Citations

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« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 22 avril 2018

« Une terre deux fois promise : Israël – Palestine » par Blanche Finger et William Karel


Arte diffusera le 24 avril 2018 « Une terre deux fois promise : Israël – Palestine » (Mein gelobtes Land), série documentaire partiale en deux parties réalisée par Blanche Finger et William Karel. « À travers un riche fonds d’archives et les regards croisés d’historiens israéliens et palestiniens, Blanche Finger et William Karel remontent aux racines d’un conflit inextricable ».

« Cent ans de guerre au Moyen-Orient. L'accord secret Sykes-Picot et ses fatales conséquences  » par Alexander Stenzel
« Une terre deux fois promise : Israël – Palestine » par Blanche Finger et William Karel
« La fin des Ottomans », par Mathilde Damoisel
L'avenir de Jérusalem

Le titre de cette série documentaire de Blanche Finger et William Karel, auteurs de « Jusqu’au dernier. La destruction des Juifs d’Europe », s’avère trompeur et procède à un amalgame. Eretz Israël est la Terre promise par Dieu à son peuple. Cette Terre n’a été promise à aucun autre peuple, ni par Dieu ni par une organisation internationale. De plus, Israël a existé en tant qu’Etat indépendant, souverain dès l’Antiquité. Or, aucun Etat indépendant dénommé « Palestine » n’a jamais existé, ni au Proche-Orient, ni ailleurs. Par ailleurs, le peuple juif est demeuré au fil des siècles, depuis des millénaires, alors qu’aucun « peuple palestinien » distinct de lui n’a jamais vécu. Enfin, quid de la Jordanie dont la majorité des habitants sont des « Palestiniens ».

Des auteurs partiaux
« Soixante-dix ans après la création de l’État hébreu, Blanche Finger et William Karel retracent la genèse de cette « guerre sans fin », qui cristallise toujours les tensions au Proche-Orient » et est induite par le refus par l’islam d’un Etat juif édifié par d’anciens dhimmis.

Les « témoignages à la fois personnels et clairvoyants d’universitaires israéliens et palestiniens - Elie Barnavi, Gideon Levy, Sari Nusseibeh, Elias Sanbar -, qui ont vécu les événements de l’intérieur, se mêlent à de riches images d’archives – dont celles, poignantes, de l’exode des réfugiés – remastérisées pour éclairer cette page cruciale de l’histoire contemporaine. Un documentaire limpide et mesuré, qui bannit la polémique au profit de la compréhension ». Non, une série partiale comme ses auteurs et Arte. Avec les mêmes « historiens-témoins » du « camp de la paix ». Pourquoi n'avoir pas interviewé Raphaël Israéli ou Mordechaï Kedar ?

Le 9 avril 2018, sur Judaïques FM, dans le cadre de Mass’Media, Léa et Christophe Dard ont interviewé les réalisateurs binationaux, qui ont vécu dix ans en Israël, dans un kibboutz. William Karel a effectué un service de trois mois dans l’armée israélienne.

Blanche Finger a déploré : « Les générations n’ont connu que les territoires occupés ». Doit-on rappeler le retrait israélien de la bande de Gaza en 2005 ?

Quant à William Karel, il a tenu lui aussi un discours partial, parfois teinté de violence et de mépris : « On voulait des historiens et des témoins directs. Les bornes chronologie ont été fixées par Arte. Un Palestinien a dit « En 1947, ils ont fait une erreur monstrueuse. On a fait erreur sur erreur… La Shoah est le cœur du film qui est construit sur le fil de la Shoah. Tout est à l’ombre de la Shoah dans ce film... Ce qui va découler des mesures, des erreurs d’Israël à cause de la peur de disparaitre, y compris des guerres jusqu’à aujourd’hui, et le gouvernement joue beaucoup là-dessus. On montre les erreurs des pays Arabes : lors de la guerre de 1967, une chanson disait « Egorge », Ahmed Choukairy disait « On va jeter les Juifs à la mer », comme les Iraniens. C’est un discours excessif… Du côté palestinien, c’est bloqué, ils sont depuis 50 ans enfermés. Ceux qui ont 50 ans, n’ont pas connu un jour sans occupation depuis 1967 [Nda : Israël a quitté la bande de Gaza en 2005, et le Hamas a poursuivi ses attaques contre les Israéliens]. Herzl a laissé un mot avant de mourir : « Je compte sur vous pour ne pas laisser les militaires prendre le pouvoir et laisser les rabbins dans leurs églises, dans leur synagogues et ne se mêlent pas de politique ». La droite est au pouvoir, c’est un échec aujourd’hui... L’actuel Premier ministre [Benjamin Netanyahu], qui finira peut-être en prison dans quelques jours, est entouré par des gens comme Bennett, surtout les ministres de la Défense, de la Culture… C’est une calamité pour moi ce qui se passe aujourd’hui, c’est pourquoi le film reste pessimiste… Les gens [israéliens] sont magnifiques, mais ils ont la malchance d’être dirigés... Cela me déprime [de savoir] que 20% [des Israéliens] vivent sous le seuil de pauvreté et que des gamins de 20 ans font des startups et roulent sur l’or. [Il y avait l’]idée d’un pays où tous étaient égaux… Cela a commencé à se dégrader avec les juifs sépharades. Les juifs yéménites manifestent à Tel Aviv car on leur a pris leurs enfants, quelques centaines. Si on est en Israël, des gens disent « On lave le linge en famille, mais la situation est pourrie avec la situation en Seine-Saint-Denis, en banlieue avec ces juifs assassinés. On a peur de donner des arguments…. C’est très dangereux ».

Ce film a été présenté au Festival du cinéma israélien 2018 et la projection suivie d’un débat avec les réalisateurs. « Il a été sifflé par la salle entière, par des juifs français majoritairement proches de Netanyahu, qui n’aiment pas beaucoup que les Palestiniens ont des droits. A Nîmes, dans un festival documentaire, les gens ont trouvé [le film] honnête, équilibré. Il n’y a qu’à Paris... », a indiqué William Karel.

