mercredi 8 mars 2017

Latifa ibn Ziaten


Après l’assassinat de son fils Imad soldat français par le djihadiste Mohamed Merah, le 11 mars 2012 à Toulouse, Latifa Ibn Ziaten a créé l’association Imad-ibn-Ziaten pour la jeunesse et pour la paix. Elle mène une action articulée autour de conférences soulignant le rôle essentiel de l’éducation, par la famille et les enseignants, de voyages « politiquement corrects », de discours sanctuarisant « l’islam-religion-de-la-paix ». Une action soutenue par les autorités politiques françaises et américaines, et louée par les associations juives françaises ainsi que par la problématique ambassade d’Israël en France. Le 7 mars 2017, à 23 h 05, France 2 diffusera Latifa, une femme dans la République, documentaire de Jarmila Buzkova.

Attentats islamistes, dont l’un antisémite, à Toulouse et Montauban par Mohamed Merah, djihadiste salafiste franco-algérien
Al-Qaeda’s French-Algerian “mujahidin” Mohamed Merah killed 7 persons in South-Western France
Latifa ibn Ziaten

Née au Maroc en 1960, la jeune Latifa s’installe en France en 1977. Elle épouse Ahmed ibn Ziaten, cheminot à la SNCF. Le couple a cinq enfants, dont Imad, sous-officier d’un régiment de parachutistes basé près de Toulouse.

Le 11 mars 2012, à Toulouse (Haute-Garonne), Imad Ibn Ziaten est assassiné par le djihadiste Mohamed Mérah. Latifa ibn Ziaten déclare souvent, avec fierté, que son fils est demeuré debout et a refusé d’obéir à Merah lui intimant l’ordre de s’allonger. Merah l’a tué en criant « Allah Aqbar » (Dieu est plus grand). En France, le cercueil emportant son fils est couvert du drapeau français, mais le jour de son enterrement au Maroc, ce cercueil était recouvert du drapeau marocain.

Mohamed Merah, "âgé de 23 ans, s’était lancé dans une série d’expéditions djihadistes à scooter, et avait successivement tué un militaire le 11 mars 2012 à Toulouse puis deux autres à Montauban le 15, et enfin trois enfants juifs et un enseignant, père de deux d’entre eux, le 19 mars, à l’école juive Ozar Hatorah (rebaptisée « Ohr Torah ») à Toulouse. Il avait été tué le 22 mars par la police dans l’appartement où il s’était retranché".

Peu après, Latifa ibn Ziaten se rend dans la cité des Izards, à Toulouse, où vivait Merah et découvre avec horreur l’admiration des jeunes de la cité qualifiant ce terroriste de « héros, martyr de l’islam » (shahid) « ayant mis la France à genoux ». Quand elle décline son identité, ces jeunes se ravisent et présentent des excuses.

Employée modeste, elle décide de créer le 20 avril 2012 l’association Imad-ibn-Ziaten pour la jeunesse et pour la paix afin d’éviter de nouveaux Merah et d’aider les « jeunes perdus » de quartiers difficiles. Une association dont le parrain est le comédien Jamel Debbouze.

Elle s’est « battue pour qu'il soit officiellement reconnu « Mort pour la France ». L'État a préféré la nouvelle mention « Mort pour le service de la nation », de peur de donner trop d'importance à son assassin ».

« Islam-religion-de-paix »
Latifa ibn Ziaten représente la figure d’une Française musulmane pieuse – elle explique porter le foulard islamique en signe de deuil lié au meurtre de son fils -, défendant le « vrai islam » - « Le Coran véhicule des valeurs de paix, de respect et de partage. Il ne prescrit en aucun cas de tuer un homme gratuitement. J'ignore quelle religion animait Merah, mais certainement pas le vrai islam » -, fêtant Noël, fête largement déchristianisée, et partageant les valeurs de la république française. Mais il lui manque l’élévation spirituelle d’Eva Sandler, dont le mari et des deux garçons ont été tués par Merah et l'esprit critique à l'égard de l'islam. Comment pourrait-elle accepter l'idée que son fils a été tué au nom de l'islam, religion qu'elle chérit et dans laquelle elle a élevé ses enfants ?

Comment est-elle reçue dans les établissements scolaires ? A lire les réactions d’élèves recensées par la presse, c’est surtout sa douleur  qui touche les collégiens et lycéens.

« Mme Ibn Ziaten adopte une posture quasi-christique – la rédemption par la souffrance, le dépassement de soi qui puise sa force dans l’amour du prochain. Elle a une grande capacité à dépasser les bas instincts de colère et de haine et à sublimer sa douleur en compassion vis-à-vis du bourreau », relève avec pertinence Illana Attali (Times of Israel, 28 avril 2015).

Le 19 mars 2013, Sandrine Sebbane recevait sur RCJ, radio du FSJU, Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, une des victimes de l'islamiste Mohamed Merah en 2012

Elle a annoncé qu'elle allait parler des "Juifs de France et des musulmans de France" avec Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, une des victimes de l'islamiste Mohamed Merah en 2012. Pourquoi ne pas parler des Juifs français ou des Français Juifs ? En effet, la quasi-totalité des "Juifs de France" ont la nationalité française, et elle seule. 

Sandrine Sebbane a expliqué qu'il fallait appeler Mohamed Merah 'terroriste", et non "tueur au scooter". Mais pourquoi ne pas qualifier ce terroriste d'"islamiste" ou de djihadiste ? 

Cette journaliste est demeurée silencieuse quand Latifa Ibn Ziaten a nié tout lien entre l'islam et les attentats du moudjahidin Merah. Pourquoi ?

Car Latifa ibn Ziaten défend ardemment « l’islam-religion-de-paix ». Sur son compte Twitter, elle véhicule le mythe de la coexistence pacifique sous domination islamique, et déplore un "acharnement sur l'islam pourtant c'est une religion comme une autre, on est en train de développer la haine".

Afin de maintenir le vivre ensemble, elle est convaincue du rôle indispensable des parents et de l’éducation qu’ils inculquent à leurs enfants, ainsi que de celui des enseignants. Elle a déclaré au Pèlerin (11 mars 2012) : « Un enfant a besoin d'être guidé. Si on ne lui donne pas de cadre, il peut vite mal tourner. Merah en est la preuve : son père et sa mère étaient totalement absents. Résultat : il a sombré dans la drogue, la délinquance et, à l'arrivée, voyez ce que ça a donné ! Les parents ont une lourde responsabilité. Pères comme mères ».

Dans des discours, Latifa ibn Ziaten va jusqu'à occulter la réalité du djihad . Ce faisant, elle désarme intellectuellement et moralement les Occidentaux confrontés au djihad planétaire.

C'est ainsi que le rabbin Daniel Farhi décrit une intervention de Latifa ibn Ziaten dans une classe : elle "interroge son auditoire : « Dites-moi, vous êtes tous français ici ? » Non, affirme la salle d’une voix". De quoi frémir. Latifa ibn Ziaten poursuit : « Mais si, vous êtes des Français ! Chacun d’entre vous a ses origines, et c’est une force. Mais votre identité, c’est la France. Il faut en être fier. J’en suis fière, mon fils l’était aussi. C’était un soldat de la République.» Au fond de la classe, Walid, un petit bout d’homme de 14 ans à lunettes demande : « Et le djihadisme, madame ?» « Faire le jihad, ce n’est pas tuer, réplique-t-elle. Ce que je fais devant vous, c’est un djihad. Un combat pour le vivre ensemble. » Et Daniel Farhi conclut en suggérant que nous "nous fassions les porte-voix de cette héroïne" qui "vient nous dire ce qu’est le véritable djihad, à savoir un combat sur soi-même pour toujours s’améliorer. Elle vient réduire à néant les pseudo-théories d’un djihadisme hégémonique et meurtrier". Ignorance ? Naïveté ?

"La dhimmitude entérine la condition dévolue au monde non-musulman par l’idéologie jihadiste. Elle établit leurs relations avec l’oumma, la communauté musulmane, conformément à l’ordre religieux irrévocable prescrit par Allah à son intermédiaire Mahomet", explique l'essayiste Bat Ye'or.

