dimanche 6 décembre 2015

Quel « vote Juif » pour Marine Le Pen ?



Le « vote Juif » pour Marine Le Pen a été étudié lors des élections présidentielles françaises de 2012 à laquelle se présentait Marine Le Pen, fille de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national. Selon une étude de l'IFOP en 2014, "13,5% des électeurs se déclarant de confession juive affirment avoir voté pour Marine Le Pen, contre à peine 4% pour son père en 2007". En 2015, une étude récente a considéré que "les résultats électoraux des bureaux de vote sarcellois de la « petite Jérusalem » n’ont pas traduit de percée supplémentaire du FN ni aux européennes de 2014 ni aux départementales de 2015". Un « vote Juif », à forte charge symbolique, et qui résulte de la stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen, de la vague d'actes antisémites non jugulée par les présidents et gouvernements, de droite et de gauche, depuis 2000, et à un contexte socio-politique dégradé. Un vote dont on ne sait la part d'adhésion aux idées frontistes, et de rejet de l'"UMPS" décevant.

J'ai évoqué certaines de mes analyses lors de mon interview sur Radio J le 27 avril 2012


Le quotidien israélien Haaretz a publié en 2012 la tribune de Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) sur les effets de l’élection présidentielle en France sur les Juifs français et l’Etat d’Israël. Un article qui a suscité de vives critiques dans des médias de gauche qui ont stigmatisé une prétendue cécité à l'égard du Front national (FN). 

Polémique
Haaretz a publié, le 25 avril 2012, la tribune de Richard Prasquier Jews to face new challenges in post-elections France, For French Jews, one of the key issues is how willing each candidate is to fight the new anti-Semitism that has developed under the mask of anti-Zionism (De nouveaux défis pour les Juifs dans la France après les elections. Pour les Juifs français, une des questions clés repose sur la volonté de chaque candidat de combattre le nouvel antisémitisme qui s’est développé sous le masque de l’antisionisme).


Richard Prasquier constate l’absence d’influence de l’extrême droite « sur les politiques à l’égard des Juifs en France ». Dénonce ce nouvel antisémitisme masqué en antisionisme. Anticipe des difficultés en matière d’abattage rituel juif (Che’hita). Observe les points communs entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, candidats respectivement de l’UMP et du Parti socialiste : amitié pour l’Etat d’Israël, vision partagée du « conflit israélo-palestinien ». S’interroge sur le rôle du premier cercle du futur Président, en particulier si François Hollande est élu le 6 mai 2012. S’inquiète de la présence, dans son camp, de socialistes, gauchistes et Verts hostiles à l’Etat d’Israël et « au premier plan de chaque manifestation, déclaration et pétition anti-israéliennes ». Relève le « taux décevant de 11% » obtenu par dont Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche incluant le Parti communiste, ce qui le prive de toute influence notable sur la politique étrangère française. Et anticipe une « recrudescence des manifestations antisionistes provenant de gauchistes et de communistes ».

Une polémique a rapidement surgi dans des médias de gauche qui épinglent une prétendue cécité à l’égard du FN, s’attristent d’« accusations insupportables à l’égard d’une partie de la gauche » et un appel déguisé par le « messager personnel du gouvernement Netanyahu » à voter pour Nicolas Sarkozy.

« L’honneur perdu de Richard Prasquier », signé par Jack Dion, titre l’hebdomadaire Marianne le 26 avril 2012 à 15 h. Et de publier ce même jour, onze minutes plus tard, l’article de Claude Askolovitch La morale du Crif s’arrêteaux portes du ghetto.

Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique, écrit : « Prasquier : le danger pour les juifs en France, c’est Jean-Luc Mélenchon, pas Marine Le Pen ».

Sans compter Pierre Haski, auteur sur Rue89 de l’article Prasquier (Crif) dénonce le « nouvel antisémitisme » à gauche publié le 26 avril 2012. Pierre Haski s’indigne que Richard Prasquier ait évoqué le risque de manifestations antisionistes liées au taux de 11% de Jean-Luc Mélenchon. Et de reprocher à Richard Prasquier son attention sur les « autres composantes de la gauche française » au détriment du Front national (FN) : « Il y a en tout cas, et c’est nouveau, un vote juif en faveur de Marine Le Pen : 7 à 8% de l’électorat d’origine juive en France, selon des évaluations internes à la communauté ».

Quelles sont ces « évaluations internes à la communauté » ? Elle serait particulièrement brillante, cette communauté : les politologues n’ont pas encore publié d’étude sur le « vote Juif » lors le scrutin du 22 avril 2012, et déjà cette communauté disposerait d’une évaluation !?

En fait, Pierre Haski renvoie au site du Centre communautaire laïc Juif (CCLJ) de Bruxelles (Belgique) qui reprend l’article de la journaliste Shirli Sitbon Amidelections, France's Jews debate support of rightist Le Pen publié par Haaretz, le 24 avril 2012. Dans cet article, Shirli Sitbon interroge deux Juifs qui vont voter pour Marine Le Pen : Michel Thooris, candidat du Front National aux prochaines élections législatives des Français de l’étranger, notamment en Israël, et Michel Ciardi, qui a fondé l’association Union des Juifs français. Shirli Sitbon se montre prudente sur l’attrait des électeurs Juifs pour le Front national. Selon Michel Zerbib, directeur de la rédaction de Radio J, cité dans cet article, « 7 à 8 % des Juifs ont voté pour Marine Le Pen ».

Le 26 avril 2012, Richard Prasquier a résumé sa position dans un communiqué.

Le 27 avril 2012, Michel Zerbib a revu son évaluation à la baisse pour la porter à 3-4%. Et Luc Rosenzweig épinglait dans Causeur Claude Askolovitch, ses imprécations et son « antifascisme de pacotille ». N'oublions pas les dames : la journaliste et écrivain Edith Ochs, dans le Huffington Post  intime Pas une voie juive pour le FN, M. Prasquier ! Comme si Richard Prasquier avait invité à voter pour Marine Le Pen !?

Aucun dirigeant communautaire n'appellera à votre pour le Front national, malgré tous les efforts déployés par ce parti pour séduire les électeurs français Juifs et assurer la "normalisation" du FN. 

