mardi 7 juin 2016

Réaction de Jewpop à mon article sur les médias français Juifs et ma réponse (5/10)



Dirigé par Alain Granat, le webmagazine Jewpop se définit comme « le site qui voit des Juifs partout ». Revendication morale peu crédible, article politiquement partial (''mur" israélien, "colonies"), rubrique Charme, "revue de presse israélienne" réduite à un quotidien, faible tolérance à la critique et minime propension à l'autocritique... Créé avec le soutien d'institutions communautaires françaises, - Ezra Venture et la Fondation du judaïsme français (FJF), présidée par Ariel Goldmann, qui l'a subventionné dès sa création pour "fidéliser un public jeune" -, ce web-magazine culturel et lifestyle peine à répondre à sa mission et suscite des interrogations sur le fonctionnement de ces institutions et son leadership. Le 4 juin 2016, Alain Granat a fustigé la chronique du 3 juin 2016, sur Radio J, de Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France, hostile à la Gay Pride. J’espère que cet article entraînera pas de vaine polémique. Article actualisé.


Créé en octobre 2011 grâce à Ezra Venture, fondation pour l'initiative juive, subventionné par la Fondation du judaïsme français (FJF) présidée par le président du Fonds social juif unifié (FSJU), alors Pierre Besnainou et, depuis le 29 avril 2014Ariel GoldmannJewpop vise à "fidéliser un public jeune",  s'est inspiré du magazine américain Heeb et se définit comme « le site qui voit des Juifs partout ». Son fondateur et directeur Alain Granat "précise néanmoins que JewPop veut montrer une autre image des juifs, offrir surtout une autre parole ou d'autres visions que celles généralement détenues par une communauté très à droite. Venant de l’univers de la musique, il a pour ambition de faire de JewPop le premier webmagazine francophone des cultures juives".

Alain Granat a voulu pallier une carence : « Il n’y avait rien qui correspondait à ce que j’avais envie de lire, notamment en matière de presse communautaire, une presse que je trouve souvent de parti pris, qui traite de religion, de politique et de culture, mais d’une manière que je trouve frileuse et qui ne s’adresse pas aux jeunes. J’essaie donc de proposer autre chose, j’aborde, à travers la culture, des questions sociétales. Et, très vite, le succès est arrivé, avec un lectorat juif et non juif. Nous traitons de religion, de philosophie, de politique, mais aussi de BD ou encore de sexe. Des sujets que l’on ne traite pas dans ce genre de presse. Et nous avons aussi des papiers sur l’humour palestinien ».

« La mémé » du « système »
Publié sur mon blog le 25 mars 2012, mon article Un paysage médiatique Juif français contrasté a été largement repris sur la Toile, notamment dans les réseaux sociaux.

Le 28 mai 2012, Jewpop l’a signalé sur Twitter et Facebook  ainsi : La journaliste Véronique Chemla règle ses comptes avec les médias juifs ! #tataflingueuse.

Sur Facebook, Laurent D. Samama a alors commenté : « Tâta, je te trouve bien gentil! Je dirai plutôt mémé... Cette dame fait partie du système depuis des décennies, si elle voulait que ça change, elle aurait du le faire quand elle le pouvait! » Qu’en termes galants ces choses-là sont dites.

Et Jewpop, au lieu de modérer cet Internaute, l’a encouragé : « Dynamite, ventile, éparpille, façon puzzle ». Mais n’est pas Michel Audiard et Bernard Blier qui veut.

N’ayant pas alors de compte Facebook, j’ai sollicité par courrier électronique à Jewpop un droit de réponse afin qu’il le publie sur son compte Facebook.

Ne recevant aucune réponse, j’ai alors publié la teneur de mon courriel sur mon blog. J’y ai souligné avoir « écrit cet article comme journaliste », en analysant et argumentant, en puisant dans mon expérience professionnelle dans ces médias depuis 2001. Si j’avais fait partie d’un quelconque « système », ces « médias n’auraient pas mis un terme à leurs commandes d’articles auprès de moi ». J’interrogeais sur la raison pour laquelle M. Samama, alors rédacteur en chef de L’Arche, malgré ses engagements, n’avait pas publié notamment mon dossier d’articles sur les Juifs noirs que L’Arche avait pourtant commandés. Il me parait naïf, faux et illusoire d’écrire qu’un changement parmi ces médias dépendrait de ma seule volonté. Enfin, le terme « mémé » me semblait relever d’une surenchère agressive, et dérapant sur le terrain personnel. Faute d’arguments peut-être...

Quelques mois après l’ouverture de mon compte Facebook, j’ai publié le 11 juin 2013 ma réaction à celle de Laurent David Samama. Un échange de commentaires a suivi.

En voici une synthèse thématique.
« Mémé ». Jewpop  n’a « jamais eu connaissance » de ma demande de droit de réponse. « Tata » est « affectueux ». Jewpop a été « désolé » si le terme « mémé, empli d'empathie, totalement affectueux et sans aucun lien avec le péjoratif "mémère" » m’a blessée.

Ma réponse : Mes parents m’ont donné un joli prénom de fleurs. « Tata » est affectueux quand il est prononcé par un neveu ou une nièce. J’ai saisi l’allusion cinématographique aux Tontons flingueurs. Mais il y a me semble-t-il un dérapage blessant vers « Mémé », abréviation de « Mémère ».

« Petit côté stalinien ». Jewpop évoque mes remarques « sur certains journalistes radio utilisant des termes peu conformes à votre champ lexical. Un petit côté stalinien qui me plaît énormément ! », ma « propension à noter consciencieusement ce que vous considérez comme des "dérapages" de la part de journalistes travaillant sur les fréquences juives, qui usent de termes qui ne correspondent pas à votre idéologie, ou bien ne posent pas les "bonnes questions", voire refusent d'inviter tel ou tel... Ce genre de remarques provenant de la part de journalistes envers des confrères me choquera toujours :). Vous avez bien sûr le droit et le devoir journalistique de critiquer, comme nous le faisons aussi mais je perçois surtout beaucoup d'aigreur dans vos propos  ».

Ma réponse. Que d’allégations générales et non étayées d’exemples !

Je n’ai pas d’idéologie : mon registre lexical est précis, adéquat, conforme au droit international, et nul ne m’a prise en défaut.

