mercredi 10 janvier 2018

Michael Douglas


Né en 1944, fils de Kirk Douglas, Michael Douglas s'est affirmé en comédien oscarisé, producteur talentueux, Américain engagé contre le nucléaire, revendiquant sa judéité et son sionisme. Le 9 janvier 2018, il a nié les accusations selon lesquelles il se serait masturbé devant une ancienne employéeLe 10 janvier 2018 à 20 h 55, Arte diffusera Ma vie avec Liberace



Né en 1944 de parents acteurs -  Kirk Douglas, juif, et Diana Dill, chrétienne -, Michael Douglas est un comédien et producteur talentueux, qui s'affirme en tant que juif favorable à un judaïsme inclusif, philanthrope, sioniste, militant hostile au nucléaire et à l'antisémitisme.

Devenu célèbre comme acteur dans la série télévisée The Streets of San Francisco (Les Rues de San Francisco) et comme producteur dans One Flew Over the Cuckoo's Nest (Vol au-dessus d'un nid de coucou), de Miloš Forman (1975), Michael Douglas a enchaîné les succès  comme acteur au cinéma, dans des genres divers : le film dramatique The China Syndrome (1979), le film d'aventures Romancing the Stone (A la poursuite du diamant vert, 1984), la comédie musicale A Chorus Line (1985), Fatal Attraction (1987), etc.

En 1987, Wall Street marque l'acmé de sa carrière en l'associant à un personnage de "méchant".

« Wall Street »

Arte a diffusé « Wall Street » par Oliver Stone, puis à 22 h 55 « Il était une fois... « Wall Street », documentaire par Rémi Lainé. « La cruelle initiation d’un jeune trader par un flamboyant requin de la finance... À la veille du krach de 1987, Oliver Stone signe un film prophétique, avec un Michael Douglas époustouflant ». « Trente ans après sa sortie, Rémi Lainé décrypte le film « Wall Street » d’Oliver Stone, fresque visionnaire sur la spirale boursière et les traders d'une ère reaganienne qui fait écho à celle de Trump ».


« À Wall Street, en pleine euphorie boursière des années 1980, Bud Fox, un jeune et ambitieux courtier, parvient à approcher Gordon Gekko, un trader diabolique, qu’il vénère et qui l’initie bientôt à ses méthodes, entre adrénaline, spéculation carnassière et déluge de dollars. Grisé de flirter avec les sommets, Bud fournit à son mentor des informations sur la compagnie d’aviation où travaille son père, mécanicien et syndicaliste, avant de réaliser que son vautour de maître n’a cessé de le manipuler... »

« Salle des marchés en surchauffe, avalanche de chiffres clignotants, « golden boys » dopés – avec ou sans coke –, les yeux rivés sur les flux des écrans et une main fébrile sur le téléphone... Au travers de l’ascension et de la chute d’un apprenti trader, délit d’initié inclus, Oliver Stone met en scène la spirale infernale de la Bourse et ses vertiges comme une affolante et dévastatrice partie de poker menteur ». 

« Avec maestria, le scénariste de « Scarface » brosse le portrait au vitriol d’un raider sans foi ni loi, incarnation charismatique de la course au profit jusqu’à l’abstraction. Un Gatsby le maléfique (Michael Douglas, habité) qui martèle, trente ans avant l’ère Trump : « La cupidité, c’est bien ».

« Mais si le cinéaste entend dénoncer les dérives du capitalisme financier qui ronge l’Amérique reaganienne des années 1980, le public, lui, choisira Gordon Gekko comme le nouveau héros de l’époque, loin du monde industriel agonisant de l’ouvrier mécanicien à l’honnêteté chevillée au corps ».  Et de jeunes traders vont s'habiller comme lui : chemises rayées bleu et blanc...

« Que le film, prophétique, qui connaîtra une suite en 2010, soit sorti à la veille du « lundi noir » d’octobre 1987 à Wall Street n'a rien changé à l’affaire ».

Décryptage
« Dans les années 1980, Oliver Stone, ancien élève de Scorsese oscarisé pour « Platoon », entreprend, pour sa première collaboration avec les studios hollywoodiens, de mettre en scène l’effervescence de la Bourse américaine, dopée par la dérégulation reaganienne et l’ahurissante accélération des profits ». 