Comparaisons
Le 9 mars 2012, l'IFOP a publié une Analyse sur les orientations politiques de l'électorat Juif en France. Cette étude a montré des « votes Juifs ». Elle a évalué à 4,3% le pourcentage des électeurs Juifs ayant voté pour Jean-Marie Le Pen lors du premier tour de l'élection présidentielle en 2007. Au niveau national, ce candidat du Front national avait recueilli 10,6% selon diverses enquêtes. Lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2002, selon diverses enquêtes IFOP,  Bruno Mégret et Jean-Marie Le Pen cumulaient 19,2%  auprès de l'ensemble des Français, contre 6,1% chez l'électorat Juif. 

"L’analyse du vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 des personnes de confession juive se caractérisa à l’époque également par :
– une surreprésentation très nette de la droite parlementaire,
– un léger sur-vote en faveur du candidat socialiste, ceci s’accompagnant d’une moindre audience de l’extrême-gauche, Ségolène Royal recueille 28,8% des voix des personnes se déclarant juives, soit 3 points de plus que son score national,
– un très faible écho du tandem Le Pen / Mégret".

"A droite, c’est Alain Madelin qui bénéficia en 2002 d’une très forte présence dans cet électorat (plus de 21% contre à peine 4% en moyenne). Les valeurs portées par le candidat de Démocratie Libérale, sa défense constante et revendiquée d’Israël et des USA peuvent expliquer cette audience spectaculaire quand Jacques Chirac, réputé plus pro-arabe, bénéficia d’un moindre soutien. Ce dernier déclarait notamment le 26 janvier 2002, « il n’y a pas de poussée d'antisémitisme en France » alors que le nombre d’actes antisémites avait connu une très forte croissance entre 1999 et 2000 (selon la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) puis un tassement en 2001 tout en restant nettement supérieur à 1999. Le succès rencontré par Nicolas Sarkozy en 2007 dans cette population tient sans doute au fait, qu’hormis des liens tissés de longue date avec cette communauté, notamment en Ile-de-France, il ait su tenir un message s’inspirant davantage de la tradition et de l’héritage atlantiste et pro-Israël du Parti Républicain et de Démocratie Libérale que de la filiation gaulliste chiraquienne moins efficace, on l’a vue dans ce milieu... Ce fort tropisme droitier ne s’explique pas par la composition sociologique de cet électorat, où les CSP réputées plus favorables à la droite sont surreprésentées".

"Alors que différents travaux de recherche avaient montré un soutien assez marqué de l’électorat juif envers la gauche à la fin des années 70 et lors de l’élection de François Mitterrand en 1981 et 1988, un déplacement du centre de gravité politique de la population juive au profit de la droite semble s’être produit ensuite". L'IFOP date cette "droitisation d’une partie de cette communauté" du "déclenchement de la seconde intifada qui s’est accompagnée en France d’un regain d’antisémitisme. Certains observateurs ont également évoqué le fort impact de certaines agressions dont ont été victimes des membres de la communauté juive en Ile-de-France notamment. Dans ce contexte, le ferme discours du Ministre de l’Intérieur de l’époque a sans doute rencontré un écho, Nicolas Sarkozy ne manquant jamais l’occasion, de surcroît, d’afficher sa proximité à Israël et à la communauté juive". 

Le 23 avril 2012, Harris Interactive a publié un sondage pour La Vie. Ce sondage porte sur des électeurs catholiques lors du vote au premier tour de l'élection présidentielle de 2012. Une étude en ligne sur un échantillon de 2 935 individus représentatifs. « La comparaison des résultats de 2012 avec ceux de 2007 permet de distinguer une nette progression du Front National au sein de l'électorat catholique, à l'instar du reste de la population. Ainsi, là où Jean-Marie Le Pen recueillait 10% des voix catholiques en 2007, Marine Le Pen en comptabilise aujourd'hui 20% ».

Faute d’étude, de sondage ou d’article sur les électeurs Juifs du Front national, j’ai donc effectué fin avril 2012 un travail journalistique sur ce « vote Juif » pour Marine Le Pen qui a existé, afin de l'évaluer.

Quelles sont les motivations avouées des quelques électeurs Juifs dans mon réseau relationnel ? Vote protestataire. Déception et défiance à l'égard des partis traditionnels de la droite et de la gauche républicaines. Adhésion à certaines thématiques du Front national : refus de l’islamisation de la France, inquiétude à l’égard des déclins de la France et d’une immigration incontrôlée et non intégrée.

En 2002, environ 500 000-600 000 Juifs français vivaient dans l’hexagone. Selon l'étude d'Erik Cohen, un Juif sur trois habitait alors en Ile-de-France.

J'ai étudié les résultats du vote du 22 avril 2012 dans des arrondissements de Paris et dans des villes de la banlieue parisienne où résident des communautés Juives numériquement importantes, et je les ai comparés avec les taux national - 17,90 % - francilien - 12,28% -, et parisien - 6,2% - obtenus par Marine Le Pen, candidate du Front national. Sans viser à extrapoler à l'ensemble des Juifs français. Sans viser à l’exhaustivité. En sachant que dans certains quartiers parisiens d'arrondissements de Paris, par exemple du XVIIe arrondissement, la part des électeurs juifs est importante et, dans d'autres quartiers de cet arrondissement celle des électeurs musulmans importante.


En 2012, Marine Le Pen a recueilli à Paris 6,2% des suffrages exprimés, soit un tiers de la moyenne nationale (17,90%) : 4,20% dans le IIIe arrondissement, 5,76% dans le IVe arrondissement, 5,87% dans le bourgeois VIIIe arrondissement, 4,91% des suffrages exprimés dans le XIe arrondissement populaire, 6,96% dans le XIIe arrondissement, 5,58% dans le huppé XVIe arrondissement, 6,32% dans le XVIIe arrondissement où vit selon le journaliste et essayiste Michel Gurfinkiel « la plus grande communauté Juive française  », 6,57% dans le XVIIIe arrondissement,  6,72% et 6,94% respectivement dans les populaires XIXe et XXe arrondissement. Ce tableau montre une faible progression des résultats du premier tour de l'élection présidentielle du 22 avril 2007 et du 22 avril 2012 dans ces arrondissements parisiens. Il convient de noter que les prix du m² à Paris sont si élevés que des quartiers, jadis populaires et ouvriers, sont boboïsés, et que par souci de clientélisme, la municipalité socialiste encourage l'octroi des logements sociaux aux populations issues de la diversité.