Il a annoncé que la diffusion du film sur Arte Allemagne serait suivie d’un débat. Pourquoi pas aussi en France ?

De 1896 à 1948
Ce « premier volet couvre la période qui va de 1896 (Theodor Herzl publie « L'État des juifs ») à 1948 (Ben Gourion proclame la création de l'État d'Israël) ».

En 1896, Theodor Herzl, journaliste austro-hongrois » juif « inquiet de la montée de l’antisémitisme en Europe, publie L’État des juifs, dans lequel il prône la fondation d’un foyer national juif ».

« La Palestine » - Eretz Israël » -, « destination définitivement élue par le mouvement sioniste en 1905, voit débarquer les premières vagues d’immigrants. Ils fondent les premiers kibboutzim, y cultivent les terres achetées aux Arabes ». Donc, les sionistes n’ont pas volé la terre aux Arabes.

« Initialement paisibles, les relations entre les deux communautés se tendent lorsque les Palestiniens réalisent que leur territoire est en train de leur échapper ». La terminologie biaisée exclut les Juifs indigènes des « Palestiniens » et allègue à tort que les Arabes locaux seraient tous « palestiniens », et de longue date – le développement économique induit principalement par les Juifs sionistes et les puissances occidentales dont l’Empire allemand a attiré des musulmans d’Afrique, d’Asie -, et qu’ils auraient été propriétaires des terre, alors que nombre de propriétaires étaient libanais ou l’Empire ottoman.

« Après la Première Guerre mondiale et le démantèlement de l’Empire ottoman, la Palestine passe sous mandat britannique » afin de mettre en vigueur divers textes, dont la Déclaration Balfour et les décisions issues de la conférence de San Remo.

« D’abord encouragée, l’immigration juive est drastiquement freinée après la grande révolte arabe de 1936. Les Britanniques, qui redoutent le ralliement des pays arabes aux puissances de l’Axe, entendent ainsi apaiser la colère des Palestiniens, menés par Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem et président du Haut Comité arabe, aux sympathies pronazies ». Les mêmes « Palestiniens » qui manifestaient jusqu’en 1920, année du début du mandat de la France sur la Syrie, pour le rattachement de la "Palestine" à la Syrie. Ainsi, dans la photographie ci-contre, les Arabes de la Palestine mandataire défilent à Jérusalem en mars 1920 contre l'immigration juive et pour le "pansyrianisme" : la "Palestine" est alors présentée tactiquement comme une province méridionale de la Syrie. Et ce, afin de lutter contre le sionisme.

Ce grand mufti éprouvait plus que de la sympathie envers les Nazis : il était un zélé collaborateur, notamment dans la propagande nazie en direction du monde Arabe et dans la Shoah. Il projetait d'assassiner notamment les Juifs vivant dans la Palestine mandataire. « Nous avons payé longtemps le prix de cette alliance », a allégué Elias Sanbar. C'est faux. Cette alliance est occultée ou minorée par de nombreux historiens et politiciens. Et les dirigeants palestiniens, dont Mahmoud Abbas (Abou Mazen), l'admirent.

« À la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que des milliers de rescapés de l'Holocauste cherchent un refuge, les autorités britanniques, campées sur leurs positions, les refoulent, favorisant ainsi la radicalisation des organisations sionistes ». Quelle radicalisation ? Ces rescapés survivaient dans des camps, avaient parfois été victimes de pogroms à leur retour chez eux, etc.

« Paradoxalement, l’attentat du King David, le quartier général britannique, joue en faveur de ces dernières : le Royaume-Uni s’engage sur la voie du retrait et l’ONU adopte un plan de partage de la Palestine en deux États en avril 1947. L'Agence juive accepte, les Arabes de Palestine refusent ». Tous les Etats Arabes, et plus généralement musulmans, refusent. « Les Palestiniens ne comprenaient pas pourquoi ils céderaient une partie de leurs terres natales », tempère Elias Sanbar. Ont-ils changé d'avis ?

« Dans un contexte de violences extrêmes, Ben Gourion proclame la création de l'État d'Israël le 14 mai 1948 ». La re-fondation. « Aujourd’hui le peuple danse, demain le sang va couler », confiait alors Ben Gourion à Shimon Peres.

« Le lendemain, les pays arabes voisins envahissent l’ancienne Palestine mandataire ».


« Victorieux de ce premier conflit, l’État hébreu s’empare de 26 % de territoires supplémentaires, tandis que 750 000 Arabes palestiniens sont contraints à l’exode ». Non. 

« Et c’est le début d’un aveuglement politique de plus en plus profond », allègue l’historien israélien Élie Barnavi.

Selon les calculs de l'historien Efraim Karsh, lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat d’Israël, 583 000-609 000 Arabes palestiniens ont fui leurs foyersgénéralement de plein gré et en raison des actions menées par les dirigeants arabes, donc des exilés pour la plupart volontaires. Un nombre de "réfugiés" à comparer avec l’exode, généralement forcé et tragique, d’environ un million de Juifs des pays arabes, d’Iran, de Turquie, de la partie de Jérusalem conquise par la Jordanie, etc. Insister sur le fait que les Arabes de Palestine auraient été "dépossédés" de leur "pays" implique que les Juifs sionistes auraient volé leurs terres. Un thème de la propagande anti-israélienne, et qui reprend un poncif antisémite, celui du Juif voleur.


