mardi 5 septembre 2017

Arte consacre une soirée à l’Arabie saoudite


Arte diffusera les 5 et 15 septembre 2017 « L’Arabie saoudite - Une puissance pétrolière en crise » (Saudi-Arabien - Ölmacht in der Krise), documentaire de Michael Richter, puis à 23 h 30 « Les femmes en Arabie saoudite - Une révolution silencieuse » (Die heimliche Revolution - Frauen in Saudi-Arabien), documentaire de Carmen Butta.


L’Arabie saoudite est l’un des rares Etats à inclure, depuis sa fondation en 1932, dans son nom celui de la famille régnante, les Saoud.

Un Etat gardien de lieux saints de l'islam - La Mecque, destination du pèlerinage, et Médine -, farouche promoteur dans le monde du wahhabisme, branche du sunnisme, soutien du terrorisme, rival de l'Iran des mollahs dans la domination régionale au Moyen-Orient, leader dans la guerre au Yémen.

Un pays ébranlé par la crise pétrolière, fragilisé par les bouleversements du monde Arabe - activisme des Frères musulmans, émergence de groupes terroristes islamistes qu'il a financés, etc. -, craignant le programme nucléaire iranien, négligé par le précédent président américain Barack Hussein Obama, et tancé par le président actuel Donald Trump de lutter contre le terrorisme.

"Al-Garida al-Rasmiya – le journal officiel égyptien – a publié le 17 août dernier l’accord entre l’Egypte et l’Arabie saoudite sur la délimitation de leurs frontières maritimes, signé le 8 avril 2016 lors de la visite du roi Salman au Caire. Une formalité qui concrétise la ratification dudit accord. Les îles de Tiran et Sanafir n’y sont pas mentionnées, mais la carte de l’amirauté britannique jointe, et les coordonnées spécifiées dans l’accord, ne laissent planer aucun doute : celles-ci se trouvent désormais incluses dans les eaux territoriales saoudiennes", a écrit Zvi Mazel dans The Jerusalem Post (3 septembre 2017)

Et d'expliquer : "Ainsi, ces deux îles minuscules et inhabitées, qui contrôlent pourtant l’entrée du détroit de Tiran, c’est-à-dire l’accès au golfe d’Aqaba/Eilat, se trouvent désormais aux mains d’un pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec Israël. Or, elles sont incluses dans la zone C à l’est de la péninsule du Sinaï qui, selon l’annexe militaire du traité de paix de 1979 entre Israël et l’Egypte, devaient être démilitarisées ; seule la police égyptienne civile était autorisée à y pénétrer. Des patrouilles navales de la MFO (Force multinationale et observateurs au Sinaï), établie pour superviser le respect du traité, visitent régulièrement les îles et transmettent leur rapport à l’Egypte et à Israël. Ainsi deux minuscules territoires insulaires au potentiel stratégique immense sont passées d’un pays qui est en paix avec Israël, à un pays qui est toujours techniquement en guerre avec lui. Le golfe d’Aqaba est le seul débouché d’Israël vers l’Asie et l’Afrique, deux continents d’une importance vitale pour sa sécurité et son économie : on l’a vu, le blocus de 1967 imposé par Nasser a entraîné la guerre de Six Jours. Rien n’indique aujourd’hui qu’une confrontation militaire pourrait éclater entre Israël et l’Arabie saoudite, deux pays fortement engagés dans la lutte contre l’Iran ; selon des rumeurs concordantes, il y aurait même une importante coopération sécuritaire entre les deux. Officiellement pourtant, la position de Riyad reste hostile à l’Etat juif. Le royaume a bien résisté aux attaques terroristes d’al-Qaïda et au Printemps arabe, mais il reste profondément inféodé à l’establishment wahabite et son islam rigoureux, reposant sur le salafisme le plus extrême.

Et de conclure : "Il est vraisemblable que les Etats-Unis – qui se sont portés garants du traité de paix entre l’Egypte et Israël, et qui sont membres fondateurs et principaux financiers de la FMO – aient participé aux négociations, dont ils se sont peut-être également portés garants. Il n’en reste pas moins qu’Israël n’avait guère le choix. S’opposer au transfert, c’était ouvrir une crise grave avec l’Egypte aux conséquences imprévisibles, compte tenu de la situation hautement instable du Moyen-Orient. Il reste à espérer que l’Egypte tiendra parole, et s’assurera que l’Arabie saoudite tienne ses engagements".

