Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 14 février 2020

Le procès en appel de 17 membres du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Créteil (3/5)


Le 25 octobre 2010, s’était ouvert le procès en appel de 17 des 25 condamnés dans l’affaire du gang des Barbares devant la Cour d’assises des mineurs de Créteil (banlieue au Sud-Est de Paris). Malade, une condamnée n'a pas comparu. Malgré les requêtes de publicité des débats émises par les parties civiles, la Cour a accueilli les demandes d’accusés, mineurs à l’époque des faits, et qui ont refusé la publicité totale des audiences relatives au rapt, à la séquestration accompagnée d’actes de torture et à l’assassinat antisémite du jeune Français Juif Ilan Halimi, victime en 2006 du gang des Barbares dirigé par Youssouf Fofana. Le verdict a été rendu le 17 décembre 2010. Le 12 février 2020, à l'Hôtel de Matignon, a eu lieu la 2e cérémonie de remise du Prix national Ilan Halimi, en présence d'Édouard Philippe, Premier ministre, de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, et de Franck Riester, ministre de la Culture. "Corruption de jurés à Bobigny : la note interne qui accuse. Un juré a été mis en examen pour violation du délibéré. Le président de la cour d’assises s’inquiète de la «difficulté de juger les criminels en Seine-Saint-Denis » (Le Parisien, 9 septembre 2019)

1ère partie : Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5)
2e partie : Leniency for Barbarians (2/5)
4e partie : « L'affaire Ilan Halimi, meurtre et préjugé de l'antisémitisme ordinaire » de Lewis Cohen (3/5)
5e partie : « L'assassinat d'Ilan Halimi » de Ben Izaak (5/5)
A shorter version of this article was published in English by JewishRefugees
Une version abrégée de cet article a été publiée en anglais par JewishRefugees

Il a fallu attendre plus de deux heures avant que s’ouvre, ce lundi 25 octobre 2010, vers 11 h 20, ce procès attendu. Certains condamnés avaient « refusé de monter » pour se rendre à la Cour…

Période de vacances scolaires ? Peu de jeunes, hormis d’une part des amis des accusées et, d’autre part, quelques jeunes de la Ligue de défense juive, se sont rendus au Tribunal de grande instance (TGI) de Créteil abritant la Cour d’assises des mineurs.

La publicité restreinte
Situé au sein d’un espace verdoyant, l’immeuble du TGI de Créteil est moderne, froid, sans drapeau à son sommet, sans devise républicaine à son fronton, sans balance symbolique de la justice dans la salle de la Cour d’assises.


En hauteur, sont fixés deux grands écrans plats.

Sur les  côtés gauche et droit de cette salle, deux espaces vitrés sont réservés aux accusés athlétiques, baraqués et imposants. Ceux-ci ne semblent pas éprouvés par leur emprisonnement ou par les motifs de leur condamnation. Youssof Fofana, qui s'est désisté en février 2010 de l'appel qu'il avait interjeté en juillet 2009, sera entendu comme témoin.

Contigus à ces espaces vitrés, des rangs sont dédiés aux avocats de la défense, souvent des ténors du barreau. Mais ces avocats sont si nombreux – plus nombreux (23) que les accusés (17) - que certains sont assis dans les rangées au centre de la salle et dans des places excentrées.

Ce qui fait que les parties civiles – famille d’Ilan Halimi et son ancienne compagne Stéphanie Yin, quelques juifs ayant échappé au gang des Barbares – et leurs avocats - Maîtres Xavier Filet, Muriel Ouaknine-Melki, Géraldine Nacache et Francis Szpiner - sont quasi-entourés des accusés et de leurs défenseurs. Ils sont d'autant plus isolés que trois parties civiles se sont désistées.

Les médias ? Nombreux - agences de presse internationales, télévisions françaises, quelques médias juifs – et réunis dans une mezzanine surplombant la salle d’audience.

Après l’appel des accusés, dont cinq ont comparu libres, le président Olivier Leurent a procédé au tirage au sort du jury.

Me Léon-Lef Forster, avocat d’une accusée, a récusé plusieurs jurés, notamment deux hommes dont les noms patronymiques laissaient penser qu’ils étaient Juifs. Hormis trois journalistes français Juifs, nul média n'a relevé ce fait. "Le grave danger pour la justice et la démocratie françaises : des Juifs pouvant juger des assassins de Juifs, ce serait inadmissible. De quel droit pourraient-ils faire celà ? Ce jury devait être Judenrein ! Vide de tout Juif ! Mais soyez rassurés : ces mêmes avocats portant eux aussi des patronymes paraissant juifs se sont donné le droit et sans aucun doute l’obligation éthique de défendre ces assassins", a déclaré Serge Hadjenberg, directeur de Radio J.

Ce jury est donc composé de six jurés hommes et de six jurés femmes. En plus, les noms de cinq jurés supplémentaires ont été tirés au sort.

Vers midi, après la prestation de serment des jurés, le président Leurent a rappelé l’article de l’ordonnance de 1945 sur la publicité restreinte des audiences quand un accusé, mineur lors des faits, la sollicite. Il a accueilli la demande d'une mineure sollicitant une publicité restreinte. Hormis les victimes, les témoins, les accusés, les proches parents et des personnes qualifiées, nul ne peut assister aux débats.

L’audience a donc continué hors la présence des journalistes.