En Ile-de-France, le FN passe de 7,54% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 à 12,28% en 2012. En banlieue parisienne, les taux obtenus par Marine Le Pen représentent environ un quart, un tiers, voire la moitié de son taux national (17,90%) et de son taux francilien (12,28%) : 10,53 % à Créteil et à 10,03 % à Sarcelles - deux villes regroupant les communautés Juives franciliennes les plus nombreuses -, 5% à Neuilly dont un tiers de la population est Juive, 6,49% à Boulogne-Billancourt, 7,70% à Levallois-Perret, 9,54% à Pantin, 10,87% à Bobigny, 12,89% au Raincy, 9,34% à Montreuil, 6,80% à Saint-Mandé, 6,91% à Vincennes, 10,66% à Garges-lès-Gonesse, 10,58% à Saint-Maur-des-Fossés... 

Les électeurs Juifs ne paraissent donc pas avoir succombé de manière significative à l'opération de séduction de la candidate du Front national.

Un vote si recherché

On peut s’étonner de cette controverse médiatique surgie à partir d’une estimation non étayée par une étude sérieuse de politologue, et ce silence sur la recrudescence actuelle de l’antisémitisme en France.

Instrumentalisé par certains journalistes, ce « vote Juif pour le Front national » à « 7-8% » parait ressembler à un épouvantail brandi pour stigmatiser les Juifs, faire taire l’expression de leurs inquiétudes légitimes quant à un avenir proche déterminant la politique de la France pendant cinq ans, notamment à l'égard de certaines figures de la gauche française. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon a demandé à ses militants de venir avec des barres de fer au défilé du 1er mai 2012.

Curieusement, aucun cri d’orfraie n’émane de ces trois journalistes à l’égard d’appels aux musulmans à voter pour le Front national ou à un « vote halal ». Des consignes de vote suivies


Rarement un président du CRIF a été tant critiqué, en interne comme en externe, et parfois avec raison : silence sur l’antisémitisme islamique, dialogue judéo-musulman perdant-gagnant. Ainsi, après les tueries en mars 2012 à Toulouse et Montauban, dont quatre assassinats antisémites, par le djihadiste Mohamed Merah, une « marche pour la tolérance et la paix » de musulmans a eu lieu le dimanche 29 avril 2012 à Paris contre… « le terrorisme et l’islamophobie, et pour l’égalité des chances » ou « contre le racisme et la stigmatisation des musulmans », selon les affiches. Pourquoi ne pas qualifier ce terrorisme d’islamiste ? Pourquoi ne pas défiler contre l’antisémitisme islamique ? A l'appel d'une trentaine d'associations musulmanes, ils étaient une centaine selon l'AFP à s'être rassemblés près de l'Opéra-Bastille pour « dire non au radicalisme religieux », à avoir observé une minute de silence à la mémoire des enfants de Toulouse et de Montauban (sic), victimes de cet islamiste, puis à avoir entonné la Marseillaise, hymne national de la France. Une « mobilisation ratée des musulmans  » selon Ivan Rioufol.


Pour certains journalistes, le triple « crime de lèse-majesté » de Richard Pasquier est vraisemblablement de ne pas ancrer le CRIF à gauche et de ne pas embrigader les Juifs français dans la stratégie d’un parti, de désigner des gens de gauche anti-israéliens, et d’évoquer le lien entre antisionisme et antisémitisme. Et peut-être d’agir pour l’émergence de la vérité dans l’affaire al-Dura. Curieusement, ces trois journalistes – Pierre Haski, Jack Dion, Claude Askolovitch, Alain Gresh - soutiennent Charles Enderlin, auteur avec son cameraman palestinien du reportage controversé diffusé par France 2 le 30 septembre 2000, et sur lequel Richard Prasquier a demandé la formation d'une commission d'enquête  chargée d'établir les faits.

Pour de belles âmes silencieuses sur les appels aux votes de syndicats - CGT, FSU, SM, etc. -, l'image de la Gauche française ne doit pas être entachée par de fâcheux rappels, surtout à une dizaine de jours du second tour de l'élection présidentielle 2012... Alors, sois Juif et tais-toi ?


L’UMP (Union pour un mouvement populaire) a annoncé ne pas faire d’alliance avec le FN. A la différence des thèses de Marine Le Pen, les idées de la bien pensance de gauche sont partagées par une grande partie des médias – 100% des élèves Centre de formation des journalistes (CFJ) et 87% des étudiants de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille ont voté pour des candidats de gauche pour le premier tour de l’élection présidentielle 2012 - , des enseignants, des associations et des syndicats. Bref, par ces faiseurs d’opinion qui imposent un « politiquement correct ».

Oui, les Juifs français ont des raisons de s’interroger sur l’attitude des deux candidats sur deux thèmes majeurs liés à leur vie en France, au-delà de leur intérêt pour d’autres thèmes de programmes : l’antisémitisme et la diplomatie du candidat s’il est élu à l’égard de l’Etat d’Israël et des pays arabes.

De graves reproches peuvent être adressés au Président Nicolas Sarkozy sur ces deux thématiques : refus depuis 2011 de réunir leComité de lutte contre le racisme et l’antisémitisme malgré la demande du CRIF, rendez-vous manqué avec les Juifs français lors du diner du CRIF du 8 février 2012 au cours duquel il s’adresse à eux comme s’ils étaient israéliens, « politique arabe » assumée – vote pour l’adhésion de la « Palestine » à l’UNESCO –, etc.


Les soutiens de François Hollande ? Martine Aubry, présentée comme la future Première ministre, s’est prononcée pour la reconnaissance de la « Palestine ». Sans compter sur la perspective de futurs ministres communistes ou écologistes dans le futur gouvernement formé avec l’assentiment d’un Président socialiste.

Doit-on rappeler l’attitude des ministres socialistes sous la présidence Chirac, lors du déclenchement de l’Intifada II par l’Autorité palestinienne ? Indifférence, négation, minoration et parfois justification des actes antisémites, absence lors du défilé d’avril 2002 contre l’antisémitisme en France. Il a fallu attendre de longues années pour que François Hollande, alors Premier secrétaire du Parti socialiste, exprime son mea culpa.


