vendredi 4 mars 2016

« Les scouts d'al-Mahdi » de Bruno Ulmer


Arte a diffusé « Les scouts d'al-Mahdi », documentaire franco-libanais réalisé par Bruno Ulmer qui l'a coécrit avec Alain Gresh (2010). Un film partial sur l'incitation au jihad et l'endoctrinement à la haine des Juifs/Israéliens martelés à des enfants et adolescents libanais embrigadés par le mouvement scout de l'imam al-Mahdi lié au mouvement terroriste chiite Hezbollah. La quasi-absence de commentaire, l'omission de contrepoint honnête, l'occultation du contexte historique, le choix de traductions "édulcorant" certaines phrases et le financement public du film choquent. "Les Etats du CCG ont décidé de classer organisation terroriste la milice du Hezbollah, y compris tous ses dirigeants, factions et associations", a annoncé Abdellatif Zayani, secrétaire général du groupement régional formé de l'Arabie saoudite, du Qatar, de Bahreïn, du Koweït, des Emirats arabes unis et d'Oman. La raison : "la poursuite des actions hostiles de cette milice qui recrute les jeunes (du Golfe) pour perpétrer des actes terroristes". Abdellatif Zayani accusé le Hezbollah de "trafic d'armes et d'explosifs, de sédition et d'incitation au chaos et à la violence, ce qui constitue une flagrante violation de la souveraineté et de la sécurité" des monarchies arabes.


A première vue, ce film est une ode au Hezbollah qui s'ooccupe des personnes isolées et pauvres, leur fournit une aide matérielle (nourriture, vêtements, meubles), veille aux jeunes générations qu'il scolarise et encadre dans son mouvement scout de l'imam al-Mahdi.

Rien ne vient rappeler ou expliquer ce qu'est le Hezbollah, sa guerre visant à détruire l'Etat Juif, ses attaques incessantes contre les civils israéliens, sa vision eschatologique du monde, ses liens avec l'Iran et la Syrie, son financement, etc.

Ce film est scandé par des incantations au "retour du Mahdi, fils d'Hassan" présenté comme un sauveur, des exhortations au "martyr", et des discours de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah. Saturé des drapeaux du Hezbollah dont les couleurs - jaune et vert - sont déclinés en bandeau, casquette, foulard, etc. Jusqu'au coucher de soleil qui rappelle le rouge du d'islamistes libanais ou ce fond d'affiche représentant un cheval surplombé par la coupole dorée de Jérusalem. L'ensemble exsude la haine des Israéliens/Juifs.

Les traducteurs - Wissam Charaf, Omeyya Seddik et Michel Tabet - adoucissent, édulcorent ou transforment les mots : par exemple, jihad est traduit en combat, al-Qods en Jérusalem. Le mot martyr est systématiquement utilisé à la place de terroriste.

En file indienne - adultes hommes, enfants scouts, puis femmes -, des Libanais chiites du Hezbollah se rendent au couvent de la Sainte-Famille maronite Ebrine-Rachkida pour souhaiter un joyeux Noël. Le dialogue est quasi-surréaliste : les sœurs recourent à des mots qui n'ont pas le même sens pour leurs interlocuteurs musulmans qui parlent le "mentir vrai" ("On apprend aux enfants à être de bons citoyens").

Totalitarisme
Malgré les précautions des auteurs qui ont remercié le service d'information du Hezbollah, le Hezbollah apparaît pour ce qu'il est : un mouvement totalitaire qui mobilise toute une population autour d'un but belliciste et haineux, qui l'embrigade toute, quels que soient l'âge et le sexe, en politisant toute activité - jeux, dessins, théâtre - et en multipliant les liens de dépendance, voire d'allégeance, qui bafoue les principes du scoutisme, qui endoctrine par la répétition de slogans haineux - un lavage de cerveaux et des enfances volées avec l'accord des parents qui vivent de subsides du Hezbollah -, etc. Il est dès lors difficile de distinguer un soldat du Hezbollah d'un civil libanais proche du Hezbollah.

"Comme tous les scouts, ces scouts suivent les préceptes du fondateur du mouvement mondial fondé par Baden Powell", selon les auteurs du film. Or, le scoutisme vise à contribuer à former la personnalité de jeunes par des activités et des valeurs, et non par un embrigadement politisé et haineux. Les choix des deux auteurs sont aberrants : exceptionnelle voix off, pas d'informations historiques, successions de discours répétitifs des enfants, des adolescents et des adultes comme s'ils exprimaient la réalité historique, absence d'esprit critique.

Les auteurs de cette coproduction franco-libanaise remercient notamment Walid Charara, "chercheur en relations internationales" - mais où ? Mystère - et... le bureau d'information du Hezbollah. No comment.

On ne peut qu'être surpris que de l'argent public finance ce film.


« Les scouts d'al Mahdi » (2010)
de Bruno Ulmer
Co-écrit par Alain Gresh
Coproduction Arte France - Unité de programmes documentaires : Pierrette Ominetti -, Ladybirds Films - Hélène Badinter -, Médian - Frédéric Domont -, (France/Liban)
Avec la collaboration de la RTBF (télévision belge, Claire Colart), avec la participation du Centre national du cinéma et de l'image animée, et avec le soutien de l'ANGOA et la PROCIREP-Société des producteurs
1 h 20
Sur Arte les 10 juin 2011 à 23 h et 29 juin 2011 à 3 h 20

Article sur ce blot concernant :
- Affaire al-Dura/Israël
- Chrétiens
Culture
- Judaïsme/Juifs
- Monde arabe/Islam
Cet article a été publié le 10 juin 2011.

2 commentaires:

  1. je ne comprends plus rien , comment france télévision peut elle autoriser cette propagande terroriste ??? ou s'arrête la "liberté d'expression" et où commence l'incitation à la haine au racisme, à la violence et à l'antisémitisme dans notre pays ????
    Je suis scandalisée et une fois de plus j'ai mal à la France

    sylvie B

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  2. @ sylvie B
    Le film n'a pas été diffusé par France Télévision mais par Arte.

    Propagande terroriste ?

    Pour vous faire un avis sur ce remarquable documentaire d'immersion et d'observation, ni pro, ni anti, mais bien plus subtil...
    regardez le film en entier sur arte + 7:

    http://videos.arte.tv/fr/videos/les_scouts_d_al_mahdi-3952630.html

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