jeudi 19 juin 2014

Internet s’est imposé dans les campagnes électorales désignant le grand rabbin de France


Internet s'est imposé dans les élections consistoriales désignant le grand rabbin de France depuis 2008, année d'élection de Gilles Bernheim à cette fonction. Médias communautaires, mais surtout blogueurs et réseaux sociaux s'imposent comme vecteurs privilégiés de candidats à cette fonction spirituelle suprême française. Haïm Korsia a été élu grand rabbin de France le 22 juin 2014.


Quelles différences entre les campagnes 2008 et 2014 ? La réduction des budgets, l'inflation du nombre de candidats, les effets de deux scandales et le changement de générations.

Les points communs ? Les rabbins candidats se situent dans le courant orthodoxe consistorial. Nombre d'entre eux ont des enfants vivant en Israël.

Certes, le programme et la personnalité d'un candidat seuls importent. Mais dans une ère de communication et à une époque de stigmatisation du judaïsme, il s'avère impératif qu'un grand rabbin de France sache communiquer et s'entourer de communicants compétents.

Mais surtout, nul ne s'interroge sur la pertinence de la fonction de grand rabbin de France à l'aube du XXIe siècle. L'empereur Napoléon Ier a institué les Consistoires israélites en 1808. Or, depuis cette date, le judaïsme français institutionnalisé a évolué profondément. Il s'est doté d'associations ou de fédérations entamant le monopole de la représentation des Français juifs, tels le Conseil représentatif des institutions Juives de France (CRIF) dont les Consistoires ne sont pas membres, le FSJU (Fonds Social Juif Unifié), le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), etc. Il est irrigué par des mouvements juifs divers : l'Union libérale israélite de France (ULIF) fondée en 1907 et "plutôt "Reform" (UK) ou "Conservative" (USA)", le Mouvement Juif libéral de France (MJLF) créé en 1977, le judaïsme Massorti ("conservateur ou conservative"), le mouvement 'Habad-Loubavitch. Dès lors, combien de Français Juifs représente le Grand rabbin de France ? La moitié de ses coreligionnaires ? Plus ?  Moins ?

Deux candidats en 2008
Blogs de campagne, groupes de soutiens sur le réseau social Facebook, vidéos sur MySpace ou Dailymotion, sites Internet reflétant un débat à l’instar d’une disputatio médiévale et assorti de commentaires de lecteurs… Les diverses opportunités du web ont été particulièrement prisées par les équipes des deux candidats - les grands rabbins Gilles Bernheim et Joseph-Haïm Sitruk - à l’élection du grand rabbin de France (GRF) le 22 juin 2008.

A contrario, les candidats à la présidence du Consistoire central de France ont alors privilégié des médias traditionnels.

Pourquoi ? Plusieurs facteurs explicatifs peuvent être avancés : la plus grande visibilité/proximité de la fonction rabbinique auprès des membres de la communauté, l’alignement sur le recours à Internet lors des campagnes en vue des élections présidentielles et législatives en 2007, l’atout de présenter une image peaufinée du candidat, et les avantages du réseau : modernité, interactivité, rapidité, réactivité, utilisation aisée et ubiquité.

Peut-être aussi la volonté de proches du grand rabbin Gilles Bernheim de contourner un appareil présumé acquis au grand rabbin de France Joseph-Haïm Sitruk pour sensibiliser la base afin qu’elle influe sur les quelques 300 électeurs.

Autre originalité : pour suivre les élections aux deux instances suprêmes du Consistoire central de France, Jack-Yves Bohbot assurait dans son blog un suivi curieux, honnête et de l’intérieur : ce blogueur est en effet vice-président de ce Consistoire. Une initiative critiquée par certains, étonnés par une pratique qui relatait de manière inédite des épisodes et rebondissements de ces campagnes… Quant au blog http://electionsrabbiniques.blogspot.com, il se voulait un observateur neutre et anonyme.

