Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 14 septembre 2018

Le Kosovo


Ancienne province serbe, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008. Arte diffusera le 15 septembre 2018, dans le cadre du « Dessous des cartes » (Mit offenen Karten), « Kosovo, 10 ans d'indépendance et quel avenir ? » (Kosovo, welche Zukunft zehn Jahre nach der Unabhängigkeit?)
Le Kosovo est un territoire ayant fait partie de l’empire byzantin, puis de la Serbie dès 1170. En 1459, il est passé sous domination ottomane. Après la Deuxième guerre balkanique, le traité de Bucarest le confie en 1913 à la Serbie. A l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, le Kosovo devient une province autonome de la Serbie dans la Yougoslavie.

Dans les années 1990, la Yougoslavie est déchirée par des conflits opposant à la Serbie des forces séparatistes croates, albanaises, etc. En 1999, conformément à la résolution 1244 des Nations unies, le Kosovo est administré par l’ONU. En vertu des accords de paix de Kumanovo, la KFOR, force onusienne, est chargée de la paix et de l’ordre dans la région.

En 2008, le Parlement du Kosovo proclame unilatéralement l’indépendance du Kosovo. En 2011, 85 Etats reconnaissent cette indépendance.

« Le Champ des Merles »
« Kos signifie « merle », du nom de la défaite fondatrice lors de la bataille du champ des Merles, en 1389, qui ouvrit cinq siècles de résistance à l’occupation ottomane. Kosovo signifie littéralement « ce qui appartient au merle » mais, pour être exact, il faut parler de Kosovo-Métochie – du grec metohion, désignant les terres de l’Eglise. Ce qu’est le Kosovo, coeur spirituel de la Serbie, avec plus d’un millier d’édifices religieux, dont le patriarcat de l’Eglise serbe, à Pec, et des joyaux, comme le monastère de Gracanica, classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. A la fin du XVIIe siècle, de nombreux Serbes quittent une première fois le Kosovo, fuyant les violences des Turcs et des Albanais. Cependant, deux siècles plus tard, ils constituent encore 60 % de la population. En 1941, la guerre les chasse à nouveau, tandis que le Kosovo est rattaché à la Grande Albanie sous protectorat italien. Les Albanais colonisent alors la région, passant, entre 1939 et 1945, de 35 % à 70 % de la population. Après la guerre, le maréchal Tito interdira le retour des expulsés, encourageant, au contraire, l’immigration albanaise – la Yougoslavie, selon lui, ne pouvant être forte qu’avec une Serbie faible. En 1974, il érige même le Kosovo en province autonome, favorisant encore les Albanais au détriment des autochtones. Lorsque, en 1989, ce statut spécial est supprimé par Slobodan Milosevic, les Serbes ne représentent plus que 15 % de la population sur cette terre jadis nommée Vieille Serbie. La suite est connue. Le 24 mars 1999, prenant prétexte de la mise en scène, deux mois plus tôt, du massacre de « civils »albanais (il s’agissait, en réalité, de membres de l’UCK, la guérilla séparatiste albanaise) et après l’échec programmé de négociations à Rambouillet, l’Otan lance sa « guerre humanitaire» : 200 000 chrétiens serbes fuient, à nouveau, le Kosovo. Après quasi neuf années d’administration sous tutelle de l’ONU, le Kosovo proclame, le 17 février 2008, une indépendance reconnue par seulement 70 pays… dont la France. En revanche, des puissances de premier plan, comme la Russie, la Chine, l’Inde, l’Espagne, la Pologne, mais aussi l’ONU, l’Union européenne ou encore l’Organisation de coopération de Shanghai refusent de reconnaître le nouvel Etat, sorte d’ovni géopolitique susceptible d’encourager tous les irrédentismes. Etat « fantôme » de 11000 kilomètres carrés, le Kosovo est, aujourd’hui, peuplé de 2millions d’habitants, dont 94 % d’Albanais musulmans. Les catholiques albanais représentent 2 % de la population et semblent les plus isolés. « Ethniquement coupés des Serbes, ils sont rejetés par leurs frères, qui les contraignent à la dhimmitude, nous explique Zeljko, diacre orthodoxe, et se font traiter de “sales porcs.” Je ne les envie pas. » Les Serbes orthodoxes, qui étaient 250000 en 2000, ne sont plus que 120 000, dispersés dans des enclaves en proie aux persécutions, au centre et au sud de la région (40 %) ; ou concentrés dans le nord du Kosovo, adossés à la Serbie, et vivant, vaille que vaille, à l’heure de Belgrade. Ici, la ville de Mitrovica, coupée en deux par la rivière Ibar, symbolise l’affrontement entre deux mondes aux identités si tranchées qu’elles rappellent l’univers épique d’un Tolkien. Au nord, l’Europe et sa branche slavo-orthodoxe, avec 20 000 habitants regroupés autour d’une nichée d’églises ; au sud, (80000 habitants), le mondialisme dans ce qu’il a de plus grotesque : l’alliance de l’islam wahhabite et des Etats-Unis, symbolisée par des mosquées flambant neuves pavoisant…aux couleurs de l’Oncle Sam ! » (Le Spectacle du Monde , février 2012)

« Dix ans après son indépendance, le Kosovo est encore dans une situation difficile ».

