dimanche 18 décembre 2016

Kirk Douglas, star juive américaine centenaire


Pour célébrer les 100 ans de Kirk Douglas, Arte propose un cycle  de trois films avec cet acteur/producteur/écrivain au caractère trempé, juif, sioniste, américain et philanthrope : « L´homme qui n´a pas d´étoile » par King Vidor (1955), « Les Vikings » par Richard Fleischer (1958), et « Seuls sont les indomptés » par David Miller (1962). La réalisation du « rêve américain » (American Dream).

Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand
Orson Welles (1915-1985)

Arte « célèbre une carrière d´exception menée avec une énergie pugnace et marquée par un engagement sans cesse renouvelé pour la défense des libertés, à l´écran comme dans la vie ».

Issur Danielovitch est né dans une famille nombreuse et pauvre de Juifs émigrés à Amsterdam, dans l’Etat de New York, aux Etats-Unis.

Grâce à ses bons résultats scolaires et un prêt, il entre à la St. Lawrence University. Sur les conseils d’un ami, lui aussi fils d’émigrés, il opte pour le nom d’artiste de Kirk Douglas .

Grâce à une bourse, il étudie à New York à l’American Academy of Dramatic Arts. Il s’y lie avec Betty Joan Perske, qui deviendra célèbre sous son nom de Lauren Bacall.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il s’engage dans la Navy. 

Après 1945, il joue dans une dizaine de pièces de théâtre à Broadway. Repéré par le producteur Hal Wallis sur les conseils de Lauren Bacall, Kirk Douglas fait un essai à Hollywood pour The Strange Loves of Martha Ivers (1946) avec Barbara Stanwyck. Il refuse de signer un contrat de sept ans, et incarne des personnages de second plan dans de bons films tels Out of the Past (1947) et A Letter to Three Wives (1949). Il décline l’offre de tourner dans The Great Sinner avec Ava Gardner et Gregory Peck, et préfère jouer un tough guy (un dur) dans Champion, un film à petit budget mais un succès commercial qui le propulse au rang de star et lui vaut une première nomination aux Oscar.

Il enchaîne Ace in the Hole de Billy Wilder (1951), Detective Story de William Wyler (1951), The Bad and the Beautiful de Vincente Minnelli (1952) – un rôle de producteur hollywoodien talentueux, mais tourmenté pour lequel il est nominé aux Oscar -, et Lust for Life de Minnelli (1956), qui lui vaut une troisième nomination aux Oscar.

Arte « célèbre une carrière d´exception menée avec une énergie pugnace et marquée par un engagement sans cesse renouvelé pour la défense des libertés, à l´écran comme dans la vie ».

« Pour saluer l’acteur américain, ARTE diffuse trois de ses meilleurs films – et rôles – au sein d’une longue filmographie riche en classiques et chefs-d’œuvre - Les Vikings, L’homme qui n’a pas d’étoile et Seuls sont les indomptés ».

Une « vedette charismatique, à la forte personnalité, qui a joué sous la direction de Jacques Tourneur, Raoul Walsh, Michael Curtiz, Joseph L. Mankiewicz, Billy Wilder, William Wyler, Howard Hawks, Vincente Minnelli, Stanley Kubrick… et à brillé dans presque tous les genres hollywoodiens, en faisant souvent preuve d’audace et d’intelligence dans ses décisions de carrière, et ses engagements auprès de cinéastes talentueux ».

L'homme qui n'a pas d'étoile (Mit stahlharter Faust)
L’homme qui n’a pas d’étoile (Man Without A Star, 1955) est diffusé le 19 décembre à 20 h 50. « C’est un sommet du western, par l’un des pionniers du cinéma américain, encore en pleine activité dans les années 50 ». « Un cow-boy lutte contre l’utilisation du fil de fer barbelé qui commence à hérisser les prairies de l’Ouest américain... Un western trépidant servi par un Kirk Douglas survolté à l’humour grinçant ».