Le grand rabbin Gilles Bernheim articulait sa communication autour de sa figure d’auteur prolifique (http://www.unrabbindanslacite.fr), du site de son groupe de soutien http://www.avenirdujudaisme.fr créé en janvier 2008 et qui éditait une newsletter hebdomadaire, et de son blog de campagne http://www.gillesbernheim2008.fr, densifié par des textes, des vidéos, son programme, un chat, la diffusion en direct d’une soirée d’études parisienne… Le film 24 heures dans la vie du grand rabbin Bernheim (environ 25 minutes) inclus dans l’un des deux DVD envoyés aux électeurs, a été mis sur Internet.

Le grand rabbin de France Joseph-Haïm Sitruk bénéficiait du site http://www.lesamisdugrandrabbin.com, un espace sans connotation électorale et qui proposait les vidéos des cours, conférences, discours et interviews du grand rabbin de France, sans mentionner ses livres ou sa candidature à l’élection du GRF. Ce site était dépourvu de texte et ne listait pas les réalisations du GRF. Un acte volontaire visant à dénoter une absence de vanité et à laisser les Internautes établir ce bilan. Internet était utilisé sur un registre affectif : les personnes attachées au grand rabbin de France Joseph-Haïm Sitruk étaient invitées à y exprimer ce qu’elles ressentaient. Un direct de Jérusalem par satellite au Kotel a eu lieu lors d’une « fête de l’unité » au Zénith.

Selon le blog Electionsrabbiniques2008, les trois groupes de soutien à ce candidat (2 495 membres) devançaient le 6 juin ceux de son rival (895 membres).

Interrogés par L’Arche, des proches des deux candidats indiquaient que cette campagne a suscité un fort engouement qui, pour l’un d’eux, aurait rayonné au-delà de la communauté Juive française.

Espérons qu’une réflexion suivra cette campagne émaillée de graves accusations, parfois véhiculées via sites ou courriels, concernant ces deux candidats et ayant concerné aussi les relations entre juifs et chrétiens.

Peut-être songera-t-on alors à créer une instance de régulation, indépendante et temporaire, pour assurer un meilleur déroulement des campagnes dans le respect de la neutralité de l’institution consistoriale et dans une plus grande transparence ou modération financières afin de ne pas décourager certaines candidatures ou prêter le flanc à des attaques.

Le 12 juin 2008, Raphy Marciano, directeur du Centre communautaire de Paris et de la campagne du grand rabbin Gilles Bernheim, a annoncé que celui-ci publiera ses comptes de campagne.

Six candidats en 2014
Dès le 24 février 2014, Philippe Meyer publiait sur son site Internet une lettre adressée à Joël Mergui, président des Consistoires de Paris Ile-de-France et de France, et signée d'administrateurs du Consistoire ainsi que de rabbins et grands rabbins (Haïm Korsia, Laurent Berros, André Elkiess, Moché Lewin, Mendel Samama, Alain Sénior, etc.), afin que ce président fixe rapidement la date de l'élection du Grand rabbin de France.

Le 3 mai 2014, dix candidats, souvent quarantenaires ou cinquantenaires, étaient candidats à la fonction de grand rabbin de France dont  l'élection aura lieu le 22 juin 2014 : Raphaël Banon, grand rabbin de Toulouse, chef d'entreprise de la société Bara et ayant défendu son droit à porter la kippa devant la Cour d'appel de Paris malgré les menaces choquantes du juge Marcel Foulon, Laurent Berros, rabbin depuis dix ans de Sarcelles (Val d’Oise) - une des deux communautés avec Créteil les plus importantes de la région Ile-de-France - et proche de l’ancien grand rabbin de France, Joseph Sitruk, Elie Elkiess, un des responsables de la cacherout au Consistoire israélite de Paris, Bruno Fiszon, grand rabbin de Metz et de Moselle et vétérinaire spécialiste de l’abattage rituel (che'hita) qu'il défend dans les instances européennes contestant cette pratique, Olivier Kaufmann, rabbin de la synagogue de la place des Vosges à Paris, directeur du Séminaire israélite de Paris depuis janvier 2013 et co-grand rabbin de France par intérim au côté du grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, depuis la démission de Gilles Bernheim en 2013, Haïm Korsia, aumônier des armées depuis 2007, ancien rabbin de Reims auquel a été consacré un documentaire, collaborateur des deux précédents grands rabbins de France, et défenseur du droit pour les étudiants Juifs de ne pas passer leurs examens lors de Chabbat et de fêtes juives, Yoni Krief, rabbin de Nantes et aumônier régional des prisons, Meïr Malka, qui a été actif dans les conversions au consistoire de Paris, Alain Senior, grand rabbin de Créteil depuis environ vingt ans, et ancien secrétaire particulier de Joseph Sitruk, et David Shoushana, rabbin de Nice, de Martinique et maintenant de Charenton-le-Pont (Val de Marne).

