Citations

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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 4 juin 2019

Rue des Rosiers. Le Marais juif, 1974-1975. Photographies d’Alécio de Andrade

Le MAHJ a présenté l’exposition "Rue des Rosiers. Le Marais juif, 1974-1975. Photographies d’Alécio de Andrade". Le regard tendre, et en noir et blanc, du photographe brésilien Alécio de Andrade  (1938-2003), dans les années 1970, sur un quartier Juif niché dans le Pletzl, le Marais Juif, centre historique de Paris. "À la riche période médiévale succède une interruption après l’expulsion de 1394. Les Juifs ne seront véritablement de retour à Paris qu’au XVIIIe siècle, et leur présence s’épanouira aux XIXe et XXe siècles, avec, en contrepoint, les années noires : 1940-1944.  Un tableau d’ombre et de lumière". Une Cour de justice de Jordanie a refusé l'extradition d'un suspect dans l'attentat de 1982 contre le restaurant Goldenberg, rue des Rosiers. 



Le photographe Alécio de Andrade  naît en 1938 à Rio de Janeiro (Brésil).

Il y étudie le droit (1957-1959).

Puis il publie de 1960 à 1963 des poèmes dans des suppléments littéraires de journaux brésiliens.

Ce qui lui vaut le Prix de poésie de la « Primeira Semana de Arte Contemporânea da Universidade Católica do Rio de Janeiro » décerné par les poètes Vinicius de Moraes et Cecília Meireles à Rio de Janeiro en 1961.

Dès 1961, Alécio de Andrades’oriente vers la photographie, et sa première exposition personnelle sur l’enfance, à la suite d’une commande du ministère brésilien de l’Education et de la Culture, en 1963 est montrée au Brésil, puis en Europe - Itinerário da Infância - en 1964.


Il obtient alors une bourse de la France pour étudier à Paris à l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), ancêtre de la FEMIS  (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son).

Il se fixe à Paris en 1964 comme photographe professionnel.

De 1965 à 2002, ce reporter de presse, correspondant à Paris de l’hebdomadaire brésilien Manchete (1966-1973) et membre associé de l’agence Magnum-Photos (1970-1976), effectue de « nombreux reportages photo dans le monde entier ».

Ses photographies sont publiées dans Géo, Le Nouvel Observateur, Elle, Le Figaro Madame, Lui, Marie-Claire, Options, Peuple et Culture, Photo, Réalités ; American Photographer, Fortune, Newsweek (Etats-Unis) ; Nuova Fotografia, Progresso Fotografico (Italie) ; Stern (Allemagne), Fatos e Fotos, Isto É, Jornal do Brasil, Veja (Brésil).

Ce poète, pianiste, ami des écrivains et des musiciens est l’auteur  de Alécio de Andrade - Fotografias, « O Que Alécio Vê », poème de Carlos Drummond de Andrade (1902-1987) (Ministério de Educação e Cultura, Rio de Janeiro, 1979), Paris ou la vocation de l’image, essai de Julio Cortázar (RotoVision, Genève, 1981), Enfances sur un texte de Françoise Dolto (Seuil, 1986) et Le Louvre et ses visiteurs préfacé par Edgar Morin (Le Passage, 2009).


Alécio de Andrade  réalise aussi des portraits d’Albert Brendel pour des couvertures de disques Philips (1986-1993) et de Sviatoslav Richter lors de ses 80 ans pour un coffret de 21 CD, Sviatoslav Richter - The Authorised Recordings (Philips, 1994).

Il décède le 6 août 2003 à Paris.

Un quartier Juif emblématique
La rue des Rosiers parcourt sur 303 m de long et d’Est en Ouest le Marais Juif, plus précisément le quartier Saint-Gervais.

Au Moyen-âge, vers le XIIIe siècle, la rue des Rosiers s’étirait en forme d’équerre : débutant rue du Roi-de-Sicile, elle serpentait dans l’actuelle rue Ferdinand-Duval, puis s’incurvait à 90° vers la rue Vieille-du-Temple. Au XVe siècle, l’actuelle rue Ferdinand Duval est dénommée rue de la Juiverie, puis prend son appellation contemporaine en 1900, lors de l’Affaire Dreyfus.

A Paris, la présence Juive a varié au fil des politiques royales d’accueil, puis d’expulsion des Juifs.

Situé dans les IVe et IIIe arrondissement de Paris,« surnommé autrefois par ses habitants le Pletzl – la « petite place » en yiddish – le quartier Juif du Marais est depuis la fin du XIXe siècle le quartier traditionnel des Juifs d’Europe centrale et orientale » ayant fui les persécutions antisémites des empires austro-hongrois et russe. Une rue animée évoquée dans les chansons Rue des rosiers interprétées par Pia Columbo et Régine.

Quelques jalons : au n°4, se trouvait le « hammam sauna piscine Saint-Paul » construit en 1863 et bénéficiant d’une eau de source ; au n°4 bis, une école privée juive de travail fondée en 1852 et affiliée en 1957 à l’ORT (Organisation Reconstruction Travail ), organisation juive de formation professionnelle.

Les rafles, la déportation et la Shoah dépeuplent ce quartier d’une partie de ses Juifs.

Des faits décrits par les témoignages recueillis par Alain Vincenot dans Les larmes de la rue des Rosiers  et soulignés en 2005, « dans le cadre du 60e anniversaire du retour en France des rescapés juifs et non juifs des camps de la mort nazis », par l’exposition Du refuge au piège : les juifs dans le Marais.

Dans les années 1950 et 1960, affluent dans ce quartier populaire, situé au centre de la capitale, les Juifs contraints de quitter l’Afrique du Nord lors de l'indépendance de pays majoritairement musulmans.

Alécio de Andrade photographie le Marais en 1974 et 1975, avant de s’installer » en 1982 rue des Rosiers.

Des années charnières, avant les transformations urbanistiques, culturelles et sociales ayant transformé ce quartier : inauguration du Centre Beaubourg-Pompidou  en 1977, puis de l’Opéra Bastille en 1989, tous deux reliés par une artère touristique, commerces d’alimentation et célèbre hammam sauna Saint-Paul cédant la place aux boutiques de mode, départ de familles Juives – souvent la deuxième génération - pour des quartiers bourgeois ou des banlieues parisiennes, multiplication des bars et lieux gays, implantation des Bobos, gentrification, mutations  dans les années 2000 de la rue des Rosiers en une rue bourgeoise, et piétonne le dimanche, à l’initiative  de Bertrand Delanoë, alors Maire socialiste de Paris, et Dominique Bertinotti, alors Maire socialiste du IVe arrondissement de Paris, rue des Rosiers envahie par les magasins de vêtements griffés et ceux de falafels, départ pour le XVIe arrondissement de Paris de la célèbre charcuterie cacher Panzer, etc.