Dempsey Rae « voyage clandestinement et sans embûche à bord d’un train de marchandises, jusqu’au moment où il doit voler au secours d’un jeune homme, Jeff Jimson, soupçonné du meurtre d’un contrôleur. Il réussit à prouver son innocence, avant de le prendre sous son aile. Parvenus dans une petite bourgade, les deux hommes sont engagés au ranch de Reed Bowman, une femme séduisante et ambitieuse, en conflit avec son voisin, Tom Cassidy, qui a entrepris de protéger ses terres en employant du fil de fer barbelé. Dempsey, qui déteste ces nouvelles clôtures, accepte de prêter main-forte à sa patronne dont il est tombé sous le charme… »

« Dix ans après « Duel au soleil », « L’homme qui n’a pas d’étoile  » (pas celle du shérif, mais celle des cieux qui sert de guide) signe le retour de King Vidor au western pour ce qui devait être, au départ, un petit film tourné en trois semaines – en raison de l’agenda de Kirk Douglas – et qui est devenu un classique du genre ».

La « prestation de la star en cow-boy haut en couleur à l’humour débridé, dissimulant mal une blessure secrète, a largement contribué au succès de ce film en Technicolor au thème brillamment développé et mis en scène à un train d’enfer : un individualiste forcené prend conscience que le monde autour de lui évolue et qu’il doit suivre son inéluctable course s’il veut rester dans le coup ».

King Vidor « conserve une approche primitive du genre, avec le lyrisme qui le caractérise, mais L’homme qui n’a pas d’étoile – écrit par Borden Chase, scénariste entre autres des westerns d’Anthony Mann – ouvre aussi une brèche moderniste, en interrogeant les thèmes fondateurs de la frontière, de la violence et de la transmission ».

Kirk Douglas « incarne un pur héros vidorien, individualiste forcené mu par son désir de liberté, d’indépendance physique et territoriale, comme en témoigne son aversion pour les barbelés, nouvel outil de la propriété privée et du cloisonnement de la nature sauvage qui a marqué à vie son corps de cicatrices. L’énergie que dégage Douglas s’exprime à la fois dans un humour presque enfantin, une sensualité effrénée – la belle et riche propriétaire représente à ses yeux un défi érotique – et une violence qu’il a du mal à contenir. Véritable cocotte minute sur le point d’exploser, tendu comme un arc, Kirk Douglas n’a jamais été une force tranquille. Plutôt un héros moderne, avec son poids de névroses et de blessures secrètes. A ce titre, le cow-boy de L’homme qui n’a pas d’étoile appartient autant à l’univers de King Vidor qu’à celui de l’acteur ».

La vie passionnée de Vincent van Gogh 
Arte diffusa les 23 et 26 février, puis 3 mars 2015 « La vie passionnée de Vincent van Gogh » (Lust for Life), de Vincente Minnelli, ainsi que deux documentaires de Henri de Gerlache : « Le choix de peindre - Vincent Van Gogh », et « Hollywood au pied du terril ». Trois films évoquant le séjour du prédicateur protestant Vincent van Gogh (1853-1890) dans un pays minier belge, avant la décision de se consacrer à la peinture et au dessin.

« Le pays et la population me séduisent chaque jour davantage », écrit Vincent van Gogh sur le Borinage (Belgique). Dans ses lettres à son frère Théo, il évoque cette période de bonheur, loin de son pays.

« Durant son séjour au Borinage, de décembre 1878 à octobre 1880, Vincent Van Gogh renonce à sa carrière d’évangéliste et décide de devenir artiste. L’exposition Van Gogh au Borinage. Naissance d’un artiste au Musée des Beaux-arts de Mons en Belgique « emmène à la découverte de cette période qui a résolument marqué le peintre puisqu’il développe, lors de son séjour dans le bassin minier wallon, les idées artistiques qui constitueront dans une large mesure la trame de son œuvre ». 

Sur cette période, Arte proposa le documentaire « Le choix de peindre - Vincent Van Gogh  », de Henri de Gerlache.

« Après un parcours tumultueux où il fut tour à tour marchand d'art, instituteur et libraire, Vincent Van Gogh trouva sa vocation de peintre à 27 ans. Une vocation née dans le bassin minier du Borinage, où Van Gogh s'est installé en décembre 1878 » pour y prêcher l’Evangile. 

Citant de célèbres Lettres à Théo, de quatre ans son frère cadet, et en arpentant le Borinage, le documentariste Henri de Gerlache « fait revivre cette naissance artistique et montre comment le séjour de Van Gogh au coeur du bassin minier a contribué à façonner son œuvre ». Il y découvre le rude et dangereux travail des mineurs. Il passe « six heures dans une mine” dans le charbonnage de Marcasse : « On descend dans une espèce de puits ou de cage… C’est un lieu lugubre. Nous avons vu les coins les plus reculés de ce monde souterrain. Imagine une série de cellules dans une galerie étroite. Dans certaines cellules, le mineur se tient debout; dans d’autres, il est couché ». Une expérience marquante : peu après sa descente dans la mine, il aidera les victimes d’un accident de grisou dans ce site d’extraction de houille.