Ces deux citations m’inspirent : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur » (Pierre-Augustin Caron Beaumarchais, Le Mariage de Figaro) et « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres, Terre d’ébène, La Traite des Noirs).

Jewpop pratique la réductio ad hitlerum pour me disqualifier. Cela lui évite d’argumenter sur des sujets communautaires graves et gênants.

Cet « esprit stalinien » lui plait et le choque. Comprenne qui pourra.

Critiquer ne trahit aucun « côté stalinien », mais relève du journalisme : ainsi, Christine Ockrent a été critiquée car elle a incarné « le conflit d’intérêts à la française  » , etc.

A l’instar de l’Union soviétique stalinienne qui prohibait toute critique du dogme officiel, la communauté Juive française serait régie par une doxa, et gare à la journaliste qui l’enfreindrait !? Jewpop critique les journalistes de grands médias dont il donne les titres, mais ne tolère pas la moindre critique à l’égard des journalistes de médias Juifs français, sauf celles me visant. Jewpop encourage même à me « dynamiter, ventiler, éparpiller façon puzzle ». Just for the fun.

Un récent débat sur Facebook a prouvé que de nombreux Internautes abondaient dans mon sens. Jewpop va-t-il les « dynamiter, ventiler, éparpiller façon puzzle » ?

Je cite des faits irréfutables, mais gênants pour certains médias. Par exemple, le reportage sur les « al-Dura » a été diffusé par France 2 le 30 septembre 2000. Ce n’est qu’après la publication du rapport gouvernemental israélien (19 mai 2013) que Philippe Karsenty a été invité pour la première fois par RCJ  (20 mai 2013) puis par Radio Shalom  (11 juin 2013). Pourquoi ? Quand ces médias n’informent pas leurs auditeurs d’affaires aussi graves, ceux-ci se détournent d’eux.

La seule aigreur que je perçois est celle de Jewpop, dépité que je ne lui ai pas consacré davantage de place dans mon article.

Mon article. La Fondation du judaïsme français (FJF) a « accordé une (petite) subvention pour nous aider à lancer » Jewpop. Se prévalant d’un « esprit un peu taquin », Jewpop a trouvé mon article « intéressant... une des premières analyses du secteur des médias juifs francophones… Certes JSS, par exemple, est basé en Israël, mais lu majoritairement par un lectorat français..., votre distinguo est factice. [Votre étude est] fastidieuse à lire pour un format Internet, et relativement incomplète du côté du web alors que certains sites et blogs d'opinion ont largement pris le pas sur les médias traditionnels juifs. Ma remarque concernant la longueur de votre article, voire sa mise en page, vient simplement de mon expérience du web ».

Ma réponse : en 2010, Jewpop ne m’avait pas reproché la longueur ou le caractère fastidieux de mon article. Passons.

Lauréat de Ezra Venture  et aidé financièrement par la FJF, Jewpop a été lancé en décembre 2009. J’ai été la correspondante à Paris de l’agence de presse Guysen  (2002-2007, avec une coupure d’un an), j’ai collaboré à des médias américains uniquement présents sur Internet, et en octobre 2009 j’ai lancé mon blog sans aide. Ceci est mon expérience du web. Excusez du peu.

La langue française distingue « français » de « francophones ». Moi aussi. Mon article porte sur les médias Juifs français, et non francophones, print et web. Avez-vous bien lu mon article ? Dans une première version, j’avais cité par erreur JSSNews. A la demande de celui-ci, je l’ai ôté de ma liste. Jewpop ne peut pas être plus royaliste que le roi. Si Jewpop estime mon article incomplet sur le web, pourquoi ne publie-t-il pas un article sur ce thème ?

Mon article est la seule analyse des médias Juifs français. J’ai indiqué qu’il ne pouvait pas être exhaustif. J’ai souhaité y traiter de l’essentiel, notamment des carences et déclins de médias communautaires français à concilier l’imprimé et le web, à maîtriser les réseaux sociaux, etc.

Certes, mon article est long. Mais quand on s’aventure à défricher un terrain inexploré, il est difficile de savoir où s’arrêter.

Publié par Jewpop, Nos années lycée avoisine les quatre pages. La devise de Jewpop : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » ?

Je suis seule à écrire tous mes articles qui souvent ont fait date malgré leur longueur et sont cités par des historiens, etc.  Contrairement à la règle mille fois répétée – « Pour être lu sur Internet, écrivez des articles courts » -, mes articles les plus longs sont les plus lus de mon blog, et ceux courts (un feuillet) ont une audience très faible. Le lecteur a toujours raison.

Quant à la mise en page de mes articles, je la soigne particulièrement et elle plait aux lecteurs et à moi.

La FJF et l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants). L’aide de la FJF n’empêcherait pas Jewpop « de critiquer en toute indépendance cet organisme si le cas devait se présenter ». La FJF « abrite la plupart des fondations juives développant des projets utiles, encore moins à la fondation OSE, dont le travail remarquable pour aider les malades, handicapés » paraît plus fondamental « que le fait de tirer de votre escarcelle un "dossier", qui plus est anodin et vieux de 17 ans concernant Roger Fajnzylberg (quand je vous parlais du petit côté "stalinien" de votre démarche) ».

Ma réponse. La FJF abrite la Fondation OSE-MES dont le délégué général, Roger Fajnzylberg, a signé un Appel promu par les Amis de La Paix Maintenant et publié par Le Monde (7 novembre 1996). Cet Appel  s'indigne des « déclarations d'intransigeance de M. Netanyahou et son souhait affiché d'imposer la paix dans l'annexion... la tentative de créer une situation irréversible par le renforcement des implantations ou la judaïsation de Jérusalem-Est ». Stigmatiser la « rejudaïsation » de Jérusalem – leitmotiv de la propagande palestinienne anti-israélienne -, c’est donc « anodin » selon Jewpop. Aux Consistoires israélites de France, de Paris et d’ailleurs, à la FJF et aux donateurs de décider si c’est « anodin ». Dois-je rappeler que Jérusalem, capitale éternelle et indivisible d’Israël, est au cœur du judaïsme ?

J’ai interrogé l’OSE qui n’a pas répondu à mes questions. Sauf erreur de ma part, Roger Fajnzylberg ne s’est pas distancé de cet appel.

