jeudi 28 septembre 2017

L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse


L'Iraq constituait une mosaïque ethnico-religieuse réunissant juifs, chrétiens, musulmans, yézidis, Arabes, etc. Jouissant d'une implantation plurimillénaire, la communauté juive irakienne y était prospère lors de la première moitié du XXe siècle. Éprouvée par le farhud, pogrom (1er-2 juin 1941), à Bagdad, persécutée après-guerre, elle a été contrainte à l'exil. Les chrétiens ont du progressivement quitter l'Iraq. Un exode accéléré par l'avènement en 2014 de l'Etat islamique  en Irak et au Levant (EIIL) ou Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) qui a annoncé le rétablissement du  califat aboli en 1924. Un « Etat islamique » (EI) qui a commis un génocide notamment à l'égard des Yézidis ou Yazidis. Le 28 septembre 2017, le Collège des Bernardins proposera la conférence de la Dr. Maria Rita Corticelli "Les Chrétiens et les Juifs en Irak : Défis et Espoirs".



L’Irak comptait 24 millions d’habitants, dont 97% sont musulmans (environ 60% de chiites, 37% de sunnites) et près de 3% chrétiens (Chaldéens, catholiques, assyriens, Arméniens) et juifs. Il réunissait Arabes et non-Arabes, dont des Kurdes...

Juifs

La communauté Juive était implantée depuis son exil forcé à Babylone sur l’ordre de Nabuchodonosor (597 avant l'ère commune). Elle était intégrée et souvent prospère au début du XXe siècle.

Gertrude Bell (1868-1926), agent de renseignement britannique et conceptrice de l'Etat irakien, est évoquée dans Letters from Baghdad, documentaire de Sabine Krayenbühl et Zeva Oelbaum.

Le blog Jewishrefugees a évoqué la perception des Juifs irakiens par Gertrude Bell en publiant un extrait des lettres de l’espionne britannique. Ces lettres sont lisibles sur un site universitaire consacré à Gertrude Bell.

Gertrude Bell décrit les Juifs comme constituant « une partie de la population importante, riche, intelligente, cultivée, active ». Et elle espère que certains de ses illustres représentants, dont Sassoon Eskel (1860-1932), qu’elle dénomme Sasun Effendi et dont elle loue la « sagesse et la modération habituelles », seront des acteurs clés dans la construction du nouvel Iraq :

« The Jews form a very important part of the population, rich, intelligent, cultivated and active. One example of their attitude towards the new order will be enough to show their quality. It has been given out that all the subjects of the Sultan would ultimately be called upon to perform military service; the law (which has since been passed) had not yet assumed a definite shape and many were of the opinion that it would be found impossible to frame it. Not so the Jews of Baghdad. As soon as the idea of universal service had been conceived, a hundred young men of the Jewish community applied for leave to enter the military school so that they might lose no time in qualifying to serve as officers. The permission was granted, and I trust that they may now be well on the road to promotion. The Christians showed no similar desire to take up the duties of the soldier. » (Amurath à Amurath, 1911)

« I'm now going to cultivate the Jew community - there are 80, 000 in Baghdad out of a pop. of 200, 000- and find out more about them. So far, I've only met the bigwigs, such as the Chief Rabbi. There's no doubt they will be a great power here some day ». (Lettre à ses parents, 1917)

« I'm making great friends with two Jews, brothers one rather famous, as a member of the Committee of Union and Progress and a deputy for Baghdad. His name is Sasun Effendi. They have recently come back from Constantinople (Istanbul) - they were at the first tea party I gave for you here. I've known Sha'al's wife and family a long time. They are very interesting and able men. Sasun, with his reputation and his intelligence, ought to be a great help ». (Lettre à ses parents, 14 juin 1920)

« The man I do love is Sasun Eff. and he is by far the ablest man in the Council. A little rigid, he takes the point of view of the constitutional lawyer and doesn't make quite enough allowance for the primitive conditions of the 'Iraq, but he is genuine and disinterested to the core. He has not only real ablility but also wide experience and I feel touched and almost ashamed by the humility with which he seeks - and is guided by - my advice. It isn't my advice, really; I'm only echoing what Sir Percy thinks. But what I rejoice in and feel confident of is the solid friendship and esteem which exists between us. And in varying degrees I have the same feeling with them all. That's something, isn't it? that's a basis for carrying out the duties of a mandatory? »  (Lettre à son père Sir Hugh Bell, 18 December 1920)

Sassoon Eskel est né dans une famille bagdadi juive aristocratique, les Shlomo-David. Ce sioniste avait pour cousin Siegfried Sassoon (1886-1967), poète et soldat britannique.

