mercredi 1 avril 2015

« Rachel Corrie » de Simone Bitton


Arte a diffusé Rachel, documentaire partial de Simone Bitton (2008). Rachel Corrie (1979-2003) était une militante américaine anti-israélienne morte accidentellement, le 16 mars 2003, lors d’une action menée par ISM (International Solidarity Movement) à Rafah (bande de Gaza). Son histoire a été instrumentalisée par la propagande (pro)palestinienne. Un cas d’étude. Le 12 février 2015, la Cour suprême israélienne a rejeté l'appel de la famille de Rachel Corrie qui contestaient le rejet en 2012 par un tribunal de Haïfa de leur plainte pour "homicide par négligence"  contre l’Etat d’Israël. La pièce de théâtre My Name is Rachel Corrie (2005), co-signée par Katharine Viner, nommée le 20 mars 2015 rédactrice en chef du quotidien britannique The Guardian, et par l'acteur Alan Rickman, sera présentée, dans une mise en scène de Jonathan Kane, off Broadway au Culture Project’s Lynn Redgrave Theater dans l'East Village (2-12 avril 2015), etc.


Rarement un documentaire a bénéficié d’un communiqué d’Arte si élogieux et partial. Bien à tort.

Hasard ? Ce film est diffusé peu avant l'anniversaire du décès Rachel Corrie, le 16 mars. Et peu après qu'une Cour américaine ait estimé légal le boycott de produits israéliens par Olympia Fopod Co-op, entreprise établie à Olympia, ville natale de Rachel Corrie dans l'Etat de Washington.

Un accident mortel
En ce début de l’Intifada II, les victimes du terrorisme palestinien étaient des civils, israéliens ou non, essentiellement Juifs, assassinés ou blessés dans des pizzerias ou cafés, dans des stations de bus, devant une discothèque, etc. Les médias palestiniens diffusaient des messages de haine contre les Juifs et les Croisés. Une directive militaire israélienne définit le "couloir de Philadelphie", dans la bande de Gaza, comme "zone militaire fermée" dont l'entrée est interdite aux civils. De septembre 2000 au 16 mars 2003, environ 6 000 grenades ont été lancées contre les forces militaires israéliennes dans ce "couloir", 1 400 incidents liés à des tirs par armes à feu ont été recensés, et plus de 40 tirs de mortiers. Ce qui a causé des blessés et morts israéliens.

Militante américaine âgée de 23 ans, Rachel Corrie est membre de l'ISM, organisation anti-israélienne prônant les BDS (Boycotts Désinvestissements Sanctions) contre l'Etat d'Israël. L'ISM envoie plusieurs de ses activistes, dont Rachel Corrie, en mission dans cette zone. Les courriels de Rachel Corrie à sa famille révèlent alors sa naïveté, son ignorance, voire une certaine confusion intellectuelle. Dans l’un d’eux, elle écrit se trouver « au milieu d’un génocide que je soutiens indirectement, et pour lequel mon gouvernement est largement responsable ».

Le 16 mars 2003, les Etats-Unis alertent leurs citoyens sur le danger à se rendre dans la bande de Gaza, et Rachel Corrie participe à une action prétendument "non-violente" menée par l'ISM dans une zone de guerre ("couloir de Philadelphie") de la bande de Gaza, alors que les autorités israéliennes s’efforcent de "niveler" un sol bourré d'explosifs.

Dans cette zone située à 50 mètres de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, transitent des armes et des terroristes via des tunnels. Avec d’autres militants, Rachel Corrie multiplie les actions d'obstruction dans cette zone militaire clairement délimitée, et en temps de guerre : elle s’oppose pendant plusieurs heures à l’action anti-terroriste israélienne qui utilise un bulldozer Caterpillar. Contrairement aux allégations de ses partisans, elle ne sauve pas la vie de Palestiniens, et ne s'interpose pas pour éviter la destruction de maisons gazaouies. Les soldats israéliens préviennent ces activistes, tentent de les disperser. En vain.


Vers 17 h ce 16 mars 2003, Rachel Corrie, « bouclier humain » volontaire, n’est pas visible par le conducteur du bulldozer israélien de marque Caterpillar qui dispose d’un champ de vision réduit dans sa cabine de protection. Ce bulldozer avance lentement, à environ 1 km/h, dans sa direction. Assise ou agenouillée, Rachel Corrie ne s'éloigne pas quand elle voit cet amas de terre mouvant déplacé par le bulldozer, et ne tient pas à la main de mégaphone.



