mardi 2 août 2016

Bariza Khiari, sénatrice socialiste


Bariza Khiari, franco-algérienne, est sénatrice socialiste de Paris - membre de la de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat - et juge à la Cour de justice de la République. Soutien au terroriste Salah Hamouri, oubli récurrent des victimes juives du terrorisme islamiste, défense et illustration de l'islam en récusant tout lien avec la violence, dénonciation de "l'islamophobie d’Etat" en France, diffamation de l'Etat d'Israël, mutisme concernant le port du burkini... Bariza Khiari représente une "beurgeoisie" aux préjugés tenaces et ayant compris les rouages d'une société française affaiblie par la culpabilisation à l'égard d'une Histoire de France obscurcie et déformée par un prisme moral partial. La future présidente de la Fondation (pour les œuvres) de l'islam de France, généreusement dotée financièrement ? Bariza Khiari soutient Emmanuel Macron.

Le foulard islamique en France et en Allemagne 
Deux appels de musulmans à voter pour le Front national
Un dîner-débat intercultuel organisé par des musulmans à Drancy
Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ?
« Vers un islam d’Europe ? »
Latifa ibn Ziaten
Bariza Khiari, sénatrice socialiste

Née en Algérie, Bariza Khiari est titulaire d'un"DESS et un Master of Business Administration de gestion des entreprises auprès de l'Institut d'administration des entreprises de Paris (IAE Paris), de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 1981", et a suivi "une formation continue à l'ENA" (Ecole nationale d'administration). Elle a travaillé dans le secteur public.

Proche de l'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères socialiste Laurent Fabius, militante du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), elle est favorable à une France multiculturelle et est hostile aux « statistiques ethniques ». Avec Rachida Dati ou Rama Yade, elle a co-fondé le Club XXIe siècle dont est membre notamment Jean-Vincent Placé (EELV) et dont le but est de promouvoir la "diversité". Comment promouvoir la "diversité" - par la discrimination positive ? - sans statistiques ?

Interview pour Guysen
Les 20 et 27 juin 2004, a eu lieu une élection législative partielle dans la 15e circonscription de Paris (nord du huppé XVIe arrondissement) à la suite de la démission du député UDF sortant Gilbert Gantier. Pour l'agence de presse israélienne Guysen Israël News, j'avais interrogé trois des candidats en lice, dont la socialiste Bariza Khiari. J'ai le souvenir d'avoir "ramé" lors de l'interview tant les propos "langue de bois" étaient dits avec parcimonie. Traduction d'une gêne ?

Guysen Israël News : Pourriez-vous nous parler de vous, de votre engagement et de votre candidature ?

Bariza Khiari : Je me suis présentée en 1997 et en 2002 lors d’élections législatives dans cet arrondissement. C’est donc la troisième fois que je me présente à ces élections. J’habite dans le XVIe arrondissement de Paris depuis vingt-cinq ans. Je suis un agent de l’Etat, responsable d’un service décentralisé : le tourisme. Je suis secrétaire nationale du Parti socialiste du Parti socialiste en charge du service public. 

GIN : Quel est votre programme ?

BK : Il faut que les jeunes puissent rester dans le XVIe arrondissement, multiplier les programmes de mixité sociale et les équipements collectifs, notamment les crèches, contribuer à plus de fraternité et de convivialité. Il est nécessaire de s’occuper aussi du Bois de Boulogne qui est le poumon de la capitale, lutter contre le racisme et l’antisémitisme.

GIN : Comment analysez-vous l’antisémitisme ?

BK : Je le condamne. J’ai collaboré avec Albert Lévy au magazine « Différences ». Nous fraternisions sur des valeurs laïques, pour une France rassemblant tout le monde. Nous avions trouvé des outils pour démonter le processus de l’antisémitisme. Je suis de culture arabo-musulmane. Et nous avons montré que la fraternité était possible et s’imposait. La question du Proche-Orient alimente l’antisémitisme.

GIN : Aviez-vous manifesté le 7 avril 2002 contre l’antisémitisme ?

BK : Oui. Le 16 mai 2004, je ne me trouvais pas à Paris.

GIN : Quelles sont vos relations avec la communauté juive ?

BK : Je n’ai pas de liens institutionnels. J’ai des amis, dont mon suppléant, Bruno Lévy-Rueff, juifs. Pendant quinze ans, j’ai œuvré à la FCPE, la Fédération des parents d’élèves du lycée Janson-de-Sailly où j’ai eu de nombreux contacts avec les familles juives de cet établissement scolaire. Avec Bruno, je milite sur des valeurs laïques et républicaines. Je suis contre toutes les formes de racisme. Nous allons créer une association d’amis juifs et musulmans afin d’aller dans les écoles ensemble, en tandem.

GIN : Quelles sont vos positions sur le conflit au Moyen-Orient ?

BK : Ce sont celles du Parti socialiste. Je suis pour une paix dans cette région et pour l’arrêt du terrorisme.

GIN : Avez-vous visité Israël ?

BK : Je ne me suis pas rendue en Israël. Cela manque à ma culture.

Sénatrice
Élue sénatrice de Paris en septembre 2004, elle a été élue quelques mois après « sénatrice de l'année » par le jury du Prix du trombinoscope.

Elle est membre du groupe d'amitié France-Liban et de celui France-Asie du Sud-est (pour la Malaisie).

Elle a initié une proposition de loi afin que les étrangers puissent exercer des emplois auparavant interdits. Le Sénat a voté à l'unanimité cette proposition en 2009.

Le 23 septembre 2011, Bariza Khiaria a assisté à la remise du Prix « Richesse dans la Diversité » décerné par l’ambassade du Qatar en présence de Nora Berra, alors secrétaire d'Etat chargée de la Santé, et de l’ex-ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie.

En 2013, elle a voté en faveur du mariage des couples homosexuels.

En octobre 2013, elle a inauguré le colloque au Sénat sur l'islam des Lumières avec Reza, Tahar Ben Jelloun, Malek Chebel, Olivier Weber,Abdelkader Djemaï, Gilles Kepel et Barmak Akram. Ce débat a été décliné le mois suivant au Maroc pendant une conférence sur la tolérance.

En avril 2016, elle a été élue nouvelle présidente de l’Institut des cultures d’islam (ICI), un "établissement culturel de la ville de Paris où elle a succédé à Jamel Oubechou. Installé dans le quartier de la Goutte-d’Or (18e arrondissement), l'ICI mêle des espaces dédiés à l’art contemporain lié à l’islam avec une salle de prières gérée par la Mosquée de Paris".

Au printemps 2016, Bariza Khiari résumait le "dilemme de la majorité" parlementaire : la déchéance de nationalité concernant les terroristes, « mesure cannibale, néfaste et clivante, nous épuise et nous dévore. Elle nous oblige à choisir entre loyauté et conviction tout en renonçant, quel que soit ce choix, à l’efficacité et à l’unité ».

La sénatrice socialiste Bariza Khiari a déposé huit rapports :
- Quatre sur le tourisme  (2005, 2006, 2009 )
- Deux sur l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle (2011 , 2012 )
- Deux sur les conditions de la vente à distance des livres (2013 , 2014 ).

Bariza Khiari a aussi posé vingt questions, dont treize abordent  ces thèmes ciblés :

1. Lutte contre les discriminations (2005). La sénatrice a évoqué l'anonymat des CV dans les entreprises, la "disposition dans le bilan social des entreprises afin que puisse être évalué, pour mieux le combattre, le phénomène du « plafond de verre », qui exclut de l'ascension hiérarchique les personnes issues de l'immigration, les femmes, les handicapés et les seniors", la suppression du droit de vote accordé aux artisans étrangers non européens aux élections professionnelles, la "diminution du minimum vieillesse pour les retraités immigrés". Bariza Khiari a considéré que l'apprentissage à quatorze ans était de nature "à aggraver les inégalités ». Elle a poursuivi : le « rétablissement des subventions aux associations est évidemment indispensable, mais elle ne saurait remplacer l'égal accès à l'emploi et au logement ». Elle a déploré : « L'UMP a rejeté l'abrogation d'un texte qui vise à faire en sorte que les manuels scolaires montrent les aspects positifs de la colonisation. Ce texte n'a pas sa place dans notre législation. Faire l'apologie de la colonisation dépasse l'entendement. (Exclamations sur les travées de l'UMP.) Imposer une vision partisane de l'Histoire est une offensive idéologique de temps révolus dont vous ne mesurez pas l'impact symbolique. ces dérapages ne sont pas de nature à favoriser le « vivre ensemble » ni à renforcer notre cohésion » ;

2. Election aux chambres de métiers  - artisans étrangers non communautaires n'ont pas pu voter aux dernières élections des chambres des métiers  - (2005) ;

3. Difficulté de réception de FM dans l’Est parisien  (2006). Les « auditeurs de l'est des 19e et 20e arrondissements de Paris, ainsi que de Bagnolet, des Lilas, et de Romainville en Seine-Saint-Denis, ne peuvent bénéficier de l'accès à la plupart des radios de la bande FM diffusées dans l'agglomération parisienne, notamment les radios du service public » ;

4. Situation des praticiens de santé à diplôme extracommunautaire  (2006) ;

5. Laïcité  (2008). « Au Latran, le Président de la République a franchi une ligne rouge en affirmant que, dans l'apprentissage des valeurs, « jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé » ;

6. Mise en œuvre du CV anonyme  (2008) ;

7. Pratiques racistes et dégradantes dans la gendarmerie  (2009). « Six gendarmes d'origine maghrébine et africaine ont décidé de saisir la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) pour insultes à caractère raciste et pratiques discriminatoires de la part de leur supérieur. À l'occasion d'une cérémonie officielle, ce capitaine aurait « trempé dans la bière les galons de sous-officiers qu'il devait remettre à deux gendarmes de confession musulmane puis leur a demandé d'ouvrir la bouche pour y accueillir les galons imbibés d'alcool ». Alors qu'il s'agissait d'une cérémonie importante, ce simulacre dégradant semble poser l'alcool comme condition de la méritocratie républicaine » ;

8. L’immigration  (2009). Un Afghan a été expulsé « par charter vers un pays en guerre » ;

9. Inscription de l’Algérie dans la liste des zones à risques terroristes  (2010) ;

10. Statut administratif des étudiants extracommunautaires diplômés des professions de santé  (2010) ;

11. Dispositifs de lutte contre les discriminations  (2010). - La « disposition législative de 2006 sur le CV anonyme attend toujours son décret d'application. La situation est similaire concernant les Chibani, ces vieux travailleurs maghrébins venus en France dans les années 1960 et 1970  » ;

12. Bilan et avenir de l’Union pour la Méditerranée  (2011). « J’ai eu l’honneur d’être élue vice-présidente de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée, l’APM. Cette assemblée réunit les parlementaires nationaux des pays riverains de la Méditerranée, y compris palestiniens et israéliens. C’est donc de l’intérieur que j’observe le paradoxe méditerranéen. Tous les discours sur la Méditerranée empruntent au registre de l’histoire et du lyrisme ; j’y céderai brièvement, en évoquant cette citation anonyme et évolutive qui rappelle que « l’alphabet fut phénicien, le concept grec, le droit romain, le monothéisme sémite, l’ingéniosité punique, la munificence byzantine, la science arabe, la puissance ottomane, la coexistence andalouse, la sensibilité italienne, l’aventure catalane, la liberté française et l’éternité égyptienne »… Le projet méditerranéen de l’Europe a été lancé par Jacques Delors en 1995, avec le processus de Barcelone, qui s’appuyait sur l’histoire, l’importance stratégique de la Méditerranée et la nécessité d’une coopération forte, à même de contribuer à la prospérité et à la stabilité. Mais la coopération méditerranéenne, dans sa dimension politique, a achoppé sur la non-résolution du conflit israélo-palestinien et d’autres conflits, dits périphériques, comme celui du Sahara occidental. Alors qu’il aurait fallu, en toute lucidité, tirer les leçons de l’échec du processus de Barcelone, la France du candidat Sarkozy a voulu, avec sa maladresse diplomatique constante, relancer le processus de coopération, dans le cadre d’une promesse de campagne aux visées plus électoralistes qu’humanistes… La France reprochait – avec raison – au processus de Barcelone de reposer sur des relations déséquilibrées, dans lesquelles l’Europe décidait de tout. Avec l’UPM, elle a certes contribué à créer une structure paritaire, mais au sein de laquelle on ne parvient pas à savoir qui décide de quoi… L’UPM, pour fonctionner, aurait eu besoin de s’appuyer sur des ensembles régionaux, en premier lieu sur la construction d’un Maghreb uni et fort, autour de l’Algérie et du Maroc… La première contradiction consiste à vouloir asseoir une nouvelle influence française sur la rive sud tout en stigmatisant, sur la rive nord, jour après jour, les citoyens d’origine contrôlée que sont les Français de confession musulmane. Les attaques menées par le Gouvernement sur le sol français contre des « musulmans » sont indignes de notre conception de la laïcité, corrosives pour notre « vivre ensemble » et pour notre image à l’étranger… Cette croisade a commencé par une hostilité à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et la création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, puis s’est poursuivie par l’indigne débat sur ce dernier thème et les polémiques sur la burqa, les minarets ou la viande halal… Je passe sur le discours de Dakar, par lequel, malgré les représentations d’un ambassadeur averti, injustement révoqué depuis, Nicolas Sarkozy a gravement offensé les Africains… Fort heureusement, nous avons su nous différencier des États-Unis s’agissant de l’Irak, mais Nicolas Sarkozy, en empruntant le chemin d’un atlantisme béat, a contribué à alimenter la mécanique infernale du conflit des civilisations, théorisée par les néoconservateurs américains. Cette politique, cette idéologie est totalement incompatible avec un projet méditerranéen ambitieux. Barack Obama avait ouvert aux Américains une perspective de dépassement avec le concept « post racial », et nous, qui sommes si proches des pays arabes, nous n’avons pas compris que les jeunes musulmans étaient dans une phase « post islamiste ». Ils sont très attachés à leur civilisation, à leurs traditions, et veulent tout simplement vivre leur foi dans un monde ouvert. Ils ne se contenteront plus d’un ersatz de démocratie, car ils ont bien compris que les attributs de la démocratie sont bien plus larges que le simple droit de vote. Ils veulent des libertés publiques, une justice et une presse indépendantes, ainsi que des garanties en matière de libertés individuelles. Ils souffrent d’un déclassement et rejettent les nouveaux maîtres qui pillent leur pays. Il existe également une demande sociale forte… La deuxième contradiction réside dans le fait de vouloir créer une union reposant sur des projets tout en verrouillant, par une politique des visas malthusienne, toute circulation humaine : les flux vont du Nord au Sud, jamais du Sud au Nord. Cela m’amène, madame la ministre, à poser une troisième question : au-delà des postures politiques qui sous-tendent les lois sur l’immigration, comptez-vous enfin proposer un réel partenariat migratoire aux pays de la rive sud, offrant des possibilités de migrations circulaires ? C’est là l’indispensable premier jalon d’une véritable politique méditerranéenne… À force de renvoyer les musulmans à un jihad fantasmé à chaque soubresaut régional, nous avons perdu, en plus de l’usage de notre raison, la grandeur de la France… Les révolutions actuelles semblent constituer une réelle opportunité pour un projet bâti autour des peuples, à condition toutefois que les gouvernements cessent d’agiter le spectre de la menace islamiste chaque fois qu’un soubresaut secoue une région du Sud. Les Frères musulmans ne se sont pas associés aux premiers tumultes égyptiens. Les islamistes tunisiens n’ont pas cherché, au début des événements, à devenir des leaders. Ils sont restés en retrait devant un mouvement qu’ils ne comprenaient que partiellement… nous devons cesser de tout considérer à la lumière d’une révolution iranienne vieille de trente ans et qui est elle-même secouée par des demandes fortes de démocratie de la part de sa population. Les jeunes arabes n’ont guère envie, pour leur pays, de ce modèle que je qualifierai de répulsif. Il faut mettre à leur crédit leur créativité, leur souhait d’ouvrir une autre voie ;