« Non reconnu par l’ensemble de la communauté internationale, et notamment par plusieurs États européens, sans viabilité économique et soumis à la corruption et aux réseaux mafieux, ce petit pays d'Europe centrale peine à devenir réellement autonome ».

« Dans un rapport publié en 2011 sur un présumé trafic d'organes organisé pendant la guerre au Kosovo (1998-99) par la guérilla indépendantiste kosovare, le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, avait évoqué un lien entre ce trafic d'organes lors du conflit et le "cas contemporain" de la clinique Medicus. Dick Marty avait mis en cause notamment l'ex-chef de la guérilla Hashim Thaçi, actuel président du Kosovo, ce que l'intéressé a vivement démenti. Un tribunal spécial composé de juges et de procureurs internationaux, mis en place à la Haye à la suite du "rapport Marty", devrait annoncer prochainement ses premières inculpations. », rappelle L’Express  (6 janvier 2018).

Le Kosovo est « connu pour être le premier pays «exportateur» de djihadistes au monde par tête d’habitant. Le Kosovo constitue la seule zone du continent européen à apparaître sur l’Atlas de l’intolérance répertoriant les lieux où les Chrétiens sont menacés… Nous avons scellé un partenariat exclusif avec le diocèse du Kosovo qui s’est traduit par l’ouverture d’un bureau humanitaire à Gračanica en 2011… La condition humanitaire des Chrétiens du Kosovo est dramatique. Ils représentent 120.000 personnes tout juste 8% de la population et vivent murés dans des villages appelés « enclaves ». Dans ces poches chrétiennes d’une extrême pauvreté, ils sont coupés du monde, sans accès à un emploi, au transport public ou encore à des soins médicaux. Injustice parmi les injustices, l’ostracisme forcé qu’ils subissent est doublée d’une violence antichrétienne. Multiforme. Permanente. Impunie », a déclaré Arnaud Gouillon, président de l'association Solidarité Kosovo, à Valeurs actuelles  (11 septembre 2018). Depuis 2004, l’association a mené « 45 convois humanitaires d’urgence apportant plus de 400 tonnes d’aliments et d’équipements divers dont la valeur totale dépasse les 2 millions d’euros ». Le 10 septembre 2018, les autorités albanaises lui ont notifié une interdiction de séjour au Kosovo.

« La situation continue inexorablement à se dégrader pour les derniers Serbes du Kosovo. Une centaine de villages s'accrochent à quelques collines et survivent en autarcie. Les menaces et les agressions restent quotidiennes. Quel est leur avenir? Voici ce que me répondait une habitante l'hiver dernier, devant sa maison cambriolée pour la troisième fois en un an par des Albanais du Kosovo: «La situation est très critique, mais rien ne nous fera abandonner la terre de nos ancêtres. Tôt ou tard, les dirigeants politiques comprendront le drame qui se déroule en plein cœur de l'Europe. En attendant, nous ne pouvons compter que sur votre aide et sur celle de Dieu.»

Un lecteur de cet article a laissé ce commentaire : « Au Kosovo les Albanais font tout pour effacer l'histoire des Serbes vieille de plus de 1000 ans dans cette région, en 2004 (5 ans après la fin de la guerre) 4000 Serbes ont été chassé de leurs maison, 16 Serbes et 11 Albanais sont morts, 19 monuments, 16 Eglises Orthodoxes, 10 000 fresques, icônes, calices, reliques et plus de 900 maisons ont été détruites/brûlées, des villes et des villages ont été ethniquement nettoyé et tout ça sous le regard des forces de l'ONU. Aujourd'hui encore les Albanais saccagent les églises, y font leurs besoins, essayent d'empêcher les Serbes d'y aller et une de leur chanteuse (Era Istrefi) a même filmé un clip a moitié nu. Des Chrétiens sont discriminé par des Musulmans et tout ça au coeur de l'Europe, des soldats armés sont obligé de garder les monastères serbes à cause des attaques d'extrémistes albanais... »

« Son avenir pourrait se jouer à Pékin : la Chine le considère comme une étape clef de ses nouvelles "routes de la soie".

Quant aux chrétiens du Kosovo, Serbes orthodoxes pour la plupart, ils sont persécutés.

En mai 2018, un tribunal du Kosovo a condamné huit Kosovars à des peines d'emprisonnement - un total de 35 ans et six mois - pour avoir comploté de commettre un attentat terroriste contre l'équipe israélienne de football en Albanie en 2016.


« Kosovo, 10 ans d'indépendance et quel avenir ?  »
France, 2018
Sur Arte le 15 septembre 2018 à 19 h 30

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sur l'émission sont d'Arte.

1 commentaire: