lundi 7 octobre 2013

Salah Hamouri, terroriste "franco-palestinien" non repenti (4/5)

 
Cet article est republié alors que vient de décéder le rabbin Ovadia Yossef. Dans sa  dépêche pour l'AFP publiée ce 7 octobre 2013, Michael Blum a omis d'indiquer la tentative d'assassinat de ce leader spirituel par le terroriste Salah Hamouri. Michal Blum a indiqué qu'il ne s'agit pas d'un "oubli, mais d'un choix", mais à refuser d'en donner la moindre raison. Cette omission volontaire occulte le terrorisme palestinien d'un "Franco-palestinien" soutenu par les plus hautes autorités politiques et "intellectuels" français.
 
Membre de l’organisation terroriste FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), le Franco-palestinien Salah Hamouri a plaidé coupable, et a été condamné en 2008 à sept ans de prison pour avoir fomenté d’assassiner le chef spirituel du parti orthodoxe israélien Shass, le rabbin Ovadia Yossef. Ayant bénéficié de soutiens politiques en France aux plus hauts niveaux, il a été libéré de manière anticipée le 18 décembre 2011, dans le cadre de l’accord ayant permis la libération du jeune otage Franco-Israélien Guilad Shalit le 18 octobre 2011 en échange de 1027 détenus Arabes palestiniens. Il n’a exprimé ni regret ni remord, et a annoncé poursuivre son combat. En France, il a été reçu par des édiles et associations, et à la fête de l’Humanité, et en Israël, par le consulat de France à Jérusalem le 9 novembre 2012.


2e partie : France 2 n’établit pas toute la vérité sur le terroriste Salah Hamouri (2/5)


JewishRefugees pubished a relevant summary and analysis of those facts: Must Jewish celebrities behave like Dhimmis?

 
C’est le paradoxe de la France : d’une part, elle lutte contre le terrorisme islamiste, et d’autre part, elle a réclamé la libération anticipée d’un terroriste.

C’est peu banal : un Président de la République, alors Nicolas Sarkozy, qui s’est démené pour obtenir un « geste de clémence », la libération anticipée de Salah Hamouri, membre du FPLP, organisation qualifiée de terroriste par l’UE, les Etats-Unis.

Encore plus rare : le Président Sarkozy a sollicité que le chef spirituel du parti Shas, le rabbin Ovadia Yossef, référence incontestée sur la halakha (loi juive), qui a failli être trucidé par Salah Hamouri et ses complices en mars 2005, ne s’oppose pas à sa libération anticipée.

Et encore plus exceptionnel : après avoir pris conseil auprès notamment de Zvi Ammar, président du Consistoire israélite de Marseille favorable à cette demande française, le rabbin Ovadia Yossef, a accédé à la requête présidentielle car il « apprécie ce que fait le président français en faveur de l'Etat d'Israël et de la communauté juive en France ». Ce qui a contribué à la réponse positive des autorités israéliennes au souhait présidentiel français : elles ont ajouté le nom de Salah Hamouri aux patronymes d’autres terroristes à libérer, dont certains ont du sang sur les mains.

Banalement, comme d’autres terroristes, Salah Hamouri n’a exprimé aucun regret et aucun remord. Pis, Reuters a cité sa déclaration, peu après sa libération, selon laquelle le rabbin Ovadia Yossef « mérite la mort ». Et Salah Hamouri a annoncé son intention de poursuivre sa lutte pour la « Palestine » et assuré sa tournée en France en appui aux prisonniers palestiniens.
 

François Cluzet, France 2 et le CSA
C’est une déclaration de l’acteur François Cluzet, sur France 2, à une heure de prime time dominical, qui a contribué à la popularité Salah Hamouri.

Le 8 novembre 2009, lors du magazine d’informations 13 h 15 de France 2, François Cluzet avait allégué, à tort et avec fougue, que Salah Hamouri, « franco-palestinien », avait été emprisonné pour « délit d’opinion » en Israël. Sans être  contredit.