Une « fresque au cœur de la jungle de la haute finance qu’il documente avec son scénariste Stanley Weiser. Dans le film, Bud Fox, jeune courtier, tente de surfer sur la déferlante de dollars, dans l’ombre du trader Gordon Gekko, prédateur survolté, inspiré par les « golden boys », nouveaux maîtres du monde dont certains seront condamnés pour délits d’initiés ». Michael Douglas souligne combien le choix du nom patronymique Gekko, qui désigne un lézard, par Oliver Stone l'a aidé à concevoir le look de son personnage : cheveux lissés, gominés, plaqués en arrière par un gel.

« Au travers d’entretiens inédits avec les protagonistes – dont Oliver Stone et Michael Douglas –, le documentariste Rémi Lainé (« La rançon ») revisite l’histoire de ce film visionnaire sorti à la veille du krach d’octobre 1987 ». Un film nourri par les relations père/fils, à l'instar de celles entre Oliver Stone et son père qui travaillait à Wall Street.

Il « montre d’abord combien le cinéaste met au jour avec lucidité les mécanismes du capitalisme financier dont les années 1980 marquent l’avènement, avant les crises à répétition comme celle des subprimes ». L'enfer est pavé de bons sentiments. La crise des subprimes a été induite par la volonté de permettre aux plus faibles de devenir propriétaires de leur logement. Pour cela, la loi américaine a imposé aux organismes financiers d’accepter de prêter à des personnes aux revenus très modestes. Votée en 1977, sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, le Community Reinvestment Act a été étendu en 1997 sous la présidence de Bill Clinton. Ces organismes peuvent demander et obtenir une garantie de leurs dépôts par l'État (Federal Deposit Insurance Corporation). Respectueux du droit, craignant des poursuites pour discriminations raciales, ces organismes ont alloué des prêts risqués. S’ils avaient été guidés par le bon sens, la prudence, il est vraisemblable qu'ils auraient refusé nombre de dossiers. Dans ce système, Fannie Mae et Freddie Mac, sociétés qui détenaient ou garantissaient une grande partie des prêts immobiliers, ont joué un rôle déterminant. La titrisation a affecté ces prêts...

Mais si « Wall Street » triomphe au box-office, il échoue dans sa critique radicale du système, hissant – ironie de l’histoire – le requin Gekko au rang d’icône de l’argent roi. Donald Trump reprendra d’ailleurs sa tirade culte « Greed is right » (« La cupidité, c’est bien »).  Une cupidité similaire à un "appétit insatiable pour l'argent". Olivier Stone incite Michael Douglas à renforcer la méchanceté, la colère de Gekko.

Le « documentaire, enfin, lève le voile sur la filiation qui infuse le film : l'hommage d'Oliver Stone à son père, courtier gentleman d’un âge révolu ; Michael Douglas, comparé défavorablement au grand Kirk sur le tournage pour stimuler sa rage de vaincre (laquelle lui vaudra un Oscar) ; ou le puissant duo père-fils formé par Martin et Charlie Sheen, respectivement mécanicien syndicaliste et apprenti trader à l’écran. Un éclairage passionnant ».

Acteur engagé
En 2010, Wall Street: Money Never Sleeps (Wall Street 2) réalisé par Oliver Stone, avec Michael Douglas, Shia LaBeouf, Josh Brolin, Carey Mulligan, Frank Langella, Susan Sarandon et dans son dernier rôle avant son décès en 2014, Eli Wallach, ne rencontre pas le même succès.

Sur l'insistance de Michael Douglas, les producteurs recrutent Oliver Stone qui ne garde pas au montage la scène entre Gekko et Donald Trump, car le film était trop long. "I have been greedy for me. Now I want to be greedy for the US", a déclaré Donald Trump lors de sa campagne électorale.

Ma vie avec Liberace
En 2013, après sa victoire sur un cancer de la langue et avoir préservé son couple formé avec l'actrice Catherine Zeta-Jones,  Michael Douglas est loué pour son interprétation de Liberace dans Behind the Candelabra (Ma vie avec Liberaceréalisé par Steven Soderbergh. Il y incarne un personnage nombriliste, égocentrique, à la voix nasillarde, n'hésitant pas à convaincre son jeune compagnon de subir une opération de chirurgie esthétique pour lui ressembler.