Sassoon Eskel suit sa scolarité dans un établissement de l’Alliance Israélite universelle à Bagdad.

Son père avocat, rabbin et philanthrope, Ezra Sassoon, l’envoye ensuite se former au droit et économie à Istanbul (Constantinople), Londres et Vienne. Polyglotte, Sassoon Eskel parle neuf langues : arabe, persan, turc, hébreu, grec, allemand, français, latin et anglais.

De retour en 1881 à Bagdad, Sassoon Eskel travaille comme dragoman (interprète) pour l’administration de Bagdad, et occupe un poste important dans les services de gestion de l’eau avant son élection en 1908 au conseil municipal de Bagdad comme échevin.

Apprécié des Ottomans, il remplit deux mandats à ce titre, puis est désigné comme conseiller spécial du ministère de l’Agriculture et du Commerce.

En 1920, il joue un rôle important dans la fondation des lois et de l’infrastructure financière du gouvernement irakien. Il est ministre des Finances à cinq reprises et député de Bagdad dans le premier parlement du royaume. Un parlementaire réélu jusqu’à son décès.

En 1921, quand Winston Churchill organise la conférence du Caire pour discuter de l’avenir de l’Iraq, de la Jordanie et d’Israël, Eskell est un des deux Irakiens envoyés pour déterminer le futur du pays et choisir son roi.

En 1923, le roi George V lui décerne le titre de Chevalier.

Eskell s’est vu qualifier du vocable turc laudateur « Effendi » et reçoit la Médaille al-Moutamayez ottomane. Il est aussi distingué par le roi Faisal.

Eskell est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris où il suivait un traitement médical. Sa bibliothèque réputée est pillée, et sa collection perdue après 2003.

Le 5 août 2016, la municipalité de Bagdad a annoncé qu’elle démolira la maison centenaire de Sir Sassoon Eskell et allouera le terrain à un promoteur immobilier. Cette maison était située rue Rashid, dans le centre de la ville, parallèlement à une rive du Tigre.

Sa’id Hamza, directeur du département d’investigation des sites patrimoniaux au sein du ministère irakien du Tourisme et des Antiquités, a qualifié cette décision de « violation » de la loi. Il a ajouté que « la maison d’Eskell est composée de deux parties : l’une devant aller au ministère des Finances, et l’autre à l’héritier, Albert Sassoon Eskell.

Malgré cette protestation, la maison a été détruite.

« La nouvelle de cette démolition a été reçue [à Bagdad] avec une grande tristesse. Chaque intellectuel irakien, toute personne intéressée par le passé du pays, sait qui Yechezkel Sassoon était », a déclaré Nabil al-Rube’l, historien irakien spécialisé dans l’histoire des Juifs babyloniens. Et d’ajouter ironiquement : « J’aimerais remercier notre pays, notre gouvernement et ses institutions pour avoir honoré, par cette démolition, la grande contribution de Sassoon en tant que serviteur public dévoué qui a utilisé de bonne foi et avec honnêteté l’argent public ».

Indigné par cette démolition, le poète Mohammed al-Rakabi a écrit un poème partagé sur Internet : « Sassoon, votre demeure est dans notre cœur. L’amour demeure et ne mourra pas dans les chaines. Si vous étiez né dans un pays qui reconnait ses fondateurs, les ignares ne seraient pas parvenus à devenir des maîtres ».
    
Dans les années 1920, l'enseignement de l'histoire Juive et de l'hébreu est interdit dans les établissements scolaires Juifs.

Dès 1934, puis entre 1948 et 1951, l’Irak édicte des lois anti-Juives. Les Juifs sont exclus de l'enseignement et de la fonction publique.

Le grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini et le gouvernement pro-nazi de Rachid al-Gaylani, ainsi que la propagande nazie de Radio-Berlin, ont joué un rôle dans le farhud (violente dépossession, en arabe), pogrom les 1er-2 juin 1941, lors de la fête de chavouot, à Bagdad (Iraq) : 175-180 Juifs tués, mille Juifs blessés, 900 maisons juives détruites, des biens Juifs pillés, etc. Al-Husseini a voulu punir les Juifs irakiens de leur supposée coopération avec la Grande-Bretagne. Les fomenteurs du farhud projetaient une rafle des Juifs, leur déportation et leur élimination dans des camps dans le désert.

En juillet 1948, il est interdit aux 140 000 Juifs de quitter l'Iraq. De lourdes amendes sont infligées aux Juifs irakiens riches.

