Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 5 octobre 2018

L'Iran


L'Iran détient une position géo-stratégique sensible. Arte diffusera le 7 octobre 2018 à 23 h 50 "Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" (Farah Diba Pahlavi - Die letzte Kaiserin), par Gero von Boehm. "D’une vie princière à l’exil et à la tragédie : retour sur la vie tumultueuse de la première et dernière impératrice d’Iran, Farah Diba Pahlavi, épouse du chah d'Iran de 1959 à 1980." Le 2 octobre 2018 au matin, s'est déroulée l’opération antiterroriste à Grande-Synthe (Nord) contre l’association chiite Centre Zahra France. Elle "est directement liée à la tentative d’attentat à Villepinte (93) contre les Moudjhadines du peuple".

« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama
« Les pharaons de l’Egypte moderne : Sadate » par Jihan el Tahri
« Les pharaons de l’Egypte moderne : Moubarak » par Jihan el Tahri
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz
L'Iran 

Photographies de Pierre Abensur : Juifs d’Iran, Le Cœur perse
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse
Soirée Erdogan sur Arte

L'Iran détient une position géo-stratégique sensible : ancienne route de la Soie, gisements pétroliers, zone convoitée par la Russie et l'Angleterre aux XIXe et XXe siècles, etc. Depuis 1979, le régime des ayatollahs a défié les Etats-Unis, encouragé le terrorisme islamiste et la haine du "Grand Satan" et du "Petit Satan", organisé des concours de dessins révisionnistes, développé un programme nucléaire militaire, etc.

Arte consacra sa soirée du 31 mai 2016 à l’Iran en diffusant « Iran, une puissance dévoilée » (Iran, Der Wille Zur Grossmacht), documentaire de Jean-Michel Vecchiet, Iran, chronique d'une année décisive (Iran - Atomdeal Mit Folgen) par Vincent de Cointet, Antoine Mariotti, Stéphane Saporito, et Entretien avec Abnousse Shalmani (Gespräch Mit Abnousse Shalmani), réalisé par Laurent Besancon.

    « Iran, une puissance dévoilée »
De « la découverte de réserves pétrolières au début du XXe siècle à la crise du nucléaire en passant par le coup d'État américain de 1953 qui réinstalla le Shah au pouvoir et la révolution islamique de 1979, ce documentaire retrace cent ans d'histoire mouvementée d'un pays partagé entre religion et révolution moderniste, soumission et indépendance, de l'Iran, revenant aux sources des tensions avec l'Occident".

En 1906, à la fin du règne des Qâjar (1779-1925), l'Iran est le premier pays à se doter d'une "constitution et d'un Parlement à l'occidentale". La découverte du pétrole révolutionne le XXe siècle. L'Anglo-Persian Oil Company est créée en 1909.

Reza shah a fondé la dynastie Pahlavi. Il admirait Atatürk, et a voulu instaurer la république. Il a interdit le port du foulard islamique aux femmes. Il a mis en place un système éducatif inspiré de celui occidental, créé des institutions modernes. Mais le clergé et Mossadegh s'y sont opposés. La Perse devient l'Iran. En 1933, un différend oppose Reza shah aux Britanniques. Reza shah parvient à changer des articles du contrat. La durée de ce dernier est passée de 60 ans à 90 ans. Reza shah se tourne vers l'Allemagne, notamment sous l'ère nazie. L'Iraq et nombre d'autres Etats arabes sont pro-nazis. L'URSS et la Grande-Bretagne envahissent l'Iran, et le divisent afin de le diriger. Reza shah est contraint d'abdiquer. Son fils se souviendra de cet acte humiliant. En décembre 1943, la conférence de Téhéran réunit Roosevelt, Staline et Churchill qui redessinent la carte du monde. Un passé pro-nazi sur lequel le documentaire passe vite...