Le 10 janvier à 20 h 55, Arte diffusera Ma vie avec Liberacepar Steven Soderbergh. "La poignante romance entre le célébrissime pianiste Liberace et son jeune amant Scott Thorson... Derrière le kitschissime déferlement d’or, de plumes et de paillettes, Steven Soderbergh dépasse la caricature pour laisser affleurer l’émotion du mélo. Magistralement interprété par un Matt Damon épatant et un Michael Douglas à l’exubérance mâtinée de toxicité".

"Au cours de l’été 1977, Scott Thorson, un bellâtre dresseur d’animaux pour le cinéma, entame une liaison avec un jeune homme qui a ses entrées dans le monde du spectacle. Par son entremise, Scott fait la connaissance du pianiste Valentino Liberace, star kitsch et adulée de Las Vegas, à l’aube de la soixantaine. Celui-ci lui offre de devenir son homme à tout faire. Malgré leurs différences d'âge et de classe sociale, tous deux tombent amoureux. Ils s’engagent dans une relation clandestine et tempétueuse qui s’achèvera, cinq ans plus tard, sous le feu des projecteurs…"


"Recalé des salles obscures aux États-Unis, car jugé trop "gay", Ma vie avec Liberace a pris une éclatante revanche en collectionnant les récompenses et en s’invitant en compétition officielle sur la Croisette. Derrière le kitschissime et baroque déferlement d’or, de plumes et de paillettes, Steven Soderbergh dépasse subtilement l’humour de la caricature pour laisser affleurer l’émotion du mélo. Magistralement interprété par un Matt Damon épatant en éphèbe vulnérable et toxico, et un Michael Douglas à l’exubérance mâtinée de toxicité, ce face-à-face entre la vedette vieillissante et le jeune premier revêt, finalement, un caractère tragique, sur fond d’identité refoulée (Liberace s’obstinant, avec l’aide de son manager, à se faire passer pour hétéro), de peur du temps qui passe et de solitude masquée".

Arte diffuse aussi Trois bonnes raisons de voir "Ma vie avec Liberace". "Le film évoque la vie de Liberace, pianiste de music-hall virtuose et bling-bling à travers le prisme de sa longue relation avec Scott Thorson à la fin de sa vie. Le cinéma de Soderbergh est marqué par la confrontation de contraires. Ainsi Michael Douglas et Matt Damon, deux figures incontestables de l’hétérosexualité hollywoodienne, illustrent la culture queer la plus radicale".

Sionisme
En 2014, le couple Douglas a célébré en Israël la bar mitzva de son fils Dylan.

En 2015, à Jérusalem (Israël), Michael Douglas a reçu le Genesis Prize, ou "Prix Nobel juif", en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du président de la Genesis Prize Fondation Stan Polovets, du président de l'Agence juive Natan Sharansky et de celui de la Knesset Yuli Edelstein. Il donne le montant du prix, soit un million de dollars, à des associations juives œuvrant pour la diversité du judaïsme.

Le 14 mars 2015, Michael Douglas relate dans une tribune publiée par The Los Angeles Times l'agression antisémite verbale dont a été victime dans la piscine d'un palace son fils adolescent âgé de 14 ans, et celle qu'il a subie alors qu'il était lycéen : « Un ami a vu un juif passer et, sans aucune provocation, m'a confié : "Michael, tous les juifs sont des arnaqueurs" (...). Avec mes quelques connaissances sur ce qu'est d'être un juif, je me suis retrouvé à défendre passionnément le peuple juif ».

En 2016, l'Agence juive annonçait que Michael Douglas allait défendre l'Etat d'Israël dans trois campus universitaires américains.

En décembre 2016, la famille Douglas a fêté l'anniversaire des cent ans du comédien et producteur Kirk Douglas.

Et ce, en présence de nombreuses personnalités qui ont rendu hommage à ce comédien et producteur américain dynamique, juif et sioniste : George Schlatter et son épouse Jolene, Neile McQueen Toffel, le producteur David Permut, l'écrivain David Bender, le réalisateur Jeff Kanew, qui a réalisé un film réunissant Kirk Douglas et son ami Burt Lancaster, le réalisateur Steven Spielberg et son cardiologue Dr. P.K. Shah venu avec une bouteille de vodka.