Dès ces années, Vincent van Gogh réfléchit sur la représentation, analyse les œuvres de maîtres picturaux, est fasciné par la création artistique.

Nu pieds, vêtus de sacs de charbon, ce prédicateur ne répond pas aux attentes des villageois. A l’issue de sa période six mois d’essai, il souffre d’un délabrement psychique et physique. C’est la fin de son court ministère d’évangéliste.

Seul, il voit le pasteur Peterson en Flandres, et devient prédicateur clandestin. Son frère confident l’incite à prendre un métier traditionnel, tel menuisier. Les relations se tendent entre Vincent van Gogh, doutant de son avenir, et sa famille déçue. La correspondance entre les deux frères s’interrompt pendant un an. Période pendant laquelle cet artiste trouve un sens à sa vie : il dessine les mineurs, « les choses les plus ordinaires », copie des oeuvres existantes.

Non satisfait, ce solitaire prend conscience de l’impératif de suivre une formation de peintre et de rencontrer des artistes, dont Jules Breton (1827-1906) dont il espère des conseils et son éventuelle vocation. Fatigue ? Timidité ? Cet admirateur de Millet, n’entre pas dans l’atelier repeint de l’artiste : « Le dehors de cet atelier me désappointe », relate-t-il. Il se rend au Café des Beaux-arts de Courrières, et découvre une oeuvre affreuse sur Don Quichotte.

L’été suivant, il se remet à dessiner.

En 1880, il quitte cette région, et se consacre après cinq ans d’apprentissage le Mangeur de pomme de terre, qu’il considère comme son premier vrai tableau. Il crée 2 000 oeuvres – dessins, tableaux - sur les routes, dans sa route vers la lumière.


Alerté par un ami sur sa ressemblance physique avec Vincent van Gogh, Kirk Douglas est conscient que ce rôle marquerait un tournant dans sa carrière cinématographique. Il achète les droits d'un roman écrit sur le fondement des échanges épistolaires entre les frères van Gogh. Les studios de la MGM désignent le réalisateur célèbre Vincente Minnelli. La star américaine a du mal à sortir de son rôle en rentrant chez lui : élevé dans une famille Juive américaine pauvre, Kirk Douglas se retrouve dans ce milieu modeste du Borinage.

Avant Pialat et Scorsese, le réalisateur américain Vincente Minnelli “fut le premier à porter à l’écran la vie torturée de Vincent Van Gogh, des mines du Borinage à son suicide obscur à Auvers-sur-Oise (France) en 1890 ».

« Fasciné par le destin d’un peintre ignoré de son vivant, dont l’œuvre devint après sa disparition l’une des plus populaires au monde, le cinéaste d’Un Américain à Paris a voulu créer un film-tableau qui redonne vie non seulement à l’artiste mais aussi à ses toiles ». 

Pour ce film en couleurs , « il a choisi de tourner dans les lieux et les décors réels où a vécu le peintre. Un fait très rare à l'époque dans le cinéma américain », essentiellement hollywoodien. 

Le 27 septembre 1955, Vincente Minnelli « installe sa caméra Cinémascope dans une ruelle de Wasmes, à deux pas du Grand Hornu, dans le pays minier wallon du Borinage ».

Didactique, Vincente Minnelli « a tenté d’épouser au plus près son sens de la couleur, repeignant au sens propre ses paysages, puisqu’il fit répandre de la peinture jaune à la surface d’un champ pour qu’il soit plus proche du tableau original. Le cinéaste a également recouru au film Ansco, alors très novateur, pour se rapprocher autant que possible de la palette du peintre » et de celle de ses contemporains impressionnistes : Pissarro, Monet... Ainsi, les premières scènes situées aux Pays-Bas et en Belgique sont caractérisées par des couleurs neutres, froides, ternes (décor ocre ou marron, ciel, terril et murs gris, costumes sombres, galeries obscures de la mine), et par le vert des paysages ruraux hollandais. Le blanc des nappes, porcelaines, vitrages des intérieurs bourgeois de la famille van Gogh associé aux boiseries sombres ressort d'autant plus qu'il est rompu par un bouquet de fleurs rouges. La gamme chromatique s'égaye de tons clairs lors du séjour parisien, pour laisser dominer les jaunes éblouissants du Soleil provençal brûlant. Philippe Reynaert, conservateur du cinéma Mons, distingue « quatre mouvements » liées à « quatre couleurs : le gris-noir du charbon, le vert pour la période hollandaise, le rouge réservé à la partie parisienne, la fin noyée dans le jaune ». 

