Citations

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« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

lundi 22 octobre 2018

« L'Italie à l'heure des populistes. Un danger pour l’Europe ? » par Julie Peyrard et Natalia Rodriguez Perez


Arte diffusera le 23 octobre 2018 « L'Italie à l'heure des populistes. Un danger pour l’Europe ? » (Italien und die Populisten: Eine Gefahr für Europa?), documentaire partial réalisé par Julie Peyrard et Natalia Rodriguez Perez. « Formée par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, l’alliance populiste qui gouverne l’Italie depuis juin 2018 peut-elle faire imploser l’Union européenne ? Décryptage d’une crise latente  ».

« Les routes mythiques de l'Europe. La via Cassia en Italie », par Jeremy J.P. Fekete  
« Funérailles juives » d'Alessandro Magnasco au musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Trésors du ghetto de Venise
« Italie, une simple histoire d’amour. Témoignages d’un ambassadeur d’Israël » de Mordechaï Drory 

"On assiste, depuis quelques années, à la construction d’un nouvel ennemi quasi mondial, baptisé « le populisme ». Passons sur l’indétermination du terme dans ses usages ordinaires et polémiques. Il fonctionne habituellement en tant que synonyme approximatif d’expressions telles que «extrême droite », « droite extrême », « droite radicale », « droite autoritaire », « droite réactionnaire ». Certains l’emploient même comme substitut lexical de « fascisme ». La confusion sémantique s’accroît du fait que certains ex-communistes prétendent défendre un «populisme de gauche». Il est temps de sortir de la pensée-slogan", a analysé le politologue Pierre-André Taguieff (Le Figaro, 24 novembre 2016).

Populisme est un vocable choisi par des dirigeants politiques, des journalistes, etc. pour désigner, avec dédain, ceux dont le vote n'a pas l'heur d'être « politiquement correct » et est caractérisé par la défense de la nation et d'un Etat assurant ses missions régaliennes, notamment la sécurité des biens et des personnes, l'appartenance à des civilisations nationale et européenne, un conservatisme concernant les « questions sociétales », un scepticisme croissant à l'endroit des édiles et médias, souvent une angoisse à l'égard de changements rapides dans leur pays et un pessimisme concernant son avenir, parfois l'adhésion au libéralisme économique, etc. Et la volonté de citoyens de demeurer maîtres de leur Histoire.

« C’est l’alliance de la carpe et du lapin, celle de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles (M5S), lesquels gouvernent aujourd’hui l’Italie, troisième économie de l’UE (Union européenne), sans guère de point commun si ce n'est leur rejet de l’Europe. Implantée dans le nord prospère et industrialisé, la Ligue, parti de l'extrême droite identitaire, veut en finir avec l’État-providence. Ancré dans la moitié sud agricole et pauvre, le Mouvement 5 étoiles, populaire et "antisystème", mise sur la démocratie directe et promet d’éradiquer la corruption comme de redistribuer les richesses ». L'accord entre ces deux partis si différents ? "Un revenu universel contre un impôt à taux unique."

Au Sud, le mouvement Cinq étoiles est fondé en 2009 ; Luigi Di Maio est élu député en 2013. Un Sud dont la situation économique s'est aggravée.

Environ 50 000 jeunes Italiens quittent le pays chaque année. Le taux de natalité italien est le plus bas de l'Union européenne.

« Matteo Salvini (Ligue), ministre de l’Intérieur et nouveau maître du jeu à Rome, qui a fait du combat contre l’immigration son fer de lance politique, et Luigi Di Maio (M5S), ministre du Développement économique ou Travail, n’ont pas réussi à imposer aux Finances l’eurosceptique Paolo Savona. Récusé par le président italien Sergio Mattarella, celui-ci a cependant été recyclé en… ministre des Affaires européennes  ».  Le président Mattarella, qui a évolué de la Démocratie chrétienne à L'Olivier et occupe une fonction honorifique, s'est présenté en « garant des engagements européens » lors de la formation du gouvernement issu des élections législatives de 2018. 

Au cours de l'été 2018, c'est la voix de Matteo Salvini qui prédomine : il interdit à l'Aquarius, transportant des "migrants", d'accoster sur la côte italienne. Il "refuse aux garde-côtes de débarquer leurs "migrants". Le parquet de Palerme ouvre une enquête contre lui pour séquestration de personnes".

Écrivain, Eric de Lucca s'oppose à cette politique migratoire en soulignant l'importance des ports pour la péninsule italienne.

« De la politique migratoire aux libertés sociétales en passant par les relations avec la Russie de Poutine, la coalition souverainiste entend faire entendre sa différence à Bruxelles ». Car l'Italie a longtemps été, avec la Grèce, le premier pays d'arrivée des « migrants », sans grande aide de l'Union européenne et notamment depuis la décision de la chancelière allemande Angela Merkel annonçant une "politique d'ouverture européenne".

« Cette alliance résistera-t-elle à ses tensions internes ? Peut-elle provoquer l’implosion d’une Union européenne déjà fragilisée par le Brexit et la crise catalane ? Ce documentaire apporte un éclairage historique, politique et géopolitique sur la nouvelle crise qui secoue l’Europe  ».

L'UE est déjà profondément divisée. Et le Président de la République Emmanuel Macron concourt à cette division par des actions unilatérales jugées illégales par l'Italie, des invectives ou comparaisons - « comme une lèpre un peu partout en Europe » - à l'égard notamment de politiciens hongrois, italiens ou autres soucieux de réformer l'Union européenne, sachant parler au peuple, et aux choix distincts de la politique macronienne du « et en même temps ».

Le géopolitologue américain Daniel Pipes classe Matteo Salvini en troisième position dans sa liste des personnalités politiques européennes majeures.

En 2018, L'Américain Steve Bannon a lancé The Movement, une fédération pour réunir les souverainistes européens. Il a été l'invité d'honneur des souverainistes italiens. "J'ai rencontré Salvini après les élections... Nous aurons un sentiment de victoire au printemps 2019 si nous avons un tiers des voix, la minorité de blocage", analyse Steve Bannon qui propose des instruments pour gagner des élections.

"Je n'ai pas de secret, sinon la normalité. Personne ne m'écrit mes discours. Je prends le métro en cachette. Je fais les courses. Je fais ce que je me suis engagé à faire... J'ai fait ce que j'avais promis de faire... J'utilise les réseaux sociaux par devoir et par plaisir... Le risque fasciste n'existe pas en Italie. Je regarde vers l'avenir", confie ce natif de Milan. Il a fréquenté les scouts et un établissement scolaire prestigieux. Adolescent, Matteo Salvini adhère à la Ligue du nord et reste fidélité aux valeurs véhiculées par cette Ligue. Son ascension politique s'avère fulgurante.

"C'est un remarquable communicant, dans la provocation permanente... En 2013, quand la Ligue a des difficultés, Matteo Salvini va opérer un changement complet. Une personnalisation accrue... Matteo Salvini est en campagne permanente... [Il récuse la pertinence d'idée] d'expert", analyse l'historien Marc Lazar.

Matteo Salvini revendique la défense des intérêts des Italiens, l'attachement à la souveraineté nationale, la défense de la famille traditionnelle.

Il soigne ses relations avec des Italiens juifs et l'Etat d'Israël. 


« L'Italie à l'heure des populistes. Un danger pour l’Europe ? » par Julie Peyrard et Natalia Rodriguez Perez
France, 2018, 52 minutes
Sur Arte les 23 octobre 2018 à 20 h 50 et 16 novembre 2018 à 9 h 25

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Les citations sont d'Arte et du documentaire.

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