jeudi 13 juin 2013

Réaction de Laurent Munnich, directeur d’Akadem, à mon article sur les médias français Juifs (3/10)

Je publie la réaction de Laurent Munnich , directeur d’Akadem, « campus numérique Juif » et réalisation du FSJU (Fonds Social Juif unifié) avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), à mon article Un paysage médiatique Juif français contrasté. Ensuite, figure ma réponse.  J’espère que ma réponse n’entrainera pas de vaine polémique.
9e partie : Laurent-David Samama, ancien rédacteur en chef de L’Arche



Publié sur mon blog le 25 mars 2012, mon article Un paysage médiatique Juif français contrasté figure dans le Top 10 de mon blog.

Il a suscité parmi des acteurs – directeurs, journaliste - du monde communautaire des commentaires irrités et dénués d’arguments, ainsi que diamétralement opposés à ceux des Internautes lambda louangeurs. Ce qui révèle une faille profonde entre la pratique de ces acteurs médiatiques communautaires et leur perception par un public exigeant. Comme si tout esprit critique devait être banni à leur égard.

Dans cet article, j’écrivais notamment :
« Dans ce paysage éclaté, face à la révolution des nouvelles technologies, les organisations Juives françaises peinent à concevoir une stratégie de communication adaptée et commune. Ainsi, organisé par le Consistoire israélite de France en partenariat avec le FSJU, le 18 mars 2012, le Congrès des communautés juives de France du 18 mars 2012 a multiplié les tables-rondes passionnantes, mais… non filmées et non diffusées sur Internet. Une tâche qu’aurait pu assurer Akadem, campus numérique du FSJU ».

A noter que, de nouveau, les vidéos des discours et tables-rondes lors de la convention du CRIF du 13 janvier 2013 et le congrès des communautés juives du 2 juin 2013 n’ont pas été diffusées en direct sur Internet. Et qu'Akadem n'a pas effectué d'enquête sur les médias français Juifs... Un sujet tabou ?
Le 3 juin 2012, Laurent Munnich, directeur d'Akadem, a ainsi commenté cet article :
« Il est inexacte de dire qu'Akadem n'a pas rendu compte de la manifestation du Consistoire.
http://www.akadem.org/sommaire/themes/politique/laicite/la-laicite-aujourd-hui/liberte-egalite-fraternite-laicite-06-04-2012-43461_188.php

Pour le reste votre article est très impressionniste et partial, il est marqué par votre expérience personnelle dans les médias que vous citez.

Dommage, une vraie enquête sur les médias juifs reste à faire ».
Ce même jour, je répondais à Laurent Munnich :
« Le Consistoire et le FSJU ont organisé ce Congrès composé de tables-rondes simultanées en salles le matin et de conférences/débats en amphithéâtre l'après-midi.

Les tables-rondes matinales n'ont pas été filmées par Akadem - un cameraman est passé parfois filmé quelques minutes. Elles n'apparaissent donc pas dans votre lien ni plus généralement sur le site d’Akadem. Ce dimanche matin, j'ai exprimé publiquement mon étonnement que d'une part, aucune caméra ne filme intégralement ces tables-rondes et que d'autre part, il n'y ait aucune diffusion en direct et sur Internet de ces tables-rondes. J'ai cité des évènements publics non communautaires que j'ai couverts et qui bénéficiaient d'une diffusion en direct sur Internet. J'ai été applaudie, ce qui prouve que mon étonnement était partagé et une carence des organisateurs, car des Français Juifs isolés auraient pu bénéficier de ces tables-rondes, et des Français non-Juifs apprendre beaucoup sur les interrogations soulevées lors de cette journée.

Akadem a filmé les conférences de l'après-midi et votre lien concerne une des conférences. Cette conférence a été publiée après l'évènement, et non en direct. Pour l'éclairer : un seul document, qui porte sur la laïcité (1792-2005) et qui reprend l'essentiel d'une chronologie, sans l'actualiser, publiée sur le site Internet de l'Assemblée nationale ! Votre chronologie sur la laïcité s'arrête en 2005. Rien sur les débats récents sur la laïcité, sur les abattages rituels, sur les carrés confessionnels, sur la loi interdisant la dissimulation du visage dans les espaces publics (2011), sur les prières de musulmans dans les rues, etc. Pourquoi ?

De plus, d'autres sujets ont été alors abordés.

Dommage qu'une couverture en direct et intégrale, ainsi qu'un travail éditorial plus actualisé et plus large n'aient pas été assurés.

Mon article est nourri de mon expérience de plus de dix ans dans des médias communautaires, d'analyses argumentées avec liens Internet, dates et photos, de confidences de collègues et confrères et de directeurs de médias Juifs, etc. Et je n'ai pas tout dit, notamment sur les conditions de travail de journalistes de médias Juifs...

Les Internautes ont abondé dans mon sens, et c'est un euphémisme. Ce qui prouve que mon tableau n'est ni « impressionniste » ni « partial ».

J'ai aussi travaillé à Akadem. Donc, je sais quel travail peut être fait sur une conférence.

Pourquoi ai-je été la seule à effectuer cette enquête sur des médias français Juifs qui, sauf exceptions, sont en déclin ou connaissent une audience faible, et essentiellement communautaire ?

Pourquoi Akadem ne ferait-il pas une « vraie enquête » sur les médias Juifs français ? Il dispose de journalistes pour sa TV culturelle sur Internet... »

Force est de constater qu'Akadem, depuis ma réponse en 2012, n'a pas mené d'enquête sur ces médias. Pourquoi ? Ce serait un sujet tabou ? Comme les Juifs noirs en France ?

En outre, Akadem, campus numérique Juif financé par le FSJU et le Fondation pour la Mémoire de la Shoah, n'a pas éditorialisé les vidéos de deux manifestations de la FJN (Fraternité judéo-noire) : une conférence de Guershon Nduwa sur la fierté d'être juif (novembre 2009) et un diner-débat (janvier 2011) .

Akadem "est intégralement financé par des subventions du Fonds Social Juif Unifié et de de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.  Si nous n'avons pas publié cette conférence, c'est entre autre faute de moyens financiers. Si cette conférence peut vous être utile... un don à l'ordre de l'Appel unifié juif de France (l'organe de collecte du FSJU), sera très apprécié. Pour votre information, le coût moyen d'une heure de numérisation et mise à disposition est de l'ordre de 20 €".

Aucune de ces deux organisations importantes de la communauté Juive française n'aurait les 80 € nécessaires à numériser ces deux vidéos (4 heures) pour les présenter aux Internautes avec leur "apparat critique" !?
Akadem dispose du budget pour numériser un concert d'Ishtar (février 2013) ou la table-ronde Ouverture (novembre 2009) avec des dirigeants du FSJU et de l'OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), et manquerait de moyens financiers pour ces deux évènements concernant les Juifs noirs !? Et depuis 2009 !?

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Cet article a été publié le 13 juin 2013 et modifié le 16 août 2013.

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