Et Bat Ye'or d'expliquer : "Le jihad est mené dans le but d’imposer la dhimmitude, une étape provisoire avant la conversion. Jihad et mission sont corrélés, le premier n’étant que la stratégie militaire matérialisant la mission. Aujourd’hui, il importe de connaître et de comprendre les buts et la stratégie de cette mission et de son modus operandi compte tenu de l’actualité d’un jihadisme planétaire et du renouveau religieux des pays majoritairement musulmans, unifiés dans un corps constitué représentatif, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui a proclamé sa fidélité à la mission universelle de l’islam. Le djihad est, selon l’islam, religion universaliste, une « guerre musulmane défensive, juste et légitime ». Cette assertion se comprend par la promesse d’Allah de conférer à sa communauté la gouvernance du monde.Le jihad consiste à reprendre aux non-musulmans les pays qui doivent revenir à la communauté islamique mais qu’ils occupent indûment. Quand les non-musulmans défendent leurs pays, ils agressent les musulmans qui, selon la promesse d’Allah, ne font que reprendre leurs biens. Le djihad, entreprise défensive de réappropriation islamique, est juste et légitime car selon l’islam, il établit sur terre les volontés d’Allah. Ceux qui s’y opposent, mettent des obstacles à l’expansion de l’islam et à l’instauration de la sharîa dans leur pays, sont les agresseurs".

Ces messages "islamiquement corrects", Latifa ibn Ziaten les délivre en France, au Maroc, aux Emirats arabes unis (EAU), aux Etats-Unis… et dans son livre publié en janvier 2016 Dis-nous Latifa, c'est quoi la tolérance ? coédité par les Editions de l'Atelier et le Réseau Canopé. « Pourquoi certains croient que c’est la religion qui leur demande de faire des attentats ? » « S’il y a la laïcité, pourquoi on ne peut pas manger halal ou casher à la cantine ? » « Pourquoi je respecterais mes profs alors qu’eux ne me respectent pas ? » « Vous ne pensez pas que la réussite de chaque jeune est utopique quand on habite dans une cité ? » Ils s’appellent Kloé, Aïda, Abdelkrim, Sofian, Aurélie… Ils sont élèves de primaire, de collège ou de lycée. Depuis trois ans, Latifa Ibn Ziaten les rencontre, à travers toute la France. Dans le dialogue sans tabou qu’elle engage avec eux, elle leur délivre un message fort : non, la spirale de la violence au nom de la religion n’est pas une fatalité. Oui, il est possible de relever le défi d’un vivre-ensemble qui propose une place et un avenir à chaque jeune. Oui, pratiquer sa foi dans la paix, le respect des valeurs républicaines et des convictions de l’autre est à notre portée".

Foulard islamique et laïcité
Latifa ibn Ziaten allègue porter le foulard islamique en signe de deuil lié au meurtre de son fils Imad.

Or, Mahomet, prophète de l'islam, a déclaré selon un hadith rapporté par  Al-Boukhârî : "La femme ne doit pas porter le deuil pour un mort plus de trois jours, sauf pour son mari, elle doit l'observer pendant quatre mois et dix jours."

Foulard islamique et laïcité ? Un cocktail qui a surpris le journaliste et écrivain algérien Mohamed Sifaoui. Celui-ci a déclaré le 19 novembre 2015, sur France 2 : « Je suis quand même assez étonné que, dans un pays où on a compris qu’il y a avait une guerre idéologique à mener, […] qu’on honore à ce point, une femme qui a perdu son fils mais qui porte le voile par ailleurs. Je sais qu’on sacralise la victime dans ce pays. C’est une vraie tradition, et c’est très bien. Mais il y a des limites. Il faut chercher un peu de cohérence. Ce n’est pas parce qu’une personne perd son fils, et il y en a beaucoup, qu’on va la faire sortir de ses fourneaux pour en faire une égérie de la lutte antiterroriste. Ce n’est pas une opinion qui engage France télévisions, mais je tenais quand même à l’exprimer : cette incohérence qui veut qu’on dise à des jeunes filles que le voile salit la féminité, et qu’on leur introduise une personne voilée qui va leur enseigner les valeurs de la République. Je trouve que c’est quelque peu dommageable ». Des propos qui ont indigné les autres invités de France 2, et le journaliste Julien Bugier qui a souligné que la chaîne publique ne les partageait pas.

Le 8 décembre 2015, Latifa ibn Ziaten a été huée, car elle portait le foulard islamique, avant et en fin de son discours lors d'une table-ronde des VIe Rencontres de la laïcité organisées par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale dans une des salles de cette Assemblée. Des spectateurs ont alors quitté la salle en signe d'hostilité au port de ce foulard.

Ancienne ministre et députée socialiste, féministe, Yvette Roudy a expliqué à BuzzFeed : « J’ai dit à Latifa Ibn Ziaten que je pensais que ce n’était pas une bonne idée de porter son foulard. Il y a des lois en France, on ne les fait pas respecter. Si Latifa Ibn Ziaten est en fonction, elle ne devrait pas avoir le droit de le porter". Latifa ibn Ziaten n'est pas fonctionnaire.

Sur Facebook, le député socialiste Jean Glavany, organisateur de ces Rencontres, a écrit : « Notre invitée portait un foulard comme les lois de la république l’autorisent dans l’espace public. Deux participants qui n’étaient ni députés ni, manifestement socialistes, sur 200 ont voulu contester le port de ce foulard, manquant singulièrement de respect à l’égard d’une femme qui nous a expliqué le porter en deuil de son fils".

Burkini
En 2016, une polémique a surgi sur le port de burkini, une déclinaison de la burka, un élément de la "mode islamique".

Des maires ont édicté des arrêtés municipaux pour en interdire le port sur des plages publiques.

Le 26 août 2016, le Conseil d'Etat a suspendu un de ces arrêtés.

"Je suis étonnée de voir quelque chose d'aussi anodin prendre tellement d'importance. Mais je m'interroge : où est la liberté ? Il y a donc des personnes en France qui ne jouissent pas de la même liberté que les autres, puisqu'il s'agit d'interdire un espace à des citoyennes ? Les femmes en burkini qui veulent profiter de la plage ne sont pas responsables de tout ce qui se passe aujourd'hui, mais ce sont elles qui sont encore stigmatisées. Moi-même, je nage comme cela, alors cela m'a touché. Je suis choquée de voir des policiers arrêter une femme à la plage pour lui demander de se déshabiller. Cela revient à priver les femmes d'un choix, alors que le simple fait qu'elles soient à la plage fait d'elles des femmes libres et courageuses. C'est juste un loisir ! Il faut leur laisser leur chance au lieu de les humilier", a déclaré Latifa ibn Ziaten, mère d'un des soldats victimes du terroriste islamiste Mohamed Mérah, le 27 août 2016, à Franceinfo.

Et de poursuivre : "Il faut se demander qui sont ces femmes qui portent le burkini à la plage : ce ne sont  pas celles qui portent la burqa ! Ce sont des femmes qui, comme moi, ne veulent pas se dévêtir pour différentes raisons, que ce soit pour une question d'âge, de respect, de religion... Une femme qui adhère à l'idéologie de Daech, ce n'est pas à la plage que vous risquez de la trouver. Il est hors de question pour ces personnes de se baigner ou bien d'aller à la plage. Avec ou sans burkini. Nous ne sommes pas Daech. Je me bats contre cela. Je porte le foulard et je me bats pour la liberté, pour le vivre-ensemble, pour mon pays et les valeurs de la République. Et la République protège tout le monde, sans distinction. Cette polémique ne sert finalement qu'à diviser les Français.
Ce n'est pas normal de réveiller ces débats juste parce qu'il y a des élections. Quoi qu'il arrive, l'islam fait toujours la une des médias et je me demande sincèrement pourquoi il y a tant de polémiques. La religion est une affaire personnelle. En France, les musulmans doivent constamment se justifier, expliquer chacun de leur choix. Expliquer pourquoi ils choisissent, ou non, de porter tel ou tel vêtement. Mais les gens n'aspirent qu'à vivre tranquillement ! Quand il y a des attentats, on demande encore aux musulmans de se justifier ou on leur reproche de ne pas prendre la parole. Il y a toujours quelque chose : si ce n'est pas le foulard, c'est le burkini, la burqa, la barbe... Les musulmans sont fatigués de répondre à tout cela. Répondre à quoi ? A des bêtises ? Aujourd'hui, en France, on joue avec l'islam. Notre religion est devenue prisonnière de ces polémiques et les musulmans ne se sentent pas libres. Il y a de la peur en France et les gens sont méfiants après le traumatisme des attentats. Mais le foulard ou le burkini ne présentent pas de danger pour la société, que ce soit en Europe, au Maghreb ou ailleurs. Le danger n'est pas dans le voile. Le danger, c'est la pauvreté morale, le manque d'éducation, le manque de respect... Hélas, il y a une minorité de gens qui ne connaissent pas l'islam et qui ont peur de ce qu'ils voient dans les médias. Moi qui porte le foulard, je le vois bien quand je prends le train ou quand j'arrive dans un hôtel. Les gens me regardent, se méfient. Je veux leur dire que quelqu'un qui porte le foulard, comme quelqu'un qui porte la kippa, n'est pas dangereux, mais juste une personne avec des convictions religieuses et qui doit être respectée. Au même titre que n'importe qui. Je comprends l'interdiction de la burqa, qui cache le visage et je comprends que le foulard puisse être interdit dans certains lieux, comme les écoles ou les administrations. Mais à l'extérieur, dans la rue, sur la plage et jusque dans la mer - comme s'il fallait se demander si la mer était un espace laïc ! - c'est n'importe quoi. Rester bloquer sur la question du foulard ou du burkini empêche de s'attaquer aux vrais problèmes de la société. C'est ça qui est terrible. Il ne faut pas tomber dans ce piège".