"Selon les chiffres gonflés du mandat britannique, avant la guerre de 1948-1949, il y avait 800 000 Arabes dans "l'Etat d'Israël d'avant 1967". A la fin de la guerre, 170 000 Arabes sont restés. Sur les 630 000 Arabes qui sont partis, 100 000 ont été absorbés par l'action israélienne de réunification familiale : 100 000 Arabes de la bourgeoisie moyenne et supérieure partis avant la guerre sont allés dans les pays Arabes voisins, 50 000 travailleurs migrants sont retournés dans leurs pays arabes d'origine, 50 000 Bédouins ont rejoint leurs tribus frères en Jordanie et au Sinaï, d'où avaient émigré leurs ancêtres aux XVIIIe et XIXe siècles, et 10 000 ont été des victimes de guerres à comparer aux 6 000 victimes juives. Aussi, le nombre total de réfugiés Arabes palestiniens - résultant d'une guerre lancée par les Arabes - ne pouvaient pas excéder 320 000, dans le contexte de plus de 100 millions de réfugiés globaux. Selon Elfan Rees, Conseiller sur les questions relatives aux réfugiés des World Council of Churches, lors des années 1950 il y avait 36 millions de réfugiés en Europe, Afrique et Asie. Moins de un pourcent était Arabe. Tous, sauf les Arabes, ont été intégrés dans leurs nouvelles sociétés. En plus, il y avait 90 millions de réfugiés chinois durant la guerre contre le Japon (1937-1945), 15 millions d'Hindous, de Sikhs et de réfugiés musulmans lors de la création en 1947 de l'Inde et du Pakistan, 12 millions de réfugiés allemands de Pologne et Tchécoslovaquie après la Deuxième Guerre mondiale, neuf millions de réfugiés coréens durant la guerre de 1950-1953", a rappelé Yoram Ettinger.

Et d'ajouter : "L'ONU a mis en exergue l'histoire de 320 000 réfugiés arabes palestiniens de 1948/49 - leur donnant une spécificité à perpétuité à la différence des autres réfugiés - comme un moyen de délégitimer l'Etat d'Israël. Mais l'ONU a ignoré les 300 000 réfugiés palestiniens du Koweït, les 200 000 réfugiés palestiniens de Syrie et les 50 000 réfugiés palestiniens d'Iraq. En 1948, s'attendant à un assaut arabe contre l'Etat juif rétabli, Alan Cunningham, Haut Commissaire britannique, a exhorté les minorités juives et arabes à évacuer les villes mixtes. Les Arabes ont observé cette exhortation - beaucoup d'entre eux sont revenus dans leurs pays originaires – mais les Juifs sont restés. The London Economist a écrit le 2 octobre 1948 : “Le facteur le plus puissant [déclenchant la fuite arabe] a été l'Exécutif supérieur arabe, exhortant les Arabes à fuir… et que les Arabes qui restaient à Haïfa et acceptaient la protection juive seraient regardés comme des renégats”. Cela a été réaffirmé par le Premier ministre syrien Khaled al-Azam, qui a admis dans ses Mémoires en 1973 : “Nous avons amené la destruction sur les réfugiés [de 1948], en leur enjoignant de quitter leurs maisons. Le but de la promotion du mythe des réfugiés arabes palestiniens - qui ne résiste pas au test de la réalité - a été révélé par le ministre égyptien des Affaires étrangères Muhammad Salah al-Din Bey (quotidien égyptien Al Misri, 11 octobre 1949) : “En exigeant le retour des réfugiés palestiniens, le but est d'exterminer l'Etat juif”.


En 2016, le journaliste Richard Mather a listé les statistiques fournies par des sources officielles - palestiniennes, onusiennes, etc. -, et a évalué le nombre d'Arabes ayant fui à environ 270 000.


La fuite de ces Arabes de la "Palestine mandataire" en 1948 est à tort appelée "nakba". Un vocable utilisé par la propagande anti-israélienne pour désigner la "catastrophe" constituée par l'échec de cette alliance antisémite à n'avoir pu détruire l'Etat Juif renaissant ni assassiner toute sa population. Un moyen d'occulter l'exil d'environ un million de Juifs des pays Arabes, de Turquie, d'Iran, d'une partie de Jérusalem, etc. L'origine de ce mot "nakba" ? Selon une légende, ce mot aurait figuré dans la bannière brandie par les Palestiniens fuyant, généralement à l'appel de leurs dirigeants, alors leur domicile et montrerait la profondeur du nationalisme palestinien. Quelles sont la véritable origine et la vraie signification du terme "nakba" ? Celui-ci a été inventé non en 1948, mais en 1920 car les "Arabes vivant dans la future Palestine mandataire se voyaient comme syriens et enrageaient d'être séparés de leur foyer syrien". "La source qui fait autorité n'est autre que George Antonius, supposé être le premier historien officiel du nationalisme palestinien. Comme beaucoup de Palestiniens, il n'était pas vraiment palestinien. C'était un Libano-égyptien chrétien qui a vécu un certain temps à Jérusalem, où il a écrit son plaidoyer/histoire officiel(le) du nationalisme Arabe : "The Arab Awakening(Le Réveil Arabe, Nda). Publié en 1938, ce livre très biaisé a été pendant des années le texte officiel utilisé dans les universités britanniques", indique Steven Plaut, professeur à l'université de Haïfa.

Et cet universitaire de poursuivre : "Antonius était un "représentant officiel palestinien" en Grande Bretagne, tentant de plaider la cause en faveur de la création d'un Etat arabe à la place d'un éventuel foyer promis aux Juifs par la Déclaration Balfour en 1917... Il était étroitement lié au Grand Mufti, principal allié d'Hitler, et aussi avec le régime" pro-nazi "en Iraq au début des années 1940. " 