" Une fresque passionnante, une histoire vivante et tragique qui s'appuie sur des archives et des documents d'époque, mais aussi et surtout sur les récits de témoins éloquents : Hachemi Rafsandjani, ancien président de la République islamique, d'anciens chefs religieux, des responsables de la CIA et du Mossad, des ambassadeurs, des Iraniens ordinaires... »

Le « documentaire explore deux pistes essentielles : d'un côté la relation complexe que l'Iran entretient avec l'Occident, de l'autre ses remous intérieurs. Les gouvernements iraniens affichent très tôt leur volonté d'ouverture vers l'Occident, notamment sous le règne de Reza Khan (1925- 1941) qui interdit le port du voile et promeut une éducation laïque".

Sous le Premier ministre Mossadegh décide en 1951 l nationalisation de l'industrie pétrolière. "Huit puissantes sociétés dominaient l'industrie pétrolière mondiale". Les Iraniens subissent l'embargo britannique. Affaibli, Mossadegh poursuit sa politique freinée par les sanctions. Entre le parti nationaliste et celui religieux, un imam assure la liaison. L'Union soviétique soutient les manifestants. Sous le président Truman, les Etats-Unis se proposent comme médiateurs entre la Grande-Bretagne et le gouvernement iranien. Ils veulent contenir le danger soviétique, et comblent le vide laissé par le départ des anciennes puissances européennes au Moyen-Orient. En 1951, Mossadegh donne une semaine au personnel anglais pour quitter l'Iran. Partisan du Toudeh ? Il écarte les communistes et s'éloigne des religieux. Britanniques et Américains (CIA) renversent le gouvernement nationaliste. Le Shah nomme un militaire chef du gouvernement, et Mossadegh prend la voie de l'exil. Communistes, loyalistes, religieux, etc. défilent dans les rues. Le Parti Toudeh a permis la réussite de ce coup d'Etat.


"Ces orientations provoquent des désaccords violents avec les religieux chiites, bientôt écartés du pouvoir. À ces tensions intérieures viennent se superposer des enjeux internationaux. Compte tenu de ses réserves pétrolières et de sa position stratégique, l'Iran est au centre de toutes les convoitises".

"Contrôlé par les Britanniques, puis sous l'influence des États-Unis (qui n'hésitent pas à fomenter un coup d'État contre le Premier ministre Mossadegh jugé trop proche des communistes), le pays souffre d'une instabilité permanente. Cette situation explosive conduit les Iraniens, las de l'autocratie du Shah, à se soulever en 1979 ».

Après la chute de Mossadegh, Mohammed Reza instaure un régime autoritaire. Le programme Atoms for Peace est stratégique pour les Etats-Unis qui donnent à l'Iran son premier réacteur nucléaire. Le Président John F. Kennedy souhaite soutenir les pays du Tiers-Monde pour éviter qu'ils ne passent sous l'orbite soviétique. L'Iran signe un pacte défensif avec les Etats-Unis. Il se dote d'un arsenal perfectionné d'armes. Il noue des relations étroites avec l'Etat d'Israël : tous deux évoquent l'avenir en espérant un havre de paix régional. Le Shah lance la "révolution blanche", agricole, et songe à un référendum. Ce qui suscite l'ire des mollahs, grands propriétaires de terres, et de l'aristocratie foncière.

L'ayatollah Khomeini est hostile aux alliances avec les Etats-Unis et l'Etat juif. Dans ses prêches, il attaque jusqu'à la monarchie. En 1964, il est expulsé de l'Iran, et se rend en Irak, puis en France. En 1967, le Shah s'auto-couronne "lumière des Aryens". Il fait édifier des barrages hydrauliques pour irriguer les terres. En 1971, le monarque organise les fêtes de Persépolis et s'adresse au roi Cyrus. La crise pétrolière de 1973 lui donne l'opportunité de démontrer sa puissance. Le prix du baril de pétrole augmente de 400% en deux ou trois mois.