Convaincus du caractère pédagogique du procès, Me Francis Szpiner, avocat de la famille d’Ilan Halimi, et les avocats des autres parties civiles avaient souhaité que les débats soient publics afin que soit connu l’engrenage ayant causé l’assassinat d’Ilan Halimi et qu’une telle tragédie ne puisse se reproduire. Me Francis Szpiner a déploré « la loi française qui finalement permet à l'accusé, qui était mineur au moment des faits, de prendre en otage toute une cour d'assises ».

Le 8 juillet 2009, les députés François Baroin (UMP) et Jack Lang (PS) avaient déposé une proposition de loi afin que les débats devant la Cour d’assises des mineurs puissent être publics, « à moins que la publicité ne soit dangereuse pour l’ordre ou les mœurs », et dans ce cas, c’est cette Cour, et non un accusé mineur, qui décidera du huis-clos.

Adoptée à l’Assemblée nationale, cette proposition de loi n’a pas été inscrite à l’ordre du jour au Sénat. Le gouvernement joue pourtant un rôle non négligeable dans la fixation de l’ordre du jour au sein de cette assemblée parlementaire…

Aux journalistes qui l’entouraient, Brigitte Franceschini, vice-procureur, secrétaire général du Parquet et chargée de la communication au sein du Tribunal, a invoqué l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme qui prévoit une publicité restreinte des débats. « La France ne fai donc que respecter cette Convention », a-t-elle indiqué.

Or, quelques jours auparavant, Me Francis Szpiner a invoqué cette même Convention qui prescrit la publicité des débats.

En clair, les articles 6 et 40 de cette Convention imposent la publicité des débats, sauf exceptions limitativement énumérées – par exemples, « lorsque les intérêts des mineurs ou la protection de la vie privée des parties au procès l’exigent » - et en laissant au tribunal une marge d’interprétation de ces exceptions.

Elsa Vigoureux, reporter au Nouvel Observateur
Sur un ton ferme, Brigitte Franceschini a annoncé qu’elle ne donnera aucune information sur les audiences, auxquelles elle affirmait n’avoir pas l’intention d’assister.


Elsa Vigoureux, journaliste du Nouvel Observateur qui avait relaté les audiences du procès au printemps 2009 sur son blog, a alors annoncé qu’elle envisageait de couvrir ce procès en appel dans son blog, et qu’elle souhaitait dialoguer avec Brigitte Franceschini.

Celle-ci devenait plus cordiale : elle avait écouté une interview à la radio de la journaliste ; ses greffières avaient apprécié cette interview. Encouragée, Elsa Vigoureux citait son livre L’affaire du gang des Barbares et insistait pour rencontrer la chargée de communication du Parquet…

La ministre de la justice citée à comparaître
Les avocats des accusés ont contesté l’appel interjeté en juillet 2009, par le Parquet à la demande de la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie. Ainsi, le 14 octobre 2010, Me Françoise Cotta, avocate du « gardien d'immeuble de Bagneux, condamné en première instance à neuf ans de prison pour avoir prêté les clefs d'un local inoccupé ayant servi de lieu de séquestration aux ravisseurs d'Ilan Halimi », a évoqué un appel « effectué sous la pression d'une partie civile ».

Celle-ci est citée à comparaître comme témoin par des avocats de certains accusés alléguant un appel « politique ». Bien que n’ayant été témoin d’aucun des actes incriminés, la ministre de la Justice a déclaré se tenir à la disposition de la Cour d’assises.


Déjà, le 21 juillet 2009, lors d’une conférence de presse, les avocats de la défense, en compagnie d’un magistrat, avaient exprimé leur opposition à cet appel « politique et idéologique » du Parquet. Quézaco un « appel idéologique » ? Interrogée par Nidra Poller, une avocate éludait la question. [Nidra Poller] « veut lui faire dire « lobby juif », mais ils [les avocats] ne le diront pas », chuchotait une journaliste. Quelques minutes après, Me Françoise Cotta expliquait : « Idéologique, cela veut dire que l’on veut voir de l’antisémitisme dans le gang. Or, hormis Fofana et un accusé, il n’y a pas d’antisémitisme ». Selon ces avocats des accusés, il n’y avait pas de gang ni de complices, mais des « jeunes », même celui âgé de 44 ans, dont ils soulignaient la banalité. Ces avocats ne parlaient pas de l’assassinat précédé de tortures d’Ilan Halimi, mais de sa « mort »…

Le verdict a été rendu le 17 décembre 2010, la veille de vacances scolaires :

Samir, bras droit de Youssouf Fofana, intermédiaire entre celui-ci, les kidnappeurs, les geôliers et le gardien d'immeuble : 18 ans de réclusion criminelle. Peine aggravée de trois ans.


Jean-Christophe S. a kidnappé Ilan Halimi 

: 18 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.



Jicé, un des geôliers, mineur à l'époque des faits

: 15 ans de réclusion criminelle. Peine identique.



Nabil M., un des geôliers

: 14 ans de réclusion criminelle. Peine aggravée d’un an.



Fabrice P., un des geôliers

: 12 ans de réclusion criminelle. Peine aggravée d’un an.



Cédric B-S-Y, un des geôliers

: 12 ans de réclusion criminelle. Peine aggravée d’un an.



Christophe M. a conduit l'appât à son rendez vous avec Ilan Halimi et pris part à des tentatives de kidnapping

: 12 ans de réclusion criminelle, acquitté sur une tentative d'enlèvement. Peine aggravée de deux ans par rapport au premier jugement.



Tifenn G., « rabatteuse » d’appâts

: 11 ans de réclusion criminelle ; peine aggravée de deux ans par rapport au jugement du TGI.



