samedi 15 avril 2017

L'attentat contre la synagogue de la rue Copernic en 1980

  
Le 3 octobre 1980, un attentat terroriste antisémite a visé la synagogue parisienne rue Copernic (75016), faisant quatre morts et 46 blessés. Livre, documentaire, colloque et articles de presse ont étudié cet attentat. Le 14 mai 2016, Hassan Diab, principal suspect de l’attentat de la rue Copernic, est sorti de prison "pour un placement sous bracelet électronique. Une juge des libertés et de la détention a considéré qu’un « doute » existait sur la « question fondamentale » de savoir si Hassan Diab était en France le jour de l’attentat, après des auditions du suspect en janvier et de son ancienne épouse plus récemment. Le parquet de Paris a interjeté appel de la décision". Les 15 avril à 23 h 41, 17 avril à 9 h 59, 21 avril 2017 à 19 h 48, Toute l'Histoire diffusera Rue Copernic, histoire d'un attentat.



Le vendredi 3 octobre 1980, vers 18 h 37, à l’entrée du chabbat, explose une bombe visant la synagogue libérale de la rue Copernic, une synagogue de l’Union libérale israélite située dans le tranquille et huppé XVIe arrondissement de Paris.

Cet attentat antisémite fait quatre morts - Jean-Michel Barbé tué dans sa voiture, Philippe Bouissou tué alors qu'il roulait en moto, Hilario Lopez Fernandez, gardien de l’hôtel Victor Hugo, décédé deux jours après l’attentat, Aliza Shagrir,présentatrice de télévision israélienne, tuée alors qu’elle marchait sur le trottoir - et 46 blessés.

Parmi les blessés : Corinne Adler, présente dans la synagogue, en pleine bat-mitzvah, à l’âge de 13 ans, et Gérald Barbier, propriétaire du magasin de luminaires, à côté de la synagogue, dont le plafond s’est effondré.

Le bilan aurait pu être encore plus lourd si la bombe avait fonctionné comme prévu, à l’heure de la sortie des fidèles de l'office du shabbat.

Raymond Barre, alors Premier ministre, déclare :
« Cet attentat odieux voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ».
Valéry Giscard d’Estaing, alors Président de la république, réagit tardivement, sans trouver les mots adéquats. Des propos de Raymond Barre et un long silence présidentiel qui indignent la communauté Juive française. Celle-ci s’en souviendra, notamment lors des élections présidentielles en mai 1981. 

Le 7 octobre 1980, 200 000 manifestants, majoritairement non juifs, défilent en solidarité entre Nation et République.
La FANE (Fédération d’action nationale et européenne), mouvement d’extrême-droite, le revendique. La piste nazie est vite privilégiée par les responsables communautaires, syndicaux et associatifs, ainsi que par les autorités politiques.

Celles-ci occultent pendant des décennies la piste proche-orientale menant au FPLP-OS (Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales), groupe terroriste membre de l’OLP et « petite société commerciale »

En octobre 2007, un article du Figaro affirme que l’auteur présumé de l’attentat vit au Canada, après avoir résidé aux Etats-Unis. Ce suspect aurait été identifié grâce au fichier de l’organisation obtenu par l’Allemagne, qui l’aurait diffusé auprès de pays amis, dont la France.

Le 5 novembre 2008, les juges d'instruction français Marc Trévidic, magistrat au pôle antiterroriste et nouvellement en charge du dossier, et M. Jannier lancent un mandat d’arrêt international à l’encontre de M. Hassan Diab. 

Le 13 novembre 2008, la gendarmerie canadienne interpelle au Québec (Canada) l'auteur présumé de cet attentat, Hassan Diab, âgé de 54 ans, professeur de sociologie de l’université Carleton d’Ottawa. D’origine palestino-libanaise, ayant acquis la nationalité canadienne en 1993, Hassan Diab est soupçonné d’avoir fabriqué et posé la bombe, ainsi que loué, avec de faux papiers, la moto où était placé l'explosif. Il nie être l’auteur des faits qui lui sont reprochés.