L'ayatollah Khomeini incarne l'islamisme. Les étudiants lancent le mouvement, relayés officiellement ensuite par les mollahs. Le Conseil de la révolution provisoire est créé avant le retour de l'ayatollah Khomeini. L'Armée ouvre le feu contre les manifestants. On dénombre des centaines de morts. Le Shah est persuadé de la nécessité d'adopter des mesures démocratiques. Le Président Jimmy Carter a annoncé à ses homologues qu'il considérait le Shah comme perdu. A Neuphle-le-chateau, l'ayatollah Khomeini enregistre des cassettes aux prêches virulents, diffusés publiquement en Iran. Il "traduit en termes religieux et anti-occidentaux les ressentiments du peuple". Le Shah prend la voie de l'exil, abandonnés de nombreux dirigeants occidentaux. Le Président Sadate l'assure de son soutien.

De nombreux médias occidentaux accueillent avec un enthousiasme naïf et ignorant le renversement du pouvoir politique et l'arrivée en Iran de l'ayatollah Khomeini qui donne une fausse image de "gentil gourou". Sa "dimension féroce" n'est alors pas perçue. Des purges sont organisées, des dirigeants de l'ancien régime sont exécutés, lois civiles et religieuses fusionnent...

En 1979, débute la prise d'otages des diplomates américains. Une opération américaine visant à libérer les otages "a tourné au désastre" en raison d'une tempête de sable. Les otages sont libérés lors de l'élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis.

La guerre Iran-Irak a opposé deux des principaux producteurs mondiaux de pétrole, au nord du golfe Persique. "Collusion des Etats occidentaux, dont les Etats-Unis, contre le régime des mollahs iraniens ? Sans doute". Saddam Hussein luttait contre la propagation chiite au Moyen-Orient, et use d'armes chimiques. Près d'un million d'Iraniens meurent lors du conflit.

Après 1979, l'isolement de l'Iran se poursuit : attentats fomentés au Liban et en France, etc. Après les attentats islamistes terroristes du 11 septembre 2001, sous la présidence Bush, les Etats-Unis focalisent leur réaction sur l'Afghanistan et l'Iraq, et classent l'Iran dans "l'Axe du Mal".

Un grand nombre des experts interviewés sont des Iraniens vivant en Iran - ce qui réduit leur crédibilité - ou d'anciens ministres français des Affaires étrangères, dont Hubert Védrine.  Le portrait du Shah est assombri : le Shah ne semble pas avoir perçu la menace religieuse, tant il semblait obnubilé par les grandes puissances. Quid du soutien au terrorisme du régime des mollahs ?

Iran, chronique d'une année décisive
Signé le 14 juillet 2015, l'accord scandaleux sur le programme nucléaire militaire iranien a « suscité de grands espoirs en Iran. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Téhéran pour manifester leur joie après la signature de l'accord dit « sur le nucléaire » entre l'Iran et les Occidentaux. Celui-ci prévoit, notamment, la levée des sanctions économiques qui frappent le pays depuis des décennies. Huit mois plus tard, les attentes de la population ont-elles été comblées ? Comment l'accord impacte-t-il la vie quotidienne ? Le marché iranien, si convoité par les Occidentaux, s'est-il ouvert ?"

Les « trois auteurs de ce documentaire ont tourné dans le pays huit mois durant, pour en repérer les retombées concrètes » car le pays est "à bout de souffle" après des années de sanctions économiques.

En « réponse à ces interrogations, Vincent de Cointet, Antoine Mariotti et Stéphane Saporito tiennent la chronique iranienne des huit mois décisifs qui ont suivi la signature, de juillet 2015 à mars 2016, moment de la percée des réformateurs aux élections législatives". Le documentaire ne saisit pas la stratégie du régime iranien plaçant à sa tête des personnalités similaires.

"Ils ont observé la vie quotidienne à Téhéran, les tentatives d'industriels occidentaux pour gagner ce marché prometteur, les prêches politiques du vendredi à la grande mosquée, la campagne électorale dans la ville ultraconservatrice de Qom..."