Yahia K., un des geôliers

: 11 ans de réclusion criminelle. Peine identique. 
Agé de 27 ans, il a été libéré le 20 décembre 2014 et expulsé de France. Direction : la Guinée où il est né.



Gilles S., gardien d'immeuble ayant donné les clefs de lieux de séquestration

: 10 ans de réclusion criminelle. Peine aggravée d’un an.



Jérôme R., geôlier pendant cinq jours

: 10 ans de réclusion criminelle. Peine identique à celle du jugement en premier ressort



Nour, appât mineure lors des faits

: 9 ans de prison, avec diminution de peine compte tenu de sa minorité. Peine identique à celle du jugement en premier ressort.



Franco L. a participé à trois tentatives d'enlèvement

: 5 ans de prison. Peine identique à celle du jugement en premier ressort.



Jérémy P. a prêté sa voiture à Youssouf Fofana et a pris part à une tentative de kidnapping

: 3 ans de prison, acquitté dans l'affaire Ilan Halimi. Peine identique à celle du jugement en premier ressort.



Alcino R., père d'un geôlier, n’a pas dénoncé les faits à la police

: huit mois de prison. Peine identique à celle du jugement en premier ressort.

 
Radio J a couvert ce procès dans son blog


ADDENDUM
Le 6 mars 2011 à 16 h 30, a eu lieu un hommage à Ilan Halimi avec notamment la plantation d'un olivier en présence du grand rabbin de France Gilles Bernheim et du maire d'Epinay-sur-Seine Hervé Chevreau (Tél. : 01 49 71 98 27). Rendez-vous à 16 h dans les salons de l'Hôtel de Ville, 1-3, rue Quétigny.
Le 13 novembre 2011 à 22 h 45,  France 2 a diffusé le numéro de Faites entrer l’accusé (100 minutes) consacré à cette tragédie et réalisé par Bernard Faroux. Curieusement, le communiqué de cette chaine publique s’achève ainsi : « Crime crapuleux ou crime antisémite ? »
Le 13 février 2012,  de 19 h à 20 h 30, a eu lieu le rassemblement silencieux avec une bougie organisé par la Fraternité judéo-noire (FJN) devant le magasin de téléphonie du 229 boulevard Voltaire (75011 Paris) où travaillait Ilan Halimi quand il a été contacté par Emma, qui a servi d'appât pour le compte du gang des Barbares.
Le 20 janvier 2012, Le Parisien a annoncé que cette dernière avait été récemment libérée ; elle comparaitra le 14 février 2012 devant le tribunal correctionnel de Versailles pour recel dans une autre affaire.
Le 24 octobre 2012, Youssouf Fofana, chef du gang des Barbares, est soupçonné d'avoir posté sur Internet des vidéos de sa cellule. Une enquête est ouverte par la justice française. Le parquet de Troyes a demandé le retrait de ces vidéos, dont certaines sont encore visibles sur Youtube. Le président du tribunal correctionnel de Moulins a annoncé que Youssouf Fofana a été condamné à un an de prison supplémentaire pour violences envers un détenu le 10 septembre. Frappé au visage, la victime a eu une fracture du nez.
Conformément à la loi du 10 août 2011 qui autorise la levée du huis-clos dans les juridictions pour mineurs si l'accusé est devenu entre-temps majeur, Michel de Maître, président de la Cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, a rejeté le30 janvier 2012 la demande de huis-clos du procès formée par la défense du principal accusé mineur lors de la commission des faits et devenu majeur. La publicité des débats avait été réclamée par la famille de la victime, Jérémy Censier, tuée dans la nuit du 21 au 22 août 2009, près de Pau.
Cet article a été republié le 2 février 2013 alors que la proposition de loi évoquée dans l'article infra a été votée par le Parlement et mise en oeuvre dans le procès de l'assassin présumé de Jérémy Censier, et que diverses associations organisent un rassemblement à la mémoire d'Ilan Halimi le 13 février 2013 à 19 h, au 229 boulevard Voltaire, 75011 Paris.
Le 13 mars 2013, Daniel Pipes a publié l'article Excluding Jews and Others from Juries sur l'exclusion des Juifs des jurys lors de procès d'islamistes demandée par un avocat américain Juif, Frederick Cohn au juge fédéral Eric Vitaliano. Daniel Pipes y observait "la propension des prévenus islamistes à avoir des avocats Juifs", tel "William Kunstler défendant le sheikh aveugle Omar Abdel-Rahman". On "se demande pourquoi des avocats Juifs sont plus dignes de confiance que des jurés Juifs." En mars 2013, ce juge fédéral a rejeté la demande de Cohn, car il a considéré qu'il était "inconstitutionnel d'interdire la perspective de jurés sur la base de la religion".
Diverses organisations françaises juives ont rejoint l'appel de la Fraternité judéo-noire (FJN) au rassemblement le 13 février 2014, à 19 h, au 229 boulevard Voltaire (75011 Paris), à la mémoire d'Ilan Halimi.
Le 10 février 2014, Youssouf Fofana a agressé un surveillant de la prison ultra moderne d'Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne). Il était sorti de sa cellule d'isolement pour téléphoner à son amie détenue dans une prison à Rennes (Bretagne). Avec une brosse à dents aiguisée, il a légèrement blessé ce surveillant à la main.  Celui-ci a été soigné sur place. Fofana a été replacé dans sa cellule d'isolement. Le 19 février 2014, le tribunal d'Alençon a condamné, dans le cadre de la comparution immédiate, Fofana à  trois années de prison, peine plancher, pour cette agression et pour menaces de mort et violences sans interruption de travail commises le 24 décembre 2013 contre trois surveillants de cette prison.
Le 25 février 2014, le journaliste Renaud Revel se fait l'écho de l'indignation d'Alexandre Arcady car France Télévisions a refusé de s’associer à son dernier film 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi. Président de France Télévisions, Rémy Pflimlin a estimé que cette histoire "n’a pas sa place dans les grilles de programme du groupe, car jugé trop dure". Par contre, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a jugé ce « film très fort ». Lors du diner du CRIF  du 4 mars 2014, Alexandre Arcady m'a confié que France Télévisions avait allégué que son projet de film ne correspondait pas à la "ligne éditoriale" du groupe public audiovisuel. Je lui ai dit : "Quand les journaux télévisés de France Télévisions ont évoqué l'affaire du gang des Barbares, cela ne correspondait pas à la "ligne éditoriale" de France Télévisions ?"
Selon Alliance.fr, la mairie de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a recruté en mai 2014 Linda Benakouche, qui, contrairement aux allégations de Christian Bartholmé n'était pas alors mineure, avait séquestré une jeune femme enceinte et tué son fœtus et est l'épouse de Jean-Christophe Soumbou, qui avait kidnappé Ilan Halimi, dès avant son rapt et son assassinat antisémites. Cette chargée de mission politique urbaine à la mairie est "une amie de longue date" de Christian Bartholmé, 1er adjoint au Maire et conseiller communautaire. Conseiller municipal chargé du réseau territorial de santé et handicaps et membre actif de la communauté juive de Bobigny, Jonathan Berrebi a déclaré à Alliance.fr : "Depuis quelques jours un tract circule sur des embauches à la mairie de Bobigny... Une enquête à été lancée et une mise à pied de la personne est en court pendant l'enquête... La communauté juive a la soutien de la communauté musulmane de Bobigny, et il convient de conserver cette entente cordial. A Bobigny, les communautés juives, musulmanes, tamouls, chrétiennes, athées se sont toujours entendues et soutenues, pour que cette paix perdure".