En outre, dirigée alors par Roger Fajnzylberg, l’OSE a voulu associer en 2012-2013 le nom d’Eugène Schueller, « qui avait honteusement collaboré avec l’Occupant pendant la Deuxième Guerre mondiale », à celui d’Andrée Salomon, résistante ayant participé au sauvetage d’enfants Juifs sous l’Occupation. Ce qui a suscité l’indignation de l’ayant-droit de cette héroïne qui n’en avait pas été informé. Qualifieriez-vous cet ayant-droit de « stalinien » car il ressort un « dossier » vieux d’environ 70 ans ?

Il ne s’agit pas d’assimiler des organisations à leurs dirigeants, mais de leur demander une conformité avec les valeurs et l’histoire dont ils se réclament.

La communauté institutionnalisée et les médias Juifs français ont refusé de « faire le ménage en interne ». Résultats : les scandales Bernheim ont éclaté publiquement et mondialement, et ils ont terni durablement l’image des Juifs français.

L’audience des médias Juifs français. Jewpop estime « qu'il eût été utile de renseigner votre étude avec les chiffres d'audience des divers sites que vous mentionnez. Chiffres certes parfois difficiles à obtenir et vérifier, tout comme les audiences des radios juives. Quand à me donner des leçons de journalisme, à mon tour de vous redire que lorsque l'on a la prétention d'analyser le secteur des médias juifs français… il est utile et, primordial de donner des éléments chiffrés sur la portée de ces médias pour étayer votre analyse. Cela s'appelle de l'enquête journalistique et non "policière". L'audience des radios juives est totalement opaque, donc impossible d'estimer sa portée, Actu J toucherait 80 000 lecteurs et l'Arche dispose de 2000 abonnés environ. Jewpop, au bout d'un an et demi d'activité, est lu par près de 100 000 visiteurs uniques mensuels, a été repris par plusieurs médias internationaux, par l'AFP et la plupart des médias en France, les médias juifs français traditionnels sont en perte de vitesse par rapport au web, et en toute logique, puisqu'il s'agit d'un mouvement global, qui touche en particulier un lectorat jeune, que vous semblez ignorer... Je n'ai pas le temps de débattre longuement de votre méconnaissance du secteur des médias Internet juifs francophones, mais je tiens à votre disposition les statistiques Google analytics de Jewpop, qui comptabilisent 94 000 visiteurs uniques au mois de mai 2013. JSS News, d'après Jonathan Simon-Sellem, approcherait le million de visiteurs mensuels, voilà déjà quelques indicateurs d'audience qui me permettent d'affirmer que les médias traditionnels juifs francophones sont depuis longtemps en perte de vitesse par rapport au web, de la même façon que la plupart des supports papiers presse. Quant aux statistiques des divers sites Internet qui composent le panorama sur lequel vous appuiyez votre analyse, il vous suffirait de les demander aux intéressés, avec documents à l'appui ».

Ma réponse. Je ne donne de leçons de journalisme à personne.

Hormis JSSNews et lui-même, Jewpop ne cite aucun nom de « sites et blogs d’opinion » ayant « pris le pas sur les médias traditionnels juifs francophones en perte de vitesse par rapport au web ».

Je suis l’un des rares blogs à avoir cité ses vraies statistiques d'audience en renvoyant vers une source incontestable.

J’ai indiqué les statistiques d’Actualité juive qui ne les a pas contestés.

Les statistiques des autres médias ne sont pas comparables : certains ont un site Internet, d’autres non ; certains sont actifs sur les réseaux sociaux, d’autres moins ou pas du tout ; certains publient des articles originaux, d’autres signalent des articles, etc. Et je manque de sources fiables. Si vous en avez, je serais curieuse de les lire.

Aucun de ces médias n’a publié ses statistiques d’audience. Et ces médias me les livreraient sur simple demande !? Un exemple significatif de cette opacité : en 2011, lorsque le FSJU (Fonds social juif unifié) a tenté de convaincre de la nécessité de la mutation de L’Arche en trimestriel électronique, il a livré des statistiques contradictoires concernant ce magazine. Depuis, il demeure muet sur ses statistiques d’audience. Et Actualité juive a « oublié » de le questionner sur ce point.

Sur Jewpop. « Ce qui semble sidérant, à vous lire, et à lire votre réponse à Madame Bellaïche, c'est la suffisance avec laquelle vous traitez vos confrères de la presse et des radios juives… notamment en arguant des reprises de vos écrits, etc. Je n'aurai pas l'outrecuidance de vous présenter la liste de vos collègues du Monde, de Marianne, du Nouvel Obs, d'Europe 1, Canal +, j'en passe... et autres chercheurs, psychanalystes, historiens, écrivains, enseignants, philosophes... qui nous font l'honneur de nous lire, de nous envoyer des messages parfois enthousiastes sur nos articles, parfois très critiques aussi (heureusement !), parfois d'écrire dans les colonnes de notre site. L'épithète de "stalinien", dont j'use parfois pour moi-même, était légèrement ironique, mais l'humour ne semble pas non plus votre fort ».

Ma réponse. Quand on n’apprécie pas « l’humour » de Jewpop, c’est qu’on en manque !? Cela évite à Jewpop de se remettre en question.

Mes articles longs sont cités par des historiens, et ont « inspiré » nombre de journalistes. C’est un fait qui contredit les partisans des articles courts.

Vous me faites un procès d’intention : je n’ai aucune condescendance à l’égard de mes confrères.

Sur Virginie Guedj-Bellaïche, j'invite à lire ma réponse  à son commentaire au ton ressemblant à celui du « professeur-en-journalisme-sur-Internet-corrigeant-une-copie-de-mauvaise-élève ». Un ton qui ne choque pas Jewpop.

Il me semble que Jewpop a révélé le sandaleux  #UnbonJuif sur Twitter. Je l'en félicite.

Jewpop allègue une audience et la collaboration d’intellectuels éminents. Bravo ! Quel dommage que Jewpop ne cite pas leurs noms que je n’ai pas trouvés sur son site.

Vous connaissez l’American Jewish princess ? Découvrez la Jewpopette dénommée The SefWoman. Le dîner du CRIF ? Un diner presque parfait pour lequel cette convive pleine de tact n’allait pas « faire passer un par un aux toilettes » les invités « pour demander leurs impressions ».