Elle tente de grimper le long de cet amas mobile qui la fait chuter. Son corps est en partie recouvert par de la terre. Les autres activistes témoins de l'accident alertent le conducteur du bulldozer qui arrête son véhicule. On peut voir alors Rachel Corrie s'efforcer de s'extirper de cet amoncèlement de terre.Transférée vivante à l’hôpital, elle est déclarée morte environ 20 minutes plus tard.


La propagande palestinienne allègue que Rachel Corrie aurait protégé une maison palestinienne de la destruction au moment de l’accident, et aurait été écrasée à deux reprises. Ce qui est faux.


Cette propagande diffuse aussi des "fauxtographies" suggérant que Rachel Corrie aurait été visible par le conducteur du bulldozer lors de l'accident. Mais par plusieurs enquêtes, les autorités israéliennes prouvent le contraire. La photo ci-contre a été prise plusieurs heures avant l'accident.


L'ISM

Ce film partial de Simone Bitton occulte notamment les méthodes d'ISM et les liens de cette organisation avec des mouvements terroristes palestiniens révélés par le journaliste Lee Kaplan, créateur du site StoptheISM.


L’histoire de Rachel Corrie, activiste d’ISM, est emblématique de la manière dont certaines organisations anti-israéliennes et palestiniennes "tuent leurs soutiens", instrumentalisent leur mort, y compris dans des œuvres artistiques, et des tactiques - non respect des décisions d'un Etat de droit, harcèlement, assaut physique des forces israéliennes, entraves à l'ordre public, diffusion des films des actions menées à fin de diffamation d'Israël, etc. - des organisations qui les soutiennent.

Le colonel Shalom Eisner, un héros de la guerre d'Israël contre le Hezbollah au Liban (2006), en a fait les frais face au militant danois d'ISM Andreas Ayas après la diffusion sur Internet le 15 avril 2012 d'une vidéo d'environ deux minutes. Dans ce court film, on peut le voir donner un bref coup avec son arme au visage de cet activiste au keffieh palestinien - Andreas Ayas porte une légère coupure sur une lèvre qui ne l'empêche pas de reprendre rapidement le harcèlement des soldats israéliens - Andreas Ayas a menti en prétendant avoir été emmené par une ambulance sitôt le coup porté par le colonel Eisner. Cette vidéo ne montre pas les deux doigts du colonel israélien cassés par cet activiste peu auparavant, son dialogue pendant deux heures pour convaincre ces activistes européens et arabes de cesser de bloquer la circulation sur une route importante près de Jéricho, le couteau d'un de ces militants entrainés à provoquer des incidents avec les soldats israéliens. Une action typique d'ISM - harcèlement des forces de l'ordre, dénonciation médiatique, mensonges, mises en scène, condamnations de la communauté internationale, parfois sanctions en Israël -, comme l'a démontré le journaliste Lee Kaplan. Une autre vidéo sur Internet montre la violence de la police danoise contre des manifestants pacifistes. Une autre encore la violence des forces de l'ordre de démocraties : Italie, Australie, France, etc.Un cas aussi révélant l'échec israélien face à cette "guerre digitale".

Justice rendue
Les parents de Rachel Corrie ont créé une Fondation qui perpétue le mythe sur la mort de leur fille.

Quelques années après le décès accidentel de leur fille Rachel, ils ont failli être kidnappés par cinq terroristes, vraisemblablement membres du Fatah, lors d'un séjour dans la bande de Gaza. Quand ces individus armés ont appris l'identité de ces Américains, ils ont renoncé à leur projet.

Les Corrie ont perdu leur procès intenté aux Etats-Unis contre la firme Caterpillar.

En 2010, s’est ouvert le procès qu’ils ont intenté en Israël en alléguant que Tsahal aurait délibérément tué Rachel Corrie, ou du moins commis une importante négligence, et que l’absence d’une enquête approfondie sur les causes de la mort de leur fille cacherait des preuves filmées, etc. Tsahal a communiqué à la justice israélienne une vidéo en noir et blanc de ce qui s'est passé juste avant et après la mort de Rachel Corrie. Mandaté par la famille Corrie, un expert a affirmé lors du procès que le conducteur du bulldozer n'a pas pu voir et n'a pas vu Rachel Corrie le jour de son décès.