Autorités politiques françaises
Les autorités politiques françaises courtisent Latif ibn Ziaten  : grande médaille d’or de la Ville de Grenoble, intervention  dans le cadre de la table ronde consacrée à l’image de l’islam lors de la réunion de l’instance de dialogue le 15 juin 2015 à l’initiative de Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, pour une refonte de la relation entre l’État et la communauté musulmane.

Le ministère de l’Education nationale soutient l’association par une subvention annuelle.

Maire du IVe arrondissement de Paris, Christophe Girard lui a réservé, selon Wikipedia, un bureau dans cette mairie.

Après les attentats terroristes islamistes de la rédaction de Charlie Hebdo (7 janvier 2015) à l’hypercacher de la Porte de Vincennes (9 janvier 2015), Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, a adressé le 30 janvier 2015 une lettre aux recteurs les incitant à favoriser les interventions de Latifa ibn Ziaten dans les écoles, collèges et lycées : son « témoignage constitue un outil de défense et de promotion des principes de laïcité, de citoyenneté et de paix ». Comment un témoignage doloriste peut-il remplir ce double objectif ? Le port du foulard islamique est-il compatible avec la laïcité dans l'enceinte d'un établissement public scolaire ?

Latifa ibn Ziaten a été promue Chevalier de la Légion d'honneur. Son nom figure dans la liste du Premier ministre (J.O. du 14 juillet 2015).

Le 19 novembre 2015, Latifa ibn Ziaten a reçu le Prix de la Fondation Jacques Chirac pour la prévention des conflits en présence du Président de la République François Hollande, ministres Christiane Taubira, Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem et Marylise Lebranchu.

Elle s’est élevée contre ces classes composées à « 95% d’enfants d’origine maghrébine [dans les banlieues]. Ils ne peuvent pas avancer, s’intégrer, aimer la France. Pour aimer la France, il faut leur tendre la main, il faut la diversité, il faut la mixité »

Elle a alerté sur le problème « très grave » dans les écoles et sur celui « très très grave » dans les prisons : «Il y a des gens qui se convertissent. Il n’y a pas de règle dans les prisons. On dit les droits de l’homme, mais on doit faire des règles dans les prisons. Des règles pour le sport, pour les heures de télévision. Ce n’est pas le prisonnier qui commande. Les gens qui travaillent dans les prisons, ils souffrent, ils demandent de l’aide. On doit travailler, on doit aller vers l’autre.»

Latifa Ibn Ziaten a aussi fait part du besoin de moyens, en plus de ceux alloués par le roi du Maroc, pour son association, dont Jamel Debbouze est le parrain, afin de lutter contre la radicalisation. Depuis trois ans, à Rouen, elle travaille avec deux salariés et sans toilettes. « Si vous ne m’aidez pas, je perds mon courage. Je resterai toute ma vie à combattre. J’aime le Maroc, j’aime la France, c’est mon père et c’est ma mère. Je n’aime pas les séparer.»

Le 16 février 2016, Latifa Ibn Ziaten a inauguré la "Maison Imad pour la jeunesse et les parents", un centre d'accueil pour lutter contre la radicalisation des jeunes situé à Garges-les-Gonesse (Val-d'Oise). But :  "avant tout de créer du lien et de parler à ces jeunes, les écouter et ne pas les laisser à l'abandon. Il faut prévenir la radicalisation avant qu'il ne soit trop tard", Le "Centre, installé en deux mois seulement dans un bâtiment également utilisé par la mission locale de Garges-les-Gonesse, en partenariat avec la mairie de la ville, ouvrira ses portes jeudi et emploiera deux éducateurs à plein temps. "Je viendrai moi-même à la Maison trois fois par semaine. Un numéro vert à appeler en cas de radicalisation, cela ne suffit pas. Il faut que ces jeunes aient des gens à qui parler en face d'eux, en vrai", a assuré Latifa ibn Ziaten qui "souhaitait depuis longtemps disposer d'un vrai lieu d'accueil fixe. Chargée du recrutement des deux éducateurs et de l'organisation de sa Maison, qui se dotera aussi d'un psychologue et d'un avocat, elle a dit souhaiter travailler avec des personnes ayant "une connaissance du sujet et de l'expérience sur le terrain".

Une deuxième "Maison Imad" devrait ouvrir au Maroc.

Le 11 mars 2016, à l'Elysée (Paris), Latifa ibn Ziaten a été décorée de la Légion d'Honneur par le Président de la République  François Hollande, socialiste.

Le 19 mai 2016, lors d'une séance plénière, le conseil régional d'Ile-de-France a étudié "une proposition de projet pour sensibiliser les lycéens aux valeurs de la République et lutter contre la radicalisation". La région Île-de-France a décidé "de mettre en place dans les lycées et CFA franciliens un cycle de conférences où « des grands témoins », « victimes du terrorisme » s'exprimeront devant les élèves pour « créer un choc émotionnel » et faire « toucher du doigt la souffrance des victimes ».

Latifa Ibn Ziaten et Samuel Sandler, parents de victimes de Mohamed Merah en 2012, sont intervenus en tant que « grands témoins du terrorisme » dans "le cadre de la mise en place prochaine, dans les lycées franciliens de cycle de conférences pour « promouvoir les valeurs de la République et lutter contre la radicalisation. » Tous deux ont été applaudis.

Conseillère melunaise membre du Groupe Europe Ecologie Les Verts et apparentés (EELVA) et professeur, Bénédicte Monville de Cecco a indiqué qu’un « phénomène aussi grave et complexe que le terrorisme devrait nous interdire une approche trop simpliste [...] avec des témoignages de personnes « dont les affects et leurs énonciations pathétiques peuvent avoir une fonction édifiante, mais seulement accompagnée d’une démarche intellectuelle critique. » Indignation des conseillers régionaux qui ont sollicité une suspension de séance. président du groupe Les Républicains, Thierry Solère a condamné les propos de l’élue écologiste. La délibération a été votée par la quasi-totalité des conseillers. le FN a voté contre, estimant qu'il s'agissait « d'un pansement sur une jambe de bois » et souhaitant que soit clairement visé « le terrorisme islamiste ».

Plainte contre l'Etat ?
Français chrétien, Albert Chennouf-Meyer est le père d'Abel Chennouf Meyer, caporal-chef affecté au 17e régiment du génie parachutiste, deuxième soldat assassiné le 15 mars 2012 par Mohammed Merah et âgé de 25 ans, avant l'attentat terroriste islamiste et antisémite devant l'école Ozar HaTorah à Toulouse.

Dès 2012, avec ses proches, Albert Chennouf Meyer avait porté plainte contre l'Etat. Il estimait que les "fautes commises par les services de renseignement dans la surveillance de" Mérah "ont fait perdre une chance d’éviter le décès".

Moins médiatisé que Latifa ibn Ziaten, il a maintes fois désigné nommément les "nazislamistes" et exhorté à la fermeté contre l'islam radical. Il s'est aussi rendu en Israël pour lequel il voue un attachement sincère.

Le 12 juillet 2016, le tribunal administratif de Nîmes "a condamné l’Etat, le jugeant en partie responsable de la mort du soldat Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah à Montauban le 15 mars 2012 en compagnie d’un autre parachutiste". Un jugement qui couronne le combat d'Albert Chennouf Meyer et de ses avocats.