Attentat terroriste islamiste palestinien
Ce milieu des années 1970 correspond à la décennie précédant l’attentat  terroriste  antisémite palestinien visant, le 9 août 1982, vers 13 h, le restaurant Chez Jo Goldenberg spécialisé dans la gastronomie Juive surtout ashkénaze, à l’angle de la rue des Rosiers et de la rue Ferdinand Duval (75004 Paris). 

Une grenade avait été lancée dans ce restaurant et "avait explosé au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu. Composé de trois à cinq hommes armés, selon une source proche du dossier, le commando avait ensuite remonté la rue, vidant en direction des passants les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs WZ-63, de fabrication polonaise. Une opération attribuée à un groupe palestinien dissident de l’OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, mort en 2002 dans des circonstances mystérieuses". Bilan : six morts et vingt-deux blessés.

Vingt-deux mois après l’attentat (3 octobre 1980) contre la synagogue parisienne rue Copernic  (75016), quelques jours après le déclenchement de l’opération militaire israélienne Paix en Galilée (Mivtsa Shalom LaGalil) le 6 juin 1982, l’atmosphère est tendue quand le Président de la République, alors François Mitterrand, se rend sur les lieux de cet attentat. Lors d’un rassemblement spontané, il est hué : « François Mitterrand complice », « Journalistes assassins »… Vers 20 h, à la synagogue rue Pavée (75004) près de la rue des Rosiers, le Président arborant un feutre noir assiste avec Gaston Deferre, alors ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, qui porte la kippa, à un office de prières à la mémoire des victimes. Vers 20 h 40, tous deux sortent de la synagogue. Tandis que des manifestants contenus par les policiers scandent : « Mitterrand assassin », « Mitterrand trahison », le Président Mitterrand déclare impavide : « J’ai toujours été et je suis l'ami de la communauté Juive de France, je suis venu m'associer à sa douleur comme je l’ai toujours fait. Aujourd’hui, un nouvel attentat, attentat commis par des lâches vient d’ensanglanter cette communauté. Comme vous le faites vous-même, je m’incline devant les victimes. Je dis que ce fanatisme-là comme tous les fanatismes me trouvera devant lui ». 


En 2011, le juge d’instruction français Marc Trévidic a prouvé que le Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal est responsable de cet attentat.

Cet attentat est représenté par Alexandre Arcady dans son film L’Union sacrée, avec Patrick Bruel et Richard Berry.

Lors de la vente du restaurant transformé en magasin de vêtements, la plaque à la mémoire des victimes de cet attentat avait disparu.

A la demande d’associations, une nouvelle plaque a été fixée par la Mairie de Paris le 29 juin 2011.

Fin février 2015, le juge Marc Trévidic a lancé des mandats d'arrêts internationaux contre Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias « Souhail Othman », 56 ans, Mahmoud Khader Abed Adra, alias « Hicham Harb », 60 ans et Mohamed Souhair al-Abassi, alias Amjad Atta, 64 ans, vivant respectivement en Norvège, à Ramallah et en Jordanie. Ces trois individus sont suspectés d'être les auteurs de l'attentat contre le restaurant Juif de Jo Goldenberg de la rue des Rosiers, qui a fait six morts et 22 blessés le 9 août 1982 au cœur du Marais Juif.  Ils ont "été identifiés après le recueil de nouveaux témoignages dans le cadre de l’information judiciaire qui avait été ouverte à l’époque, aujourd’hui confiée au juge antiterroriste Marc Trévidic".

Le 1er juin 2015, Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abassi, âgé de 62 ans, a été arrêté en Jordanie. Il a été libéré. "Selon des responsables jordaniens, il fait cependant l’objet d’une interdiction de quitter le territoire".

Surnommé « Amjad Atta », cet individu est soupçonné d'être l'un des instigateurs de cet attentat, non revendiqué, mais "attribué par la justice française au groupe palestinien radical Fatah-Conseil révolutionnaire, dit groupe « Abou Nidal ». Un mouvement dissident de l’Organisation de libération de la Palestine à l’origine de plusieurs attentats" terroristes dans les années 1970 et 1980.

Outre Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abassi, "Walid Abdulrahman Abou Zayed, 56 ans, qui vit en Norvège, et Mahmoud Khader Abed Adra, 59 ans, sont visés par des mandats d’arrêt. En mars, Marc Trevidic avait assuré aux avocats des victimes que, « selon toute vraisemblance, il y aurait un procès », et invité toute victime « qui ne se serait pas manifestée à le faire auprès de lui ». Dans cette perspective, le scénario d’une demande d’extradition de Paris pour faire venir « Amjad Atta » sur le territoire français est envisageable. Une éventualité moins évidente pour le cas d’Abou Zayed, de nationalité norvégienne : aucune disposition dans le droit norvégien ne permet de livrer un Norvégien à un pays tiers. En d’autres termes, Oslo n’extrade pas ses citoyens et la Norvège n’aurait pas répondu à ce jour à la demande adressée par la justice française, selon un avocat des victimes cité par l’Agence France-Presse. Après l’annonce de l’arrestation de Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abassi, Me David Père, avocat de l’Association française des victimes de terrorisme (AFVT) et de proches de victimes, s’est félicité d’une « avancée majeure, parce que cela veut dire que quelqu’un sera présent dans le box lors du procès ». « Mais cela souligne l’inaction des deux autres Etats dans lesquels résident les deux autres suspects, l’Autorité palestinienne et la Norvège ».

Le 25 août 2015, RTL a indiqué que le juge anti-terroriste Marc Trévidic a lancé un quatrième mandat d'arrêt international le 4 août 2015. Ce mandat d'arrêt viserait  Nizar Tawfiq Mussa Hamada, "né en Cisjordanie", âgé de 54 ans, et résidant à Amman (Jordanie). Cet individu est accusé d’avoir participé à l’attentat, commis par quatre ou cinq terroristes, avec une grenade et des pistolets-mitrailleurs "WZ-63", tuant six personnes et en blessant vingt-deux, dans et près du restaurant Jo Goldenberg, rue des Rosiers, le 9 août 1982. Il a été arrêté en Jordanie. Membre du groupe terroriste palestinien Abou Nidal", Nizar Tawfiq Mussa Hamada a été reconnu sur photographie.

De 1980 à 1983, il vivait en Espagne, et fournissait en particulier les armes pour les "opérations spéciales" de l'organisation terroriste. Il "serait également impliqué dans l’assassinat d'Issam Sartaoui, numéro deux de l’OLP, à Lisbonne (Portugal), en avril 1983, ainsi que dans une tentative d’attentat à l’hôtel Intercontinental d’Amman, en Jordanie". En 1984, son "rôle dans une tentative d'attentat sur l'hôtel Intercontinental d'Amman, en Jordanie, lui aurait valu de passer plusieurs années en prison. "Marié depuis quinze ans, Hamada aurait travaillé au sein du programme des Nations unies pour le développement. C'est, en tout cas, ce qu'il indique sur sa page Facebook, nizal.hamada.9".