Allégations niées
Le 9 janvier 2018, Michael Douglas a nié les accusations selon lesquelles il se serait masturbé devant une "romancière féministe, au fort sens de l'humour", qu'il avait employée, aurait employé un "langage coloré", mais pas à son égard, lors d'entretiens téléphoniques personnels avec des amis, et qu'il aurait agi pour lui interdire de retrouver du travail dans l'industrie du show business, il y a de cela 32 ans.

Avant que la rumeur - les allégations sont prescrites - ne soit publiée par Variety ou The Hollywood Reporter, il a accordé une interview à Deadline Hollywood dans laquelle il a présenté des excuses pour son langage dans son bureau si ses mots, non dirigés vers elle, "l'ont offensée". Cette "dame sophistiquée était chargée du développement de ma société, et celle-ci n'a pas très bien marché durant son passage. Si on me demande mon avis sur elle, je le dirai honnêtement, mais je ne l'ai jamais blackboulée".

Il a souligné avoir "toujours soutenu les femmes" traitées en "égales et en pairs" et #metoo". Cette affaire peut faire reculer ce mouvement". "Blessé, bouleversé", Michael Douglas a insisté sur le soutien de sa femme et de ses enfants.


« Wall Street » par Oliver Stone
Twentieth Century Fox Film Corporation, 1987, 119 min
Image : Robert Richardson
Montage : Claire Simpson
Musique : Stewart Copeland
Producteur/-trice : Edward R. Pressman
Réalisation : Oliver Stone
Scénario : Stanley Weiser, Oliver Stone
Avec Michael Douglas, Charlie Sheen, Daryl Hannah, Martin Sheen, Hal Holbrook, Sean Young, Tamara Tunie
Sur Arte le 5 novembre 2017 à 20 h 55
Visuels :
Charlie Sheen et Daryl Hannah
Martin Sheen (à gauche) et Charlie Sheen (à droite)
Michael Douglas (à gauche) et Charlie Sheen (à droite)
Charlie Sheen
Michael Douglas
© 1987 Twentieth Century Fox Film Corporation/All rights reserved

« Il était une fois... « Wall Street », documentaire par Rémi Lainé
2017, 54 min
Sur Arte le 5 novembre 2017 à 22 h 55
Visuels :
Oliver Stone et Michael Douglas sur le plateau du tournage de WallStreet. Les deux hommes ont failli aller à la rupture, avant de finir par s’entendre sur la manière d’incarner Gordon Gekko.
Charlie Sheen, Michael Douglas et Oliver Stone au printemps 1987 dans les rues de New York lors du tournage du film Wall Street.
Oliver Stone en 1987 sur le plateau du film Wall Street tourné en grande partie sur les lieux-même de la bourse de New York.
Oliver Stone et l’équipe du tournage de « Il était une fois Wall Street».
Gordon Gekko, héros maléfique du film d’Oliver Stone incarné par Michael Douglas, couronné de l’Oscar du meilleur acteur est devenue une icône de la finance décomplexée.
Oliver Stone (à gauche) en 1987 sur le plateau du film Wall Streettourné en grande partie sur les lieux-même de la bourse de New York.
Gordon Gekko, héros maléfique du film d’Oliver Stone incarné par Michael Douglas, couronné de l’Oscar du meilleur acteur est devenue une icône de la finance décomplexée.
© Folamour Productions

Oliver Stone et l’équipe du tournage de « Il était une fois Wall Street»
© Olivier Raffet

Ma vie avec Liberace, par Steven Soderbergh
Etats-Unis, 2013
Auteurs : Scott Thorson, Alex Thorleifson
Image : Peter Andrews
Montage : Mary Ann Bernard
Musique : Marvin Hamlisch
Production : HBO Films, Jerry Weintraub Production
Producteurs : Susan Ekins, Gregory Jacobs, Michael Polaire
Scénario : Richard LaGravenese
Acteurs : Matt Damon, Michael Douglas, Dan Aykroyd, Scott Bakula, Rob Lowe, Debbie Reynolds, Eric Zuckerman, Pat Asanti
Sur Arte le 10 janvier 2018 à 20 h 55
Visuels :
Le réalisateur Steven Soderbergh
Michael Douglas et Matt Damon
Dan Aykroyd et Michael Douglas
Michael Douglas
Affiche du film

© HBO

Trois bonnes raisons de voir "Ma vie avec Liberace"
France, 2017, 2 min

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 5 novembre 2017.

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