Doit-on lister tous ceux qui ont manifesté avec la haineuse« rue arabe » contre l’opération israélienne Plomb durci menée par l’Etat d’Israël contre le mouvement terroriste Hamas, dont la charte vise l'élimination de l'Etat Juif, dans la bande de Gaza ?

Doit-on citer le rapport sur la Géopolitique de l’eau dans lequel le député socialiste Jean Glavany a glissé un passage scandaleux évoquant une ségrégation, un apartheid dans l’accès à l’eau imputable à l’Etat Juif ?


C’est incroyable ! On se croirait au printemps 1981, quand la quasi-totalité des médias français occultaient les pans gênants du passé – francisque remise par le maréchal Pétain au printemps 1943, etc. - de François Mitterrand, alors candidat du Parti socialiste, tant ils militaient, sans l’avouer, pour l’alternance politique et l’arrivée au pouvoir de la gauche après 23 ans d’un pouvoir de droite.

Finalement, cette élection où chaque candidat peut gagner, où chaque voix compte, souligne l’importance du « vote Juif » que certains voulaient reléguer aux oubliettes de l’Histoire, voire remplacer parcelui d’autres communautés. Et révèle peut-être la peur chez certains que les électeurs Juifs de Marine Le Pen ne contribuent de manière décisive à la défaite du candidat de la gauche et à la victoire du candidat honni.

Chacun des deux candidats – François Hollande et Nicolas Sarkozy - a eu besoin des voix des électeurs qui se sont prononcés pour Marine Le Pen le 22 avril 2012. Et les courtise.

Alors pourquoi stigmatiser ces précieuses voix, et parmi elles seulement les Juives ?

Etude de l'IFOP sur les "votes juifs" 

En août 2014, l'IFOP a publié l'étude intitulée Les votes juifs : poids démographique et comportement électoral des juifs de FranceDe l'élection présidentielle de 2007 à celle de 2012, l'IFOP constate plusieurs caractéristiques des "votes juifs", notamment "le survote en faveur de la droite parlementaire [qui] constitue une vraie singularité de l'électorat juif, quelle que soit la catégorie sociale considérée au sein de cet électorat, la stagnation du vote pour la gauche" et, fait novateur en 2012 "la progression du vote pour le Front national".

Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique à l’IFOP, en a résumé ainsi les principaux résultats pour Atlantico : "Que se soit lors du 1er tour des présidentielles de 2007 et de 2012, Nicolas Sarkozy enregistre près de 50% des voix auprès de l'électorat juif. A l'heure actuelle, le survote en faveur de la droite parlementaire constitue une vraie singularité de l'électorat juif, quelle que soit la catégorie sociale considérée au sein de cet électorat. Une situation bien différente de celle de la fin des années 1970 et des années 1980 au cours desquelles l'électorat juif soutenait significativement la gauche. Entre les élections présidentielles de 2007 et de 2012, la gauche stagne auprès de l'électorat juif, représentant environ 1/3 de ce dernier, alors qu'elle progresse sensiblement à l'échelle nationale. Ce déplacement du centre de gravité politique de la population juive au profit de la droite peut s'expliquer par un regain de l'antisémitisme en France après le déclenchement de la Seconde Intifada. L'élection présidentielle de 2012 marque en revanche une rupture très nette dans cet électoral avec la progression du FN : en effet, 13,5% des électeurs se déclarant de confession juive affirment avoir voté pour Marine Le Pen, contre à peine 4% pour son père en 2007". Selon un responsable de l'IFOP interviewé par Radio J, ce serait à partir du second septennat du Président François Mitterrand que les électeurs français Juifs se seraient éloignés du parti socialiste. On attend une analyse similaire de l'IFOP sur le(s) "vote(s) musulman(s)".

Cette étude Les votes juifs : poids démographique et comportement électoral des juifs de France laisse cependant perplexe ; absence d'informations fondant ses constats et analyses - l'IFOP n'y indique pas le pourcentage de suffrages allant vers Marine Le Pen dans les bureaux de vote du XIXe arrondissement de Paris, que l'IFOP avait "identifiés comme correspondant à des quartiers abritant une communauté juive significative", à Villeurbanne, à Saint-Maur-des-Fossés et dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire. en 2012 -, et silence sur les motivations des électeurs français Juifs : vote d'adhésion au programme du FN ou à certains slogans du mouvement (souci de l'ordre, inquiétude sur une immigration sans intégration et non contrôlée) ? Perception erronée du FN comme "parti anti-islam" ? Vote protestataire ? Manque de confiance en la capacité des partis républicains, dont le Parti socialiste et l'UMP, à lutter contre l'antisémitisme et à redresser la France ? Vote sans conséquence notable en raison de l'impossibilité pour Marine Le Pen d'arriver au second tour de cette élection si différente d'une élection municipale où le scrutin proportionnel assure la représentation de partis minoritaires dans les conseils municipaux ? En raison des transferts de populations françaises Juives vers des villes, arrondissements ou quartiers plus sûrs en Ile-de-France et de l'aliyah, cette progression du "vote juif" pour Marine Le Pen ne doit-elle pas être relativisée ?

N'en déplaise à certains, les électeurs français Juifs n'ont pas offert leurs suffrages massivement, ni quasi-exclusivement, ni aveuglément vers Marine Le Pen. Certes une partie très faible des électeurs français Juifs a du voter pour Marine Le Pen en 2012. Mais en interrogeant mon réseau relationnel et familial, je n'ai trouvé aucun de ces électeurs. Le même constat a été effectué par une amie journaliste. Les médias interrogent régulièrement le même électeur français Juif pour le Front national : Michel Ciardi. Peut-être parce que ce vote pour le FN relève de l'oxymore ou, à tout le moins, d'un "vote honteux", difficile à assumer publiquement, ou encore qu'il n'a pas séduit un si grand nombre d'électeurs français Juifs. Lors du colloque Qu’est-ce qu’un acte antisémite ? La loi et la réalité, organisé le 7 avril 2014, à la mairie du XVIIe arrondissement de Paris, par l'Université populaire du judaïsme et SOS Antisémitisme, Claude Barouch, président de l'UPJF (Union des patrons Juifs de France), a exhorté à ne pas voter pour le FN et a déclaré que Marie d’Herbais de Thun, intervieweuse de Jean-Marie Le Pen lorsqu'il a souhaité évoquer Patrick Bruel en faisant "une fournée, une prochaine fois", avait été l'épouse de Frédéric Châtillon, "ancien leader du GUD, important prestataire du Front national", "un proche d’Alain Soral et Dieudonné, et "le cofondateur du site soralien Egalité et réconciliation". Ses déclarations ont été massivement applaudies et huées par un ou deux spectateurs sur environ 700-800.