En septembre 1948, Shafik Adass, millionnaire Juif irakien, est exécuté.

En 1949, la communauté Juive irakienne compte 130 000 âmes.

De 1949 à 1952, 120 000 Juifs (92% de cette communauté) opprimés, dénaturalisés, spoliés, émigrent, généralement vers Israël.

Le 12 janvier 1950, une loi bancaire ruine les agents de change, majoritairement Juifs.

Le 9 mai 1950, une loi prive de la nationalité les Juifs quittant l'Irak. Le 10 mars 1951, les biens des Juifs, ayant quitté le pays et déchus de leur nationalité, sont gelés.

Le 14 juin 1950, l'attentat contre une synagogue de Bagdad fait trois morts et vingt blessés.

Le 27 janvier 1969, sous Saddam Hussein, quatorze Irakiens, dont neuf Juifs, sont pendus publiquement pour « complot sioniste ». Pendant plus de vingt-quatre heures, leurs dépouilles demeurent visibles. Des dirigeants irakiens haranguent alors une foule de 200 000 individus.

Dans les années 1970, Saddam Hussein a confisqué les archives de cette communauté. Ces archives, comme celles des Juifs d'Egypte constituent des enjeux majeurs.

Parmi les Juifs irakiens émigrés célèbres : les frères Saatchi, publicitaires britanniques, Naïm Kattan, universitaire canadien auteur de « Adieu Babylone » (1975), et le peintre Abraham Hadad.

Victimes de l’exode oublié d'environ un million de Juifs des pays arabes ou musulmans dès 1948, les Juifs irakiens de la diaspora ou leurs descendants réclament des indemnisations pour les préjudices subis.

Souvent âgés, isolés, malades et pauvres, les 34 Juifs irakiens vivent en 2003 dans les villes, cachant leur identité dans une société martelant la haine d’Israël et des Juifs.

Découvertes en piteux état en 2003 lors de l'Opération Liberté pour l'Irak par des soldats américains, les archives juives irakiennes ont été rapatriées aux Etats-Unis et présentées, après leur restauration, dans une exposition itinérante.

Après avoir traversé des lieux bibliques, « le Major Carlos C. Huerta, rabbin de la 1ère Division aéroportée », découvre « la synagogue de Nineveh (Mosul), cité du prophète Jonas, emplie de détritus » (New Jersey Jewish Standard, 8 août 2003).

Le 1er juin 2015 est la  date du lancement du Jour international du Farhud. Les 1er et 2 juin 1941, eut lieu le farhud, pogrom, à Bagdad, capitale de l'Iraq. Organisée par l'International association of Jewish Lawyers and Jurists (IAJLJ), l'American association of Jewish Lawyers and Jurists (AAJLJ) et Stand With Us, une cérémonie a eu lieu ce 1er juin 2015, à 13 h 15, au siège de l'ONU à New York en présence notamment d'Edwin Black, auteur du Farhud, et du rabbin Elie Abadie. Elle liera le souvenir de cette tragédie à l'exode de près d'un million de Juifs du monde musulman (sphère Arabe, Turquie, Iran, partie de Jérusalem occupée par la Transjordanie), essentiellement des années 1940 aux années 1970.

Publiée en janvier 2016, une photographie montre que la tombe du prophète juif Ézéchiel, lieu de pèlerinage juif situé à al Kifl près de Bagdad, a été transformée en lieu musulman chiite surplombé par un minaret et recouvert d'inscriptions islamiques. Une pétition visant à alerter l'Unesco, les gouvernements et organisations occidentaux avait recueilli 1102 signatures. Issu de la tribu de Lévi, le prophète Ézéchiel a vécu au VIe siècle avant l'ère commune. Quand Nabuchodonosor II, roi de Babylone (597 av. J.-C.), a conquis le royaume de Juda, il fit détruire me temple de Salomon, premier temple de Jérusalem (587 av. J.-C.), et les Hébreux furent exilés en Mésopotamie après une ultime révolte (582 avant l'ère commune). Ézéchiel  et son épouse ont été exilés en 597 avant l'ère commune à Tel Aviv, village de Basse-Mésopotamie situé près de Nippour. Livre composant la Bible hébraïque, le Livre d’Ézéchiel annonce le retour des Juifs en Eretz Israel et la refondation de leur Etat.

En mars 2016, Sherzad Omar Mamsani, directeur des Affaires kurdes juives, a alerté sur les destructions du patrimoine juif - synagogues, cimetières - dans les régions de l'Iraq sous domination iranienne. Il a alerté en vain l'Unesco. Il a perdu sa main gauche lors d'un attentat terroriste contre sa maison et sa famille.