Le "tribunal juge que la responsabilité de l’Etat est susceptible d’être engagée pour faute simple des services de renseignement dans l’exercice de leur mission de prévention des actions terroristes et de surveillance des individus radicaux. En l’espèce, malgré la difficulté de cette mission, le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mérah, prise à la fin de l’année 2012, après la conduite d’un entretien avec l’intéressé dans des conditions peu probantes, est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat compte tenu notamment du profil de Mérah et du caractère hautement suspect de son comportement, établi depuis plusieurs années et renforcé par ses récents voyages en Afghanistan et au Pakistan. Le tribunal retient que la faute de l’Etat a compromis les chances d’éviter l’assassinat de M.  Abel Chennouf victime de Mérah, et faisant application de la notion de perte de chance retenue par la jurisprudence en matière médicale, évalue la fraction du dommage indemnisable en fonction de l’ampleur de la chance perdue, en l’espèce fixée à un tiers. Le tribunal juge enfin que si le décès de M.  Abel Chennouf est intervenu de façon brutale et cruelle et s’il a été accompagné d’un retentissement médiatique exceptionnel et durable, ces circonstances ont aggravé le préjudice d’affection subi par ses proches mais n’ont pas généré un préjudice distinct".

Le tribunal poursuit : « Malgré la difficulté de la mission de prévention des actions terroristes et de surveillance des individus radicaux incombant aux services de renseignement, le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mérah, prise à la fin de l’année 2012, après la conduite d’un entretien avec l’intéressé dans des conditions peu probantes, est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat compte tenu notamment du profil de Mérah et du caractère hautement suspect de son comportement, établi depuis plusieurs années et renforcé par ses récents voyages en Afghanistan et au Pakistan. Dans les circonstances de l’espèce, alors notamment que Y. avait déjà fait une première victime quatre jours avant l’assassinat de M. Abel Chennouf, le tribunal juge que cette faute a compromis les chances d’empêcher l’attentat et fixe à un tiers la part de responsabilité de l’Etat ».

Et de préciser : "Les parents et frère et sœur de la victime ayant toutefois déjà été indemnisés par l’Etat, en sa qualité d’employeur de M.  Abel Chennouf, à raison des préjudices subis du fait de ce décès, leur requête est rejetée pour ce motif par le tribunal. La juridiction condamne en revanche l’Etat à indemniser l’épouse et l’enfant de M.  Abel Chennouf, ainsi que le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions subrogé dans les droits de son épouse, à proportion de la perte de chance retenue. Il condamne également l’Etat, dans les mêmes conditions, à indemniser les beaux-parents de M.  Abel Chennouf".

Selon Claude Guéant, alors ministre de l’intérieur, entre 2007 et 2012, Mohammed Merah avait « fait l’objet de dizaines d’écoutes téléphoniques (…), de filatures très longues. Il y a eu un abandon du suivi de Merah puis une reprise du suivi à son retour du Pakistan », en novembre 2011. « L’appréciation a été faite qu’il ne représentait pas de signe de dangerosité, d’intention criminelle », avait également avancé Claude Guéant : « Personne n’a jamais décelé d’intention criminelle chez lui. »

Le jugement précise que la "demande d’indemnisation des parents et frère et sœur d’Abel Chennouf a été rejetée, parce qu’ils ont déjà été indemnisés. Par contre, l’Etat a été condamné à indemniser la veuve et l’enfant du soldat, ainsi que ses beaux-parents et le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme.

Après cette condamnation de l'Etat, Latifa Ibn Ziaten a annoncé sur France TV.info qu'elle portera plainte pour "que les choses changent". "Je soutiens entièrement Monsieur Chennouf. Pour nous, c'est très important, parce que notre fils a été la première victime de Mohamed Merah.",  réagit Latifa Ibn Ziaten. Elle "estime surtout que les services de l'Etat n'ont pas été à la hauteur lors du drame". "On était victimes, et on s'est retrouvés soupçonnés, avec des auditions séparées, y compris les enfants, et des enquêtes sur nous. Pendant quatre jours, on a été tout seuls contre tout le monde."

Le "15 mars 2012, quatre jours après la mort d'Imad Ibn Ziaten, Mohamed Merah tue Abel Chennouf. "Personne ne nous a prévenus qu'il y avait eu cette attaque, et que c'était le même tueur que celui d'Imad, personne ! L'Etat a une grande responsabilité, mais surtout parce que Merah aurait dû être surveillé, comme l'a dit le tribunal de Nîmes.", "se lamente encore Latifa ibn Ziaten".

Le but "de la plainte que ses avocats doivent bientôt déposer est de pousser les services publics à assumer leurs responsabilités : "L'Etat doit changer des choses. Moi j'ai dit pendant des années que des Merah, il y en a d'autres, et qu'il y en a partout, rappelle celle qui arpente les cités et les prisons françaises depuis des années. Personne ne m'a écoutée", estime Latifa Ibn Ziaten.

"Mais plus qu'une refonte des services de renseignements et un renforcement de la lutte contre le terrorisme, cette mère de famille estime que l'effort doit surtout concerner une plus grande prise en compte de la jeunesse : "Il faut écouter les jeunes, leur donner leur chance et ouvrir les ghettos où ils sont enfermés et mis de côté. Il faut qu'ils aiment la France, mais pour ça il faut leur donner envie de l'aimer, qu'elle les aide à croire en l'avenir."

"Bien qu'elle dise "n'avoir aucun problème avec ce gouvernement qui [l]'a soutenue, pas comme celui qui était là en 2012", elle estime qu'"on ne peut pas laisser les choses continuer comme ça. Mon fils est mort debout, il a refusé de se mettre à plat ventre devant Merah, je veux prolonger ce courage".

Le 13 juillet 2016, sur Radio J, Albert Chennouf-Meyer a exprimé sa fierté pour avoir "persévéré dans une voie pas facile" : "On oublie les victimes. On doit la vérité à nos enfants. On doit des comptes à nos enfants. Je me bats pour qu'on sache pourquoi [mon fils] est mort... Certains ont choisi de faire du mercantilisme avec la mort de leur enfant. [Vous les victimes d'attentats terroristes et leurs familles], ne faites pas confiance aux politiques. Allez en justice. Prenez des avocats anonymes, pas médiatiques. Et portez plainte !"

Albert Chennouf-Meyer a révélé en 2012 que son avocate, Me Béatrice Dubreuil, avait demandé à Latifa Ibn Ziaten de se joindre à eux dans la plainte contre l'Etat. Mais Latifa Ibn Ziaten avait refusé car "l'entourage du roi du Maroc l'interdit". Un scoop qui souligne l'emprise du pouvoir chérifien sur certains de ses ressortissants en France. Et qui peut expliquer la faveur dont jouit Latifa ibn Ziaten auprès des pouvoirs politiques français et les pays du monde arabe qui l'invitent à des conférences.

Latifa ibn Ziaten se trouvait jusqu'au 12 juillet 2016 en porte-à-faux par rapport, non seulement à Albert Chennouf-Meyer, mais aussi à ces victimes des attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 qui avaient fustigé quasi-immédiatement l'inaction de l'Etat ou avaient refusé de se joindre à la cérémonie d'hommage national aux Invalides et dix-sept victimes ont annoncé le 12 juillet 2016 leur intention de porter plainte contre l'Etat : « On fera tout pour obtenir la condamnation de l’Etat français pour ne pas avoir empêché le passage à l’acte de terroristes dont certains étaient sous contrôle judiciaire », a déclaré sur BFMTV Samia Maktouf, avocate de 17 victimes de ces attentats islamistes.

Sur son compte Facebook, Anne-Véro Mendo, mère de la veuve d'Abel Chennouf-Meyer, a posté le 13 juillet 2016 au matin : "Mme IBN ZIATEN qui ne nous a jamais soutenu en quatre ans, qui prône dans son discours laconique le vivre ensemble et au contraire de ses dires a eu une attitude odieuse pour notre gendre Abel CHENNOUF, qui porte le voile en "adéquation" avec la laïcité ! Voilà qu'elle se réveille elle va porter plainte contre l'Etat ! Nous cela fait quatre ans qu'avec nos avocats nous essuyons les railleries... Maintenant que le travail est accompli contre vents et marais, elle porte plainte... Nous ne saluons pas votre pseudo courage !" Un message partagé notamment par Albert Chennouf-Meyer.

Albert Chennouf Meyer a souvent stigmatisé le CRIF, sous la présidence de Richard Prasquier, en l'accusant de lui avoir demandé de ne pas porter plainte contre l'Etat et de retirer sa plainte. Il est révélateur qu'aucune famille de victimes françaises juives de Mérah n'ait porté plainte contre l'Etat et que l'un des avocats de familles de victimes françaises juives de Mérah, Me Alain Goldmann, est président du FSJU (Fonds social juif unifié).