L'IFOP a agrégé "à grande échelle" ses enquêtes "auprès d’échantillons nationaux représentatifs sur une période de 10 ans (de 2002 à 2012) et au sein desquelles la question de l’appartenance religieuse était posée. Une fois ce cumul effectué, on dispose d’un échantillon global de pas moins de 173.000 interviewés. 0,6% des personnes interrogées" se définissent comme « juif ». Cela correspond à 1.095 individus dans l’échantillon cumulé et, ramené à un corps électoral de 43 millions de personnes, cela représente 260.000 électeurs".

Le "poids statistique de la population juive dans le corps électoral est tout à fait minime et n’a guère varié depuis 20 ou 30 ans... Avec un sous-échantillon de 1095 individus se déclarant de confession juive, il a été possible de dresser un portrait sociodémographique de cette population. Même si les cadres supérieurs, les professions libérales, les commerçants, artisans et chefs d’entreprise sont surreprésentés (19% contre 11% dans la population totale), la communauté juive apparaît sociologiquement assez diverse, ce qui vient démentir bon nombre de clichés et de préjugés. On compte ainsi 24% d’ouvriers et d’employés (contre 31% dans l’ensemble de la population) et 12% de professions intermédiaires (contre 14%). Si cette population n’est donc pas sociologiquement très typée, son implantation sur le territoire est en revanche très spécifique. 50% des personnes se déclarant juives résident en effet dans l’agglomération parisienne alors que ce territoire n’abrite que 16% de la population totale. Cette surreprésentation de la région parisienne dans la population juive s’accompagne également d’une implantation un peu plus marquée dans l’ensemble PACA / Languedoc-Roussillon (17% contre 12% dans l’ensemble de la population française) au détriment des régions du grand ouest (3% des juifs y habitant contre 14% de la population totale) et de manière plus générale des zones rurales (5% contre 25% en moyenne). On notera que même en Ile-de-France, région où la population juive est la plus nombreuse, le poids de cette communauté ne représente que 2% de la population locale".

"Durant la première partie de son mandat (jusqu’aux élections européennes de 2009)", le Président Nicolas Sarkozy "bénéficia dans cette catégorie d’un niveau de popularité quasi identique à celui observé parmi les catholiques pratiquants – soutiens traditionnels et constants de la droite – et l’écart de popularité était de 16 points avec la moyenne nationale. Mais si la communauté juive demeura, derrière les catholiques pratiquants, la seconde catégorie la plus en soutien de Nicolas Sarkozy durant la seconde partie de son mandat, c’est parmi les juifs que sa popularité recula le plus : -19 points (contre -14 points en moyenne et parmi les catholiques pratiquants). A la veille de l’élection présidentielle de 2012 une majorité de personnes se déclarant de confession juive se disait donc a priori mécontente de Nicolas Sarkozy, rendant le jeu électoral plus ouvert qu’en 2007 dans cette catégorie de la population".


En dépit de ce mécontentement survenu dans la seconde partie de son mandat, l’électorat juif est resté fidèle à Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy a maintenu ses positions et sa très large domination de 2007 en 2012 dans cet électorat, puisque près d’un électeur se déclarant juif sur deux (45%) a voté pour lui dès le premier tour. Alors qu’il cédait environ 4 points dans l’ensemble de l’électorat, il reculait de moins d’1 point dans cette catégorie".


L'FOP repère une "progression frontiste" dans ces "votes juifs" : "ces différents éléments : stabilité de la gauche dans une configuration nationale de progression de ce camp, reflux du candidat centriste et stabilité à un haut niveau du président sortant plaident pour une droitisation de l’électorat juif. Cette tendance est confirmée par la progression frontiste, qui sans être exceptionnelle, constitue une vraie rupture. Alors que son père n’avait obtenu qu’à peine 4% en 2007 dans cet électorat (et 6% avec Bruno Mégret en 2002 après le déclenchement de la seconde intifada) Marine Le Pen y a atteint 13.5% soit une progression de 9 points. Même si ce score est nettement inférieur à la moyenne nationale (18%), la stratégie de la dédiabolisation, l’absence de références douteuses dans les discours de Marine Le Pen, mais aussi l’inquiétude grandissante d’une partie de la communauté juive face à la montée de la menace islamiste (symbolisée par l’attaque de l’école juive de Toulouse par Mohamed Merah à quelques semaines du premier tour) a donc permis au FN de progresser significativement dans cet électorat". Autre raison : l'absence de confiance en la capacité ou en la volonté des gouvernements de droite et de gauche à lutter contre les causes de cette augmentation durable du nombre d'agressions antisémites.

"Parallèlement à cette absence de propos ou de références douteuses renvoyant à la Shoah, Marine Le Pen a par ailleurs essayé, depuis son accession à la tête du FN, de se rapprocher de cet électorat. Elle a notamment pris plusieurs fois position contre « l’antisémitisme islamique » et présenté le FN comme un rempart destiné à protéger cette population des agressions et des tensions communautaires à laquelle elle est exposée dans certains quartiers. Ce ton relativement nouveau pour le FN a visiblement rencontré un certain écho dans la frange la plus inquiète de l’ « électorat juif » ne s’estimant pas assez défendue par les pouvoirs publics et les organisations juives face à « la menace islamique ». Cette tentative de pénétration électorale n’a pas été mise en veilleuse depuis la présidentielle bien au contraire. Sur fond de tensions ravivées par le conflit à Gaza et les violences aux abords des synagogues de la rue de la Roquette à Paris (le dimanche 13 juillet) et de Sarcelles (le dimanche 20 juillet), les récents propos de Marine Le Pen estimant que si la Ligue de Défense Juive existait c’était « parce qu’un grand nombre de juifs se sentent en insécurité » s’inscrivent dans la même stratégie". 

L'IFOP extrapole à partir d'une seule déclaration isolée de Marine Le Pen. Or, la position tardive du Front national sur ces manifestations, cette opération Bordure protectrice et ce regain d'antisémitisme est plus complexe, plus nuancée et diverse. 