Steven Plaut explique : "Avant la Première Guerre mondiale, tout le Levant dont l'Etat d'Israël actuel, les "territoires occupés", la Jordanie, le Liban et la Syrie étaient des colonies de l'Empire ottoman. Quand les forces alliées ont chassé les Turcs du Levant, les deux principales puissances, la Grande-Bretagne et la France, se sont partagées les dépouilles de cet Empire. La Grande-Bretagne a eu la Palestine, y compris l'actuelle Jordanie, et la France a eu le Liban et la Syrie. Le problème est que les Arabes palestiniens se voyaient comme syriens, et étaient vus comme tels par les autres Syriens. Les Arabes palestiniens enrageaient devant cette frontière artificielle érigée dans leur foyer syrien par les puissances coloniales infidèles, divisant les Arabes syriens du nord de ceux du sud, ces derniers étant ceux qui ensuite ont été nommés à tort Palestiniens. La plus grande partie des Arabes palestiniens avaient en fait migré en Palestine à partir de la Syrie et du Liban au cours des deux générations précédentes, largement pour bénéficier de conditions améliorées et d'opportunités d'emplois offertes par l'immigration et l'argent sionistes affluant dans cette région. En 1920, ces Arabes syriens, ceux en Syrie et ceux en Palestine, ont manifesté avec violence et dans des émeutes causant des morts. A la page 312 de "The Arab Awakening", Antonius écrit "L'année 1920 a un nom mauvais dans les annales arabes : elle est désignée comme l'Année de la Catastrophe (Am al-Nakba). Elle a vu les premières insurrections armées qui ont surgi en protestation contre l'accord d'après-guerre imposé par les Alliés aux pays Arabes. Cette année-là, de sérieux soulèvements ont eu lieu en Syrie, Palestine et Iraq". Ce mot "nakba" date donc de 1920, et non de 1948. En 1920, il n'y avait pas d'Etat sioniste, pas de souveraineté Juive, ni de localités dans des "territoires occupés", pas de Forces de défense israéliennes, pas de missiles israéliens... La "nakba" n'a dont rien à voir avec les Juifs, ni avec les exigences des Arabes palestiniens à l'auto-détermination, l'indépendance et à un Etat. Au contraire, la "nakba" a tout à voir avec le fait que les Arabes palestiniens se voyaient comme syriens... En 1920, la suggestion même que des Arabes palestiniens constituaient une nationalité ethnique distincte suffisait pour envoyer ces mêmes Arabes dans les rues afin de tuer et piller violemment en signe d'outrage. S'ils insistaient eux-mêmes qu'ils étaient simplement des Syriens qui avaient immigré en Terre d'Israël, par quelle logique ces Arabes palestiniens sont-ils considérés aujourd’hui comme ayant droit à leur propre Etat ?"


De 1948 à 1967
Ce « second volet couvre la période qui va de la création de l'État d'Israël en 1948 à la guerre des Six-Jours en 1967 ». « Vingt années qui ont posé les bases de l’État d’Israël contemporain. Vingt années décisives pour les communautés juives et arabes de Palestine, mais aussi pour l’ensemble du Moyen-Orient. Vingt années essentielles pour comprendre la genèse d’un conflit toujours au centre de l’actualité ». Non, pour comprendre ce conflit, il faut rappeler la dhimmitude.

Les « portes désormais grandes ouvertes, Israël double rapidement sa population, les juifs en provenance d’Europe se mêlant aux juifs séfarades chassés des pays arabes ». 

« Aux difficultés d’intégration des seconds s’ajoute une situation économique alarmante qui contraint Ben Gourion à limiter progressivement l’immigration ». 

« En 1956, le Premier ministre subit un cuisant revers : sous la pression internationale, Israël et ses alliés français et britannique doivent se retirer du Sinaï égyptien, envahi en réaction à la nationalisation du canal de Suez par Nasser ». 

« Pendant que les Israéliens affrontent leur passé traumatique au procès Eichmann, les pays arabes s’unissent autour de la question palestinienne » tout en refusant un « Etat palestinien » et en entretenant ce problème des réfugiés, notamment par l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient).

« La vague d’attentats commis par les fedayin de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine, fondée en 1964) et la grave récession économique de 1965 poussent de nombreux Israéliens à quitter le pays ». 

« En juin 1967, après des mois d’escalade verbale et d’esbroufe militaire, l’État hébreu, qui instrumentalise un prétendu risque d’extermination, détruit l’aviation égyptienne et, profitant de la faiblesse de ses adversaires, annexe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, la partie arabe de Jérusalem et le plateau syrien du Golan ». C’est FAUX. La guerre des Six-Jours était une guerre défensive après la violation du droit international par Nasser. La bande de Gaza, la Judée et la Samarie n’ont pas été annexées par Israël. Par contre, la Judée et la Samarie ont été annexées en 1949 par la Transjordanie – seuls trois pays ont reconnu cette annexion. Jérusalem libérée a été unifiée et proclamée capitale indivisible, unie, éternelle de l’Etat d’Israël.

« À l’issue de la guerre des Six-Jours, un million d’Arabes passent sous administration israélienne et une nouvelle vague de réfugiés vient grossir celle de 1948 ». C’est oublier qu’un grand nombre d’Arabes sont restés en 1967.

Les « territoires occupés » - des territoires disputés selon la terminologie du droit international -« qui devaient servir de monnaie d’échange aux négociations d’une paix rejetée en bloc par l’OLP, voient alors se construire les premières colonies ». Il ne s’agit pas d’un conflit territorial solvable par la renonciation israélienne de territoires. Le terme « colonie » dénote une extranéité, alors qu’il s’agit de villes dans des régions bibliques. 

C’est oublier enfin les trois « Non » des Etats arabes lors d’un sommet au Soudan (29 août-3 septembre 1967) : « non » à la paix avec Israël, « non » à la reconnaissance d'Israël, « non » à toute négociation avec Israël.


« Une terre deux fois promise : Israël – Palestine » par Blanche Finger et William Karel
France, Roche Productions, Zed, Arte, 2017, 2 x 52 minutes
Sur Arte
1ère partie : le 24 avril 2018 à 20 h 50
2e partie : le 24 avril 2018 à 21 h 45
 
Visuels :
Nations Unies 1947 © UNRWA

Août 1929, peuple de religion juive fuyant la vieille cité de Jerusalem
Famille paysanne de Ramallah
© Library of congress

1967, Nasser dans un train traversant la foule
© DR

Déclaration d'indépendance
1947, le bateau Exodus
© Roche Productions

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English 
Les citations sur le documentaire sont d'Arte.

« Martin Buber, itinéraire d'un humaniste » par Pierre-Henry Salfati


« Martin Buber, itinéraire d'un humaniste » (Martin Buber, Religionsphilosoph und Humanist) est un documentaire par Pierre-Henry Salfati. Une exploration de la vie et de la pensée de Martin Buber (1878-1965), philosophe, conteur et pédagogue juif né à Vienne et mort à Jérusalem. Une œuvre féconde résultant d’une pensée dense articulée autour du dialogue avec l’autre.  Arte rediffusera ce documentaire le 25 avril 2018 à 2 h 10.