Je n’ai apprécié ni les quelques articles que j’ai lus sur Jewpop ni leur mise en page terne. Je les trouve souvent inintéressants, au style lourd, mal écrits. Et j’ai donc cessé de les lire.

Jewpop revendique « une ligne éditoriale volontairement large, où l’humour et le politiquement incorrect s’imposent naturellement ». Je trouve Jewpop « communautairement correct ». « Martinement correct ».

Grossièreté 
Le 6 juillet 2014, JewPop a publié l'article Lettre aux connards qui ont tué Mohamed signé par TheSefWoman.

Extraits de cette missive émaillée de fautes journalistiques, voire morales, et adressée aux auteurs présumés de cet assassinat : "Je vous en veux car vous nous avez salis. Vous êtes le furoncle sur le visage du peuple d’Israël... Ici, pendant que certains s’activeront pour réparer la blessure, nettoyer la tâche et éradiquer le mal, là-haut, trois jeunes garçons du nom d’Eyal, Guilad et Naftali vous regardent. S’ils pouvaient parler, ils vous demanderaient sans doute de ne pas cacher votre haine derrière eux pour justifier votre geste".

J'ai immédiatement condamné "le meurtre de ce jeune Palestinien quels que soient les auteurs du crime", et rappelé qu'on "ne fait pas parler les morts". J'ai aussi écrit l'article Des "belles âmes" sélectives à l'égard des Palestiniens.

Un échange de commentaires, empreints souvent de mauvaise foi chez les soutiens de JewPop, a suivi. Jewpop et Cie déforment mes propos. Faute d'arguments, probablement. En voici une synthèse thématique.

Des allégations infondées
Le chapô de cet article était déjà problématique : "Ça y est, c’est confirmé. Les auteurs du meurtre de l’adolescent palestinien, Mohamed Abou Khoudaïr, sont, selon les dernières conclusions de l’enquête, des extrémistes juifs. A ceux qui ont fait couler le sang pour venger celui d’Eyal, Guilad et Naftali, je voulais écrire cette lettre".

Jackie Schwartz a écrit : "L'un des suspects a avoué. Donc c'est confirmé... L'un des suspects a reconnu avoir tué le jeune Mohamed (oui donc l'avoir tué) et aussi avoir entraîné ses 5 amis dans cette expédition meurtrière... Je n'ai pas eu accès aux procès verbaux, j'ai juste consulté les sites d'infos israéliens... Entre autre celui du Yediot ".

Ma réponse.  "Rien n'est encore confirmé, et nous ne savons pas si les prévenus ont reconnu ce crime ou nient les faits qui leur sont reprochés... Si un prévenu a reconnu les faits - l'enlèvement ? Le rapt ou/et le crime ? -, cela ne signifie pas que les autres prévenus ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Les assassins n'ont pas rendu la justice. Seuls des magistrats ou des jurés le font, et au nom du peuple... Super ! Vous avez eu seul accès aux PV des prévenus. Vous pourriez nous les communiquer ?" Foin d'ironie... "Vous n'aviez aucun PV de police pour affirmer cela. La justice a besoin de preuves autres qu'un aveu pour statuer dans cet assassinat.  L'article du Yediot indique bien qu'un seul des prévenus a reconnu les faits. Il était donc faux d'extrapoler. Vous êtes donc tous de mauvaise foi en niant votre "légèreté" qui se confirme dans cet échange sur Facebook".

Des oublis révélateurs
TheSefWoman. "Je vous en veux car vous faites pleurer nos mères, nos mères qui n’ont déjà que trop pleuré... Pleuré sur Myriam Monsonégo, Arieh, Gabriel et Jonathan Sandler, sur la famille Fogel massacrée à Itamar, sur  Ilan Halimi, sur toutes celles et ceux qui ont perdu la vie dans les attentats palestiniens perpétrés pendant la seconde Intifada"

Ma réponse. TheSefWoman a "oublié Sébastien Selam assassiné en 2003, "la jeune Omaima Jaradat âgée de 15 ans, poignardée par un de ses oncles à Kfar Sair, village au nord de Hébron" et "l'instrumentalisation visant le cousin américano-palestinien de ce Mohamed...

Un choix iconographique biaisé
Jackie Schwartz a justifié le choix du cliché publié par JewPop.

JewPop. "Le simple fait de poster ce soir la photo de cet enfant posant ainsi, comme de nombreux jeunes palestiniens (est-il utile de préciser que nous réprouvons ces postures ?), à l'heure où la presse israélienne publie des éléments sur ses assassins, devrait peut-être vous faire aussi réfléchir à ce qui est choquant. Ou pas. Et sur ce qui est pervers, ou non".

Ma réponse. Ce "Mohamed est-il celui de cette photo où, vêtu du keffieh, il fait le signe de trois pour les trois jeunes Israéliens kidnappés et tués ?  JewPop a "angélisé" ce Mohamed. C'est la raison pour laquelle je m'enquérais de ce "Mohamed" angélisé qui ne correspondait pas à celui anti-Israélien de cette photographie". Ajoutons que le père de Mohamed Abu Khdeir "a rejeté les condoléances du Premier ministre israélien et a déclaré refuser d’accepter les condoléances d’une personne qui « assassine notre peuple à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza ».
"Le choix d'une photo est tout, sauf innocent ou angélique. Tous les professionnels des médias le savent. Vous sélectionnez les faits parmi la vérité. Vous reprenez la photo délibérément fournie par les Palestiniens, sans vous interrogez sur leur choix iconographique. Ce n'est pas journalistique".
La presse israélienne ne publiait aucun élément sur les assassins : ni leur nom, ni leur réelle motivation. Certains journaux multipliaient les allégations non étayées de preuve.