Le 29 juillet 2014, lors de l'émission matinale Les grandes gueules sur RMC, Florian Phillipot, vice-président du Front national, s'est opposé aux interdictions de manifestations anti-israéliennes, et a exhorté l'Etat d'Israël à arrêter ses « bombardements insupportables. Cela devient apocalyptique dans la bande de Gaza. On voit une population qui est en train d’être massacrée. Je me demande si ailleurs que dans les banlieues, on ne sent pas actuellement aussi proche de la souffrance que ressentent les habitants de Gaza, parce que c’est une souffrance humaine ». La souffrance des Israéliens ne serait pas humaine ? 

Le 31 juillet 2014, Marine Le Pen a déclaré sur BFM TV: "La responsabilité est partagée entre Israël et le Hamas. Responsabilité d’Israël parce qu’ils ont choisi les bombardements plutôt qu’une opération terrestre qui aurait mis en danger probablement plus de leurs soldats." Elle a refusé de prendre parti pour l'un des deux belligérants, tout en stigmatisant l'incapacité du Hamas  à « mettre en œuvre la protection des populations civiles ». Le 1er août 2014, sur RTL, elle a affirmé : "Il faut que l'Etat assume ses responsabilités et assure la sécurité de nos compatriotes Juifs... L'Etat a été incapable de maintenir l'ordre lorsqu'il y a la moindre manifestation. On a bien vu que les policiers ont reçu l'ordre de ne pas intervenir et de laisser casser, brûler, violenter des bandes... Le gouvernement est impuissant. Il a peur. C'est la raison pour laquelle il n'intervient pas. Il a peur d'aggraver ces conflits". Marine Le Pen a accusé les Présidents Sarkozy et Hollande d'avoir "laissé s'installer le communautarisme dans notre pays". 

Jean-Marie Le Pen a réitéré son soutien aux Gazaouis, et Bruno Gollnisch a condamné les violences lors des manifestations anti-israéliennes (appels aux boycotts, etc.), mais a défendu le droit de manifester et « trouve normal que les arabophones s'identifient aux Palestiniens ». 

Louis Aliot a estimé que « cet antisémitisme n'a rien de nouveau : N'oubliez pas que nous sommes dans la patrie de Mohammed Merah et du gang du barbares », Quant à Aymeric Chauprade, conseiller aux questions internationales du FN, il a publié un Manifeste pour une nouvelle politique internationale de la France, dans lequel il écrit : "La France n’a aujourd’hui qu’un véritable ennemi : le fondamentalisme islamique sunnite. Certes Israël est aujourd’hui encore très lié aux États-Unis mais ceux-ci commencent à s’en détourner et Israël adopte une posture multipolaire en construisant des relations fortes avec la Russie, l’Inde, la Chine. A moins donc qu’il ne soit gouverné par un antisémitisme obsessionnel, un patriote français ne peut chercher à former, contre Israël, et avec l’extrême gauche pro-palestinienne, la racaille de banlieue et les islamistes une alliance à la fois contre-nature et sans issue politique. Certains m’objecteront qu’Israël a tout fait pour créer cette situation qui a conduit au remplacement du nationalisme palestinien originel par le Hamas, tout ceci afin de renforcer la cohésion des Occidentaux autour de l’État juif. C’est possible (on se souvient que Cheikh Yacine fut en effet ramené en Palestine par les Israéliens pour faire contrepoids à Arafat), mais si c’est le cas, cette stratégie a réussi et, de fait, les Européens de l’Ouest se trouvent dans le même bain que les Israéliens. Par conséquent, je ne vais pas attendre que mon pays soit repeuplé par une majorité de musulmans radicalisés pour déclencher le grand soir contre un capitalisme dit apatride! Je n’ai qu’une priorité, impérieuse, c’est le peuple français, et mon combat politique ne s’articule pas autour de la lutte contre le sionisme !"

"Si une partie de l’électorat juif, inquiète et radicalisée, a voté pour le Front National au premier tour de la présidentielle, elle s’est ensuite vraisemblablement très majoritairement reportée sur Nicolas Sarkozy. La domination de ce dernier dans cette catégorie de la population est en effet encore plus nette au second tour puisqu’il atteint 63% des voix contre 48,5% en moyenne", considère l'IFOP.

Et l'IFOP souligne : "Si l’on compare avec les rapports de force issus du premier tour, on constate que la totalité des voix du centre et de la droite de la droite s’est reportée sur le président sortant dans cette partie de la population, ce qui n’a pas été le cas dans l’ensemble du corps électoral. La qualité de ces reports à droite constitue un signe supplémentaire de la droitisation de cette population, mais qui, encore une fois, n’est pas monolithique, 37% des électeurs se déclarant de confession juive ayant voté pour François Hollande".

Le "puissant tropisme sarkozyste révélé par ces données d’enquête au plan national se retrouve également localement mais avec une amplitude plus ou moins forte selon les lieux. Nous avons en effet travaillé sur plusieurs communes abritant une communauté juive importante : Sarcelles, Créteil, le 19ème arrondissement de Paris, certains quartiers de Marseille et Villeurbanne"

A Sarcelles, cinq bureaux de vote sont situés dans la « petite Jérusalem » c’est-à-dire dans le périmètre situé à l’ouest du boulevard Henri Poincaré. EtIls se distinguent très clairement du reste de la ville par un sur-vote massif - 51%-66,1% contre 26,8% dans l'ensemble de la commune de Sarcelles - en faveur de Nicolas Sarkozy et ce, dès le premier tour : ce vote en faveur de l’ancien président de la République qui se situe entre 25 et 40 points au-dessus de la moyenne municipale (et de la moyenne nationale) montre la très forte assise de ce candidat dans cet électorat. Le vote pour Marine Le Pen est très faible - 3,7%-8,1% - dans ces bureaux et s’y situe en dessous de la moyenne municipale déjà très basse (10%).

A "Marseille dans un quartier situé dans le 8ème arrondissement (entre l’avenue du Prado et l’avenue du Paradis) où réside une communauté juive significative, le vote en faveur de Nicolas Sarkozy est très supérieur (de l’ordre de 15 à 20 points) à la moyenne de l’arrondissement, pourtant déjà très élevée. Ce très puissant sur-vote UMP - 56%-62,9% contre 41,6% dans l'ensemble de l'arrondissement - s’accompagne d’une minoration du vote frontiste - 8,4%-8,7% - dans ce quartier par rapport à la moyenne de l’arrondissement de 16%".