Le 20 décembre 2014, Yahia Touré Kaba, qui purgeait depuis l'été 2014 la fin de sa peine au centre de détention de Villenauxe-la-Grande, a quitté la maison d'arrêt de Troyes (Aube) où il se trouvait. Il a été expulsé par avion de France pour rejoindre la Guinée où il est né voici 27 ans. "Entre le 21 janvier et le 13 février 2006, le tristement célèbre « gang des barbares » séquestrait, torturait et devait laisser pour mort un jeune homme de confession juive. Yahia Touré Kaba, présenté au cours de l’instruction comme « analphabète et sans papiers », vivant aux crochets de sa mère, avait été recruté par le chef de bande, Youssouf Fofana. À 18 ans tout juste, c’est lui qui devait garder l’otage pendant dix-huit jours, avec six autres apprentis geôliers, dans un appartement, puis dans une chaufferie. D’abord dans un appartement, puis dans une salle de chaufferie... Poursuivi pour association de malfaiteurs, séquestration d’Ilan Halimi et actes de tortures et de barbarie, Yahia Touré Kaba avait été condamné à onze ans de réclusion criminelle en 2009. Une sentence confirmée en 2010.

Le département de l’Aube "avait également hébergé pendant quelque temps le chef du « gang des barbares », Youssouf Fofana. C’est en effet depuis sa cellule de la maison centrale de Clairvaux qu’il postait des vidéos antisémites sur Youtube. Le scandale avait été révélé en mars 2012.Fofana serait toujours détenu à la prison de Condé-sur-Sarthe dans l’Orne, la plus sécurisée de France".

Une marche silencieuse à la mémoire d'Ilan Halimi et de toutes les victimes de la barbarie s'est déroulée le 12 février 2015 : elle est partie du 229 boulevard Voltaire à 18 h et a rejoint l'Hyper Cacher, Porte de Vincennes. Ses slogans : "Ensemble, nous sommes la France ! Nous sommes la République ! #Unis Contre La Barbarie, Levons-nous et marchons". Le 12 février 2015, au cimetière Har Amenouhot dans le quartier de Givat Shaoul (Jérusalem, Israël), a eu lieu un rassemblement pour Ilan Halimi : "Depuis de nombreuses années, la communauté juive de France est confrontée à une idéologie antisémite que propagent diverses officines.  Une propagande haineuse, souvent inspirée par des organisations islamistes, est la cause principale des agressions à répétition et d'un sentiment d'insécurité. Pour dire Stop à la Haine ! Participez au rassemblement pour Ilan, l'une des victimes de cette haine".


Un rassemblement a eu lieu ce 12 février 2017 à 18 h devant le magasin situé au 229 boulevard Voltaire où travaillait Ilan Halimi. 

On apprenait le 1er novembre 2017, jour de la Toussaint, que la stèle en mémoire d'Ilan Halimi avait été arrachée, posée au sol et « couverte d’inscriptions antisémites et d’insultes ». C'est la deuxième fois que cette stèle érigée à Bagneux est vandalisée. Hasard ? Cet acte barbare a été commis à la fin du procès du frère de Mohamed Mérah. Le 7 novembre 2017, une nouvelle plaque a été inaugurée dans le parc Richelieu. 


Le 19 mars 2018, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le deuxième plan nationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (2018-2020). Le "gouvernement entend également créer « un  prix national Ilan Halimi » chaque 13 février ; date anniversaire de la mort du jeune homme. Il récompensera des actions menées par des jeunes contre l’antisémitisme et le racisme. Le gouvernement prévoit aussi de renforcer la formation des enseignants dans la gestion et la prévention de propos racistes et antisémites".