13. Accord avec l’Iran  (2015). « Monsieur le ministre, depuis presque douze ans, la crise du nucléaire iranien remet en cause le traité de non-prolifération nucléaire, élément essentiel de l'ordre international et de notre sécurité collective. En dix ans, les sanctions n'ont permis ni d'enrayer le programme nucléaire ni de fragiliser le régime. En revanche, elles ont pesé lourd dans le quotidien de près de 80 millions d'Iraniens. L'accord signé à Vienne éloigne la menace de la prolifération, et vous avez œuvré pour cela… J'avais du mal à comprendre votre intransigeance lors des négociations de Genève, mais, mea culpa, force est de constater que cette inflexibilité a été constructive, puisque vous êtes finalement parvenu à un accord solide. L'option militaire contre l'Iran avait été envisagée voilà quelques années, et c'est finalement la voie diplomatique qui a prévalu. Ce succès ne consacre pas un camp contre un autre, mais garantit la non-prolifération, qui est un bien commun de l'humanité. Je salue, monsieur le ministre, au nom du groupe socialiste et républicain, cette magnifique victoire diplomatique. Vous n'avez jamais dévié de votre ligne puisque les points centraux de cet accord, très technique, portent essentiellement sur la transparence et les vérifications, y compris sur les sites militaires, la limitation durable d'enrichissement d'uranium et de production de plutonium, le maintien de l'embargo sur les armes conventionnelles et les missiles balistiques, la levée progressive des sanctions, ainsi que le rétablissement automatique des celles-ci en cas de non-respect de l'accord par l'Iran. Bien sûr, se sont élevées des voix dissonantes : le parti républicain américain, la droite dure de Benyamin Netanyahou, l'aile ultraconservatrice des mollahs et quelques autres, bref, une « internationale des faucons » qui avait intérêt à maintenir l'état de crise. En Iran, la perspective de renouer des échanges économiques et commerciaux avec le monde s'est exprimée dans la joie. Monsieur le ministre, les conditions sont maintenant réunies pour répondre à l'invitation de votre homologue iranien. Comment peuvent évoluer nos relations bilatérales ? Par ailleurs, quelles pourraient être les retombées de cet accord sur les équilibres régionaux et sur le cours des conflits qui ravagent le Moyen-Orient ? »

"Gaza, prison à ciel ouvert"
Lors de l'opération militaire israélienne Plomb durci contre le Hamas dans la bande de Gaza, Bariza Khiari a tenu en séance publique du Sénat le 14 janvier 2009, un discours dressant un parallèle erroné entre antisémitisme et islamophobie ou entre l'armée israélienne et le Hamas, niant le caractère religieux de la guerre contre l'Etat d'Israël, diffamant l'Etat Juif accusé à tort de "bafouer le droit", occultant les tirs du mouvement terroritse Hamas contre les civils israéliens, qualifiant les défilés de la "rue islamique" haineuse d'actes de "citoyenneté active" :

"Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, je ne reviendrai pas sur les propos de Mmes Monique Cerisier-ben Guiga et Josette Durrieu, dont je partage les analyses et les préoccupations. Chacune d’entre elles a traité un aspect de cet horrible conflit, qui touche de manière massive les populations civiles. Pour ma part, je m’attacherai à en décrire les conséquences sur le plan intérieur, en m’intéressant à la manière dont il affecte notre nation.
Notre pays connaît une période de tensions fortes, marquée d’actes condamnables et odieux : tombes et synagogues profanées, personnes des deux communautés prises à partie. Ainsi, dans ma circonscription, deux lycéens d’origine maghrébine du lycée Janson-de-Sailly – c’est le lycée où sont scolarisés mes enfants – ont été agressés parce qu’ils ont refusé des tracts distribués par une organisation de soutien à Israël.
J’ai parfois le sentiment qu’émergent désormais des musulmans et des juifs plus que des citoyens. Cette situation donne l’occasion à certains d’utiliser des référentiels identitaires comme mots d’ordre politiques, en expliquant que l’universalisme républicain ne serait plus un modèle. Cela représente aujourd’hui un réel danger.
Mais cette importation présumée du conflit sur notre territoire ne doit pas nous leurrer. La République est mise à mal non pas par un éventuel réveil du religieux et de l’ethnique, mais par la désagrégation du lien social. Certaines personnes se sentent exclues, et la frustration qu’elles ressentent trouve un écho dans celle des populations palestiniennes. À l’occasion de ces malheureux événements, une telle identification par la relégation et l’injustice offre un exutoire dans un combat de substitution, à travers une explosion de colère.
Nous l’avons vu lors des manifestions qui se sont déroulées dans toute la France, d’autres jeunes se mobilisent désormais dans le cadre d’une citoyenneté active. C’est nouveau. Il ne faut sous-estimer ni leur indignation ni leur frustration.
Aussi est-ce une réponse politique au Proche-Orient et une réponse sociale en France qu’il faudra apporter.
Au sujet de sa judéité, Raymond Aron déclarait ceci : « Je suis Français, citoyen français, et je reste en fidélité avec la tradition qui m’a porté. » Je fais mienne cette citation. Les identités multiples nous concernent tous. Nombre de Français de confession juive se sentent préoccupés par la sécurité d’Israël. Issue moi-même de la culture arabo-musulmane, je vis, comme d’autres, avec le problème palestinien inscrit dans ma conscience politique. Ce conflit se transmet maintenant de génération en génération et contribue à forger une « identité tragique » des deux côtés. Il existe un terreau commun en dépit des différences, ne laissons pas nos enfants grandir dans la haine de l’autre.
Pourquoi évoquer nos enfants ? Parce que nous avons les plus importantes communautés musulmane et juive d’Europe. Aussi nous devons-nous d’être attentifs à ne pas faire de différences entre les communautés et, surtout, à ne pas confessionnaliser ce conflit.
Dans ce contexte, que penser de la convocation des seuls Conseil représentatif des institutions juives de France et Conseil français du culte musulman au ministère de l’intérieur ? Une telle question est politique, et non religieuse. C’est un conflit géopolitique avec lequel interfère le phénomène religieux, et non l’inverse. Le prisme religieux donne une coloration spécifique, ne la rendons pas exclusive. En d’autres termes, ne passons pas une fois encore à côté du conflit en posant la mauvaise question.
Dès lors, la situation appelle une réaction forte et immédiate de condamnation des actes, puis une réflexion et une action des pouvoirs publics sur le long terme, dans quatre domaines principalement : la lutte contre l’exclusion sociale et les discriminations, qui – on ne le dira jamais assez – sont des morts sociales ; la nécessaire promotion, sur le plan républicain, de l’égalité et de l’équité ; une pro-activité gouvernementale sur la question du Proche-Orient ; une évolution du traitement de l’islam et du monde musulman par les médias.
Sur le terrain social, dans le contexte actuel de crise, il faut porter une attention particulière aux populations issues de l’immigration, montrer que l’État est attentif à faire en sorte que leur souffrance soit semblable à celle des autres, c’est-à-dire ni plus ni moins grande, et ne pas relâcher la lutte contre les discriminations.
Sur le terrain de la République, islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même médaille. Frantz Fanon disait : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »
Dans notre République, toute insulte communautaire est une insulte à l’ensemble de la communauté nationale. Toute profanation de mosquée, de synagogue, d’église ou de tombe est une atteinte à la République, à notre lien social, à notre nation. Doit-on instaurer une hiérarchie dans l’indignation en mobilisant plus de moyens dans un cas que dans un autre ? Non ! Il est important de faire preuve d’équité dans la compassion, sous peine d’aider au développement d’un sentiment d’injustice. Il y va de la cohésion nationale.
La République que je soutiens, c’est celle qui traite ses enfants de manière égale. Dans ce domaine, ce n’est pas toujours le cas. Nous l’avons vu lors de la profanation des tombes musulmanes du cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette, perpétrée à l’occasion de la plus importante fête canonique musulmane : la République a été absente.
En tant que républicains, nous avons plus que jamais l’obligation de promouvoir la laïcité, cet espace de concorde qui nous permet de vivre ensemble au-delà de nos différences.
Sur le terrain de l’action des pouvoirs publics, pour éviter d’importer le conflit, il faut d’abord le déconfessionnaliser et, surtout, le politiser. Cela a été souligné par plusieurs intervenants.
Une telle démarche exige par exemple de juger les actes, et non les acteurs, et de mettre à bas la « bien-pensance » qui immobilise nos élites de tous bords.
Juger l’armée israélienne ou le Hamas, ce n’est pas être antisémite ou islamophobe, c’est s’appuyer sur des faits et des données pour établir des responsabilités. Je réclame le droit à l’objectivité et à l’analyse sans être taxée d’antisémitisme. Le terrorisme intellectuel a vécu !
À ce titre, monsieur le ministre, la France, patrie des droits de l’homme, doit être au premier rang pour condamner l’impossibilité d’entrer dans la bande de Gaza pour les convois humanitaires et pour la presse, laquelle ne peut rendre compte de la situation, ce qui alimente toutes les rumeurs, ni établir la vérité, gage de la paix sociale. Comment peut-on laisser aussi silencieusement le gouvernement israélien bafouer le droit ?
Cela veut-il dire que la France ne commencera à s’inquiéter que lorsque l’armée israélienne emploiera des moyens encore plus terribles ? La diplomatie n’empêche pas la fermeté. On est davantage pris au sérieux quand on est ferme. De surcroît, au moment où les populations civiles de Gaza sont sous les bombes, la Cisjordanie est témoin d’une colonisation massive. Doit-on l’oublier et jouer ainsi le jeu du gouvernement israélien actuel, en obérant les possibilités de paix futures ?
Comme cela a été souligné dans le débat, les armes se tairont peut-être après l’investiture du président Obama. En attendant, combien de morts civils, de femmes ou d’enfants tués dans cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza ?
Les poètes Mahmoud Darwich et Edward Saïd me manquent. « Même le soleil ne se lève plus à Gaza sous les bombes. » En guise de lumière, ses habitants ont celle des bombes au phosphore blanc…
Monsieur le ministre, vous qui êtes le promoteur, le chantre du droit d’ingérence quand des atrocités sont commises, permettez-moi de vous interpeller : ce droit serait-il valable partout dans le monde, sauf pour le conflit israélo-palestinien ?
Nous avons le devoir de réagir avec intelligence, parce que des populations qui sont marquées par ce conflit vivent sur notre territoire. À ce titre, le rôle des médias dans la représentation tant des différentes communautés que du conflit est essentiel.
Rappelons une évidence : le processus de mondialisation concerne également l’information, ce qui fait que nos concitoyens ont accès aussi bien à internet qu’à des journaux étrangers. Ils déconstruisent l’information et portent de plus en plus un regard critique sur la manière dont les médias en France rendent compte du conflit. Le souci d’un traitement sobre, sans parti pris, doit animer les rédactions de l’ensemble de nos médias.
De manière plus générale, comme je l’ai déjà dit lors du débat sur l’audiovisuel public, je m’insurge contre le traitement de l’islam par les médias. Il est tout simplement révoltant que l’on invite à discourir sur l’islam à une heure de grande écoute des personnes ne parlant ni l’arabe ni le français – je les qualifierai d’ « analphabètes bilingues » – ou des wahhabites intransigeants, alors que nombre d’intellectuels, musulmans ou non, sont tout aussi capables d’évoquer cette question.
Quand on parle de l’islam dans ces termes, c’est de moi que l’on parle ! On méprise le téléspectateur, on renforce une vision stéréotypée sans montrer la diversité de la pratique et la réalité de cette religion, qui relève du socle abrahamique, comme le christianisme et le judaïsme. Pire, on conforte aussi bien l’islamophobie que l’islamisme radical dans leurs certitudes, ce qui peut jouer un rôle dans une éventuelle importation du conflit.
Je veux saluer ici toutes les organisations qui œuvrent pour la paix, notamment les organisations féminines composées de femmes palestiniennes et israéliennes, en particulier la Coalition des femmes pour une paix juste, la Coalition des pacifistes israéliens pour Gaza et le Collectif des femmes en noir, que nous avons rencontré au Sénat grâce au groupe CRC-SPG. Il faut du courage, dans cette région du monde, pour faire la paix, et ces femmes en ont.
Je conclurai, monsieur le ministre, en disant que la violence conduit à l’impasse.
Si les causes à l’origine de la violence dans cette région du monde ne sont pas traitées dans un processus raisonné, nous finirons inévitablement par être atteints. C’est pourquoi il nous faut continuer inlassablement, d’abord pour ceux qui subissent cette violence, ensuite pour nous-mêmes, à faire preuve d’exigence avec nos amis des deux bords, en tenant un discours de vérité et de courage.
Pour que le courage fasse école, monsieur le ministre, il faut que, sur cette question, la peur nous quitte. De part et d’autre, nous devons dépasser les réactions émotionnelles que nos origines nous imposent, pour ne voir que la justice et le droit. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG, ainsi que sur certaines travées du RDSE et de l’Union centriste.)"
Islam
En 2009, Bariza Khiari confiait au Nouvel observateur :
"J'ai envie de vous parler d’un islam que vous ne connaissez pas. D’un islam familial, tranquille, plus attaché à l’essence des choses qu’à l’observance des dogmes, un islam fait d’amour, de culture, de poésie, de musique, d’enchantements. J’appartiens à une famille confrérique soufie, venue en France depuis l’Algérie quand j’étais encore bébé. Je suis donc une musulmane sunnite de rite malékite et de tradition soufie. Et notre islam, comme celui de la grande majorité des musulmans, est un islam complètement apaisé, ouvert, tolérant, en cohérence avec la tradition laïque française.
C’est pourquoi je ne me reconnais pas dans les discours actuels. Il y a tant de méconnaissance... Le grand penseur soufi Ibn Arabi disait : "Les hommes sont les ennemis de ceux qu’ils ignorent". Pour masquer cette ignorance, certains affichent le plus grand mépris pour l’islam. On parle de culture judéo-chrétienne, en oubliant, en excluant le troisième pilier du socle abrahamique qu’est l’islam. Quand on sait qu’il y a maintenant 5 ou 6 millions de musulmans en France et qu’on ne parle de leur religion que sous l’angle d’une idéologie à combattre alors qu’elle est une spiritualité, je me sens mal, très mal. Répétons-le, l’islam fait partie de la tradition d’Abraham, l’islam n’est pas en rupture avec le judaïsme et le christianisme, il en est le continuum. Mais on ne parle que des choses qui divisent, jamais de ce qui rassemble. Il ne faut pas s’étonner ensuite, qu’il y ait des crispations, des conflits, des incompréhensions. Je témoigne aujourd’hui, parce que l’on doit retourner cette stigmatisation de l’islam en occasion pour les musulmans qui vivent leur foi paisiblement de s’exprimer.
Suis-je une citoyenne à part ? Non, je suis une citoyenne à part entière. L’islam n’a rien à voir avec mon identité française. Pour plagier la célèbre phrase de Raymond Aron interrogé sur sa judéité, je dis « je suis française, citoyenne française, et je reste en fidélité avec la tradition qui m’a portée ». Je revendique mes origines arabo-musulmane et je les assume parce que l’inverse serait faire injure à toute la chaine de mes ancêtres. C’est une richesse pour moi, ma colonne vertébrale. Et je suis aussi profondément laïque, en considérant que la laïcité est la matrice qui surplombe nos identités multiples, notre maison commune. L’acceptation de la diversité ethnique culturelle ou cultuelle est le test de crédibilité de la laïcité. L’islam est parfaitement compatible avec cette extraordinaire République, j’en suis la preuve concrète. Ce n’est du reste pas la religion qu’il faut combattre mais le pacte républicain qu’il faut rétablir de toute urgence.
Comment voulez-vous que les jeunes des quartiers aient un sentiment d’appartenance quand ils envoient 900 C.V. et qu’on ne leur répond même pas, alors que la loi sur le C.V. anonyme a été votée par les deux chambres mais que les décrets ne sont toujours pas prêts ? Quand à la frontière de sa cité, on est arrêté dix fois par jour pour un contrôle au faciès? Quand il y a une justice à deux vitesses, et que les exactions commises par les forces de l’ordre aboutissent à des non-lieux faciles? Quand on devient l’otage du système politique dès qu’une élection se profile à l’horizon ? Quand les uns prétendent incarner les Lumières et le primat de la raison sur la foi et où les autres sont renvoyés aux ténèbres et à l’aveuglement religieux ? Quand dans l’armée, au moment de recevoir leur grade, quelques méritants musulmans, engagés sous les drapeaux pour risquer leur vie pour la France, voient leurs supérieurs tremper leurs galons dans la bière et les obliger à boire avant de leur remettre, comme cela a eu lieu récemment ?
Les discours sur la burqa, les minarets, l’identité nationale… ça suffit ! La question de la religion est seconde par rapport aux questions majeures que sont le logement, le travail, l’éducation. A-t-on vu les quartiers flamber au moment de l’affaire des caricatures du Prophète ? Non, parce que les jeunes, eux, ne se trompent pas de sujets. Aujourd’hui, j’en appelle à cesser ce débat à visée électoraliste. Il ne sert qu’à cacher la question sociale et alimente l’islamophobie comme l’islamisme".
Bref, la défense et l'illustration de l'islam enrobé dans un discours victimaire et émaillé d'erreurs - l'Ibrâhim, prophète d'Allah, du Coran n'est pas l'Abraham, patriarche de la Bible et d'oublis telle la discrimination positive en faveur des "personnes issues de la diversité", dans les secteurs public et privé, et ce, dès le recrutement et tout au long de la carrière professionnelle.