Le 9 novembre 2009, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) saisissait le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) pour « désinformation et incitation à la haine » car Salah Hamouri avait été légalement condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass.

Le 22 novembre 2009, ce magazine de France 2 a diffusé un reportage partial, lacunaire et déséquilibré en occultant une partie essentielle de la vérité sur ce terroriste.

Sammy Ghozlan a saisi le CSA à propos de ces deux émissions de France 2.

Le 1er décembre 2009, le CSA a considéré que les propos de François Cluzet « n'étaient pas constitutifs d'une incitation à la haine ou à la violence. En les diffusant, France 2 n'a donc pas manqué à ses obligations en matière de déontologie et de maîtrise de l'antenne » et « qu'en diffusant, le 22 novembre 2009, un sujet complet sur Salah Hamouri, France 2 avait assuré la diversité des points de vue et l'honnêteté de l'information ». (publication sur le site Internet le 13 janvier 2010).

Comparons avec le silence du CSA à sa saisine dans l’affaire al-Dura et à sa réactivité à l’égard de déclarations du journaliste Eric Zemmour, le 6 mars 2010, sur les contrôles au faciès, lors de l'émission Salut les terriens, présentée par Thierry Ardisson sur Canal + : «Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes, c’est comme ça, c’est un fait » (1). Le lendemain, le dimanche 7 mars 2010, Rachid Arhab, président du groupe de travail "Déontologie des contenus audiovisuels" du CSA, a déclaré dans Médias le magazine présenté par Thomas Hughes sur France 5 : le CSA s'était saisi de ces propos « bien avant même la saisine par le MRAP [Nda : Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples] et par le Club Averroès » (2). Journaliste de France 2 qui l’a « mis en disponibilité » lors de sa nomination au CSA, ce conseiller a ajouté : « C'est une question que nous avons regardée de très près cette semaine, que nous allons continuer d'examiner". Et le 23 mars 2010, le CSA a sanctionné Canal + par une mise en demeure pour ces propos controversés d'Eric Zemmour.
 

Une victoire française à la Pyrrhus
Membre du FPLP, âgé de 26 ans, Salah Hamouri est un « Franco-palestinien » qui a purgé une peine de prison pour avoir organisé l’assassinat du rabbin Ovadia Yossef.

Doté d’un lourd casier judiciaire, Salah Hamouri a bénéficié comme prisonnier de nombreux droits niés à l’ancien otage franco-israélien Guilad Shalit auquel certains l’ont à tort comparé.

Avec une rare unanimité, la classe politique française - Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, François Hollande, alors candidat socialiste à l’élection présidentielle en 2012, le Parti communiste, le Maire de Paris Bertrand Delanoë… - s’est réjouie de la libération anticipée le 18 octobre 2011 de Salah Hamouri, qui devait être libéré en mars 2012.

C’est une victoire à la Pyrrhus qu’a remportée le chef de l’Etat français, ou plutôt un accord perdant/perdant pour les deux Etats – France et Israël - et où ont été mêlés un responsable communautaire français et un rabbin israélien éminent.

Le Président Sarkozy a souligné qu’il se battait pour tous les prisonniers ou otage français dans le monde. Sa demande d’un « geste de clémence », la libération d’un terroriste, révèle les limites et assombrit le bilan de son action.

« La décision du rabbin Ovadia Yossef est sage et acceptable. Mais la demande de la France est indécente. Qu’un gouvernement demande la libération d’un otage dans un pays sans justice se comprend. Mais, d’une part, l’Etat d’Israël est un Etat de droit rendant une justice équitable et d’autre part, Salah Hamouri est membre du FPLP, comme le terroriste Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, condamné le 15 décembre 2011, à la réclusion criminelle à perpétuité par la Cour d'assises spéciale de Paris. Qui oserait demander à la France la libération de terroristes basques ou d’Yvan Colonna condamné en 2011 pour l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998 ? », m’a expliqué Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), le 16 décembre 2011.

