mercredi 13 avril 2016

« Juste une dernière chose… » de Peter Falk


Dans son livre de souvenirs, Juste une dernière chose… Les mémoires de Columbo (Michel Lafon), le comédien Juif américain Peter Falk décrit son parcours dans le théâtre new-yorkais d’avant-garde, puis à Hollywood et dans le cinéma dit d’auteur. Il évoque aussi la série télévisée mythique Columbo qui l’a rendu mondialement célèbre. Ce livre est paru avant que ne soit connue la maladie neurodégénérative dont il souffre. Le 13 février 2010, le comédien Serge Sauvion, qui avait post-synchronisé Peter Falk dans la série des Columbo, est mort à 80 ans à Asnières (banlieue de Paris). Peter Falk est décédé à l'âge de 83 ans à Beverley Hills, le 23 juin 2011. Il souffrait de la maladie d'Alzheimer. Le 13 avril 2013 à 13 h 35, Arte rediffusera La Grande course autour du monde, de Blake Edwards, avec Tony Curtis, Natalie Wood et Peter Falk.

Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand

« Ce livre n’est pas une autobiographie », avertit Peter Falk dès l’avant-propos de cet ouvrage où il égrène des anecdotes drôles sur ses tournages, évoque son père ahuri et incrédule devant les étrangetés du monde du cinéma, ses amis, ou sa seconde épouse, l’actrice Shera Danese.

Les premiers pas à Broadway
Peter Falk naît en 1927 à New York et grandit à Ossining (New York). C’est un collégien sportif sans vocation artistique.

Ce jeune homme cherche sa voie. Il s’engage en juin 1945 dans la Marine, tente de rejoindre les rangs des combattants juifs lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat juif renaissant…

Diplômé en science politique et administration publique, il échoue lors d’un entretien d’embauche à la CIA et entre à la direction du Budget du Connecticut comme conseiller à la productivité.

Intimidé par les artistes qu’il plaçait sur un piédestal, ce n’est qu’en 1956, à l’âge de 29 ans, après avoir suivi des cours de comédie, qu’il se décide à devenir acteur professionnel.

Il s’installe dans le quartier de Greenwich Village, « cœur du théâtre d’avant-garde dans la Grosse Pomme », et débute dans le off Broadway. Il connaît le succès dans Le marchand de glaces est passé d’Eugene O’Neill avec Jason Robards.

Le cinéma ? Harry Cohn, le patron de Columbia Pictures, ne propose pas de contrat à ce « futur John Garfield » au motif : « Pour le même prix, jeune homme, je préfère m’offrir un acteur avec deux yeux ». Une allusion à son œil de verre. A l’âge de trois ans, Peter Falk a subi l’ablation de son œil droit atteint d’un cancer.
Son interprétation d’un truand – il a beaucoup observé les mafieux dans les salles de billard de la côte Est – dans le film de Stuart Rosenberg Crime, société anonyme (1960) est saluée par la critique. L’acteur Sal Mineo l’invite alors à « faire campagne pour les Oscar ». Une première sélection suivie de bien d’autres…

La Grande course autour du monde

Peter Falk alterne les rôles au cinéma, au théâtre et parfois à la télévision (Les Incorruptibles). Il tourne sous la direction de Frank Capra (Milliardaire pour un jour, 1961), Stanley Kramer (Un monde fou, fou, fou, 1963), Blake Edwards (La grande course autour du monde, 1965), Sidney Pollack (Un château en enfer, 1968), Arthur Hiller (Ne tirez pas sur le dentiste, 1979)…

En 1965, Blake Edwards réalise The Great Race (La Grande course autour du monde)  avec Tony Curtis, Natalie Wood, Jack Lemmon, et Peter Falk...


"1908. Six voitures prennent le départ de la première grande course automobile autour du monde qui va de New York à Paris. Parmi les concurrents, l'ignoble professeur Fate et son âme damnée, Max, sont prêts à tout pour éliminer leurs adversaires. Bientôt, ils n'ont plus qu'un seul concurrent : le séduisant Leslie. Ce dernier voyage dans sa "Leslie spécial" en compagnie de Maggie DuBois, une jolie journaliste new-yorkaise et féministe..."