Kirk Douglas et Anthony Quinn, interprétant respectivement Vincent van Gogh et Paul Gauguin, « livrent une prestation hallucinante, aussi habités par leurs personnages que le cinéaste semble porté par sa vision romantique de l’artiste maudit », altruiste, doué d'empathie envers les personnes souffrantes, consumé de l'intérieur par sa passion et ses tourments et en quête d'amour et de bonheur.

Un « grand classique » en Cinémascope distingué par l’Oscar du meilleur second rôle à Anthony Quinn en 1957 et le Golden Globe du meilleur acteur pour Kirk Douglas. Celui-ci garde un excellent souvenir du tournage qui fut son deuxième film sous la direction de Vincente Minnelli, après The Bad and the Beautiful (Les Ensorcelés, 1952) déjà produit par John Houseman.

Soixante ans après le tournage mouvementé de « La vie passionnée de Vincent Van Gogh », réalisé par Vincente Minnelli dans le Borinage, le bassin minier belge, Henri de Gerlache a réalisé un documentaire fondé sur diverses archives, dont le making of du film, et sur des interviews de « ceux qui ont vécu cette confrontation brève entre deux mondes » - Kirk Douglas âgé de 98 ans, et d’anciens figurants borains ébahis par l'arrivée des voitures et caravanes de l'équipe de tournage ou rares témoins -. Ce documentaire « Hollywood au pied du terril » « ressuscite ce tournage hors norme ». L'ingénieur du son était furieux par le bruit du parquet fragile craquant sous le poids des machines. En Super 8, un habitant a filmé le tournage d'une scène. Ce qui suscita l'ire des cameramen américains. Une galerie ouverte a été fabriquée au rez-de-chaussée d'un immeuble.

Les Vikings
Réalisé par Richard Fleischer, « Les Vikings » réunit Kirk Douglas, Tony Curtis et Janet Leigh.

« Au temps des Vikings, deux frères ennemis, incarnés par Kirk Douglas et Tony Curtis, se disputent la même femme, la belle Janet Leigh... Signé Richard Fleischer, un grand classique du film d’aventures en Cinémascope ».

« Vers l’an 900, les Vikings envahissent l’Angleterre. Leur chef, Ragnar, tue Edwin, le roi de Northumbrie, et viole son épouse, la reine Enid. De cette barbarie naît un fils, Eric, envoyé dans un monastère pour le préserver de la colère d’Aella, le nouveau roi tyran. Celui-ci accuse son cousin Egbert de conspirer contre lui et le jette en prison. Parvenu à s’enfuir, Egbert rejoint Ragnar, qui lui présente Einar, son fils. Ce dernier est bientôt éborgné par le faucon d’Eric, devenu esclave des Vikings. Peu après, Einar enlève la fiancée d’Aella, la princesse Morgana, qui parvient à s’échapper avec la complicité d'Eric… »

« Mésestimé par la critique, oublié par le public, Richard Fleischer eut pourtant une longue carrière riche d’une cinquantaine de films, dont 20 000 lieues sous les mers et Soleil vert. Quand il se lance dans le tournage en Cinémascope des Vikings, il fait appel à Kirk Douglas, à la fois comme acteur et producteur, lui-même séduit par ce récit d’aventures tragique au motif simple et beau : deux frères ennemis qui se disputent la même femme ».

Le « temps aurait pu ternir l’éclat de cette fresque flamboyante aux somptueux décors naturels, il n’en est rien. Le souffle épique qui s’en dégage demeure intact ».

Spartacus
En 2012, Open Road Media a publié I Am Spartacus! Making a Film, Breaking the Blacklist, de Kirk Douglas, alors âgé de 95 ans. Un livre électronique préfacé par George Clooney et illustré de photographies inédites du tournage. Et, dans sa version audio, ce livre est lu par… Michael Douglas.