Conformément aux Codes pénal et de nationalité, Sammy Ghozlan avait proposé que la France prononçât la déchéance de nationalité française de Salah Hamouri. En vain.

De plus, dans l’espoir d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt, le Président Sarkozy a sollicité en 2007 du président colombien Álvaro Uribe la libération du chef des FARC, Rodrigo Granda, puis a demandé à plusieurs reprises aux FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) de libérer la politicienne franco-colombienne et a annoncé que la France accorderait l’asile à des terroristes des FARC. Or, c’est la fermeté du président colombien à l’égard de ce mouvement terroriste qui a permis sa libération le 2 juillet 2008.

En outre, en dédiant en février 2011 l’année du Mexique en France à Florence Cassez qui, tout en clamant son innocence, purge au Mexique une peine de 60 ans de prison pour enlèvements, port d’arme et participation à délinquance organisée -, le Président Sarkozy a suscité l’ire du gouvernement mexicain ; le Mexique s’est retiré de cette manifestation culturelle majeure qui a été annulée en mars 2011.

Dans un contexte français et mondial si perturbé, on peut s’étonner que le Président Nicolas Sarkozy ait consacré tant de temps et d’énergie pour un terroriste – un terme qu’il s’est gardé de prononcer -, a fortiori non repenti, et qu’il n’ait trouvé même pas une minute depuis le 9 février 2011 pour accéder à la demande du président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) d’une réunion du Comité de lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Lors même que le nombre d’actes antisémites demeurait en France à un niveau très élevé, qu’il risquait de bondir lors d’une actualité grave au Moyen-Orient. Et même après les assassinats antisémites perpétrés par le jihadiste franco-algérien Mohamed Mérah le 19 mars 2012.

Enfin, le 30 juin 2011, à Brax (Lot-et-Garonne), Hermann Fuster, a violemment agrippé par la veste le Président Sarkozy. Cet employé municipal a été condamné le 1er juillet 2011 à six mois de prison avec sursis et a été suspendu de ses fonctions. Le Président Sarkozy n’avait pas porté plainte. Que n’a-t-il manifesté à l’égard de Hermann Fuster la grandeur d’âme dont témoigne le pardon de l’offense et le même activisme que celui dont il a fait preuve concernant Salah Hamouri ?

De louable, ce souhait du Président Sarkozy est devenu problématique, peu compréhensible, critiquable, peu pertinent, en contradiction avec les valeurs affichées et l’action de l’UE, et a brouillé son image.
 

Un « signe de paix » (Zvi Ammar)
Quant à Zvi Ammar, il s’est expliqué le 12 décembre 2011 sur sa position concernant la libération de Salah Hamouri par un communiqué sur son site Internet.

Puis le 13 décembre 2011, il a déclaré sur Radio J : le rabbin Ovadia Yossef « a sollicité mon avis. Je le lui ai donné [le 11 décembre 2011]. Je lui ai dit que c’est une bonne chose pour les raisons suivantes : [Salah Hamouri] a purgé 80% de sa peine, il lui reste moins de trois mois ; Israël est obligé dans le cadre de la transaction Shalit de libérer [des terroristes] dans les prochaines semaines… Nous, communauté juive de France, nous avons espéré voir les meilleures relations entre Israël et la France… [C’est notre] intérêt, comme citoyens français et comme Juifs ».

Gêné par une question de Michel Zerbib, directeur de l’information de Radio J, sur le vote de la France en faveur de l’entrée de la Palestine comme Etat membre de l’UNESCO, Zvi Ammar a éludé : « C’est vrai que les prises de position de la France envers Israël depuis plusieurs mois... »

Et d’ajouter : « Est-ce pour cela qu’on doit continuer dans cette relation de tension ?… [Le rabbin Ovadia Yossef] a fait un grand geste de pardon. J’espère que ce geste va être bien interprété dans le monde musulman et [qu’il y aura la] reprise des négociations... Israël n’a pas de vrai partenaire pour la paix… [Il y a] beaucoup d’incompréhensions sur les positions de la France. Rien n’a avancé dans ce processus de paix  ».