« Toute sa vie, ce militant du parti des « Juifs heureux » (contre une conception lacrymale de l'histoire du Judaïsme) a promu un sionisme humaniste et une religion ouverte à l'autre ».

« Étrangement méconnu en France, le philosophe Martin Buber (1878-1965) est l'un des penseurs majeurs du judaïsme au XXe siècle ». « L'émergence du sionisme, le nazisme et la création de l'État d'Israël ont particulièrement nourri et habité sa réflexion ».

« Témoin du conflit judéo-arabe, il a été le premier à plaider pour une solution à deux États. À travers ses écrits, il n'a cessé d'appeler au respect des populations du Proche-Orient, en mettant en garde Israël et ses alliés contre les risques encourus ».

Dialogue
Né dans une famille juive viennoise – son grand-père, vivant en Galicie, était renommé pour son savoir concernant la tradition et la littératures juives -, Martin Buber maîtrise plusieurs langues dès l’enfance : allemand, yiddish, hébreu, français, polonais. Une enfance marquée par le divorce de ses parents et son rapprochement avec ses grands-parents qui l’élèvent. Buber  découvre la Haskala (Lumières juives) et le hassidisme (mouvement de renouveau juif fondé au XVIIIe siècle).

Lors de sa période d’éloignement du judaïsme, il étudie Kant et Nietzsche.

En 1896, il étudie à Vienne la philosophie et l’histoire de l’art.

Deux ans plus tard, il s’engage dans le mouvement sioniste. Il diverge avec Theodor Herzl sur la voie, politique et culturelle, à suivre. Il souligne l’importance de créer des bibliothèques et musées juifs, fonder une université hébraïque…

A Zurich, il fait la connaissance de Paula Winkler, qu’il épousera. Un mariage durable, jusqu’au décès de son épouse en 1958.

En 1902, il publie Der Jude, magazine sioniste.

Après avoir (re)découvert le judaïsme hassidique en 1903, il se distancie du mouvement sioniste et s’attelle à son œuvre. L’année suivante, parait sa thèse Beiträge zur Geschichte des Individuationsproblems (« Contributions à l'histoire du problème de l'individuation »).

Suivent Die Geschichten des Rabbi Nachman (1906), recueil sur le rabbi Nahman de Bratslav, figure du mouvement hassidique, Die Legende des Baalschem (La Légende du Baal Shem Tov, 1908), fondateur du hassidisme. Buber s’intéresse aussi à l’analyse des mythes.

En 1908, avec Gustav Landauer, Erich Mühsam et Margarethe Faas-Hardegger, il est parmi les fondateurs de la Sozialistischer Bund.

Lors de la Première Guerre mondiale, il contribue à fonder la Commission nationale juive qui vise à améliorer les conditions de vie des Juifs d’Europe de l’Est.

En 1921, avec le philosophe Franz Rosenzweig dont vient de paraître L’Etoile de la Rédemption, il crée Freies Jüdisches Lehrhaus, « Libre maison d’études juives » à Francfort.

1923 marque la publication de Ich Und Du (Je et Tu).

Après avoir mis un terme à Der Jude en 1924, Buber initie avec Rosenzweig la traduction de la Bible de l’hébreu en allemand - Verdeutschung (« germanification »).

Il débute son enseignement de la philosophie religieuse juive à l'université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main.

L’avènement du nazisme met un terme à son activité professorale.

Buber met en place l’organisme central d’éducation adulte juive.

En 1938, il fait son aliyah. Il enseigne la sociologie à l’université hébraïque de Jérusalem, et œuvre au sein du parti Yi’houd à l’amélioration des relations entre Juifs et Arabes en Palestine sous mandat britannique. Il prône alors un Etat bi-national et démocratique en Eretz Israel.



1946 voit la publication des Voies de l’Utopie de Buber.

C’est la période où Buber donne des conférences en Europe et aux Etats-Unis, et entame un processus de resserrement des relations avec les intellectuels allemands.

En 1951, le Prix Goethe de l’université de Hambourg couronne son œuvre centrée sur la rencontre essentielle dans toute vie, le dialogue fondé sur deux bases – réciprocité et responsabilité - et la religion. L’être humain se construit dans le dialogue avec l’autre, en découvrant « l’altérité d’autrui ».

Martin Buber « a échangé des milliers de lettres avec les plus brillants esprits du siècle dernier. Son ouvrage majeur, Je et tu, a nourri les discours de Martin Luther King et les chansons de Leonard Cohen ».

Le Prix Israël en 1958 et le Prix Erasme à Amsterdam en 1963 distinguent cet intellectuel qui décède en 1965 à Jérusalem.

Pierre Henry Salfati (Je suis venu vous dire...) a réalisé un des premiers documentaires « consacrés à ce grand penseur. Il y « retrace son parcours et fait résonner sa voix à partir d'archives inédites, couplées à des témoignages de chercheurs et d'universitaires ».

On ne peut que déplorer les horaires tardifs de diffusion.

Dans La trahison des clercs d'Israël, Pierre Lurçat stigmatise leur cécité à l’égard de la réalité, leur préférence pour des « principes abstraits et éternels au détriment des nécessités vitales de l’heure dont dépendaient l’existence concrète du peuple juif ». Un aveuglement persistant qui les incite à adopter un processus pervers d’inversion du réel : ces membres de l’intelligentsia juive reprochent aux Juifs les vices de leurs ennemis implacables : dirigeants nazis ou arabes.

L’auteur désigne Brith Chalom (Alliance pour la paix) réunissant des intellectuels allemands dont Martin Buber et Gershom Scholem. Prétendant « réconcilier politique et morale », ce groupe a privilégié, dans son analyse du conflit au Proche-Orient, la « question arabe » soluble, selon Brith Chalom, par la coexistence pacifique entre Juifs et Arabes dans un Etat binational. La négation du sionisme politique.