"Une période cruciale éclairée par les regards d'observateurs politiques iraniens comme Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême pour les Affaires étrangères, Akbar Torkan, principal conseiller du président Hassan Rohani, Mehdi Saharkhiz, militant des droits de l'homme, mais aussi John McCain, membre du parti républicain américain, l'ancien ministre Laurent Fabius ou Antony Blinken, numéro deux de la diplomatie américaine... »

Le documentaire véhicule les poncifs erronés : "mollah conservateur modéré" pour désigner un mollah extrémiste. Il escamote la vision eschatologique du régime iranien, occulte le revirement de la diplomatie américaine sous le président Barack Obama - absence de soutien lors de la révolte estudiantine -, et dissimule la politique étrangère tentaculaire de l'Iran : liens avec le Venezuela de Hugo Rafael Chávez, le Hezbollah au Liban, la Corée du Nord nucléaire, la rébellion chiite houthiste au Yémen, etc.

"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice"
Arte diffusera le 7 octobre 2018 à 23 h 50 "Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" (Farah Diba Pahlavi - Die letzte Kaiserin), par Gero von Boehm. "D’une vie princière à l’exil et à la tragédie : retour sur la vie tumultueuse de la première et dernière impératrice d’Iran, Farah Diba Pahlavi, épouse du chah d'Iran de 1959 à 1980."

"Née en 1938 à Téhéran, Farah Diba rencontre le monarque iranien Mohammad Reza Pahlavi à Paris, alors qu’elle est étudiante en architecture. En l'épousant, elle devient la troisième femme du dernier Shah, et la première impératrice de l’histoire de l’Iran lors du sacre de son mari. La jeune souveraine devient alors une figure internationale populaire, notamment pour son charisme et son engagement dans de nombreux projets sociaux, lequel fait d'elle un moteur de modernisation pour le pays. Mais elle subit aussi la réprobation suscitée par le régime répressif de son époux.

"En 1979, l’ayatollah Khomeiny prend le pouvoir et instaure une République islamique. La famille impériale prend la fuite."

"Après la mort du Shah en 1980, l’ancienne impératrice se retire à Paris où le destin continue de s’acharner contre elle. En 2001, sa benjamine, Leila, se suicide. Dix ans plus tard, c’est au tour de son plus jeune fils, Ali-Reza. Retraçant sa vie tumultueuse, le documentaire suit Farah Pahlavi à Paris, puis lors de voyages en Égypte et à Venise".

"Documents d'archives, photographies inédites et films amateurs privés animent ce portrait fouillé et sensible."

Interview de Abnousse Shalmani
L'accord sur le nucléaire signé le 14 juillet 2015 a-t-il un impact positif sur les conditions de vie des Iraniens ? Après la répression brutale de la révolution verte, en 2009, l'ouverture économique du pays sera-t-elle profitable au peuple iranien ? Le rôle de la femme peut-il évoluer sous la présidence d'Hassan Rohani ?

Emilie Aubry « s'entretient des récents changements de la société iranienne » avec Abnousse Shalmani

Née à Téhéran en 1977, Abnousse Shalmani s'exile à Paris avec sa famille en 1985. Après ses études d'histoire, elle emprunte la voie du journalisme puis de la production et de la réalisation de courts-métrages avant de revenir à sa première passion, la littérature. Elle a signé « Khomeiny, Sade et moi ».

"A l'arrivée des mollahs au pouvoir, tout était recouvert en noir. Aujourd'hui, certaines femmes mettent un châle. Ouverture, il y a. Mais il faut éviter d'être trop complaisant avec les mollahs au pouvoir", a déclaré Abnousse Shalmani.

Et d'ajouter : "L'Etat, c'est les Pasdarans, l'élite qui a gagné la guerre Iran-Iraq, et détient tous les leviers économiques. Aujourd'hui les enfants des Bazari, du Bazar, s'ouvrent à Internet. Comment l'Occident va comprendre l'Iran ? L'Iran est le pays du paradoxe. Le régime a forcé à la schizophrénie. Le régime n'a pas changé. Il y a une liberté intérieure. Lors de la "révolution verte" en 2009, les mollahs ont senti quelque chose trembler sous leurs pieds. Il y a deux capitales en Iran : Téhéran qui veut aller vers le renouveau, et Qom, capitale religieuse tenue par les mollahs".