Bref, si on comprend bien Zvi Ammar, celui-ci a plaidé dans le triple espoir qu’un partenaire pour la paix inexistant reprendra le chemin des négociations, que le monde musulman, figé dans son refus de l’existence de l’Etat Juif, comprendra ce geste comme le signe d’une âme noble et « de paix », et que les relations franco-israéliennes s’amélioreront.

Las ! Le 29 décembre 2011, la France a condamné « fermement les décisions prises hier par la municipalité israélienne de Jérusalem d’autoriser la construction de 130 nouveaux logements dans la colonie de Gilo et d’un complexe touristique dans le quartier palestinien de Silwan, à Jérusalem-Est ». Le 4 janvier 2012, la France a condamné « la décision prise le 3 janvier par les autorités israéliennes de publier des appels d’offres en vue de la construction de 300 nouveaux logements dans les colonies de Pisgat Zeev et Har Homa, à Jérusalem-Est », etc.

Zvi Ammar espère aussi un deuxième voyage officiel du Président Sarkozy en Israël ! Pour dire quoi ? Pour refuser toute pertinence à la qualification de Juif à l’Etat d’Israël ? Pour que les autorités israéliennes lui rappellent avec tact que l’ONU s’est prononcée en 1947 pour le plan de partage de la Palestine mandataire entre un « Etat Juif », un « Etat arabe » et une zone internationale (corpus separatum) incluant Jérusalem ?

Selon Sammy Ghozlan, l’avis de Zvi Ammar aurait été aussi inspiré par le souci de ses relations avec la communauté musulmane de la cité phocéenne.

Zvi Ammar s’est risqué sur le terrain politique, hors du champs de compétence de sa fonction de président du Consistoire israélite de Marseille, et a émis des considérations politiques fondant son conseil au rabbin Ovadia Yossef.

En échange, qu’a obtenu Zvi Ammar ? Rien ! Est-ce sa conception de sa fonction de conseiller, de la négociation et de la situation des Français Juifs ? Zvi Ammar a-t-il songé à plaider pour une intervention du grand rabbin Yossef ou/et de l’Elysée pour le respect des règles déontologiques dans l’affaire al-Dura ou le numéro controversé de L’œil sur la planète sur l’Etat palestinien, pour l’équilibre de la diplomatie française, pour la libération de ses coreligionnaires Jonathan Pollard, etc. ? L’idée du « C’est donnant/donnant » avec diplomatie, mais avec fermeté, l’a-t-elle effleuré ? Dans son autobiographie, Roger Cukierman souligne combien sa fermeté vis-à-vis du pouvoir politique lors de ses deux mandats comme président du CRIF ne l’a pas desservi. Bien au contraire…

Zvi Ammar a-t-il pensé à réitérer la suggestion du CRIF, formulée vainement voici un an, en faveur de la réunion du Comité de lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

Pour paraphraser le Président Sarkozy, « les paramètres du combat contre l’antisémitisme sont connus de tous ». Commandé par le ministre de l’Intérieur, alors Dominique de Villepin, le rapport     Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (2004) de Jean-Christophe Rufin les a clairement listés : l’extrême-droite, les groupes terroristes, « l’antisionisme radical ». « Il n’est pas concevable aujourd’hui de lutter efficacement en France contre l’antisémitisme dans ses formes nouvelles sans tout tenter pour rééquilibrer l’appréciation par l’opinion publique de la situation au Moyen-Orient », a conclu Jean-Christophe Rufin dans ce rapport vite occulté tant il offensait le « politiquement correct ».
 

