Cet article est republié en raison de la décision du 12 avril 2013 du Conseil constitutionnel.
Dans le cadre de Summer of Girls, Arte a diffusé les 16, 18, 24 et 30 août 2011 Vanessa Paradis idyllique, documentaire de Didier et Thierry Poiraud (2008). La chanteuse et actrice française, une des muses de Serge Gainsbourg, est filmée après la sortie de son 5e album Divinidylle (2007) lors de sa tournée en France et en Belgique. Cédant aux pressions hostiles à son concert prévu à Tel-Aviv (Israël) le 10 février 2011, Vanessa Paradis a annulé le 15 janvier 2011 ce spectacle musical. Le 11 juillet 2011, la Knesset a adopté une loi contre les boycotts de l'Etat Juif, de personnes ou produits en liaison avec lui. Les tribunaux français rechignent parfois à condamner ceux qui appellent au boycott des produits israéliens, alors que le boycott - incitation à la discrimination - est illégal en droit français - c'est un délit dont la commission est assortie de sanctions pénales - et en droit européen.
C’est par un communiqué laconique que les organisateurs du concert de Vanessa Paradis prévu le 10 février 2011, à Tel-Aviv, ont annoncé le 15 janvier 2011 son annulation.
Charles Bensmaine, gérant d’Auguri Productions, et David Stern, président de Stern & Lights, évoquent des « impératifs professionnels de l’artiste ». Sans préciser.
Ces producteurs « travaillent d’ores et déjà à la venue en Israël, à court terme, de plusieurs artistes de la scène française ». D’autres artistes, mais pas Vanessa Paradis…
Une campagne de boycotts d’Israël
Des « impératifs professionnels de l’artiste » ? Lesquels ? Mystère.
Comment les agents artistiques de Vanessa Paradis et les producteurs du spectacle ont-ils organisé ce concert en Israël sans tenir compte au préalable de tous les « impératifs professionnels » de cette chanteuse et actrice ?
On notera que ces « impératifs professionnels » de Vanessa Paradis ne l’empêcheront pas de se produire, dans le cadre de sa tournée internationale, le 22 janvier à Morges (Suisse), le 2 février à Londres et le 16 février à New York, puis le 18 février à Los Angeles et le 20 février à Montréal (Canada).
Le planning serait « trop chargé » pour une représentation en Israël, dans le magnifique écran prévu – l’Opéra national -, mais pas pour des représentations aux Etats-Unis ou en Suisse ?
La véritable raison de cette annulation résiderait-elle dans la campagne d’intimidations visant cette artiste ?
Citons la lettre d’Israéliens exhortant Vanessa Paradis, et son compagnon Johnny Depp, à boycotter leur pays et publiée par Boycottfromwithin et à ne pas rencontrer le président Shimon Peres. Et ces communiqués de mouvements anti-israéliens qui déjà se félicitent du succès de leurs actions pour l'annulation de ce concert concommittante de leur récente action, le 15 janvier 2011, devant le théâtre Simone Signoret - cette actrice célèbre a toujours soutenu l'Etat d'Israël - accueillant à Conflans-Sainte-Honorine le concert de Vanessa Paradis. EuroPalestine diffuse la vidéo de ces activistes, dont certains portent le keffieh.
La force des ennemis de l’Etat Juif réside pour beaucoup dans la faiblesse de ceux qui s’inclinent face à leurs intimidations, menaces ou pressions. L’animateur de télévision et comédien Arthur a témoigné de la haine et de la violence verbale de militants anti-israéliens et antisémites.
Madonna (2009) et Elton John (2010) ont résisté aux menaces et intimidations visant à les contraindre à annuler leur concert en Israël. Ils ont chanté dans l’Etat juif. A guichets fermés. Devant une foule en liesse.
D’autres artistes ont cédé – les Pixies, Elvis Costello et Carlos Santana - ou militent pour le boycott d’Israël : Ken Loach, Mike Leigh, etc.
Il serait temps que l’Etat juif se dote d’un arsenal législatif sanctionnant pénalement et sévèrement, à l’instar de la législation française, le boycott visant ses ressortissants, ses produits et lui-même. Et que la justice sanctionne (encore plus) sévèrement ceux qui manifestent, tête nue ou dissimulée sous une cagoule, pour le boycott d'Israël.
Il serait indispensable aussi que l’Etat juif dénonce ce boycott soutenu par son « partenaire pour la paix », le « modéré » président Mahmoud Abbas qui soutient, en langue arabe, la guerre contre Israël.
Cette campagne protéiforme de BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) pénalise les Israéliens, en l’occurrence tous ceux qui gagnent leur vie en travaillant pour ces spectacles.
Encore plus grave, elle délégitime l’Etat Juif, le diffame, l’ostracise comme un paria de la communauté internationale, l’isole, le marginalise.
Encore plus grave, elle délégitime l’Etat Juif, le diffame, l’ostracise comme un paria de la communauté internationale, l’isole, le marginalise.