"Iran, rêves d'Empire"
Arte diffusera le 15 mai 2018 à 20 h 50 "Iran, rêves d'Empire" (Iran - Vom Gottesstaat zur Großmacht), documentaire réalisé par Vincent de Cointet (France, 2017,54 min.)

"Au Moyen-Orient, les cartes sont redistribuées : l'Iran, redevenue une puissance incontournable, inspire de la crainte à ses voisins. Ce passionnant documentaire retrace l'histoire récente du pays jusqu'à sa nouvelle position sur l'échiquier géopolitique."

"Le 14 juillet 2015, à Vienne, Téhéran renonçait au nucléaire militaire après des années de tensions avec la communauté internationale. L'accord, historique, signait le grand retour de l'Iran à la table de l'économie mondialisée". En 2015, par cet accord, qui n'est pas un traité international, l'Iran n'a pas renoncé à son programme nucléaire militaire. Ni à son programme balistique.

"Depuis, la république islamique a renforcé son statut de puissance régionale, tout en s'aventurant à l'extérieur de ses frontières. Participant directement aux conflits en Syrie, en Irak et au Yémen, renforçant son influence au Liban grâce au Hezbollah, l'Iran sème le doute chez ses alliés comme chez ses opposants : Ali Khamenei, le Guide suprême de la révolution islamique, aurait-il des visées expansionnistes ? Ou cet esprit offensif incarne-t-il un nationalisme plus moderne, visant à garantir la pérennité de son régime ?"

"Résumant près de quarante ans d'évolution géopolitique depuis la révolution islamique de l'ayatollah Khomeyni, le documentaire de Vincent de Cointet dénoue les fils d'un isolement qui se conjugue de plus en plus au passé". Non, cet isolement va se renforcer. Le Président américain Donald Trump a accordé un délai de plusieurs mois aux entreprises en affaires en Iran. Malgré les rodomontades européennes, de nombreuses entreprises européennes ont réduit depuis quelques années leurs engagements en Iran, car elles craignent la législation américaine, des condamnations pénales, financières aux Etats-Unis, etc.

"Comment l'ancienne Perse, cernée de nations arabes, est-elle devenue incontournable au Moyen-Orient – notamment dans la lutte contre Daech –, au grand dam de ses ennemis jurés, Israël et la sunnite Arabie saoudite ? Interrogeant experts et hommes politiques, le film éclaire les fondements de la psyché iranienne contemporaine". La puissance iranienne provient aussi du choix aberrant de Barack Hussein Obama, alors président des Etats-Unis, de privilégier un rapprochement avec le régime des ayatollahs, en refusant en 2009 de soutenir ceux qui se sont révoltés contre ce régime, en délaissant ses alliés saoudiens et israéliens, etc.

"Souvent liée à sa culture religieuse ou à son histoire récente – l'isolement pendant sa guerre contre l'Irak (1980-1988), au cours de laquelle seule la Syrie lui apporta son soutien –, la stratégie du pays gagne ici en clarté. Un passionnant voyage au cœur du mystère iranien."

« L'Iran à court d'eau »  
« L'Iran à court d'eau » (Dürre-Alarm: Wassernotstand im Iran) est un documentaire de Komeil Sohani et Laurent Cibien - "En Iran, la pénurie d’eau devient une urgence nationale. Comment la république islamique a-t-elle sacrifié cette ressource vitale ? Un documentaire éclairant".

"Quel est le plus grand danger qui menace l'Iran ? C'est à l'intérieur de ses frontières, et non à l'extérieur, que la réponse est à chercher. Le pays traverse une dramatique crise de l'eau : ses étangs et ses zones humides disparaissent, ses nappes phréatiques se vident tandis que ses rivières s'assèchent".

"Le phénomène a des conséquences graves pour l'agriculture et de nombreux villages sont en voie de désertification".