Le 10 décembre 2008, les deux juges d'instruction français demandent l'extradition d'Hassan Diab qui est arrêté.

Le 31 mars 2009, Hassan Diab est remis en liberté conditionnelle.

La justice canadienne a examiné la demande d'extradition de Hassan Diab vers la France.

Au printemps 2009, Jean Chichizola et Hervé Deguine, journalistes, présentent les résultats intéressants de leur enquête sur cet attentat, sur des jeunes militants pro-palestiniens, en rupture avec leur organisation, ayant choisi la voie terroriste et jusqu’auboutistes, puis reconvertis en cadres supérieurs en Amérique du Nord et au Liban.

Curieusement, ces deux auteurs évoquent un « terrorisme aveugle », alors que ce terrorisme cible les juifs, et le titre de leur livre ne qualifie pas cet attentat d’islamiste ou de palestinien.

On peut regretter que les enjeux politiques, et la fameuse "politique arabe de la France" soient si peu analysés  par ces deux journalistes.

A noter que Hervé Deguine, défenseur du correspondant de  France 2 à Jérusalem, a signé la pétition Pour Charles Enderlin après que celui-ci ait été débouté de sa plainte contre Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Media-Ratings, dans l'affaire al-Dura.

Depuis la publication du livre en avril 2009, de nombreuses organisations juivesB’nai Brith Canada, Centre Simon Wiesenthal - se sont indignées qu’Hassan Diab puisse reprendre son enseignement auprès de la jeunesse. Avançant l’intérêt des étudiants, l’université Carleton nomme le 28 juillet 2009 un autre enseignant pour le remplacer.

Le 11 septembre 2010, le Centre Simon Wiesenthal (CSW), le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), le SPCJ (Service de protection de la communauté juive) et l'ULIF (Union libérale israélite de France), ont appelé à signer une pétition adressée au ministre de la Justice, l’honorable Rob Nicholson, et procureur général du Canada, afin que, le 8 novembre 2010, la justice canadienne prononce l'extradition du presumé coupable de l'attentat vers la France, «  sur les lieux du crime qui a causé la mort de Jean-Michel Barbé, Philippe Bouissou, Hilario Lopes-Fernandes et Aliza Shagrir ». La pétition Pour que justice soit rendue aux victimes de l’attentat de la rue Copernic, pour que les terroristes ne trouvent jamais un refuge paisible au sein des démocraties, signons la pétition... est aussi sur Facebook. Le dossier de l'affaire se trouve sur le blog de l'Appel de Copernic.

L'ULIF (Union libérale israélite de France), le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et le Centre Simon Wiesenthal (CSW) ont organisé le colloque L'Attentat de Copernic, Se souvenir, comprendre,  juger le dimanche 3 octobre 2010 à 14 h à la synagogue de l'ULIF, 24 rue Copernic, 75116 Paris. Parmi les orateurs, Irwin Colter, député canadien et ancien ministre de la Justice du Canada, a prononcé un discours remarquable. A ce colloque a succédé une cérémonie de commémoration en présence notamment du Premier ministre François Fillon, d'édiles et de responsables communautaires.

Le jeudi 30 septembre 2010, à 22 h 50, France 2 a diffusé, dans le cadre de l'émission Infra Rouge, le documentaire Rue Copernic, histoire d'un attentat (66 minutes) de Jean Chichizola et Laurent Jaoui.

Le 6 juin 2011, un tribunal d'Ottawa a ordonné l'extradition vers la France du principal suspect dans cet attentat, Hassan Diab. L'avocat de celui-ci a interjeté appel de ce jugement.

Le 4 avril 2012, le ministre de la Justice canadien, Rob Nicholson, a signé l'ordre d’extradition d’Hassan Diab vers la France.

Lors d'une conférence de presse du 13 avril 2012, Hassan Diab et son avocat, Me Don Bayne, ont annoncé leur intention d'interjeter deux appels : l'un contre cet ordre d'extradition et l'autre contre l'ordre d'extradition prononcé contre lui en juin dernier par la Cour supérieure de l'Ontario.

