Union européenne bureaucratique, dispendieuse et souffrant d’une carence démocratique, des émeutes urbaines récurrentes, etc.

Issus de la gauche, les deux auteurs ont à leur actif d’avoir co-organisé des événements rompant avec le « politiquement correct », ou plutôt avec « l’islamiquement correct ». Prévu le 18 juin 2010 à la Goutte d’or (Paris), l’Apéro « Saucisson Pinard » a été interdit par la Préfecture de police pour « risques de troubles à l’ordre public », et a attiré des centaines de convives à la place de l’Etoile.


Les Assises internationales sur l’islamisation (18 décembre 2010) ont surpris par leur ampleur européenne, voire mondiale avec la présence d’orateurs américains et russes, la diversité des parcours d’invités – féministes, syndicalistes, écrivains, politiciens, etc. - s’accordant sur la défense de la laïcité, son immense succès en terme d’audience, tant dans la salle parisienne que sur Internet, et les réactions d’un public averti, n’hésitant pas à crier « Dhimmi ! », « Collabo ! » ou « Traitre ! » lors de la diffusion d’un florilège vidéo composé de commentaires de politiciens, tel Daniel Cohn-Bendit, critiques à l’égard, par exemple, du vote suisse sur la construction de minarets.

Les auteurs de ce roman ? Pierre Cassen est rédacteur en chef du site Internet Riposte laïque, et Christine Tasin, la fondatrice de Résistance républicaine.

Se fondant sur un présent inquiétant, tous deux ont imaginé le futur sombre et proche d’une France embrasée par la guerre, divisée en « quartiers verlamisés », devenue un pays d’exodes et de migrations internes, sans langue nationale, et où de vaillants résistants luttent pour la reconquête de leur pays.

Pierre Cassen et Christine Tasin, La faute du bobo Jocelyn. Riposte laïque, 2012. 205 pages. ISBN : 978 2 9536042 3 8
 Cet article a été publié le :
-  9 novembre 2012 à l’approche de la marche contre le fascisme islamiste du 10 novembre 2012, à Paris, à l’initiative de Résistance républicaine ;
- 21 février 2014. L’écrivain Renaud Camus et le professeur de philosophie Jacques Philarchein ont comparu le 21 février 2014 devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris. Ils étaient poursuivis par le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) pour incitation à  la haine lors de leurs discours lors des Assises internationales sur l'islamisation (18 décembre 2010) ;
- 13 juin 2014. Pierre Cassen et Pascal Hilout ont été condamnés d'une manière choquante par la justice française. Je leur apporte mon soutien..

mercredi 4 mars 2015

Max Penson : Un photographe russe à Tashkent (1923-1948)


En 2002, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris a présenté 80 clichés de Max Penson  (1893-1959) prêtés par le Musée Maison de la photographie de Moscou. En noir et blanc, ces photographies montraient les bouleversements, de 1923 à 1948, en Ouzbékistan, une république soviétique musulmane. Elles révélaient aussi les divers styles - pictorialisme, constructivisme et réalisme socialiste - de cet artiste Juif talentueux. Arte diffusera les 4 et 11 mars 2015 "L'Orient-Extrême - De Berlin à Tokyo. L'Ouzbékistan et l'ouest de la Chine", doucmentaire de Christian Klemke (2013, 44 min). "Embarquez-vous pour un périple en 4x4 à travers l'Asie. Aujourd'hui, l'équipée fait halte à Boukhara, ville d'Ouzbékistan aux somptueux monuments, et traverse le désert du Kyzylkoum. Depuis Tachkent, la capitale, la route de la soie passe par la fertile vallée de Ferghana, où l’on découvre les processus traditionnels de fabrication du précieux tissu. Après une traversée du Kirghizstan par les monts Alaï, nos voyageurs rejoignent l’ouest de la Chine, plus précisément la ville-oasis de Kashgar, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, où se prépare la fête de l’Aïd".


« Le nom de Max Penson  est longtemps demeuré inconnu, bien que son œuvre mérite d’être placée au même rang que celle de Grinberg, de Zelma, de Rodchenko, de Chaïkhet et des autres grands photographes russes », observait Olga Sviblova, directeur du Musée Maison de la photographie de Moscou, lors de son interview à Guysen en 2002.

Max Penson est né en 1893 à Velizh, près de Vitebsk (Biélorussie) dans une famille Juive pauvre. Son père était relieur.

Max Penson apprend seul à lire et à écrire. 

De 1907 à 1911, il étudie au collège municipal de Velizh, puis  entre à l’école des arts de la céramique de Mirgorod, dans la province de Poltava. 

Mais, ses maigres revenus le forcent à aller à Vilno. Là, il est admis à l’école des arts appliqués de la fondation Antokolski. 

En 1915, fuyant les pogroms russes et la Première Guerre mondiale, il se réfugie à Kokand (Asie centrale). Il gagne sa vie comme comptable et professeur de dessin pour les écoliers jusqu’en 1917. Puis il dirige les ateliers municipaux d’art appliqué de Kokand pendant cinq ans.

En 1921, c’est un appareil photographique offert par le district de Kokand qui bouleverse la vie de ce peintre et dessinateur. Max Penson apprend en autodidacte la technique photographique. 