"Une véritable banqueroute" selon les experts locaux, qui déplorent aussi la frénésie de construction de barrages – plus de six cent cinquante, dont 40 % ne servent plus. Si rien ne change, "l’Iran, avec ses sept mille ans d’histoire, ne sera plus vivable dans vingt ans", s'alarment-ils. Qu'est-il arrivé aux descendants des Perses, réputés pendant des millénaires pour leurs ingénieux systèmes d'irrigation ?"

"Le changement climatique et la baisse de la pluviométrie sont les premières causes identifiables de cette crise environnementale, qui, par son ampleur, crée des tensions régionales au cœur du pays".

"L'enquête de Laurent Cibien et Komeil Sohani fait aussi affleurer les failles systémiques de la politique hydrologique iranienne. À une gestion défaillante de l'urbanisation, à des décisions ubuesques et des passe-droits aux effets dévastateurs se surajoute les malversations qui permettent aux ingénieurs de construire toujours plus et aux entreprises sous contrat avec l'armée de tourner. Suivant le cours de l'emblématique rivière Zayandeh Rud, ce documentaire éclairant raconte une désertification en marche".

Projet d'attentat déjoué
Le Mossad, service israélien de renseignements, a informé la France d'un projet d'attentat prévu en juin 2018 à Villepinte contre les Moudjahidines du peuple, des opposants au régime des mollahs. Le "30 juin 2018, un couple de Belges d’origine iranienne, Asmir et Nasmeh S., a été arrêté par la police belge. A bord de leur voiture, on découvrait des explosifs (500 grammes de TATP), ainsi qu’un mécanisme de mise à feu. Le couple âgé d’une trentaine d’années, avait, semble-t-il, pour projet de se rendre à Villepinte, au nord de Paris, afin d’y commettre un attentat contre l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI). Ce mouvement d’opposition radicale à la République islamique y tenait un grand meeting."

Le 2 octobre 2018 au matin, s'est déroulée l’opération antiterroriste à Grande-Synthe (Nord) contre l’association chiite Centre Zahra France. Elle "est directement liée à la tentative d’attentat à Villepinte (93) contre les Moudjhadines du peuple". « C’est une mesure de rétorsion », explique-t-on dans les milieux proches du dossier, où l’on estime que le couple arrêté par la police belge en juin était « en cheville avec les services iraniens ». Cette affaire a refroidi, si besoin était, les relations entre Paris et Téhéran. La France refuse pour l’instant d’envoyer un nouvel ambassadeur en Iran, proposant simplement un chargé d’affaires".

La France "a gelé les avoirs de deux Iraniens et de la Direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement, attribuant à Téhéran la responsabilité d’un attentat déjoué à Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 30 juin dernier. « Cet acte d’une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse », écrivent les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Economie, respectivement Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire dans un communiqué commun."

"L’association visée par l’opération de police à Grande-Synthe, Centre Zahra France, est accusée par les autorités françaises d’un « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes ». Ce centre aurait pu servir comme soutien logistique à des opérations iraniennes en France. « Cette opération s’inscrit dans le cadre de la prévention du terrorisme, les activités de l’association Centre Zahra France étant particulièrement suivies en raison du soutien marqué par ses dirigeants à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République », indique la préfecture dans un communiqué".

"Onze personnes ont été interpellées et les avoirs financiers de Centre Zahra France mais aussi des associations Fédération chiite de France, Parti antisioniste et France Marianne Télé, toutes déclarées à Dunkerque entre 2005 et 2011, de même que ceux de quatre personnes ont été gelés pour une durée de six mois. Le Centre Zahra France est très proche de l’Iran et cette opération n’a rien à voir avec les autres opérations terroristes qui visent des milieux radicaux sunnites. Le Centre Zahra s’inscrit, lui, dans le cadre du chiisme, extrêmement minoritaire dans l’Islam de France."

Cour internationale de justice
Le 3 octobre 2018, la Cour internationale de justice (CIJ), organe judiciaire des Nations unies, "a ordonné aux États-Unis de s'assurer que leurs sanctions contre Téhéran n'affectaient pas la situation humanitaire en Iran. Un revers pour Washington qui a toutefois récusé la compétence de la Cour dans cette affaire".