Après le retrait du rabbin Bruno Fiszon, puis d'autres candidats, restent six candidats : Laurent Berros, Olivier Kaufmann, Haïm Korsia, Meïr Malka, Alain Senior et David Shoushana. Tous six rabbins franciliens. Comme si les rabbins de province étaient exclus de facto de toute candidature.

Parmi ces six rabbins, certains sont médiatisés, tel Haim Korsia qui a participé dès 2006, et pendant plusieurs années, sur Direct 8,  avec le père Alain de La Morandais et  l'anthropologue Malek Chebel, à l’émission télévisée Les enfants d’Abraham et auquel le réalisateur avait consacré un documentaire en 1999. Le visage d'Olivier Kaufmann est familier des téléspectateurs car ce rabbin officie lors de cérémonies télévisées telles celle du souvenir diffusée sur France 2 le dernier dimanche avant Rosh HaChana (Nouvel an juif) et celle à la mémoire des victimes des rafles et d'hommage aux Justes de France. Il est vraisemblablement le rabbin ayant le carnet d'adresses dans le Tout-Paris, politique, médiatique, artistique, militaire, religieux le plus densément rempli.

Quant à Raphaël Banon et Alain Senior, ils s'étaient déjà présentés à l'élection au grand rabbinat de Paris en 2012 et avaient été interviewés par des médias et blogs communautaires, dont celui créé par l'association Avenir du judaïsme  médiatisée lors de la polémique récente sur le guet.

Certains sont issus de lignées familiales rabbiniques : tels les rabbins Olivier Kaufmann, petit-fils du grand-rabbin Henri Schilli (1907-1975), ancien directeur du Séminaire israélite de France et grand rabbin de France par intérim avec le grand rabbin Jacob Kaplan (1952-1955), et Alain Chlomo Senior (quatre générations de rabbins).

Mais beaucoup de rabbins candidats exercent en province ou en banlieue et sont donc inconnus ou méconnus de la majorité des Français Juifs lambda. Aussi, ils se sont rendus dans les communautés Juives de la province française, et ont répondu aux interviews de médias communautaires - journaux, radios - et de blogueurs.

Sur la fréquence francilienne, RCJ, Radio J, Radio Shalom et Judaïques FM ont consacré un temps important à interviewer des candidats. Sur Radio Shalom, Olivier Gandus a obtenu l'acquiescement du rabbin Olivier Kaufmann sur l'autorisation donnée à un imam de parler à la bimah (estrade de lecture dans la synagogue). Mais aucun des deux ne s'est intéressé au discours qui serait tenu par cet imam. A l'instar du candidat à la Présidence de la République François Hollande, c'est par une anaphore que le rabbin Olivier Kaufmann a présenté son programme sur RCJ. Les candidatures de ces rabbins de province intéressent la presse locale : ainsi, Maville Nantes interroge le rabbin Yoni Krief.

Actualité juive hebdo a couvert cette élection par un dossier sur le mode d'élection, la nature et la pertinence de la fonction de grand rabbin de France, par quatre questions/quatre réponses de huit candidats, car le rabbin Raphaël Banon n'a pas souhaité s'exprimer, par la republication d'un éditorial de son fondateur Serge Benattar relatif à la précédente élection du grand rabbin de France et un article sur certaines vidéos des candidats. Des articles disponibles sur le site Internet du journal.

De même, Hamodia informe sur les qualités attendues du grand rabbin, ainsi que sur les parcours et les professions de foi des candidats.

Manque de temps ou ignorance concernant la création de blogs et de comptes sur les réseaux sociaux et l'importance de la communication digitale, peu de candidats ont utilisé Internet, même s'ils sont présents sur LinkedIn ou Video.