Le 28 août 2012, le tribunal de Haïfa (Israël) a rejeté  la plainte de la famille Corrie contre l'Etat d'Israël et le ministère israélien de la Défense. Dans son jugement de 62 pages, le juge Oded Guerson  a déploré la mort de Rachel Corrie, un "accident regrettable" qu'elle aurait pu éviter en évitant de se placer dans cette situation dangereuse dans une zone de guerre. Il a conclu à "l'absence de négligence du conducteur du bulldozer israélien" et a constaté que l'enquête de l'Armée israélienne avait été menée correctement. Malgré ce jugement argumenté, des médias, notamment français Juifs, présentent de manière erronée les circonstances de la mort de Rachel Corrie.

Avocat de la famille Corrie, Me Hussein Abou Hussein a interjeté appel dudit jugement. 

Le 21 mai 2014, la Cour suprême d'Israël a examiné cet appel« Nous faisons appel sur plusieurs points. Le premier est que la cour de Haïfa a refusé de prendre en compte la loi humanitaire internationale [concernant la protection des civils]. La cour a également donné une interprétation très restreinte de la notion de négligence », a déclaré Craig Corrie, père de Rachel Corrie.

Le 12 février 2015, la Cour suprême israélienne a rejeté l'appel de la famille de Rachel Corrie qui contestaient le rejet en 2012 par un tribunal de Haïfa de leur plainte pour "homicide par négligence"  contre l’Etat d’Israël. Elle a estimé que "l’Etat n’est pas responsable des dommages causés par l’armée israélienne en temps de guerre".

Une mort accidentelle instrumentalisée


Le 15 septembre 2003, Yoko Ono, alors âgée de 70 ans, a dédié sa performance Cut Piece au théâtre du Ranelagh (Paris) à Rachel Corrie. En "signe de paix", les spectateurs ont découpé à l'aide d'une paire de ciseaux des morceaux de sa robe noire. Rachel Corrie "avait pris position, en notre nom à tous", avait alors écrit Yoko Ono.

Et d'expliquer au Monde (23 septembre 2003) : "Ce n'est pas nécessairement une dédicace, mais elle m'a inspirée. Je ne peux pas dire logiquement pourquoi j'ai été inspirée par son acte, mais je l'ai été. Quand j'ai entendu qu'elle était morte, j'ai été très remuée".




Doté de 50 000 dollars, l'un des  cinq Prix Lennon Ono pour la Paix 2012 a été décerné à Rachel Corrie, et remis à la Fondation Rachel Corrie.

L’histoire de Rachel Corrie a été instrumentalisée rapidement par la propagande (pro)palestinienne de diverses manières : désinformation médiatique – narratif diabolisant Israël, "fauxtographies" -, boycott de la firme américaine Caterpillar, poursuites judiciaires contre l’Etat d’Israël et la firme Caterpillar, navire à son nom  de la Flotille pour forcer illégalement le blocus maritime légal de la bande de Gaza (juin 2010), pièce de théâtre My Name is Rachel Corrie (2005), co-signée par Katharine Viner, nommée le 20 mars 2015 rédactrice en chef du quotidien britannique The Guardian, et par l'acteur Alan Rickman. Une oeuvre qui sera présentée, dans une mise en scène de Jonathan Kane, off Broadway au Culture Project’s Lynn Redgrave Theater dans l'East Village (2-12 avril 2015), etc.


Depuis août 2011, une rue du centre de Téhéran porte le nom de Rachel Aliene Corrie.

Financé avec des fonds publics français, Rachel de Simone Bitton a été diffusé par le…  Festival du film Juif de San Francisco (Etats-Unis) ! Dans une lettre au journal Juif local, Akiva Tor, consul général d’Israël à San Francisco, a écrit que la mère de Rachel Corrie n’était pas différente d’une « victime du terrorisme » !? Décidément, des représentants diplomatiques israéliens posent problèmes, et pas seulement en France.

"D'autres Rachel ont perdu elles aussi la vie - des victimes Juives de l'Intifada. Qui s'en souvient ?", écrit le journaliste Tom Gross. Et de citer Rachel Thaler, âgée de 16 ans lors de l'attentat dans une pizzeria qui lui a coûté la vie, Rachel Levi, tuée à 19 ans alors qu'elle attendait un bus...

