Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 31 mai 2018

Mon interview sur Radio Chalom Nitsan le 31 mai 2018


J'ai été interviewée par Radio Chalom Nitsan le 31 mai 2018 à 16 h 35. J'ai évoqué l'affaire Selaml'affaire M. B.,  copropriétaires injustement condamnés par le "gouvernement des juges", l'antisémitisme musulman et la communauté juive française institutionnalisée ainsi que le dernier rebondissement dans l'affaire Krief

Mon interview par Radio Chalom Nitsan du 25 mars 2010


Radio Chalom Nitsan est la radio juive niçoise. 

Mon interview a été mise en ligne sur le site Internet de RCN - "Israël d'hier à aujourd'hui" vers 35 minutes -, disponible sur Smartphone (Appli gratuite), sur la bande FM et diffusée en Israël sur Radio Futée.

Sébastien Selam
Dans la nuit du 19 au 20 novembre 2003, à Paris, Sébastien Selam, DJ Juif de 23 ans, était assassiné par un voisin musulman, Adel Amastaibou. Le Dr Bricout, expert psychiatre, le déclarait irresponsable de son acte criminel. 

Débutait le combat de Juliette et de Stéphane Selam, respectivement mère et frère du défunt, afin d’établir toutes les circonstances de ce crime et la condamnation du ou d(es) coupable(s). Le 5 janvier 2010, la Cour d’appel de Paris a jugé Adel Amastaibou pénalement irresponsable lors de cet assassinat. Représentée de fin 2006 à 2013 par Maître Axel Metzker, avocat au barreau de Paris, puis par Me Gilles-Jean Portejoie, la famille Selam a déposé plusieurs plaintes et de multiples procédures, à la fois civiles et administratives. Une stratégie qui s'est avérée pertinente. 

Maître Axel Metzker a curieusement sélectionné les journalistes à qui il a ouvert son dossier - i24News -, en m'en écartant bien que je bénéficie de l'accord de Mme Juliette Selam. Le 27 mai 2018, sur i24news, le député français Meyer Habib a évoqué une lettre du Président Emmanuel Macron reconnaissant un crime antisémite. So what ? So after ? On tourne la page ? Circulez, y'a plus rien à voir ? C'est ce que Meyer Habib et le journaliste Julien Bahloul ont semblé suggérer en évoquant "le deuil que peut faire maintenant la mère de la victime". 

Début avril 2018, sur i24News, Francis Kalifat, président du CRIF, reconnaissait le caractère antisémite de l'assassinat de Sébastien Selam et regrettait la faible attention portée à cet assassinat en 2003.

Maître Axel Metzker a curieusement sélectionné les journalistes à qui il a ouvert son dossier - i24News -, en m'en écartant bien que je bénéficie de l'accord de Mme Juliette Selam pour étudier ce dossier. 

Le 27 mai 2018, sur i24news, le député français Meyer Habib a évoqué une lettre du Président Emmanuel Macron reconnaissant un crime antisémite. 

So what ? So after ? On tourne la page ? Circulez, y'a plus rien à voir ? C'est ce que Meyer Habib et le journaliste Julien Bahloul d'i24news ont semblé suggérer en évoquant "le deuil que peut faire maintenant la mère de la victime". Lamentable.

La célérité de Meyer Habib tranche avec son inaction dans l'affaire du Dr Lionel Krief. 

Résultats de ce refus de Me Axel Metzker et de cette lettre du Président Emmanuel Macron obtenue par le député Meyer Habib : la vérité ne sera pas établie dans cette affaire majeure. Le dossier est enterré. Un enterrement de première classe.

Sébastien Selam est mort trop jeune. Trop tôt.

« L’histoire mondiale est le tribunal du monde » (Die Weltgeschichte ist das Weltgericht). "C’est par une référence à ce vers de Schiller que Hegel annonce la section consacrée à l’histoire du monde, qui clôt le § 340 des Principes de la philosophie du droit". 

L'Histoire risque de juger sévèrement tous ceux qui ont contribué à cette situation.

Copropriétaires M. B.
En 2017, la Cour d’appel de Paris a condamné injustement  M. B., copropriétaires Juifs français d'un appartement délabré depuis des décennies par des parties communes abîmées, pour un prétendu « arriéré de charges de copropriété ». Et ce, alors qu’elle donnait des chiffres prouvant un solde créditeur de leur compte de copropriétaires. 

Absence de préparation de l’audience, carences basiques en droit, en langue française et en arithmétique, déni d’un procès équitable notamment en violant les droits de la défense des justiciables juifs par une partialité choquante et par une mansuétude généreuse au bénéfice du Syndicat des copropriétaires et de son syndic Foncia Paris fautifs…  Les trois magistrats de la Cour - Laure Comte, Jean-Loup Carrière, Frédéric Arbellot – ont infligé un déni de justice à leurs concitoyens Juifs, notamment en bafouant les droits de la défense. 

Ceux-ci sont victimes du « gouvernement des juges » et de l’absence de contrôles par diverses autorités qui ont refusé d’intervenir pour rétablir le droit : ministres de la Justice et du Logement, parquet, Groupe Foncia, Chambre du Commerce et de l’Industrie, Ordres des avocats et des huissiers de justice de Paris, etc.


Ce « gouvernement des juges » émet des jugements qui soit créent une dette, soit valident les montants allégués par des Syndicats. Ces jugements sont confiés à des huissiers de justice qui signifient aux copropriétaires des commandements de payer cette « dette », procèdent à des saisies sur les comptes bancaires – parfois sur des montants erronés -, saisissent des meubles afin de les vendre pour obtenir que soit payée cette « dette », etc. Les victimes sont affligées par ces actes comminatoires, se ruinent par des procédures coûteuses, chronophages, pour contester ces saisies.

M. B. se voient réclamer un solde aux montants différents : celui de cet arrêt inique, celui du Syndicat représenté par Foncia Paris et celui de Me Didier et Xavier Avalle, huissiers de justice de ce Syndicat !? Tous trois erronés.

Et le 18 mai 2018, Me Carine Piccio, avocate de Foncia, Foncia Paris, Jean-Patrick Jauneau et Karima Aktouf m’a adressé une mise en demeure liberticide  de supprimer immédiatement, tout ou parties de mes quatre articles sur l'affaire M. B.

Trois des quatre articles considérés par cette avocate comme « diffamatoires » bénéficient de la prescription. Quant au quatrième, il demeure factuel et argumenté sur un sujet relevant d’un débat d’intérêt général.