Le 20 mars 2018, à 9 h, au cinéma Le Saint-Germain-des-Prés, Mémoire 2000 proposa la projection, en présence du réalisateur, de « 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi », film qu’Alexandre Arcady a réalisé, en 2014, avec Zabou Breitman, Pascal Elbé, Jacques Gamblin, Sylvie Testud, sur l’affaire Ilan Halimi. La projection sera suivi d'un débat sur l'antisémitisme. "Une femme entre dans une boutique de téléphonie dans un magasin de Paris. Elle feint de s'intéresser aux nouveaux portables, obtient le numéro du jeune vendeur, puis s'en va. Elle le contacte le lendemain et lui dit qu'elle aimerait bien le revoir. Ilan Halimi, 23 ans, ne se méfie pas et se rend au lieu du rendez-vous. Le 20 janvier 2006, en raison de sa religion, il est juif, Ilan est kidnappé par le gang des Barbares".


Le 5 janvier 2018, RMC rediffusa "24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi" d'Alexandre Arcady.

"Corruption de jurés à Bobigny : la note interne qui accuse. Un juré a été mis en examen pour violation du délibéré. Le président de la cour d’assises s’inquiète de la «difficulté de juger les criminels en Seine-Saint-Denis » (Le Parisien, 9 septembre 2019). "Début 2019, huit personnes étaient jugées pour une affaire de séquestration et torture [de Petit-Père, Ndlr] sur fond de trafic de drogue. Avant d’être rendu, le délibéré circulait déjà dans la cour d’assises. «Libération» se penche sur ce dossier hors du commun et révèle comment la justice a remonté la piste de trois suspects, dont un juré."
"Sept hommes et une femme ont comparu en janvier devant la cour d’assises pour une séquestration ultra-violente en lien avec un trafic de drogue international. La plupart ont été acquitté et étrangement. Quelqu'un a-t-il forcé le vote des jurés pour qu'ils acquittent autant d'accusés lors d'un récent procès à Bobigny?"
"Et à la surprise générale, la plupart des accusés ont été acquittés, alors que des peines de huit à dix-huit ans de réclusion étaient demandées. Surtout, le verdict avait fuité avant dans la salle! Une enquête ouverte pour corruption a donné lieu six mois plus tard à trois mises en examen, dont un juré. "Dans les annales judiciaires, on n'avait vu ça que dans le banditisme corse."
"Dans une note interne intitulée « la difficulté de juger les criminels en Seine-Saint-Denis », le président de la cour d'assises, Philippe Jean-Draeher, près de trente ans de magistrature, alerte sur « une situation particulièrement inquiétante mettant en cause le fonctionnement de la justice ».
« Très vite, lors des prises de parole des jurés, une tendance quasi unanime est apparue, à refuser la culpabilité de certains accusés, malgré toute la pédagogie et la patience dont nous fîmes preuve avec mes collègues, relate le président. Il s'en est suivi malheureusement des acquittements totalement infondés. »
Et d'ajouter : « Il va sans dire qu'une telle décision rendue au mépris des règles garantissant le bon déroulement du procès d'assises, dans un climat dépourvu de toute la sérénité requise, — et aussi absurde quant au sort de certains des accusés acquittés — doit être réexaminée par une cour d'assises d'appel ».
"Le premier acte des « retrouvailles » a lieu en mars 2018 au tribunal de Bobigny, dans une ambiance tendue. Petit-Père est jugé aussi pour le trafic, mais dispensé de peine. « Avec les souffrances physiques et un bouleversement de sa vie personnelle considérable, il a suffisamment été sanctionné », juge le tribunal. Pour les autres, jusqu'à sept ans de prison ferme, et près de 400 000 € d'amende. Voilà pour le côté trafic."
"Juin 2018, acte II aux assises, cette fois pour la séquestration en bande organisée et les tortures. Premier coup de théâtre, le procès est renvoyé… faute de jurés. En trente ans de barre, des avocats n'ont jamais vu ça".
"Janvier 2019, le procès des tortures débute enfin dans la grande salle des assises. Petit-Père arrive en blazer sombre avec son avocate, sous bonne escorte. Les policiers ne le lâchent pas d'une semelle, des proches des accusés n'hésitent pas à s'asseoir près de la partie civile. Dès le tirage au sort des jurés, l'ambiance est pesante. A peine assis, un juré confie son malaise à l'oreille de l'huissier. « Il dit qu'il reconnaît des voisins dans la salle », explique-t-elle au président. Récusé !"
"Les accusés contestent majoritairement leur participation aux tortures et les témoins ne se précipitent pas à la barre. « L'oralité des débats fait mauvais ménage avec la loi du silence! », fustige l'avocate générale Marie-Claire Noiriel lors des réquisitions."
"Jeudi 7 février, vers 22h30, le verdict tombe… d'abord dans la salle et défie les plus optimistes des pronostics. « Sept et quatorze ans de prison, le reste, acquittements », entendait-on alors que la cour n'était toujours pas revenue. Quelques minutes plus tard, le même verdict tombe, cette fois officiellement. Motif des acquittements : « Eléments à charge insuffisants ». Le verdict a fuité, c'est une évidence. Fait rarissime dans l'histoire judiciaire, le parquet ouvre alors une information judiciaire pour « corruption de jurés et violation du délibéré ».
"Dans sa note datée du 13 février, le président de la cour d'assises de Bobigny précise que des doutes ont surgi avant la fin du procès : « La veille du délibéré, l'avocate générale m'a signalé qu'à la suite d'écoutes téléphoniques, les enquêteurs de la police judiciaire suspectaient l'un des jurés d'être en liaison avec des individus susceptibles d'appartenir à un réseau de trafiquants de stupéfiants ».
"Selon nos informations, la police judiciaire de Seine-Saint-Denis enquêtait sur un trafic de drogue, lorsque, au cours des écoutes, un échange a fait mention du procès en cours, et de l'aide à apporter à un « poto ». « On a tamponné le petit juré du 13 », aurait dit l'un des interlocuteurs, en référence à l'adresse du juré. Ça, l'enquête le démontrera plus tard."
"Dans cette affaire hors norme, quatre jurés ont été placés en garde à vue. Celui que les enquêteurs ont identifié comme étant « le petit juré du 13 » a été mis en examen pour « violation du secret professionnel » et placé sous contrôle judiciaire."
"Deux suspects, au surnom de « Razmo » et « Butch », supposément proches d'un des accusés acquittés, ont été mis en examen pour « actes d'intimidation envers un juré » et écroués. « Ils se connaîtraient de la mosquée », avance une source proche de l'affaire."
"Plusieurs contacts auraient eu lieu au cours du procès, dans un bar à chicha de Seine-Saint-Denis. Mais pour l'heure, aucune preuve de corruption n'est établie. Aucun des avocats des mis en cause n'a répondu à nos sollicitations."
"Quel a bien pu être l'intérêt du juré de divulguer le verdict ? A-t-il tenté de convaincre les autres de l'innocence de certains accusés en marge des audiences ? Vu l'inviolabilité du secret du délibéré, ni les policiers ni le juge d'instruction n'ont le droit de poser des questions sur qui a dit quoi pendant ce délibéré."
« Tout le monde est victime de cette situation, c'est absolument scandaleux ! » fustige Me Anne-Charlotte Mallet, l'avocate de Petit-Père, qui s'est constituée partie civile dans cette nouvelle affaire. « Ça jette le discrédit sur un acquittement mérité et la cour pouvait tout à fait renvoyer, même pendant les débats », réagit, Me Chloé Arnoux, dont le client a été acquitté. Contacté, le président Philippe Jean-Draeher, s'est retranché derrière le devoir de réserve."
« Cette affaire pose la question de la protection des jurés, de l'opportunité d'un jury populaire pour ce type d'affaires et met en exergue la défaite du modèle démocratique du jury populaire face au banditisme », commente un magistrat sous couvert d'anonymat."
"De son côté, la Chancellerie précise qu'un récent rapport sur la criminalité organisée, rendu à la ministre, « propose d'étendre les cours d'assises professionnelles à davantage de crimes, dont les crimes en bande organisée, ce qui permettrait de limiter considérablement les risques de pression, de corruption ou de manipulation de la part des bandes organisées ».

