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vendredi 25 janvier 2019

Douglas Fairbanks (1883-1939)


Arte rediffusera le 27 janvier 2019 « Douglas Fairbanks - Je suis une légende » (Douglas Fairbanks, Stummfilmheld und Hollywoodlegende), passionnant documentaire réalisé par Clara Kuperberg et Julia Kuperberg. « Star des films de cape et d'épée, le bondissant Douglas Fairbanks (1883-1939) a contribué à inventer, entre deux pirouettes, le Hollywood d'aujourd'hui. Raconté par Laurent Lafitte, son parcours flamboyant ressuscite la magie des débuts du cinéma ». Un précurseur talentueux méconnu.


« On l'a oublié, mais Douglas Fairbanks fut l'un des rois d'Hollywood. »

Acteur sympathique et populaire, scénariste, réalisateur, producteur ayant co-fondé en 1919, avec Mary Pickford, Charles Chaplin et D.W. Griffith, la United Artists, homme d’affaires avisé, cinéphile précurseur, pionnier au rôle essentiel dans l’industrie cinématographique naissante à Hollywood (création de The Academy of Motion Picture Arts and Sciences qui remet chaque année les Oscars, de la première école de cinéma à la University of Southern California)… L’Américain Douglas Fairbanks (1883-1939) a été, lors de l’ère du cinéma muet, une star mondiale - The Three Musketeers, Robin Hood, The Thief of Bagdad, The Black Pirate - et le troisième acteur le mieux payé. 

Avec son épouse, la star canadienne Mary Pickford, « la petite fiancée de l’Amérique », il a formé un couple idéal. 

Il a été aussi l’archétype du comédien-cascadeur athlétique et intrépide pour des films d’aventures ou de cape et d’épée interprétés par Jean Marais ou Jean-Paul Belmondo, et un modèle inspirant The Artist, de Michel Hazanavicius.

Douglas Fairbanks est né Douglas Elton Ulman en 1883 à Denver, Colorado. Issu d’une famille juive d’origine allemande en Pennsylvanie, son père est un célèbre avocat new-yorkais, qui abandonne le foyer familial quand Douglas Ulman a cinq ans. Sa mère, catholique, est native de la Big Apple, et donnera à sa famille le nom de son premier mari, Fairbanks. 

Dès son adolescence, Douglas Fairbanks joue comme comédien amateur.

A l’aube du XXe siècle, il entre dans la compagnie de l’acteur britannique Frederick Warde, qui l’avait repéré à Denver. Il gagne sa vie comme vendeur et employé de bureau.

En 1902, il débute à Broadway.

En 1907, il se marie avec Anna Beth Sully (1888-1967), issue d’une famille aisée d’industriels. Le couple a un fils, Douglas Elton Fairbanks, futur acteur.

« The King of Hollywood »
En 1915, la famille se rend à Hollywood. Douglas Fairbanks est recruté par la Triangle Pictures et est dirigé par le réalisateur D.W. Griffith. Cet athlète séduit les spectateurs de The Lamb (Le Timide), son premier film sous la direction de Christy Cabanne.

« Jugé mauvais acteur, il démarre par des galipettes dans des comédies bas de gamme. Devenues sa marque de fabrique, ses cascades, associées à son énergie et à son inamovible sourire, font de lui une immense star ». 

Grâce aux auteurs Anita Loos et John Emerson, il s’oriente vers des comédies romantiques : Amour et publicité (His Picture in the Papers) de John Emerson (1916), Un charmeur (Mr. Fix-It), d'Allan Dwan (1918).

1916. Douglas Fairbanks crée sa première société, la Douglas Fairbanks Film Corporation et signe un contrat avec la Paramount.

« En 1916, deux rencontres majeures changent le cours de sa vie déjà mouvementée : Charlie Chaplin, qui deviendra son meilleur ami, et Mary Pickford, "petite fiancée de l'Amérique" et grande vedette de l'époque, dont il tombe éperdument amoureux ». Un amour partagé par l’actrice, mariée alors à l’acteur Owen Moore.

En 1918, avec Chaplin et Pickford, Douglas Fairbanks participe à l’effort de guerre en vendant des bons de soutien aux Etats-Unis engagés dans la Première Guerre mondiale.

« En 1919, le trio Fairbanks/Pickford/Chaplin envoie valser Famous Players (la future Paramount) en créant United Artists, premier studio indépendant capable de distribuer ses films ». Le couple Fairbanks divorce officiellement. L’ex-épouse de l’acteur obtient la garde de leur fils.