"Une course-poursuite hilarante et échevelée autour du monde, entre l'ignoble professeur Fate et l'élégant Leslie... Un film culte signé Blake Edwards, avec une distribution éblouissante".

Cette "comédie échevelée inspirée du slapstick (burlesque muet) est hilarante de la ligne de départ à celle d'arrivée. Des sabotages à répétition aux bagarres de tartes à la crème (celle du palais de Carpania est directement inspirée de La bataille du siècle réalisé par Laurel et Hardy en 1927), des courses-poursuites en Alaska et dans la jungle jusqu'à l'écroulement de la tour Eiffel, Blake Edwards ne s'autorise aucun temps mort. Il réalise là un de ses meilleurs films, servi par une époustouflante distribution - notamment Jack Lemmon, parfait en ignoble professeur Fate, et Tony Curtis, irrésistible en pilote de charme d'une élégance à toute épreuve".

En 1968-1969, Hanna et Barbera se sont inspiré du film pour créer Wacky Races (Courses délirantes, Les Fous du volant), série de dessins animés américains humoristiques. Une série de trente-quatre épisodes de onze minutes diffusée avec succès par les télévisions américaines, françaises, canadienne, etc. A bord de la Démone Double-Zéro Grand Sport (The Mean Machine) : Satanas et Diabolo (Dick Dastardly & Muttley). Pénélope Jolicœur (Penelope Pitstop) circule à bord du véhicule n° 5, la Compact PussyCat (The Compact Pussycat) et Pierre de Beau-Fixe (Peter Perfect), play-boy conduit l'automobile n° 9, la Turbo Terrific (The Turbo Terrific) 

Columbo
Peter Falk joue dans Le prisonnier de la 2e avenue de Neil Simon (1971), Glengarry Glen Ross de David Mamet (1986), Le désarroi de M. Peter de Arthur Miller (1998).

C’est en 1971 qu’il acquiert une célébrité mondiale en interprétant le lieutenant Colombo dans une série télévisée dont il signe le scénario et la réalisation de quelques épisodes et qui prend fin en 2003. C’est avec un soin méticuleux que Peter Falk compose son personnage : il choisit parmi ses vêtements un vieil imper froissé pour camper un policier intelligent et débonnaire, à la dégaine négligée, à l’indéfectible politesse, à l’éternelle étourderie, à la profonde modestie et aux répliques devenues cultes : « Quand je dirai çà à ma femme… Juste une dernière chose ». Son jeu sera récompensé par quatre Emmy Awards.

Cet acteur en quête d’expériences originales évoque notamment Frank Sinatra, producteur respectant sa promesse (Les Sept voleurs de Chicago, 1964), John Cassavetes (Husbands), dont il loue la « fertilité de l’esprit », et le réalisateur allemand Wim Wenders (Les ailes du désir).

De Peter Falk, on découvre la distraction, la curiosité qui l’incite à aller dans la Yougoslavie de Tito, l’ironie et ses hobbies, dont le dessin de femmes au fusain et à l’aquarelle.

On peut regretter que Peter Falk évoque peu sa famille juive - père d’origine russe, mère d’origine polonaise et tchèque – dont l’ancêtre Miksa Falk était le rédacteur en chef de Pester Lloyd, journal de langue allemande de Budapest (Hongrie).

Peter Falk, Juste une dernière chose… Les mémoires de Columbo. Michel Lafon. Paris, 2006. 272 pages. ISBN : 2-7499-0572-9


La Grande course autour du monde, de Blake Edwards
Warner Bros., Patricia, Jalem Productions, Reynard, Martin Jurow, 1965, 146 min
Auteur : Arthur A. Ross, Blake Edwards
Image : Russell Harlan
Montage : Ralph E. Winters
Musique : Henry Mancini
Scénario:  Arthur A. Ross
Avec Jack Lemmon, Tony Curtis, Nathalie Wood, Peter Falk, Arthur O'Connell, Dorothy Provine, Larry Storch, Ross Martin
Sur Arte les 25 mars à 13 h 35 et 13 avril 2013 à 13 h 35

Site du comédien :
http://www.peterfalk.com/

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié par Guysen, puis sur ce blog les 17 février 2010, 24 juin 2011 et 8 avril 2013. Il a été mis à jour le 24 juin 2011.

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