"Musulmans mobilisés"
La fin de 2010 a été marquée notamment par deux attentats islamistes contre des chrétiens : celui revendiqué par al-Qaïda, le 31 octobre 2010, contre la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad (Irak) et qui a causé au moins 46 morts, dont deux prêtres, et 60 blessés ; celui contre une église copte d'Alexandrie (Egypte), lors de la nuit du nouvel an 2011, qui a fait au moins 21 morts et 79 blessés. Des attaques médiatisées en France.

Le 12 janvier 2011, l'"appel lancé par Respect Mag, rédigé par Marc Cheb Sun et Ousmane Ndiaye et publié par Libération, réunissait "70 personnalités de confession, de culture ou d’héritage musulmanaffirmant que "ces meurtriers ne sont pas l’islam, et qu’ils ne représentent en rien les musulmans". Les signataires  de cet appel, dont Bariza Khiari et Faddel-Ntidam Naïma, alléguaient : 
"L’instrumentalisation de la religion est certes trop souvent, ici, le fait de certains médias ou politiques. Elle reste, de par le monde, la terrible arme des extrémistes. Et ce sont eux qui tuent, dans différents pays, des femmes, des hommes et des enfants de toutes confessions, dont de nombreux musulmans.
Le meurtre de chrétiens, comme de tout être humain, est une horreur absolue. Et c’est aussi l’islam qu’on assassine en commettant ces crimes en son nom. Alors comment se taire quand on tue en votre nom?Depuis la France, les citoyens de foi, de tradition ou de culture musulmane – ou héritiers de ces références – veulent ici dire leur indignation devant ces crimes. Pour leurs voisins, pour leurs enfants et pour eux-mêmes, contre les amalgames destructeurs. Ils clament haut et fort leur refus de l’intolérance et des violences commises, de par le monde, à l’encontre de minorités. Et plus fort encore lorsque certains bafouent leur foi ou leur identité en tuant au nom de l’islam.Construisons partout le vivre ensemble dans nos pays multiconfessionnels".
Cet appel réagissait contre les attentats terroristes islamistes contre les chrétiens. Car jamais ces "belles âmes" ne se sont manifestées quand les Juifs étaient victimes en Israël des islamikazes lors de l'Intifada II.

Le 29 janvier 2011, un rassemblement se tenait sur l'esplanade des droits de l'Homme au Trocadéro (Paris) "à l’initiative de République allant droit, la Maison d’Averroès et Respect Mag. Une centaine de personnes se sont mobilisées pour dire “Non au rapt de (leur) identité !” et dénoncer les "actes terroristes commis au nom de l'islam"".  Et parmi cette "centaine de personnes", une dizaine de journalistes. La banderole de Respect Mag indiquait "L'islam bafoué par les terroristes. Muslims United Against Violence". Un seul orateur a évoqué les "frères juifs".

Algérie
Le 6 juillet 2006, François Hollande, Pierre Moscovici, alors secrétaire national aux relations internationales, Kader Arif, eurodéputé, et Bariza Khiari, sénatrice de Paris, ont effectué un séjour officiel de trois jours en Algérie à l'invitation du FLN (Front de libération nationale). 

Selon l'agence de presse kabyle, lors de leur rencontre avec Amar Saadani, alors président de l’Assemblée populaire nationale algérienne (APN), parlement algérien, ce personnage leur aurait déclaré : « Au PS il y a trop de Juifs il faut commencer à désenjuiver pour contrer leur lobby ». 

Aucun membre de cette délégation n'aurait manifesté la moindre indignation et n'a infirmé ces propos. 

Selon cette agence de presse, Kader Arif et Bariza Khiari souhaitaient intégrer le parti de Belkhadem au sein de l’Internationale socialiste. 

Salah Hamouri
Les socialistes Jean-Pierre Bel et Bariza Khiari, respectivement président et vice-président du Sénat, ont été membres du Comité de parrainage de Salah Hamouri, membre du groupe terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et condamné pour avoir fomenté l'assassinat du grand rabbin Ovadia Yossef.

Bariza Khiari n'a fait aucun mea culpa.

"Palestine"
Le 7 juin 2011, une résolution visant à la reconnaissance de la Palestine a été déposée au Sénat notamment par Monique Cerisier-ben Guiga. 

Elle a été signée en particulier par Catherine Tasca, Bariza Khiari, Alima Boumediène-Thiéry, Samia Ghali, Pierre Mauroy, Jean-Marc Todeschini, nommé secrétaire d'Etat aux Anciens combattants le 21 novembre 2014, André Vantomme et Dominique Voynet.

Hommage aux athlètes israéliens
Le 5 septembre 2012, date commémorant les 40 ans de l’attentat perpétré par des terroristes palestiniens contre des athlètes israéliens aux J.O de Munich, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) organise à 19 h, au siège du Comité national olympique à Paris, « lieu où l’olympisme fut créé », une cérémonie en présence de Valérie Fourneyron, ministre des Sports, du président du Comité national olympique et sportif français, Denis Masseglia, de l'ambassadeur d'Israël en France,  alors S.E. Yossi Gal, de représentants de fédérations sportives, des associations de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, des hauts responsables de la justice antiterroriste, afin de rappeler le souvenir de cet événement. 

Rappelons que, député socialisteValérie Fourneyron avait interrogé le 24 mai 2011 le ministre français des Affaires étrangères et européennes pour savoir « si la France soutiendra la soumission officielle du rapport Goldstone au conseil de sécurité en vue d’une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale ».

Parmi l’assistance : l’ambassadeur des Etats-Unis en France Charles Rivkin, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’UNESCO, David Killion, l’ambassadeur d’Allemagne en France, Suzanne Wasum-Rainer, Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, Pierre Schapira, adjoint au Maire chargé des relations internationales, le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, Rogel Nahum, athlète délégué par le Comité Olympique israélien, Bariza Khiari, alors vice-présidente du Sénat, Marc Trévidic, juge d’instruction, Alain Arvin-Berod, administrateur du think tank « Sports et citoyenneté », Muriel Schor, nièce de Kehat Schor, victime de l’attentat, des associations de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, parmi lesquelles SOS Racisme, le Mouvement pour la paix contre le terrorisme (MPCT), la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs.

Rappelons que Bariza Khiari, sénatrice, comparait le 14 janvier 2009 la bande de Gaza à une "prison à ciel ouvert" et est membre du Comité de parrainage de Salah Hamouriterroriste ayant reconnu sa responsabilité dans les préparatifs de l'assassinat du grand rabbin Ovadia Yossef.

Dieudonné
 A la fin 2013, ont éclaté divers scandales concernant le hacker ayant rendu publique la base de données du site Internet de Dieudonné, acteur, politicien et homme d'affaires : des diatribes antisémites dans son spectacle Le Mur joué dans son théâtre de la Main d'or (Paris)les échanges de courriers électroniques entre Noémie Montagne, épouse de Dieudonné, et Alain Soral ou d'autres Internautes, ses amendes non payées liées à ses condamnations "à huit reprises par la justice pour injure raciale et antisémitisme" - il devait "au total 65.000 euros dont 37.000 euros en condamnation définitive" -, etc. 

Si Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, a exprimé dès décembre 2013 son indignation et mené un combat judiciaire pour l'interdiction de ce spectacle, Christiane Taubira, alors ministre de la Justice, s'est finalement exprimée le 3 janvier 2014, non par un communiqué de presse - ce qui aurait été logique, habituel et solennel -, mais par un article titré Ebranler les hommes dans le Huffington Post !? 

Le gouvernement, les médias et des  dirigeants communautaires se sont engouffrés dans cette brèche périlleuse et dangereuse de l'interdiction des spectacles de Dieudonné :  accréditation de l'idée de "lobby Juif puissant" et du "deux poids, deux mesures", périmètre des libertés à géométrie politique variable et arbitraire, excluant par exemples des actes anti-chrétiens ou les apologies du terrorisme - le terroriste Georges Ibrahim Abdallah fait citoyen d'honneur par Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, le 11 décembre 2013. Fin janvier 2014, le préfet a contesté en justice la légalité de cette décision municipale. Le 31 janvier 2014, le tribunal de Montreuil a rendu une ordonnance de suspension immédiate cette décision municipale -, etc.


Le « vote musulman » 
Le 17 avril 2014, Mediapart et le 23 avril 2014 le site Oumma.com ont publié la tribune De quoi le « vote musulman » est-il le nom ? par Bariza Khiari. Celle-ci analysait "le recul historique des socialistes aux dernières élections municipales". Parmi les "raisons de cette déroute", elle souligne une explication recueillant l'unanimité : "l’électorat populaire, et notamment dans certains « quartiers », n’a pas voté, comme prévu, pour le parti socialiste".

Et de citer des sondages : "Il y aurait donc eu un vote des quartiers, osons le dire un « vote musulman » ! Une note du Cevipof en 2011 puis une étude Ifop en 2013 ont tenté d’isoler le poids de la variable cultuelle dans le comportement électoral des musulmans : ce segment, qui constitue selon l’Ifop 5% des inscrits, et qui se caractérise par un sur-vote à gauche très important (34 points de plus que la moyenne nationale), « représente 1,5% du corps électoral... soit l’avance qui a permis à François Hollande de l’emporter » sur Nicolas Sarkozy. Plus récemment, la Fondation Jean Jaurès a consacré une note à ce segment électoral stratégique, notamment en Ile-de-France. Selon cette étude, les« musulmans de gauche » se singularisent idéologiquement par des valeurs conservatrices sur les questions de société, et, électoralement, par une plus forte propension à l’abstention. L’auteur, comme surpris de sa propre audace, prend soin de souligner le caractère « explosif »de cette révélation politique. Pourtant, l’étude du poids de la religion n’est pas une discipline nouvelle. Ce n’est donc pas tant la dimension confessionnelle qui effraie, mais bien sa dimension spécifiquement musulmane". 

Bariza Khiari poursuit : "Le 6 mai 2012, les Français de confession musulmane ont voté pour François Hollande en réaction à une décennie de stigmatisation (Kärcher, racaille, halal, burka). Le débat sur l’identité nationale, qui ne fut rien d’autre que l’expression d’une islamophobie d’Etat, a profondément perverti le concept du vivre-ensemble. L’immigré est devenu l’arabe, lui-même devenu musulman, forcément terroriste, incarnation de la nouvelle figure de l’Autre, inadmissible ! Les dernières saillies islamophobes de la droite (notamment la farce du pain au chocolat) ont conforté les stratèges socialistes dans l’idée que cet électorat leur était acquis. Mais, aux municipales, ces électeurs ont, par leur abstention massive ou leur report sur des listes dites « citoyennes », fait trébucher le PS jusque dans ses bastions traditionnels. Les messages des 23 et 30 mars expriment une double sanction : le sentiment d’avoir encore une fois été bernés et trahis et le rejet d’un agenda politique centré principalement sur les questions sociétales".

