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lundi 30 avril 2018

La Mer Morte


La mer Morte est un lac salé, alimenté par le Jourdain et partagé entre l'Etat d'Israël, la Jordanie et l'Autorité palestinienne. Sa surface est d'environ 810 km². Malgré sa forte salinité, des organismes de taille infinitésimale parviennent à y vivre. En 2011, on a découvert des sources d'eau douce dans le fond de la mer Morte. Le 1er mai 2018, France 5 rediffusera Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. Dix adolescents israéliens ont été tués lors d'une crue près de la mer Morte, dans le désert du Néguev.

La Mer Morte
Qumrân, le secret des manuscrits de la mer Morte

À 422 mètres au-dessous du niveau de la mer, la mer Morte  - dénommée par la Torah « Mer de sel » ou « mer de la plaine » - est l’une des merveilles du monde, et attire des touristes aimant s’y faire photographier y flottant.

Elle est liée aussi aux manuscrits de Qumrân.

Différent du lac d’eau douce de Tibériade - « lac de Kinneret », mer de Galilée ou lac de Genézareth - au nord d’Israël et à plus de 200 mètres au-dessous du niveau de la mer, la Mer Morte est un lac de 810 km² et sept à dix fois plus salé que l’eau d’océans (2-4%). 

Avec une salinité moyenne de 22 à 25%, les eaux de la mer Morte, en Israël, n'abritent aucun poisson, et seuls y vivent quelques organismes microscopiques (plancton, bactéries). En 2011, des scientifiques de l’université Ben-Gourion du Néguev ont découvert  des sources d’eau douce emplies de micro-organismes, dans les profondeurs de cette mer.

Mais les vertus médicinales et minérales de ses eaux sont connues - soins en cas de psoriasis, rhumatismes, maladies pulmonaires -, et utilisées pour des soins de balnéothérapie ou de dermatologie. L’une des plus célèbres marques de produits de beauté à base de sels et boues de la Mer Morte et en vantant les bienfaits est AHAVA, cible de campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions).

Problème : le niveau de la mer Morte décroit d’un mètre de profondeur par an. « Depuis les années 1960, le plan d'eau le plus salé au monde a perdu un tiers de sa surface  ». La « mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l'eau au Proche-Orient ». 

« D’ici à trente ans, si rien n’est fait, il ne restera plus qu’un étang. Car au Proche-Orient, le manque d’eau est une source supplémentaire de conflit, et c’est la loi du plus fort qui triomphe ». Poncif éculé… Quid des tensions entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie autour du Nil  ou entre la Turquie, la Syrie et l’Irak à propos du Tigre et de l’Euphrate? 

Cette « mort annoncée de la mer Morte a des causes bien humaines : les usines chimiques jordaniennes et israéliennes qui retraitent ses sels minéraux accélèrent son exploitation, tandis que le Jourdain, qui la nourrissait en eau douce, n’est plus qu’un ruisseau nauséabond. Son cours est diverti par tous les pays voisins pour les besoins de l’agriculture ».

Un projet pharaonique controversé
Pourtant « des solutions existent, mais il faudrait que » les Jordaniens, les Israéliens et les Arabes palestiniens, « s’accordent pour les mettre en œuvre. La construction d’un canal », pompeusement appelé « canal de la paix », s’étirant sur 180 km, « relié à la mer Rouge, permettrait ainsi d’alimenter des usines électriques assez puissantes pour dessaler l’eau de mer, fournir toute la région en eau potable et redonner vie à la mer Morte. Elle redeviendrait alors source de bienfaits pour toute la région ». Le coût de ce projet  pharaonique ? Trois à quatre milliards de dollars. Un accord a été signé le 9 décembre 2013 entre l’Etat d’Israëk, la Jordanie et l’Autorité palestinienne pour « sauver » la Mer Morte par un canal et une usine de dessalement, pour un coût de 250-400 millions de dollars.

A noter que Theodor Herzl avait songé en 1902 à un tel canal, mais qui relierait la Mer Morte à la Méditerranée.

D’une part, ce projet de « canal de la paix » ambitieux s’inscrit dans la vision du « Marché commun proche-oriental » de Shimon Peres convaincu, à tort, que l’avènement de la paix est conditionné à un tissu dense de relations économiques denses relie ce monde à cet Etat. Or, le monde musulman refuse l’Etat Juif pour des raisons religieuses. 

