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mardi 6 novembre 2018

Simone Simon (1911-2005)


Simone Simon (1911-2005) est une actrice française à la carrière internationale sur environ 40 ans – des années 1930 aux années 1970 -, en France, à Hollywood, en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne, et sous la direction de réalisateurs prestigieux :  Marc Allégret, Jean Renoir, Jacques Tourneur, Max Ophüls. Arte diffusera le 7 novembre 2018 « La Bête humaine » (Bestie Mensch) de Jean Renoir, avec Simone Simon, Fernand Ledoux et Jean Gabin.

Henri Alekan (1909-2001), directeur de la photographie

Simone Simon naît en 1911 à Marseille. Sa mère est d’origine italienne, son père ingénieur Henri Louis Firmin Champmoynat est présenté dans Wikipedia comme un ingénieur français juif, pilote durant la Deuxième Guerre mondiale et mort dans un camp de concentration.

Ses parents se séparent quand leur fille a trois ans. Simone Simon grandit auprès de sa mère et son beau-père à Madagascar, puis en France, à Berlin, Budapest et Turin.

Adolescente, mannequin, elle conçoit des robes et joue dans des opérettes à Paris. Elle débute dans un film-sketch drôle « On opère sans douleur », par Jean Tarride, qui la présente le réalisateur Marc Allégret.

1931. le réalisateur russe  Victor Tourjansky la remarque à la terrasse du Café de la Paix, à Paris. Simone Simon interprète le personnage principal dans Le Chanteur inconnu.

En 1933, elle joue dans Ô mon bel inconnu, opérette de Sacha Guitry, musique Reynaldo Hahn, Théâtre des Bouffes-Parisiens.

En 1934, elle est révélée dans Lac aux dames réalisé par Marc Allégret d’après le roman de Vicky Baum sur des dialogues de Colette, et avec le jeune premier Jean-Pierre Aumont, et Toi, c'est moi, opérette de Moisés Simons et Henri Duvernois, au théâtre des Bouffes-Parisiens.

Simone Simon tourne dans Les Yeux noirs (1935) de Marc Allégret, avec Jean-Pierre Aumont. Et Marc Allégret la choisit pour Mam’zelle Nitouche.

Dans le cinéma français, cette « sauvage tendre », au nez retroussé, à l’air mutin, accède au rang de star.

Pour la Twentieth Century Fox, Darryl F. Zanuck la recrute. Mais cette première carrière à Hollywood s’avère décevante en raison du faible succès commercial et populaire de ces films, de son accent français et de problèmes de santé : Sous deux drapeaux (Under Two Flags) de Frank Lloyd et Dortoir de jeunes filles (Girls' Dormitory) de Irving Cummings (1936), L'Heure suprême (Seventh Heaven) de Henry King (1937), Josette et compagnie (Josette) par Allan Dwan (1938).

De retour en France, Simone Simon incarne Séverine Roubaud dans La Bête humaine (1938) de Jean Renoir.

La Bête humaine
En 1938, « La Bête humaine » (Bestie Mensch) est réalisé par Jean Renoir avec Simone Simon et Jean Gabin. « Séduit par une femme mariée à un tueur, un cheminot s’engouffre dans l’enfer du crime... Dans cette très belle adaptation d'Émile Zola, Jean Renoir dépasse le naturalisme et met en scène une terrible histoire d’amour où le trio maudit (Simone Simon, Fernand Ledoux et Jean Gabin, dans un de ses plus grands rôles) est pris dans l’engrenage de la fatalité. »

« Jacques Lantier, mécanicien à bord d’une locomotive, est un homme solitaire. Il appréhende ses maux de tête qui le rendent violent jusqu’à la sauvagerie. Témoin dans un train d’un meurtre perpétré par le couple Roubaud, Jacques garde le silence par égard pour la belle criminelle, complice de son mari. Sa discrétion lui vaut les faveurs de Séverine Roubaud. Amante passionnée, elle incite Jacques à tuer son époux qui, depuis le crime, est devenu un être velléitaire, lâche, qu’elle ne respecte plus… »

« Dans cette très belle adaptation d'Émile Zola, Jean Renoir dépasse le naturalisme et met en scène une terrible histoire d’amour où l’instinct prend le pas sur la raison, où la poésie vient au secours de la psychologie ». 