Dans le  cadre de l'instruction menée sur cet attentat, trois autres individus sont visés par des mandats d'arrêt internationaux. "Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abass, alias Amjad Atta, suspecté d'être le cerveau de l'opération, a été arrêté en Jordanie en juin 2015. Une procédure d'extradition, réclamée par la France, est en cours. Walid Abdulrahman Abou Zayed, qui vit en Norvège, et Mahmoud Khader Adra, en Cisjordanie, sont eux toujours libres".

La Jordanie n'a pas réagi à ce quatrième mandat d’arrêt international. Extradera-t-elle ce suspect si la France lance la procédure idoine ?

L’extradition "du cerveau présumé de l’attentat, Souhair Mouhamed Hassan Khalid Al-Abassi, alias « Amjad Atta », demandée au début de juin par la France à la Jordanie, s’avère déjà incertaine. « D’habitude, la Jordanie ne remet pas ses citoyens aux pays qui demandent leur extradition, même s’il existe un accord. Dans ce cas, ils sont jugés dans les tribunaux jordaniens spécialisés », a ainsi déclaré à l’AFP une source proche du dossier... L’homme de 62 ans, d’origine palestinienne, a comparu au début de juin, sans avocat, devant un juge spécialiste des affaires d’extradition, qui a décidé de confisquer son passeport et a ordonné sa libération sous caution, en attendant d’examiner la demande d’extradition. Il avait été interpellé à Zarqa, localité proche de la capitale jordanienne, qui abrite un des plus importants camps de réfugiés palestiniens en Jordanie, selon des sources au sein des services de sécurité, et qui est la ville d’origine du défunt chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al- Zarqaoui".

Le 9 septembre 2015, interviewé par le chroniqueur judiciaire Clément Weill-Raynal pour France Télévisions, Nizar Tawfiq Mussa Hamada a exprimé sa fierté d'avoir été membre du groupe Abou Nidal, et a nié toute implication dans l'attentat de la rue des Rosiers. Il a refusé de répondre à la justice française, mais a accepté de répondre à la justice jordanienne.

Le 10 février 2016, la justice jordanienne a annoncé qu'elle rejetait l'extradition de deux suspects : Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias « Amjad Atta » et Nizar Tawfiq Mussa Hamada. "Instigateur présumé de l'attaque. Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias « Amjad Atta » ne rejoindra donc pas la France pour être jugé, puisqu'un accord entre la France et la Jordanie n'était pas entré en vigueur au moment de la comparution du suspect devant la justice jordanienne. Ce Jordanien d'origine palestinienne, a été arrêté le 1er juin dernier en Jordanie puis libéré sous caution. Identifié en février 2015, il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international. La Jordanie ne remettra pas non plus un deuxième suspect recherché par la justice française, Nizar Tawfiq Mussa Hamada, en raison du dépassement du délai de prescription pour les faits qui lui sont reprochés".

"Selon des responsables jordaniens, il fait cependant l’objet d’une interdiction de quitter le territoire". Le 11 février 2016, le  procureur général d'Amman (Jordanie) a annoncé avoir interjeté appel des rejets de l'extradition de ces deux suspects vers la France. Dans une déclaration à l'agence officielle Petra, le procureur général, Zyad al-Dhoumour, a indiqué que ces décisions rendues par une juridiction de "premier degré" n'étaient "pas définitives". Un recours en appel puis en cassation est possible, a ajouté le juge al-Dhoumour, précisant avoir déjà contesté les deux décisions devant la Cour d'appel d'Amman. La justice française avait émis en 2015 quatre mandats d'arrêts internationaux contre des membres présumés du commando. La Jordanie n'accepte que très rarement d'extrader ses citoyens vers d'autres pays. La justice française recherche deux autres membres présumés du commando, Mahmoud Khader Abed Adra, alias "Hicham Harb", 59 ans, qui vit aujourd'hui en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël et Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias "Souhail Othman", 56 ans, qui vit en Norvège.



Le 9 août 2018, à 13 h, l’Association française des victimes du terrorisme (AfVT) a co-organisé une "cérémonie de recueillement en mémoire des victimes de cet attentat. Jacqueline Niego, 79 ans, sœur d’André Hezkia Niego, assassiné dans l’attentat, a lancé un vibrant appel au président Macron" :
"André,
Toi, André, mon frère que j’adorais,
Toi, André, mon modèle, toujours présent à mes côtés dès l’orphelinat où nous étions retenus par les autorités françaises, pendant que notre mère était  internée dans un camp , tu me donnais à manger en bouche alors que je refusais de me nourrir, j’avais à peine 3 ans , ma sœur Arlette 6 et Toi André 9 .
Toi, André, présent encore, lorsque, plus tard, tu m’as sauvé de la dépression et de la maladie, et que, juste au son de ma voix, tu devinais que j’allais mal et que tu venais me chercher pour passer un moment de réconfort à tes côtés,
Toi, André, malheureusement présent en ce jour funeste du 9 août 1982, dans le restaurant de notre cousin Jo GOLDENBERG, et alors que tu étais au téléphone, tu es tombé sous les balles et tu as été achevé sur le sol,
Toi, mon André, rescapé de la barbarie nazie et de la collaboration française, tu as été assassiné par la barbarie terroriste et antisémite,
Toi, mon cher André, que je n’ai pas pu ni toucher ni embrasser une dernière fois, et dont la seule vision que je garde est celle d’un corps livide au travers d’une vitre de l’Institut médico-légal de Paris,
Toi, mon frère aimé, que nous avons dû faire revivre, ma sœur et moi, pendant plusieurs années pour cacher la vérité de ta mort tragique à notre mère cardiaque, sur le conseil de son cardiologue, en ayant recours à un ami qui avait une voix proche de la tienne et qui lui donnait des nouvelles en se faisant passer pour toi.
36 ans viennent de s’écouler et tu es toujours là, présent dans mon esprit et dans mon cœur et je te pleure toujours.
36 ans que ces assassins vivent paisiblement leurs vies au milieu de leurs familles,
36 ans que les familles des 6 victimes tuées et des 22 victimes lourdement blessées attendent que justice soit faite,
J’en appelle au Président de la République, au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, au Ministre des affaires étrangères, au Procureur général de Paris, aux magistrats du pôle anti-terroriste, au Président du CRIF, au Président de l’Association Française des Victimes du Terrorisme, et à toute personne ou institution concernées par cette tragédie, pour que le travail du Juge TREVIDIC soit poursuivi, pour que les mandats d’arrêts internationaux émis par la Justice française soient exécutés, et que les assassins soient jugés et condamnés.
Je tiens à remercier tout particulièrement Monsieur Yohann TAIEB pour le soutien qu’il m’apporte dans cette douloureuse épreuve.
Je vous remercie toutes et tous de votre présence à cette commémoration et de votre soutien à toutes les victimes de ce lâche attentat du 9 août 1982".
Le 9 août 2018, à l'appel notamment du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), a eu lieu un rassemblement pour  commémorer l'attentat rue des Rosiers, pour "rendre hommage aux victimes de l’Attentat commis rue des Rosiers par des terroristes palestiniens". Le BNVCA a rappelé "que son Président Sammy Ghozlan, alors en mission exceptionnelle nommé par le Premier Ministre, Pierre Mauroy, était au cœur de cette affaire. Nous déplorons que les auteurs de ce massacre, qui avait fait 6 morts et 22 blessés à Paris, le 9 août 1982, n’ont jamais été arrêtés et que l’un d’entre eux identifié est encore en liberté".

