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jeudi 9 janvier 2020

20 ans. Les acquisitions du musée du quai Branly - Jacques Chirac


Créé par la volonté de Jacques Chirac, alors Président de la République, le musée du quai Branly  présente une exposition-bilan problématique sur ses vingt années d’acquisitions d’œuvres. Une rétrospective problématique, peu rigoureuse, « d’objets de natures et d’origines et  diverses » acquis selon une thématique peu compréhensible.


« Comment se construit une collection dédiée aux cultures et arts extra-européens ? Quelle direction donner à un musée national à la confluence des beaux-arts, de l’ethnographie et de l’art moderne ? Regard sur les coulisses d’une institution à travers vingt années d’acquisitions ».

« Interroger l’essence même d’un musée : pourquoi acquérir des œuvres et à qui les montrer ? Quelle direction lui donner ? Quel doit être son rôle dans le paysage des collections nationales ? Telles sont les questions que pose l’exposition 20 ans. À travers le regard d’une dizaine de conservateurs et de professionnels de l’univers muséal, jalonnée par une sélection de près de 500 œuvres, une exposition qui déroule pour la première fois les fils d’une politique d’acquisitions et en dévoile ses coulisses ».

« Depuis 1998, date de création de l’Établissement public du musée du quai Branly - Jacques Chirac, plus de 78 000 pièces historiques et contemporaines (objets et œuvres graphiques et photographiques) ont intégré les collections publiques. Parmi celles-ci, des œuvres majeures, des pièces complétant un ensemble ou historiquement significatives. Des acquisitions savamment choisies, complétant un héritage de près de quatre siècles, fusion des collections du musée de l’Homme et du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie (MNAAO), comme autant de promesses de regards neufs et de savoirs renouvelés pour les collections extra-européennes ».

On peine à comprendre la ligne directrice ayant présidé à l'achat de tant de pièces.

Durant le vernissage presse de l'exposition, je constate avec stupéfaction que deux oeuvres sont légendées : "Bethléhem, territoires palestiniens, 1830-1880". J'interroge le commissaire de l'exposition : "Que signifie "territoires palestiniens" ?" Silence gêné. En effet, le musée aurait du indiquer "Empire ottoman". En alléguant "territoires palestiniens", le musée du quai Branly - Jacques Chirac récuse les critères historiques pour "palestiniser" une ville située en Judée. 

Une faute historique reproduite dans le catalogue de l'exposition.

Une politisation qui imprègne le discours de Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly - Jacques Chirac depuis vingt ans : « Je souhaite que le musée se colorise, nous sommes trop blancs  ».

« Le creusement des savoirs et l’élargissement des géographies culturelles tendent aujourd’hui à dénoncer toute prétention à faire du discours sur l’art et sur les sociétés un territoire clos, fini. Prenant acte de ce nouvel illimité, les acquisitions du musée du quai Branly – Jacques Chirac ont pour première finalité de mettre les collections en mouvement, d’y faire entrer les pièces en résonance, de les ouvrir à d’autres dimensions et d’autres temporalités. Elles font du patrimoine un organisme vivant, qui marche et qui respire avec son temps. L’acte d’acquisition soulève donc d’innombrables questionnements. Ceux-ci engagent tant l’identité du musée que sa mission. Plus généralement, ce sont l’utilité et la crédibilité d’une politique patrimoniale d’État que met en jeu toute nouvelle pièce rejoignant les collections nationales. Vingt ans après la première acquisition de l’établissement, et à l’heure où s’amplifient les questionnements sur le sens et les limites de la patrimonialisation des productions culturelles, il était important, sinon essentiel, de démêler tous les fils d’une problématique qui lie les différentes facettes de la fonction muséale. Je me réjouis que l’exposition ait su formuler avec tant de clarté et de hauteur les termes complexes du sujet, apportant une lumière tour à tour scientifique, éthique ou encore juridique à ces enjeux. Si Yves Le Fur, directeur du département du patrimoine et des collections, et Emmanuel Kasarhérou, adjoint au directeur, ont été les grands orchestrateurs de 20 ans. Les acquisitions du musée du quai Branly – Jacques Chirac, leurs équipes se sont mobilisées avec ardeur pour livrer au visiteur, et plus généralement au citoyen, le fruit de longues années de réflexions et de pratiques. Un fruit qui continuera de croître et de mûrir, pour peu qu’on s’y applique collectivement », a expliqué Stéphane Martin, Président musée du quai Branly – Jacques Chirac.