Le boycott d’Israël est une étape et une modalité du boycott des Juifs. Meir Waintrater, rédacteur en chef de L'Arche, l'appelle un « meurtre symbolique ».
Le 16 janvier 2011, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a condamné l'annulation discriminatoire de ce concert : « Cette nouvelle action démontre que les boycotteurs ne s’attaquent pas uniquement comme ils le prétendent aux produits qu’ils supposent être fabriqués dans les « territoires », mais à tout Israël ». En effet, ce concert était prévu à Tel-Aviv, ville sioniste centenaire, située à l'intérieur de la Ligne verte. Le président du BNVCA, Sammy Ghozlan, a saisi le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand de ces faits. Le 18 janvier 2011, il annonçait sa décision de saisir la justice de cette affaire « grave et discriminatoire ».
Le 16 janvier 2011, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a condamné l'annulation discriminatoire de ce concert : « Cette nouvelle action démontre que les boycotteurs ne s’attaquent pas uniquement comme ils le prétendent aux produits qu’ils supposent être fabriqués dans les « territoires », mais à tout Israël ». En effet, ce concert était prévu à Tel-Aviv, ville sioniste centenaire, située à l'intérieur de la Ligne verte. Le président du BNVCA, Sammy Ghozlan, a saisi le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand de ces faits. Le 18 janvier 2011, il annonçait sa décision de saisir la justice de cette affaire « grave et discriminatoire ».
L’oiseau de Chanel
Dans les années 1990, Vanessa Paradis a été l’égérie de Chanel pour son parfum Coco. Depuis 2010, elle assure la publicité du rouge à lèvres Rouge Coco de la célèbre marque.
En décembre 2009, elle s’est rendue à Shanghai (Chine), dans un pays dont nombre d'ONG dénoncent les violations des droits de l'homme, pour assister à un défilé Chanel en présence de Karl Lagerfeld, directeur artistique de la maison de haute couture, et y a donné un concert privé.
Comment Vanessa Paradis réagirait-elle si elle était visée par des intimidations visant à lui faire annuler son contrat avec la maison Chanel, qui est détenue majoritairement par la famille Juive Wertheimer ?
Vanessa Paradis serait-elle ce volatile filmé par Jean-Paul Goude pour le parfum Coco : un bel oiseau qui siffle dans sa cage dorée, mais n’en sort pas ?
N’aurait-elle pas compris que ses libertés de femme et d’artiste sont liées à l’existence de l’Etat Juif ?
Des pressions ont été exercées sur Jane Birkin afin qu'elle annule ses deux concerts à Tel Aviv les 13 et 14 janvier 2012 au cours desquels elle interprète le répertoire de Serge Gainsbourg. Cette artiste avait l'intention de chanter aussi à Ramallah.
Boycotts, loi et justice
Le 26 janvier 2011, on apprenait que l'organisateur et l'attaché de presse du concert seront auditionnés par la Knesset qui soupçonne dans cette annulation un énième épisode de la guerre contre Israël poursuivie via le boycott.
Le 1er février 2011, la commission de l'Education, de la Culture et des Sports de la Knesset a examiné la question du boycott culturel visant l'Etat d'Israël.
Des pressions ont été exercées sur Jane Birkin afin qu'elle annule ses deux concerts à Tel Aviv les 13 et 14 janvier 2012 au cours desquels elle interprète le répertoire de Serge Gainsbourg. Cette artiste avait l'intention de chanter aussi à Ramallah.
Boycotts, loi et justice
Le 26 janvier 2011, on apprenait que l'organisateur et l'attaché de presse du concert seront auditionnés par la Knesset qui soupçonne dans cette annulation un énième épisode de la guerre contre Israël poursuivie via le boycott.
Le 1er février 2011, la commission de l'Education, de la Culture et des Sports de la Knesset a examiné la question du boycott culturel visant l'Etat d'Israël.
Le 11 juillet 2011, la Knesset a adopté par 47 voix contre 38 une loi sanctionnant les boycotts ou l'appel aux boycotts - culturels, économiques, universitaires ou de ses produits, dont ceux fabriqués dans les territoires disputés (Judée, Samarie). Le "boycott d'Israël" s'entend de toute "abstention délibérée de relation avec une personne ou institution pour le seul motif de son affinité avec l'Etat d'Israël, ses institutions ou la région sous son contrôle, d'une manière qui risque de la blesser d'une manière économique, culturelle ou universitaire". Cette loi prévoit une peine d'amende et le versement de dommages et intérêts sans rapport avec le préjudice causé. La personne ayant appelé aux boycotts d'Israël ne pourra pas recevoir certains fonds publics. Cette loi a suscité une polémique.
En France, le boycott est défini comme un délit, un acte pénalement sanctionné. Les tribunaux ont rendu des jugements variés - de la relaxe à la condamnation - lors des procès intentés contre ceux prônant les boycotts d'Israël.Au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris, alors que le Parquet était à l'initiative des poursuites contre Olivia Zemor, la substitut du Procureur s'en était remise dans ses réquisitions à la sagesse du Tribunal. Le 8 juillet 2011, le TGI de Paris a relaxé Olivia Zemor, présidente de l'association CAPJPO-EuroPalestine, et évoqué "la nécessaire défense de la liberté d’expression en France, dont l’appel au boycott est partie intégrante".