Résumer les pratiques de syndics, dont Foncia, fustigées par l'UFC-Que Choisir et l’ARC (Association des responsables de copropriété) ? « Diffamatoire » !

Indiquer le refus de Foncia Paris et de Foncia de répondre à mes questions ? « Diffamatoire » !

Ecrire que « Foncia se vante d’être le « premier syndic de France ! » ? « Diffamatoire » !

Constater que, durant la procédure pour « arriérés d'appels de charges », des documents versés aux débats par Foncia Paris sont erronés ? « Diffamatoire » ! Preuves qu’ils sont erronés : M. B. ont été contraints de reconstituer en un tableau toutes les écritures comptables éparpillées en divers documents carencés, et, en se fondant sur ces documents, la Cour a évalué pour 2015 et 2017 des soldes distincts de ceux du Syndicat : elle a trouvé en 2015 un solde créditeur de 121,88 €, alors que le Syndicat alléguait un solde débiteur de 3 776,45 €, et en 2017 un solde débiteur de 720,34 €, alors qu'il alléguait un solde débiteur de 2 620,67 €. Lors d'une saisie bancaire en 2013, Me Michelet, huissier du Syndicat, a prélevé 386,09 € sur le compte bancaire de M. B. ; mais ce montant est absent des relevés de leur compte de copropriétaires dans les « Appels de provisions ». Pourquoi ? Etc. Etc. Etc.

Le reste est à l’avenant. 

Au lieu de répondre à mes questions légitimes de journaliste, Foncia, Foncia Paris, Jean-Patrick Jauneau et Karima Aktouf préfèrent des mesures liberticides, et judiciariser ce qui se relève du dialogue courtois. 

Je ne me laisserai pas intimider. 

Un « gouvernement des juges » n’applique pas la loi, nie les droits de la défense, et parfois ne motive pas ses jugements ou allègue des « motifs » infondés.

Il est par essence anti-démocratique – la constitution de la Ve République reconnait une « autorité judiciaire », mais pas un « pouvoir judiciaire », a fortiori pas un pouvoir au-dessus du pouvoir législatif -, anti-républicain – il bafoue la devise républicaine -, anti-judaïque – le peuple juif a donné au monde les Tables de la Loi -, antijuifs – les Juifs sont perçus comme particulièrement attachés à la justice, à l’égalité -, christianophobe en raison des bases juives du christianisme.

Ce mécanisme judiciaire de création de fausse « dette », qui a ruiné Eva Tanger, peut aussi s’appliquer à des locataires.

Antisémitisme islamique
Longtemps, la communauté juive française institutionnalisée n'a pas osé évoquer un sujet tabou en France : l'antisémitisme musulman. Un exemple : le projet Aladin.

Lors du 33e dîner du CRIF, le 7 mars 2018, son président Francis Kalifat a souligné en présence du Président de la République Emmanuel Macron, invité d'honneur, notamment l'importance de l'antisémitisme islamique, et a demandé :
"La haine antisémite a une étrange capacité à se réinventer sous de multiples formes. Nous avons besoin, pour la combattre, d’une définition incluant toutes ses formes actuelles, y compris l’antisionisme et le négationnisme. Le Parlement européen a fait le même constat. Et le 1er juin 2017, il a voté une résolution qui, je cite, «invite les Etats membres à adopter et à appliquer la définition opérationnelle de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste».
Monsieur le Président, je forme le vœu, qu’à l’instar d’autres pays européens, la France, réponde positivement à l’invitation du Parlement européen".
Une demande ignorée du Président Emmanuel Macron.

Le 22 avril 2018, le Manifeste contre le nouvel antisémitisme a été publié par Le Parisien (22 avril 2018) et dénonçait l'antisémitisme musulman, une "épuration ethnique à bas bruit". Ce Manifeste a été rédigé par Philippe Val, ancien directeur de Charlie hebdo.

Il a été signé par 300 politiciens, intellectuels, artistes, grand rabbin de France Haïm Korsia, etc. La femme rabbin Delphine Horvilleur a refusé de le signer pour ne pas donner "l'impression d'une compétition victimaire", mais le 25 décembre 2017, sur France Inter, en présence de son co-auteur Rachid Benzine, islamologue, elle n'a pas affirmé Jérusalem comme capitale éternelle, indivisible d'Israël. Au 29 avril 2018, ce Manifeste a reçu 33 137 signatures et au 31 mai 2018 45 039 signatures.

Imam à Bordeaux, Tareq Oubrou a nié l'antisémitisme islamique. Avec une trentaine d’imams, il a dénoncé dans une tribune publiée le 24 avril 2018 par Le Monde la multiplication de « lectures et de pratiques subversives de l’islam ».

Et le 7 mai 2018, la Grande mosquée de Bordeaux a accueilli l'exposition « Fragments », pour une transmission de la Shoah" par le Dr. Stéphane Brunel. Une exposition abstraite et qui élude notamment le rôle du grand mufti de Jérusalem al-Husseini dans la Shoah. "Le Dr Stéphane Brunel propose de vous confronter à cette réalité et vérité indescriptible du génocide par l’intermédiaire de quelques œuvres d’art qu’il présentera. Il pose des questions, s’interroge sur notre place dans la transmission de la Mémoire de la Shoah, à travers les compositions de l’exposition « Fragments » qui remettent en évidence des éléments de notre mémoire que l’on a oubliés et qui portent en elles-mêmes les structures intellectuelles et mentales de cette catastrophe."

Le 22 avril 2018, sur France Inter, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a déclaré qu'elle aurait pu signé cette tribune "révélatrice d'une inquiétude" : « Je trouve qu'il y a là pour notre pays un danger sur lequel on doit être vigilant." Elle a souligné la "volonté farouche" de son ministère "de lutter contre l'antisémitisme" et a rappelé avoir signé "une circulaire à l'attention de tous les procureurs généraux" dans laquelle "cette dimension-là est expressément notée". Elle estime aussi que le plan de lutte contre l'antisémitisme et la violence raciste que vient de lancer le Premier ministre, Edouard Philippe, prouve qu'il y a "une volonté qui est marquée" dans ce sens. "Interrogée sur la dénonciation d'un "silence médiatique" expliqué par le fait que "la radicalisation islamiste – et l'antisémitisme qu'il véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l'expression d'une révolte sociale", Nicole Belloubet a dit ne pas savoir "si le silence coupable est partagé par toutes les élites". "Je crois qu'il faut être mesuré, il faut prendre conscience de cette violence antisémite qui est réelle, que l'on peut observer à plusieurs signes et à plusieurs niveaux. Mais le silence n'est pas partagé." Nicole Belloubet a conclu : "Nous devons tout faire pour éviter cette guerre des communautés. La France, par construction, est un pays de la mixité, c'est un pays de la cohésion et, vraiment, nous ferons tout ce qui est possible pour s'opposer à cette guerre des communautés. (…) [Cette tribune] est révélatrice d'une inquiétude. Il faut y répondre par une volonté de cohésion." Bref : éviter de lutter contre l'antisémitisme islamique.