Le 11 juin 2017, de 19 h à 21 h, l'Union Libérale Israélite de France proposa la conférence De Vienne à Jérusalem, Martin Buber, avec Dominique Bourel, Directeur du Cnrs. "Martin Buber (1878-1965) est un des grands penseurs du judaïsme moderne. Après un engagement sioniste durant sa vie d’étudiant, durant lequel il pose les fondements de l’université hébraïque de Jérusalem, il fait découvrir le hassidisme et devient rapidement le porte parole de la renaissance juive entre les deux guerres". 

« Martin Buber, itinéraire d'un humaniste » par Pierre-Henry Salfati
2015, 57 min
Sur Arte les 12 octobre à 23 h 55 et 19 octobre 2016 à 3 h 45, 25 avril 2018 à 2 h 10

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 9 octobre 2016, puis le 12 juin 2017.

vendredi 20 avril 2018

L’activisme "palestiniste" de Pierrefitte-sur-Seine


En février et avril 2018, le conseil municipal de Pierrefitte-sur-Seine, ville située dans la banlieue au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis (Ile-de-France), a adopté un vœu et deux résolutions politisées en faveur de « la Palestine ». Un exemple parmi d’autres du militantisme partial de collectivités locales françaises depuis le déclenchement par les Palestiniens de l’Intifida II en 2000.


Dans les années 1920, des villes de la banlieue parisienne, longtemps habitées par des ouvriers, ont constitué une ceinture rouge ou communiste. Les années 1980 ont marqué une atténuation chromatique notable avec l’apparition d’une ceinture ou couronne rose (majorités socialistes aux conseils municipaux). Au fil des décennies, cette couronne s’est nuancée de vert avec les victoires d’élus écologistes. 

Ainsi, située en Seine-Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine a été dirigée par des maires communistes de 1929 à 1935 et de 1945 à 2008 – dont Catherine Hanriot (1998-2008) -, puis par le socialiste Michel Fourcade.

L’urbanisme associe, selon les quartiers, des charmantes demeures entourées de verdure et des immeubles modernes.

En 2015, Pierrefitte comptait environ 30 000 Pierrefittois. Selon Wikipedia, « en 1999, 64,5 % des jeunes de moins de 18 ans étaient d'origine étrangère (au moins un parent immigré) et en 2005, les jeunes d’origine maghrébine, subsaharienne ou turque » y étaient majoritaires.

Mais, cette ville, où ont vécu le comédien Frédérick Lemaître et les peintres Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, et où a été inauguré en 2013 un des sites franciliens des Archives nationales apparaît aussi dans la rubrique « Faits divers » de la presse : en 2014, un jeune Rom, accusé d’avoir cambriolé appartement d’un quartier pierrefittois, y a été battu, le produit du vol de l’ambassadrice de Géorgie en France a été retrouvé en 2017 à Pierrefitte, des jeunes de 18 et 20 ans ont été condamnés pour proxénétisme aggravé car ils avaient séquestré et contraint deux adolescentes à se prostituer…
      
Engagement sincère ? Suivisme politique ? Cynisme électoral pour acquérir et garder le « vote halal » ? Nombre de maires de cette ancienne « couronne rouge » ont marqué leurs mandats par un activisme pro-palestinien. Comment ? Par des déclarations, par le vote de textes biaisés lors de réunions de conseils municipaux, par l’accueil de tournées de terroristes et de leurs proches, par des jumelages avec des localités « palestiniennes », etc.

Antisémitisme
En mars 2002, Eddy Fettaya, Pierrefittois juif âgé de 46 ans, représentant de sa communauté juive au sein du Conseil des communautés juives (CCJ) de Seine-Saint-Denis, son fils et deux de ses proches, ont été agressés, « en plein milieu d'après-midi, dans le quartier si fréquenté de la rue de Paris. Pris à partie et poursuivis par quatre, six, puis une douzaine de jeunes, ils ont été frappés et copieusement insultés. Leur tort : la kippa, dont chacun s'était coiffé pour se rendre à la petite synagogue du boulevard Pasteur ». 

Une agression grave survenue lors de la recrudescence dramatique d’actes antisémites du début des années 2000.

Eddy Fettaya a confié au Parisien (18 mars 2002) : « Heureusement que la pharmacienne de la rue de Paris, témoin de la scène, a rapidement prévenu la police. Au moins, les jeunes se sont enfuis. Mais penser que, dans un Etat de droit, l'on ne peut plus marcher tranquillement dans la rue sans risquer de telles agressions, seulement à cause de la kippa, c'est inimaginable. » 

Et Le Parisien de poursuivre : « Samedi, la scène a mis les quatre-vingts fidèles de la synagogue en émoi. Et plus encore lorsqu'en début de soirée, à l'heure de la prière de fin de shabbat, de nouveaux cris d'insultes ont résonné sur le boulevard Pasteur. Pierres ou grenailles, des projectiles ont même brisé une vitre, puis les « assaillants » ont disparu. Le soir même, Eddy Fettaya, son fils de 15 ans et ses deux proches également agressés ont déposé plainte pour « violences et insultes antisémites » au commissariat de Stains. L'association communautaire de Pierrefitte aussi, pour « dégradations et insultes ». Un pis-aller qui n'enlève rien à la colère des quelque cent vingt familles juives de la ville. Leurs représentants n'hésitent pas, aujourd'hui, à montrer du doigt une municipalité « qui ne fait qu'attiser ce genre de comportement ». « Dans une commune où chaque dimanche matin, au marché, on fait signer des pétitions de soutien aux victimes palestiniennes, où sont très souvent organisées des manifestations antiracistes, mais toujours en faveur des mêmes victimes, c'est normal que, dans la tête de certains jeunes, la vision d'une kippa finisse par provoquer la violence. Mais nous aussi sommes des victimes ! » Victimes d'un amalgame qui, selon les juifs du département, devient un mal chronique ».

Activisme partial
Depuis au moins une douzaine d’années, durant les mandats de ses maires successifs - la communiste Catherine Hanriot puis le socialiste Michel Fourcade -, Pierrefitte-sur-Seine illustre cet activisme asymétrique « palestiniste ».