Le 15 décembre 2011, 12 individus, membres du Collectif Boycott 68, ayant appelé au boycott des produits israéliens dans un supermarché alsacien, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Mulhouse. Le 17 novembre 2011, le parquet avait requis la condamnation à une amende de 500 euros visant chacun des 12 prévenus. Il a interjeté appel de ce jugement.
Le 22 mai 2012, la Cour de cassation a confirmé l'arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux condamnant Sakina Arnaud pour discrimination à l'égard des produits israéliens dans un magasin Carrefour de la région. Une condamnation qui fera jurisprudence...
Le 12 octobre 2012, sept prévenus comparaitront devant le tribunal de Pontoise pour appel au boycott de produits israéliens dans le cadre de la campagne BDS : Laurent Alcini (Parti communiste français, Front de gauche), Alima Boumédiene-Thiery (ancienne sénatrice), Serge Groswak (Union Juive française pour la Paix), Nicolas Shahshahani (EuroPalestine), Omar Slaouti (NPA, Gauche anticapitaliste), Sylvette Amestoy (Europe Ecologie Les Verts), et Sylvain de Smet (Europe Ecologie Les Verts, conseiller régional Ile-de-France). Une première plainte du BNVCA avait été classée sans suite.
Le 12 octobre 2012, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a condamné l'appel du « site EuroPalestine pour un rassemblement ce jour, à partir de 9 h 30 au Tribunal de Pontoise pour soutenir sept prévenus, militants du BDS ». Craignant que ces rassemblements n’investissent la salle d’audience, ne perturbent la sérénité des débats, n’intimident les magistrats et fassent pression sur leur décision, ne troublent l’ordre public, le BNVCA a demandé au préfet du Val d'Oise d'interdire ces « manifestations, d'autant qu'elles n'ont pas l'objet d'aucune demande préalable obligatoire », et à la « police d'interpeller en flagrant délit tous ceux qui enfreindront cette loi tant devant le tribunal, dans la rue, ou dans la salle d'audience ».
Le
12 avril 2013, le Conseil constitutionnel, saisi par une question prioritaires
de constitutionnalité (QPC), a jugé « qu'en portant de trois mois à un an le
délai de la prescription pour les délits qu'il définit précisément, l'article
65-3 de la loi du 29 juillet 1881 [sur la liberté de la presse] a pour objet de
faciliter la poursuite et la condamnation des auteurs de propos ou d'écrits
incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence, diffamatoires ou
injurieux, à caractère ethnique, national, racial, ou religieux ou contestant
l'existence d'un crime contre l'humanité. La différence de traitement qui
résulte de ce délai de prescription particulier pour les infractions
poursuivies ne revêt pas un caractère disproportionné au regard de l'objectif
poursuivi. Il a donc été déclaré conforme à la Constitution ».
Le BNVCA (Bureau national de vigilance
contre l'antisémitisme) a considéré que « cette décision est enfin de
nature à poursuivre en justice tous ceux qui appellent au boycott d'Israël sur
le fondement des infractions d'appel à la discrimination prévues dans la loi
sur la liberté de la presse ».
Les prévenus poursuivis pour appels aux
boycotts ne pourront donc plus contester la légalité de ce délai, et les
poursuites judiciaires engagées par le BNVCA depuis 2009 se poursuivront.
Visuels : © DR
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Article publié le 16 janvier 2011 et modifié pour la dernière fois le 12 octobre 2012.
Il a été republié le :
- 24 mai 2012 en raison de l'actualité : boycott par l'Afrique du sud des produits israéliens fabriqués en Judée et Samarie, par exemple ceux d'Ahava, annulation, sous la pression d'actions BDS, des concerts du groupe irlandais de musique folk Dervish en Israël et confirmation le 22 mai 2012 par la Cour de cassation (Paris) de la condamnation d'une activiste prônant le boycott des produits israéliens dans un magasin Carrefour. ;
- le 11 octobre 2012 à l'approche de l'audience au tribunal de Pontoise, le 12 octobre 2012, au cours de laquelle ont comparu sept prévenus pour appel au boycott de produits israéliens.
Il a été republié le :
- 24 mai 2012 en raison de l'actualité : boycott par l'Afrique du sud des produits israéliens fabriqués en Judée et Samarie, par exemple ceux d'Ahava, annulation, sous la pression d'actions BDS, des concerts du groupe irlandais de musique folk Dervish en Israël et confirmation le 22 mai 2012 par la Cour de cassation (Paris) de la condamnation d'une activiste prônant le boycott des produits israéliens dans un magasin Carrefour. ;
- le 11 octobre 2012 à l'approche de l'audience au tribunal de Pontoise, le 12 octobre 2012, au cours de laquelle ont comparu sept prévenus pour appel au boycott de produits israéliens.

vous etes vraiment tres drole! et quelle finesse d'analyse...
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