Des collégiens français "ont réalisé une exposition en hommage à Ilan Halimi et inaugurée le 20 janvier 2020. L'idée est née quand les élèves et leurs professeurs ont constaté que personne parmi leurs proches ne connaissait l’histoire d’Ilan Halimi".
« Raconter et transmettre pour lutter contre la haine » : avec ce mot d’ordre, les élèves de la classe de 3e2 du collège Michel-Richard Delalande, à Athis-Mons (Essonne), ont réalisé une exposition consacrée à Ilan Halimi, assassiné par le gang des Barbares en 2006, et à la famille Halimi, une famille lyonnaise disparue dans la Shoah."
"Liant leurs différents destins, l’exposition vise à dénoncer ces crimes antisémites. Elle a été réalisée dans le cadre du projet de recherche européen « Convoi 77 », qui vise à rendre hommage aux victimes parties de Drancy vers Auschwitz-Birkenau le 31 juillet 1944 à bord du convoi 77 – dans lequel se trouvait la famille lyonnaise."
"Les élèves ont ainsi travaillé en parallèle sur l’histoire d’Ilan Halimi. L’idée est née en début d’année dernière : alors que des élèves du collège avaient reçu le Prix Ilan Halimi 2019, décerné par le Conseil départemental de l’Essonne suite à leurs travaux sur l’histoire de jeunes déportés juifs, les élèves et leurs professeurs ont constaté que personne parmi leurs proches ne connaissait celle d’Ilan Halimi. Ainsi, est né quelques mois plus tard ce projet".
 « Concrètement, ce travail s’articule principalement à travers l’étude du film ’24 jours : La vérité sur la mort d’Ilan Halimi’, adapté du livre éponyme écrit par Ruth Halimi et Émilie Frèche », a rapporté le site de la fondation La Poste".
« Les élèves travaillent sur les coupures de presse traitant de l’enlèvement et de la mort d’Ilan afin qu’ils puissent questionner le traitement médiatique de l’affaire. »
"L’écrivaine Émilie Frèche les a accompagnés dans ce projet et a animé trois ateliers d’écriture."
"Il est maintenant prévu que le projet « donne lieu à la conception d’une exposition itinérante autour de laquelle les enseignants organiseront des séances de médiation par les pairs. Ainsi, les élèves en seront les guides et transmettront l’histoire d’Ilan à leurs camarades du collège, des écoles primaires d’Athis-Mons et, éventuellement, au grand public ».