Le 2 octobre 2013, l'Association française des Victimes du Terrorisme (AFVT) s’est portée partie-civile dans le dossier de l’attentat de la rue Copernic. Elle mobilise "ses ressources afin de soutenir la demande d’extradition d’Hassan Diab, auprès des autorités canadiennes, afin qu’il soit entendu par le juge français en charge de l’instruction". Elle déclare : "Malgré la décision favorable des autorités canadiennes, Hassan Diab a usé de tous les artifices procéduraux pour s’opposer à son extradition, affirmant même que l’enquête était fondée sur des informations secrètes obtenues « sous la torture » ou « sans source ». Ainsi, Hassan Diab n’a pas manqué de diaboliser le magistrat instructeur et le système judiciaire français, suggérant que les poursuites à son encontre étaient motivées par des fins politiques afin de trouver « un coupable ».  En dépit de plusieurs demandes officielles des autorités, Hassan Diab continue à se soustraire à la justice française. Son dernier recours en appel doit être examiné dans les prochaines semaines par les autorités canadiennes. S’il obtient gain de cause, il ne sera pas extradé. Les victimes attendent un procès" depuis 33 ans.

Et d'ajouter : "Cet attentat a marqué le début d’une série d’actions terroristes menées sur le sol français par les groupes palestiniens radicaux dans les années 1980. Avant que le magistrat anti-terroriste Jean-Louis Bruguière ne soit saisi du dossier, la brigade criminelle a remonté rapidement la piste de l’acheteur de la moto utilisée dans l’attentat grâce au numéro de l’engin qui a pu être récupéré. Cet homme, un certain « Alexander Panadriyu », a loué une chambre à l’hôtel Celtic et a même été brièvement interpellé par la police après avoir tenté de voler une pince coupante dans un magasin de bricolage. L’auteur présumé de l’attentat a ainsi laissé des traces concrètes de son séjour à Paris, comme le numéro d’un passeport chypriote et une note d’hôtel manuscrite. Bien que retombée dans l’oubli et malgré quelques lenteurs, l’enquête n’a pour autant jamais été interrompue. Sans violer le secret de l’instruction toujours en cours, il suffit de rappeler que depuis le 2 décembre 1999, le nom du suspect apparaît 2128 fois dans 281 documents de la procédure, pour constater que des éléments factuels justifient son audition par les autorités françaises".

Les 4 et 5 novembre 2013, la Cour d'appel de Toronto (Ontario) a examiné la légalité de cette demande d'extradition d'Hassan Diab par la France. Le 4 novembre 2013, devant la Cour d’appel les avocats de Hassan Diab, âgé de 59 ans, ont douté  de la crédibilité et la fiabilité des preuvesrapport de l’experte graphologue  Anne Bisotti sur une fiche d’hôtel, informations  obtenues sous la torture qu’auraient utilisés les services secrets syriens auprès d’un de leurs ressortissant, preuve provenant d’une « source non authentifiée du renseignement français » - visant leur client libano-canadien qui risque l’extradition en France. Me Anil Kapoor, avocate d’une association canadienne de défense des libertés civiles qui intervient comme « témoin désintéressé, a rejeté la recevabilité d’une procédure pénale dont les preuves n’ont pas de sources identifiées.

Le 15 mai 2014, la Cour d'appel de l'Ontario a rejeté l'appel du prévenu. Me Marlys Edwardh, une des avocats de ce dernier a annoncé le 3 novembre 2014, par courrier électronique, avoir saisi la Cour suprême du Canada.

"Avant de se prononcer formellement sur l’affaire, les magistrats de la plus haute instance judiciaire du pays doivent au préalable statuer sur la recevabilité du dossier d’Hassan Diab. Paris et Ottawa sont liés par un traité bilatéral d’extradition et la Cour d’appel de l’Ontario avait jugé en mai que, comme Hassan Diab n’était pas encore citoyen canadien lors des faits allégués, « le Canada est obligé de l’extrader ». Déterminé à obtenir gain de cause devant la Cour suprême, un avocat de Hassan Diab, Donald Bayne, avait alors affirmé que les éléments à charge retenus par la justice française « n’aboutiraient jamais à une condamnation au Canada ».