"Aucun des quatre suspects ne se trouve derrière les barreaux. Mais les juges d'instruction bataillent ferme pour obtenir leur extradition. En Jordanie, où la Cour de cassation doit encore se prononcer; la procédure lancée par la France est appuyée par le parquet général du Royaume. En Norvège, Walid Abou Zayed pourrait être déchu de sa nationalité s'il était avéré que l'homme a obtenu son passeport norvégien sous une identité d'emprunt, comme le soutiennent les juges français. Le chef du commando, Abed Adra profite, lui, d'un "trou noir" juridique: l'Autorité palestinienne n'étant pas un Etat à part entière, impossible de solliciter l'extradition de l'un de ses ressortissants." (L'Express, 8 septembre 2018)

"Si les suspects ne sont pas exfiltrés, les magistrats instructeurs devront faire un choix. Soit adresser à la Jordanie et à la Norvège des dénonciations officielles afin que ces deux pays les jugent eux-mêmes. Soit obtenir l'autorisation de les faire entendre sur place par des enquêteurs français, préambule indispensable à un éventuel procès en leur absence à Paris. Les avocats s'impatientent. "Les ministères de la Justice et des Affaires étrangères doivent tout mettre en oeuvre pour faire juger les suspects dans un délai raisonnable, car les victimes attendent ce moment depuis trente-six ans", souligne Me Avi Bitton, qui représente plusieurs parties civiles."

"Les juges français qui ont succédé à Marc Trévidic depuis le départ de ce dernier n'ont pas dit leur dernier mot. La preuve : ils ont plusieurs commissions rogatoires internationales au feu. Le restaurant Goldenberg a depuis été remplacé par une boutique de vêtements. Mais l'enquête entamée en 1982 continue."

Le 19 novembre 2018, le député Meyer Habib a dénoncé un "scandale d'Etat" sur son compte Facebook dans le post "ATTENTAT DE LA RUE DES ROSIERS (SUITE) – DST : LA FRANCE A NEGOCIE AVEC LE GROUPE ABOU NIDAL - NOUVELLES REVELATIONS" :
"Le 13 novembre dernier, dans le documentaire « Histoire secrète de l’anti-terrorisme », de Patrick Rotman et Vincent Nouzille, diffusé sur France 2, l’ancien directeur de la surveillance du territoire (DST) Yves Bonnet révèle que la France a négocié avec le groupe Abou Nidal, responsable de l’attentat de la rue des rosiers et lui a donné carte blanche pour qu’il évolue librement sur son territoire contre l’assurance qu’il ne frapperait plus le pays.Les ordres auraient émané directement du sommet de l’Etat, actant au plus haut niveau cette compromission avec le groupe terroriste. Nous sommes bien face à un scandale d’Etat. Ceci explique peut-être cela : plus de 36 ans après les faits, les terroristes coulent toujours des jours heureux !Cela fait près de trois ans que je m’implique sur ce dossier pour que justice soit enfin rendue aux victimes et leurs familles. Pour rappel : cet attentat antisémite fît 6 morts et 22 blessés.Les quatre terroristes présumés ont été identifiés en 2015 par le juge anti-terroriste Marc Trévidic. Deux vivent en Jordanie, un dans les Territoires palestiniens, le dernier en Norvège.Le 1er juin dernier, j’étais reçu à l’Elysée avec le journaliste Yohann Taïeb, porte-parole de familles de victimes, par la cellule diplomatique. Le 17 juillet dernier encore, j’interrogeais en Commission des Affaires étrangères le Ministre Jean-Yves Le Drian sur ce scandale.Ci-joint le lien vers la vidéo de ma question : https://youtu.be/rTdddPZSJZsJusqu’à présent, il y a eu des paroles mais très peu d’actes et le scandale persiste.A titre de comparaison : tous les terroristes des JO de Munich 1972 ont été éliminés un à un par le Mossad, parfois trente ans après.Ces terroristes qui massacrent des Français et détruisent des vies doivent payer un prix ! C’est le b.a.ba de la justice.Ne rien faire est une capitulation face au terrorisme, une insupportable trahison morale."

Le 28 mai 2019, Me Mazan al-Tawil, avocat de Nizar Tawfiq Mussa Hamada, a déclaré que la Cour de cassation jordanienne avait rejeté la demande d'extradition vers la France de son client : "La Cour de cassation a catégoriquement refusé de faire appel de la décision de rejeter l'extradition de mon client vers la France. Le tribunal de première instance d'Amman avait décidé en février 2016 de ne pas l'extrader, car les conditions d'extradition n'étaient pas réunies et l'affaire, remontant à 30 ans, dépassait le délai de prescription de 20 ans". 

"Ce Jordanien, d'origine palestinienne et aujourd'hui âgé de 57 ans, est soupçonné d'avoir fait partie du commando qui a perpétré l'attentat dans le quartier juif historique de la capitale française, le 9 août 1982."

"L'attentat avait été attribué à un groupe palestinien dissident de l'OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, décédé en 2002 dans des circonstances mystérieuses. Les suspects, identifiés grâce à des témoignages anonymes, sont soupçonnés d'avoir appartenu au groupe.

Un accord d’extradition entre Amman et Paris est entré en vigueur en août 2015. La Jordanie n'accepte que très rarement d'extrader ses citoyens."

La "justice jordanienne avait également rejeté en octobre 2015 l'extradition de Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias Amjad Atta, présenté comme le cerveau de l'attentat".


Le 8 août 2019, Le Parisien a révélé la déclaration d'Yves Bonnet, ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), le 30 janvier 2019 à un juge d'instruction chargé de ce dossier. Yves Bonnet lui a affirmé : « On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : "Je ne veux plus d'attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu'il ne vous arrivera rien. » Pour la première fois, l'ancien maître espion reconnaît devant la justice l'existence d'un accord secret entre la France et Abou Nidal, un groupe terroriste potentiellement responsable de la tuerie. Un pacte oral ignoré des nombreux enquêteurs et magistrats qui se sont succédé durant trois décennies sur ce dossier insoluble. Sur procès-verbal, Yves Bonnet confirme un « engagement donné aux représentants d'Abou Nidal de ne pas être poursuivis en France ».