Créteil "constitue, avec Sarcelles, une des communes abritant la plus importante communauté juive en France. Cette dernière réside principalement dans les quartiers situés à proximité du lac (quartiers du Port et de la Source). Mais contrairement à Sarcelles, la densité de la population de confession israélite, bien que réelle, semble moins forte dans ces quartiers et en dépit de faits divers récents, le climat d’insécurité et les tensions communautaires apparaissent moins prégnants que dans la sous-préfecture du Val d’Oise. Dans ce contexte, si les bureaux de vote correspondant aux quartiers où réside principalement la communauté juive cristolienne se distinguent assez nettement du reste de la ville par un vote Sarkozy supérieur à la moyenne, les niveaux atteints ne sont pas comparables avec ceux observés à Sarcelles". Au premier tour, Nicolas Sarkozy obtient de 33,5% à 3,1% parmi ces électeurs français Juifs, contre 24,6% sur l'ensemble de la commune de Créteil, et Marine Le Pen 7,2%-10,2%, voire 12,4% dans le bureau n°14, contre 10,5% sur l'ensemble de cette commune. "Au second tour, Nicolas Sarkozy ne « fait pas le plein » des voix du centre et du FN contrairement à ce qui s’est passé à Sarcelles. L’expression du tropisme droitier de cet électorat (entre +8 et +16 points pour N. Sarkozy à Créteil et entre +25 et +36 points à Sarcelles) varie donc selon le contexte local, selon la force du lien communautaire mais aussi selon la densité (ou la dilution c’est selon) de la population de confession juive dans la population locale et partant dans le corps électoral".

"Dans les bureaux de vote du 19ème arrondissement de Paris, que nous avons identifiés comme correspondant à des quartiers abritant une communauté juive significative, les tendances sont assez similaires à ce qui a été observé sur Créteil. Dans un arrondissement massivement orienté à gauche (François Hollande ayant obtenu 67,6% des voix au second tour), ces bureaux de vote se distinguent au premier comme au second tours par un vote en faveur de Nicolas Sarkozy assez nettement supérieur à la moyenne de l’arrondissement. Ces 4 bureaux sont même ceux qui ont le plus voté pour le candidat de l’UMP parmi les 67 bureaux que comptent l’arrondissement. Ainsi même dans ce quartier de la capitale, un phénomène assez identique à ce que l’on constate dans les communes de banlieues observées se répète. Même si nous sommes à Paris, un certain nombre d’éléments sont communs : la vie et le sentiment d’appartenance communautaires y sont développés, des tensions avec les populations issues de l’immigration maghrébine ou africaine génèrent un sentiment d’insécurité assez prégnant et il s’agit d’un électorat juif populaire ou de classe moyenne". Au premier tour, Nicolas Sarkozy y obtient 30,1%-37,8% des voix parmi ces électeurs français Juifs, contre 22,5% sur l'ensemble du XIXe arrondissement de Paris. L'IFOP n'y indique pas le pourcentage de suffrages allant vers Marine Le Pen.

"Dans les communes aisées où une communauté juive numériquement non négligeable est implantée dans un quartier. Dans ce cas, on n’assiste pas à une inversion des tendances politiques comme à Sarcelles ou Créteil, mais à un renforcement de la tendance droitière. Ainsi, à Saint-Maur-des-Fossés, dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire, quartier qui abrite une communauté juive plus bourgeoise que celle résidant dans la ville voisine de Créteil (une partie ayant d’ailleurs quitté Créteil pour venir habiter à La Varenne-Saint-Hilaire), le vote Sarkozy au second tour atteint 65.7% (moyenne des 38 à 49 du canton n°45) contre 59.8% à l’ensemble de la ville, avec des pics à 75,2% et 75% dans les bureaux pavillonnaires n°38 et 41".

"C’est donc d’abord dans les communes de classes moyennes ou populaires que la singularité du vote de l’électorat juif apparaît le plus nettement". Ce qui est illustré à Villeurbanne dans l’agglomération lyonnaise. Une nouvelle fois, les bureaux de vote correspondant aux quartiers où résident de nombreuses familles de confession juive se sont distingués par un sur-vote en faveur de Nicolas Sarkozy assez net avec une « prime » de l’ordre de +10 à +14 points". Au premier tour, Nicolas Sarkozy y obtient 33,5%-37,6% des voix parmi ces électeurs français Juifs, contre 24,1% sur l'ensemble de la commune de Villeurbanne. L'IFOP n'y indique pas le pourcentage de suffrages allant vers Marine Le Pen.

L'IFOP n'y indique pas non plus le pourcentage de suffrages allant vers Marine Le Pen à Saint-Maur-des-Fossés et dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire.

Marine Le Pen
Ce "vote juif" pour le FN signe-t-il le succès de la stratégie de dédiabolisation initiée par Marine Le Pen ? On peut en douter. Marine Le Pen a longtemps refusé de "tuer le père" en politique. D'autant que c'est son père biologique et qu'il draine encore une partie importante de caciques et du public frontistes. La mue est loin d'être achevée.

Quelques exemples.

Interrogée en févier 2011 par Le Point sur la décision retirant l'écrivain Céline "de la liste des célébrations nationales de 2011", Marine Le Pen a répondu : "Elle est absurde ! J'attends maintenant qu'on interdise ses livres à la vente. Nul n'ignore les écrits antisémites de Céline, mais nul n'ignore non plus qu'il est un des plus grands écrivains français. En prenant cette décision, Frédéric Mitterrand, ministre de la République, se soumet à une exigence communautaire. Retirer Céline de cette liste est la négation même du patrimoine littéraire français. Nous aurions pu profiter de ces commémorations pour lancer, justement, un débat sur la distinction entre un auteur et son oeuvre. Plus jeune, j'étais au lycée Florent-Schmitt, qui a été débaptisé car on l'a suspecté d'avoir eu des accointances avec les nazis. Le lycée a été rebaptisé Alexandre-Dumas". De simples soupçons ? Florent Schmitt (1870-1958), compositeur de musique classique, "avait provoqué un scandale en criant « Vive Hitler ! » lors d'un récital de Kurt Weill, le 26 novembre 1933. Rappelons que l’auteur de L’Opéra de quat’sous était musicien d’avant-garde, sympathisant communiste, juif ; il s'était réfugié en France dès l’arrivée au pouvoir de Hitler. En 1935, Florent Schmitt a fait partie du Comité France-Allemagne, qui, sous prétexte de rapprocher les deux ennemis héréditaires, avait pour but réel d'endormir la vigilance de la France face au réarmement allemand. En 1938, le compositeur célèbre l'amitié franco-allemande dans le Völkischer Beobachter, le journal du parti nazi. Sous l'Occupation, ce compositeur de musique classique "a participé à un voyage de propagande dans l'Allemagne hitlérienne, puis présidé la section musicale du groupe Collaboration, un mouvement dont le nom résume le programme", liste la direction de cet établissement scolaire