Le 13 novembre 2014, la Cour suprême du Canada a refusé de se saisir du dossier d'extradition d’Hassan Diab. Ce qui induit l'extradition de ce dernier vers la France par la remise de Hassan Diab âgé de 60 ans aux autorités françaises à Montréal.

Au matin du 15 novembre 2014, l'avion amenant en France Hassan Diab a atterri à l'aéroport de Roissy. "Escorté par des personnels du service national des transfèrements, le suspect a pris immédiatement la direction de Paris où l'attendait depuis plus de six ans le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic".

Hassan Diab a été mis en examen par le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic pour « assassinats », « tentatives d'assassinats » et « destruction de biens par l'effet d'une substance explosive ou incendiaire commise en bande organisée », a déclaré Me Stéphane Bonifassi, avocat de Hassan Diab. Le prévenu a été placé en détention provisoire.

Le 12 mai 2016, une juge des libertés et de la détention a considéré qu’un « doute » existait sur la « question fondamentale » de savoir si Hassan Diab était en France le jour de l’attentat, après des auditions du suspect en janvier et de son ancienne épouse plus récemment. Le 14 mai 2016, Hassan Diab, professeur d'université libano-canadien sexagénaire en sociologie, principal suspect de l’attentat de la rue Copernic, est donc sorti de prison "pour un placement sous bracelet électronique. Le parquet de Paris a interjeté appel de la décision" de la juge.

Hassan Diab, "62 ans, professeur d’université en sociologie, a la nationalité libanaise et canadienne. Il a été extradé du Canada en novembre 2014, et mis en examen en France comme auteur présumé de cet attentat qui avait eu lieu devant une synagogue de l’ouest de la capitale. Il a toujours clamé son innocence et contesté son appartenance au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), auquel avait été attribué l’attentat". Dans son ordonnance du 9 mai 2016, le juge note que Nawal Copty, ex-première épouse d'origine libanaise d’Hassan Diab, et actuellement cadre supérieure dans une société informatique de la région de San Francisco, a témoigné à Paris en avril 2016. Elle a allégué "qu’il l’avait accompagnée à l’aéroport de Beyrouth le 28 septembre 1980, une date à laquelle le possesseur d’un passeport au nom de Hassan Diab se trouvait déjà en Europe d’après les tampons. Ce passeport est l’une des pièces à charge contre le suspect. Le juge considère que le témoignage est sujet à caution et mérite d’être vérifié, mais qu’il faut en tenir compte". Le Figaro relève un revirement dans l'attitude de Nawal Copty : "Le 24 novembre 2008, elle avait en effet été entendue en Californie, en présence de Marc Trévidic, en vertu d'une commission rogatoire internationale. Elle avait alors refusé de répondre à la plupart des questions, y compris les plus anodines, en invoquant le 5e amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique permettant à un témoin de ne pas s'accuser lui-même dans des conditions pouvant entraîner des poursuites pénales à son encontre aux États-Unis. On lui avait alors précisé que rien ne l'accusait dans le dossier français, qu'elle était entendue en simple témoin et que sa déposition était recherchée à charge et à décharge, Hassan Diab proclamant son innocence. Mais Nawal Copty était restée silencieuse". Pourquoi ? Elle aurait alors suivi les conseils de son défenseur.

Me William Bourdon, avocat de Hassan Diab, a salué des décisions « parfaitement cohérentes par rapport à un dossier dont les charges, modestes dès le départ, se sont très largement amenuisées du fait des dernières auditions ». « Il n’y a strictement aucun risque de fuite. Il sera présent lors de la prochaine audience devant la cour d’appel », où il risque de se voir signifier son retour en prison", « comme il l’a toujours été devant le juge canadien », a déclaré l’avocat.

Conseil de plusieurs parties civiles, Me Bernard Cahen a trouvé qu'il était « scandaleux qu'une mise en liberté ne soit pas signifiée aux victimes ».