Le 25 avril 2018, lors de sa visite officielle aux Etats-Unis, le Président Emmanuel Macron a été interrogé par des étudiants de l'université George Washington, notamment sur l'antisémitisme en France. Il a déclaré : « Il y a deux racines de ce nouvel antisémitisme. La première est liée à l'importation du conflit entre Israël et la Palestine. Certaines personnes en France souhaitent reproduire ce conflit international au sein même de la société française. La deuxième racine est une sorte d'ancien antisémitisme français, qui existait au début du siècle et qui reprend de l'ampleur. C'est une forte préoccupation pour moi. Nous devons le reconnaître ». 

Le Président a éludé les vrais problèmes. Faute de désigner l'ennemi, il ne peut pas le combattre victorieusement.

Quant à la communauté juive française institutionnalisée, après le discours du Président du CRIF et l'assassinat antisémite de Mireille Knoll, elle est demeurée silencieuse et inactive. Comme si elle n'avait pas de stratégie et était liée par le refus des plus hautes autorités politiques nationales françaises.

Dr Lionel Krief
Titulaire d’un contrat d’exclusivité, le Dr Lionel Krief est associé depuis les années 2000 avec la Dr Valérie Daneski dans la SCP Krief-Daneski dont il est gérant et actionnaire majoritaire (75%), pour exercer en alternance dans deux Centres d’imagerie médicale avancée (CIMA) en Oise (Picardie) : l’un à Compiègne, l’autre à Creil.

Fin 2008, la Dr Valérie Daneski a sollicité  la dissolution judiciaire de la SCP Krief-Daneski.

Au terme de dizaines de procès, le Dr Lionel Krief a été ruiné et spolié par le « gouvernement des juges ».

Le 15 décembre 2017, le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire de la SCP Krief-Daneski, et la société MJA  (Mandataires judiciaires associés) a été désignée en qualité de mandataire judiciaire. 

Via sa société Cirios, « la Dr Valérie Daneski devait acquérir le Centre de Creil et, en contre partie, elle devait verser 2,7 millions d’euros. Depuis 2013, Me Denis Hazane, alors administrateur judiciaire et liquidateur de la SCP Krief-Daneski, s’oppose à toute communication de pièce prouvant la transaction. Le formulaire 2035 communiqué par le Trésor public prouve que les 2,7 millions d’euros n’ont pas été versés. Nous avons réclamé auprès des différentes juridictions que Me Denis Hazane communique son relevé compte étude des années 2011 à 2016. Le relevé compte étude est un document qui atteste les transactions financières d’un mandataire. L’expert comptable dispose de ce document, mais au nom du secret professionnel, il s’oppose à communiquer sur cet élément fondamental », m’a expliqué le Dr Lionel Kriel.

Devant le Tribunal de Compiègne, son avocat, Me Alexandre Buchinger réclame que le précédent administrateur judiciaire Me Denis Hazane produise, sous astreinte de 1 000 € par jour de retard, les relevés bancaires indiquant que la Société Cirios de la Dr Valérie Daneski a versé l’argent pour acheter le CIMA de Creil.

« Les documents fournis par Me Levy, mandataire judiciaire à Paris, font apparaître dans les écritures de la comptabilité de Me Denis Hazan, une somme de 1 810 000 €. Si cette somme avait effectivement été acquittée par la Société Cirios de la Dr Valérie Daneski, il manquerait près de 900 000 € », a écrit Me Alexandre Buchinger.

Prochaine audience : le 5 juin 2018.

Articles sur ce blog concernant :

mercredi 30 mai 2018

Maavar. Une association juive pour la réinsertion sociale


Maavar  est une association française Juive intervenant dans le domaine social. Sous la direction de son fondateur Joseph Marceau, Maavar a développé une action multiforme - hébergement et restaurant sociaux, aide par des psys, sortie de personnes de la prostitution, etc. - à Paris, à Sarcelles et à Marseille, et en jouant un rôle pionnier dans la prise en charge des malades atteints du SIDA. Son identité juive déniée par certains fonctionnaires, elle ne peut plus apporter son aide à des Juifs en difficultés et qui n'iront pas vers des associations non communautaires. Maavar  propose aux personnes aux faibles revenus un repas cacher au prix modique de 5 euros du lundi au jeudi, de 12 h à 13 h 30 au restaurant de l'association, dans le XIe arrondissement de Paris, près de la place de la Nation.


Le FSJU assiste des Juifs originaires du Maroc et de Tunisie pour leur indemnisation par la Claims Conference (3/5)
Maavar est un vocable hébreu qui signifie « chemin, transition, hébergement ».

C’est le nom de l’association fondée par Joseph Marceau voici près de 25 ans afin de prendre en charge, par un accompagnement adapté, les priorités primaires - hébergement, nourriture, hygiène -, puis sociales des individus et familles en grande difficulté et précarité.

Son slogan ? « Aider toute personne en situation de rupture sociale, psychologique ou familiale, quelles que soient son origine, sa provenance ou sa pathologie ».

« Vers 1982-1983, certains problèmes graves de la société française n’étaient pas pris en compte dans la communauté juive », se souvient Joseph Marceau.

Maavar  lance « Transition », une émission hebdomadaire sur Radio J, « SOS Ecoute juive » - 4 000 à 5 000 appels téléphoniques révèlent des détresses liées aux violences contre femmes et enfants, aux maladies (mentales, SIDA, toxicomanie) - et vers 1986-1987, dans le métro, la campagne de prévention sur le SIDA par des affiches comportant le mot « juif ».

A Paris, Maavar, qui compte alors cinq salariés, ouvre un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) doté de 25 places, dont 6 lits spécialisés SIDA, en chambres d’hôtels pour un séjour d’un à trois mois, et un restaurant social.

Il noue aussi des liens avec les institutions juives – FSJU (Fonds social juif unifié), OPEJ (Œuvre de protection des enfants juifs), OSE (Œuvre de secours aux enfants) -, laïques et chrétiennes, des rabbins, etc.