Crise 
« État clé du Golfe, l’Arabie saoudite subit aujourd’hui de plein fouet les conséquences de la chute du cours du pétrole. Enquête sur un royaume au bord de l’implosion ».

« L’Arabie saoudite n’est pas à une contradiction près. Partenaire de l’Occident, ce royaume quasi théocratique exporte un islam fondamentaliste tout en se posant en ennemi de l’État islamique ».

«  Si cette monarchie a longtemps été considérée comme un îlot de stabilité dans une région en crise, l’Iran, son principal concurrent au Moyen-Orient et son ennemi dans la guerre par procuration que se livrent les deux pays au Yémen, ne cesse de gagner du terrain ».

« Parallèlement, les cours du pétrole s’effondrent, et pour la première fois, l’Arabie saoudite s'est vue contrainte de lancer un emprunt auprès d’investisseurs internationaux ».

« Après l’accession de Salmane Ben Abdelaziz Al-Saoud au trône en 2015, la famille royale parviendra-t-elle à se maintenir au pouvoir ou ce pays dans la tourmente imploser-t-il – avec des conséquences imprévisibles pour la région, mais aussi pour l’Europe ? »

Selon un intervenant, le terrorisme serait causé par une "fracture". Ce qui exonère toute réflexion sur le lien entre islam et terrorisme.

Femmes
« Elles disparaissent sous l’« abaya » et le voile prescrits par la loi islamique. Elles n’ont pas le droit de conduire ni même de se déplacer sans « tuteur ». Dans le royaume ultraconservateur d’Arabie saoudite, corseté par la charia et les traditions, les femmes peuvent difficilement s’extraire du carcan qui leur est imposé ».

« Pourtant, une révolution silencieuse semble être en marche : une nouvelle génération de femmes se fraie avec assurance un chemin dans la vie professionnelle ».

« En 2015, pour la première fois dans l’histoire du pays, les femmes ont ainsi pu se présenter à des élections. Élue il y a quelques mois au conseil municipal de Djedda, Rasha Hefzi refuse de céder le moindre pouce de terrain à ses collègues masculins et conservateurs ».

« Om Saif, une jeune femme qui a repris la boulangerie familiale dans la vieille ville de Djedda, exprime elle aussi ce désir d’émancipation. Vêtue d’un niqab noir, elle donne des instructions à ses employés avant de prendre elle-même place derrière le comptoir – un grave péché pour de nombreux Saoudiens. Om ne cède pourtant pas à la peur et espère, par son exemple, encourager d’autres femmes à s’engager sur la même voie ».

« En effet, d'autres Saoudiennes revendiquent leur droit à exister sur la place publique. Politiciennes, avocates, journalistes, sportives ou entrepreneuses, toutes soulignent que la société a besoin des femmes pour avancer ».

« Portrait de Saoudiennes courageuses qui se battent pour faire évoluer la situation des femmes dans leur pays. Un film à leur image, nuancé, malin et plein d'énergie ».
     

Allemagne, 2017, 52 Min.
Sur Arte les 5 septembre 2017 à 22 h 35 et 15 septembre 2017 à 9 h 25

Allemagne, 2016, 44 Min.
Sur Arte le 5 septembre 2017 à 23 h 30

Visuels :
Un panneau "Vision 2030" : date de la sortie de crise ?
Le projet économique du roi Abdallah - l'Arabie Saoudite ouvre la voie à un avenir sans pétrole
La mosquée flottante à Jeddah
Pique-nique en famille sur la plage de Jeddah
Vue sur les toits de Jeddah

Scène de rue
L'avocate Sofana Dahlan et sa secrétaire Kiran Arshad
© Stefanie Platen

La famille de Fatimah Mosalli
© Gabriele Riedle

Une boulangère en Arabie Saoudite
© Stefanie Platen

Somayya Jabarti est rédactrice en chef
© Gabriele Riedle

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Shoah (Holocaust)
Les citations sur les documentaires sont d'Arte.

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