D’autre part, « l’ONG Friends of the Earth Middle East (FoEME) et d'autres associations écologistes ont appelé  les trois gouvernements à rejeter ce projet, soulignant ses risques pour l'environnement. Selon elles, le fait d'y déverser une trop grande quantité d'eau de la mer Rouge pourrait radicalement modifier la composition chimique unique de la mer Morte, formant des cristaux de gypse et introduisant des éclosions d'algues rouges. De plus, les nappes phréatiques de la vallée de l’Arava, dans le sud-est d'Israël, pourraient être contaminées en cas de fuite des conduites transportant l'eau salée ».

Enfin, cette période d’assèchement n’est pas la première dans l’histoire de la Mer Morte, déjà asséchée voici 120 000 ans, et s’inscrirait dans une histoire cyclique.

Sigalit Landau
L'artiste israélienne Sigalit Landau « est très engagée sur le thème de l’eau et particulièrement de la mer Morte ».

L'une de ses œuvres est une robe noire - "une réplique de la robe hassidique traditionnelle portée par le personnage Leah dans la pièce de théâtre yiddish « Le Dibbouk » - plongée dans la mer Morte, et qui au terme de deux mois, se transforme, sous l'érosion du sel, en vêtement blanc, brillant. 

Sigalit Landau a photographié cette robe à diverses étapes de cette métamorphose. 

Les "eaux riches en sel de mer ont cristallisé la robe, transformant un « symbole associé à la mort et à la folie en une robe de mariage qu’elle était toujours été destinée à être », a déclaré cette artiste lors de l'exposition en 2016 des photographies au musée contemporain Marlborough à Londres.

Partialité
Arte diffusa « Que vive la mer Morte !  », documentaire biaisé de German Gutierrez - « Comment la mer Morte agonise, victime de la féroce compétition pour l’eau au Proche-Orient, et comment la coopération régionale pourrait la faire renaître » -, et, dans le cadre de la série Voyage au bout du monde, France 2 diffusa un autre documentaire partial sur la mer Morte, vue essentiellement du point de vue jordanien. Comme si cette mer ne jouxtait pas aussi l’Etat d’Israël et n’était pas liée à l’histoire du peuple Juif… 

On regrette la partialité de ces deux documentaires. « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez, filme complaisamment un Arabe palestinien se plaindre du "refus" d'Israël de lui donner de l'eau, stigmatiser l'"occupation israélienne", voler de l'eau, etc. Or, l'Autorité palestinienne est responsable des problèmes d'eau de sa population : gabegies, détournements des fonds, absence d'entretien des installations, non-respect de leurs engagements, etc.

Curieusement, le numéro de la série Voyage au bout du monde consacrée à la mer Morte présente d’emblée celle-ci en la localisant par rapport à Amman. Et le reste est à l’avenant, mais avec de belles images. Pourtant les liens de ce lac salé avec l’histoire du peuple Juif sont nombreux : manuscrits (rouleaux de cuir en hébreu) découverts en 1947, peu avant la recréation de l’Etat d’Israël, par deux Bédouins dans une grotte de Qumrân, près de la mer Morte, Massada, cité antique surplombant la mer Morte et ayant abrité les Sicaires qui, assiégés par les légions romaines au 1er siècle, décidèrent en 73 de se donner la mort, etc.   
            
Le 1er mai 2018, France 5 rediffusera Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie. "En 1952, une équipe d'archéologues découvre un rouleau de cuivre dans une grotte située à Qumrân, près de la mer Morte. Sur la fine plaque de métal, les textes manuscrits ne sont pas porteurs d'un message biblique, mais décrivent l'emplacement d'une soixantaine de sites renfermant des trésors. Qui a rédigé cette carte et à qui appartiennent ces richesses ? Pourquoi ont-elles été cachées et restent-elles à découvrir ? Enquête entre Israël, Jordanie, Egypte et Rome pour éclaircir ce mystère." 

 « Que vive la mer Morte !  », documentaire de German Gutierrez
ARTE France, Alegria Productions, Intuitive Pictures, Radio-Canada, 2011, 77 minutes
Diffusion sur Arte le 22 octobre 2014 à 0 h 25

25 minutes
Diffusion sur France 2 le 22 octobre 2014 à 04:05

Les trésors cachés de la mer Morte, de Tom Fowlie
Sur France 5, le 7 septembre 2016, le 1er mai 2018 à 21 h 40

Visuels : © Alegria-Intuitive

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Les citations sur les émissions sont extraites de communiqués des diffuseurs. Cet article a été publié le 21 octobre 2014, puis le 6 septembre 2016

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