Après Hamouri, Tamimi et Sarsak
Entre Etats, existe-t-il de l’amitié entre Etats, ou plutôt des intérêts bien compris ?

Christophe Bigot, ambassadeur de France en Israël, a contacté le chef du parti Shaas et le ministre de l’Intérieur Elie Yshai. Le rabbin a annoncé sa réponse favorable « au président de la République par courrier et ensuite le ministre de l’Intérieur l’a confirmé. Je pense que cela a joué un rôle important car on sait que la voix du Grand rabbin est une voix de sage... D’autres aussi au sein du gouvernement israélien estimait que dans un esprit d’amitié avec la France une réponse positive pouvait être donnée ».

En libérant Salah Hamouri, le gouvernement israélien a peut-être évité de libérer un prisonnier terroriste ayant du sang sur les mains.

Malgré le qualificatif de « menteur » dont le Président Nicolas Sarkozy a affublé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, celui-ci et son gouvernement ont accordé une faveur au Président acteur de la « politique arabe de la France ».

La récompense pour l’Etat d’Israël de ce « beau geste » ? Les condamnations systématiques de la France, le rapport d’ambassadeurs de l’Union européenne, dont celui de la France, préconisant en décembre 2011 une ingérence, en plus illégale, dans la vie israélienne en érigeant le statut des Arabes israéliens en « un problème central, et pas secondaire, par rapport au conflit israélo-palestinien », et l’opposition du Président Nicolas Sarkozy à « une intervention militaire » pour arrêter le programme nucléaire militaire iranien.

En outre, « une campagne est lancée visant la libération de Bassem Tamimi, militant palestinien arrêté le 24 mars 2011, organisateur de manifestations « pacifistes » et nouveau flambeau de la lutte contre l’Etat d’Israël », a précisé Sammy Ghozlan. L’Union européenne « considère M. Tamimi comme un défenseur des droits de l’homme et un manifestant non-violent », a écrit Alain Juppé qui s’est dit le 30 novembre 2011 préoccupé par sa situation. Une présentation de Bassem Tamimi, condamné pour avoir incité aux jets de pierres contre les forces de l'ordre israéliennes lors de manifestations « non-violentes », reprise par de Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne, le 22 mai 2012. Et Bassem Tamimi  a été libéré le 29 mai 2012.

Footballeur palestinien, Mahmoud Sarsak est arrêté par les forces israéliennes le 22 juillet 2009 pour son appartenance active au mouvement terroriste du Jihad islamique et avoir enterré une bombe qui avait blessé un soldat israélien. Pendant sa détention, il nie être membre de ce mouvement. Une campagne internationale de soutien est lancée pour obtenir sa libération et boycottet le Championnat d'Europe de football espoirs qui se tiendra en Israël en 2013. Elle réunit les soutiens d'Eric Cantona, de Ken Loach, de Noam Chomsky, de John Dugard... Le 19 mars 2012, Mahmoud Sarsak entame une grève de la faim pour faire pression sur l'Etat d'Israël qui selon lui n'aurait pas les preuves des griefs contre lui. Il y met un terme le 14 juin 2012, et est libéré le 10 juillet 2012. Il est accueilli à Gaza lors d'une cérémonie au cours de laquelle des dizaines de membres du Jihad islamique ont tiré en l'air avec leurs fusils. Un des dirigeants de ce mouvement, Nafez Azzam, le salue comme "un de nos membres nobles". Il a décliné l'invitation à assister au "clasico", match de football le 7 octobre 2012 entre le Barça (FC de Barcelone) et le Real de Madrid, car il refusait d'y côtoyer Guilad Shalit. Il appelle au boycott de ce Championnat d'Europe de football en 2013... Le 6 juin 2013, CNN a publié un portrait "romantisant" ce terroriste. CAMERA a vivement critiqué cette désinformation.

Who’s next ? (Qui est le suivant ?)