« Nous avons appris ce matin par la presse, qu’Hassan Diab, le principal suspect de l’attentat contre notre synagogue le 3 octobre 1980 est sorti de prison et placé sous le contrôle bracelet électronique» indique Jean-François Bensahel, président de la synagogue de la rue Copernic. « Ce qu’un juge a fait, un autre l’a donc défait. Il semblerait qu’au lendemain d’une décision rendue par la Chambre de l’instruction, maintenant en détention Monsieur Hassan Diab, le parquet ait omis d’entreprendre les diligences nécessaires suite à une nouvelle ordonnance du juge de la liberté et de la détention, mettant en liberté Monsieur Diab, sous contrôle judiciaire. La Justice est-elle à ce point dépendante de ceux qui la rendent ? Cette décision est d’autant plus étonnante qu’elle intervient à un moment où la France a prêté son concours à une proclamation révisionniste de l’Unesco. Pour mémoire, l’attentat de la rue Copernic (Paris XVI ème) survenu le vendredi 3 octobre 1980 a fait quatre morts et 46 blessés ».

Dans une autre procédure différente, Jean-Marc Herbaut, juge d’instruction ayant succédé à Marc Trévidic, avait "ordonné sa remise en liberté sous surveillance électronique. Mais le parquet avait fait un référé détention qui avait suspendu cette mesure". Le 13 mai 2016, la chambre de l’instruction avait ensuite confirmé la détention en considérant nécessaire la détention car il s'agissait  :
- d"'assurer [la] représentation en justice [du mis en examen], l'hébergement de Monsieur Diab chez des gens qui ne le connaissent pas étant une garantie insuffisante, d'autant plus qu'il pouvait faire utilisation de ses attaches à l'étranger pour fuir.
- remédier au trouble persistant à l'ordre public s'agissant d'un attentat commis avec explosifs, contre une communauté religieuse, ayant tué quatre personnes et ayant gravement blessé plusieurs autres personnes".

Le 24 mai 2016, la cour d'appel de Paris a ordonné le retour en détention de Hassan Diab, qui avait été remis en liberté il y a dix jours sur décision d'un précédent magistrat. Le 12 mai, "une juge des libertés et de la détention (JLD) avait autorisé sa remise en liberté avec assignation à résidence et sous surveillance électronique, mais le parquet de Paris avait fait appel, d'où l'audience qui s'est tenue mardi. Dans sa décision, la juge considérait qu'un «doute» était posé sur la «question fondamentale» de savoir si Hassan Diab était en France le jour de l'attentat, après des auditions du suspect en janvier et de son ex-épouse plus récemment. «C'est une décision qui est très injuste», a réagi l'avocat d'Hassan Diab, Me William Bourdon. Il a dénoncé «une forme de 'judiciairement correct' en matière de terrorisme». «Sur le fond du dossier, nous sommes absolument convaincus de sa culpabilité. La défense aura du mal à détruire ce dossier», a affirmé un des avocats des parties civiles, Me Bernard Cahen. Il y a un mois, devant le juge d'instruction, son ex-épouse, Nawal Copty, est venue conforter la version d'Hassan Diab. Elle a raconté qu'il l'avait bien accompagnée à l'aéroport de Beyrouth le 28 septembre 1980, une date à laquelle le possesseur d'un passeport au nom d'Hassan Diab se trouvait déjà en Europe d'après les tampons sur le document. Ce passeport, retrouvé dans les effets d'un autre homme arrêté en 1981 à Rome, est l'une des pièces à charge. Y figurent des tampons d'entrée et de sortie d'Espagne avant et après l'attentat. Or, d'après les renseignements obtenus par la DST en 1999, qui mettaient en cause Hassan Diab, les hommes du Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS) ayant commis l'attentat avaient fait étape à Madrid avant la France".