Sherzad Omar Mamsani est l'un des six membres de la délégation de Kurdes et Yazidis ayant visité le 13 mars 2016 le Mémorial Yad Vashem à Jérusalem (Israël). La délégation comprend aussi Saeed Khudeda Alo, enseignant à l'université de Duhok, et Khaleel al-Dakhi, avocat Yazidi et militant qui a aidé à sauver des personnes de l'esclavage par l'Etat islamique (ISIS). Cette délégation a participé à une conférence de la Spring of Hope Foundation et dont le thème est les voix des minorités ethniques et religieuses persécutées.

Constituées de dizaines de milliers de livres et documentas, les archives juives Irakiennes (Iraqi Jewish Archives) sont devenues un enjeu entre le pouvoir politique irakien et les Juifs d'origine irakienne. Le pouvoir politique irakien a obtenu leur retour en Irak. Ce qui a suscité l'indignation d'associations juives qui réclament leur dépôt en Israël où vit la majorité des Juifs ayant du quitter l'Irak généralement dans les années 1940 et 1950.  Une pétition a été lancée afin de soutenir la conservation par l'Etat juif de ces archives juives.

Chrétiens
L’Eglise de l’Orient survit, mais ses membres s’exilent dès les années 1960, et surtout depuis les années 1980, vers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie.

Les chrétiens les plus illustres sont le vice-Premier ministre Tarek Aziz et le patriarche Raphaël Bidawid, chef de l’Eglise chaldéenne et soutien du Raïs.

Les Chaldéens étaient au nombre de 350 000, soit près de la moitié des chrétiens irakiens. Le 29 avril 2003, les patriarches et évêques d’Irak revendiquaient la liberté religieuse pour tous. L’instabilité politique et la volonté d’islamistes d’imposer la charia (loi islamique) obèrent l’avenir des chrétiens et des Juifs.

Le nombre de chrétiens irakiens s'élevait à environ 1,5 million vers 2005. Dix ans plus tard, il est estimé à environ 500 000 en Irak. Les autres ont été soit assassinés soit en exil.

Après l'exil contraint des Juifs, les chrétiens ont du, en nombre croissant, quitter l'Iraq. Un exode accéléré par l'avènement en 2014 de l'Etat islamique  en Irak et au Levant (EIIL) ou en anglais Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) - al-Sham désignait la province de Syrie dans les précédents califats - qui a annoncé le rétablissement du  califat aboli en 1924.

Dans les territoires qu'ISIS (Etat islamique) contrôle, notamment en Iraq, ISIS a imposé la dhimmitude qui exige que les chrétiens payent un impôt (jizya) pour leur "protection" réduit à un état inférieur, cruel et humiliant.

Le 28 septembre 2017, au Collège des Bernardins, Yahad - In Unum proposera la conférence de la Dr. Maria Rita Corticelli "Les Chrétiens et les Juifs en Irak : Défis et Espoirs". " La présentation propose un panorama historique afin de mieux connaître les communautés chrétiennes et juives d’Irak, leur patrimoine et de comprendre les défis auxquels elles font face. L’intervenante mettra un accent particulier sur le tournant qui a eu lieu ente 2003 et aujourd’hui. Avec l’invasion de l’Irak par l’Etat Islamique en 2014, toutes les minorités religieuses présentes en Irak ont dû faire face à des persécutions qui ne sont, certes pas les premières, mais qui sont les pires de l’histoire contemporaine du pays".

Musulmans
Cet Etat composite est peuplé à 75-80% d’Arabes, et à 15-20% de Kurdes, de Turkmènes et d’Assyriens. Les Sunnites (sunna, tradition) sont essentiellement Kurdes ou Arabes.

Trois Irakiens sur quatre sont liés à 150 tribus. Conscients de la force des liens claniques, Saddam Hussein se rapproche des tribus lors de la première guerre du golfe. En 2003, vêtu en Bédouin, il les appelle à la lutte.

Dès 1991, ce partisan de la laïcité se tourne vers l’islam : relative prohibition de l’alcool, enseignement obligatoire du Coran, interdiction de prénoms chrétiens, etc. La propagande l’associe au Dôme en or du Rocher (Jérusalem).

Quant aux chiites, persécutés par Saddam Hussein, majoritaires à Bagdad, ils peuplent le sud de l’Irak où sont situés Nadjaf et Kerbala, leurs deux lieux les plus saints. Nadjaf abrite le tombeau d’Ali, gendre et cousin de Mahomet, premier imam du chiisme. Rivale de l’école de Qom (Iran), celle de Nadjaf est dirigée par les ayatollahs Khoï, puis Sistani. A Kerbala, se trouve le mausolée du fils d’Ali, Hussein, vaincu et tué par les sunnites Omeyyade.

