Citations

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« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 30 avril 2020

L'European Jewish Association (EJA)


Créée en 2007, l’European Jewish Association (EJA) oeuvre dans le domaine social, organise des conférences aux thématiques liées principalement à l'antisémitisme, au judaïsme et à l'Etat d'Israël.  Et s'affirme partiellement en rivale ou en complément du Congrès Juif Européen (EJC). Sa conférence annuelle "Jews in Europe: United for a Better Futures'est tenue au Centre européen du Judaïsme (CEJ), à Paris, les 24 et 25 février 2020, durant la pandémie de coronavirus. Des mesures ont été proposées et les résultats d'un sondage présentés.

Interview de Richard D. Heideman, président du B'nai B'rith International
Un séjour politique de la délégation de l'American Jewish Congress à Paris en 2002 
Interview de Roger Cukierman
Une conférence de parlementaires européens amis d’Israël (EFI)
L’European Jewish Association

Fondée en 2007 par le rabbin Menachem Margolin, l’European Jewish Association (EJA) est une fédération d'organisations - Rabbinical Centre of Europe, European Jewish Study Network (EJSN), European Forum of Russian Jewry (EFRJ), Jewish Community of Hungary, etc. - et de média (European Jewish Press) juifs européens dont le siège est à Bruxelles (Belgique).

Buts : renforcer l'identité juive et développer les activités juives en Europe, défendre les intérêts juifs en Europe et établir des liens entre l'Europe et Israël.

Par son bleu profond et ses étoiles jaunes, son logo fait penser à celui de l'Union européenne (UE).

Jerusalem Day Conference
Les 6 et 7 novembre 2018, l’European Jewish Association (EJA) a organisé sa conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » à Bruxelles (Belgique). Eurodéputés, dirigeants communautaires et édiles politiques d’Etats européens… Cette conférence a souligné les problèmes graves affrontés par les Juifs européens – menaces sur la circoncision ou l’abattage rituel, isolement, antisémitisme non jugulé, mutations démographiques – et a révélé l’émergence, l’affirmation de cette organisation comme rivale du CJE (Congrès Juif européen), comme un acteur voulant jouer son rôle notamment en vue des élections européennes en mai 2019.

Le retard à publier le compte-rendu de la conférence annuelle « Jerusalem Day Conference » de l’European Jewish Association (EJA) s’explique notamment par le panorama épouvantable, voire traumatisant, de la condition juive en Europe qui est apparu au soir de la première journée de témoignages de dirigeants communautaires. A noter que certains jeunes représentants de communautés - Sacha Ghozlan, président de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France) pourfendant les réseaux sociaux, Nina Tojzner, secrétaire générale de la Fédération des jeunes juifs de Suède - étaient plus « politiquement corrects » que leurs aînés, notamment italiens stupéfaits de voir des femmes circuler en burka dans la péninsule ou britannique - Gideon Falter, président de la UK Campaign against Anti-Semitism - sur l'exil auquel songent 40% des juifs anglais ou l'antisémitisme de membres du Parti travailliste, dont son dirigeant Jeremy Corbyn.


Un intervenant a évoqué le problème des "migrants" musulmans élevés dans la haine des juifs et méprisant les femmes. Nina Tojzner a invité les gouvernements à éduquer les migrants.

Quant à Michel Gourary, directeur de l'European March of the Living Network, il a déploré le refus de magistrats, notamment en Allemagne, de reconnaître le caractère antisémite d'actes comme l'incendie d'une synagogue.

Les intervenants ont convergé vers des propositions : voyages d'édiles en Israël, ne pas couper les liens avec les gouvernants jugés "populistes", etc. Autres voies suggérées par l'exposition sur Jérusalem déployée devant la salle des tables-rondes, les brochures argumentées distribuées "Israel's Right as of Jerusalem, Judea and Samaria" et Jews in Jerusalem And Judea BC-500 000.

La présence de Katharina von Schnurbein, coordinatrice européenne chargée de la lutte contre l'antisémitisme ? Rassurante, certes. Mais comment l'Union européenne (UE) peut-elle combattre victorieusement l'antisémitisme par une diplomatie déséquilibrée - condamnation de la légitime défense d'Israël attaqué par le Hamas, etc. - et tout en finançant l'Autorité palestinienne qui salarie des terroristes prisonniers ou finance des manuels scolaires incitant à la haine d'Israël et des Croisés ?