La libération de terroristes palestiniens prisonniers contre des Israéliens
Jackie Schwartz a écrit : cela " ne me choque pas que des prisonniers palestiniens soient libérés dans le cadre d'échange, surtout lorsqu'il s'agit d'obtenir en contrepartie celle d'un jeune retenu en otage par le hamas (cf Gilad Shalit)... Je suis au courant concernant la récidive des détenus échangés contre Gilad Shalit, mais nul part je n'ai trouvé le taux exact de récidive sur la totalité des terroristes relâchés. Et ce qui me choque, c'est que par reflexe populiste, on remette en cause l'échange, comme-ci avant cet échange, il n'y avait plus de dangereux terroristes en liberté... Je constate que vous non plus, vous ne disposez pas des chiffres concernant le taux de récidive des terroristes relâchés dans le cadre de l'accord shalit. Et que vous êtes donc à priori contre la libération de terroristes même si c'est pour permettre la libération d'un otage, ce qui est votre droit, le mien est aussi d'estimer que c'est un risque à courir s'il s'agit de sauver une vie, même si malheureusement cette politique comporte des risques".

Ma réponse. "Les prisonniers palestiniens sont libérés dans le cadre d'échanges, et cela ne vous choque pas. Mais les présumés assassin devraient rester en prison à vie ?! Vous condamnez sans autoriser la défense à s'exprimer, mais ce n'est pas la justice. Et vous vous prétendez épris d'éthique et de moralité ?!
La plupart des terroristes libérés contre la libération de Guilad Shalit ont récidivé, en tuant notamment un père de famille Juif. Moi, cela me choque.
Bref, il vaudrait mieux libérer des terroristes palestiniens, car il y en a déjà beaucoup en liberté, donc un de plus, un de moins, quelle importance ? Je ne partage pas votre avis. Vous réclamez les statistiques sur l'ensemble des prisonniers libérés. Depuis quelle date ? C'est à vous de chercher sur Internet cette statistique ? Et à partir de quel pourcentage serez-vous choqué ?
Si vous appliquiez les règles élémentaires du journalisme, vous auriez trouvé la réponse à votre question.  Le taux de récidive dans cet échange récent est élevé : en 2013, "The Shin Bet successfully thwarted 190 terror attacks in 2013, 40 of which were coordinated by terrorists freed under the Gilad Shalit prisoner swap, according to the security service’s annual terror report, released on Monday", soit environ un taux de récidive de plus de 21%. Pour sauver une vie, vous êtes prêt à sacrifier combien de vies ? L'un des terroristes libérés contre la libération de Shalit a assassiné Baruch Mizrahi".
Si vous aviez l'éthique dont vous vous réclamez, vous auriez exprimé une indignation concernant le coût humain en termes de vies humaines Juives sacrifiées sur l'autel de ces échanges immoraux et qui encouragent la prise d'otages Juifs, et vous auriez écrit un article sur l'assassinat de Shelly Dadon, âgée de 19 ans, poignardée à 17 reprises par Hussein Yousef Khalifa, chauffeur de taxi Arabe ou palestinien, pour un motif nationaliste".

Ainsi que l'a déclaré le professeur Raphaël Drai le 7 juillet 2014, sur Radio J :
"Les Juifs font partie de la commune humanité et il faut le faire comprendre. Ils ne sont ni des sous-hommes ni des surhommes. Pour éviter qu’ils ne donnent pleine portée à la tirade tragique de Shylock, il faut précisément que les politiques et que les juristes appliquent pleinement la loi qui doit leur rendre justice lorsqu’il le faut, ce qui n’est pas le cas lorsque leurs tortionnaires et assassins sont assurés d’une quasi-impunité avant de se faire libérer le moment venu par d’autres assassinats et d’autres prises d’otages. On sait que le meurtrier du commissaire Mizrachi, la veille de Pessah’, faisait partie de la myriade de prisonniers élargis en échange du seul Guilaâd Shalit. Et l’on apprend que les trois suspects du triple meurtre de Hébron avaient eux aussi tâté des juridictions israéliennes qui les avait tenus quittes de leurs forfaits antérieurs mais sans dissuader leur récidive aggravée, incités en cela par des membres de la Knesset comme Ahmed Tibi. En tout, et en morale particulièrement, l’outrance est nuisible. Depuis la fin de la seconde Guerre mondiale et ses horreurs, le « tout-éthique » sublime s’est subordonné la morale concrète et ne fait que refouler la violence qui s’est déchaînée. Confinant parfois au désistement de soi, cette posture ne peut que renforcer les terroristes dans l’idée que leurs vis à vis sont des marionnettes dont il faut savoir tirer les ficelles".
Un "petit texte"politiquement biaisé
 Le 9 juillet 2014, Jewpop a publié l'article Après une semaine de sang, la fin des illusions, de Samuel Ghiles-Meilhac, enseignant à Sciences-Po, auteur d'un livre peu éclairant sur le CRIF (Conseil représentatif des institutions Juives de France).

Cette fin des illusions visent-elles le sionisme illustré par des images de Herzl et de Ben Gourion, soit le fondateur du sionisme politique moderne et le refondateur majeur de l'Etat d'Israël dont il fut Premier ministre ?

Ecrit à Jérusalem, ce "petit texte" aligne les truismes dans un style plat : "Il faisait chaud et sec" - eh oui, c'est l'été hiérosolymitain, c'est normal - ; "la ville semblait calme depuis quelques heures". J'arrête là, c'est lassant et trop facile.

Enfile les clichés et les fautes politiques, historiques et juridiques. "Mahmoud Abbas a eu le courage de dénoncer l’enlèvement des trois israéliens. «Ces trois garçons sont des êtres humains comme nous, et ils doivent être rendus à leurs familles», a-t-il déclaré devant les ministres des affaires étrangères des États de l’Organisation de la conférence islamique". Il a fallu attendre quatre jours pour qu'Abou Mazen, alias Mahmoud Abbas, condamne d'Arabie saoudite, le 16 juin 2014, et selon l'AFP (Agence France Presse) ces trois kidnappings survenus le 12 juin 2014. Selon l'AFP, Abou Mazen a aussi critiqué les arrestations opérées par l'Etat Juif dans le cadre de ses recherches pour retrouver ces trois jeunes Israéliens - Naftali Frenkel, Gilad Shaer et Eyal Yifrach - et aurait déclaré : "C'est dans notre intérêt d'avoir une coordination sécuritaire avec Israël parce que cela nous aiderait à nous protéger". Pourquoi Samuel Ghiles-Meilhac n'analyse-t-il pas les raisons de cette condamnation tardive ? Et pourquoi Abou Mazen n'arrête-t-il pas les incitations à la haine des Israéliens ? Pourquoi a-t-il évoqué Auschwitz en parlant le 9 juillet 2014 de l'assassinat de Mohamed Abu Khder ?