L’année suivante, Mary Pickford, divorcée, épouse Douglas Fairbanks. Leur voyage de noces en Europe révèle leur popularité outre-atlantique. Leur retour à Hollywood est accueilli par une ferveur populaire.

En 1921, Mary Pickford, Charles Chaplin et Douglas Fairbanks contribuent à organiser le Motion Picture Fund pour aider les professionnels du cinéma qui ne pouvaient pas travailler ou ne pouvaient payer leurs factures.

« Dès lors, Fairbanks a les mains libres. Le signe de Zorro (1920) – inspiré d’une histoire, The Curse of Capistrano (1919), publiée par un pulp magazine dont Mary Pickford décèle le potentiel et a le plus grand mal à convaincre son époux de la lire -, Les trois mousquetaires (un vieux rêve) en 1921, Robin des Bois (1922), Le voleur de Bagdad (1924)… : les tournages s'enchaînent, toujours plus ambitieux, dans une débauche de décors grandioses et de folles acrobaties. Fairbanks, acteur et producteur, vit un âge d'or, jusqu'à l'avènement du parlant, à la fin des années 1920 ».

Le couple surnommé le « Hollywood royalty » reçoit dans sa ville « Pickfair » des dirigeants politiques, Albert Einstein, George Bernard Shaw,  Elinor Glyn, Helen Keller, H. G. Wells, Lord Mountbatten, Fritz Kreisler, Amelia Earhart, F. Scott Fitzgerald, Noël Coward, Max Reinhardt, Sir Arthur Conan Doyle, Austen Chamberlain, Sir Harry Lauder, le médaillé olympique et soldat japonais Takeichi Nishi…

En 1927, Douglas Fairbanks et Mary Pickford, confinée à des rôles de petites filles ou d’adolescentes, sont les premiers acteurs à laisser leur empreinte dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre à Hollywood.

Douglas Fairbanks est élu premier président de la Motion Picture Academy of Arts and Sciences qu’il a co-fondé.

« Le super-héros, les superproductions, le story-board, les Oscars, les foules en délire et même la première villa avec piscine à Beverly Hills… : tout ce qui constitue l'industrie du cinéma américain et le star-system, Douglas Fairbanks l'a inauguré ou en a eu l'intuition ». 

En 1927, la sortie du premier film parlant (talkie) Le Chanteur de jazz (The Jazz Singer) signe le déclin de leurs deux carrières.

En 1929, au Dolby Theatre à Los Angeles, Douglas Fairbanks se distingue en maître de cérémonie de la première soirée au cours de laquelle sont remis quatorze Oscars de la Motion Picture Academy, notamment à Janet Gaynor consacrée Meilleure actrice pour son interprétation dans Seventh Heaven (L’Heure suprême) de Frank Borzage.

Piètre qualité des films ? Décalage par rapport aux attentes du public durant la crise de 1929 ? Douglas Fairbanks enchaîne les insuccès commerciaux : Pour décrocher la lune (Reaching for the Moon), de Edmund Goulding (1930), M. Robinson Crusoe (Mr. Robinson Crusoe), de Edward Sutherland (1932), Les Quarante ans de Don Juan (The Private Life of Don Juan), de Alexander Korda (1934). 

Il met un terme à sa carrière cinématographique et parcourt le monde où sa popularité demeure intacte. 

Son couple se délite, notamment en raison de la liaison de l’acteur avec Sylvia Ashley – sa future 3e épouse -, et le divorce est prononcé en 1936.

En 1939, Douglas Fairbanks est terrassé par une crise cardiaque à Santa Monica.

« À travers ce destin flamboyant, le pensionnaire du Français Laurent Lafitte raconte en voix off les coulisses d'une industrie florissante mais encore artisanale et la splendeur des films d'aventures qu'elle a produits, dévoilant au passage le secret de certains effets spéciaux ». 

« Une foule d'archives étonnantes montrant l'industrieux Hollywood, Fairbanks enthousiaste et conquérant, les clowneries avec Chaplin ou la complicité amoureuse avec Mary Pickford complète ce documentaire au charme innocent, celui des commencements ».


« Douglas Fairbanks - Je suis une légende » par Clara Kuperberg et Julia Kuperberg
France, 2016, 53 min
Sur Arte le 27 janvier 2019 à 5 h 55
Visuels :
Douglas Fairbanks, photo du tournage "Le voleur de Bagdad", 1924.
Douglas Fairbanks
Douglas Fairbanks et Mary Pickford au cours de la construction de leurs studios de cinéma (1927).
(de gauche à droite) Mary Pickford,Douglas Fairbanks, et Sid Grauman, 1927
© Wichita Films

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Les citations proviennent d'Arte.

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