Près d’un an après cet échange, quel bilan ? Une dizaine de tentatives palestiniennes de kidnapper des soldats israéliens, huit détenus libérés dans le cadre de la libération de Guilad Shalit ont été arrêtés, en raison de leurs activités en lien avec le terrorisme, par les forces israéliennes six mois après cet échange, et un total de 15 en juin 2012. Selon Palestinian Media Watch, les dirigeants de l'Autorité palestinienne (AP), dont Mahmoud Abbas (Abou Mazen), et les médias officiels de l'AP ont choisi de glorifier ceux parmi ces terroristes qui ont commis les attentats ayant causé le nombre le plus élevé de victimes en Israël : par exemple, Ahlam Tamimi, qui a mené l'islamikaze à la pizzeria Sbarro le 9 août 2001, causant 15 morts et 130 blessés, et ne regrette rien. En Libye, en Tunisie, au Liban et au Qatar, Ahlam Tamimi a incité les foules de ses fans à suivre sa voie.

Une délégation de la région Ile-de-France a séjourné en Israël et dans les territoires disputés (8-12 novembre 2012). Le 9 novembre au soir, Frédéric Desagneaux, consul général de France à Jérusalem, a reçu cette délégation dirigée par Roberto Romero, vice-Président de la région chargé des relations internationales, et composée d’élus du Conseil régional.  Le 10 novembre, un accord de coopération a été signé par Adnan Husseini, gouverneur de Jérusalem et Roberto Romero, vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France. Etaient notamment présents le "consul général de France, la ministre palestinienne de l’Education, plusieurs personnalités politiques palestiniennes, le grand mufti de Jérusalem, le patriarche grec orthodoxe, Salah Hammouri et des représentants d’associations culturelles de Jérusalem-Est", indique le site Internet de ce consulat. Une photo publiée sur ce site montre Salah Hamouri.

Le 26 novembre 2012, Maariv a écrit que Salah Hamouri avait assisté à cette signature. Ce qui a suscité l'indignation de la famille du rabbin Ovadi Yosef, d'Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, et de Charles Meyer, vice-président de l'association France-Israël Alliance général Koenig.

Le 29 novembre 2012, le consulat de France à Jérusalem "dément formellement que M. Salah Hammouri ait été invité à la réception organisée le 9 novembre par le Consulat Général en l’honneur de la visite de la délégation de la région Ile-de-France". Une manière d'éluder toute question sur la présence de Salah Hamouri à la signature de cet accord le 10 nvoembre...

Le 1er décembre 2012 après chabbat, Ygal Palmor maintient sa réaction : "La mise au point du Consulat ne dément ni l'évènement ni la présence de Hammouri". Et de préciser : "Le Gouvernorat de Jérusalem est une administration relevant de l'Autorité palestinienne, et qui est en quelque sorte le conseil départemental qui régit la région de Jérusalem côté palestinien".
 

Ni regret ni remord
Devant la justice israélienne, Salah Hamouri avait reconnu, dans le cadre d’un « plaider coupable » sa culpabilité dans le complot visant à éliminer le rabbin Ovadia Yossef. Ce qu’avaient nié ses soutiens qui alléguaient une condamnation attentatoire à la liberté d’opinion ! Comme si fomenter un assassinat constituait une liberté publique. De plus, l’intention est un élément fondamental en droit pénal qui distingue le meurtre de l’assassinat.

Lors d’interviews postérieures à sa libération, Salah Hamouri n’a pas nié son appartenance au FPLP et a reconnu la réalité des faits à l’origine de sa condamnation.

Curieusement, aucun de ses soutiens n’a fait son mea culpa : ni François Cluzet, ni les socialistes Jean-Pierre Bel et Bariza Khiari, respectivement président et vice-président du Sénat, ni Christine Taubira, actuelle ministre de la Justice du gouvernement Ayrault, et membres du Comité de parrainage de Salah Hamouri. La liste des élus français ayant soutenu Salah Hamouri sans reconnaitre s'être fourvoyés est impressionnante. En 2008, la député Marisol Touraine, actuelle ministre des Affaires sociales et de la Santé de ce gouvernement, avait interrogé le ministère des Affaires étrangères et des droits de l'homme sur la détention de Salah Hamouri. Ce qui révèle une confusion des valeurs chez ces édiles.