La Cour "considère que les Etats-Unis, conformément à leurs obligations au titre du traité de 1955, doivent, par les moyens de leur choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers le territoire de l’Iran de biens nécessaires à des fins humanitaires tels que i) les médicaments et le matériel médical, et ii) les denrées alimentaires et les produits agricoles, ainsi que de biens et services indispensables à la sécurité de l’aviation civile tels que iii) les pièces détachées, les équipements et les services connexes (notamment le service après-vente, l’entretien, les réparations et les inspections) nécessaires aux aéronefs civils. A cette fin, les Etats-Unis doivent veiller à ce que les permis et autorisations nécessaires soient accordés et à ce que les paiements et autres transferts de fonds ne soient soumis à aucune restriction dès lors qu’il s’agit de l’un des biens et services susvisés".

"LA COUR,
Indique à titre provisoire les mesures conservatoires suivantes :
1) A l’unanimité,
Les Etats-Unis d’Amérique, conformément à leurs obligations au titre du traité d’amitié, de commerce et de droits consulaires conclu en 1955, doivent, par les moyens de leur choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers le territoire de la République islamique d’Iran
i) de médicaments et de matériel médical ;
ii) de denrées alimentaires et de produits agricoles ; et
iii) des pièces détachées, des équipements et des services connexes (notamment le service après-vente, l’entretien, les réparations et les inspections) nécessaires à la sécurité de l’aviation civile ;
2) A l’unanimité,
Les Etats-Unis d’Amérique doivent veiller à ce que les permis et autorisations nécessaires soient accordés et à ce que les paiements et autres transferts de fonds ne soient soumis à aucune restriction dès lors qu’il s’agit de l’un des biens et services visés".

"Iran, rêves d'Empire" par Vincent de Cointet 
France, Artline Films, 2017, 54 min.
Sur Arte le 15 mai 2018 à 20 h 50
Visuels :
Peinture des visages des Ayatollah Khomeini et Khamenei sur un batiment
Affichage en ville de photos de 3 martyrs
Affichage en ville du visage de Moshen Hojaji, gardien de la révolution en ville
Femme faisant un selfie
© Artline Films

« L'Iran à court d'eau » par Komeil Sohani et Laurent Cibien
France, Artline Films, 2017
Sur Arte le 15 mai 2018 à 21 h 45
Visuels :
Image d'une rizière
Ispahan
Ispahan, place Imam
Un barrage à sec
© Artline Films

« Iran, une puissance dévoilée » de Jean-Michel Vecchiet
105 min
Sur Arte les 31 mai à 20 h 55, le 9 juin 2016 à 8 h 55 et 14 juin 2016 à 8 h 55
© Alle Rechte vorbehalten

Iran, chronique d'une année décisive, par Vincent de Cointet, Antoine Mariotti, Stéphane Saporito 
Arte, 2016, 10 min
Sur Arte les 31 mai à 22h30 et 9 juin 2016 à 10 h 30
© Point du Jour

Entretien avec Abnousse Shalmani, réalisé par Laurent Besancon
2016, 10 min 
Sur Arte le 31 mai 2016 à 23 h 25

"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" par Gero von Boehm
Allemagne, 2018
Sur Arte le 7 octobre 2018 à 23 h 50
Visuels :
Farah Diba, adolescente
© SWR/privat
Depuis la mort par cancer du Shah en juillet 1980 en Egypte, Farah Diba Pahlavi vit dans l'isolement à Paris. Cependant, elle n'a jamais rompu le contact avec son pays d'origine.
© SWR/Gero von Boehm

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 31 mai 2016, puis le 15 mai 2018.