L'analyse pointe les "sujets sociétaux" clivants : "A cet égard, Patrick Menucci, candidat du PS à Marseille, a déclaré que le « mariage pour tous » lui avait coûté beaucoup de voix, notamment dans la communauté musulmane. Ces propos sont partagés par d’autres élu-e-s défaits qui pointent les ABCD de l’égalité. Ces derniers n’ont pas été perçus comme visant à lutter contre les stéréotypes sexistes, mais comme des vecteurs de l’indifférenciation sexuelle. D’ailleurs, des candidats de droite ne se sont pas privés de jeter de l’huile sur le feu en distillant des contre-vérités sur le sujet, entamant ainsi gravement la confiance en notre école publique". 

La sénatrice souligne le "repli communautaire" : "La confiance dans l’école républicaine est pourtant essentielle. Elle doit rester le lieu de l’émancipation par le savoir et permettre la mise à distance de tous les endoctrinements. La défiance qu’elle suscite est d’autant plus inquiétante qu’un certain nombre de jeunes sont des proies faciles pour les officines fondamentalistes passées maîtres dans l’art d’exploiter leur désarroi. Leur habileté à « vendre » le référent religieux comme dernière échappatoire au sentiment d’injustice ouvre la voie au repli communautariste ou aux dérives sectaires, particulièrement par temps de crise et de racisme aujourd’hui décomplexé". 

Bariza Khiari développe un discours victimaire : "Si le gouvernement, parallèlement à sa démarche volontariste en faveur du « mariage pour tous », avait su promouvoir avec la même énergie, à défaut du même succès, le « vote pour tous », les candidats socialistes auraient eu sur le terrain des arguments à faire valoir. Si le gouvernement, comme annoncé, avait réformé le Code d’entrée et de séjours des étrangers, ces électeurs auraient observé l’amélioration des conditions de vie de leurs proches. Si, lors de la primaire socialiste à Marseille, on avait salué la citoyenneté active des quartiers Nord au lieu de dénoncer au plus haut niveau de l’Etat un « vote communautaire », Marseille aurait pu revenir à la gauche. Si la gauche avait procédé à quelques nominations, même emblématiques, ces électeurs auraient eu le sentiment d’accéder, par procuration, à une reconnaissance et une dignité nouvelle. C’est au cœur même du fonctionnement de l’Etat,réputé laïque et méritocratique, que l’ethnicisation des rapports sociaux est la plus inadmissible, et sans doute la plus forte. Notre élite politico-administrative, à force de consanguinité, est devenue un « grand corps malade ». L’arabe/musulman, ce mal aimé de la République, est l’objet d’un véritable tir de barrage dès lors qu’il s’agit de prétendre à occuper un poste à responsabilité.L’élite des « issus de l’immigration », celle qui a cru en la promesse républicaine, est frappée d’ostracisme. Le message envoyé aux jeunes générations est catastrophique quand le regard porté sur ces élites, même lorsqu’elles sont issues de grandes écoles, les relègue encore trop souvent à une altérité indépassable. Au lieu de cela, nos responsables se sont contentés de quelques beaux discours, comme si le simple fait de se prévaloir de l’article 1er de notre Constitution valait solde de tout compte. Faut-il rappeler que le « curseur » des musulmans, comme le reste de nos concitoyens, n’est pas bloqué autour de la seule variable cultuelle ? Ils sont pauvres ou nantis, chômeurs ou salariés, et soucieux de l’avenir de leurs enfants. La construction de l’identité politique se construit, sauf cécité intellectuelle, en tenant compte de l’ensemble des ingrédients notamment socio-économiques". 

Et de conclure : "L’inversion de la courbe du chômage et l’amélioration du pouvoir d’achat, promesses communes à tous et non réalisées, ont conduit une partie de nos concitoyens à l’abstention ou vers des listes d’extrême droite. L’électeur de confession musulmane à qui on avait promis, de surcroît,  l’encadrement des contrôles au faciès, le droit de vote aux élections locales, une politique visant à lutter contre les discriminations a été très vite habité par la conviction d’être, à plus d’un titre, le « dindon de la farce ». En vérité, le citoyen de confession musulmane éprouve à la fois le sentiment de servir de variable d’ajustement pour une gauche en mal d’électeurs, et de repoussoir pour une droite soucieuse de donner des gages à l’extrême-droite, sans pour autant quitter le convoi des premières victimes des tensions économiques.  Le Parti socialiste a été sévèrement sanctionné pour ses renoncements successifs. Dès lors, il n’est pas interdit de penser qu’il ne pourra plus gagner d’autres élections nationales sans l’apport de cet électorat particulièrement sensible aux questions de justice sociale et d’égalité. Il faut passer des promesses aux actes. Des résultats tangibles en matière d’égalité réelle permettront et, il n’est pas trop tard, de dissoudre le facteur identitaire du vote. Entre abstention et listes dites « citoyennes », il y a pour les citoyens musulmans un autre chemin : celui de notre République sociale et laïque, encore faut-il que nos dirigeants montrent la voie. Cela implique de parier sur les compétences en ignorant l’appartenance et de redonner la primauté à la citoyenneté sur l’identité. Sur ces questions se jouent la crédibilité et la pérennité de notre modèle républicain".

Le 14 mai 2014, interrogée par Oummatv, elle assénait : les électeurs musulmans "gens des quartiers, personnes issues de l'immigration", « n’ont pas voté pour François Hollande, ils ont voté contre Sarkozy […] parce que Sarkozy a distillé dans la nation française une islamophobie d’Etat. Qu’on se rappelle l’identité nationale, le ministère de l’Immigration, le halal, la burqa et j’en passe… Donc, les musulmans sont devenus démocrates. Ça sert à rien de brûler les voitures. Ils l’ont compris. Ils attendent le moment venu pour mettre dans l'urne un bulletinDonc François Hollande a obtenu un certain nombre de voix […] un point et demi supérieur. Ce vote est essentiellement le vote des quartiers, le vote musulman, et si François Hollande a gagné c’est grâce à ce vote... et parce qu'il a fait des promesses sur le vote pour tous, sur la lutte contre les discriminations. Et aucune de ces promesses n'a été tenue ». Des promesses non tenues. La sénatrice déplorait l'absence de diversité car le "système est bloqué à cause de ses élites" politico-administratives, et d'avoir été qualifiée de "gauche tajine" au sein du Parti socialiste. 

Instance de dialogue avec les musulmans
 Le 15 juin 2015, Bariza Khiari est interrogée par Public Sénat, chaîne télévisuelle étatique, sur "l'instance de dialogue avec l'islam" lancée par le gouvernement socialiste dirigé par Manuel Valls.

Bariza Khiari a salué cette "bonne initiative. Au mois de janvier dernier, les événements liés à l’attentat contre Charlie Hebdo ont montré l’absence d’interlocuteur sur le problème de la mauvaise image de l’Islam en France. Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) n’a effectivement pas abouti dans les missions qui lui étaient confiées. Elargir le dialogue à des personnes qui ne sont pas forcément dans l’exercice du culte musulman mais qui se reconnaissent comme appartenant à la sphère musulmane, c’est toujours mieux. Elles sont aussi victimes, malgré elles, des préjugés, des amalgames, de la recherche de boucs-émissaires. Ca va faire émerger d’autres gens de qualité, par exemple des jeunes nés en France, qui pratiquent en France et qui à terme pourraient devenir de nouveaux interlocuteurs". La sénatrice a "oublié" l'attentat islamiste à l'hypercacher de la Porte de Vincennes.


Et d’enchaîner sur un discours très revendicatif : "Tant que les questions liées au culte – sur la formation des imams, les aumôniers, la construction de mosquées, les carrés musulmans dans les cimetières, la nourriture halal, etc. ne seront pas réglées, cela polluera le débat. Or, ça peut se régler assez vite. Réunis en groupe de travail, ces 120 représentants vont faire des propositions qui seront mis en délibération. Ça va booster le CFCM qui devra prendre ses responsabilités. Ensuite, on pourra aborder des questions plus sociales, qui portent par exemple sur les discriminations (CV anonymes, contrôle au facies, etc.). Le gouvernement se montre lucide, en dressant l’état des lieux. A savoir que les musulmans sont là, qu’ils sont nombreux et qu’ils sont appelés à rester. De l’autre, il voit bien ce qui se passe, avec les actes antimusulmans qui se multiplient. S’il a appelé à poser sur les musulmans un regard positif, il a encouragé les musulmans à se mettre en mouvement. ‘Arrêtez d’être des sujets d’étude et soyez les acteurs de votre vie’, c’est un peu le message qu’il leur a adressé."

Et de conclure : "J’aime à dire que je suis farouchement républicaine et sereinement musulmane. Et on est une très grande majorité à penser la même chose. Bien sûr qu’il faut respecter la laïcité, mais surtout, la considérer comme protectrice. La laïcité, ce n’est pas la négation de la foi, mais au contraire la protection de tous les cultes dans la mesure où il n’y a pas de trouble à l’ordre public. C’est un appel à la concorde pour vivre ensemble avec nos différences. A ce titre, je suis contre le fait que l’on touche à la loi de 1905. Cela ouvrirait la boite de Pandore. Je suis certaine qu’en se montrant astucieux, on peut répondre à toutes ces questions tout en restant dans le cadre de la loi 1905".

"Assumer nos responsabilités"
Le 26 juillet 2016, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, deux terroristes islamistes, sont entrés dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), près de Rouen en criant "Allah Ouaqbar", cri affirmant la supériorité d'Allah et de l'islam. Munis de couteaux, ils y ont pris en otages cinq personnes au nom de l'Etat islamique (ISIL). Ils ont égorgé Jacques Hamel, prêtre auxiliaire de la paroisse et âgé de 86 ans, et gravement blessé un autre otage. Lors de l'assaut, la Brigade d'intervention rapide (BRI) les a tués. "La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête. L’enquête a été confiée à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet". Le CFCM (Conseil français du culte musulman) a invité les musulmans à assister à la messe dominicale du 31 juillet 2016 dans une église proche de leur domicile en signe de "solidarité et compassion" après le "lâche assassinat".

Le 27 juillet 2016, Le Canard enchaîné informait sur la réflexion de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur et chargé des Cultes, "depuis quelques temps à une association entre l'Etat et l'islam en France. Le but pour Bernard Cazeneuve serait de mieux organiser l'islam dans le pays, et de permettre un contrôle amélioré de l'Etat sur le culte musulman. Selon Bernard Cazeneuve, cité par l'hebdomadaire, "il faut arrêter de se faire instrumentaliser par la droite sur la question de l'islam" et reprendre la main. "Tout en gardant mes principes républicains, je m'interroge sur l'usage vis-à-vis de l'islam d'un Concordat tel que celui qui est en vigueur en Alsace-Moselle" aurait déclaré le ministre. Un Concordat supposerait que l'Etat rémunère les imams et valide leur nomination. Une mesure contraire "à un rapport sénatorial publié au début du mois de juillet et qui préconisait, au contraire, le retrait de l'Etat des affaires du culte musulman". "Pour preuve de son implication sur le dossier, le ministre aurait évoqué au séminaire gouvernemental du 23 juillet les "dix lieux de culte fermés" par son gouvernement, et sa volonté d'en faire plus". Une fuite autorisée par les autorités politiques françaises et reprises par maints médias dont BFM et Europe 1.

Ce 31 juillet 2016, donc le jour désigné pour l'alliance entre catholiques et musulmans, Le Journal du dimanche (JDD) a publié en exclusivité la tribune "Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités" signée de "personnalités musulmanes françaises" qui "critiquent l'organisation actuelle de l'islam de France" et prônent la réactivation de la Fondation pour l'islam de France :
"Après l'assassinat de caricaturistes, après l'assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l'assassinat d'un couple de policiers, après l'assassinat d'enfants, de femmes et d'hommes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd'hui l'assassinat d'un prêtre célébrant la messe… L'horreur, toujours plus d'horreur et la volonté très claire maintenant de dresser les Français les uns contre les autres. Pour détruire la concorde nationale qui tient encore.
Nous musulmans étions silencieux parce que nous avions appris qu'en France la religion est une affaire privée.
Nous devons parler maintenant parce que l'islam est devenue une affaire publique et que la situation actuelle est intolérable.
En tant que musulmans, de foi ou de culture, nous sommes concernés par l'impuissance de l'organisation actuelle de l'islam de France qui n'a aucune prise sur les événements.
Malgré les efforts de personnalités engagées, l'islam de France est – mal – géré par des représentants des pays dont sont issus beaucoup de musulmans français. Cette organisation avait probablement un sens quand les musulmans étaient des immigrés. Or, aujourd'hui, les musulmans de France sont à 75% français. Ils sont majoritairement jeunes, voire très jeunes. Nombre d'entre eux sont la proie d'idéologues de l'islam djihadiste mais aussi de l'islamisme politique. Les représentants traditionnels ne les comprennent plus car ils ne les connaissent pas tout simplement.
Alors, il faut changer de générations, avec un projet d'organisation clair : donner des sources de financement pérennes et transparentes aux mosquées, former et salarier des imams, faire le travail historique, anthropologique et théologique qui permet et permettra encore plus demain d'être français et musulman dans une République laïque. Et mener enfin la bataille culturelle contre l'islamisme radical, auprès des jeunes et des moins jeunes, avec les moyens de production les plus modernes et les techniques de diffusion des idées et des informations les plus efficaces.
Il faut agir donc en tant que musulmans.
Mais aussi en tant que Français. Nous devons répondre à l'interpellation de la société française qui nous dit : "Mais, où êtes-vous? Que faites-vous?"
Certes, cette interpellation est paradoxale : on nous a appris à faire de la religion une affaire privée. Pourquoi dès lors prendre la parole en tant que musulmans? Parce que le risque de fracture entre les Français est chaque jour plus important.
Alors, avant qu'il ne soit trop tard, avant que la violence ne dresse les Français les uns contre les autres – ce qui est l'objectif de Daech –, il faut agir et prendre nos responsabilités. Et dépasser l'injonction paradoxale : "Faites disparaître vos différences ; condamnez parce que vous êtes différents."
À force de travail et d'abnégation personnelle mais aussi parce que la République a fait son travail, nous avons, comme nos autres concitoyens, pris notre place dans la société française. Et aujourd'hui, cette génération est prête à assumer ses responsabilités et notamment l'organisation de l'islam de France.
Une Fondation pour l'islam de France avait été créée il y a plus de dix ans. Elle n'a jamais fonctionné. Il est temps de la réactiver maintenant, de lui donner la capacité de collecter des ressources. Les Français de confession musulmane sont prêts à la relancer, à l'animer, à contribuer à son financement. Cette Fondation, au niveau national comme au niveau régional, peut être l'institution qui permettra l'organisation de l'islam de France. Au-delà, c'est à un travail quotidien d'explication, de mise en perspective, d'action sociale et culturelle que nous sommes prêts à nous atteler.
En tant que Français, en tant que musulmans. Parce que la France en a besoin."
Ont signé cette tribune des membres de la "beurgeoisie" : Kaci Ait Yala, chef d'entreprise ; Najoua El Atfani, cadre entreprise BTP, administratice club XXIe siècle ; Rahmene Azzouzi, chef du service urologie, CHU d'Angers ; Linda Belaidi, dirigeante EASI (European Agency for Strategic Intelligence) ; Tayeb Belmihoub, auteur, comédien ; Sadek Beloucif, chef du service anesthésie réanimation, hôpital Avicenne, ex-membre du Comité national d'éthique ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d'addictologie ; Nadia Bey, journaliste ; Abdennour Bidar, philosophe, inspecteur général de l'éducation nationale ; Antar Boudiaf ; Hamou Bouakkaz, conseiller d'arrondissement, ancien adjoint au maire de Paris ; Marc Chebsun, auteur, éditorialiste ; Abdelnor Chehlaoui, banquier d'affaires ; Fatiha Gas, directrice d'un établissement d'enseignement supérieur ; Mohamed Ghannem, chef du service cardiologie, Fondation Léopold-Bellan ; M'jid El Guerrab, ancien conseiller du président du Sénat ; Kamel Haddar, entrepreneur (éducation et média) ; Abderrahim Hafidi, universitaire, islamologue ; Sofiène Haj Taieb, DG Finances, fonds d'investissement ; Khalid Hamdani, chef d'entreprise, membre du Cese ; Majid Si Hocine, médecin ; Mehdi Houas, président Talan (conseil informatique), ancien ministre ; Elyès Jouini, professeur d'université, vice-président d'université, ancien ministre ; Hakim El Karoui, ancien conseiller du Premier ministre, chef d'entreprise ; Bariza Khiari, sénatrice de Paris ; Saadallah Khiari, cinéaste, auteur ; Shiraz Latiri, cadre, société d'assurance ; Kamel Maouche, avocat au barreau de Paris ; Kaouthar Mehrez, ingénieur ; Malika Menner, directeur des Relations externes d'un grand groupe télécom ; Louisa Mezreb, PDG Facem management ; Naima M'Faddel, adjointe au maire de Dreux, chargée de l'action sociale ; Pap'Amadou Ngom, PDG Des systèmes et des hommes ; Bouchra Rejani, directrice générale d'une société de production audiovisuelle ; Mahamadou Lamine Sagna, sociologue, chercheur à Paris-VII ; Nadir Saïfi, juriste ; Yasmine Seghirate, responsable de la communication pour une organisation internationale ; Mohsen Souissi, ingénieur ; François-Aïssa Touazi, fondateur CAPmena, ancien conseiller du ministère des Affaires étrangères ; Farid Yaker, président forum France Algérie ; Faiez Zannad, professeur de thérapeutique-cardiologie, CHU Nancy, université de Lorraine.