Selon l'Etat islamique qui l'avait kidnappée en août 2013 près d'Alep (Syrie), Kayla Mueller, américaine de 26 ans, aurait été tuée lors d'un raid aérien de l'Armée jordanienne près de Raqa en février 2015. Militante de l'ISM, elle a participé à des manifestations contre les Juifs à Sheikh Jarrah ("Jérusalem-Est", Israël) et aux émeutes à Bi’ilin, a diffamé dans ses lettres l'Etat Juif, etc. Et cette activiste partiale est encensée par des médias français : "Dotée d'une profonde empathie envers les plus démunis, elle avait déclaré qu'elle ne laisserait jamais la souffrance être quelque chose de normal" (Manon Labat, Le Figaro, 11 février 2015), "L'idéaliste qui n'avait pas froid aux yeux... elle n'a cessé de parcourir le monde pour aider les plus démunis" (L'Express, 11 février 2015)...



"Une enquête rigoureuse sur la mort d'une jeune pacifiste américaine écrasée par un bulldozer israélien dans la bande de Gaza, doublée d'une méditation sur la jeunesse et l'engagement.
Elle s’appelait Rachel Corrie. Elle avait 23 ans. Elle est arrivée en Palestine croyant que sa nationalité américaine suffirait à faire d’elle un bouclier humain efficace pour sauver des vies, des oliviers, des puits et des maisons. Mais Rachel est écrasée par un bulldozer le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza. Comme beaucoup de jeunes gens, elle tenait un journal de voyage sous forme d'e-mails qu’elle envoyait à sa famille et à ses amis aux États-Unis… Au rythme des mots de la jeune pacifiste, Rachel enquête sur cette mort en donnant la parole à toutes les parties impliquées, juxtapose des versions contradictoires du même évènement, observe les lieux du drame et dévoile de nombreux documents. Vérité ou mensonge ? Témoignage ou propagande ? Le film dénoue peu à peu l’écheveau et transcende son sujet pour devenir une méditation cinématographique sur la jeunesse, la guerre, l’idéalisme et l’engagement politique".


"LA VÉRITÉ EST DANS LA RÉVOLTE"
"Au-delà du démontage d’un épisode tragique – qui lui-même renvoie à une tragédie beaucoup plus large – j’ai fait ce film en pensant à tous ces jeunes qui héritent du monde tordu que nous leur laissons et qui décident de résister. Ils sont plus nombreux qu’on ne le pense généralement. Plutôt que de vieillir idiote, j’ai voulu aller vers eux. J’ai découvert qu’ils sont plus lucides et plus courageux que nous ne l’étions, sans doute car ils n’ont pas d’autre choix. Yonatan, le jeune anarchiste, me dit en souriant qu’on peut lutter sans espoir, que la résistance c’est la vie, que la vérité est dans la révolte. Il ne se rend pas compte de l’espoir immense que font naître ses paroles, sa beauté et son engagement ! Je viens du Moyen-Orient [Simone Bitton est née au Maroc en 1955] où ces choses sont peut-être plus évidentes qu’ailleurs, mais cela vaut pour le monde entier. Citant encore Mahmoud Darwich, je dirai que la Palestine devient souvent une métaphore de l’état du monde lorsqu’on l’observe de près. Gaza n’est pas seulement le tombeau de Rachel Corrie et des centaines de civils qui y sont régulièrement assassinés : c’est un tombeau universel où l’humanisme tout entier est en train de sombrer." (Simone Bitton)


« Rachel »
Documentaire de Simone Bitton
France, 2008, 1 h 40 mn
Coproduction : Ciné-Sud Promotion, ARTE France Cinéma, Novak Prod, RTBF
Image : Jacques Bouquin. Montage : Catherine Poitevin, Jean-Michel Perez.
Diffusions les 29 février 2012, 1er mars 2012 à 2 h 15 et 8 mars 2012 à 14 h 50

Visuels du film : © Les films du Paradoxe
Visuels sur l'accident : captés sur le site I* Consult

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Cet article a été publié le 29 février 2012 et modifié le 12 mai 2014. Il a été republié le :
- 21 avril 2012 car le colonel Shalom Eisner était la victime des tactiques d'ISM ;
- 28 août 2012  alors que le tribunal de Haïfa (Israël) a rejeté la plainte de la famille Corrie contre l'Etat d'Israël et le ministère israélien de la Défense ;
- 16 mars 2014.

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