Israël
L'ambassade d'Israël en France a soutenu le voyage (22-28 avril 2015) en Israël - Mur des lamentations, mosquée al-Aqsa, Mont Herzl, mer Morte et recueillement devant la tombe du Premier ministre israélien assassiné en 1995, Yitzhak Rabin, mais pas devant celle de Herzl, fondateur du sionisme politique moderne, rencontre avec les sauveteurs d’Hatzalah et des Bédouins de Galilée  - et dans les territoires disputés, dont Ramallah - recueillement devant la tombe de Yasser Arafat, visites du musée de Mahmoud Darwich, « grand écrivain et poète palestinien » et du Centre franco-allemand, séance photos des jeunes portant keffieh près du drapeau palestinien -, de 17 lycéens, chrétiens et musulmans, de Garges et de Sarcelles, organisé par l'association Imad fondée par Latifa Ibn Ziaten.

En 2014, cette association avait amené des lycéens au Maroc. Latifa Ibn Ziaten leur a-t-elle fait visité le Sahara occidental occupé par le Maroc ? Elle projette un nouveau séjour avec des adolescents au Maroc. Prévoit-elle une visite aux Sahraouis ?

"Whalid, élève de 3e au collège Jean-Lurçat de Sarcelles, avait déjà voyagé dans le cadre d'un échange avec des lycéens marocains, l'an dernier. « Là, ça va être différent car on va vraiment voir trois religions qui vivent côte à côte, explique le jeune de 14 ans. Mais déjà, à Casablanca, on a vu comment chacun respecte le lieu de culte de l'autre. Les gens se considèrent d'abord Marocains et la religion passe après. Ici, c'est l'inverse. J'aimerais que ça change... »

« Je pars avec l'envie de me faire ma propre opinion », déclare Hassna, excellente élève de 3e au lycée Jean-Lurçat  Sarcelles, âgée de 14 ans et souhaitant embrasser la profession de journaliste,  « Au début, j'avais un peu peur car j'entends beaucoup de monde dire qu'Israël, c'est dangereux, que c'est la guerre.  Mais j'avais envie de découvrir par moi-même », explique l'adolescente. Et d'ajouter : il « n'y a pas beaucoup de gens qui ont la chance de faire ce voyage. « On part là-bas pour observer beaucoup de choses, être très à l'écoute, et raconter à la fin tout ce qu'on aura vu.  Je pars en Israël avec l'envie de me faire ma propre opinion, explique-t-elle. J'espère que ce que je verrai sera positif, mais je ne le saurai qu'au retour » Elle prend au sérieux son "futur rôle de mini-ambassadrice de la paix lui tient également à cœur. « C'est bien d'être la représentante d'une cause, d'avoir la responsabilité de faire passer un message positif. Latifa Ibn-Ziaten, marraine de son collège, a un message de paix, de solidarité... Ça m'a beaucoup marquée. »

 « Le constat qu'on fait, c'est que toutes les haines qui existent dans le monde sont dues au fait que les peuples ne se connaissent pas, estime le proviseur du lycée Arthur-Rimbaud de Garges, Christophe Buatois. Le but de ce voyage, c'est que les jeunes apprennent à découvrir l'autre, qu'ils écoutent et qu'ils observent sans préjugés. C'est cela qui permet de générer du respect et de la non-violence. »

Pour les briefer avant leur départ, ces élèves ont bénéficié pendant trois ans du savoir de Marie-Odile Dolivet, « formatrice à la culture de paix » - autoproclamée ? -, car dès leur retour, ils "auront pour mission de délivrer à leur tour un message de paix et de vivre-ensemble auprès de leur entourage. Des « mini-Latifa » qui pourront intervenir dans d'autres écoles ou à l'occasion d'événements, à l'image de leur marraine". Qui est Marie-Odile Dolivet ? C'est une "formatrice à la culture de paix au Tchad et en Côte d'Ivoire. Quel rapport avec le conflit né du refus musulman d'un Etat Juif ? Les professeurs d'histoire n'auraient pas pu assurer ce briefing ? « Vous avez une chance extraordinaire, mais aussi beaucoup de responsabilités sur les épaules », a rappelé Marie-Odile Dolivet. « Quels sont les préjugés que vous connaissez ? » a-t-elle notamment demandé. « Les Arabes sont des voleurs ! » s'exclame un collégien. « Les Noirs sont de bons danseurs », poursuit l'un de ses camarades, provoquant le rire du groupe. « Mais tu as raison, rétorque la formatrice. Il y a des préjugés négatifs, mais aussi des positifs. Or, il faut comprendre que chaque personne est unique. » Et de prendre l'exemple sur leur futur voyage : « Il ne faut surtout pas coller d'étiquettes sur le front, ou sur la tête (elle mime le port d'une kippa). Ne vous dites pas : J'ai un a priori positif sur les Palestiniens, car ils sont Palestiniens. Ou j'ai un a priori négatif sur les juifs car ils sont juifs. Car dans tout groupe humain, il y a des gens ouverts, au cœur large, et d'autres plus fermés. Certains veulent la paix, d'autres cherchent la guerre. » Consternant, mais si révélateur de l'opinion publique en France.

"J’ai vu en Israël – berceau de toutes les religions et de la civilisation – une population issue de plusieurs pays et de plusieurs nationalités, vivre parfaitement ensemble. Une région d’une grande richesse historique, archéologique, spirituelle et géographique. Entre modernité et tradition, héritière de tant de culture, la Terre Sainte fascine par sa multiplicité, mosaïque de paysages et de peuples. Un exemple pour les jeunes qui font ce voyage, que nous avons justement intitulé « le vivre ensemble en Israël et Palestine », deux terres voisines dotées d’une histoire et d’un patrimoine uniques au monde. Notre espoir est que chacun revienne dans son établissement scolaire en tant qu’Ambassadeur de la Paix après avoir partagé les valeurs du vivre ensemble, le sens du respect et l’esprit de tolérance"a déclaré Latifa Ibn Ziaten. Celle-ci semble ignorer que cette coexistence dans l'égalité entre Juifs et musulmans n'existe que dans un Etat Juif, car dans un Etat musulman, les Juifs seraient des dhimmis.

Autant on compatit à la douleur de Latifa Ibn Ziaten, autant on éprouve une certaine gêne à entendre son discours affirmant sa volonté d’œuvrer à un "authentique dialogue interreligieux" tout en évitant soigneusement d'établir le moindre lien entre l'islam et l'islamisme ou d'évoquer l'antisémitisme islamique. Révélant ses lacunes historiques et religieuses - Israël est le berceau du judaïsme et du christianisme, et non de l'islam né dans la péninsule arabique -, Latifa Ibn Ziaten nuance son discours selon ses interlocuteurs : à SelectIsrael, elle déclare que ce voyage offre aux jeunes l'opportunité "pour qu’ils puissent déceler les différences, mais aussi les similitudes entre les religions. Nous voulons que nos jeunes comprennent que nous pouvons vivre différemment tout en restant frères dans notre spiritualité. Un voyage qui leur sera très enrichissant sur le plan de la connaissance de l’autre, en l’occurrence le Juif et l’Israélien", et au site musulman Yabiladi omet les similitudes : "Une chance pour notre jeunesse de s'enrichir en découvrant l'Autre dans sa particularité et sa différence". A Telavivre, elle déclare croire qu'Israël veut la paix. Le Hamas, dont la charte vise à éliminer l'Etat Juif, veut-il la paix ? "Je ne sais pas, tout est possible" (sic), répond-elle.

Qu'ont retenu les sept élèves du lycée Arthur Rimbaud de Garges-lès-Gonesse et les huit collégiens de Jean Lurçat à Sarcelles, "sélectionnés pour leur engagement au sein du conseil de la vie lycéenne", de leur séjour d’une semaine en Israël ? « On revient différent d’un tel voyage. Grandi », confie Yassine au Parisien (31 mai 2015). Des clichés ont été supprimés : « Avant, je pensais que les Israéliens ne se mélangeaient pas avec les étrangers, mais en fait, ils sont très chaleureux », raconte Dilan, en Terminale. « On a vu des musulmans faire la prière sur l’herbe, en plein centre de Jérusalem. Je pensais que ça n’était pas possible », souligne Omer. « A la télé, on ne montre que la guerre, alors qu’on ne ressent pas de tension, note Steve. Finalement, leur guerre, ce n’est pas une guerre de religion mais de territoire. Et les différentes religions cohabitent mieux qu’ici. » Au début, pour certains, ça n’a pas été facile de faire accepter un tel voyage. « Pour plusieurs membres de ma famille, c’était mal vu d’aller en Israël », raconte Dilan. « Mais maintenant, tout le monde nous dit qu’on a de la chance, les gens posent plein de questions », remarque Angela... La découverte, pour beaucoup, ça a aussi été celle du judaïsme. Les rites, l’histoire, les traditions, on leur a tout expliqué. « La prière est différente mais au fond, on a tous le même Dieu », observe Dilan. Non. "Dans le Coran,  Le Dieu trinitaire des Chrétiens est clairement visé comme une conception « associationniste » qui est le péché le plus grave, celui d’associer d’autres divinités à Dieu, une forme déguisée du polythéisme. Il y a, par ailleurs, peu de rapports entre le message évangélique du Christ, celui de l’Amour, et l’exigence de soumission formulée par le Dieu vindicatif qui transmit ses volontés à Mahomet", analyse Christian Vanneste, ancien député UMP.