Comptes sur FacebookLaurent Berros. Pour un souffle nouveau (1 580 J'aime) - et Twitter (79 abonnés), site Internet éponyme avec revue de presse et vidéos, chaîne YouTube avec une dizaine de vidéos... La campagne numérique du rabbin Laurent Chalom Berros s'avère exhaustive, et suppose une équipe particulièrement dynamiqueC'est également sur YouTube que Laurent Chalom Berros a publié le 6 mai 2014 son message officiel de campagne - 2 959 vues - dans lequel il revient sur son parcours - rabbin à Montpellier, puis à Sarcelles - "petite Jérusalem avec ses 27 synagogues, ses huit écoles, ses 26 commerces cacher, son Kolel" et "modèle de réussite et d'unité" - dans le département du Val d'Oise qui "à lui seul compte 30 000 Juifs". Le Parisien consacre un article à ce "rabbin de proximité" tant la communauté Juive de Sarcelles est importante. Ce candidat arrive en tête d'un sondage d'Actualité juive.

C'est le chroniqueur judiciaire Clément Weill-Raynal sur France 3 et pour Actualité juive qui a alerté son ami le grand rabbin Olivier Kaufmann sur les erreurs concernant les diplômes obtenus figurant sur la page de ce rabbin sur Wikipedia. Des erreurs rectifiées, et objets de rumeurs d'autant plus graves après le scandale de l'agrégation de philosophie attribuée à tort au grand rabbin Gilles Bernheim. Youtube héberge cinq vidéos postées tardivement, dans les derniers jours de la campagne, dont trois interviews du candidat : l'une sur RCJ par Shlomo Malka (195 vues), l'autre par la journaliste médicale du Figaro Martine Perez (276 vues) et la troisième sur Radio Shalom. Posté le 19 juin 2014, le clip de campagne du rabbin Olivier Kaufmann a été vu 1 657 fois. Une communication digitale tardive.

C'est cependant par une vidéo réalisée à la fin d'une conférence à Nancy le 30 avril 2014 et  publiée le 1er mai 2014 sur Youtube que le rabbin Haïm Korsia a annoncé sa candidature (1 071 vues). Le  2 mai 2014, ce membre du Conseil d'administration de l'OSE (Oeuvre de Secours aux enfants) a reçu sur Facebook le soutien de Roger Fajnzylberg, précédent directeur général de l'OSE, délégué général de la Fondation OSE MES (Mémoire Enfance Solidarité) et signataire en 1996 d'un appel contre « la judaïsation de Jérusalem-Est » qu'il n'a pas renié publiquement. Le rabbin Haim Korsia n'a pas été interrogé sur ce soutien problématique dont il ne s'est pas distancé.
Ce candidat a aussi créé sa page Facebook intitulée Haïm Korsia Grand Rabbin de France (1 204 J'aime). Il alimente Youtube en interview, notamment celle "Je suis prêt" dans laquelle il est interviewé par Olivier Lerner, présenté comme "journaliste", alors qu'il s'agit d'un "ancien journaliste sur France 2 (1984-2001)" et actuel directeur d'Olivier Lerner Conseils, "formation et coaching pour les interventions orales des dirigeants" dont les  clients sont l'ENA, Sciences Po, des écoles de journalisme, etc.
Le rabbin Haïm Korsia a publié sur son compte Twitter des informations sur sa campagne et ses positionsEn 2004, il avait déclaré vouloir inviter l'humoriste controversé Dieudonné au camp d'Auschwitz, car ce dernier est « l'un des rares à pouvoir parler à ces jeunes désocialisés qui insultent des Juifs. Bien malgré lui, il est devenu l'icône de ceux qui veulent s'opposer aux Juifs. Je suis certain qu'il peut avoir un impact positif sur ces jeunes qui peuvent avoir un rejet du judaïsme ». Devant la réprobation générale, notamment celle du grand rabbin de France Joseph Sitruk dont il était le conseiller, le rabbin Haïm Korsia avait abandonné son projet. Par sa proximité avec le grand rabbin Sitruk, c'est un habitué des campagnes consistoriales. Il est curieux que le Séminaire israélite n'ait pas prévu des cours idoine afin de remédier aux problèmes d'élocution de rabbins qui souffrent, comme le rabbin Haïm Korsia d'une articulation insuffisante. Ce qui rend l'écoute de ses discours souvent ardue.