« Le trio maudit – le couple Roubaud et l’amant Jacques Lantier (un des plus grands rôles de Jean Gabin) – est pris dans l’engrenage de la fatalité ».

« À cet égard, le personnage de Séverine est fascinant et complexe. Le crime n’a aucune prise sur elle, comme si la notion de faute n’existait pas. Mi-ange, mi-démon, elle porte la mort en elle. Son aveu, quand elle décrit à Lantier le crime perpétré dans le train, fait un écho terrible aux obsessions de son amant : « J’ai plus vécu pendant cette minute-là que pendant toute ma vie passée ».

« Un film remarquable qui, une année avant La règle du jeu, dénonce l’hypocrisie sociale sur fond de passion amoureuse tragique. »

La bête humaine de Jean Renoir « parle de la fatalité et du poids du destin. Il est construit sur plusieurs trios humains liés par des rapports amicaux, conjugaux ou passionnels. Renoir accentue la douceur et la fragilité de Jean Gabin soulignant ainsi la fureur de ses crises de démence. Ensemble, ils donnent naissance à un héros prolétaire, véritable personnage de tragédie ».

Le 7 novembre 2018, à 22 h 35, Arte diffusera « Quand Jean devint Renoir » par Alexandre Moix (2015). « Figure tutélaire du cinéma français, le fils du peintre Auguste Renoir a signé nombre de chefs-d’œuvre, dont "La règle du jeu". Nourri d'extraits de ses films, de témoignages et, surtout, d'entretiens avec lui, portrait plein de finesse et d'émotion d'un maître qui a toujours cultivé sa part d'enfance et de liberté ».

La guerre et après…
En 1939, quand débute la Deuxième Guerre mondiale, Simone Simon reprend le chemin des Etats-Unis. En 1940, sort Cavalcade d'amour de Raymond Bernard.

A Hollywood, elle tourne dans The Devil and Daniel Webster de William Dieterle (1941), La Féline (Cat People, 1942) par Jacques Tourneur puis The Curse of the Cat People (1944) par Gunther von Fritschand et Robert Wise – deux films produits par Val Lewton pour RKO Radio Pictures, et Mademoiselle Fifi de Robert Wise (1944).

A la Libération de la France, Simone Simon revient en France, et initie une carrière théâtrale en raréfiant ses apparitions sur le grand écran : Pétrus de Marc Allégret (1946), Femmes sans nom (Donne senza nome) de Géza von Radványi et La Ronde de Max Ophüls (1950), Le Plaisir de Max Ophüls (1952), La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot (1967), La Femme en bleu de Michel Deville (1973).

Dans les années 1950, Simone Simon a été l’amie de Alec Weisweiller, banquier et éleveur de chevaux de courses, époux de Francine Weisweiller, mécène de Jean Cocteau et d’Yves Saint-Laurent et au salon littéraire réputé.


« La Bête humaine » de Jean Renoir
France, 1938
Image : Curt Courant
Montage : Marguerite Houlet Renoir, Suzanne de Troeye
Musique : Joseph Kosma
Production : Paris Film 
Producteur/-trice : Robert Hakim et Raymond Hakim
Scénario : Jean Renoir
Avec Jean Gabin, Simone Simon, Fernand Ledoux, Julien Carette, Jenny Hélia, Colette Régis, Gérard Landry, Blanchette Brunoy
Auteur : Emile Zola
Sur Arte les 7 novembre 2018 à 20 h 55, 12 novembre 2018 à 2 h 15
Visuels :
Fernand Ledoux, Simone Simon et Jean Gabin
Simone Simon et Jean Gabin
Jean Gabin
Jean Gabin et Jenny Hélia
© 1938 STUDIOCANAL

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Les citations sont d'Arte.

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