Et le quotidien de préciser : "Très tôt dans l'enquête, la responsabilité du groupe Abou Nidal est évoquée. Les balles retrouvées sur place sont issues de modèles Maszynowy wz. 63, une signature de l'organisation extrémiste.... Malgré ces fortes suspicions, l'ancien patron de la DST accepte d'organiser une rencontre clandestine avec le groupe Abou Nidal peu après l'attentat. « Ce sont mes collaborateurs qui les ont vus à l'époque, détaille Yves Bonnet devant le juge. Je ne vais pas les dénoncer. C'est moi qui prends la responsabilité de l'accord. » Le haut fonctionnaire retraité ne détaille pas l'identité des terroristes vus par ses collaborateurs mais, selon lui, il ne s'agissait pas des tueurs de la rue des Rosiers, mais de leurs « comparses ». Le pacte est scellé : les membres d'Abou Nidal réfugiés à l'étranger sont autorisés à « venir en France, sans risque » d'être poursuivis ; en contrepartie, ils s'engagent « à ne se livrer à aucune action violente ». La DST aurait même permis à deux terroristes de l'organisation de rendre visite en prison, en France, aux deux auteurs du meurtre d'un représentant de l'Organisation de libération de la Palestine à Paris. « Et ça a marché, il n'y a plus eu d'attentats à partir de fin 83, en 84 et jusqu'à fin 1985 », se satisfait Yves Bonnet en audition, qui réfute le terme de « collaboration » et préfère celui de « non-agression ». « Après qu'ils commettent des attentats en Italie, par exemple, ça ne me regardait pas tant qu'il n'y avait rien sur le sol français. »

Le Parisien interroge : "Quel crédit accorder à cette confession tardive, 37 ans après ? Contacté par Le Parisien, Yves Bonnet assume ce pacte, destiné selon lui à « assurer la sécurité des Français ». Pour tenter de se forger une opinion, le magistrat instructeur a également convoqué, les 6 et 14 février derniers, Jean-François Clair et Louis Caprioli, deux ex-responsables de la lutte antiterroriste à la DST. Mais tous deux se sont réfugiés derrière « le secret-défense » concernant l'accord. « Je ne nie pas qu'il y a eu des contacts [avec Abou Nidal], ce serait mentir », s'est contenté de déclarer le premier. La présidence de la République était-elle au courant de cet accord secret ? Yves Bonnet affirme qu'il « disait tout » à Gilles Menage, alors directeur de cabinet de François Mitterrand, mais qu'officiellement « l'Elysée ne savait rien »…

Et le quotidien de préciser : "Les victimes, elles, se disent choquées que la France ait pu négocier avec les responsables de l'attentat de la rue des Rosiers. « Si un tel accord occulte a été passé, cela devient une affaire d'Etat, estime Me Avi Bitton, avocat de parties civiles. Il faut qu'une enquête parlementaire soit créée et pas uniquement sur le dossier de la rue des Rosiers. De tels pactes ont-ils été noués avec d'autres organisations ? C'est possible lorsqu'on voit les agissements de l'entreprise Lafarge en Syrie … » « C'est une honte, tonne aussi Yohann Taieb, proche d'une victime. Imagine-t-on les services secrets négocier aujourd'hui avec Daech ? »

Et Le Parisien de conclure : "En parallèle, l'enquête a depuis permis d'identifier quatre ex-membres d'Abou Nidal réfugiés en Jordanie, dans les territoires palestiniens et en Norvège. Ils sont visés par des mandats d'arrêts internationaux, mais la justice française ne parvient pas à obtenir leur extradition . « Mes clients ne veulent qu'une chose : un procès, rappelle Me Romain Boulet, avocat de parties civiles. Le dossier ne peut désormais évoluer que par la voie diplomatique. »

Le 10 août 2019, le député Meyer Habib a publié un communiqué sur son compte Facebook :
"SCANDALE D'ÉTAT? - ATTENTAT DE LA RUE DES ROSIERS : 37 ANS APRES LES TERRORISTES IDENTIFIÉS MAIS LIBRES - L'ANCIEN DST YVES BONNET RÉVÈLE UN PACTE SECRET AVEC LES TERRORISTES - JE DEMANDE UNE COMMISSION D'ENQUÊTE PARLEMENTAIRE
Hier, on commémorait dans l'amertume les 37 ans de l'attentat antisémite de la rue des rosiers.
Actuellement en circonscription, je n'ai pu hélas participer à la cérémonie organisée sur les lieux par l'association française des victimes du terrorisme (AfVT).
Le 9 août 1982, un commando palestinien faisait 6 morts et 22 blessés en plein quartier juif de la capitale, frappant à la grenade et au pistolet automatique le restaurant Jo Goldenberg, jadis institution de la Yiddishkeit parisienne.
Longtemps, l'enquête n'aboutit pas.
Il fallut toute la détermination et le travail remarquable du juge anti-terroriste Marc Trévidic pour identifier en 2015 les quatre terroristes présumés. Deux vivent en Jordanie, un dans les Territoires palestiniens, le dernier en Norvège.
Malgré les demandes d'extradition, les assassins continuent de couler des jours heureux!!
Cela fait plus de trois ans que je m’implique sur ce dossier pour que justice soit enfin rendue aux victimes et leurs familles.
Question écrite en 2016, lettre au président de la république en mars 2017... En juin 2018, j’ai été reçu à l’Elysée par la cellule diplomatique avec le journaliste Yohann Taïeb, porte-parole de la famille Niego, dont je tiens à saluer l'engagement et le travail remarquable.
Le 7 mars 2018 - enfin! - le Président de la République Emmanuel Macron a évoqué le dossier lors de son allocution au dîner annuel du CRIF. Il a promis des démarches concrètes.
Sachant qu'Hicham Harb, chef présumé du commando terroriste, vit paisiblement près de Ramallah, j'ai même décidé d'évoquer l'affaire directement avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Immédiatement, il s'est dit prêt à aider la France et l'appréhender si, évidemment, notre pays en faisait la demande.
Le 17 juillet 2018, j’ai interrogé en Commission des Affaires étrangères le Ministre Jean-Yves Le Drian sur ce scandale et fait part des dispositions des Israéliens.
Ci-joint le lien vers la vidéo de ma question : https://youtu.be/rTdddPZSJZsJusqu’à présent, il y a eu des paroles mais très peu d’actes et le scandale persiste. C'est moralement insupportable.
Puis vint cette incroyable révélation d'un pacte secret le 13 novembre dernier dans le documentaire « Histoire secrète de l’anti-terrorisme », de Patrick Rotman et Vincent Nouzille, diffusé sur France 2!
L'ancien directeur de la surveillance du territoire (DST) Yves Bonnet dévoile qu'au lendemain de l'attentat, la France aurait négocié un accord oral secret avec le groupe Abou Nidal, responsable de l’attentat, et lui a donné carte blanche pour qu’il évolue librement sur son territoire contre l’assurance qu’il ne frapperait plus le pays.
Les ordres auraient émané directement du sommet de l’Etat, actant au plus haut niveau cette compromission avec le groupe terroriste.
Entendu par la justice le 30 janvier dernier, l'ancien DST a confirmé et assumé.
Il semble bien que nous soyons face à un scandale d’Etat.
Comment notre pays, la France, avec son histoire et ses valeurs, peut-il se fourvoyer avec les organisations terroristes les plus barbares au mépris de la justice la plus élémentaire?
Comment un Etat qui se respecte et qui a tant souffert dans sa chair du terrorisme avec plus de 260 morts depuis 2015, peut-il tolérer que les assassins de ses propres ressortissants coulent des jours heureux dans la paix et la sérénité?
Surtout, comment les familles des victimes ou les rescapés peuvent-ils faire leur deuil tant que persiste pareille injustice ?! C'est insoutenable !
Les terroristes qui massacrent des Français et détruisent des vies doivent payer un prix ! C’est le b.a.ba de la justice et de la morale.
Un terroriste qui tue des Français doit être neutralisé coûte que coûte, mort ou vif.
Par comparaison, les terroristes palestiniens des JO de Munich 1972 ont été liquidés un à un par le Mossad, parfois trente ans après.
Il aura fallu moins de 48 heures au shabak, les services de sécurité intérieurs israéliens, pour appréhender les assassins du jeune Dvir Sorek, 19 ans, poignardé jeudi parce que juif en Judée. Le premier ministre Nétanyahou l'avait immédiatement annoncé : que ce soit à court ou moyen terme, les auteurs seront arrêtés, jugés ou exécutés. C'est chose faite.
Je demande que la France mette tout en œuvre pour obtenir l'extradition des quatre terroristes de la rue des rosiers!
Je demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que le secret défense soit levé afin que la représentation nationale sache quels accords secrets ont pu être passés avec des organisations terroristes!
Avec d'autres députés indignés par cette affaire, je compte demander à la rentrée la constitution d'une commission d'enquête."
Le 10 août 2019, Yves Bonnet a accordé une interview au journal Paris Normandie. "Yves Bonnet vit aujourd’hui dans le Pays de Caux. Ancien patron des services secrets, il est directement mis en cause pour avoir négocié un prétendu accord avec les hommes d’Abou Nidal". Il a nié avoir tenu les propos relatés par Le Parisien : "Je n’ai pas lu l’article, je ne lis pas ce genre de presse ! La question à se poser c’est ”qui a violé le secret de l’instruction ?”. » [Nota bene : samedi 10 août 2019, les journalistes du « Parisien » ont contacté la rédaction de « Paris-Normandie » pour confirmer avoir eu Yves Bonnet au téléphone le mardi 6 août 2019, pendant 9 minutes et 23 secondes, avant la publication de leur enquête et ce pour respecter le contradictoire.]