Maints signataires de cette tribune avaient signé l'"appel lancé par Respect Mag du 12 janvier 2011 postérieur à des attentats islamistes contre des chrétiens. 

Exeunt Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, Ghaleb Bencheikh, physicien et animateur d'émissions radiophonique et télévisée, et des membres du CFCM (Conseil français du culte musulman). 

Cadres supérieurs, élus, médecins, journalistes, entrepreneurs, banquiers, hauts fonctionnaires, professeurs, écrivains, ministre... La "haute beurgeoisie" promue par la république française et qui en tutoie les autorités politiques s'érige en interlocutrice politique "responsable" du pouvoir national suprême. Une upper class musulmane qui écarte le CFCM et l'Instance de dialogue avec le culte musulman instituée en 2015 par Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur et chargé des cultes. Une partie de l'oumma qui se présente soucieuse des "jeunes musulmans" pour mieux affermir ses revendications.

Habilement, ces signataires ont fustigé "l'horreur" sans le qualifier, et centré leur pétition sur la réorganisation des institutions musulmanes. Comme si c'était la solution !

Cette liste débute par l'évocation de l'attentat terroriste islamiste commis au siège de Charlie hebdo par les frères Chérif et Saïd Kouachi le 7 janvier 2015 et enchaîne par une allusion à celui au Bataclan le 13 novembre 2015. D'une part, elle omet les attentats terroristes à Toulouse et à Montauban. Le 11 mars 2012. à Toulouse, Mohamed Merah a tué le maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten, 30 ans, sous-officier du 1er régiment du train parachutiste, qui avait mis sur Internet une annonce pour vendre sa moto. Il lui dit : « Tu tues mes frères. Maintenant, je te tue ». Le 15 mars 2012, à Montauban, il a assassiné Abel Chennouf, 25 ans, et le 1ère classe Mohamed Legouad, 24 ans, soldats français du 17e régiment de génie parachutiste (RGP). Un quatrième soldat, Loïc Liber, 28, a été gravement blessé à la moelle épinière (tétraplégique, sous assistance respiratoire). Le 19 mars 2012, près et dans l'école Juive OzarHaTorah, Mohamed Mérah assassina Miriam Monsonego, fille âgée de 8 ans du principal de l’établissement scolaire, le rab Yaacov Monsonego, Jonathan Sandler, 30 ans, professeur de judaïsme, et ses deux fils, Arye, 5 ans, et Gabriel, 4 ans.

Et d'autre part, cette tribune oublie Philippe Braham, cadre commercial dans une société d'informatique âgé de 45 ans, Yohan Cohen, étudiant et employé du magasin âgé de 20 ans, Yoav Hattab, étudiant âgé de 21 ans - son héroïsme est sciemment occulté par la plupart des dirigeants politiques et des médias -, et François-Michel Saada, cadre supérieur retraité âgé de 64 ans, assassinés à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, par le terroriste islamiste Amedy Coulibaly se revendiquant de l'Etat islamique (ISIS).

En fait, cette tribune a, sciemment ou non, cyniquement ou non, occulté essentiellement les victimes juives, et a exprimé la hiérarchie instituée en dhimmitude à l'égard des non-musulmans : les chrétiens avant les juifs.

Qu'aucun de cette quarantaine de signataires n'ait relevé ces omissions s'avère révélateur et choquant. Que ni le rédacteur en chef ni le directeur de la publication n'aient été surpris par cette omission consterne.

Olivier Duhamel, juriste et politologue, s'est indigné : "L’incroyable oubli. Caricaturistes, jeunes, policiers, enfants, prêtre… Et les quatre morts de la prise d’otages dans l’Hyper Cacher, le 9 janvier 2015 ? Les quatre juifs assassinés parce que juifs ? Passés à la trappe de la mémoire. Que l’oubli soit volontaire ou involontaire, à se demander ce qui serait le plus grave ?"

Le journaliste et essayiste Jean Birnbaum s'élevait aussi sur Facebook contre cet oubli. Tout comme l'UEJF (Union des étudiants juifs de France), le grand rabbin de France Haïm Korsia qui a "appelé plusieurs signataires pour leur faire part de la blessure qui fut la mienne et celle de la communauté juive", etc.

"Qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête de celui ou de celle qui, comme c’est l’usage pour ce type de textes collectifs, en a rédigé la première mouture ? Dans celle des quarante autres qui, dans les heures qui suivent, et comme c’est également l’usage, ont lu et relu, pesé chaque mot, amendé, débattu, signé enfin ? Et que penser de l’embarras de celui des signataires qui, interrogé sur Europe 1, répondra, ce lundi matin, que les quatre morts de l’Hyper Cacher participaient de « l’effet Charlie » et que cela n’avait pas à être « précisé » ? D’autres, jadis, auraient dit qu’ils furent, ces quatre morts, «un détail» de la séquence. D’autres, sous d’autres latitudes, observeraient que les vies juives comptent – matter… – apparemment moins que les autres. Mais on se gardera de surinterpréter. Et, encore moins, d’entretenir la polémique. On espère seulement qu’une mise au point viendra, sans tarder, dissiper le malaise. Et on attend de ces femmes et hommes de bonne volonté – et dont les intentions sont, comme cela a été dit, « insoupçonnables » – qu’ils se mettent très vite en règle avec leurs pensées et, aussi, leurs arrière-pensées. Car on ne peut pas dénoncer des bourreaux en faisant le tri parmi leurs victimes. On ne peut pas vouloir lutter contre la volonté de Daech de mettre le pays à feu et à sang et, quand vient l’heure de compter les morts, avoir la mémoire sélective. Et on ne peut pas, surtout, prétendre sortir d’une «situation intolérable » où le déni nourrit l’amalgame et où la confusion sème, à son tour, les germes de la division et, un jour, à Dieu ne plaise, de la guerre de tous contre tous – et occulter un antisémitisme qui est, qu’on le veuille ou non, l’une des marques et, peut-être, l’une des sources de ce qu’Abdelwahab Meddeb appelait la « maladie de l’islam ». Question de principe, mais aussi de vérité. Point de passage obligé pour qui veut, réellement, «refonder l’islam» et gagner « la bataille culturelle contre l’islam radical ». Pas d’autre façon de faire si nous voulons vraiment, tous ensemble, gagner cette guerre", écrit le philosophe Bernard-Henri Lévy.

Le 1er août 2016, le CRIF publiait le communiqué de presse intitulé "Un oubli lourd de sens..." :
"Une trentaine de personnalités musulmanes françaises issues de la société civile ont publié hier matin dans le Journal du Dimanche une tribune dans laquelle ils affirment leur engagement dans le combat contre l'islamisme radical et souhaitent une refondation de l'islam de France.
Si cette mobilisation est salutaire et représente une voix importante dans la bataille contre l'islam radical, le Crif note avec inquiétude que cette tribune démarre par une liste des principales victimes récentes du terrorisme (caricaturistes, policiers, jeunes du 13 novembre, familles du 14 juillet, prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray...) mais occulte dans cette liste l'attentat de l'Hypercacher et ses victimes juives, comme elle oublie celui contre l'école Ozar Hatorah de Toulouse en 2012.
Cet oubli est bien entendu un affront à la mémoire des huit victimes de ces deux attentats, qui ont été ciblées par le terrorisme parce que Juifs. Mais, au-delà, cette mémoire sélective empêche surtout de comprendre toutes les dimensions du terrorisme islamiste auxquelles la France est aujourd'hui confrontée.
Le président du Crif Francis Kalifat demande aux auteurs de cette tribune d'apporter la clarification nécessaire sous peine d'entacher l'utilité de leur démarche".
Le 1er août 2016, pour tenter de mettre un terme à la polémique, Bariza Khiari a répondu sur son compte Facebook - un post liké 115 fois et partagé 118 fois - par ce message approuvé par les signataires :
"Un début de polémique semble poindre au sujet de la tribune parue ce dimanche dans le JDD.
Nous, Français et musulmans tenons à dire avec la plus grande clarté que nous ne faisons aucune différence entre les victimes du terrorisme aveugle qui frappe notre nation depuis de nombreux mois.
Élèves juifs de Toulouse ou clients de l'Hyper Casher assassinés parce qu'ils étaient juifs, prêtre catholique martyrisé en son église, soldat ou policier musulman abattu en service... La liste des victimes est terriblement longue et si diverse, à l'image de notre nation dans toutes ses composantes, qu'il nous faut affronter l'adversité ensemble.
C'est bien tous ensemble - juifs, chrétiens, musulmans, agnostiques ou non croyants, que nous aurons à mener ce combat. Il nous faudra toutes nos forces. Ne les abîmons pas dans de faux procès et restons des citoyens solidaires.
En fraternité.
Ce post a été rédigé et validé par tous les signataires de la tribune pour répondre à des interrogations légitimes".
Ce texte a été ajouté, après la tribune inchangée, sur le site Internet du JDD, surmonté du titre "Précisions des auteurs de la tribune".

Ce terrorisme est islamiste, et non affligé de cécité. Il cible les Yahoud, les chrétiens, les kouffars... "L'imam Qaradawi, qui siège au Qatar, pays ami de la France, est le chef du Conseil de la Fatwa pour l'Europe, le mentor sur la plan de la Charia des Frères Musulmans (et donc de leurs émules français). Dans ses décisions juridiques , il justifie le meurtre des non musulmans, et avant tout des Juifs, comme un moyen licite de défendre et illustrer l'islam. Il va même jusqu'à estimer que, si le « martyr » le juge nécessaire, le meurtre des non-musulmans pourrait s'accompagner, pour le succès de l'opération, de la mort de musulmans (ainsi expédiés illico presto au paradis). Sur ce dernier point, cela montre parfaitement que le fait que les attentats frappent aussi des musulmans ne diminue en rien le caractère et la justification exclusivement islamiques de ces actes", a analysé Shmuel Trigano, professeur.émérite des Universités, philosophe et sociologue (Le Figaro, 28 juillet 2016).

Pas de mea culpa. Ces "Français musulmans responsables" ne présentent pas d'excuses auprès de Yaoud.

Rappelons que, lors du dîner de rassemblement du problématique projet Aladin à l’Assemblée nationale le 12 juin 2014, Bariza Khiari, Anne-Marie Revcolevschi et Jacques Andréani, respectivement vice-présidente du Sénat, présidente du Projet Aladin et l’ambassadeur de France, "ont interpellé les nombreuses personnalités présentes, pour leur proposer un plan d’action commune face à la résurgence des crimes racistes et antisémites".  Bariza Khiari avait alors lu leur appel « Nous ne laisserons pas faire ! » qui débutait ainsi : "Hier Toulouse et Montauban, aujourd’hui Bruxelles, et demain ? Ces djihadistes tuent avec pour cible les juifs. Leur haine s’est aussi abattue sur des chrétiens et des musulmans". Cet appel dédouanait l'islam et prônait le renforcement des "liens d’amitié entre juifs et musulmans", No comment...

Le CRIF informait sur l'entretien entre son président Francis Kalifat et Bariza Khiari, co-signataire :
"La sénatrice de Paris s'explique sur "l'oubli" des victimes juives dans une tribune signée par des Français musulmans.
Suite au communiqué de presse du Crif concernant "l'oubli" des victimes juives dans une tribune signée par des Français musulmans, le Président du Crif Francis Kalifat s'est longuement entretenu avec Bariza Khiari, sénatrice de Paris et co-signataire de cette tribune.
Au cours de cet entretien, Mme Khiari a rejeté toute mauvaise intention de la part des signataires et a tenu à assurer qu'elle ne faisait aucune différence entre les victimes, qu'il s'agisse des élèves juifs de Toulouse ou des clients de l'Hyper Casher assassinés parce qu'ils étaient juifs, du prêtre catholique martyrisé en son église, des soldats et policiers abattus en service...
Pour Mme Khiari, face au terrorisme, c'est la nation dans son ensemble et dans toutes ses composantes qui doit affronter l'adversité".
Le 1er  août 2016, le grand rabbin de France Haïm Korsia twittait : "Je salue ls réactions individuelles de certains signataires qui ont clarifié leurs propos, en particulier la Sénatrice B. Khiari". Circulez, y'a plus rien à dire ni à faire ?