Élève au lycée professionnel Arthur Rimbaud de Garges-lès-Gonesse, Rose se souvient : « Quand j’ai dit à mon entourage que je partais pour Israël, j’ai eu des pressions, on m’a dit de ne pas y aller, que j’allais être choquée, qu’il y avait beaucoup de violences. J’avais envie de voir de mes propres yeux. Pour être honnête, j’ai pendant longtemps pensé que les israéliens tuaient les palestiniens de façon aveugle, c’est ce que montre les médias faut le dire, toute cette violence. On ne voit jamais de choses positives venues de ce pays. Sur place, je me suis rendue compte que ce n’est pas un pays où les peuples cherchent la guerre, ils cherchent la paix mais ne la trouvent pas. Les gens sont très ouverts. »

Le "petit groupe a même été invité à célébrer Shabbat dans une famille. Un des moments forts du voyage". « Je croyais qu’à Shabbat ils priaient toute la nuit. En fait, ils prient 30 secondes puis on ne fait que manger ! », relate un élève. Un chabbat light ? « C’est pas mal cette idée de ne pas utiliser le téléphone, de ne pas regarder la télévision, ça crée du lien ! T’es comme forcé de parler à ton voisin », raconte Sharyse, pas tout à fait familière avec la tradition du Shabbat".

« Je vais leur dire à tous que ce n’est pas une guerre de religions, c’est une guerre de territoires », annonce Walid.

Latifa ibn Ziaten "explique entendre systématiquement des jeunes parler de la Palestine, des « Juifs qui y tuent des Arabes » comme d’une justification pour prendre pour cible les juifs en France ou ailleurs dans le monde, comme une justification à un antisémitisme virulent et mortifère".

« Un mur qui sépare les populations, c’est choquant, injuste », s’exclame Steve, toujours marqué par les images de ces morceaux de béton érigés autour des territoires palestiniens, couverts de graffitis tels que « Freedom ». « On prend aussi conscience de la chance qu’on a, observe Yassine. On se plaint beaucoup, mais nous, on a la liberté d’aller et venir comme on veut. Les Palestiniens, non. » Yassine se souvient notamment de ce jeune du lycée français de Jérusalem, mais habitant de Ramallah, dont le seul moyen pour passer la frontière est d’emprunter le bus diplomatique qui passe une fois par jour. Ou de cette jeune Palestinienne qui a perdu deux membres de sa famille, tués lors d’une manifestation". Quid des victimes israéliennes du terrorisme palestinien ?

Le Parisien poursuit : "Alors que faire de toutes ces rencontres ? Les élèves ont pour mission de devenir ambassadeurs de la paix. « Au fond, on est tous pareils, insiste Yassine. Il faut arrêter de vivre enfermé. » Le 11 juin, tous livreront une présentation de leur voyage au sein du" lycée.

Proviseur du lycée Arthur Rimbaud de Garges, Christophe Buatois a participé au voyage  d'avril 2015 : « S’il y a des tensions, c’est parce que les gens ne se connaissent pas »  Il se dit fier de ses élèves. Il a porté le projet avec Latifa Ibn Ziaten. Un voyage nécessaire pour casser les barrières. « Notre constat de départ, c’était de dire : s’il y a des tensions dans le monde aujourd’hui, c’est parce que les gens et les peuples ne se connaissent pas. L’idée, c’était d’aller voir sur place, pour bousculer les idées reçues, sans juger. » Et il l’avoue, pour les élèves, tout n’a pas été simple. « Je me souviens par exemple qu’au début, un de nos élèves musulman a eu du mal à accepter l’idée de mettre une kippa, se souvient le proviseur. Mais très vite, il a compris que c’était une question de respect dans une synagogue. » Le vivre-ensemble, il fallait aussi le faire au sein même du groupe. « On a nos propres tensions de quartiers », note le proviseur. Son rôle, en amont, a aussi été de rassurer les parents, souvent inquiets d’un tel voyage. « Certains pensaient qu’on allait mourir là-bas, sourit Christophe Buatois. Nous les avons conviés aux séances de préparation, pour leur présenter le projet. Ça les a rassurés. Ils nous ont fait confiance. » Lui-même a découvert là-bas un pays riche et une ville de Jérusalem magnifique. « J’ai promis à ma famille d’y retourner avec elle », glisse-t-il".

« Le vivre ensemble et la Paix ont accompagnés chaque moment de ce séjour », indique le site de l’association. Même devant la tombe d’Arafat ? Cet hommage dénature le message de paix affiché par Latifa ibn Ziaten. 

En résumé : le chabbat aurait pu être observé dans une famille Juive française. Le narratif palestinien n'a pas été démonté par le rappel de faits historiques et juridiques, notamment sur la barrière de sécurité antiterroristes dont la partie infime sous la forme de mur vise à éviter les tirs des terroristes palestiniens. Le conflit "israélo-palestinien", en fait le conflit né du refus de l'Etat Juif par le monde musulman, est instrumentalisé pour expliquer les "tensions" en France ; ce qui évite d'évoquer la haine contre les mécréants de l'islam. Présumé faux : la connaissance de l'autre fait disparaître les "tensions" et prélude le vivre ensemble.

On appréhende les messages véhiculés par ces "ambassadeurs de paix" ignorant les informations essentielles du conflit.

Communauté Juive française
Latifa ibn Ziaten est souvent invitée à des événements communautaires : dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), cérémonie à la grande synagogue de la rue des Victoires en présence du Président de la République François Hollande en hommage aux 17 victimes de l’attentat terroriste islamiste à Paris en janvier 2015 au cours duquel elle a allumé une bougie, etc.


Prix Léon-Blum créé par le CRIF Grenoble Isère  et le B'nai B'rith en 2000 et décerné par la Ville de Grenoble et ce CRIF local depuis 2003, Prix  du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) de Midi-Pyrénées, en présence du ministre de l'’Intérieur Manuel Valls, lors du dîner annuel de ce CRIF 27 février 2014, et le 19 juin 2015 Prix Copernic pour le dialogue, la paix et la fraternité de l'ULIF  (Union libérale israélite de France)… La communauté Juive française institutionnalisée respecte, estime et distingue Latifa ibn Ziaten.


Fondée en 1917, « plutôt "Reform" (UK) ou "Conservative" (USA), selon la classification anglo-saxonne », l'ULIF  (Union libérale israélite de France) « est la seule synagogue à perpétuer en France une tradition musicale dite « consistoriale » depuis que l’orgue et les chœurs mixtes ont été supprimés des offices célébrés dans ces synagogues à la fin des années 1970 ». Cette synagogue située rue Copernic a été la cible d'un attentat terroriste palestinien le 3 octobre 1980.

L'ULIF « récompense chaque année une personne ou une institution ayant œuvré pour promouvoir le dialogue, la paix dans le monde et la fraternité ».

Composé d’Isabelle Giordano, Christine Kelly, Martin Hirsch, Jean-François Bensahel et Guy Bouaziz, le jury Son Prix Copernic pour le dialogue, la paix et la fraternité a sélectionné deux lauréats en 2015 : Latifa Ibn Ziaten pour son engagement en faveur de la laïcité et du dialogue interreligieux, et Jean-Christophe Taghavi, fondateur de l’association « CAP* ou pas cap ? » et lauréat de l’Institut du Service Civique. gagnants seront inscrits dans le Grand Livre de la Paix et de la Fraternité de l’Union Libérale Israélite de France.

Le 19 juin 2015, à 19 h 30, à la synagogue de la rue Copernic, le Prix Copernic pour le dialogue, la paix et la fraternité de l'ULIF  (Union libérale israélite de France) a été remis à Latifa Ibn Ziaten pour son "engagement en faveur de la laïcité et du dialogue interreligieux", et Jean-Christophe Taghavi, fondateur de l’association « CAP* ou pas cap ? » et lauréat de l’Institut du Service Civique.