Omet de qualifier d'antisémites les "meurtres de Bruxelles et à d’autres attentats de ces dernières années".

Le tout dans une terminologie biaisée : "On aimerait croire que le spectacle de Netanyahou répétant qu’Israël incarne la civilisation et la vie, face aux barbares, est un mauvais rêve. Où est l’horizon politique au-delà de la promesse de la force ?" ; "Ce mur qui défigure la Cisjordanie, je le vois tous les matins de l’université hébraïque de Jérusalem... Quant aux colonies dont les mignons toits rouges cachent la violence de la conquête territoriale, on se surprenait à trouver leur présence quasi naturelle dans le paysage".  Samuel Ghiles-Meilhac ne semble pas lier la construction de la barrière ou clôture de sécurité anti-terroriste, qui n'est un mur quand dans moins de 7% de son tracé, avec la "sécurité retrouvée". Pourquoi éviter de nommer la Judée et la Samarie ? Pourquoi recourir au terme de "colonies" alors que ces localités sont situées dans le territoire promis à l'Etat Juif par la conférence de San Remo (1920), la SDN (Société des nations) et la charte de l'ONU (Organisation des Nations unies) ? Israël a conquis ces territoires disputés lors de la guerre défensive des Six-jours. Pourquoi Samuel Ghiles-Meilhac ne qualifie-t-il pas de "violente" leur conquête par la Trans-Jordanie en 1948 ?

Et Samuel Ghiles-Meilhac d'ajouter : "Il était bon de se dire que l’occupation n’existait plus vraiment, que les Arabes seraient contents en allant un peu à la mer et pourraient se satisfaire de Ramallah, capitale en carton-pâte d’un royaume sans souveraineté... Le prix aujourd’hui est là. L’addition de l’occupation et de l’accumulation des haines n’est hélas contrée par aucune  perspective politique".

Ce texte de Samuel Ghiles-Meilhac a-t-il sa place dans un web magazine subventionné par la Fondation du judaïsme français, a fortiori alors que le territoire israélien est touché par les roquettes tirées par le Hamas à partir de la bande de Gaza ? Il n'est même pas équilibré par un article rétablissant les faits. Comment peut-on fédérer et fidéliser un public jeune avec un texte clivant ? Quelle est la ligne éditoriale de Jewpop ? Où est la diversité dont ce web magazine se réclame ? Jewpop se positionne-t-il sur le terrain culturel ou sur le registre politique ?

Nous invitons Jewpop à lire le rapport Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme remis le 19 octobre 2004 à Dominique de Villepin, alors ministre de l'IntérieurJean-Christophe Rufin, médecin et académicien, qui alertait sur :
« l’antisionisme radical [qui] n’est pas la simple critique conjoncturelle d’up ne politique mais bien une remise en cause des fondements même de l’Etat d’Israël », une « forme d’antisémitisme par procuration...  Israël, assimilé aux Etats-Unis et à la mondialisation libérale, est présenté comme un Etat colonial et raciste qui opprime sans fondement un peuple innocent du Tiers-monde  ».
Une "revue de presse israélienne"
Le 10 juillet 2014, Jewpop a inauguré dans sa rubrique Comics une "revue de presse israélienne" assurée par Virginie Bellaïche et intitulée "Une semaine sous tension". Un titre banal. Quel sera le prochain titre si la tension persiste ?

Enfin, une revue de presse, c'est un bien grand mot pour quatre dessins du caricaturiste Guy Morad publiés par le quotidien Yedioth Aharonot les 6, 7 et 10 juillet 2014. Une revue de presse suppose pourtant une sélection de plusieurs médias...

Pourquoi des dessins ? Parce que "l'Ivrit" de Virginie Bellaiche, qui "vit en Israël depuis peu" est "très sommaire".

Pourquoi Guy Morad ? Certes, "en un dessin", il "permet de comprendre les grands enjeux de l’actualité du jour". Mais trois de ses quatre dessins présentent négativement  le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Exemple : ce dernier propose deux bidons d'essence à Benjamin Netanyahu, debout près d'une fenêtre d'où pénètrent des flammes.  Des flammes en fonds de trois des quatre dessins. Pourquoi ce choix de présenter Lieberman contribuant à attiser un incendie ? Ces quatre dessins sont-ils représentatifs de la presse israélienne ? Pourquoi n'avoir pas publié aussi des dessins du célèbre dessinateur Yaacov Kirschen dont on peut voir les créations sur son blog DryBones ?

N'oublions pas la prose de Virginie Bellaiche :  quatre phrases introductives sur son insuffisante maîtrise de l'hébreu, et la traduction des mots ou de phrases dans l'encadré, dans une pancarte, dans un panneau des dessins. Seul un dessin est contextualisé brièvement.

On ne sait ce qui est le plus lamentable et choquant : la publication d'article sur des faits non vérifiés ou d'un "petit texte" virulent à la terminologie biaisée et erronée ? L'absence d'arguments et de faits à l'appui des allégations de JewPop ? La prétention morale et l'autoflagellation de JewPop ? Ses carences informatives ? Le manque de professionnalisme ? La vanité d'avancer que cet article a été lu par près de 34 000 Internautes en 24 heures comme si tous les lecteurs approuvaient TheSefWoman ? Une conception minimaliste et un peu prétentieuse d'une "revue de presse israélienne" ? Sous couvert de "légèreté" et d'"humour", le manque de professionnalisme et de profondeur d'analyse, empêchant de percevoir l'enjeu derrière l'instrumentalisation palestinienne du crime de Mohammed Abu Khdeir et de ces opérations militaires ? L'utilisation de l'argent d'institutions communautaires, généralement issu de dons, pour transformer JewPop en magazine électronique publiant des photos "de charme" de l'actrice américaine "coquine" Scarlett Johansson - pour doper l'audience ? - et financer un média aux articles de cet acabit écrits par des auteurs telles TheSefWoman qui insulte ("connards") ou Sharon Boutboul qui se "tape des bogoss (et inversement)... Le talent n'est pas donné à tout le monde, mais les toilettes sont accessibles à toutes. Le talent me manque sans doute cruellement, mais je me rattrape avec mon 90 C (Nda : taille de soutien-gorge)...  Je ne partouche qu'avec ma copine Jackie Schwartz... Je viens de livrer 8 feuillets à Causette sur les bienfaits du massage prostatique dans la vie de couple" ? L'absence de suivi éditorial sur ce web magazine et la tolérance de messages politiques biaisés sur un web magazine culturel ?