« En 1959, Kirk Douglas met en chantier, en tant que producteur, un projet considérable : l'adaptation de Spartacus, best-seller d'Howard Fast. Stanley Kubrick sera le réalisateur, Douglas jouera le célèbre esclave rebelle, Laurence Olivier, Tony Curtis, Jean Simmons, Peter Ustinov, Charles Laughton tiendront des rôles secondaires. Pour l'adaptation, Douglas engage le grand scénariste Dalton Trumbo. Or celui-ci, inscrit sur la liste noire de Joseph McCarthy, vient de passer un an en prison. Il doit donc travailler sous pseudonyme.


Dans ce livre publié aux Etats-Unis en 2012, l'acteur « décrit la mise en place d'un projet de grande envergure ; les relations orageuses avec Kubrick, avec qui il venait de tourner - et de produire - Les Sentiers de la gloire ; les caprices des acteurs, notamment la rivalité entre Ustinov et Laughton ; les difficultés pour parvenir à un montage définitif. Livre à la fois au passé et au présent, mémoires et prise de parole d'un acteur soucieux depuis toujours de la chose politique, I am Spartacus ! raconte l'épopée du film qui permit à Hollywood de tourner enfin la page de la liste noire  ».

« Quand je repense à Spartacus aujourd'hui - avec plus de cinquante ans de recul - je suis sidéré que toute cette histoire ait réellement eu lieu. Tout était contre nous : la politique de l'ère McCarthy, la concurrence avec un autre film - tout. », observait Kirk Douglas.

« Seuls sont les indomptés »
« Seuls sont les indomptés » (Lonely are The Brave) est réalisé en 1962 par David Miller. « Au début des années 1960, au Nouveau-Mexique, Jack Burns refuse farouchement que sa liberté soit compromise par la société moderne... Un western crépusculaire interprété et produit par Kirk Douglas. Avec également Walter Matthau et Gena Rowlands (future égérie de John Cassavetes) ».


« Au début des années 1960, au Nouveau-Mexique, Jack Burns, un cow-boy indomptable, refuse farouchement que sa liberté soit compromise par la société moderne. Il vit en marge de la société avec pour seule compagnie sa jument au caractère bien trempé, baptisée Whisky. Il rend visite à Jerry, une femme qu’il a aimée, mais pour laquelle il s’est toujours refusé à sacrifier sa liberté. Par dépit, celle-ci a épousé Paul Bondi, un ami de Jack, condamné à la prison pour avoir aidé des migrants mexicains illégaux. Quand Jerry lui apprend que Paul est sous les verrous, Jack décide de se faire arrêter et emprisonner pour l’aider à s’échapper. Mais Paul a choisi de purger sa peine jusqu’au bout et Jack s’évade seul. Le shérif Johnson se lance alors à ses trousses… »

« C’est Kirk Douglas, tombé sous le charme du roman d’Edward Abbey The brave cowboy (1956), qui a chargé Dalton Trumbo, scénariste communiste blacklisté, mais avec lequel il a déjà collaboré sur Spartacus, de l’adapter ».

« Pour réaliser ce western nostalgique sur la fin d’un monde, l’acteur, également producteur, a choisi un quasi-inconnu, David Miller, dont il sait qu’il acceptera ses incessantes interventions sur le tournage. Sublimé par un noir et blanc superbement contrasté et par la prestation de Gena Rowlands, Seuls sont les indomptés dessine la trajectoire tragique d’un héros solitaire et libre, le légendaire misfit, broyé par une société répressive. Une magnifique ode funèbre à un genre, le western, dans laquelle les paysages mythiques du Far West se diluent dans les mutations de l’Amérique moderne  ».

La musique est signée par Jerry Goldsmith, qui avait été recommandé à Universal Pictures par Alfred Newman. 

« Seuls sont les indomptés est mon film préféré. Le thème de l'individu broyé par la société me fascine. […] Il s'agissait d'un cow-boy moderne qui vit toujours selon le code moral du Far West américain. […] J'ai eu tout de suite envie d'en tirer un film. […] Mon excellent ami Dalton Trumbo finit par écrire le scénario. J'ai joué dans soixante-quinze films, j'en ai produit beaucoup et j'ai entendu parler de plus de films encore, mais, à ma connaissance, c'est la seule fois où un scénariste a écrit du premier coup un scénario parfait : un premier jet, et aucune révision. Autre avantage, Edward Abbey apprécia le scénario. Il eut même l'élégance de dire qu'il le trouvait meilleur que son livre, notamment en ce qui concerne les dialogues. Mais il préférait son titre », se souvenait Kirk Dougla.

