mercredi 16 novembre 2016

« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau



Paul Landau (Pierre Lurçat) présente dans « Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » de parcours de terroristes convertis à l'islam.  Le 17 novembre 2016 à 19 h 45, au Moadon il donnera la conférence Israël face à la menace intérieure et présentera son dernier livre La trahison des clercs d’Israël (La Maison d’édition) en présence de son éditeur Philippe Karsenty.


Avocat et écrivain, Pierre Lurçat a traduit en français l’autobiographie de Jabotinsky.

Qui sont ces Américains, Européens ou Australiens convertis à l’islam radical ? Quels sont les parcours et motivations de ces djihadistes ?

C’est à ces questions cruciales que répond Paul Landau, nom de plume de Pierre Lurçat, dont on avait remarqué le précédent essai, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe (2005), dans ce livre passionnant sur ces conversions « relationnelles (instrumentales et non instrumentales) ou/et rationnelles (intellectuelles, mystiques et politiques) » (Stefano Allievi).

Une réalité difficile à cerner par l’absence de statistiques et d’études fiables

Dans ce livre passionnant, l’auteur brosse les portraits et décrit les parcours de ces islamistes, en insistant sur ce qui distingue leur engagement de celui dans des mouvements gauchistes et sur le risque qu’ils fassent des émules.

Puis Paul Landau conclut à l’impossibilité de déterminer un profil-type, tout en relevant « l’importance des liens familiaux et sociaux dans le développement des réseaux islamistes, l’absence d’éducation religieuse poussée », et des « éléments catalyseurs » tels « une grande instabilité affective, un goût de l’aventure, une tendance à la révolte contre leur éducation, contre leur environnement et l’Occident en général, le décalage entre l’image sympathique donnée d’eux par leurs proches et avocats, et le visage beaucoup moins innocent qui ressort des enquêtes policières et de leurs propres déclarations ».

L’auteur offre un panorama des convertis qui adoptent une double conversion, à l’islam d’abord, puis à "l’islam radical". Un islam vécu par ces convertis prosélytes comme « une religion morale ».

Ces conversions à l’islam dans des quartiers populaires s’apparentent à une forme d’assimilation à rebours (conversions de « Français de souche »), d’acculturation à un environnement ayant changé. Les procès du gang des Barbares dirigé par Youssef Fofana ont révélé que plusieurs membres de ce gang s’étaient convertis à l’islam.

Un mouvement de conversion « qui a redoublé d’ampleur au lendemain des attentats terroristes  islamistes du 11 septembre 2001 revendiqués par al-Qaïda".

Les lieux de prosélytisme ? La prison, la mosquée et Internet.

Ces convertis sont sélectionnés « pour le djihad ou les tâches de propagande et de logistique » lors de leur séjour dans des camps d’entraînement.

Paul Landau souligne l’importance de ces convertis pour les islamistes - al-Qaïda, le Hezbollah ou le Lashkar e-Taiba - : conseiller en communication (Adam Gadahn), islamikaze telle la Belge Muriel Degauque, taliban comme l’Américain John Walker Lindh ou l’Australien David Hicks, « anciens moudjahidine reconvertis dans l’islamo-gangstérisme » comme le Français Lionel Dumont, « émir aux yeux bleus » comme l’Allemand Christian Ganczarski, prédicateur (da’wa) tel Olivier Corel, « cibles et acteurs des filières de recrutement [assumant] des tâches de logistique et de soutien », etc.

L’auteur déplore enfin les carences de l’Occident, « un des fronts du djihad et base arrière où sont radicalisés, recrutés et parfois entraînés » ces convertis, les lois inadaptées au combat contre le djihad, la collaboration tardive entre pays, les divisions internes occidentales, l’attitude française paradoxale d’« efficacité contre le terrorisme islamiste et laxisme envers l’islamisme politique », etc.

Exemple : la France a accordé un visa au qatari et sunnite  cheikh al-Qaradawi, président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche et prédicateur souvent invité par al-Jazeera, au prédicateur égyptien salafiste Mahmoud al-Masri - tous deux exhortent à tuer les Juifs, et al-Qaradawi est favorable à l'exécution des homosexuels -,  et à Cheikh Omar Abdelkafi Chahata pour permettre leur participation au congrès de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) le 6 avril 2012 au Bourget, près de Paris.

Ce Conseil a notamment émis deux fatwas considérant la polygamie comme « un droit  », et exhortant les musulmans du monde entier de fournir « tous les efforts pour résister à l'occupation et libérer Al-Qods », c'est-à-dire Jérusalem (Israël). Le 21 juillet 2007, lors d'une émission pour enfants destinée à la chaine égyptienne al-Nas, Mahmoud al-Masri a déclaré que, si le mensonge est interdit, il est cependant autorisé à un musulman dans trois hypothèses : à une épouse sur des thèmes sentimentaux, à l'ennemi en temps de guerre et pour réconcilier deux rivaux musulmans.