Très peu de médias l'ont interrogé sur les accusations de plagiat visant deux de ses livres : "Être juif et français. Jacob Kaplan le rabbin de la République (2006) et La Kabbale pour débutants (2007). "Dans le premier cas, les emprunts à un ouvrage de 1990 sur les institutions juives sous Vichy, L'étoile et la francisque, de Maurice Moch et Alain Michel, vont de quelques lignes à une page entière", relève le site Fait-Religieux (4 juillet 2014). Sur un ton un brin agacé, le rabbin Haim Korsia a indiqué avoir utilisé un logiciel concluant au très faible pourcentage des similitudes. Mais sans indiquer le pourcentage, sans communiquer tous les résultats de cet examen.

Le 2 juin 2014, le rabbin Meyer Malka a publié sa vision du grand rabbin de France en étant filmé assis, devant une bibliothèque (732 vues). Une des onze vidéos diffusées sur sa chaîne Youtube et sur son site Internet. Celui-ci présente son CV, son programme, etc. Il a annoncé le retrait de sa candidature le 21 juin 2014 au soir, après chabbat.

En plus de son compte Facebook, le rabbin Alain Senior dispose d'une page Facebook dédiée à sa candidature et appelée Bâtir ensemble l'avenir de notre communauté. Election du grand rabbin de France 22 juin 2014. A noter le drapeau tricolore à gauche de son affiche de campagne. Le 13 mai 2014, il a publié sur Youtube la vidéo expliquant sa candidature (1 570 vues). Il "a expérimenté ses projets dans la communauté de Créteil" et évoque ses contacts aux plus hauts niveaux politiques. Son site Internet comprend son programme, des vidéos, une revue de presse, etc. Dans le bureau de cette "belle synagogue" de Créteil, il est interviewé par Michel Zerbib, rédacteur en chef de Radio J.

C'est aussi Youtube que le rabbin David Shoushana, ancien étudiant en aéronautique au Technion, a choisi pour y publier son clip de campagne le 1er juin 2014 dans lequel témoignent des fidèles (2  268 vues). Son compte Facebook (756 vues). Après avoir officié en Martinique, à Toulouse, Grenoble et Nice, David Shoushana est le rabbin de  Charenton-le-Pont, une "communauté dynamique, jeune". Son slogan : "Insufflons une nouvelle énergie pour le judaïsme".

Finalement, ce sont des blogs ou médias électroniques - JSSNews a interviewé le rabbin David Shoushana - qui ont publiés les articles les plus intéressants sur Internet. Le professeur de Sciences politiques et droit Raphaël Drai est l'auteur d'une tribune publiée par Actualité juive et sur son blog. A noter que Bernard Musicant a publié sur son blog du Jérusalem Post sa série remarquable d'interviews de six candidats.

Si certains candidats ont émis des propositions intéressantes - adoption de mesures préconisées par la Conférence des rabbins européens sur le guet (divorce religieux), présence permanente d'un représentant du Consistoire israélite de France dans les instances européennes pour prévenir les actions hostiles au judaïsme, etc., d'autres se sont contentés de promesses vagues, notamment en évoquant le combat contre l'antisémitisme et le dialogue judéo-musulman sans en préciser la teneur. Pourtant celle-ci est liée étroitement à celui-là.

En outre, la crise affectant la fonction rabbinique en France est largement occultée et non entièrement résolue par l'application des mesures préconisées par des candidats (reconnaissance à l'international des rabbins formés en France, délocalisation à Strasbourg du Séminaire israélite formant les rabbins).

Par ailleurs, l'aspect financier de cette fonction est largement occulté. Un communiqué de Sammy Ghozlan, membre du Conseil d'administration du Consistoire central de France, avait révélé le 28 février 2014, et sur Facebook, que le "montant mensuel total du salaire et des services" du Grand rabbin de France "s'élèvent à plus de 25 000 euros", et "à 34 000 euros par mois, si on rajoute son staff". Un communiqué guère repris par les médias communautaires... 