Et de poursuivre : « La distribution était également parfaite. Nous voulions une ambiance réaliste, presque documentaire. L'image en noir et blanc. Gena Rowlands joue le rôle de la femme dont je suis amoureux, la femme de mon meilleur ami qui a été mis en prison… […] Elle était superbe. Walter Matthau était extraordinaire dans le rôle du shérif lancé à ma poursuite… […] Maintenant encore, je rencontre des gens qui me disent avoir appelé leur cheval Whisky, en souvenir de la magnifique jument palomino que je montais dans le film ».

En novembre 1962, contre l’avis de ses invités à la Maison Blanche, le Président John F. Kennedy a choisi de voir Lonely Are the Brave, qualifié par Ben Bradlee dans Conversations with Kenndy de « petit western sadique et brutal ».

En 1963, Kirk Douglas a été sélectionné par les BAFTA Awards dans la catégorie du Meilleur acteur étranger.

L'homme qui n'a pas d'étoile, par King Vidor
Universal Pictures, Aaron Rosenberg, 1955, 86 min
Auteur : Dee Linford
Montage : Virgil Vogel
Musique : Joseph Gershenson, Arnold Hughes, Frederick Herbert
Scénario : Borden Chase, D.D. Beauchamp
Avec Kirk Douglas, Jeanne Crain, Claire Trevor, William Campbell, Richard Boone, Jay C. Flippen 
Sur Arte les 19 décembre à 20 h 50 et 21 décembre 2016 à 13 h 35
    
« La vie passionnée de Vincent van Gogh  », de Vincente Minnelli
MGM (Etats-Unis), 1956, 118 min 
Producteurs : John Houseman et Jud Kinberg
Scénario de Norman Corwin d’après le livre d’Irving Stone
Montage : Adrienne Fazan
Image : F.A. Young, Russell Harlan
Musique : Miklós Rózsa
Avec Kirk Douglas, Anthony Quinn, James Donald, Pamela Brown, Everett Sloane, Niall MacGinnis, Noel Purcell, Henry Daniell, Madge Kennedy, Jeanette Sterke, Toni Gerry, Eric Pohlmann.
Sur Arte les 23 février à 20 h 50, 26 février à 13 h 35 et 3 mars 2015 à 13 h 35

« Les Vikings » par Richard Fleischer
Bryna Productions, 1958
Auteur : Edison Marshall
Image : Jack Cardiff
Montage : Elmo Williams
Musique : Mario Nascimbene
Producteur/-trice : Jerry Bresler
Réalisation : Richard Fleischer
Scénario : Calder Willingham, Dale Wasserman
Avec :Kirk Douglas (Einar), Tony Curtis (Éric), Janet Leigh (Morgana), Ernest Borgnine (Ragnar), James Donald (Egbert), Maxine Audley (Enid), Alexander Knox (le père Godwin)
Frank Thring (Aella)

« Seuls sont les indomptés » par David Miller
Joel Productions, Edward Lewis, 1962
Scénario : Dalton Trumbo
Auteur : Edward Abbey
Image : Philip Lathrop
Montage : Leon Barsha
Musique : Jerry Goldsmith
Avec : Kirk Douglas, Walter Matthau, Gena Rowlands, Carroll O’Connor, Michael Kane, William Schallert

« Hollywood au pied du terril  », de Henri de Gerlache
Arte, RTBF, 2014, 27 min
Sur Arte le 23 février 2015 à 22 h 50

« Le choix de peindre - Vincent Van Gogh  », documentaire de Henri de Gerlache
Arte, RTBF, 2014, 54 min
Sur Arte le 22 février 2015 à 17 h 35 

Visuels :
Kirk Douglas incarne Vincent Van Gogh dans le film “La vie passionée de Vincent Van Gogh". 
© Rino Noviello

Une projection en plein-air du film "La vie passionnée de Vincent Van Gogh".
© Rino Noviello

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Les citations proviennent du documentaire et d'Arte. Cet article a été publié le 22 février 2015 sous une forme concise.

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