« Toute attaque contre un Juif est une attaque contre Israël ». Un résumé lapidaire et pertinent de Ran Yishai, directeur au ministère de Jérusalem et du Patrimoine. Si « attaquer un Juif, c’était attaquer la République » comme l’ont répété tant de Présidents de la République et de ministres français, le pouvoir politique hexagonal aurait réagi dès 2000 à la recrudescence du nombre d’actes antisémites ou aurait adopté les mesures efficaces, et en premier lieu, aurait nommé les vecteurs de haine des Juifs. Ce qu’il n’a pas fait.

Car « Attaquer un Juif », c’est effectivement attaquer d’abord un « Sioniste », un « Yahoud », Israël en tant que peuple et Etat. Et cela implique une politique de l’Etat juif pour lutter contre cet antisémitisme, et en premier lieu en affirmant ses droits bibliques, historiques et juridiques sur sa terre (Eretz Israel).

Au siège du Parlement européen, Andi Cristea, vice-président du Comité des Affaires étrangères du Parlement de l'UE, a lié l'augmentation du nombre d'actes antisémites avec le "climat politique". S'il a affirmé son soutien aux "pratiques religieuses traditionnelles juives", il a insisté sur leur "conflit avec les droits de l'homme. Toutes les communautés juives doivent voir ce problème être mis sur la table" et a conclu sur cette interrogation : "Qu'est-ce qui est le plus humain ?" Une fin de discours reçue froidement par l'assistance.


L'absence des médias communautaires français juifs - radios, journaux - pour couvrir cet événement correspondait à l'effondrement de la condition juive en Europe. Seuls étaient représentés JForumInfoEquitable et mon blog. Or, il s'avère indispensable pour une communauté juive de disposer de médias dynamiques qui, seuls, expriment ses préoccupations et constituent des opportunités pour des pouvoirs politiques désireux de s'adresser à une partie ciblée de la population.


Lors du diner de gala, des bougies ont été allumées à la mémoire des victimes de l'attentat commis par Robert Bowers contre la synagogue de Pittsburgh, le samedi 27 octobre 2018, en ayant causé la mort de onze juifs et blessé  plusieurs fidèles.

Et un diaporama commenté sur les découvertes archéologiques à Jérusalem prouvait l'ancienneté de la présence juive sur sa Terre.

A été adoptée une résolution soumise aux partis politiques européens, notamment en vue de l’élection des membres du Parlement européen en mai 2019. Ce texte exhortait en particulier à lutter contre le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), respecter la liberté religieuse et à nommer un Envoyé spécial chargé de la lutte contre l’antisémitisme. Des lignes rouges plusieurs mois avant les élections cruciales des eurodéputés dans une Union européenne en voie d'implosion.

RED LINES 2018:

✓ "Political parties and their leadership must sign up to the full IHRA definition of Anti-semitism.

✓ Every European Country must appoint a dedicated Special Representative to combat anti-Semitism where one already doesn’t exist

✓ All political parties pledge to exclude from government parties or politicians that espouse anti-Semitism as defined by the IHRA definition.

✓ All political parties to pass, in accordance with their respective rules of procedure, binding resolutions that reject BDS activities as fundamentally anti-Semitic.

✓ All political parties to support in writing and in party documents their support for freedom of religion and freedom of practice at Member State level and EU level."

"Jews in Europe: United for a Better Future"
La conférence annuelle 2020 "Jews in Europe: United for a Better Future" s'est tenue, devant une assistance prestigieuse, au Centre européen du Judaïsme (CEJ), récemment inauguré à Paris, les 24 et 25 février 2020, durant la pandémie de coronavirus (COVID-19).


On peut tout d'abord s'interroger sur la pertinence à avoir maintenu cette conférence à Paris dans un contexte de crise sanitaire. Et ce, d'autant que Joël Mergui, président des Consistoires de France et de Paris Ile-de-France, a accueilli la conférence dans son CEP. Il a été contaminé par le COVID-19 et est heureusement sorti de l'hôpital pour entamer sa convalescence. On n'ose pas poser la question : combien d'autres participants à cet événement ?


"As the number of anti-Jewish incidents logged in many EU Countries hits record highs, the European Jewish Association (EJA), joined forces with the largest federation of France’s Jewish communities and organizations, the Consistoire Central, the newly-founded Action and Protection League of Europe (APLE), and the World Zionist Organization (WZO), for a major two-day conference in Paris."

"Ministers, parliamentarians and policy-makers as well as diplomats from across Europe directly engaged with leaders of European Jewish communities and organizations to spearhead a sustainable end to Antisemitism."