7 commentaires:

  1. Bonjour, je ne crois pas que nous ayons assombri le rôle du Shah d'Iran, il s'est plutôt assombri tout seul. la torture et les enlèvements étaient systématiques en Iran, l'ambassade des états unis que nous avons pu visiter longuement dit beaucoup de ce qu'était le lien entre les services secrets occidentaux et le pouvoir en place. Non le documentaire ne laisse pas la parole uniquement aux "experts" Iraniens. De très nombreux responsables et acteurs des services secrets occidentaux interviennent, Britanniques, américains,israéliens, et assument les nombreux coups tordus de l'Occident. Le film revient aussi longuement sur la détestation du Shah face à l'occident au moment de la crise pétrolière et de l'opep dont il représente à l'époque le fer de lance. Les coups tordus des Mollahs, prises d'otages au Liban, sont évoqués. Mais ce film est surtout l'occasion de comprendre comment une nation comme l'Iran a subi puis s'est retournée contre ses prédateurs.Bien cordialement,Jean Michel Vecchiet

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    1. Bonjour.

      1. Pourquoi n'avoir pas cité le shah d'Iran quand il était interrogé sur ces tortures et enlèvements ? Pourquoi n'avoir pas interrogé la veuve ou le fils du shah d'Iran ?

      2. Sauf erreur de ma part, les Iraniens interviewés vivent en Iran. Quelle est leur liberté pour répondre ? Pourquoi n'avoir pas interrogé ou cité des opposants vivant hors d'Iran ? Les anciens ministres des Affaires étrangères français représentent la "politique arabe" de la France. Un seul Israélien est interviewé, et évoque le Shah, et non le régime des mollahs autrement plus dangereux.

      3. Vous n'avez pas répondu sur vos silences concernant la violence en Iran - disparition de Juifs, etc. - et hors d'Iran - attentats en Argentine, etc. -, l'enseignement de la haine de l'Occident et des Juifs dans les manuels scolaires iraniens, etc. Pourquoi ?

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  2. ah je n avais pas vu que vous aviez répondu,je viens de m en apercevoir et je vais prendre le temps de vous répondre asap

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  3. l ancien ministre du pétrole ne vit pas en Iran mais a paris, en tant que réfugié, il était un très proche du shah

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  4. il y a quatre synagogues a Téhéran, dont l une ou j ai partagé le shabbat, et l Iran et le pays du Moyen Orient après Israel, où vit la plus grande communauté juive, il y a un député juif à l assemblée Iranienne. ça n est pas les juifs que les Iraniens dénoncent, ni leur existence, ni leur religion, mais le sionisme, ce qui n est pas la même chose.

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  5. vous pouvez aller en Iran en tant que juive

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  6. 1. "L'Iran est le pays du Moyen-Orient après Israël où vite la plus grande communauté juive".
    C'est ubuesque.
    Plus de six millions de Juifs vivent en Israël. Combien de milliers en Iran ? Ce n'est pas comparable.
    Ce Moyen-Orient est quasi-judenrein. Pourquoi ?

    2. Sous domination islamique, les souverains musulmans choisissaient souvent des ministres juifs dhimmis, car ils craignaient que leurs coreligionnaires ne fomentent un coup d'Etat. Et ces ministres juifs savaient que s'ils commettaient le moindre acte déplaisant aux souverains, tous les Juifs seraient victimes de pogroms.
    Ce député juif est la caution du régime des mollahs.

    3. Je peux y aller en tant que juive française. Et si j'étais une Juive israélienne ?

    4. Vous vous trompez. Le régime des mollahs ne peut tolérer que des anciens dhimmis, méprisés par le prophète de l'islam Mahomet, soient citoyens de leur Etat souverain, indépendant. C'est contraire à l'enseignement de l'islam qui estime que les religions tel le judaïsme ont déformé le message divin et sont vouées à disparaître. La persistance du judaïsme, la renaissance d'un Etat juif, doté de sa langue plurimillénaire, à la réussite magnifique, interpelle ce régime islamique.
    Si les Juifs sont si heureux en Iran, pourquoi certains ont-ils tenté de le fuir clandestinement et ont-ils été tués (http://fr.timesofisrael.com/les-juifs-iraniens-disparus-pris-pour-des-rebelles-et-abattus/) ?

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