Sur Europe 1, Amine Benyaminapsychiatre au département de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Paul-Brousse à Villejuif et l'un des 41 signataires de cet appel controversé, a déclaré : "L'islam est souvent une culture, des us, des coutumes.... L'islam est compatible avec la république". Gêné, bafouillant, il a écarté tout reproche - les rédacteurs "sont au-dessus de tout soupçon de choix des victimes... C'est un faux procès de croire ceci ou cela. On n'est pas des politiques" -. Puis, il invité les auditeurs à lire le post publié ce matin par Bariza Khiari sur sa page Facebook et qu'il reprenait.

Jean Birbaum publiait aussi deux commentaires à son post :
"Dans un post publié hier, je m'étonnais que des auteurs, s'exprimant dans le Journal du dimanche en tant que "Français et musulmans", aient pu lister les attentats djihadistes commis depuis Charlie sans mentionner le massacre de l'Hypercacher.
A la suite de ce post, il y a eu ici même plus d'un commentaire intéressant. Parmi ceux-ci, je voudrais relever un échange en particulier, propre à nourrir la réflexion.
M'jid El Guerrab, l'un des signataires du texte collectif publié par le JDD, texte qui en appelait à la "responsabilité", a fait cette réponse qui vaut fin de non-recevoir :
"Je fais parti des signataires et effectivement lorsque l'on parle des caricaturistes, on parle de tout le reste : juifs, musulmans, gardiens de la paix, agents de sécurité tués etc.
Quelle inconscience de faire cela à détricoter en insultant une initiative saine... À chercher à voir de l'antisémitisme inconscient ou je ne sais quel autre explications tordue dans un tel appel qui devrait être applaudi... Vous devriez avoir honte..."
Ce à quoi Patrice Maniglier a répondu par les mots suivants, emprunts, pour le coup, d'un sens authentique, et comme providentiel, de la responsabilité :
"Curieuse réaction. Quand vous parlez "des caricaturistes", dites-vous, vous parlez de "tout le reste"? Mais vous avez l'air effectivement d'avoir mal suivi l'actualité de l'époque. Vous n'êtes peut-être pas au courant qu'il y a eu DEUX attentats, l'un sur Charlie Hebdo (par les frères Kouachi), l'autre sur l'Hypercasher (par Coulibaly). Les policiers, agents de sécurités et autres qui ont été tués lors de l'attaque de la rédaction de Charlie Hebdo étaient peut-être musulmans, catholiques ou juifs, et cela est sans doute intéressant car ça prouve la diversité de la société française, mais ils ne l'ont pas été parce qu'ils était musulmans ou catholiques ou juifs, mais parce qu'ils étaient sur le chemin des tueurs. Dans le cas de l'Hypercasher, comme dans les autres assassinats antisémites commis AU NOM DE L'ISLAM ces dernières années, des gens ont été tués PARCE QU'ILS ÉTAIENT JUIFS. Faire la liste des différentes catégories de victimes, et ne pas mentionner ces cibles-ci, c'est un problème. Pourquoi ? Parce que vous en appelez à la responsabilité. Or "en tant que français" (héritiers d'une longue tradition d'antisémitisme donc, qui a contribué à l'extermination des juifs d'Europe - eh oui, c'est ça aussi être français) et "en tant que musulmans" (donc adhérant à une religion au nom de laquelle on tue aujourd'hui de nouveau froidement des Juifs parce qu'ils sont juifs et un des foyers les plus virulents du nouvel antisémitisme), vous devriez justement vous sentir RESPONSABLES. Non pas coupables, Dieu merci (si j'ose dire) car vous n'y êtes pour rien et vous désapprouvez ces actes. Mais justement, si vous prenez votre responsabilité en tant que français et en tant que musulmans, prenez la sérieusement. Et combattez aussi cette gangrène infecte qu'est l'antisémitisme assassin au nom de l'islam. Ne pas voir que cela fait partie de la responsabilité que vous revendiquez, c'est déjà très inquiétant. Mais refuser de voir que c'est une grave erreur, c'est plus qu'inquiétant: c'est pas loin de transformer votre "saine initiative" en une petite infamie. Vous avez fait une bêtise, reconnaissez-la, corrigez-la, réfléchissez sur les raisons qui vous ont fait commettre collectivement cette grosse bêtise - et là vous seriez RESPONSABLES. Pour l'instant, vous tendez vers l'irresponsabilité la plus grossière, celle de personnes qui se targuent de l'importance de leur sens moral mais n'en ont, en réalité, pas même l'ombre. Allez, il est encore temps de se réveiller. Votre cauchemar est le nôtre".
Le 2 août 2016, le grand rabbin de France Haïm Korsia a twitté : "Je demande à ce que le texte soit modifié pour inclure l'ensemble des victimes  - militaires et Français juifs". 

La règle du jeuDavid Isaac Haziza observait : "Ne pas parler des victimes juives de l'islamisme en dit long hélas sur ce qui se joue entre l'islam, la France et les juifs... Plusieurs choses m’ont choqué à cette lecture, terriblement, et je ne suis pas le seul. Nous étions silencieux, disent-ils, parce qu’on ne parle pas de religion en France : c’est évidemment faux, c’est même un sophisme, et l’on a beaucoup entendu, depuis Merah et même avant, depuis le 11-Septembre au moins, des musulmans français se joindre à leurs coreligionnaires du reste de la planète pour noyer le poisson et dire que tous ces crimes ne sont pas l’islam. Inversement, la Lettre d’Abdennour Bidar est bien la preuve que l’on pouvait parler et dénoncer, en tant que musulman, ce qu’il y avait à dénoncer... Une autre remarque que je ferais est qu’on ne trouve pas dans cette tribune d’autocritique « sur le fond », qui porterait sur les concepts de l’islam, sa loi, ses sources, sa théologie. Mais je nuance et adoucis aussitôt ma propre remarque : on ne peut exiger d’autant de signataires divers, aux convictions et aux intelligences hétérogènes, de se mettre d’accord sur quelque chose d’aussi ambitieux, en aussi peu de lignes. Reste l’essentiel de ma critique. Il y a là un silence proprement sidérant, terrifiant presque. Mais alors, ce silence, que nous dit-il ? La haine, elle, la haine du Juif, plonge ses racines dans la nuit des temps... Le Juif est haï, un point c’est tout. Pourquoi ? Parce que. Parce que la différence, parce que l’Election. Et quand on tue un Juif en tant que tel, ça doit aussi, fatalement, être différent : ils le savent bien, ceux qui, ayant omis d’en parler, se justifient depuis trois jours en affirmant en toute mauvaise foi que l’Hyper Cacher était contenu dans les « caricaturistes ». Il n’en est rien et s’ils ne le savaient alors (laissons-leur le bénéfice du doute), ils ont bien dû comprendre depuis ce que signifiait leur oubli... Du chemin, il y en a à faire, car ça n’est pas en faisant silence que l’on supprimera la haine. Le frère de Mohammed Merah a raconté les youyous devant la dépouille de son frère, les infâmes pleurant qu’on n’ait pas tué plus d’enfants juifs... Il sera, je crois, nécessaire aux musulmans, non seulement d’assumer aussi leurs responsabilités quand ceux que le Coran traite de « singes » et de « porcs » et que la tradition islamique présente comme « tueurs de prophètes », sont immolés au nom de leur foi ; mais encore d’admettre qu’au creux de cet Occident, de cette France dont ils ont droit comme n’importe qui d’être les citoyens, résiste l’étonnant signifiant juif. Le Juif est l’unique, le témoin, la date. L’entaille. Sans elle, notre France ne serait pas plus ce qu’elle est que sans la splendeur de ses terroirs : c’est cela, aussi, le « détail » de l’Hyper Cacher".

"De deux choses l'une. Soit c'est un impensé, et c'est très grave. Soit c'est délibéré, c'est encore plus grave... Cela signifie que ces victimes [juives omises] ne sont pas réellement des victimes", résumait Frédéric Encel, expert en géopolitique, sur Radio J le 3 août 2016.

Le 4 août 2016, Michel Zerbib, responsable de l'information sur Radio J, a interviewé Amine Benyamina, originaire d'Algérie, psychiatre au département de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Paul-Brousse à Villejuif et co-signataire de cet appel controversé. Le professeur Amine Benyamina a déclaré : "C'est un appel pour dire qu'on est resté trop longtemps silencieux et qu'on est horrifié par les actes de violence. On a eu un retour positif dimanche quand le journal est paru. Un appel attendu, nécessaire, pour combler un "gap"... Un "oubli" ne répare pas. C'est une occasion manquée, dommage... Un correctif a été rapidement publié. C'est souvent deux-trois personnes qui rédigent un texte, et le transmettent à d'autres... Il n'y avait pas de choix victimaire. Les personnes victimes sont de tout culte...  Des jeunes . C'est collectivement que nous devons nous défendre. Nous sommes sur le même bateau... Nous sommes issus d'un pays colonisé... Il est important de pacifier... La cohésion nationale est en jeu. Nous ne pouvons pas nous permettre des débats".


Puis Michel Zerbib a interviewé Francis Kalifat, président du CRIF, qui a dit : "On a cet espoir de voir cette voix importante de l'islam se lever contre l'islam radical. On note avec inquiétude que cette tribune occulte l'attentat de l'hyper cacher, comme les victimes d'OzarHaTorah en 2012. On ne peut pas considérer cet oubli comme une erreur. Ce n'est pas un détail... Il est très simple de réparer cette erreur ou cet oubli. Il faut une mise au point qui clarifie les choses. J'attends toujours... A contrario, une réponse a été apportée dans le communiqué du CFCM paru hier. Le CFCM dénonce l’ambiguïté de cette tribune où il constate un "oubli intolérable des attentats terroristes ayant visé la communauté juive de France"... C'est important pour nous. Les Français juifs ont été visés en tant que juifs". Il attend la "clarification nécessaire" de l'ensemble des signataires.

Je n'ai pas trouvé sur Internet ce communiqué du CFCM.


"On savait qu'on était attendu... Je comprends que [cet oubli] a pu choquer. On a été pris dans un emballement suite à l'assassinat du curé. Il a été égorgé. Cela m'a rappelé les moines de Tibhirine. C'est l'acte du non retour... On a fait notre outing. Nous avons fait le sacrifice de notre espace intime... [C'est oubli est] dommage. On a fait le rectificatif dans la nuit dans la page de Bariza Khiari", a déclaré Amine Benyamina sur 28', magazine d'Arte. Et d'ajouter sur cet "Appel des 42" : "Jusqu'à présent on ne faisait intervenir que des gens du culte. Mais ils ne me représentent pas... On souhaite un enseignement sur l'historicité de l'islam... Jean-Pierre Chevènement est capable de mettre de l'ordre, de présider la Fondation pour les œuvres de l'islam de France. Mais" c'est considérer qu'il faut choisir quelqu'un hors de la communauté musulmane. 


Ce qui suscite déjà une polémique

Ancienne sénatrice, ministre socialiste des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, inactive dans l'affaire Krief - un médecin nucléaire Juif français spolié -, a suggéré le 3 août 2016, sur France Info, la nomination d'une femme à la tête de la Fondation pour l'islam de France : "le bon profil c'est quelqu'un de culture musulmane, avec une connaissance de la subtilité humaine de l'islam, quelqu'un de laïc et que ce soit une femme. [Il y a] un sujet entre l'islam et la femme. Une femme [pourrait] "apporter la dimension d'égalité homme/femme, une dimension moderne et républicaine". Bariza Khiari, par exemple, a twitté le 3 août 2016 la sénatrice Nathalie Goulet (Union des démocrates indépendants-Union centriste) et co-auteur avec André Reichardt du rapport d'information De l'Islam en France à un Islam de France, établir la transparence et lever les ambiguïtés (n° 757 (2015-2016) - 5 juillet 2016) 