Outre son jumelage en 1966 avec Rüdersdorf bei Berlin, alors en République démocratique allemande (RDA) sous orbite soviétique,  et en 1967 avec Braintree, au Royaume-Uni, Pierrefitte-sur-Seine a signé deux conventions de coopération décentralisée : en 2003 avec la commune de Koussané (Mali) et en 2004 avec le camp de réfugiés de Kalandia, agglomération située entre Jérusalem et Ramallah. Pourquoi avoir choisi un « camp palestinien » ? L'expression "camp" induit en erreur : Kalandia est une agglomération constituée essentiellement d'immeubles de béton. En 2015, le quotidien israélien Ynet a publié l'article "Qalandiya refugee camp: A 'chaotic base for terror'". Le chapeau en était explicite : "The refugee camp on the outskirts of Jerusalem is a 'no man's land' in which terror and crime thrive and neither Israeli nor Palestinian security forces have control".

En 2007, Sammy Ghozlan, président de l’Union des Conseils des communautés juives (UCCJ), a exprimé son indignation concernant la décision du Conseil municipal votée le 24 mai 2007 « d’élever au titre de citoyen d’honneur le palestinien Marwan Barghouti ». Il a rappelé « aux élus locaux, à la Maire communiste de Pierrefitte, Mme Catherine  Hanriot, et à son adjoint socialiste Michel Fourcade, que ce chef des terroristes du Tanzim est emprisonné en Israël pour meurtres et tentatives de meurtres de civils juifs israéliens, par une entreprise terroriste (les Brigades des martyrs d’Al Aqsa) placée sous son commandement. Il est inculpé et condamné notamment pour cinq meurtres, dont celui d’un moine orthodoxe grec, par l’intermédiaire d’un groupe armé, ainsi que pour des attentats suicides, au nord de Jérusalem, à Tel Aviv, etc. Par cette décision, les élus de Pierrefitte cautionnent les actions antijuives des islamo-terroristes palestiniens. Ces mêmes élus restent sourds, aveugles et muets aux souffrances de la population civile israélienne victimes des attentats, et notamment lorsque les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards de la région de Sdérot, subissent chaque jour les tirs de missiles palestiniens, qui tuent, blessent et détruisent. Ils n’ont émis aucune condamnation de l’enlèvement de notre compatriote, le soldat franco-israélien Guilad Shalit, prisonnier depuis un an de terroristes palestiniens, dont on est sans nouvelle, et qu’aucune organisation humanitaire n’a pu visiter ». Sammy Ghozlan avait demandé à la « Maire de Pierrefitte de revenir sur ce vote partisan, au Préfet de la Seine-Saint-Denis de faire annuler cette décision du conseil municipal, à la Fédération du Parti communiste de Seine-Saint-Denis et à Madame Marie George Buffet [alors Secrétaire nationale du Parti communiste français] d’inviter Catherine Hanriot à cesser de conduire sa politique dangereuse pour la paix civile, sur l’axe du soutien sans limite à la seule cause palestinienne. Le deux poids deux mesures de ces élus doit cesser, surtout lorsque [cette maire] prend sans discernement, la défense des islamo terroristes et de leurs chefs. »

En 2012, des conseillers municipaux - Farid Aid, Aurélien Berthou, Guy Jouvenelle, Annie Mathey, Benoit Menard – et des maires adjoints - Dominique Carré et Stéphane Robert – de Pierrefitte ont signé la « Lettre ouverte de 700 élus locaux pour la reconnaissance de la Palestine ». Adressée à François Hollande, Président de la République française, cette lettre expose « pourquoi, en accord avec le peuple français majoritairement pour, la République française doit reconnaître l'Etat palestinien et tout faire pour sa reconnaissance officielle au sein de l'Europe et de l'ONU. D'autant que l'Assemblée générale des Nations unies qui se tient le 29 novembre prochain serait l'occasion parfaite ».
    
Lors de la réunion du conseil municipal pierrefittois du 15 février 2018, un vœu a été lu. Il émanait du groupe des élus socialistes et républicains, du groupe des élus EELV et associatifs, du groupe Gauche citoyenne et société civile et du groupe des élus communistes, Front de gauche et citoyens sur la situation au Proche-Orient et le statut de Jérusalem. Sur une page et demie, ces édiles s’indignaient du choix souverain du Président Donald Trump de « rompre avec la ligne de la diplomatie américaine » en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël.

Attention ! Ne pas s'esclaffer : « La Ville de Pierrefitte souhaite contribuer à son échelle à promouvoir la paix en développant des actions de coopération décentralisée... afin de donner [à un groupe de jeunes Palestiniens] d’autres perspectives telles que la coexistence possible de multiples religions sur le même territoire ». Quand on sait que l’Autorité palestinienne persécute les chrétiens et veut une Palestine « Judenrein », et que les Français Juifs, quand ils en ont les moyens financiers, fuient la Seine-Saint-Denis… Et quel dommage que cette ville, si modeste, ne contribue pas "à son échelle" à promouvoir la paix au Soudan du Sud, en faveur des Kurdes ou l'édification d'un Etat Kurde !

Ce vœu imposait déjà sa « solution » au conflit : « Jérusalem, capitale de deux Etats établis dans les frontières reconnues, assurant une paix juste et durable et la sécurité pour leurs populations ». Quelle vision misérabiliste et déconnectée de la réalité du Proche-Orient ! Le Moyen-Orient est en état de chaos. Seul îlot stable, tolérant et prospère : l’Etat d’Israël. Et ces édiles voulaient édifier un Etat terroriste dénommé « Palestine » !? Ils appelaient le gouvernement français « à amplifier ses efforts diplomatiques pour stopper la colonisation des territoires palestiniens », dont « Jérusalem-Est ». Les victimes civiles de la guerre en Syrie et au Yémen ou l’écrivain Raif Badawi emprisonné en Arabie saoudite n’ont suscité apparemment aucun vœu municipal…

Le 12 avril 2018, le conseil municipal, qui compte 35 élus, de Pierrefitte-sur-Seine a adopté deux résolutions politisées en faveur de « la Palestine ». La première était intitulée « Versement d’une subvention pour l’année 2018 au profit du Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine (Rcdp) de l’association Cites Unies France ». La seconde portait sur la « convention d’occupation précaire d’un appartement sis 4 rue Maurice David 93380 Pierrefitte-sur-Seine au profit d’une délégation palestinienne issue du camp de Kalandia ». 