Enfin, Akadem s'est interrogé A quoi sert un grand rabbin de France ? et l'association Avenir du judaïsme, qui s'était indignée de modifications apportées sur la liste des électeurs, a publié le 19 juin 2014 sur son site Internet et via sa newsletter l'article Quel Grand Rabbin... pour la France ? sur cette élection cruciale, et le 20 juin 2014, a réagi aux explications de la Commission électorale du Consistoire centrale justifiant ces modifications par une actualisation liée aux résultats des élections consistoriales de l'automne 2013. Des arguments qui n'ont pas convaincu  l'historien Claude Nataf qui, interviewé sur Judaïques FM le 23 juin 2014, a déclaré que Joël Mergui lui avait dit avoir choisi de retenir parmi les grands électeurs les seuls présidents de communautés. Or, Claude Nataf a relevé parmi ces électeurs les noms de membres, et non de présidents, de communautés, souvent proches de Joël Mergui.

Trois cent quinze électeurs représentant les communautés Juives françaises, consistoriales et associées, ont voté le 22 juin 2014.

Au second tour de scrutin, Haïm Korsia, aumônier des Armées âgé de 51 ans, a été élu grand rabbin de France par 131 voix contre 97 pour le rabbin Olivier Kaufmann, âgé de 47 ans. Son mandat dure sept ans.

On peut s'étonner que le ministre de l'Intérieur chargé des Cultes, alors Manuel Valls, dont la parole avait été déterminante pour convaincre in extremis Gilles Bernheim de se mettre en congé de la fonction de Grand rabbin de France, soit resté silencieux malgré les rumeurs de plagiats visant Haïm Korsia.

[2] https://twitter.com/lbrdsv
[3] https://www.youtube.com/channel/UCzMSpOAqopy_Z3LxQ-644lg/videos
[4] https://www.youtube.com/watch?v=mLPDnj7EjWU
[5] https://twitter.com/OlivierKaufmann
[6] https://www.youtube.com/watch?v=CLL_BikQcJE
[7] https://www.youtube.com/watch?v=cKLxtC0e9HY
[8] https://www.youtube.com/watch?v=zbcfI4NgNUs
[9] https://www.facebook.com/pages/Haim-Korsia-Grand-Rabbin-de-France/525538530889561
[10] https://twitter.com/HaimKorsia
[11] https://www.youtube.com/watch?v=JJGl3l6ThfQ
[12] https://www.youtube.com/watch?v=Ba8dpglKAoo
[13] http://rabbinmalka.free.fr/MeyerMALKA/appel-du-18-juin-2014.html
[14] https://www.facebook.com/profile.php?id=100008305621192&fref=ts
[15] https://www.facebook.com/events/1503511629879818/
[16] https://twitter.com/RabbinSenior
[17] https://www.youtube.com/watch?v=qTWYQCPXcAY
[18] http://rabbinsenior.over-blog.com/
[19] https://www.facebook.com/ravshoushanacgrf?fref=ts
[20] https://www.youtube.com/watch?v=vFtqb0CAZvY

Sources du tableau synoptique des soutiens des deux candidats au 6 juin 2008 : http://www.jackyvesbohbot.fr/mon_weblog/2008/05/le-net-sinvite.html et http://electionsrabbiniques.blogspot.com)
  

A lire sur ce blog :
Articles in English

Cet article a été commandé en 2008, mais non publié, par L'Arche.
Il a été republié le 5 juin 2013 à l'approche de mon interview par Radio Chalom Nitsan le 6 juin 2013 vers 13 h 30-13 h 40. J'y ai évoqué notamment le scandale lié aux plagiats du Grand Rabbin Gilles Bernheim, le diner du CRIF en 2013 et j'ai rendu un bref hommage à Elie Szapiro (1939-2013).
Il a été actualisé le 17 septembre 2015.

2 commentaires:

  1. Jo Sitruk était en tant que GRF en fin
    de Parcours , Gilles c'était autre chose chacun a fait du très bon boulot . Le prochain Haim K serait pas mal

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  2. vous allez parler du"scandale du plagiat"
    vous etes vous posé la question de savoir pourquoi cette affaire est née et pourquoi à cette date là particulièrement ? et quels journalistes ont fouillé aussi loin car il fallait vraiment chercher pour trouver.
    Gilles Bernheim n'était il pas à la pointe du "combat" anti mariage gay?

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