« Je remercie personnellement Monsieur Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, d'avoir été attentif à nos différentes demandes et d'avoir arbitré contre les visas accordés par le quai d'Orsay pour Messieurs Yûsuf Al-Qaradâwî  et Mahmoud al-Masri, qui sont des prédicateurs de la haine et n'ont rien à faire en France en ces temps si troublés », a déclaré Dominique Lunel, interface entre le gouvernement et la communauté juive française, le 23 mars 2012, en fin d'après-midi.

Le cheikh al-Qaradawi « a un passeport diplomatique [qatari]. La France n'a [donc] pas délivré de visa pour ce prédicateur. Il n'y a pas eu de défaillance des services consulaires. La France s'opposera s'il maintient sa venue en France. Le gouvernement français ne souhaite pas la venue de prêcheurs extrémistes sur son territoire, prend et prendra toutes les mesures nécessaires pour que ce genre de personnages ne viennent pas diffuser sur le territoire de la république française un message de haine raciste, antisémite  », a déclaré Henri Guaino, conseiller spécial du Président Nicolas Sarkozy, le 25 mars 2012, sur Radio J, radio de la fréquence Juive francilienne, en évoquant une éventuelle mesure d'interdiction du territoire. Il a souligné « les excellentes relations de confiance et d'amitié » entre la France et le Qatar. Selon le site musulman Saphirnews, « les deux cheikhs visés sont en effet venus de nombreuses fois en France sans que rien ne leur soit reproché. Mahmoud El-Masri est d'ailleurs venu sans problèmes lors du Rassemblement annuel des musulmans du Nord en février dernier ».

Ayant indiqué s'être rendu dans la bande de Gaza, Henri Guaino a aussi stigmatisé « l'injustice » caractérisant selon lui la situation des Gazaouis vivant « d'une certaine manière dans une prison à ciel ouvert puisque ces gens ne peuvent pas rentrer, ne peuvent pas sortir, ne peuvent pas se baigner dans la mer... Je ne vois pas en quoi tuer une petite fille et des soldats peut faire avancer la cause palestinienne ».

« Alors même que le Quai d’Orsay ne souhaitait divulguer aucun nom, quatre invités représentant un fort risque à l’ordre public viennent de se voir interdire leur entrée sur le territoire français pour le Congrès de l’UOIF. Il s’agit de Ayed Bin Abdallah al Qarni, Safwat al Hijazi, Egyptien, [Nda : l’ancien grand mufti de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem cheikh] Akrima Sabri, et Abdallah Basfar, Saoudien. Le quai d’Orsay, par la voix du ministre Alain Juppé a accepté de communiquer les noms des quatre  personnes interdites de territoire », a indiqué Dominique Lunel le 29 mars 2012. 

Pavel Pechyonkin et Oksana Aslanova, suspects ayant causé les deux attentats terroristes islamistes dans la gare ferroviaire et un  trolleybus à Volgograd, ancienne Stalingrad, les 29 et 30 décembre 2013, s'étaient convertis à l'islam. Trente et une personnes ont été tuées lors de ces attentats islamistes qui ont blessé plus d'une cinquantaine de victimes. 


Paul Landau, Pour Allah jusqu’à la mort, enquête sur les convertis à l’islam radical. Editions du Rocher, 298 pages, 19 euros. ISBN 978 2 268 06640 0

Articles sur ce blog concernant :
Affaire al-Dura/Israël 

Cet article avait été commandé et non publié par L'Arche. Il a été modifié le 30 mars 2012
 Il a été publié les :
- 23 mars, puis 10 octobre 2012 alors que la police française enquête sur l'attentat antisémite et islamiste contre une épicerie cacher de Sarcelles ;
- 23 mai 2013 alors que l'un des deux assassins islamistes de Lee Rigby, jeune soldat britannique massacré au nom d'"Allah Aqbar", est un chrétien converti à l'islam ;
- 2 janvier 2014.

2 commentaires:

  1. Saluons l'esprit de responsabilité (tardif) de la présidence de la république sur la venue de Qaradwi ET Al Masri;
    Néanmoins quid de l'Uoif qui invitentde telles ordures?
    Et pourquoi Mr Guaino que j'appréciais jusqu'alors se sent il obligé de glisser un mot sur Gaza "prison à ciel ouvert" concept propagandiste extrémiste palestinien sur lequel il y y aurait bcp de choses à dire :les arrières pensées électoralistes sont évidentes derrière cette lâcheté démagogique qui entache le reste de la démarche!

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  2. HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE : lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


    Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

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