Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 26 mai 2019

Jerusalem Day Conference


Les 6 et 7 novembre 2018, l’European Jewish Association (EJA) a organisé sa conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » à Bruxelles (Belgique). Eurodéputés, dirigeants communautaires et édiles politiques d’Etats européens… Cette conférence a souligné les problèmes graves affrontés par les Juifs européens – menaces sur la circoncision ou l’abattage rituel, isolement, antisémitisme non jugulé, mutations démographiques – et a révélé l’émergence, l’affirmation de cette organisation comme rivale du CJE (Congrès Juif européen), comme un acteur voulant jouer son rôle notamment en vue des élections européennes en mai 2019.

Une conférence de parlementaires européens amis d’Israël 
Jerusalem Day Conference

Fondée en 2007 par le rabbin Menachem Margolin, l’European Jewish Association (EJA) est une fédération d'organisations - Rabbinical Centre of Europe, European Jewish Study Network (EJSN), European Forum of Russian Jewry (EFRJ), Jewish Community of Hungary, etc. - et de média (European Jewish Press) juifs européens dont le siège est à Bruxelles (Belgique). Buts : renforcer l'identité juive et développer les activités juives en Europe, défendre les intérêts juifs en Europe et établir des liens entre l'Europe et Israël.

Le retard à publier le compte-rendu de la conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » de l’European Jewish Association (EJA) s’explique notamment par le panorama épouvantable, voire traumatisant, de la condition juive en Europe qui est apparu au soir de la première journée de témoignages de dirigeants communautaires. A noter que certains jeunes représentants de communautés - Sacha Ghozlan, président de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France) pourfendant les réseaux sociaux, Nina Tojzner, secrétaire générale de la Fédération des jeunes juifs de Suède - étaient plus « politiquement corrects » que leurs aînés, notamment italiens stupéfaits de voir des femmes circuler en burka dans la péninsule ou britannique - Gideon Falter, président de la UK Campaign against Anti-Semitism - sur l'exil auquel songent 40% des juifs anglais ou l'antisémitisme de membres du Parti travailliste, dont son dirigeant Jeremy Corbyn.

Un intervenant a évoqué le problème des "migrants" musulmans élevés dans la haine des juifs et méprisant les femmes. Nina Tojzner a invité les gouvernements à éduquer les migrants.

Quant à Michel Gourary, directeur de l'European March of the Living Network, il a déploré le refus de magistrats, notamment en Allemagne, de reconnaître le caractère antisémite d'actes comme l'incendie d'une synagogue.

Les intervenants ont convergé vers des propositions : voyages d'édiles en Israël, ne pas couper les liens avec les gouvernants jugés "populistes", etc. Autres voies suggérées par l'exposition sur Jérusalem déployée devant la salle des tables-rondes, les brochures argumentées distribuées "Israel's Right as of Jerusalem, Judea and Samaria" et Jews in Jerusalem And Judea BC-500 000.

La présence de Katharina von Schnurbein, coordinatrice européenne chargée de la lutte contre l'antisémitisme ? Rassurante, certes. Mais comment l'Union européenne (UE) peut-elle combattre victorieusement l'antisémitisme par une diplomatie déséquilibrée - condamnation de la légitime défense d'Israël attaqué par le Hamas, etc. - et tout en finançant l'Autorité palestinienne qui salarie des terroristes prisonniers ou finance des manuels scolaires incitant à la haine d'Israël et des Croisés ?

« Toute attaque contre un Juif est une attaque contre Israël ». Un résumé lapidaire et pertinent de Ran Yishai, directeur au ministère de Jérusalem et du Patrimoine. Si « attaquer un Juif, c’était attaquer la République » comme l’ont répété tant de Présidents de la République et de ministres français, le pouvoir politique hexagonal aurait réagi dès 2000 à la recrudescence du nombre d’actes antisémites ou aurait adopté les mesures efficaces, et en premier lieu, aurait nommé les vecteurs de haine des Juifs. Ce qu’il n’a pas fait.

Car « Attaquer un Juif », c’est effectivement attaquer d’abord un « Sioniste », un « Yahoud », Israël en tant que peuple et Etat. Et cela implique une politique de l’Etat juif pour lutter contre cet antisémitisme, et en premier lieu en affirmant ses droits bibliques, historiques et juridiques sur sa terre (Eretz Israel).

Au siège du Parlement européen, Andi Cristea, vice-président du Comité des Affaires étrangères du Parlement de l'UE, a lié l'augmentation du nombre d'actes antisémites avec le "climat politique". S'il a affirmé son soutien aux "pratiques religieuses traditionnelles juives", il a insisté sur leur "conflit avec les droits de l'homme. Toutes les communautés juives doivent voir ce problème être mis sur la table" et a conclu sur cette interrogation : "Qu'est-ce qui est le plus humain ?" Une fin de discours reçue froidement par l'assistance.

L'absence des médias communautaires français juifs - radios, journaux - pour couvrir cet événement correspondait à l'effondrement de la condition juive en Europe. Seuls étaient représentés JForumInfoEquitable et mon blog. Or, il s'avère indispensable pour une communauté juive de disposer de médias dynamiques qui, seuls, expriment ses préoccupations et constituent des opportunités pour des pouvoirs politiques désireux de s'adresser à une partie ciblée de la population.

Lors du diner de gala, des bougies ont été allumées à la mémoire des victimes de l'attentat commis par Robert Bowers contre la synagogue de Pittsburgh, le samedi 27 octobre 2018, en ayant causé la mort de onze juifs et blessé  plusieurs fidèles.

Et un diaporama commenté sur les découvertes archéologiques à Jérusalem prouvait l'ancienneté de la présence juive sur sa Terre.

A été adoptée une résolution soumise aux partis politiques européens, notamment en vue de l’élection des membres du Parlement européen en mai 2019. Ce texte exhortait en particulier à lutter contre le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), respecter la liberté religieuse et à nommer un Envoyé spécial chargé de la lutte contre l’antisémitisme. Des lignes rouges plusieurs mois avant les élections cruciales des eurodéputés dans une Union européenne en voie d'implosion.


✓ "Political parties and their leadership must sign up to the full IHRA definition of Anti-semitism.

✓ Every European Country must appoint a dedicated Special Representative to combat anti-Semitism where one already doesn’t exist

✓ All political parties pledge to exclude from government parties or politicians that espouse anti-Semitism as defined by the IHRA definition.

✓ All political parties to pass, in accordance with their respective rules of procedure, binding resolutions that reject BDS activities as fundamentally anti-Semitic.

✓ All political parties to support in writing and in party documents their support for freedom of religion and freedom of practice at Member State level and EU level."


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