Le 23 janvier 2020, lors d'un voyage officiel en Israël, "le ministre français de l'intérieur Christophe Castaner s'est recueilli sur les tombes d'Ilan Halimi, de Sarah Halimi et des victimes des attentats terroristes de Toulouse, dans le cimetière de Givat Shaul à Jérusalem. Comme le veut la tradition juive, le ministre de l'Intérieur a déposé des cailloux sur les sépultures des victimes. M. Castaner s'est ensuite recueilli en silence". Il a twitté : "En mémoire d'Ilan Halimi, victime de la haine antisémite". Sans qualifier cette haine de musulmane.

Le 12 février 2020, à l'Hôtel de Matignon, a eu lieu la 2e cérémonie de remise du Prix national Ilan Halimi, en présence d'Édouard Philippe, Premier ministre, de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, de Franck Riester, ministre de la Culture et et le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT Frédéric Potier. Le Prix national Ilan Halimi récompense un travail collectif mobilisant des jeunes de moins de 25 ans, visant à faire reculer les préjugés racistes et antisémites. Le Premier ministre a remis ce prix pour la deuxième année consécutive afin de poursuivre le travail de fond engagé par le Gouvernement pour mener pied à pied le combat contre le racisme et l’antisémitisme." 


"Édouard Philippe a mis en garde contre l’important développement des préjugés antisémites qui conduisent à des actes qui ne tombent pas du ciel. Notre tâche et celle de ceux qui portent la cause a pour objectif qu’on ne passe pas de ces préjugés, de ces idées, à des actes qui ne tomberaient pas du ciel, a souligné le Premier ministre. Rappelant s’être rendu fin janvier à Auschwitz-Birkenau pour le 75e anniversaire de la libération des camps, Édouard Philippe a paraphrasé l’un des survivants juifs polonais qui, à la tribune des commémorations, avait dit : Auschwitz n’est pas tombé du ciel soudainement."

"Auschwitz n’est pas tombé du ciel : il est arrivé après que, petit à petit, un discours, des paroles, une idéologie et une haine se furent développés dans un pays pourtant incroyablement civilisé et cultivé (l’Allemagne, N.D.L.R.)", a fait valoir Édouard Philippe.

"De même la mort d’Ilan Halimi n’est pas tombée du ciel, elle est l’expression de préjugés, d’idées, qui petit à petit se construisent et se développent", a-t-il averti, 14 ans après la mort de ce jeune juif âgé de 23 ans, torturé par le gang des Barbares.


Les affiches du Prix Ilan Halimi ont une calligraphie au style oriental. "Parmi les quatre lauréats de cette distinction créée en 2014 dans l’Essonne et devenue nationale l’an passé, le Premier ministre a remis le Grand prix à l’association Vatos Locos de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), qui a réalisé plusieurs vidéos promouvant la lutte contre les discriminations". Le projet s'appelle « Vitrollywood : tous unis contre le racisme ». Le Prix Ilan Halimi a aussi été attribué à Musicaix/Conservatoire de Pertuis (13) au titre de l’action : « L’empereur d’Atlantis », Adolescent citoyen souvenir (83) au titre de l’action « Recueil de mémoire de Chibanis » et au Collège Georges Brassens (11) au titre de l’action « Mobilisés contre le racisme et l’antisémitisme ! ».

Par ailleurs, contrairement à la première édition, la mère d’Ilan Halimi était absente de la cérémonie à Matignon". "La romancière et scénariste Emilie Frèche, présidente du jury, a évoqué le grand découragement né après la décision de justice déclarant pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017. "C’est une des raisons pour laquelle Ruth, la maman d’Ilan, n’est pas parmi nous aujourd’hui", a-t-elle affirmé devant M. Philippe.

"En janvier, [le Président de la République ] Emmanuel Macron s’était exprimé sur ce dossier, estimant que le besoin de procès était  « là »  et revenant en détail sur cette affaire en cours. Des propos qui avaient provoqué une rare mise au point des plus hauts magistrats, rappelant l’indépendance de la justice."

"Le nombre de faits racistes et xénophobes, pour une large partie des menaces, a très fortement augmenté en 2019 (plus de 130 %). Et les faits à caractère antisémite, déjà en forte croissance en 2018 (+74 %), ont encore grimpé en 2019 (+27 %)".

Le 13 février 2020, un hommage a été rendu à Ilan Halimi à Sainte-Geneviève-des-Bois. Le rendez-vous est donné au niveau du pont de fouille, rue Antoine Rocca, à 11 heures. 

Le dimanche 16 février 2020, à 17 h, aura lieu "la 14e commémoration à la mémoire d’Ilan Halimi à l’occasion du quatorzième « anniversaire” de la mort de la jeune victime juive du “Gang des barbares”. Rassemblement du Collectif Ilan HALIMI pour célébrer la mémoire d’Ilan Halimi au 229 boulevard Voltaire à Paris, devant le magasin de téléphonie où travaillait Ilan Halimi."

Le 19 Février 2020, sera publié "Le Maire et les Barbares" d'Eve Szeftel. "Ils avaient promis. Ils seraient irréprochables. Ils avaient promis. Ils seraient différents. Ils avaient promis. Ils feraient de la politique autrement. Un simple tract va tout faire basculer. Bobigny, préfecture du département le plus pauvre de France, va être le théâtre de la promotion de la voyoucratie et l’envers de la méritocratie républicaine. Jusqu’à ce SMS qui dénonce qu’il y a bien eu un pacte avec les cités pour la prise du pouvoir. Cette enquête sidérante, conduite par une journaliste de l’AFP, révèle que tout est possible pour gagner une mairie, certains pactisant avec des logiques mafieuses et le communautarisme. Mais l’impensable ne s’arrête pas là. Ce pacte cache un autre pacte, secret celui-ci, qui renvoie à l’une des pires affaires criminelles françaises : l’assassinat d’Ilan Halimi. Ils ont pactisé avec les barbares. Une plongée au cœur de la corruption et du clientélisme politique qui détruisent la République.