« Pourquoi acquérir ? » s’interrogeait déjà Germain Viatte qui fit le premier bilan des acquisitions du musée, en 2006 : « Il faut toujours se le demander en pensant à tous ceux qui doutent d’une telle nécessité au prétexte que tant d’objets et tant de documents de toutes sortes sont déjà et depuis si longtemps engrangés et parfois négligés et oubliés. » Autant nier à une bibliothèque de conserver des ouvrages anciens au prétexte qu’ils ne sont pas consultés tous les jours, et réfuter l’achat de nouveaux livres. Car un musée n’est pas seulement l’héritage poussiéreux d’une collection, nonobstant tous les amateurs de poussière et d’oeuvres oubliées, il est une formidable promesse de regards neufs, « de réveil de mémoire endormie » selon la belle expression de Mataliwan Kuliyaman, Amérindien Wayana, de combinaisons de savoirs renouvelés, d’agencements esthétiques imprévus que la sensibilité du siècle recrée. N’en déplaise aux esprits simples et chagrins qui pensent le musée comme chose morte, la collection est vivante. Elle s’enrichit de compléter des points de vue, des connaissances, des recherches. Elle est un héritage qui se transforme sans cesse, un patrimoine actif » Yves Le Fur, Directeur du département du patrimoine et des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac et commissaire général de l’exposition.

Les acquisitions du musée du quai Branly – Jacques Chirac
« Vingt ans. Depuis la création du musée du quai Branly – Jacques Chirac, plus de 77 000 œuvres, pièces historiques et contemporaines, ont intégré sa collection ».

« Comment s’est-elle constituée, quels regards l’ont formée, quelle pensée critique l’a accompagnée ? 20 ans présente les acquisitions du musée de 1998 à 2018 : l’histoire d’une jeune institution et de ses coulisses se découvre ici, à travers près de 500 œuvres iconiques. »

« Si le musée ouvre ses portes en 2006, il met en place, dès sa création en 1998, un important chantier de ses collections. L’enjeu est de photographier, renseigner et reconditionner les œuvres héritées du Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie et du musée de l’Homme. Dans le même temps, l’institution développe sa propre politique d’acquisition visant à poursuivre les lignes de force qui font l’identité des collections héritées, tout en ouvrant de nouveaux axes de développement. Son aspiration, témoigner de la vitalité des créations d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amériques, élargir la connaissance sur ces cultures vivantes, en transformation ou disparues ».

« La collection s’enrichit également et considérablement grâce à la générosité de donateurs – l’exposition leur rend hommage. En vingt ans, et à ce jour, 77 082 items ont été acquis – 15 857 objets et 61 225 oeuvres graphiques ou photographiques –, 60% proviennent de dons ».

« La collection du musée du quai Branly – Jacques Chirac, constituée du 16e siècle à nos jours, s’inscrit dans un temps long. Elle révèle les regards et sensibilités qui l’ont façonnée, complète et renouvelle les savoirs. Images de voyages et d’expéditions, objets des collections d’artistes et d’intellectuels qui ont contribué à la reconnaissance des arts extra-européens – Apollinaire, Matisse, Lévi-Strauss entre autres – documents d’archive, peintures et photographies contemporaines… les oeuvres, uniques par leur style, leur esthétique, leur rareté ou leur ancienneté, concourent à l’enrichissement d’un patrimoine mondial et à sa diffusion. »

« Autre enjeu de l’exposition, mieux comprendre la fabrique des collections nationales. Pour la première fois, 20 ans déroule les fils d’une politique d’acquisition et propose un discours inédit sur la constitution des savoirs autour d’une collection. Le parcours, pédagogique, présente les enjeux éthiques et juridiques à l’oeuvre dans le processus d’acquisition et la part d’humain, de subjectivité qui l’accompagne. »