En 1992, Maavar a pris en charge 96 des 450 Maliens expulsés de l'esplanade du château de Vincennes. "On est la première organisation à les avoir reçus... Personne n'en voulait. Finalement on a trouvé trois hôtels dont les propriétaires sont des Juifs", a déclaré Joseph Marceau à Actualité juive (n° 315, 19 novembre 1992). Aux termes d'un contrat avec l'Etat, l'association avance les frais, et se fait rembourser par le ministère du Logement. Et Joseph Marceau d'expliquer : "J'ai 25 malades du SIDA juifs, je m'occupe du social depuis des années dans l'indifférence générale. Pour cette fois, il s'agit d'une action d'aide humanitaire, d'un acte de solidarité inter-communautaire. La plupart des Maliens sont des musulmans. Il y a même deux musulmans qui ne sont pas maliens et qui ont profité du lot".

Ouverture, respect et tolérance
A Paris, Sarcelles, Montreuil et Marseille, Maavar  emploie 80 personnes en 2006. Ses effectifs devaient atteindre 120 salariés vers 2008. Maavar mène alors 18 projets et espère le financement de trois autres.

Son budget de 4,5 millions d’euros en 2006 provient essentiellement d’autorités publiques – ministère de la Santé et des Affaires sociales, collectivités locales -, et de manière moindre du FSJU et de dons de particuliers. Admis au FSJU (Fonds social juif unifié) en 1986, Maavar travaille avec le CASIM dans la cité phocéenne.

Ses services ? Des centres d’hébergement de durée variable - CHRS (logement, suivis social et psychologique avec « Ezra précarité & VIH »), appartements de coordination thérapeutique (ACT) pour stabiliser l’état de malades atteints de cancer, SIDA ou d’hépatite dans l’attente d’une maison de repos ou d’un accès au logement, services d’accueil d’urgence (SAU) tel « Eranne précarité & psychiatrie », restaurants sociaux Noga respectant la cacherout à Paris et Marseille.

« Tous les jours sauf le week-end, nous offrons 100 repas à 70 pauvres hébergés, envoyés par le CASIP-COJASOR ou voisins âgés : des repas chauds à midi, des barquettes ou sandwiches pour le soir. Le jeudi, nous distribuons des colis alimentaires », indique Zvetlana Roudakoba, responsable du restaurant Noga parisien.

« En 2005, nous avons donné 57 000 repas. Pour 2006, ce nombre est estimé à 87 000, soit 300 repas chaque jour », précise Jean-Luc Cuxac, responsable de Maavar à Marseille. Et le nombre de repas distribués quotidiennement s’élève à 350 en 2013.

"Maavar  propose aux faibles moyens la faculté un repas cacher au prix modique de 5 euros du lundi au jeudi, de 12 h à 13 h 30, au restaurant de l'association, dans le XIe arrondissement de Paris, près de la place de la Nation, à proximité du métro Boulet Montreuil. Ce repas comprend des hors d’œuvres, un plat chaud, viande ou poisson, un dessert, un café ou du thé à volonté. Ceux qui sont intéressés peuvent me contacter au 0632603848 ou par email à joseph.marceau@free.fr. La responsable du restaurant parle russe", précise Joseph Marceau, le 9 juin 2014.

A Paris, « nous œuvrons en partenariat avec des associations ou centres pour trouver des relais », note Sarah Teboul, éducatrice pour le CHRS. Vanessa Sabbah, psychologue, assure « un travail psychosocial ».

« A Sarcelles, nous nous occupons de plus de 130 personnes par jour. Nous avons sept services. Sur le Val-de-Marne, la résidence sociale Mayol a le meilleur résultat de sortie (53%) des logés, souvent vers un HLM. Pendant six mois renouvelables une fois, nous y hébergeons des titulaires de contrats précaires. Nous leur apprenons à gérer leur budget et les aidons pour un emploi à plein temps. Dans le cadre du service Ezra, nous plaçons quatre personnes dans un logement, chacune a sa chambre particulière et bénéficie d’une auxiliaire de vie. Au CHRS Meggido à Piscop, le séjour dure jusqu’à trois ans et nous utilisons une thérapie avec les animaux particulièrement bénéfique aux dépressifs », déclare Madeleine Bitton, directrice de Maavar à Sarcelles.

« Nous avons été les premiers à accepter des pathologies lourdes par une prise en charge particulière. Nous avons participé à une modification de l’image du travail social juif dans et hors de la communauté. Nous sommes cités en exemple par diverses instances publiques », relève le fondateur de cette association qui œuvre pour la tolérance.

D’abord réticente à l’égard d’une aide juive, une famille musulmane reconnaissante a perdu ses préjugés.
L’urgence perdure, mais a changé
Quelle population s’adresse ou est envoyée à Maavar ? « Ce sont des juifs et des non juifs. Des demandeurs d’asile, des SDF, d’anciens prisonniers, des femmes battues, des sidéens, des personnes seules ou des familles ayant des problèmes sociaux et des pathologies graves. Ils sont âgés de 25 à 70 ans, mais depuis 15 ans l’âge moyen est passé de 31 ans à 37 ans et la part des femmes de 25% à 40%. Nous accueillons de plus en plus de personnes qui travaillent. Nous avons plusieurs niveaux d’urgence : trouver un lieu pour dormir le soir même, accueillir les personnes expulsées, celles qui travaillent mais n’ont pas de maison, et de plus en plus de SDF qui ont des problèmes psychiatriques », observe M. Marceau.

Il constate aussi un « éclatement de la famille juive après son installation à Paris et une baisse de la solidarité interfamiliale telle qu’elle existait en Afrique du nord ».

Soulignant les besoins aigus de la communauté juive sarcelloise – absence de communication dans les familles, jeunes chômeurs dépendants de leurs parents -, Mme Bitton souhaite la « constitution d’un fonds d’urgence et créer un service adapté aux personnes âgées souffrant de leur solitude et d’ennui : réunions, aides pour les courses… »

Les difficultés de Maavar ? Ce sont les demandes non satisfaites, les dangers du travail avec des personnes souffrant de troubles psychiatriques, parfois des difficultés de recruter dans une banlieue un peu éloignée et une manne publique qui croît peu.
Actions sans frontières
A Sao Tomé, île africaine, Maavar a érigé un monument à la mémoire des 2 000 enfants juifs expulsés jadis du Portugal et a mis en place un centre sur le SIDA.

Maavar a aussi approfondi ses relations avec l’Etat d’Israël : avec le ministre de la Santé, le Dr Glazer, par un voyage de solidarité en août 2006, par deux congrès franco-israéliens, par la participation au festival des Etoiles du Néguev à Eilat et l’invitation d’artistes israéliens à la soirée du 10 décembre au Zénith de Toulouse, par l’accueil en décembre 2006 de jeunes issus de familles défavorisées d’Ashkelon.