Eve Szeftel "dénonce « l’ombre du gang des barbares » sur la ville. Ainsi, la chargée de missions « politiques urbaines et sociales », Lynda Benakouche, occupe alors une position centrale à Bobigny, nous apprend Le Point. Or, un scandale avait éclaté autour de cette femme parce qu’elle était la compagne d’un des membres du gang des barbares, ce groupe qui avait enlevé puis assassiné Ilan Halimi. Pourtant, il apparaît selon elle que Jean-Christophe Lagarde soit resté silencieux autour de ce cas, posant même à ses côtés sur la carte de vœux de l’équipe de campagne. « Pourquoi est-il resté silencieux […] Pourquoi a-t-il pris le risque de voir son image flétrie ? Une ombre plane sur la ville », sous-entend la journaliste alors qu’à cette époque, un des hommes forts du gang des Barbares, Jean-Christophe Soumbou est prêt à sortir de prison. Il est le compagnon de cette femme". L’ancien maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), Jean-Christophe Lagarde a annoncé qu'il allait porter plainte pour diffamation.

Le député Meyer Habib a affirmé son soutien au politicien.

Et Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), ont soutenu Jean-Christophe Lagarde :
"Je tiens à exprimer au Député Jean Christophe Lagarde, ancien Maire de Drancy, tout mon soutien, face à la calomnie dont il est l’objet, dans un livre l’accusant d’être un suppôt de l’islamisme et un complice du. “Gang des Barbares”.
Je peux témoigner que dès la nomination de Mr Lagarde à la Mairie de Drancy, le cirque Zavatta n’a plus été autorisé à installer son chapiteau Cité de la Muette devant les bâtiments du Camp de Drancy où avaient été détenus les juifs raflés et emprisonnés pour être déportés vers les camps de la mort.
Je peux témoigner que c’est Monsieur LAGARDE qui a obtenu le classement de la Cité de la Muette comme Monument Historique. C’est aussi Monsieur LAGARDE qui a travaillé avec Simone VEIL et Eric de ROTSCHILD pour la construction du bâtiment du Mémorial de la Shoah face à la Cité de la Muette.
Je peux témoigner que la communauté musulmane de Drancy dirigée notamment par mon ami l’imam Hassan CHALGHOUMI pratique un islam Républicain exemplaire. Je me souviens même que l’ouverture de cette mosquée avait été marquée par des manifestations violentes d’islamistes aux abords, si bien que les fidèles venaient prier, protégés par des policiers.
Je suis fréquemment invité dans cette mosquée où je peux prendre la parole devant près de 4000 fidèles dans un climat de tolérance et de fraternité.
Je peux témoigner que les musulmans de Drancy, organisent chaque année à l’occasion de la fête de L’Aid un dîner Républicain auquel en présence de M. LAGARDE, les plus hauts dignitaires juifs de France comme les Rabbins et Présidents des Communautés juives du 93 participent, reçoivent un repas cacher préparé et servi par un traiteur cacher.
Je peux témoigner que la Ville de Drancy est l’une des rares communes de la Seine St Denis où il fait bon vivre pour les citoyens de cette confession.
Drancy comme Pantin, les Lilas, Le Pré St Gervais, Epinay et Le Raincy, sont les seules villes que les juifs n’ont pas fuies pour se réfugier dans d’autres communes ou d’autres département en raison du “clientélisme” de certains Maires et Conseils Municipaux. Ces derniers, édiles politiques, engagés dans un “palestinisme sans discernement” ont déclenché cette forme d’incitation à la haine d’Israël qui a poussé à l’acte antijuif, et qui a conduit de nombreuses familles juives à se déplacer.
Je peux témoigner que c’est cette forme d’insécurité qui a fait qu’il n’y a plus d’élèves juifs dans les Ecoles et les Lycées de la République, que des Professeurs juifs ont dû être mutés, qu’il n’y a plus d’étudiants juifs ou israéliens dans l’Université de Villetaneuse, et que le cursus d’études hébraïques a été réduit puis supprimé par l’Université de  Paris 8.
Déjà en 2002 sous ma présidence, le CCJ 93 avait dénoncé au Préfet le parti pris dangereux de même que le “clientélisme” de ces communes et du Conseil Général du 93 de l’époque, ainsi que leur financement à des associations pro palestiniennes illicites.
Les dirigeants des communautés juives du CCJ 93, le Bureau et les membres du BNVCA assurent Mr Jean-Christophe Lagarde de toute leur confiance".


Cet article a été republié le :
- 13 novembre 2011, le 13 février 2012, le 20 janvier 2012 et le 7 mars 2012, le 2 février et le 6 mai 2013 à l'approche de l'émission des Dossiers de Karl Zero consacrée au Gang des Barbares le 7 mai 2013 à 20 h 45 sur RMC Découverte ;
- 10 novembre 2013 : lL'émission "Faites entrer l'accusé" sur France 2 est consacrée ce 10 novembre 2013 à 22 h 10 à Youssouf Fofana et le gang des Barbares ;
- 13 février, 29 juin et 27 décembre 2014, 12 février 2015, 13 février et 3 novembre 2017, 19 mars 2018, 13 février 2020.
 
Il a été modifié pour la dernière fois le 25 février 2020.

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