« La parole est donnée aux conservateurs et professionnels de l’univers muséal ; des multimédias retracent les différentes étapes qui jalonnent la vie d’une œuvre – de sa présentation en commission à son entrée dans les collections, en passant par les analyses scientifiques. L’exposition aborde donc ce que le public ne peut d’ordinaire jamais voir, les rouages d’une institution, les métiers qui la compose, le travail de femmes et d’hommes qui oeuvrent dans l’ombre. En immersion, le visiteur découvre ici les coulisses d’un musée ; il est amené à le regarder autrement. »

« 20 ans envisage les collections nationales comme un ensemble vivant, un héritage en mouvement. Garant de ce patrimoine actif, le musée du quai Branly – Jacques Chirac ouvre ici une réflexion critique sur le propre mode d’élaboration de sa collection et de fait, interroge son essence même, questionne ce que doit être son rôle à l’aune du 21e siècle. »

PARCOURS DE L’EXPOSITION
« Le parcours, réparti selon trois grands espaces, présente les coulisses d’une politique d’acquisition, ses enjeux, et les oeuvres iconiques de la collection. Au travers de plus de 500 pièces représentatives de sa politique d’acquisition, l’histoire d’une jeune institution est ainsi révélée ».
« Et puisque derrière chaque acquisition se cache un homme, une femme, une histoire ou encore une époque, 20 ans donne la parole aux conservateurs et professionnels du monde muséal qui ont contribué, depuis la création du musée, à l’enrichissement de sa collection. Dans les nombreux multimédias qui ponctuent le parcours, ces hommes et ces femmes dévoilent leur travail quotidien ».
« Le public découvre ici ce qu’il ne peut d’ordinaire jamais voir : les coulisses du musée, les métiers qui le constituent, les anecdotes qui entourent les oeuvres… »
« L’exposition, didactique, sort des canons esthétiques. À la rencontre de son public, elle dévoile la fabrique d’une collection ».

« L’acquisition d’une œuvre commence par un travail souvent individuel dans lequel la subjectivité joue un grand rôle. Repérer la pièce intéressante dans un marché de l’art riche, varié et mouvant demande de la sagacité, de la persévérance et de la réactivité. Les conditions d’acquisition comprennent une part d’aléatoire que rien ne permet de réduire », a expliqué Emmanuel Kasarhérou, Directeur adjoint du département du patrimoine et des collections du musée du quai Branly-Jacques Chirac, commissaire général de l’exposition.

L’exposition en quelques chiffres
« Les quelques 500 oeuvres et documents présentés dans l’exposition ont été acquis par le musée du quai Branly – Jacques Chirac depuis 1998. Ces acquisitions sont destinées à enrichir les collections nationales dont le musée n’est pas propriétaire, mais seulement affectataire. »
« Le musée conserve aujourd’hui 382 538 oeuvres inscrites à l’inventaire. »
« En vingt ans, les acquisitions représentent : 77 082 items, sans compter archives et documents iconographiques
Dont près de 60 % de dons »