Depuis sa création, ce prix a récompensé l’AJMF (Amitié Judéo-musulmane de France), avec le Rabbin Michel Serfaty et le Recteur Dalil Boubakeur de la grande mosquée de Paris (2012), l’Imam Hassen Chalghoumi, imam de Drancy et président de la Conférence des imams de France, ainsi qu’Adeline Kulig et Antoine Touillet pour leur projet « A contre-courant », Marcel Kabanda, Président d’Ibuka France, pour son œuvre de mémoire dans le génocide au Rwanda et Hélène Rastegar pour son projet de festival de courts métrages « Chacun son court » (2014). L’amitié judéo-musulmane « islamiquement correcte » et un recteur désigné par l’Algérie, un imam et l’incitation à l’engagement à s’investir des jeunes à Chalons en Champagne, le Rwanda et un festival de court métrage en Alsace… Du « Tikkoun olam » (Réparation du monde, en hébreu, Nda) !? A l’aune des problèmes vitaux de la communauté Juive française, certains récipiendaires inspirent de l’incompréhension. Dans cette voie, l'ULIF remettrait-elle un Prix à la fête des cucurbitacées à Fresne-sur-Loire ?

Selon l’ULIF, l’association Imad ibn Ziaten « œuvre concrètement pour la paix, la fraternité et le dialogue dans le strict respect des valeurs de la République. Elle participe à l’éducation, à la citoyenneté et à lutte contre toutes les formes de racisme et de discrimination. Elle sensibilise la jeunesse de France et d’ailleurs à ces impératifs et s’engage dans la promotion du dialogue interreligieux ». Le mot « antisémitisme » manque curieusement. Quel dialogue interreligieux ? Avec quelle compétence ? Avec quels interlocuteurs ? Dans quels buts ? Selon quelle périodicité ? Avec quels résultats ? Mystères.

Latifa ibn Ziaten « a le courage et la force d'âme incomparable de se relever et de se dresser contre tous les fanatismes. Elle parcourt les écoles, les prisons, les quartiers difficiles pour faire entendre sa voix et sa douceur, et expliquer aux prêcheurs de haine qu'il sont dans l'erreur et dans l'ignorance de l'autre, qu'il soit juif, militaire, ou simple citoyen. Elle se bat contre l'intégrisme, contre tous les préjugés, contre tous les clichés mentaux qui visent à dénier à l'autre le droit de vivre comme il l'entend, dès lors qu'il respecte les valeurs de la République, et qui sont exceptionnelles. Elle est un exemple pour nous tous », écrit Jean-François Bensahel, président de l’ULIF. Non, Latifa ibn Ziaten ne se bat pas contre tous les préjugés : elle évite soigneusement de lutter contre les sourates anti-Juives, l'antijudaïsme islamique, etc.

Le dossier de presse de l'ULIF indique que ce Prix récompense en ces deux récipiendaires une « résistance française ». Résistance à quoi ? Que de mots galvaudés !

Le 7 janvier 2015, après l'attentat islamiste contre la rédaction de Charlie Hebdo, Latifa ibn Ziaten a publié un post sur son compte Twitter affirmant : "L'association IMAD pour la jeunesse et la paix est bouleversée par cet acte d'une extrême barbarie !", affichatn "Je suis Charlie" et soutenant la liberté d'expression. Curieusement, elle n'a posté aucun message après l'attentat contre l'hypercacher de la porte de Vincennes au cours duquel quatre Français juifs ont été assassinés.

Le 30 juin 2016, à 19 h, l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) et SOS Racisme organisent une "rencontre exceptionnelle et unique" au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) entre Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Imad Ibn Ziaten, assassiné à Toulouse en 2012 et Batou Hattab, Grand rabbin de Tunis et père de Yoav Hattab, assassiné lors de l’attentat de l’HyperCacher". Le deuil n’est pas la seule chose qui les rassemble. Pétris d’une culture arabe commune, Latifa Ibn Ziaten et Batou Hattab se retrouvent autour d’un message contre la haine et la radicalisation, qu’ils diffusent chacun dans les espaces dans lesquels ils évoluent".

Le chanteur Renaud interpréta sa chanson Hypercacher en fin de rencontre. Cette rencontre avait été précédée par un événement similaire dans une mosquée francilienne.

La communauté française Juive institutionnalisée aime décerner les bons points. Mais cela ne saurait pallier son incapacité ou son refus d’affronter et de vaincre les racines de l’antisémitisme létal depuis l’Intifada II - les "3 D" définis par Natan Sharansky (Diabolisation, Délégitimation et Double standard) dont l’affaire al-Dura s’avère emblématique - ainsi que de combattre le "gouvernement des juges" français qui, maîtres absolus en leurs "territoires perdus de la justice" condamnent sévèrement leurs concitoyens Juifs victimes, permet et confirme leur spoliation, etc.

Ces dirigeants communautaires s'obstinent à miser sur des personnalités musulmanes isolées, adoubées par les autorités politiques nationales, et dont l’action demeure limitée, partiale et « islamiquement correcte ». Tout en se gardant d'évoquer les sujets tabous : antisémitisme musulman, antijudaïsme islamique, dhimmitude, etc.

Une double faute dont le coût est tragiquement subi par les Français Juifs...

Etats-Unis
A l'instar d'organisations juives françaises, l'AJC (American Jewish Comittee) a récompensé Latifa ibn Ziaten en lui remettant le « Prix AJC du Courage moral » le 13 mai 2014.

Le 29 mars 2016, à Washington, Latifa Ibn Ziaten est l'une des 14 lauréates ayant reçu un des "Women of Courage Awards" décernés par le secrétaire d'État américain John Kerry. Le Prix international Femme de courage est une "récompense américaine pour honorer des femmes à travers le monde qui font preuve de courage, de détermination pour les droits de l'Homme, l'égalité homme-femme et les avancées sociales".

John Kerry "a salué son travail de résistance contre "la tentation de l’extrémisme". Un combat répété, en français, par le secrétaire d’État américain : "Je voudrais sauver ceux qui sont à l’origine de ma souffrance." La présidente de l’association "Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix" s’est dite "très honorée" par ce prix qui lui donne de la "force" pour continuer". A Detroit et Los Angeles, elle rencontrera des familles américaines.

C'était la quatrième visite de Latifa ibn Ziaten qui "a déjà noué des liens avec l’administration américaine : "Je suis aidée par l’ambassade américaine à Paris où j’ai déjà été reçue plusieurs fois. Ils connaissent mon travail et je les remercie pour leur soutien".

Et d'ajouter : "J’ai convaincu trois jeunes de ne pas partir en Syrie. J’ai sauvé leur vie et celle des autres. [Pendant six mois], une fois par semaine, je sortais avec eux, je dialoguais. Un jeune maghrébin musulman, c’est plus facile de le remettre dans le droit chemin" qu'un jeune converti à l'islam. "Je travaille avec des jeunes filles qui sont converties, je travaille avec beaucoup de parents qui sont en difficulté... Aujourd'hui certains parents disent on n'a pas fait attention, on n'a pas remarqué. Un enfant, s'il vit seul, livré à lui-même, voilà le résultat. C'est pour ça que j'ai pardonné à Mohamed Merah, quand j'ai suivi son parcours et quand j'ai vu qu'il avait grandi dans le vide, qu'il avait manqué d'amour, de tendresse, qu'il avait connu la souffrance, la prison, la drogue, ça l'a fabriqué et il est devenu un monstre. J'ai pardonné ce qu'il était, mais pas ce qu'il a fait".

Sa "réponse aux attentats qui ont touché la France en janvier puis en novembre 2015 est la même qu'après la mort de son fils: le dialogue et la compassion. "Il faut ouvrir les cités, ces ghettos, il faut promouvoir la mixité dans les établissements scolaires, l'égalité des chances, il faut écouter les jeunes quand ils parlent. (...) Certains jeunes, quand ils disent "La République nous a oubliés", c'est quand même qu'il y a un malaise", a-t-elle relevé en observant : "On ne peut pas amener la religion dans la citoyenneté. Quand on est citoyen, la religion c'est quelque chose de personnel".

Latifa, le cœur au combat
En mai 2016, une campagne de financement participatif a été lancée sur Kiss Kiss Bank Bank afin de produire Latifa, le cœur au combat, documentaire réalisé par Olivier Peyon et Cyril Brody et financer l'association Imad, pour la Jeunesse et pour la Paix.