Et Yves Bonnet a ajouté : « Je démens avoir été contacté par le journal. Les seuls qui m’ont contacté sont une chaîne de télévision. Et vous. Et, comme vous le constatez, je suis facilement joignable ! Je n’ai jamais rencontré Abou Nidal ni ses affiliés. D’ailleurs, personne dans mon équipe ne l’a rencontré. Et il n’y a pas eu de pacte. C’était moi le patron. Que des arrangements interviennent sur certains sujets, oui, ça peut arriver. On négocie bien avec des preneurs d’otages... Cette visite en prison, c’est vrai. J’ai fait en sorte que deux membres de l’organisation puissent venir en France et se rendre à la prison de Muret [Haute-Garonne, NDLR] pour visiter deux prisonniers en échange de l’assurance de n’avoir aucun attentat en France. Mais, à part ça, il n’y a pas eu de rencontre avec le groupe terroriste après l’attentat des Rosiers.

Pourquoi Le Parisien a-t-il publié cet article ? « Mais pour pouvoir attaquer l’État et que les familles des victimes puissent réclamer des indemnités. Ce n’est pas joli-joli de la part des avocats et de vos confrères » répond Yves Bonnet qui précise avoir été entendu par un juge d’instruction « fin janvier-début février. Mais c’est un comble qu’ils aient le procès-verbal d’audition alors que même moi je n’ai pas de copie de mes déclarations. Très courtoisement, j’ai essayé d’expliquer au juge que j’étais directeur d’un service de sécurité – selon la terminologie anglophone – et qu’assurer la sécurité, cela passe par la non-commission d’attentat sur le territoire et que si cela passait par autoriser deux types à en visiter d’autres en prison, j’étais d’accord. Mais jamais il n’y a eu autre chose. Tout ce que mes collaborateurs ont fait, ma règle première, ça a toujours été de le couvrir. Même lorsqu’il fallait réaliser des choses illégales – ouvrir des courriers, des écoutes téléphoniques... pour ne citer que le plus “simple” – je les ai couverts et je les couvre. Mais personne n’a vu Abou Nidal. Personne. Il y a eu des contacts pris avec des gens de son équipe. Mais les gens aujourd’hui sont morts. Je ne vais pas aller charger Philippe Rondot [ancien de la DST, puis de la DGSE, NDLR], d’autant que l’on oublie souvent qu’il a aussi permis d’arrêter le terroriste Carlos ! »

Sur le documentaire diffusé sur France 2 en 2018 – « Histoire secrète de l’antiterrorisme » – "vous étiez sur une autre ligne, disant qu’il y avait eu un accord « non-écrit », poursuit Paris Normandie« Mais, ce ne sont pas les accords d’Oslo ! Le message a été passé que, oui, ils pouvaient venir en France pour cette visite à la prison de Muret. Je trouve que le prix à payer n’était pas très cher pour faire en sorte que notre pays soit en sécurité, ce qui a toujours été notre priorité. Et, n’oubliez pas que s’ils ont pu entrer dans la prison, c’est aussi parce qu’ils ont eu l’autorisation de l’administration pénitentiaire. Administration qui dépend d’un ministère... Je n’ai jamais vu ni Abou Nidal ni ses gens. Nous avons fait ce que font tous les pays : avoir des discussions non officielles pour la sécurité de nos territoires. », répond Yves Bonnet à Anthony Quindroit

"Et quand vous dîtes, toujours selon « Le Parisien », que peu vous importait qu’il y ait des attentats ailleurs, notamment en Italie, n’est-ce pas surprenant ?", relance Paris Normandie. « Ça, je le reconnais. C’était sous la forme de boutade, mais c’est exact. Moi, j’étais assuré de la sécurité de la France avec cette visite. Mais, avec les pays voisins, nous collaborions déjà efficacement sur de nombreux domaines. Maintenant, il doit bien y avoir d’autres choses dans l’actualité que ça, non ? Il faudrait un deuxième Tour de France en août... », conclut Yves Bonnet.