Acquisitions, mode d’emploi
« En France, les oeuvres des collections publiques sont inaliénables et imprescriptibles : le musée n’en est pas le propriétaire, seulement l’affectataire. L’État lui confie ses collections et lui assigne comme mission de contribuer à « l’enrichissement des collections nationales par l’acquisition d’oeuvres et de biens culturels pour le compte de l’État, à titre onéreux ou gratuit ».
« L’enrichissement des collections s’effectue selon quatre modalités principales :
/ Les dons, qui consistent dans une remise directe du propriétaire aux collections publiques, mais aussi les donations et legs, distingués par acte notarié ;
/ Les achats auprès de particuliers, marchands ou lors de ventes publiques ;
/ Les dations en paiement [des droits de succession] ;
/ Le dépôt d’oeuvres appartenant à des particuliers ou des personnes publiques. »
« Aujourd’hui le musée du quai Branly – Jacques Chirac ne pratique plus le dépôt d’oeuvres de collectionneurs privés. Il poursuit en revanche le dépôt entre musées, participant ainsi à une pratique de partage patrimonial et de diffusion des collections publiques à l’échelle nationale, voire internationale. »
« Du fait d’un encadrement juridique strict et propre à la France, acquérir ou enrichir les collections publiques implique une responsabilité toute particulière qui nécessite expertise et circonspection. De surcroît, la Convention de l’UNESCO de 1970, ratifiée par la France en 1997, contraint les musées à « enquêter » sur les oeuvres qu’ils acquièrent et à suivre rigoureusement leur traçabilité et les conditions dans lesquelles elles ont été collectées. »
« Avant toute acquisition, le musée doit s’assurer que le bien culturel n’a pas été illégalement acquis et/ou exporté de son territoire d‘origine. Une fois la pièce repérée ou le projet de don posé, il est donc nécessaire de retracer, avec le plus de précisions possibles, son historique. Ce processus indispensable peut s’avérer long et difficile. En cas d’insuffisance d’éléments ou de doute, le musée s’abstiendra de proposer le bien à la commission des acquisitions. »
« Une fois les examens passés et le dossier constitué, il est présenté à la commission des acquisitions qui se réunit trois fois par an. Le président de l’établissement est la personne décisionnaire pour accepter au nom et pour le compte de l’État les dons et legs. Il décide des acquisitions, après avis de la commission des acquisitions qu’il préside. »
« Cette commission est constituée réglementairement de 18 membres, dont des représentants des ministères de tutelle, le ministère de la Culture et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la société des Amis du musée ; des membres élus parmi les responsables des collections de l’établissement, et des membres nommés, personnalités extérieures choisies pour leur expertise. »
« La commission se prononce à bulletin secret et à la majorité de ses membres sur les propositions après avoir pris connaissance des dossiers et entendu les responsables scientifiques invités à défendre leurs propositions. »


CHRONOLOGIE 

« 16e – 18e siècle Cabinets de curiosités et collections royales 
À la Renaissance, temps des grandes explorations, des cabinets privés et royaux se constituent et rassemblent les objets rapportés par les voyageurs.

Fin du 18e siècle La Révolution française et la création d’un patrimoine national 
La Révolution française décide de la saisie des biens de la noblesse et de l’Église pour constituer un patrimoine national. Les anciennes collections royales et privées rejoignent ainsi les premières institutions culturelles, musées et bibliothèques.

19e siècle Les collections extra-occidentales dans les musées nationaux 
Le 19e siècle voit la création de nombreuses institutions patrimoniales qui organisent progressivement leurs collections. Les objets extra-occidentaux se trouvent ainsi disséminés dans différentes collections de musées, parfois éphémères. Le milieu du siècle voit la naissance de l’ethnographie comme discipline.

Fin du 19e siècle - 20e siècle Le temps des musées d’ethnographie 
Le musée d’ethnographie du Trocadéro créé en 1878 centralise les collections publiques d’objets ethnographiques éparses et les enrichit par les expositions coloniales et universelles alors en plein essor. En 1938, le musée de l’Homme lui succède.

Deuxième moitié du 20e siècle Des musées des colonies au premier musée des arts extra-occidentaux
Construit pour l’exposition coloniale de 1931, le Palais de la porte Dorée devient en 1960, sous l’impulsion d’André Malraux, alors ministre de la Culture, le premier musée national consacré aux arts d’Afrique et d’Océanie.

21e siècle Le musée du quai Branly – Jacques Chirac et sa politique d’acquisition 
Dans les années 1990, la rencontre entre le collectionneur et galeriste Jacques Kerchache et le Président Jacques Chirac est déterminante pour le projet du musée du quai Branly dont l’ouverture du Pavillon des Sessions, au musée du Louvre en 2000, constitue le prélude.
Premier achat de la mission de préfiguration du musée, la statuette Chupicuaro est, en 1998, la première oeuvre à entrer dans les collections du musée du quai Branly.
Elle est devenue, depuis, l’emblème du musée. »


Du 24 septembre 2019 au 26 janvier 2020
Au musée du quai Branly – Jacques Chirac 
Galerie Jardin
37, quai Branly 75007, Paris
218, rue de l’Université 75007, Paris
Mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10h30 à 19h.
Jeudi de 10h30 à 22h.
Fermeture hebdomadaire le lundi (sauf pendant les petites vacances scolaires)


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Les citations sur le film sont extraites du dossier de presse..

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