"The Conference took place in the newly inaugurated European Centre for Judaism in Place Jerusalem, Paris, amid a time of growing worry for Jews across the continent, who once again find themselves in the frontline as xenophobia, populism and nationalism take stronger root."

"EJA Chairman Rabbi Menachem Margolin, speaking at the conference said, “We of course welcome the many recent statements and speeches from those in power, but what we need is concrete action. “When your boat has a hole in it, you don’t just shout at the hole. Our conference aims to block the hole, not just for Jews but for everyone in Europe. We must remember that antisemitism starts with the Jews, but it infects society as a whole. Therefore, fighting antisemitism should not just be left to the Jews, but requires everyone in society, especially political leaders, to man the barricades against it. This conference is our Europe-wide call to action.”


"The EJA conference tacked security, education, antizionism as the new antisemitism, the importance of bringing youth forwards and the establishment of a forum of Jewish leaders to liaise and lobby political leaders across the EU."


Le rabbin Menachem Margolin, président de l'EJA, a présenté un « plan d'actions » qu'il souhaite voir adopter « par le parlement de chaque gouvernement européen ». Parmi ces mesures : "interdiction de vendre des symboles nazis, mise à jour obligatoire des programmes scolaires sur la Shoah, nomination d'un responsable dans chaque pays de l'UE, prohibition de «l'utilisation de stéréotypes antisémites», "comme cela a pu avoir lieu en Belgique lors d'un carnaval". Pourquoi avoir éludé l'exil forcé, essentiellement des années 1940 aux années 1970, de près d'un million de Juifs du monde arabe ou et musulman, de Judée, de Samarie, etc. ?

Il "a ensuite précisé à l'AFP qu'il allait proposer de créer une plateforme sur le réseau social Whatsapp permettant de centraliser les incidents antisémites - attaques verbales ou physiques - dans l'Union européenne, car actuellement «la plupart ne font pas l'objet de plaintes». 

"Pour les communautés juives qui le demandent, il souhaite mettre sur pied «un centre de sécurité» proposant une aide via la vidéosurveillance. «C'est crucial que chaque gouvernement ait un responsable» de la lutte contre l'antisémitisme, «car nous constatons que nous, communautés, ne pouvons pas, seules, (l')éradiquer», a-t-il estimé. Il s'est félicité de l'existence d'un «coordinateur chargé de la lutte contre l'antisémitisme» dans certains pays de l'UE, citant la France, l'Italie, la Grande-Bretagne ou encore la Roumanie. Née en 2007, l'EJA, dont le siège est à Bruxelles, se présente comme voulant «renforcer l'identité juive» et «défendre les intérêts juifs en Europe».

Selon un sondage réalisé auprès de 16.000 répondants venant de 16 pays d'Europe et présenté lors de cette conférence, un "réseau secret" de Juifs influencerait les affaires politiques et économiques mondiales. C’est le sentiment que partage un cinquième des 16.000 personnes interrogées. Le même nombre était également d'accord avec la déclaration selon laquelle "les Juifs exploitent la victimisation de l'Holocauste pour leurs propres besoins". En outre, un quart des répondants étaient d'accord avec le fait que les politiques d'Israël leur permettent de comprendre pourquoi certaines personnes détestent les Juifs. L'enquête a été menée en décembre et janvier en Autriche, en Belgique, en République tchèque, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Pologne, entre autres pays."


Finalement, on s'interroge : quel est l'intérêt des conférences de telles organisations ? Combien de redondances dans les actions élaborées par différentes associations juives, nationales ou européennes ? Et avec quelle efficacité ?

Certes, des personnalités de premier rang y interviennent, mais parfois des discours creux et souvent non suivi d'actions. Ministre française de la Justice, Nicole Belloubet en offre l'exemple le plus patent : le parquet de Paris ne poursuit aucun appel au boycott, et classe sans suite nombre de signalements d'antisémitisme. Et la France se trouve à l'origine de nombreux textes anti-israéliens, tant au sein de l'UE que dans des instances onusiennes.

Force est de constater que les Etats aux dirigeants les plus vilipendés par leurs homologues et des médias français apparaissent comme des défenseurs des Juifs et des alliés reconnaissants de l'Etat d'Israël. Parmi eux l'Autriche qui a annoncé que son Parlement allait voter une résolution anti-BDS.

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Cet article a été publié le 26 mai 2019.

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