L’Association Cités Unies France et le Réseau de Coopération Décentralisée pour la Palestine (RCDP), dont est membre Pierrefitte-sur-Seine, collaborent depuis des années. En 2018, la ville de Pierrefitte-sur-Seine avec le soutien du RCDP souhaite accueillir « une délégation de six jeunes palestiniens dont un accompagnateur issus du camp de Kalendia du 7 au 15 juillet 2018. A cette fin, le RCDP sollicite auprès de la Commune une subvention de 7540 euros qui lui permettra de couvrir notamment les frais de transports, de visas, d’assurances, d’hôtel et de restauration engagés par elle dans le cadre de l’accueil de cette délégation. En 2017, le RCDP a été subventionnée par la ville à hauteur de 7525 euros ». 

« Compte tenu de l’intérêt local que représentent les actions du RCDP », le conseil municipal a majoritairement approuvé le versement de cette subvention.

Où loger cette délégation ? La seconde résolution répond à cette question. « La Ville de Pierrefitte-sur-Seine s’est engagée de permettre à la délégation palestinienne, d’occuper à titre gratuit, pendant 9 jours, l’appartement, sis 4, rue Maurice David 93380 Pierrefitte-Sur-Seine. La délégation Palestinienne a donné son accord pour signer avec la Ville une convention d’occupation précaire de ce logement. Aussi, le Conseil municipal a approuvé « la convention d’occupation précaire » de cet appartement, établie dans le cadre de la convention de coopération décentralisée liant Pierrefitte-sur-Seine et le Camp de Kalandia au profit de la délégation palestinienne ». « Compte tenu de l’intérêt local », une majorité dudit Conseil a approuvé cette résolution. Quel intérêt local ?

Au nom du groupe Les Républicains (LR), Jean-Pierre Renard, conseiller municipal LR, a voté Contre ces deux résolutions en expliquant son opposition :
« Même si le sort des Palestiniens est un sujet douloureux et difficile, le premier devoir d’une Municipalité n’est en aucun cas de prendre parti dans un conflit international afin de tenter de récupérer un certain électorat (comme cela nous donne l’impression ! J’espère du fond de mon cœur et de mon âme, me tromper !) surtout avec l’état calamiteux des finances de notre commune !
Je désire comme vous, Monsieur le Maire et Conseiller départemental, la paix...
Mais tant que les terroristes du Hamas seront aux commandes, cela sera fondamentalement impossible car dans la charte de ces derniers, il y a notamment : la destruction de l’Etat d’Israël ! Quelle est votre opinion à ce sujet, Monsieur le Maire ?
Chers collègues, vous savez à quel point je suis concerné par ce « problème » depuis 28 ans ! Cela a été jusqu’à des menaces de mort contre ma propre personne, quelques mois après mon élection comme Conseiller municipal de notre commune !!! Pendant des mois, mon amie a eu peur à cause de cela, de remettre les pieds sur notre commune de Pierrefitte !!!
Donc, au nom des Républicains de Pierrefitte et de mes sœurs et de mes frères juifs et de l’ensemble de l’Etat d’Israël, en ce jour de Yom HomHaShoah, je voterai NON ».
Ce montant de 7 540 € peut paraître modeste au regard du budget primitif total pierrefittois qui avoisine 58 millions d’euros en 2018.

A titre de comparaison, et « compte tenu de l’intérêt local », ce même Conseil municipal a aussi voté une résolution approuvant le versement d’une subvention de 550 € en 2018 au profit de l’association Théâtre du Charrado. Et ce « afin de répondre aux besoins de cette association et de lui permettre le fonctionnement et le développement de ses activités durant l’année 2018 ». Ce Conseil a également voté en faveur du versement d’une subvention de 2 000 € pour 2018 au profit de l’union locale de la CFDT qui « a pour objet l’étude et la défense des intérêts communs aux organisations affiliées et leurs adhérents ». En 2015, l'encours de la dette de la ville s'élevait à 1 545 € par habitant. No comment.

Alors que politiciens et médias se désintéressent des "Palestiniens", alors que palaces et centres commerciaux se multiplient dans les territoires disputés, alors que certains pays renforcent leur contrôle sur leurs dons à l'Autorité palestinienne (AP) - la Norvège s'est indignée que son argent donné à l'Autorité palestinienne soit associé à un centre portant le nom de la terroriste Dalal Mughrabi -, le conseil municipal de Pierrefitte-sur-Seine conserve la même vision stéréotypée, dépassée, infondée du conflit !?

Laissons le mot de la fin provisoire à Catherine Hanriot, ancienne maire qui a déclaré en 2004 : « Avec ses 26 000 habitants, [Pierrefitte] n'a sur son territoire que trois entreprises de plus de 50 salariés et elle compte 2 600 chômeurs. La vie est difficile pour les habitants ».
  
Au début des années 2000, à Arcueil, ville du Val-de-Marne, l’activisme partial pro-palestinien de la municipalité, anciennement communiste, a terni l’image de cette ville de la proche banlieue sud de Paris. Des médias juifs, notamment l’agence de presse Guysen International News, ont couvert les expositions et conférences politisées, biaisées organisées sous les auspices de la Mairie. Le Président du CRIF, alors Richard Prasquier, avait écrit  en 2012 au maire afin de protester contre l’expression « Jérusalem en Palestine » inscrite sur des affiches municipales. Et l’Amicale des Juifs d’Arcueil (AJA) a organisé des événements - expositions sur le judaïsme et l’histoire d’Israël, conférence avec l’essayiste Alain Finkielkraut, etc. -, et y a invité les édiles arcueillais. Ceux-ci ont alors fortement modéré leur activisme. Preuve que le nombre même faible de Juifs n’est pas un facteur inhibant ou rédhibitoire face au « Palestinisme ».


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