Kurdes
Vivant dans le nord de l’Irak (cinq millions), les Kurdes sont aussi implantés en Turquie (15 millions), Iran (sept millions), Syrie (un million) et en Russie (350 000).

Leur aspiration à un Etat indépendant, prévu par le traité de Sèvres (1920), refusé par celui de Lausanne (1923), menace d’éclatement les pays où ils habitent.

Instrumentalisés par divers gouvernements, minés par leurs divisions, ils se sont opposés au régime du dictateur qui a réprimé leurs insurrections, notamment en 1991, provoquant alors la fuite de deux millions d’entre eux vers la Turquie et l’Iran.

Le 8 septembre 2002, les dirigeants de l’opposition kurde au Raïs, Massoud Barzani du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et Jalah Talabani, de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), signent la paix. Gouvernant une zone autonome au nord du 36e parallèle, ils s’accommoderaient d’un Etat fédéral au régime démocratique.

Le 25 septembre 2017, "le « oui » l’a emporté avec 92,73 % au référendum d’indépendance organisé au Kurdistan irakien, selon les résultats officiels proclamés" le 27 septembre 2017 "par la commission électorale. Selon ces données, la participation a atteint 72,16 %, soit plus de 3,3 millions de votants".


Ces "chiffres viennent renforcer le président de cette région autonome, Massoud Barzani, à l’initiative du référendum. Avant même la proclamation officielle des résultats, l’homme fort du Kurdistan irakien avait pris la parole, mardi, lors d’une allocution télévisée, pour inviter le gouvernement irakien à entamer avec lui « un dialogue sérieux (…) plutôt que de brandir des menaces ».

Des drapeaux israéliens ont été brandis lors de rassemblements de Kurdes au Kurdistan ou en Europe avant ce référendum. L'Etat d'Israël, où vivent des Kurdes juifs, a salué les résultats de ce référendum et un Etat kurde indépendant, et condamne l'utilisation du terrorisme.

Ce qui a suscité l'ire notamment de la Turquie.

Yazidis
Ils vivent principalement dans le nord de l'Iraq. Environ 300 000 Yazidis se sont réfugiés au Kurdistan irakien pour fuir les persécutions de l'Etat islamique : mise en esclavage, viols, etc.

L'« Etat islamique » (EI) a commis un génocide notamment à l'égard des Yézidis.

Le Père Patrick Desbois "a consacré sa vie aux recherches sur la Shoah, au combat contre l’antisémitisme et à l’amélioration des relations entre catholiques et Juifs. Patrick Desbois est prêtre catholique et Président de Yahad-In Unum".

Il a co-écrit, avec Nastasie Costel, La Fabrique des terroristes - Dans les secrets de Daech. Le 29 juin 2017, sur i24News, le père Patrick Desbois s'est indigné du silence sur le génocide commis par l'Etat islamique à l'égard des Yézidis, et probablement aussi d'autres minorités religieuses : "Ce qui est le plus choquant pour moi c'est que Baghdadi, la police religieuse, ont commis un génocide contre les Yézidis et peut-être contre d'autres minorités. Ils ont aussi expulsé tous les chrétiens, les ont maltraités. Personne n'est accusé de génocide, on parle de l'Etat islamique comme d'une entité qui disparaît". Il a souligné l'importance de désigner les coupables de ce génocide par leur nom. Il demeure sceptique à l'égard de la "mort" de l'Etat islamique qui selon lui "a besoin d'argent", se projette ailleurs", dans d'autres pays, et compte sur ses "lionceaux" pour poursuivre sa guerre. Il a évoqué le sort bouleversant des enfants captifs, convertis de force, victimes de "lavages de cerveaux", revendus - 25 000 dollars la fille, 15 000 dollars le garçon - et ne reconnaissant pas leurs parents ou les traitant de "koufars" (mécréants, en arabe). Yadad-In Unum construit des "ateliers avec des psychologues pour réveiller les enfants yazédis", forme des femmes, souvent veuves, à des métiers afin qu'elles acquièrent leur indépendance, etc.


Articles sur ce blog concernant :
Monde arabe/Islam
Shoah (Holocaust)
Cet article avait été publié en 2003 dans un dossier destiné à un CD-Rom d'EMME sur la guerre en Iraq. 
Cet article a été publié le 1er juin 2015, puis les 27 janvier, 18 mars et 1er juin 2016, 28 septembre 2017.

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