"Quelques jours avant la décision de la JLD, le juge en charge de l'enquête avait aussi accepté une remise en liberté, aussitôt suspendue par le parquet. Et la cour d'appel avait déjà confirmé la détention. Le juge d'instruction relevait que le témoignage de son ex-épouse, bien que tardif et sujet à caution, nécessitait de nouvelles investigations, notamment au Liban, et reposait la question du maintien en détention du suspect. Outre les renseignements de la DST, la demande d'extradition s'appuyait sur la ressemblance du suspect avec des portraits robot de l'époque et sur des comparaisons d'écriture d'Hassan Diab avec une fiche d'hôtel, remplie par l'homme qui avait acheté la moto sur laquelle était installé l'explosif. Des éléments très contestés par la défense".

La "Cour de cassation d'Amman a annulé une décision rejetant l'extradition vers la France du cerveau présumé d'un autre attentat visant la communauté juive, celui de la rue des Rosiers en 1982 à Paris, renvoyant le dossier en première instance. Un tribunal de première instance d'Amman avait rejeté fin octobre l'extradition du Jordanien d'origine palestinienne, Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias Amjad Atta, présenté comme le cerveau de cette attaque contre un restaurant juif qui avait fait six morts. Cette décision avait été validée en appel avant d'être annulée en avril par la cour de cassation".

La "justice française avait émis en 2015 quatre mandats d'arrêts internationaux contre des membres présumés du commando ayant mené l'attentat dont Hassan Khalid al-Abassi, 62 ans, et un autre suspect, lui aussi Jordanien d'origine palestinienne, Nizar Tawfiq Mussa Hamada. La justice jordanienne avait également décidé en première instance de ne pas remettre M. Hamada, 54 ans, «en raison du dépassement du délai de prescription». Cette décision avait été annulée en avril par la cour d'appel. En plus des deux Jordaniens, la justice française recherche Mahmoud Khader Abed Adra, alias «Hicham Harb», 59 ans, qui vit en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël, et Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias «Souhail Othman», 56 ans, qui vit en Norvège".



Jean Chichizola et Hervé Deguine, L’affaire Copernic, les secrets d’un attentat antisémite. Mille et une nuits, 2009. 239 pages. 20 €. ISBN : 9782755501193

Articles sur ce blog concernant :
- Affaire al-Dura/Israël
- France
Judaïsme/Juifs
- Monde arabe/Islam

Cet article a été publié en partie dans le n° 624 de mai 2010 de L'ArcheIl a été modifié le 15 mai  2016.
Il a été publié sur ce blog les 28 septembre 2010, 6 avril 2012, 3 octobre 2013, 7 avril, 16 mai  et 2 octobre et 15 novembre 2014 et 17 avril 2016. La chaîne Toute l'histoire a diffusé les 7, 9 et 10 avril, 3 octobre 2014 et 19 octobre, 19, 21, 22 et 24 octobre 201518, 20, 21 et 23 avril 2016 Rue Copernic, histoire d'un attentatdocumentaire de Laurent Jaoui (2010) : "L'explosion qui s'est déclenchée trop tôt, épargne les fidèles : le carnage aurait pu être plus effroyable encore. La mémoire collective se souviendra du mot malheureux du premier ministre de l'époque, Raymond Barre, déplorant que cet attentat ait finalement frappé des "Français innocents". Consternation.  Des centaines de milliers de Parisiens manifestent contre l'extrême droite, soupçonnée d'avoir commis l'attentat. Il s’avérera plus tard que l'attentat a été exécuté par un groupe palestinien extrémiste.  L'explosion de la rue Copernic est un moment tournant : la France se trouve prise en otage dans les conflits du Moyen-Orient. Il va falloir apprendre à vivre avec le terrorisme. Après que l'enquête piétine pendant des dizaines d'années, un des hommes soupçonnés de l'attentat est retrouvé au Canada, où il file des jours tranquilles d'enseignant dans une université". La justice française a obtenu son extradition en 2014. "Pour tous ceux dont la vie a été saccagée, c'est comme si l'affaire de la rue Copernic sortait enfin d'un long sommeil. Pour tous  - victimes, assassins et enquêteurs - l'attentat de la rue Copernic est à nouveau terriblement présent" ;
- 25 mai 2016.

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