 Produit par la société Haut et Court, le film vise à dresser le « portrait intime de Latifa et filmer son combat pour qu'il éveille les consciences ».  Synopsis : « L’histoire de Latifa Ibn Ziaten, c’est celle d’une jeune fille de Tétouan, pleine de rêves, qui traverse la Méditerranée à la fin des années 70 pour vivre en France. Trente ans plus tard, son fils Imad, militaire français, est assassiné par Mohammed Merah. Deux jeunes hommes nés en France de parents immigrés, tous deux musulmans, mais aux destins contraires : Imad est mort parce qu'il représentait la France et une intégration réussie, tandis que Merah s’y sentait exclu et cherchait à la détruire. Pour Latifa tout s’effondre brutalement : sa vie, son idéal de vivre ensemble et sa vision de la société française. Pourtant, plutôt que de renoncer à croire, Latifa décide d’aller réanimer ce rêve en dépassant sa douleur de mère. Elle part à la rencontre des autres, en France, au Maroc, pour les convaincre que ce rêve a encore un sens et qu’il les concerne tous. Donner de l’amour en réponse à la haine. »

La collecte a été achevée le 11 juin 2016, avec un taux de succès de 103% : 82 550 € collectés pour un objectif de 80 000 €, 1626 KissBankers. Mission réussie en 40 jours.
Bébé Merah prénommé Mohammed
Début novembre 2016, à Nice, des parents ont donné pour prénom à leur fils nouveau-né Mohammed. Or, le nom patronymique du couple est Merah.

"Inconscience ou provocation ?" « Il est évident, et c'est en tout cas le point de vue du parquet de Nice, que donner un prénom à un enfant qui a déjà le nom d'un terroriste très notoirement connu en France est quelque chose qui peut porter préjudice à l'enfant. Le parquet a donc saisi le juge aux affaires familiales comme le lui permet le code civil », a déclaré Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice. Il avait été alerté le 14 novembre 2016 par la mairie de Nice.

Cette décision, qui devrait être adoptée prochainement, « s'appliquera immédiatement quelle que soit ensuite la décision des parents ». Ceux-ci disposeront d'un recours.

« C'est le tribunal qui va décider si oui ou non, il faut retirer le nom de Mohamed de l'état-civil pour cet enfant et si oui ou non, il est nécessaire de lui donner un autre prénom... C'est vraiment par rapport à l'intérêt pur de l'enfant, et non par rapport à un contexte, ou une religion ou un radicalisme violent supposé que les choses sont prises en compte. Bien sûr, il y aura une enquête sur le contexte familial car il y a là quelque chose d'alertant pour le parquet pour comprendre le contexte dans lequel cet enfant serait amené à grandir», a ajouté le procureur », a ajouté M. Prêtre.

En France, depuis 1993, les "officiers d'état civil ne peuvent plus décider d'interdire un prénom. « Les transmissions au procureur pour un changement de prénom sont très rares et on connaît une quinzaine d'affaires, remontées jusqu'en cour d'appel. Un grand nombre de Français, plus de 30% ont au moins un homonyme », précise Baptiste Coulmont, sociologue, auteur d'ouvrages sur les prénoms.

La "municipalité a cependant estimé que le choix des parents «pouvait être contraire à l'intérêt de l'enfant» et l'a assimilé à une apologie du terrorisme. Elle a aussi choisi de rendre l'affaire publique : « C'est de la responsabilité propre de la mairie d'avoir communiqué sur ce dossier particulier, ce n'est pas de mon fait, ni semble-t-il du fait de la famille non plus», a souligné le procureur".

« Permettez-moi ce coup de gueule. Familles Sandler, Monsenego, Ziaten et Legouade, réveillez-vous bon sang ! Réveillez-vous ! Pourquoi suis-je le seul à me battre contre l’oubli et le supplice infligés par l’État social-islamiste, par tous les politiques, par ceux qu’ils protègent, c’est à dire les nazislamistes », a déploré Albert Chennouf-Meyer sur sa page Facebook.

Et d'ajouter : « L’exemple d’aujourd’hui où une famille « française » salafiste prénomme leur enfant Mohamed Merah, doit tous vous heurter, vous remuer. Où est votre honneur, où est votre dignité ? Mon épouse, Katia Chennouf, a pleuré. Mais elle ne peut pas pleurer éternellement pour les 7 victimes. Que se passe-t-il ? Que veut dire ce silence assourdissant ? Qu’avez-vous reçu en contre partie pour oublier vos enfants et leur mémoire, assassinés par ce barbare adepte de « la religion de paix et d’amour », cette religion de haine et de sang. « Vos nuits seront hantées, nos morts nous parlent, ils nous interpellent. Moi, j’entends tous les jours les encouragements de mon fils, Abel. Pourquoi cet abandon ? Cet oubli est plus insoutenable que la mort de nos enfants. Comment pouvez-vous vous regarder dans une glace tous les matins ? Ces remords vous hanteront un jour, mais vous ne guérirez jamais de cette compromission. Réveillez-vous, il n’est pas trop tard, vous le devez à vos enfants ».

Finalement, les parents du bébé ont renoncé à ce prénom.
Le 7 mars 2017, à 23 h 15, France 2 diffusera, dans le cadre d'Infra RougeLatifa, une femme dans la Républiquedocumentaire de Jarmila Buzkova. "Mère du premier militaire assassiné par Mohamed Merah lors de la cavale meurtrière de ce dernier à Toulouse et Montauban en mars 2012, Latifa Ibn Ziaten prend la parole dans un documentaire inédit".

"Au micro de Jarmila Buzkova, la mère de famille aborde le deuil et la souffrance qui la rongent, mais aussi le combat qui l’anime pour sensibiliser le jeune public au risque djihadiste. Quelques jours après le marathon criminel de Mohamed Merah, Latifa Ibn Ziaten se rend sur les traces du bourreau de son fils, Imad. Elle souhaite ainsi comprendre qui est réellement le terroriste, d’où il vient, et comment il en est arrivé à commettre l’irréparable en tuant sept personnes. Son fils, pris pour cible à Toulouse, et deux autres militaires, visés à Montauban, ont été les trois premières victimes de l'islamiste, alors âgé de 23 ans. Un professeur de religion, ses deux enfants de 5 et 3 ans, et une fillette de 8 ans, abattus dans une école juive toulousaine, complètent ce tableau noir. Sur son chemin, Latifa arrive à la cité toulousaine des Izards et se confronte à des jeunes qui encensent l’assassin de son fils, fièrement décrit par ces derniers comme un « héros de l’Islam »..."

Latifa Ibn Ziaten "partage son parcours en témoignant partout en France, auprès de jeunes des quartiers défavorisés et d’anciens détenus. Au-delà de la détresse qui l’assaille, la mère d’Imad évoque également dans ce film son destin personnel : celui d’une femme adoptée par la République française. Elle se souvient de son arrivée en France en 1977 à l’âge de 17 ans et de l’accueil chaleureux qu’elle a reçu à l’époque : « Un centre social m’a appris à écrire, remplir un chèque, faire des décorations de Noël… Mes voisins m’ont appris à faire du vélo, prendre le bus, aller à la piscine… Mais que sont devenus ces Français aujourd’hui ? » Le documentaire fait également découvrir Ahmed, Hatim et Ikram, respectivement le père, le frère et la sœur d’Imad, restés plus soudés que jamais".

"J'ai travaillé 24 ans. J'ai été cuisinière [dans un établissement scolaire]", se souvient Latifa ibn Ziaten. Son mari assure la gestion administrative de l'association portant le nom de leur fils assassiné.

Elle a témoigné "devant 9000 élèves" et de jeunes adultes. Elle les invite à faire des choix, des concessions en tant que musulmans vivant en France. Elle souligne son implication auprès de ses enfants pour qu'ils réussissent leur vie : "Les portes sont ouvertes. Il ne faut pas les fermer". Leurs enfants représentent la "beurgeoisie".

Le couple ibn Ziaten a recueilli chez lui Thibaut, alors SDF.

Le documentaire est dépourvu de tout esprit critique.

Latifa, une femme dans la Républiquede Jarmila Buzkova
Produit par Juliette Guigon et Patrick Winocour, Quark Productions, France Televisions
Musique originale de Bruno Alexiu
Sur France 2 le 7 mars 2017 à 23 h 05

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Publié le 19 juin 2015 puis les 21 novembre 2015, 1er juillet et 14 juillet 2016, cet article a été mis à jour le 7 mars 2017.

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