Ses projets en 2006 : ouvrir un centre de jour pour enfants autistes à Piscop, ajouter 17 chambres au CHRS de Marseille, obtenir 15 appartements à Paris pour des malades mentaux, créer un restaurant social à Ashkelon, un centre d’information sur le Sida à Eilat et, avec l’association Beit Ham, des Beit Maavar afin de prendre en charge des toxicomanes. Certains projets ont été réalisés : Maavar a acheté à Paris des appartements qu'il loue, à des loyers faibles, à des personnes handicapées.

En 2007, le Xe congrès annuel de Maavar au Parlement a porté sur les « grandeurs et misères du travail social ».

Hostilité d'administrations
Un budget de six millions d'euros - dont 99% proviennent de l'Etat et 1% émane de la Tsédaka annuelle collectée par la communauté Juive française institutionnalisée -, 120 salariés, 350 repas distribués chaque jour, 40 appartements à Marseille... Maavar s'impose comme association incontournable, œuvrant de manière efficace dans des domaines ignorés d'autres associations, mais elle demeure méconnue du grand public, Juif ou non.

"Depuis plusieurs années, les SIAO (Services Intégrés d'accueil et d'orientation), commissions de travailleurs sociaux centralisent des demandes d'hébergement pour les SDF (Sans domicile fixe) - anciens détenus après leur détention en prisons, malades sortant d'une hospitalisation ou personnes expulsées de leur domicile -, Juifs et non Juifs, et attribuent des hébergements dans les institutions  non Juives ayant des places libres ou/et des appartements. Auparavant, les personnes Juives qui se trouvaient dans ces conditions précaires se présentaient directement auprès des institutions Juives françaises pour être aidées, hébergées, suivies et soignées par le réseau social communautaire. Depuis la mise en place de ces SIAO, le réseau communautaire Juif  financé par l'Etat n'apporte plus ces prestations, car, sous prétexte de laïcité, le suivi de ces personnes est effectué par des institutions non Juives. L'identité Juive  n'est donc plus prise en compte, et ne constitue plus un critère permettant un accueil spécifique par ces institutions sociales communautaires", déclare Joseph Marceau, le 10 mars 2014.

Et de déplorer : "Le désengagement public s'est traduit par l'arrêt du versement de 300 000 € à Maavar, dont le restaurant social manque désormais de financement".

Maavar recherche des bénévoles comme secrétaires, visiteurs de prisons, etc.

A lire sur ce blog :
Articles in English

Cet article a été publié par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 20 décembre 2013, puis les 14 mars  et 10 juin 2014, 11 décembre 2015. Il a été modifié le 10 juin 2014.

mardi 29 mai 2018

« Les colons » de Shimon Dotan


Toute l'Histoire diffusera les 28 mai à 12 h 02, 30 mai 2018 à 22 h 41 « Les colons » (Die Siedler Der Westbank ; The Settlers), documentaire biaisé en deux volets - La prophétie  (Die Prophezeiung), puis La rédemption (Die Erfüllung) - de Shimon Dotan. Un film partial, délégitimant l'Etat d'Israël, sur les habitants juifs de Judée et de Samarie depuis la récupération/libération, lors de la guerre des Six-jours (juin 1967), de ces terres bibliques ou territoires disputés, donc ni occupés ni palestiniens.


A l'approche des fêtes de Tichri, et notamment du Nouvel an juif, du seizième anniversaire de la diffusion par France 2 du reportage controversé sur "la mort de Mohamed al-Dura", et de la proposition de résolution anti-israélienne que le gouvernement socialiste de Manuel Valls, sous la présidence de François Hollande, souhaite soumettre aux Nations unies, c'est la chaîne publique franco-allemande qui propose un énième film antisémite, pardon anti-israélien.

A l'heure des menaces terroristes islamistes contre la France, d'un Iran avançant son programme nucléaire militaire et la portée de ses missiles, d'un désintérêt des Etats sunnites et de pays africains pour les "Palestiniens", Arte cible le seul Etat démocratique et stable d'un Moyen-Orient bouleversé, chaotique, une puissance régionale qui a multiplié les alliances et une diplomatie brillante !?

 « Plus de quatre mille en 1977 en Cisjordanie, près de quatre cent mille aujourd'hui : les colons sont devenus incontournables, autant par leur implantation territoriale croissante que par leur impact idéologique et politique sur la société israélienne ». En quoi les Juifs seraient-ils des "colons" dans leurs terres bibliques ? Juifs, Judée... Il y a un lien patent. Pourquoi ces amalgames "essentialisant" tous les habitants de Judée et de Samarie ? 

En 2016, la « colonisation a pris des proportions si vertigineuses qu'elle conditionne littéralement la politique et l'identité d'Israël. Mais les films consacrés par le passé à ces implantations condamnées par les conventions de Genève se sont souvent focalisés sur leurs répercussions, plus rarement sur les forces idéologiques et historiques qui les ont impulsées ».

« Après avoir interrogé les prisonniers palestiniens en 2006 (dans le très remarqué Le temps des prisonniers, déjà diffusé par ARTE" et primé au festival de Sundance 2007, le "réalisateur israélien Shimon Dotan analyse à nouveau l'impact d'une « communauté » sur la société qui l'a produite ».  Quid des constructions arabes palestiniennes illégales, financées par l'Union européenne ?

« Bénéficiant d'un accès sans précédent auprès des hommes politiques, des militants de la gauche et de l'extrême droite israéliennes, des premiers colons de l'après-1967 et des nouvelles générations, son documentaire explore en profondeur les motivations de chacun : radicaux, idéalistes, fanatiques messianiques, vrais croyants et opportunistes, tous vivant sur les lignes de faille d'un conflit ancestral. Un tour d'horizon imparable pour mieux comprendre les rouages d'un processus inquiétant ». Une « exploration en profondeur de l'histoire des communautés de colons, qui exercent une influence déterminante et controversée sur le futur d'Israël ». 

« En 1967, la victoire d'Israël lors de la guerre des Six Jours et sa mainmise sur Jérusalem-Est et la Cisjordanie offrent de nouvelles perspectives à ceux qui rêvent de retrouver la « Judée-Samarie » biblique ». Cisjordanie sans guillemets, mais Judée et Samarie entre guillemets !? Pourquoi commencer l'histoire en 1948 ou en 1967 ? Tout commence avec la Bible, voici des millénaires, et évoquer la conférence de San Remo, la SDN (Société des nations)... En outre, ces territoires sont qualifiés en droit international de "territoires disputés" ou "territoires contestés". Il s'avère donc faux de les qualifier de "territoires occupés" ou de "territoires palestiniens".