Le 7 août 2016, Le Journal du dimanche (JDD) a publié la tribune  "Réponse d'un Français non musulman non juif à l'appel des 41" de Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo et de France Inter :
"Mes chers amis, en publiant un appel dans le JDD de la semaine dernière, vous avez courageusement répondu à une nécessité. Français et musulmans, vous êtes la première voix qui, à vos risques et périls, ose reconnaître que l'islam connaît en son sein une crise profonde. Vous acceptez de regarder la réalité en face pour constater ce que beaucoup font semblant d'ignorer, à savoir que la radicalisation islamique, qui est le cœur de cette crise, représente une menace mortelle pour la concorde démocratique et républicaine. Et vous en appelez à un travail intellectuel, culturel et législatif pour réformer l'islam de France et répondre à la question du collectif national, lequel comprend évidemment les Français musulmans : 'Mais où êtes-vous ? Que faites-vous ?'Je pense que l'immense majorité des Français, quelle que soit leur origine, attendait ce geste ­depuis longtemps et l'accueille avec gratitude. Quoi qu'en pensent les partis extrémistes, les Français se savent d'origines diverses depuis des siècles et la longue paix que nous connaissons depuis le milieu du XXe siècle a marginalisé un racisme, qui, s'il doit encore être fermement combattu, n'en est pas moins minoritaire en France. Les sages réactions populaires devant l'atrocité des attentats viennent de le prouver à maintes reprises, et votre main tendue ne peut que renforcer ce désir d'amitié qui fait la beauté d'un pays.Mais à la lecture on ressent un premier doute : vous ne citez pas Charlie, mais des caricaturistes…Et puis arrive la confirmation, proprement dramatique : vous avez vous-mêmes condamné et gâché votre geste, dès les premières lignes de votre appel. Dans votre étrange liste des victimes du terrorisme, – vous parlez du Bataclan, du meurtre des policiers, de Nice, du prêtre – vous avez omis les juifs, parmi les premiers visés par le terrorisme et aux premiers rangs des victimes désignées. Vous avez oublié, pour s'en tenir à la France, les victimes de Mohamed Merah et celles de l'Hyper Cacher.Il n'y a que deux hypothèses, également catastrophiques :– soit vous l'avez fait exprès, pour rallier le plus de monde possible sans avoir à affronter l'antisémitisme qui cimente une part non négligeable de l'islam. Et cela revient à avouer que vous avez déjà perdu la bataille que vous prétendez mener ;– soit c'est un oubli inconscient et cela veut dire que vous n'avez pas encore compris la nature de la maladie qui menace de mort l'État de droit, maladie dont vous n'avez pas encore réussi vous-mêmes à guérir.Il faut espérer que certains d'entre vous aient signé cet appel en confiance, sans le lire. On ne peut croire que certaines personnes estimables aient commis cette faute.Cet épisode n'est pas sans rappeler la réaction du Premier ministre Raymond Barre après l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, quand il avait déploré qu'en plus des juifs, il y avait aussi des victimes innocentes.Mes amis, je tiens à vous le dire. Jamais nous n'accepterons de tels "compromis" langagiers qui ne sont rien d'autres que des muettes permissions données aux futurs criminels antisémites. Or – il faut en persuader haut et fort tous ceux qui en doutent, sans quoi votre ­démarche n'a aucun sens – la France, c'est aussi le pays des Français juifs. Nous sommes indissolublement liés à la composante juive de la France par notre histoire commune, notre culture et l'établissement des lois qui garantissent les libertés et la concorde. Ceux qui pensent que l'on pourrait trouver une telle honteuse sortie à la période dramatique que nous traversons se trompent lourdement. Nous ne nous laisserons pas faire. De même que les Français se dresseront pour défendre les Français musulmans qui enrichissent leur pays en aimant et en respectant l'État de droit, de même ils se dresseront pour défendre leurs concitoyens juifs et la mémoire ineffaçable des victimes assassinées parce que juives.Amis signataires, chacun est prêt à faire crédit de votre bonne volonté. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Republiez votre appel, avec la liste exhaustive des attentats par ordre chronologique. Et justement parce que vous savez que c'est le mot problématique pour une partie de la communauté musulmane, écrivez en toutes lettres le mot juif. Seul l'effort de regarder et de nommer la réalité nous permet de réfléchir à des solutions. Si nous réfléchissons à partir d'un mensonge par omission, nous sommes condamnés à la guerre par soumission."
Le 10 août 2016, Shmuel Trigano a écrit dans sa tribune "Le discours moral de l'Eglise peut-il fonctionner face à l'islamisme ?" publiée par Le Figaro :
"Cette quarantaine de personnalités a tout simplement «oublié» les victimes juives dans les actes terroristes commis au nom de l'islam, qu'elles condamnent par ailleurs. C'est comme si la «pacification» consécutive au meurtre du père Hamel se faisait sur la base du refoulement des effets de la haine principale des islamistes: les Juifs. C'est gros ! Et c'est encore plus affligeant de voir les critiques de cet oubli ne mentionner que le massacre de Merah et de l'Hyper casher, en «oubliant» eux aussi, les centaines d'agressions antisémites commises depuis 2001, et sur lesquelles eux-mêmes avaient gardé le silence. Depuis 2001, en tout cas, nous n'avons entendu aucune condamnation claire et institutionnelle des agressions antisémites commises, si ce n'est celle de quelques individus (comme l'imam Chalgoumi ou l'Algérien Boualem Sansal).
La condamnation quand elle existe «équilibre» souvent la reconnaissance du caractère antisémite des actes avec l'accusation d'Israël, rendu responsable de cet état de fait, argument dont s'est prévalu en somme Mérah, vengeant (dixit) «les enfants de Gaza». C'est comme si la condamnation des actes antisémites ne pouvait se faire qu'au prix du «dédouanement» que permet un antisionisme de rigueur. Or, cette tournure rhétorique devient de moins en moins possible, au regard de ce que révèle la réalité. La façon dont les signataires de la lettre en question tentent de rendre compte de leur silence abyssal jusqu'à ce jour est ainsi plutôt spécieuse. « Nous musulmans étions silencieux parce que nous avions appris qu'en France la religion est une affaire privée ». On se demande s'il faut rire ou pleurer. Agresser des concitoyens relèverait de la sphère privée? La Burka dans l'espace publique, une affaire privée? L'antisémitisme n'est pas un aspect marginal de la crise actuelle. Il en fut le vecteur originel et structurel".
Les Yaoud ne recevront aucune excuse de la part de ces "Français musulmans prêts à assumer leurs responsabilités". Quelle humiliation infligée aux Français juifs, et notamment aux dirigeants d'associations juives !

Les Juifs et les chrétiens s'avèrent instrumentalisés dans une rivalité au sein de l'oumma, par des "Français musulmans" unis dans une stratégie de conquête du pouvoir pour la représentation des musulmans dans l'hexagone. Ils sont réduits à des "dommages collatéraux" ou à des prétextes pour avancer des réclamations dirigées vers le pouvoir politique.

Communications non fortuites
L'omission des victimes Yaoud, pardon juives par tant de personnalités issues de la "haute beurgeoisie" se produit après celle de Najat Vallaud-Balkacemministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Lors du séminaire gouvernemental du 23 juillet 2016 à l'Elysée, Najat Vallaud-Belkacem a allégué, selon Le Canard enchaîné, que l'attentat terroriste islamiste du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice était le premier au cours duquel des "enfants ont été tués". Quid des trois enfants juifs français assassinés par le terroriste islamiste Mohammed Mérah en 2012, à l'école Ozar HaTorah à Toulouse ? Le 4 septembre 2016, sur Radio J, fréquence juive francilienne, le journaliste Frédéric Haziza, qui fournit nombre d'échos au Canard enchaîné, a interviewé Najat Vallaud-Belkacem, sans l'interroger sur ses propos. Une auditrice a reproché à ce journaliste cet "oubli". Frédéric Haziza a répondu, gêné, sans citer le nom de l'hebdomadaire satirique, que Najat Vallaud-Belkacem, avait nié alors avoir prononcé cette phrase. Le 11 septembre 2016, sur Radio J, Frédéric Haziza a déclaré avoir vérifié les faits rapportés par l'hebdomadaire auprès de ministres présents à la réunion. Ses contacts auraient nié la réalité des propos relatés. Il a ajouté que Le Canard enchaîné avait publié un Erratum.

Des oublis fortuits par ces musulmans français, souvent BAC + 10 ? Un test à l'égard des décideurs politiques de la France dont la devise est "Liberté, Egalité, Fraternité" ? Un avertissement pour les Juifs ?

"Il y a des moments où les coïncidences trop heureuses révèlent une communication très orchestrée. Voilà que dans le JDD du 31 juillet, le Premier ministre évoque l'hypothèse d'un Pacte avec l'Islam, faisant ainsi de cette religion, une religion que l'Etat devrait traiter de façon particulière, tandis que dans une tribune, des personnalités françaises de confession musulmane indiquent qu'elles sont prêtes à assumer leurs responsabilités et à rendre islam et république compatibles, tout en évitant soigneusement de poser la question des conflits de valeur à résoudre. Une fois de plus, les ambiguïtés de la communication gouvernementale peuvent entraîner des doutes sur la réalité des buts poursuivis. En soi, si le contenu des annonces avait été à la hauteur des enjeux ou au moins les avait pris à bras-le-corps, il n'y aurait rien à dire. Mais voilà, une fois de plus, une fois encore, les ambiguïtés de la communication gouvernementale, auxquels s'ajoutent l'oubli dans la tribune des personnalités «musulmanes» des massacres commis contre les Juifs et les explications parfois tortueuses de leur propre positionnement, laissent un arrière goût de malaise, voire peuvent entraîner des doutes sur la réalité des buts poursuivis", a déploré Céline Pina, ancienne conseillère régionale socialiste d'Ile-de-France, dans Le Figaro (2 août 2016).

Et de préciser : "Et pour cause, selon les signataires, mener la bataille contre l'Islam radical et politique ne se fait pas en affirmant la primauté dans l'organisation de notre monde commun, de la loi des hommes sur le dogme divin, autrement dit en respectant strictement la laïcité, mais en formant les imams sur notre sol… Toujours selon les signataires, la société les somme de prendre la parole alors qu'on leur a appris à faire de la religion une affaire privée. Ainsi, s'ils s'expriment, ce n'est pas parce que l'Islam a un lien avec l'islamisme et qu'au terme de tant de massacre, une prise de conscience a eu lieu, mais pour répondre à des injonctions paradoxales… Bref le texte de la tribune est curieux et bancal, sans parler de la faute originelle de la négation de la dimension antisémite de certains massacres. Du côté gouvernemental, on a assisté ces derniers temps au lancement de beaucoup de ballons d'essai afin de proposer de mettre en place un concordat avec l'Islam. Les Français ont été très clairs: ils n'en veulent pas. Alors, le ministre de l'intérieur l'a dit, le premier ministre le répète : il n'y aura pas de concordat ! Et ceux qui prétendent le contraire sont de dangereux irresponsables qui font le jeu du FN ! Pas de concordat, on vous dit, juste un pacte avec l'Islam... Qui concernera le financement des mosquées, la formation des imams, l'organisation du culte… Le fait que la tribune commence par l'énumération de tous les carnages perpétrés sur notre sol par les jihadistes, en oubliant les victimes juives de Mohamed Merah à Toulouse et celles de l'hypercasher, est révélateur... Si la France a une vieille tradition antisémite dont elle n'a pas à être fière, il existe un antisémitisme culturel chez certains musulmans qui aboutit à ce qu'aujourd'hui, dans certains endroits du territoire, l'école de la république n'accueille plus les enfants juifs faute de pouvoir assurer leur sécurité… Cela aussi il faut le regarder en face et lutter contre, est sans doute plus urgent que la formation et la salarisation des imams".

Shmuel Trigano a approfondi son analyse : "Du côté « laïque », une quarantaine d’intellectuels musulmans condamnaient les attentats dans le JDD, un événement rarissime depuis tant d’années que la communauté juive a fait le pari qu’il y avait un « islam modéré », sur lequel elle pouvait s’appuyer. Hélas, la compassion pour les chrétiens, le jour même de la messe œcuménique, la condamnation des attentats – sans examen de conscience, pourtant – se nourrissaient d’un oubli énorme et central : dans la liste des massacres islamistes de ces 15 dernières années, ces intellectuels éclairés avaient tout simplement oublié non seulement les centaines d’agressions antisémites du début des années 2000 mais aussi les agressions meurtrières (Halimi, Toulouse, Hyper-casher). Il faut croire que ces intellectuels pensent, comme dans le monde arabe et la mouvance islamo-gauchiste, qu’il y avait là des actes de « résistance » contre le « sionisme »… Dans leur aveu, les « modérés » ont ainsi senti la nécessité d’occulter l’un des pôles les plus puissants du ressentiment islamiste pour faire passer la critique de la haine anti-chrétienne dans certains milieux musulmans. C’est un témoignage implicite que le rapport aux Juifs reste le facteur d’allégeance ultime à l’islam qui autorise la critique interne (on critique la haine des islamistes envers les chrétiens mais, pour légitimer cette critique, on « oublie » de condamner la haine envers les Juifs). Le modèle est connu. En pays arabes, les intellectuels critiques des islamistes compensent généralement leur audace par un « antisionisme » virulent… Force est de constater que nous n’avons jamais eu en France de condamnation franche et massive de l’antisémitisme par les autorités musulmanes (excepté la voix solitaire d’individus). Le représentant du CFCM, M. Kbibesh, au sortir de l’Elysée, a déclaré récemment qu’il manifesterait une « tolérance zéro » envers l' »islamophobie ». Que ne l’a-t-il fait pour l’antisémitisme depuis que le CFCM existe! Quel piètre résultat pour les institutions juives du « dialogue » !"

Ces oublis révèlent les préjugés tenaces d'une "beurgeoisie", ainsi que l'échec du "dialogue judéo-musulman", et des relations publiques des organisations juives françaises, dont le CRIF et le Consistoire israélite de France. Hormis l'indignation publique, nul n'a su/pu contrer cette alliance de revers, ce pacte tacite initié par musulmans en direction des chrétiens et du pouvoir politique. Une alliance qui exclut les Juifs, les ostracise. Et nie la réalité.

Si promptes à exhorter au "vivre ensemble", les autorités politiques françaises sont demeurées silencieuses à l'heure où elles visent, avec ces signataires, à doter d'une nouvelle organisation la communauté musulmane dans l'hexagone. Comme si c'était La solution, urgente, pour triompher du djihad !? Quel leurre ! Comme si elles toléraient cet antisémitisme islamique. Quels abandons ! Comme si elles étaient prêtes à sacrifier les Français juifs sur l'autel d'une énième - et vaine ? -, organisation de l'islam en France. Quel cynisme ! 

Burkini
En 2015, des hôtels ont interdit le port du burkini ou "maillot de bain halal", vêtement de bain cachant tout le corps sauf le visage

A l'été 2016, en France, une polémique a surgi sur le burkini.

Des maires ont pris des arrêtés municipaux afin de prohiber le port du burkini. L'un deux a été suspendu par le Conseil d'Etat le 26 août 2016.

Des associations, tels SOS Racisme et la Ligue des droits de l'Homme (LDH), ainsi que le CFCM (Conseil français du culte musulman) se sont indignés publiquement de ces interdictions.

Curieusement, aucun de ces "Français musulmans prêts à assumer leurs responsabilités" n'a pris position officiellement dans cette controverse vive.

Le 26 août 2016 au soir, après que le Conseil d'Etat a rendu son arrêt, Bariza Chiari a publié un post sur son compte Facebook indiquant : "Burkini : Merci à Pierre Joxe, véritable homme de gauche, ancien ministre de l'Interieur pour cette tribune pleine d'humour!!". Un post liké une trentaine d'années.

Dans un court texte publié par Mediapart, et intitulé Baignade surveillée Pierre Joxe, ancien ministre socialiste de l'Intérieur (1988-1991) et chargé des Cultes, membre honoraire du Conseil constitutionnel :
"Pour soutenir les positions de bon sens prises par Anne Hidalgo, Maire de Paris, comme par Mesdames les Ministres de la Santé Publique et de l’Education Nationale;
Pour inciter Jean-Pierre Chevènement à un peu plus de discrétion;
Pour rendre un hommage affectueux et respectueux à nos grands mères qui – il y a un siècle – inaugurèrent les « bains de mer » au Touquet-Paris-Plage comme à Nice, avec des «costumes de bain » qui furent longtemps d’assez longues robes;
Pour affirmer le droit des femmes à porter les vêtements de leur choix – y compris sur les plages –;
Je me préparais à aller nager cet après midi dans la tenue vestimentaire de mon choix, correspondant à l’idée que l’on avait naguère des bonnes mœurs dans la France laïque et républicaine, au début du siècle, au lendemain de la loi de séparation des églises et de l’Etat.
J’avais choisi bien sûr un costume couvrant entièrement mon corps depuis les chevilles jusqu’aux poignets et ne laissant apparaître que ma tête (couverte cependant d’un bonnet de bain) mais aussi mes pieds et mes mains, appareils natatoires indispensables dans les circonstances de l’espèce…Un pyjama allait faire l’affaire.
Mais heureusement, à l’heure de la marée haute, vers 15 heures, j’ai appris la décision du Conseil d’Etat, saisi en appel contre l’arrêté d’un Maire.
Heureusement, cette haute juridiction n’a pas écarté la demande de la Ligue des droits de l’Homme, comme elle aurait pu le faire aisément, en observant que cette Ligue n’était guère fondée à agir pour les Droits des femmes, ignorés depuis 1789 par la célèbre Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.
Heureusement, ce Juge suprême a rappelé des textes que chacun devrait connaître – et surtout chaque Maire et chaque baigneur.
Citation de la décision du Conseil d’Etat de ce jour :
En vertu de l’article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales, le maire est chargé, sous le contrôle administratif du préfet, de la police municipale qui, selon l’article L. 2212-2 de ce code, « a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ». L’article L. 2213-23 dispose en outre que : « Le maire exerce la police des baignades et des activités nautiques pratiquées à partir du rivage avec des engins de plage et des engins non immatriculés… Le maire réglemente l’utilisation des aménagements réalisés pour la pratique de ces activités. Il pourvoit d’urgence à toutes les mesures d’assistance et de secours. Le maire délimite une ou plusieurs zones surveillées dans les parties du littoral présentant une garantie suffisante pour la sécurité des baignades et des activités mentionnées ci-dessus. Il détermine des périodes de surveillance… » (Fin de citation)
Heureusement, le Conseil a sagement jugé que le Maire de Villeneuve Loubet  « ...ne pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions interdisant l’accès à la plage alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre public ni, par ailleurs, sur des motifs d’hygiène ou de décence ».
Il a jugé que l’arrêté  litigieux de ce Maire avait « …porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et de venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».
Il a suspendu l’exécution de cet arrêté.
Rassuré, j’ai rangé mon pyjama et suis allé nager en short".  
Une manière de ne pas voir/désigner les enjeux du port du burkini.