En 1923, il s’installe à Tachkent (Ouzbékistan), fréquente les photographes qui dirigent des ateliers professionnels et s’oriente, par goût, vers le reportage photo.

De la vie traditionnelle à la société communiste
De 1926 à 1948, Max Penson  travaille comme photographe pour Pravda Vostoka (La Vérité d’Orient), et de 1940 à 1945, pour l’Armée Rouge. 

Par son travail, il élabore une chronique exceptionnelle sur une contrée excentrée.

C’est en 1939 que Max Penson  bénéficie de son unique exposition personnelle dont il conçoit le catalogue avec Alexandre Rodtchenko : à l’occasion du 15e anniversaire de la République soviétique ouzbek, il présente 300 photos. 

En 1940, son travail remarquable est admiré par Sergueï Eisenstein qui écrit dans la revue « La Photographie soviétique » : « Il est impossible de parler de Fergana sans mentionner l’omniprésent Penson, qui a sillonné tout l’Ouzbékistan avec son appareil. Ses archives, qui ne connaissent pas d’équivalent, permettent de suivre année par année, de feuilleter page après page, toute une période de l’histoire de cette république. La création artistique de Max Penson et son destin sont liés à ce merveilleux pays ».

Le travail effectué par Max Penson constitue un patrimoine de plusieurs milliers de négatifs et tirages originaux, malheureusement en partie détruit ou détérioré, car longtemps mal conservé. Ce photographe travaille dans un laboratoire, à son domicile, sans bénéficier longtemps de l’eau courante, et entouré de son épouse, leurs quatre enfants, et leurs proches.

Sa journée de travail est divisée de manière à consacrer le matin et le début de l’après-midi à la prise de vues et au développement, et la nuit au tirage des photographies. C’est cette dernière phase qui fait l’objet de nombreuses expérimentations. 

Ses photographies, Max Penson les tire en grands formats bien qu’il sache que la rédaction du journal ne les prend pas et qu’aucune exposition n’aura lieu. Il les affiche dans sa maison pour un public composé de sa famille et d’amis.

Malgré ses maigres revenus, Max Penson parvient à se procurer des livres d’art pour maîtriser « la structure et la facture de ses futures photographies. C’est ainsi que fut créée sa célèbre Madone ouzbek couronnée par une Médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1937 », m’a confié Olga Sviblova.

Art et idéologie
Ses clichés sont souvent reproduits par la presse moscovite. 

Par une composition parfaite, Max Penson témoigne des bouleversements dans cette république soviétique : vie dans les kolkhozes (fermes collectives), essor industriel, émancipation féminine, expérimentations sur des graines de coton, progrès médicaux, propagande communiste, etc. Il suit la construction du canal de Fergana, édifié en 45 jours par 170 000 hommes, sans l’aide de machines. Il témoigne aussi de la permanence de traditions, vêtements, coiffes, du lien avec la nature, du jeu populaire Oulague, etc.

Son style emprunte au pictorialisme (« Les eaux et les hommes », 1935), au constructivisme (« Spectateurs d’un match de football au Stade Dynamo de Tachkent », 1930) et au réalisme socialiste (« Ouvrière de l’usine de matériel agricole de Tachkent », 1938). 

Car, malgré l’éloignement de la république ouzbek, Max Penson a toujours eu la curiosité de s’intéresser aux innovations artistiques, vraisemblablement à celles de Rodchenko (1891-1956) et Lazar Lissitsky (1890-1941). 

Il se lie d’amitié avec le photographe Zelma (1906-1984), né à Tachkent et qui travaille souvent en Asie Centrale.

« Son époque, il l’aime, la comprend, mais il en a peur. Son fils Myron Penson, réalisateur et photographe, se souvient que son père allumait du feu dans le jardin pour détruire négatifs et tirages représentant des gens que le régime stalinien avait rayés de l’existence », m’a précisé Olga  Sviblova. 

Max Penson est touché par la campagne contre le « cosmopolitisme » lancée par Staline après la Seconde Guerre mondiale. 

Teintée d’antisémitisme, cette campagne le frappe durement : en 1948, le KGB lui retire sa licence de photographe de presse, ce qui rompt sa collaboration avec la rédaction de « La Pravda d’Orient ».

D’autres photographes victimes de mesures identiques parviennent à illustrer des magazines de culture populaire. Max Penson semble attendre qu’on le rappelle. 

Quittant rarement son domicile, il retouche ses photos en accentuant ironiquement les sourires, réels ou forcés, et en montrant ainsi ce qu’il pense d’un régime promettant des lendemains heureux. 

En 1959, il meurt des suites d’une maladie et d’une grave dépression. 

Le « printemps de Khroutchev » arrive en Ouzbékistan dans les années 1960.

« Alors que les Juifs ont changé la vie en Ouzbékistan au XXe siècle, beaucoup quittent, avec d’autres personnes, médecins ou scientifiques, cet Etat pour vivre à Moscou, en Europe, aux Etats-Unis ou en Israël », observait Olga Sviblova.


« Max Penson ». Préface de Olga Sviblova. Ed. Carré noir, 1997. ISBN 9 782909 569093


A lire sur ce blog :

Cet article a été publié dans Guysen, et sur ce blog le 4 juillet 2014