« Certains, comme Hanan Porat (inspirateur des colonies), rétablissent le kibboutzim de leurs parents, évacués lors de la guerre d'indépendance de 1948; d'autres, comme les disciples du grand rabbin Kook, voient dans le succès militaire un signe de Dieu appelant à une mission divine ». En fait, kibboutz est le singulier, et kibboutzim est le pluriel. "Evacués" ? Plutôt contraints de fuir.

« Malgré les réticences du pouvoir en place, Naplouse", ancienne Shehem, "Hébron et Jéricho deviennent des villes à investir pour ceux qui se définissent comme des néopionniers ». 

« Sous l'impulsion du mouvement populiste Gush Emunim" (Bloc des fidèles), le gouvernement comprendra vite son intérêt à implanter des colonies militarisées au sein même des territoires palestiniens... »

« Les années 1990 voient les colons, un temps freinés dans leur essor, accroître leur présence et renforcer leur rôle auprès de la classe politique ».

« Entre les deux Intifada (1987-1993 et 2000-2006), durant lesquelles le monde mesure la colère des Palestiniens contre l'occupation, le Premier ministre Yitzhak Rabin gèle les constructions puis signe les accords d'Oslo, déchaînant la violence de ceux qui veulent « sauver la terre ». Quid des attentats terroristes palestiniens ?

Son « assassinat en 1995 par un sioniste religieux met un terme au processus de paix et laisse le champ libre aux extrémistes ». Non, ce processus de guerre a perduré et Rabin souhaitait adresser un ultimatum à l'Autorité palestinienne afin que cette dernière cesse ses incitations à la haine et à la violence à l'égard des Yahoud.

« Rassurés par les murs de séparation, les routes réservées et les aides gouvernementales, des colons d'un type nouveau apparaissent, aux visées moins idéologiques, mais attirés par les opportunités sociaux-économiques des colonies... »

"Nous sommes du côté des Juifs", affirme un Américain chrétien de la fondation HaYovel, plantant des vignes en Judée et Samarie. Un représentant du mouvement chrétien pro-israélien.

Aides publiques
Terminologie biaisée - fêter Pourim à Hebron, ville juive, est qualifié de "provocation" - et erronée, absence de perspectives historiques - occultation des "trois Non" des pays arabes lors du sommet de Khartoum -, allégations fausses - les réfugiés de la Palestine mandataire n'ont pas fui à l'initiative des chefs israéliens, mais de leurs dirigeants arabes et "palestiniens" -, absence de mention des atouts stratégiques de la Judée et de la Samarie pour Israël, occultation des mouvements terroristes palestiniens et de l'incitation à la haine des Yaoud (Juifs) par l'Autorité palestinienne,silence sur l'islamisation de lieux saints juifs, statistiques sur les morts palestiniens données sans aucun esprit critique, choix d'experts souvent de gauche, sélection de propos extrémistes (volonté de conquête de la Jordanie qui devait être incluse dans la Palestine mandataire) prononcés par des individus ultra-ultra-minoritaires, donc non représentatifs, et vivant dans les "territoires disputés"... Ce documentaire, sélectionné au Festival du film de Sundance, réunit tous les défauts des films délégitimant l'Etat juif et diabolisant des Israéliens. Donc tous les critères pour sa diffusion sur Arte. On comprend pourquoi Arte a systématiquement refusé de diffuser les films de Pierre Rehov, par exemple ceux sur la duplicité d'Arafat ou l'exode oublié.

Le 27 septembre 2016, InfoEquitable a révélé : "Dans le cadre la « politique régionale de soutien au cinéma et l’audiovisuel », le documentaire anti-israélien d’Arte dont InfoEquitable proposait la semaine dernière une critique en avant-première a perçu 72 000 euros du contribuable francilien". Une décision signée par Jean-Paul Huchon, alors président socialiste du Conseil régional d'Ile-de-France. Un montant alloué qui représente "trois ans de salaire moyen en France".

Ce site poursuit : "L’aide du conseil régional vise à favoriser en priorité les films de fictions et les documentaires tournés en Ile-de-France, dont les images participeront à la notoriété et à l’aura médiatique de la région. Seulement voilà, « Les Colons » est un documentaire de 102 minutes dont l’intégralité des images ont été tournées en Judée-Samarie et dans la région de Jérusalem. Si par exemple, plus de 50% des dépenses liées au film (montage, production…) ont lieu en Ile-de-France, alors c’est bon (cela favorise l’emploi, le développement des métiers du cinéma…). Ainsi, dans son dossier déposé au conseil régional, la société de production des « Colons » a indiqué, dans la colonne « Nombre de jours de tournage/ de montage en IDF » : 248 jours de tournage/ montage, dont… 148 jours de montage en IDF. Comme aucune image n’a été tournée en France, on suppose que les 148 jours sont bien exclusivement consacrés au montage des 102 minutes de documentaires. 148 jours pour monter 102 minutes, cela fait en moyenne… 70 secondes montées par jour. On est loin de cadences infernales… Certes, le documentaire est d’une très bonne qualité technique. Les 148 jours de montage incluent sans doute aussi les séances de mixage. Une musique originale a été ajoutée au commentaire… Tout cela prend du temps. Mais 148 jours de montage, cela semble quand même un peu beaucoup. Selon un producteur contacté par InfoEquitable : « Il est toujours difficile d’apprécier le temps réel nécessaire pour monter un tel documentaire. Tout dépend de la durée des rushes.  Si le réalisateur a effectué des centaines d’heures d’interview, il est sûr qu’il lui faudra beaucoup de temps pour dérusher avant de procéder au montage proprement dit. Tout cela est compris dans les 148 jours. ». Et ce producteur conclut : « Ce qui est sûr, c’est que cela semble des conditions extrêmement confortables. Je connais plus d’un réalisateur qui serait très heureux de bénéficier de 148 jours pour monter un documentaire de 2 fois 52 minutes… »

"Pour tenter d’y voir un peu plus clair, il y a le plan de financement déposé par le producteur. Ce plan détaille les dépenses en indiquant celles qui bénéficieront à la région Ile-de-France. Si l’on ajoute les « moyens techniques », les « laboratoires », et « autres dépenses », 58,68% du budget total du film seraient dépensés en région parisienne. Bon. A quoi correspondent les 422.000 euros de « autres dépenses en IDF », sans lesquels le seuil des 50% de dépenses en Ile-de-France nécessaires à l’obtention de la subvention ne seraient pas atteints ? Dès que nous le saurons, nous en informerons les lecteurs d’InfoEquitable. Le conseil régional a donc donné son accord et versé son obole de 72.000 euros. Une aide qui au bout du compte représente 6,51% du budget total du film (plus d’un millions d’euros)".
     