Curieux de la part d'un ancien ministre de l'Intérieur qui avait "créé en 1988 le CORIF, le Conseil de réflexion sur l’islam de France, mais cette instance, jugée « artificielle », n’a jamais vraiment été soutenue par les musulmans de France à cause de son mode de désignation par nomination et cooptation". 

Un islam français
Le JDD - hasard ? - a publié le 18 septembre 2016 une synthèse du rapport Un islam de France est possible de l'Institut Montaigne. Normalien, agrégé, Hakim el Karoui est à l'origine de cette enquête. Avec Bariza Khiari, il a été un initiateur de "l'appel des 41".

L'acte II d'une stratégie bien rodée. "Le travail avec l'institut Montaigne et l'appel des 41 sont deux initiatives parallèles. J'ai créé il y a douze ans le Club XXIe siècle qui réunit des Français d'origine étrangère qui ont réussi pour montrer que la République fonctionne", a déclaré .Hakim el Karoui au JDD le 18 septembre 2016.

D'après les "résultats de cette enquête expérimentale, pionnière", les "personnes qui se déclarent musulmanes représentent 5,6% de la population métropolitaine". Au 1er janvier 2012, la population de la France s'élève selon l'INSEE à 65 241 241 habitants hors Mayotte et celle de la seule France métropolitaine  à 63 375 971 habitants. Cinq virgule six pourcent de ces 63 millions d'habitants en France métropolitaine représentent 3 549 054 habitants musulmans en France métropolitaine. L'échantillon de l'enquête ? Mille vingt-neuf personnes "musulmanes ou de culture musulmane." La marge d'erreur : 3%.

Le 15 juin 2015, en clôture de la première réunion de l'Instance de dialogue avec le culte musulman, Bernard Cazeneuve, ministre socialiste de l'Intérieur et chargé des cultes, saluait "les valeurs de cinq millions de Français musulmans".

Combien de musulmans en France métropolitaine : 3,5 millions selon cette enquête ou plus de cinq millions selon Bernard Cazeneuve ?

"Le travail rigoureux dirigé par El Karoui, qui s'appuie sur un complexe sondage IFOP, met en effet en lumière une histoire subtilement à l'œuvre. Très dérangeante pour la société française, ardue à maîtriser: la réislamisation des musulmans et l'islamisation des non-musulmans. Pour faire comprendre ce qu'est la réislamisation, il y faut une définition de l'islamisme. La plus exacte est celle que donne l'un de ses très fervents supporters, le conseiller d'État Thierry Tuot, l'un des trois magistrats choisis pour trancher cet été dans l'affaire du maillot intégral, ce que l'on s'est bien gardé de nous avouer. L'islamisme, écrit-il, est «la revendication publique de comportements sociaux présentés comme des exigences divines et faisant irruption dans le champ public et politique». À l'aune de cette définition, le rapport Al Karoui fait apparaître que l'islamisme s'étend inexorablement", a écrit la journaliste Elisabeth Schemla dans Le Figaro (24 septembre 2016).


Articles sur ce blog concernant :

9 commentaires:

  1. Bonjour. Madame la sénatrice-socialiste ne sent clairement pas "bon" et en ce qui me concerne j'ai des raisons personnelles, que madame Audrey Azoulay est bien placée pour connaître, de savoir à quoi m'en tenir sur l'actuelle majorité en matière d'antisémitisme. Mais c'est donc ici d'un communiqué, qu'il est question : je n'en ai pas fait la même lecture. Le paragraphe mis en cause est donc :
    "Après l'assassinat de caricaturistes, après l'assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l'assassinat d'un couple de policiers, après l'assassinat d'enfants, de femmes et d'hommes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd'hui l'assassinat d'un prêtre célébrant la messe…"
    Aucun nom : n'est ici donné. Aucune date : n'est ici donnée. Les termes ici utilisés visent délibérément à définir dans leur "typologie" (que les proches de victimes me pardonnent la froideur de cette expression) des actes qui ont tous pour point commun d'avoir été commis dans la période récente et de pouvoir être attribués au TERRORISME en tant qu'ayant visé des victimes indifférenciées (même si, on veut bien le croire, les djihadistes ne portent pas dans leur coeur les gens qui vont écouter de la musique, ceux qui fêtent le quatorze juillet, etc.). En ce qui concerne en revanche les meurtres d'adultes ou d'enfants juifs de juifs ou encore, dans le cas de Merah, le meurtre d'un militaire français en fonction : les victimes ont été choisies en raison d'une origine ou d'une appartenance -on n'est plus sur le terrain du terrorisme mais sur celui de l'ASSASSINAT, "politique".
    Il y a quelque qui me répugne profondément dans le fait d'avoir à faire ce distinguo ; et déjà en son temps Jankelevitch, un des rares maîtres que je me reconnaisse, pouvait déplorer : "bientôt il n'y aura plus que des CATEGORIES DE VICTIMES". Mais enfin c'est bien le Crif qui nous oblige à le faire, avec cette accusation grave, et dont on peut même s'étonner qu'il ne la porte qu'à moitié. Pour le reste je ne cherche pas à défendre les auteurs de ce communiqué (laissons de côté la quelque peu burlesque sénatrice-saucialiste) en qui je vois pour bonne part des opportunistes comme il y en a dans toutes les religions, dans tous les partis politiques et qui veulent se poser en facteur de modernité, face aux vieilles barbes. Mais -pour en rester au communiqué ici attaqué, et j'insiste sur ce point : je n'exclus pas que ses rédacteurs aient, au moins inconsciemment, procédé à un "raccourci" sur la base ici rappelée. On peut certes le regretter mais cela n'autorise pas non plus, et avec un sens pour le moins douteux des responsabilités, à lancer contre eux des accusations infamantes.

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    1. Les rédacteurs de cette tribune ont choisi une chronologie qui débute avec l'assassinat à la rédaction de Charlie Hebdo. Pour tous les Français, la date est connue, le 7 janvier 2015. Idem pour les autres assassinats cités. En débutant par l'attentat contre Charlie hebdo, les signataires auraient du ajouter l'attentat contre l'hyper-cacher le surlendemain. Ils ont donc omis les victimes juives ciblées par les terroristes islamistes.
      Aucun signataire n'explique pourquoi ils n'ont pas évoqué les attentats islamistes de 2012 à Toulouse et Montauban.
      Je vous invite à relire mon article. Vous y trouverez mes autres arguments.

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  2. j'ai relu votre article mais ne peux que vous inviter à relire mon propos -même si je crains fort un dialogue de sourds.
    Je maintiens que ce communiqué, mal rédigé qui plus est, exprimait avant tout le point de vue de couches sociales qui ne se reconnaissent plus dans les représentants de leur communauté et où certains se verraient même bien jouer un rôle, dans le cadre d'une redistribution des places. La dérive islamiste dans tout cela n'était qu'un argument parmi d'autres et dans le cadre de son instrumentalisation y a même quelque désinvolture dans la façon avec laquelle le terrorisme (à défaut des attentats, ici omis) était condamné fort bourgeoisement, comme on ne saurait s'en étonner de la part d'une sénatrice-socialiste, et sur fond de : "nous n'avons rien à voir là-dedans"-encore heureux ! Et le premier paragraphe (celui incriminé), avec sa grandiloquence qui n'est pas sans rappeler le "Moi, président" de Hollande, ne faisait par contraste que mieux souligner le silence de la suite à cet égard. C'est à mon avis sur ces points que le communiqué, si on estime devoir lui faire cet honneur, pouvait être critiqué. Mais dans la perspective de sa logique interne -je ne dis rien d'autre- et qui était celle de l'assimilation parfois problématique de l'Islam de France : l'évocation du seul terrorisme (phénomène par lequel son auteur s'auto-désigne comme ennemi de l'ensemble d'un pays) avait sa raison d'être. Et je ne pense pas qu'il faille ici a priori forcément incriminer l'antisémitisme.
    Dire, comme vous le faites, "Idem pour tous les autres assassinats cités" est s'exposer à ne pas comprendre que ceux-là ont été perçus comme terrorisme et qu'ils ont par là-même suscité une émotion sans commune mesure avec ceux de Toulouse et Montauban. On peut le regretter, moralement, mais c'est là une réalité qui concerne les français de toute origine et de toute confession.

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  3. j'ai relu votre article mais ne peux que vous inviter à relire mon propos -même si je crains fort un dialogue de sourds.
    Je maintiens que ce communiqué, mal rédigé qui plus est, exprimait avant tout le point de vue de couches sociales qui ne se reconnaissent plus dans les représentants de leur communauté et où certains se verraient même bien jouer un rôle, dans le cadre d'une redistribution des places. La dérive islamiste dans tout cela n'était qu'un argument parmi d'autres et dans le cadre de son instrumentalisation y a même quelque désinvolture dans la façon avec laquelle le terrorisme (à défaut des attentats, ici omis) était condamné fort bourgeoisement, comme on ne saurait s'en étonner de la part d'une sénatrice-socialiste, et sur fond de : "nous n'avons rien à voir là-dedans"-encore heureux ! Et le premier paragraphe (celui incriminé), avec sa grandiloquence qui n'est pas sans rappeler le "Moi, président" de Hollande, ne faisait par contraste que mieux souligner le silence de la suite à cet égard. C'est à mon avis sur ces points que le communiqué, si on estime devoir lui faire cet honneur, pouvait être critiqué. Mais dans la perspective de sa logique interne -je ne dis rien d'autre- et qui était celle de l'assimilation parfois problématique de l'Islam de France : l'évocation du seul terrorisme (phénomène par lequel son auteur s'auto-désigne comme ennemi de l'ensemble d'un pays) avait sa raison d'être. Et je ne pense pas qu'il faille ici a priori forcément incriminer l'antisémitisme.
    Dire, comme vous le faites, "Idem pour tous les autres assassinats cités" est s'exposer à ne pas comprendre que ceux-là ont été perçus comme terrorisme et qu'ils ont par là-même suscité une émotion sans commune mesure avec ceux de Toulouse et Montauban. On peut le regretter, moralement, mais c'est là une réalité qui concerne les français de toute origine et de toute confession.

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    1. 1. Il a été notamment rédigé par des journalistes expérimentés. Donc, il n'est pas si mal rédigé.

      2. Oui, les signataires souhaitent une recomposition de la représentation des musulmans de France. Et en faire partie.

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  4. 1. "même Léonard de Vinci a peint des croûtes", dit-on : on voit mal pourquoi des journalistes expérimentés ne pourraient pas trébucher. Affirmer comme vous le faites que "donc", ce communiqué n'est pas si mal rédigé (je n'en ai pas gardé le même souvenir) est hasardeux.
    2. dans votre volonté d'attribuer aux signataires (dont le principal tort est de s'être primairement laisser entraîner par "l'effet Charlie") une responsabilité plus grande que n'est la leur vous n'hésitez pas à dire que ce communiqué "a été notamment rédigé par des journalistes expérimentés". Ce n'est pourtant pas le terme que j'emploierais à propos de madame Khiari. Et même en comptant large je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup plus de cinq pour cent de journalistes (expérimentés ou non) à ses côtés.

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  5. 1. Vous procédez par allégations non étayées d'argument. En quoi ce communiqué serait-il mal rédigé ?
    Tout le monde l'a compris.

    2. Je visais les journalistes.
    Bariza Khiari est l'auteur de nombreux rapports sénatoriaux.
    Si vous enlevez les banquiers, financiers, médecins, entrepreneurs, etc. signataires, il reste au moins trois journalistes/écrivains.
    Bref, ceux qui ont vraisemblablement contribué à l'écriture du texte.
    Ce qui représente plus de 5%.

    J'arrête car vous manquez de bonne foi.

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  6. "tout le monde" (comme vous le dites) a compris : que les milieux CRIF et apparentés se livraient ici à un mauvais procès, auquel ils ne croyaient pas eux-mêmes.
    Mais bon, n'en parlons plus, puisque tel est votre désir -non sans vous offrir le luxe d'insulter les gens...

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  7. Tout le monde a compris, et pas seulement les Juifs.
    Ainsi, Philippe Val a écrit une tribune dans le JDD (7 août 2016). Il a compris comme tout lecteur, juif ou non juif.
    Il a écrit : "vous avez vous-mêmes condamné et gâché votre geste, dès les premières lignes de votre appel. Dans votre étrange liste des victimes du terrorisme, – vous parlez du Bataclan, du meurtre des policiers, de Nice, du prêtre – vous avez omis les juifs, parmi les premiers visés par le terrorisme et aux premiers rangs des victimes désignées. Vous avez oublié, pour s'en tenir à la France, les victimes de Mohamed Merah et celles de l'Hyper Cacher.

    Il n'y a que deux hypothèses, également catastrophiques :
    – soit vous l'avez fait exprès, pour rallier le plus de monde possible sans avoir à affronter l'antisémitisme qui cimente une part non négligeable de l'islam. Et cela revient à avouer que vous avez déjà perdu la bataille que vous prétendez mener ;
    – soit c'est un oubli inconscient et cela veut dire que vous n'avez pas encore compris la nature de la maladie qui menace de mort l'État de droit, maladie dont vous n'avez pas encore réussi vous-mêmes à guérir".
    Je vous invite à lire entièrement cette tribune que j'ai reproduite dans mon article.

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