J'ai interrogé Ezra Venture et la Fondation du judaïsme français (FJF). Aucun ne m'a répondu.

Laurent-David Samama et Jewpop
Publié le 1er mars 2015, mon article Laurent-David Samama, ancien rédacteur en chef de L'Arche  a suscité l'ire de Laurent-David Samama et de Jewpop, "le site qui voit des Juifs partout !", exprimée sur Twitter depuis le 2 mars 2015. Aucun des deux n'avait réagi aux articles de Dreuz et JSSNews ayant répondu à Laurent-David Samama. Misogynie ?

Point d'arguments dans leurs Tweets, point d'analyses, Ce qui est surprenant de la part d'un ancien rédacteur en chef de L'Arche et du directeur de ce site  Internet.

Que des invectives, de l'agressivité, des mots blessants ("Le retour de Mamie Zinzin" selon Laurent-David Samama), voire une bassesse revendiquée par le hashtag #JeSaisCBas de Jewpop. Pourquoi ? Pourquoi aucune analyse étayée de faits, aucune critique fondée d'un article, d'un journaliste ou d'une association communautaire n'est-elle exprimable, ou tolérée par tant de dirigeants ou journalistes communautaires ? Une preuve : même dans son article publié en anglais dans un magazine outre-atlantique, Laurent-David Samama s'est bien gardé de critiquer le leadership du FSJU. Rappelons que le président de Jewpop est le président de la FJF, généreuse mécène, et du FSJU... Jewpop a écrit - en plaisantant ? sérieusement ? - recevoir de l'argent du FSJU, du Consistoire et de l'Agence juive. Combien ? Jewpop se cache derrière son opacité financière. Pourtant, les acheteurs de produits cacher beth din de Paris, les donateurs, etc. aimeraient savoir où va leur argent. Certains peuvent déplorer la piètre allocation des budgets communautaires au vu de certains projets subventionnés. Même opacité de Laurent-David Samama éludant ma question sur l'absence de publication de mon dossier sur les Juifs noirs par L'Arche, magazine du FSJU...

Haïm Sitruk
Le 4 juin 2016, Alain Granat a fustigé la chronique du 3 juin 2016, sur Radio J, de Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France, hostile à la Gay Pride. Cette chronique est absente du site de la radio de la fréquence juive francilienne.

Alain Granat a écrit :
"Le 3 juin, jour de la Gay Pride de Tel-Aviv, c’est un torrent d’homophobie qu’il a déversé en toute impunité à l’antenne de la fréquence juive, Radio J se métamorphosant alors en Radio CourtoiJ.
Une bonne chronique radio, tout comme le sermon d’un rabbin, se doit de démarrer par une accroche forte. Joseph Sitruk, malgré sa santé fragile après plusieurs AVC et la maladie qui le frappe, a conservé ses réflexes en la matière. Avec une introduction ne laissant nul doute sur la teneur à venir de ses propos, toute en empathie et compréhension pour les juifs homosexuels. L’esprit apaisant du shabbat s’annonce sur les ondes de la radio juive : « La Torah considère l’homosexualité comme une abomination et un échec de l’Humanité ». Vous nous rétorquerez que de telles paroles provenant de Joseph Sitruk n’ont rien de surprenantes. Tenant, durant ses mandats successifs de Grand rabbin de France (de 1987 à 2008), d’une ultra-orthodoxie tranchant avec l’esprit d’ouverture de ses prédécesseurs les Grands rabbins Kaplan et Sirat, le contraire eût étonné.
La suite de son intervention est à l’avenant, axée sur la Gay Pride de Tel-Aviv, qui « rabaisse au rang le plus vil » Israël,  « initiative de tentative d’extermination morale » de son peuple. Et concluant en beauté sur le mode djihad : « J’espère que les auditeurs écouteront mon appel au secours et réagiront de façon radicale à une telle abomination ». On se souvient de l’assassinat l’année dernière d’une adolescente de 16 ans, Shira Banki, lors de la Gay Pride de Jérusalem, par un intégriste juif. Radical.
On se pose aussi légitimement la question de la responsabilité de la direction de l’antenne de Radio J, diffusant en direct sur ses ondes des propos d’une telle violence et les cautionnant de facto par son absence de réaction. Alain Beit, nouveau président de l’association juive LGBT Beit Haverim, s’en est indigné, soulignant à juste titre que si Joseph Sitruk est dans son droit d’exprimer son désaccord avec la Gay pride de Tel-Aviv, sa chronique déborde largement de ce cadre en incitant à la haine des homosexuels.
On passera sur la « mise en onde » surréaliste de cette chronique, offrant en spectacle aux auditeurs la voix d’un homme affaibli par la maladie, entre extrait sonore d’un épisode de Star Wars et parodie d’un discours de Bouteflika. Vous êtes bien sur une radio juive. On en sourirait presque si ces propos et leur diffusion irresponsable n’étaient aussi lamentables". 
A chaque élection au Grand rabbinat de France, on nous fait le même coup : le candidat "ouvert" contre le tenant de l'orthodoxie. Orthodoxie ? Je connais le sens de ce mot. Mais que signifie "ultra-orthodoxe" ? Existe-t-il des critères pour évaluer l'orthodoxie ? Si oui, lesquels ?

Pourquoi évoquer le djihad, spécifique à l'islam ? L'interprétation par Alain Granat du mot "radical" ne repose sur aucun mot. Aucun appel à l'assassinat dans cette formulation maladroite du grand rabbin Haïm Sitruk. Par un raccourci honteux, Alain Granat enchaîne sur l'assassinat de l'adolescente israélienne Shira Banki, en 2015, par un fanatique. Que signifie "radical" ? Il existe un Parti radical de gauche. Pourquoi dénigrer ce vocable "radical" ?