« Les colons » de Shimon Dotan
Talisma Productions, Films du Poisson, Filmoption International, Arte, France, Israël, Allemagne, Canada, 2014
1ère partie  La prophétie  (Die Prophezeiung) : 27 septembre à 20 h 55, 29 septembre à 9 h 25 et 25 octobre 2016 à 9 h 25 (51 min) sur Arte
2e partie : La rédemption  (Die Erfüllung) : 27 septembre à 21 h 45, 29 septembre à 10 h 15 et 25 octobre 2016 à 10 h 15 (52 min) sur Arte
Sur Toute l'Histoire les 28 mai à 12 h 02, 30 mai 2018 à 22 h 41

Visuels :
© Les Films du Poisson et Talis
La prophétie, une peinture de Polonsky
Katsover regardant le paysage
Daniela
Paysage avec plaines colonisées
Plaines colonisées
Yosi Fruman dans le désert
Enfant plantant un arbre

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 27 septembre 2016, puis le 9 juin 2017.

lundi 28 mai 2018

Joseph L. Mankiewicz (1909-1993)


Joseph L. Mankiewicz (1909-1993) était un brillant producteur et réalisateur juif américain de vingt films aux dialogues finement ciselés, souvent des chefs d’œuvres Un mariage à Boston, L'aventure de Mme Muir, Chaînes conjugales, Eve, La comtesse aux pieds nus, Le Reptile, Le Limier. Arte diffusera le 28 mai 2018 à 20 h 50 Le Limier (SleuthMord mit kleinen Fehlernavec Laurence Olivier et Michael Caine.

Né dans une famille juive d'origine allemande, Joseph L. Mankiewicz (1909-1993) était un brillant producteur et réalisateur juif américain de vingt films aux dialogues finement ciselés, souvent des chefs d’œuvres. 


Son frère Herman J. Mankiewicz a été le scénariste de films importants tel "Citizen Kane" d’Orson Welles.


La Porte s’ouvre 
La Porte s’ouvre (No Way Out) est sorti en 1950.  « Un jeune médecin noir confronté au racisme dans une petite ville américaine... Un thriller tendu et courageux qui sert de baptême du feu à l'acteur Sidney Poitier ».

« Le docteur Luther Brooks, jeune interne noir, est appelé en urgence au chevet de deux truands blessés par balle, Ray Biddle et son frère John. Lorsque John meurt, Ray accuse le docteur de l'avoir sciemment tué. Il va réussir à déclencher une campagne de dénigrement raciste et des émeutes. Luther Brooks va tout tenter pour démontrer son innocence ».

« À travers ce film antiraciste réalisé en 1950, longtemps interdit dans le sud des États-Unis et mis au rancart par la télévision américaine, Joseph L. Mankiewicz s'opposait avec courage au code Hays préconisant de montrer l'Amérique sous un jour positif. Mais tout autant qu'à l'intolérance frontale et assumée, c'est à la haine absurde que « La porte s'ouvre » s'attaque, avec une efficacité consommée ».

« Pour son premier rôle au cinéma, Sidney Poitier hérite d'un rôle fort, se retrouvant dans l'œil du cyclone entre les attentes d'une élite blanche progressiste et le rejet d'une bonne partie de la population, conservatrice. Puissant ».

Eve 
« L'irrésistible ascension d'une jeune comédienne ambitieuse au détriment d'une star sur le déclin... Un conte cruel ciselé par Joseph L. Mankiewicz, avec l'étincelante Bette Davis et une des premières apparitions de Marilyn Monroe  ».

« Ève Harrington, une comédienne débutante, reçoit un prix prestigieux couronnant la meilleure actrice de théâtre de l'année. Comment est-elle arrivée au sommet si rapidement ? Flash-back : un an plus tôt, Ève, admiratrice éperdue de la star Margo Channing, la guette chaque soir à la sortie des artistes. Un jour, la jeune femme est invitée à rencontrer son idole dans sa loge. Elle sait aussitôt se rendre indispensable et se fait engager comme secrétaire particulière. Petit à petit, son champ d'action s'élargit jusqu'à influer sur la vie entière de Margo Channing. Quelle toile tisse-t-elle et dans quel but ? »

« Comment les portes du paradis s'ouvrent-elles ? Comment aller jusqu'au bout de son ambition quitte à trahir ceux à qui vous devez tout ? Plus que le portrait d'une jeune arriviste prête à toutes les intrigues, « Ève » dépeint brillamment les pratiques en cours dans le milieu codifié du théâtre ». 

« C'est donc à une impitoyable étude de mœurs que se livre Joseph L. Mankiewicz, en observateur cinglant des rapports humains (« Soudain l'été dernier », « La comtesse aux pieds nus ») ».

« Perte des valeurs, égoïsme, manipulation, le cinéaste américain inocule le trouble en inversant les attentes : la star expérimentée (et bientôt déchue) et a priori capricieuse (étincelante Bette Davis) devient la proie du tendron, et se révèle attachante et plus séduisante que jamais. Serti de dialogues effilés comme des poignards, un réquisitoire raffiné, avec, en prime, une des premières apparitions conséquentes de Marilyn Monroe ».

« Eve » reçut 5 Oscars en 1951. Au Festival de Cannes de la même année, Mankiewicz reçut le prix du jury et Bette Davis celui de la meilleure actrice. Le scénario se vit aussi décerner un Golden Globe. Bette Davis qui incarne Margo Channing dans le film, épousa son partenaire Gary Merrill à la fin du tournage. Selon ses propres dires, c’est le film qui la ressuscita.

Le Reptile (There Was a Crooked Man…)
« Jeté en prison pour avoir commis un hold up, Paris Pitman Jr. n'a qu'une idée en tête : s'évader et récupéré son butin... Un western hirsute et corrosif. Un petit joyau d'humour misanthrope, avec Kirk Douglas  et Henry Fonda ». Un film joyeusement amoral.

« Le hold-up commis par Paris Pitman Jr. chez un riche propriétaire s'est remarquablement déroulé : il a volé 500 000 dollars et tous ses complices sont morts, ayant joué lui-même de la gâchette pour les y aider. Il cache son butin dans une fosse à serpents, mais, peu discret et trop débauché, il est reconnu en ville par sa victime. Direction la case prison, en plein désert de l'Arizona. Son seul objectif  désormais : s'évader et récupérer son magot ».