Salah Hamouri a déclaré : « Je promets que ma libération sera le début d'une lutte collective pour notre objectif conjoint pour la libération du peuple palestinien et le retour des réfugiés ».

Peu après la libération de Salah Hamouri, la célèbre agence de presse Reuters a publié le 20 décembre 2011 une dépêche le citant d'après une interview de Jihan Abdullah : le rabbin Ovadia Yossef « mérite de mourir » (« deserves to die »), selon les dires rapportés de Salah Hamouri.
 
Une déclaration qui a suscité l’indignation en Israël et dans la communauté juive française. L'ambassadeur d'Israël en France a demandé à Salah Hamouri de présenter des excuses pour cette déclaration. Salah Hamouri a refusé et a déclaré que cette citation était fausse.

Selon Israel National News, ce diplomate français a alors demandé à Reuters de corriger sa dépêche. Peu après, Reuters a publié une dépêche corrigée dans laquelle cette phrase a disparu. Un « rectificatif », ou un rewriting collectif, qui a évité opportunément d’écorner l’image du Président-qui-a-œuvré-à-la-libération-du-Franco-Palestinien-Salah-Hamouri.

Le 20 décembre 2011, Richard Prasquier, président du CRIF, a établi un parallèle ô combien éloquent entre les premières déclarations de Guilad Shalit et celles de Salah Hamouri : « L’un, parmi les premiers mots qu’il a prononcés à sa libération a parlé de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, l’autre a parlé de meurtre. Nous serons durablement scandalisés par ceux qui rendront les honneurs à Salah Hamouri quand il viendra en France ». Ce qui a suscité les critiques de Thierry Reboud dans Mediapart.

Quelle différence aussi entre l’état physique de Guilad Shalit amaigri sortant des geôles du Hamas et l’athlétique Salah Hamouri libéré d’une prison israélienne.

Reuters n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Rappelons un passé récent de Reuters.

« Prenons l’exemple des correspondants de Reuters. Il y a quelques années, un journal italien, Il Foglio, était agacé par le fait qu’on parle d’activistes et non pas de terroristes s’agissant du Hamas. Il avait donc décidé, lorsqu’il recevait une dépêche de Reuters qui utilisait le mot « activiste », de le remplacer systématiquement par « terroriste ». Le directeur de Reuters a envoyé une lettre recommandée au journal, expliquant que leurs dépêches n’étaient pas un menu à la carte, ajoutant : « Si nous utilisons “terroriste” à la place d’“activiste”, je ne réponds plus de la sécurité du personnel de Reuters au Proche-Orient. » Voilà la situation », rappelait Me Gilles-William Goldnadel dans la revue Médias (printemps 2012).

En décembre 2011, le professeur Henry Silverman de l’université Roosevelt de Chicago a publié l’étude Reuters: Principles Of Trust Or Propaganda ? (Reuters : principes de confiance ou propagande ?) examinant 50 articles publiés sur le site Internet de Reuters en trois mosi. Il y conclut que la couverture du conflit entre Israël et le monde musulman « est systématiquement teintée de propagande et influe sur les lecteurs afin qu’ils prennent parti pour les Etats arabe et palestinien contre les Israéliens ».

A l’été 2006, cette célèbre agence a retiré les clichés archivés de son « faux-tographe », Adnan Hajj.