Le 5 juin 2016, Serge Hajdenberg, directeur de Radio J, a expliqué sur cette radio qu'il laissait toute liberté à l'ex-grand rabbin de France Haïm Sitruk, et s'est distancé des propos tenus le 3 juin 2016. Le propre du journalisme, c'est d'autoriser des opinions différentes dans le cadre de la loi. Et l'ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk a le droit de ne pas être "politiquement correct". Mais ce n'était pas suffisant pour Alain Granat qui évoque "RadioCourtoiJ", un jeu de mot évoquant Radio Courtoisie, un média souvent classé à droite ou à l'extrême-droite.

Avec Jewpop, aucune voix divergente ne doit s'exprimer, même maladroitement, même d'une voix quasi-inaudible, même émanant d'une personne atteinte de maladies graves ? Alain Granat aurait-il réagi ainsi si cette chronique avait été diffusée lors des mandats (1987-2008) du grand rabbin Joseph Haïm Sitruk ? S'est-il indigné que celui-ci ait continué d'exercer sa fonction éminente malgré sa grave maladie ? Faut-il être "politiquement correct" pour être publié sur Jewpop ?

Où est l'appel à la haine ? Il y a un appel à l'action, mais sans aucune précision sur l'action à mener. Par contre, le texte d'Alain Granat est d'une rare agressivité. "On ne tire pas sur une ambulance", avait écrit Françoise Giroud.

Et, dans un autre domaine, Alain Granat s'est-il indigné du discours de l'actuel grand rabbin de France Haïm Korsia, le 6 septembre 2015, lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation, invitant à un "sursaut civique et humain", à "des gestes forts" en faveur de l'accueil des "migrants" ? En quoi était-il "civique" d'accueillir des immigrés en situation irrégulière, originaires d'Etats inculquant dès le plus jeune âge l'antisémitisme à leurs habitants ? Des "gestes forts", c'est moins grave qu'une "réaction radicale" ? Le silence du grand rabbin de France Haïm Korsia sur la polémique née des propos du grand rabbin dont il a été un proche collaborateur, s'avère éloquent.

Dans sa chronique du 6 juin 2016 sur France Culture intitulée L'appel à haine du rabbin Sitruk, Caroline Fourest a fustigé le grand rabbin Sitruk qualifié d'"intégriste". A tort, elle allègue que l'homosexualité serait une "obsession" du chroniqueur, et l'homosexuel un "nouveau bouc émissaire". Combien de textes sur ce thème par ce chroniqueur de Radio J ? 5, 10 sur des centaines ? Plus ? Moins ? Et Caroline Fourest de conclure sur l'impératif de condamner l'ancien grand rabbin. Les mêmes qui "sont Charlie" refusent la liberté d'expression à ceux ayant un avis distinct du leur ?! Ce "politiquement correct" conduit à la censure, à une société totalitaire.

« Le rejet de l’homosexualité est un classique des religieux conservateurs mais si on ne s’en n’émeut plus, on le légitime, et à force de le légitimer, il ne faut pas s’étonner que des fous de Dieu, (…) finissent pas exécuter ce qu’ils pensent être un ordre divin », a poursuivi la journaliste. N'importe quoi. Plus de huit millions d'habitants, dont 6,1 millions de Juifs, vivent en Israël, et aucun homosexuel n'y a été assassiné. C'est tellement plus facile, et prudent, de condamner un grand rabbin de France malade que la persécution des homosexuels par l'Autorité palestinienne, ou par divers pays musulmans.

« Ce sont les propos de Joseph Sitruk, qu’il faut abréger », a conclu Caroline Forest. Comment ? Par une réaction "radicale" ?

C'est curieux : les mêmes qui exhortent à accepter la différence, l'autre, sont les premiers à condamner celui qui affirme le même impératif, et au premier lieu, la différence sexuelle.

« En qualifiant la Gay Pride de Tel Aviv de « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël », et en appelant à réagir « de façon radicale à une telle abomination », l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruck a-t-il réalisé la gravité des paroles qu’il a tenues hier sur Radio J ? » s'est indigné Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, a dénoncé les propos de l’ancien Grand rabbin de France. C'est le même qui a refusé de rencontrer Naftali Bennett, alors ministre d'un gouvernement issu d'élections démocratiques en Israël.

« C’est bien l’unité de la communauté dans son ensemble que vous avez compromise » a déclaré Alain Beit, président de l’association juive LGBT, Beit Haverim, à Haïm Sitruk. Depuis quand "la communauté juive" est-elle unie ? Même pas pour défiler contre l'antisémitisme en 2002.

Alain Beit a l'intention d'assigner en justice Haïm Sitruk pour "incitation à la haine". Et sur quels propos ? Un mot de la Bible traduit en français ? Une opposition à la Gay Pride ? Vous imaginez une audience avec un septuagénaire respectable se déplaçant difficilement et peinant à répondre aux questions de magistrats ou d'avocats ? Et un magistrat oserait condamner la Bible, le judaïsme, ou la traduction d'un mot hébreu en "abomination" ? Est-ce ce que visent des homosexuels revendiqués ou des Internautes ? Cette audience risquerait de se tourner au désavantage du plaignant.

Le ridicule tue aussi. Il convient de ne pas l'oublier.


A lire sur ce blog :

Cet article a été publié le 14 juin 2013, puis le 8 juillet 2014. Il a été modifié le 7 juin 2014.

2 commentaires:

  1. Juste un détail, mémé n'a pas du tout cette connotation négative en Belgique, et dans une partie du Nord de la France, où ce terme signifie plutôt "mamie"!

    Moi-même, on m'a traitée de "mémé hyperactive". Je ne peux le nier, puisque j'ai 62 ans! Même si j'en parais vingt de moins, que j'ai pour amant un grand Norvégien aux yeux bleus qui est de 18 ans mon cadet, que je fais de l'équitation, de la moto, que je pilote un DA40 TDI, etc. etc. Pas mal pour une mémé, non? :-)

    Pour le reste, vous me confortez dans mon «lévo-antisémitisme» (je déteste les Juifs de gauche!) :-P

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  2. J'avais manqué cet article, implacable réquisitoire qui remet Jewpop et ses soutiens à leur juste place d'amuseurs pas drôles et de contempteurs des politiques israéliennes légitimement choisies par les citoyens israéliens lors d'élections démocratiques -- les seules de la région, comme nul n'est censé l'ignorer, fût-il palestinolâtre.
    Merci.

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