Le 12 août 2019, Yves Bonnet a déploré sur i24News : "Le juge d'instruction est entré dans le fonctionnement interne d'un service. de sécurité amené à prendre des décisions. Dans le cadre de la mission d'assurer la sécurité des français, nous avons saisi l'opportunité de conclure une sorte d'agrément ponctuel, sur un sujet précis, déterminé, de la visite en prison d'une demande d'organisation pour concrétiser cette autorisation par un engagement de ladite organisation de ne plus se livrer à aucun acte terroriste sur le territoire français. Il s'agissait de sanctuariser le territoire national... Il ne faut pas y voir un geste politique. L'opération de visite de deux prisonniers par des membres de l'organisation a reçu l'aval de l'administration pénitentiaire, donc du ministère de la Justice. Ce n'était pas une négociation politique... 

Et de poursuivre : "Je comprends l'attitude des victimes, mais le problème est qu'on s'adresse à des services différents. C'est la police judiciaire qui a été chargée par commission rogatoire d'investigations de ce dossier. La DST est un service de sécurité qui visait à interdire les activités illicites d'organisations étrangères sur le sol national. Cela ne va pas au-delà. Que l'opportunité ait été saisie de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'attentat de la part de cette organisation en payant le prix pas excessif de la visite de deux personnes à deux autres personnes, c'est tout l'enjeu de cette question. J’ai répondu franchement aux questions du juge. C'est une affaire interne au service qui a été mise sur la place publique. On traumatise inutilement les familles des victimes... Il n'y a peut-être pas eu toute la coopération internationale qui devrait exister en la circonstance. La DST, aujourd'hui la DGSI, a des relations avec les services amis. On ne va pas dialoguer avec des gens dont on sait qu'ils sont des criminels ". 

Robert Badinter a été Garde des Sceaux, ministre de la Justice, sous la Présidence de François Mitterrand de 1981 à 1986.


Le 12 août 2019, le CRIF a demandé une commission d'enquête parlementaire dans un communiqué de presse diffusé sur les réseaux sociaux : .
"Attentat de la rue des Rosiers, révélations de l'ancien Directeur de la DSTToute la lumière doit être faite suite aux révélations d'Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, au moment de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers. Pour Francis Kalifat, Président du CRIF, "si ces faits s’avèrent exacts, ils seraient d’une extrême gravité et constitueraient un scandale d’Etat sans précédent". Il demande "la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire et la levée du secret défense".Le CRIF demande au Président de la République de tout mettre en œuvre sur le plan diplomatique et judiciaire pour que les terroristes responsables de ce massacre, réfugiés en Jordanie, à Ramallah et en Norvège, puissent être entendus par les juges français en charge du dossier."
Yohann Taieb a commenté ce communiqué sur la page Facebook du CRIF : "Il y a trois ans, j’avais demandé au CRIF de bien vouloir inviter Mme Jacqueline Niego, sœur d’une des victimes de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers, pour lui permettre de rencontrer Macron afin qu’elle puisse lui faire part de toute sa souffrance…Quelle a été la réponse du CRIF ? Ils nous ont dit MERDE, demerdez-vous …Il m’a fallu 6 mois, une perte de temps incroyable, pour permettre à Mme Niego de rencontrer Macron… Voila le vrai visage du CRIF qui aujourd’hui tente de tirer profit d’un très long travail qui n’a jamais été le sien…"

Le 2 septembre 2019, dans sa chronique hebdomadaire sur Koulam radio intitulée "La trahison de la République - L’« agrément » de la France à la terreur palestinienne", le professeur Shmuel Trigano a déclaré à propos de l'accord entre la France et le mouvement terroriste palestinien :
"Cette attitude peu glorieuse pour un Etat qui a une haute idée de lui même et qui assène de toutes parts les « droits de l’homme » constitue objectivement une forme de coordination inquiétante avec le terrorisme palestinien qui vise uniquement à ce que la France puisse retirer son épingle du jeu. Au lieu de combattre et réduire ce terrorisme qui attaque les Juifs sous tous les cieux, elle consent à ce que ses citoyens juifs soient les victimes collatérales de sa sécurité interne. Cette politique annonçait ce qui allait se passer au début des années 2000 lorsque 500 agressions antisémites émanant de milieux islamistes restèrent non dénoncées, non nommées, non jugées, non combattues ni punies par le gouvernement Jospin à l’époque de la cohabitation avec Chirac.
Le ministre de l’intérieur de l’époque, Vaillant révéla quelques années plus tard qu’il y avait là un choix du gouvernement afin de « de ne pas jeter de l’huile sur le feu ». En somme, la France assurait sa « paix publique » en sacrifiant ses citoyens juifs auxquels il fut demandé de mettre la pédale douce et de pratiquer le « dialogue » inter-religieux. Et comme « il ne se passait rien » en France, ce que confirmèrent les médias, on accusa naturellement Israël d’être à la cause des problèmes (un « conflit importé » ! ) avec « ce qu’il faisait aux Palestiniens » (se souvenir du mot d’Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères alors) mais on accusa aussi de racisme (!), d’islamophobie les Juifs français qui appelaient « au secours » et tentaient par tous les moyens d’alerter l’opinion française et la classe politique . Sans succès.
Cet abandon des citoyens juifs français sur le plan national fait système, au plan international, avec le soutien à la « Cause palestinienne » de toutes les agences officielles françaises qui répercutent dans le discours médiatique français le narratif palestinien, du Hamas comme du Fatah, en ignorant consciemment leurs objectifs de guerre. On peut penser que la France pense ainsi se concilier les bonnes grâces du monde islamique au plan du monde arabe mais surtout de la société française. Cette attitude d’ailleurs va de pair avec le silence « politiquement correct » sur la provenance et la qualification des actes antisémites commis en France.
Or ce discours, qui reprend les mots de la guerre idéologique des Palestiniens sans aucune critique, est une incitation permanente à la violence contre les Juifs en France, motivée par des motifs religieux qui transcendent les frontières. Mohamed Merah vengeait ainsi, selon ses dires, « les enfants de Gaza »… La « politique » du Quai d’Orsay va plus loin. Ce fut effarant de voir tout cet été 2019 journalistes et commentateurs français se tenir « courageusement » aux côtés de l’Iran, théocratie dictatoriale dont le projet majeur et eschatologique est l’extermination des Juifs que l’arme atomique qu’il construit rendrait possible. Ce fut effarant de voir Macron tendre encore une perche à l’Iran en l’invitant par surprise au G7, sans lendemains, tandis que tous les commentateurs faisaient de Trump l’idiot du village. C’est accablant de voir la politique française envers le Hezbollah (150 000 missiles dirigés contre Israël) qui reçoit par l’intermédiaire de l’armée libanaise l’armement que la France lui vend, alors qu’elle avait été la garante du retrait israélien du Liban et de l’interposition d’une force de l’ONU qui, dès le départ, n’a jamais empêché, comme c’était sa tache et la responsabilité de la France, le réarmement du Hezbollah.
L’ensemble de cette politique qui fait système entre le national et l’international, ne fait que délivrer objectivement un permis de chasser les Juifs. Or l’histoire française récente a démontré que les machines infernales qui les visent spécifiquement, et uniquement parce qu’ils sont Juifs, finissent par toucher tous les Français !
Il y a de quoi être stupéfait du silence des institutions juives peu promptes à défendre les droits de citoyen de ceux auxquels elles pensent donner voix dans l’opinion. C’est cela qui est en jeu.
On peut lire le titre de cette chronique dans son double sens : la trahison des citoyens juifs par la République tout autant que la trahison de la République comme esprit, souci de la sécurité de tous ses citoyens sans exception et de justice."