Le 15 janvier 2012, Salah Hamouri a répondu à Mohamed Kaci, journaliste aux questions loin d’être neutres, lors de l’émission Maghreb Orient Express de TV5 Monde : « Vous avez passé six ans dans les prisons israéliennes. Motif invoqué : avoir projeté, avoir tenté d’assassiner un rabbin d’extrême-droite… La France, les autorités françaises se sont beaucoup mobilisées pour obtenir la libération de Guilad Shalit, soldat israélien qui a été libéré comme vous, détenu par le Hamas, mouvement palestinien, depuis plus de cinq ans. Avez-vous senti une forme de déséquilibre dans le traitement par les autorités françaises ? Vos soutiens évoquent un deux poids deux mesures… » Pourquoi Mohamed Kaci ne qualifie-t-il pas le Hamas de mouvement terroriste, Guilad Shalit de franco-israélien et le rabbin de chef spirituel non extrémiste ?

Sans être contredit, Salah Hamouri a allégué de graves mensonges : Guilad Shalit « est un soldat israélien d’occupation, près de son char qui bombardait les enfants de Gaza [Nda : accusation fausse, diffamatoire et palestinisée de meurtre rituel]. Je suis un innocent civil qui a été enlevé à un check-point ». A noter que cette accusation diabolisant Israël a inspiré les assassinats antisémites de Mohamed Merah et un des individus arrêtés dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre la supérette cacher Naouri, le 19 septembre 2012, à Sarcelles, et qu'elle est alléguée dans la chanson du groupe toulousain musical Zebda, et son clip vidéo, Une vie de moins sur la vie des Gazaouis. Une chanson aux paroles signées Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po et chercheur au CERI-CNRS, et promue par France 2 et la revue de presse de France Inter le 9 octobre 2012. Ajoutons que les Arabes palestiniens appellent les Israéliens les Yaoud (Juifs en arabe).

Et Salah Hamouri d’ajouter : « Je n’ai pas senti que j’ai été bien défendu par les autorités françaises comme un vrai citoyen français. J’ai senti le soutien du peuple français  ».

Il a annoncé sa venue en France en mars 2012 pour remercier ceux qui l’ont soutenu : « Ma liberté est le début de notre marche vers la liberté, la justice et l’indépendance »...
   

(1) Le 18 février 2011, poursuivi par le MRAP, SOS Racisme et la LICRA devant le Tribunal de grande instance de Paris en raison de ces propos, Eric Zemmour a été relaxé du délit de diffamation, mais a été condamné pour incitation à la discrimination raciale à 1 000 euros d'amende avec sursis et 10 000 euros de dommages et intérêts. 

(2) Créé en 1997, le club Averroès "rassemble près de 400 professionnels autour de la promotion de la diversité dans les médias français".

J'ai évoqué la libération de Salah Hamouri lors de mon interview sur RCN (Radio Chalom Nitsan) le 18 octobre 2012, vers 13 h 30.

Le blog JewishRefugees a publié l'article pertinent Must Jewish celebrities behave like Dhimmis? Il y a insisté sur l'engagement partial de François Cluzet qui n'a jamais présenté le moindre mea culpa pour ses allégations erronées et ternissant à tort l'image d'Israël. Interviewés par une radio française Juive sur les déclarations controversées de cet acteur qui joue dans leur film Intouchables (2011), les deux réalisateurs Français Juifs, Olivier Nakache et Eric Toledano, apparemment gênés, ont répondu de manière évasive en évoquant un malentendu sur ces allégations... François Cluzet a utilisé sa présence sur France 2, chaine ayant diffusé le reportage controversé sur al-Dura, dans le cadre de la promotion d'un film pour exprimer son engagement partial pour un terroriste. Il serait intéressant que, lors de la campagne de promotion américaine des Intouchables en vue de l'Oscar, des journalistes interrogent cet acteur et ces deux réalisateurs, "anciens directeurs du mouvement YANIV", sur ces allégations. 


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Cet article a été publié le 17 octobre 2012, puis le 3 décembre 2012, le 19 janvier  et le 22 juillet 2013 quand le gouvernement israélien a annoncé la libération de prisonniers palestiniens2013. Il a été modifié le 12 juin 2013.
 

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