« Lorsqu'on songe au raffinement d’« Ève" et de « La Comtesse aux pieds nus », ou aux aristocrates qui composent nombre de ses films, ce n'est pas sans délectation que l'on observe Joseph L. Mankiewicz poser sa caméra dans la fange des prisons américaines du XIXe siècle et se colleter à la rudesse comportementale des cow-boys de l'Arizona ». 

« Mais sueur, sang et poussière n'y changeront rien, Mankiewicz reste lui-même et compose une délectable satire de western où toute morale est copieusement foulée aux pieds (éperonnés). Trahisons, duperies et cupidité mènent le bal et trouvent en Kirk Douglas un "M. Déloyal" de première main. Une farce cynique et jubilatoire ».

Le limier
Arte diffusera le 28 mai 2018 à 20 h 50 Le Limier (SleuthMord mit kleinen Fehlern) avec Laurence Olivier et Michael Caine"Un homme vieillissant et son rival se livrent un jeu mortel dans un manoir labyrinthique... Pour ce qui sera son dernier film, Joseph Mankiewicz met en scène Laurence Olivier, dans le rôle de Wyke  auteur très britannique de romans policiers, et Michael Caine, dans le rôle de Milo, coiffeur et amant de la femme d'Andrew Wyke, se livrant à une partie mortelle et jubilatoire. Qui tient le rôle du chat, et qui sera la souris ?" 

 "Andrew Wyke, un auteur de polar vieillissant, qui vit en solitaire dans son manoir Tudor peuplé d'automates et de jeux de stratégie, reçoit la visite de Milo Tindle, un coiffeur londonien amoureux de sa femme Marguerite. En échange de son consentement au divorce, Wyke propose à ce rival plus jeune, dont il toise avec condescendance l'allure de parvenu, un marché : pour être sûr qu'il sera en mesure de subvenir aux besoins dispendieux de sa future épouse, Tindle doit feindre un cambriolage et s'emparer de bijoux de grande valeur conservés au château. Wyke pourra ainsi toucher l'argent de l'assurance. Mais l'un et l'autre vont miser à ce jeu rien de moins que leur vie."

"Adaptant avec son brio coutumier la pièce à succès d'Anthony Shaffer et ses dialogues ciselés, Mankiewicz en respecte le caractère théâtral, installant ses deux formidables acteurs dans le huis clos d'un manoir anglais plein de chausse-trappes. "Le crime parfait, mais un cran au-dessus", voici le véritable enjeu de la partie mortelle et jubilatoire que se livrent Laurence Olivier et Michael Caine. Qui tient le rôle du chat, et qui sera la souris ? Avec le concours d'un policier plus retors que ne le laisse deviner son allure de simplet de village (Alec Cawthorne, excellent lui aussi), le fin mot de l'histoire ne sera révélé qu'au tout dernier moment. Inquiétant et jubilatoire".

Mankiewicz a opposé deux personnages socialement opposés : Laurence Olivier, aristocrate du théâtre shakespearien, incarne ce Britannique face à un coiffeur d'origine italienne incarné par Michael Caine, acteur issu d'une famille pauvre et qui a du perdre son accent qui trahissait son origine sociale dans un pays où les classes sociales étaient particulièrement marquées par les accents, les lieux de naissance...

En 2007,  par Kenneth Branagh a réalisé un remake intitulé Limier (Sleuth), adapté de la pièce d'Anthony Shaffer par le dramaturge Harold Pinter, et interprété par Michael Caine, qui a repris le rôle interprété auparavant par Laurence Olivier, et Jude Law.


La Porte s’ouvre, par Joseph L. Mankiewicz
Etats-Unis, Twentieth Century Fox Film Corporation, 1950
Image : Milton R. Krasner
Montage : Barbara McLean
Musique : Alfred Newman
Producteur : Darryl F. Zanuck
Scénario : Lesser Samuels, Joseph L. Mankiewicz
Acteurs : Mildred Joanne Smith, Harry Bellaver, Stephen McNally, Richard Widmark, Linda Darnell, Sidney Poitier, Stanley Ridges, Dots Johnson, Dick Paxton
Sur Arte le 17 décembre 2017 à 22 h 55
Visuels
Richard Widmark, Linda Darnell et Sydney Poitier
Credit : © 1950 Twentieth Century Fox

Eve, par Joseph L. Mankiewicz
Etats-Unis, Twentieth Century Fox Film Corporation, 1950
Image : Milton R. Krasner
Montage : Barbara McLean
Musique : Alfred Newman
Producteur : Darryl F. Zanuck
Scénario : Joseph L. Mankiewicz
Acteurs : Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Gary Merrill, Hugh Marlowe, Gregory Ratoff, Barbara Bates, Marilyn Monroe, Thelma Ritter
Auteur : Mary Orr
Sur Arte le 18 décembre 2017 à 20 h 50
Visuels :
Garry Merrill, Anne Baxter et Bette Davis
George Sanders et Anne Baxter
Bette Davis, Marilyn Monroe et George Sanders
© 1950 Twentieth Century Fox

Trois bonnes raisons de voir "Eve" 
France, 2017, 2 minutes

Le Reptile, par Joseph L. Mankiewicz
Etats-Unis, Warner Bros., 1970
Image : Harry Stradling Jr.
Montage : Gene Milford
Musique : Charles Strouse
Producteur : Joseph L. Mankiewicz
Scénario : Robert Benton, David Newman
Avec John Randolph, Hume Cronyn, Warren Oates, Kirk Douglas, Henry Fonda, Burgess Meredith, Lee Grant, Martin Gabel, J. Edward McKinley
Sur Arte le 17 décembre 2017 à 20 h 55
Visuels :
Henry Fonda et Kirk Douglas
Henry Fonda

© Warner Bros. Entertainment Inc.

Le Limier 
Royaume-Uni, Etats-Unis, 1972
Image : Oswald Morris
Montage : Richard Marden
Musique : John Addison
Production : Palomar Pictures International
Producteur/-trice : Morton Gottlieb
Réalisation : Joseph L. Mankiewicz
Scénario : Anthony Shaffer
Acteur : Laurence Olivier, Michael Caine, Alec Cawthorne, Eve Channing, John Matthews
Teddy Martin
Auteur : Anthony Shaffer

Sur Arte le 28 mai 2018 à 20 h 50
© Paramount Pictures

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Les citations sont extraites d'Arte. L'article a été publié le 17 décembre 2017.