Un monde révolu

L’exposition a présenté soixante-cinq photographies originales d’Alécio de Andrade acquises par le MAHJ en 2012, en dialogue avec d’anciennes images du Pletzl.

En noir et blanc, les photographies d’Alécio de Andrade de « la vie quotidienne des habitants de la rue des Rosiers et de ses alentours offrent un témoignage émouvant sur un quartier populaire alors encore très authentique ».

Son « témoignage sur le Pletzl, le quartier traditionnel des Juifs ashkénazes depuis la fin du XIXe siècle, et sur la vie quotidienne des habitants, est un regard spontané sur le petit peuple de la rue empreint de tendresse et de poésie. Le photographe sait saisir des regards, des sourires d’enfants ou d’adultes et capter le détail qui fait l’humanité du moment. Son évocation d’un temps révolu nous révèle la vie de cet emblématique quartier, alors encore authentique et populaire, aujourd’hui profondément transformé par le tourisme de masse et les enseignes internationales (à l’exception de quelques sites préservés comme la synagogue de la rue Pavée due à Hector Guimard, ou la pâtisserie Finkelsztajn). On y retrouve notamment le fameux restaurant Jo Goldenberg, victime d’un attentat en 1982, ainsi que des petits commerces de proximité ».

Le 28 février 2014, la charcuterie cacher Panzer a cessé son activité dans sa boutique du 26 rue des Rosiers (75004 Paris) ouverte en 1978. En avril 2014, elle s'installa au 36 avenue Paul-Doumer (75016 Paris).


Le 5 juillet 2014, a été inauguré un jardin situé au cœur du Pletzl et appelé Joseph Migneret, du nom de cet  "instituteur puis directeur de l'école communale de la rue des Hospitaliers Saint-Gervais dont les élèves étaient majoritairement Juifs quand la France fut occupée par l'Allemagne. Ce jardin est situé face à la plaque qui rappelle" l'attentat antisémite contre le restaurant Goldenberg en 1982. Cet "espace vert qui réunira les enfants du quartier honore à travers Joseph Migneret tous ceux qui ont tendu la main aux Juifs persécutés. Le Statut des Juifs fut promulgué en octobre 1940 et les enfants juifs de même que les adultes portèrent l'infamante étoile jaune. Joseph Migneret fut reconnu Juste des Nations pour avoir sauvé des enfants juifs et leurs familles de la déportation. Milo Adoner, qui fut son élève était présent à l'inauguration en rappelant que notre cher Professeur Ady Steg fut caché par Joseph Migneret. Henry Bulawko dans son jeune âge avait, lui aussi, fréquenté cet établissement scolaire. En présence des anciennes ministres Dominique Bertinotti et Catherine Lalumière, ont pris la parole la Maire de Paris Anne Hidalgo et le maire du IVe Christophe Girard".

Dans le cadre du "réseau « Marais culture + », le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme  (MAHJ) a mis en lumière la richesse historique et patrimoniale du Marais et démultiplié les liens entre les musées et institutions culturelles du quartier, véritable concentré de culture !" (11-21 septembre 2014).

Le  MAHJ a organisé les 18 novembre 2014 à 15 h et 27 janvier 2015 à 15 h "une promenade dans le cœur historique de Paris, les 12 mars, 19 mai et 2 juillet 2015 à 15 h "une promenade dans le cœur historique de Paris avec Elisabeth Kurztag, sur les traces de la présence Juive médiévale et de sa renaissance à partir du XIXe siècle.  À la riche période médiévale succède une interruption après l’expulsion de 1394. Les juifs ne seront véritablement de retour à Paris qu’au XVIIIe siècle, et leur présence s’épanouira aux XIXe et XXe siècles, avec, en contrepoint, les années noires : 1940-1944. Un tableau d’ombre et de lumière".


Le 7 juillet 2016,  à 15 h, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme  (mahJ) proposa Le Marais juif nostalgique avec Élisabeth Kurztag, conférencière. "Une promenade nostalgique dans le coeur historique de Paris, sur les traces d’une présence juive en constante évolution depuis le XVIIIe siècle".

Le 30 novembre 2017, de 11 h 30 à 13 h 30, le mahJ a organisé la promenade Saveurs du Marais, par Elisabeth Kurztag, conférencière du mahJ. "En dégustant hareng ou boutargue, les participants discuteront traditions culinaires, histoire des habitants juifs – souvent immigrés – et cuisine de rue. Rendez-vous au 1 bis, rue des Hospitalières-Saint-Gervais (métro Saint-Paul). Il est conseillé d’apporter une petite bouteille d’eau. La promenade est maintenue en cas d’intempérie. Les commandes de mets pour la dégustation sont passées la veille de la promenade".

   
Visite guidée par le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme dans le Marais Juif les 18 mars, 29 avril et 8 juillet 2014, 27 janvier 2015 à 15 h

Jusqu’au 6 octobre 2013
Au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Du lundi au vendredi de 11 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 18 h.
Tél. : 01 53 01 86 65

Visuels : © Alecio de Andrade, ADAGP, Paris, 2013
Synagogue, “Temple nord-africain”, 18, rue des Ecouffes, 1974

Simone Veil lors du 30e anniversaire de la libération d'Auschwitz, à la synagogue de la Victoire
27 janvier 1975

Restaurant Goldenberg
Célébration d'un mariage par le rabbin Charles Liché, synagogue de la place des Vosges, 1974

Le Marais juif
©Mahj

A lire sur ce blog :
 Cet article a été publié le 4 octobre 2013, puis les 17 mars 2014 :
- 29 juin 2014. France 2 a diffusé Les Aventures de Rabbi Jacob, de Gérard Oury dont une partie de l'action se déroule rue des Rosiers ;
- 29 juin 2014. Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme  (MAHJ) a organisé une visite guidée dans le Marais Juif les 18 mars, 29 avril et 8 juillet 2014 ;
- 11 septembre et 18 novembre 2014, 24 janvier, 12 mars, 18 juin et 27 août 2015, 18 février et 7 juillet 2016, 29 novembre 2017, 10 août 2018. 

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