Elle ajoutait : "En tant que républicaine, je ne me rendrai jamais, par exemple, au dîner du CRIF. Un gouvernement qui se rend à un dîner communautaire - pour recevoir au passage des leçons de politique étrangère -, cela me choque énormément. Les politiques cèdent à cette tendance par pur clientélisme". 

L'un des passages les plus révélateurs est situé en fin d'article. Le Point interroge : "Lorsque vous étiez conseillère régionale d'Ile-de-France, vous avez déposé un amendement au nom du groupe FN afin d'accompagner les groupes scolaires à Auschwitz. Surprenant...  "

"C'était un amendement de principe. Je trouvais inadmissible que mon groupe ne participe pas à ces déplacements. C'est un problème de démocratie. Ostraciser un parti politique avec le sous-entendu qu'il est antisémite ou nazi est pour moi insoutenable. Je ne me sens aucune filiation avec ce que fut l'armée allemande. Je n'ai aucune fascination, aucun sentiment vis-à-vis d'elle. Cette armée a assassiné nos pères et nos frères, je ne l'oublie pas. Et tous ceux qui font preuve d'ambiguïté sur le sujet m'agacent au plus haut point", répond Marine Le Pen.

"Comme ceux qui font preuve d'ambiguïté sur la Shoah ?", interroge Le Point.

"Oui, ils m'agacent de la même manière. C'est absurde", affirme Marine Le Pen.

"On vous sent prête à vous engager dans un travail mémoriel... ", relance Le Point.

"Je n'ai pas à faire de travail de mémoire. Tout le monde sait ce qui s'est passé dans les camps et dans quelles conditions. Ce qui s'y est passé est le summum de la barbarie. Et, croyez-moi, cette barbarie, je l'ai bien en mémoire", assène Marine Le Pen.

Cet échange est révélateur d'ignorances et d'amalgames chez Marine Le Pen non relevés par Le Point. Marine Le Pen répond sur les groupes scolaires se rendant au camp nazi d'Auschwitz puis enchaîne sur l'armée allemande. Or, ce camp était dirigé par les SS. En outre, Marine Le Pen, qui avait déclaré en mars 2009, à propos des chambres à gaz « Je ne pense pas que cela soit un détail de l'histoire », a qualifié de "summum de la barbarie" ce qui "s'est passé dans les camps", sans faire de différence entre les camps d'internements de criminels de droit commun et de prisonniers politiques (Buchenwald), et ceux d'extermination comme Auschwitz-Birkenau.

Fait récent. Dans une interview filmée et publiée en juin 2014 sur le site Internet du FN, et retirée après le tollé suscité, Jean-Marie Le Pen a répondu sur les artistes, tel Yannick Noah, voulant quitter la France si le FN arrivait en tête d'élection, et a dit en rigolant à propos du chanteur Patrick Bruel : « On fera une fournée la prochaine fois ». La réponse de Marine Le Pen : « Je suis convaincue que le sens donné à ses propos relève d'une interprétation malveillante. Il n'en demeure pas moins que, avec la très longue expérience qu'est celle de Jean-Marie Le Pen, ne pas avoir anticipé l'interprétation qui serait faite de cette formulation est une faute politique dont le Front national subit les conséquences », Bref, une "faute politique", mais pas morale. Et Marine Le Pen a précisé à Valeurs actuelles (18 juin 2014) avoir trouvé la réaction de Jean-Marie Le Pen "excessive, car lorsqu’on est un responsable politique, il faut savoir anticiper les réactions et s’attacher à ne pas donner d’armes à ses adversaires. Il existe — pourquoi le nier ? — une suspicion d’antisémitisme qui pèse sur le Front national et que je conteste avec la plus grande force. Cette suspicion n’est pas seulement infondée, elle est injuste et je dirais même insultante pour nos compatriotes juifs, tant aujourd’hui notre mouvement est fort dans le pays. Par conséquent, toute polémique qui nourrit cette suspicion est et doit être considérée comme une faute politique en ce sens qu’elle renforce une contre-vérité. J’ai affirmé, de la manière la plus claire, ma conviction que le propos qu’on lui reproche a fait l’objet d’une interprétation malveillante, mais il était, au mieux, sujet à polémique et donc de nature à nuire à notre formidable résultat des européennes et aux attentes de plus en plus grandes des Français à notre égard". Et d'indiquer : ",Je suis fondée, en tant que présidente du Front national, à faire appliquer la ligne politique du mouvement, telle qu’elle a été validée par les adhérents lors du congrès de janvier 2011, qui m’a élue à la tête du parti. Lors de la campagne interne qui m’a opposée à Bruno Gollnisch est né un débat portant sur la stratégie du FN : celui-ci progressait-il grâce à des polémiques, comme mon concurrent le défendait, ou malgré les polémiques, comme je le crois ? Le vote des adhérents a tranché : c’est malgré les polémiques et non grâce à elles que le FN progresse. J’ai toujours pensé, et dit, que ces polémiques portant sur des sujets si douloureux et si peu en phase avec les préoccupations des Français avaient entravé notre progression. Or, Jean-Marie Le Pen, à l’époque, a soutenu ma candidature. Mes décisions sont donc dans la droite ligne de mes engagements pris auprès des adhérents". Et d'insister : « Je ne cesse de le répéter aux Français juifs, qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers nous : non seulement le Front national n’est pas votre ennemi, mais il est sans doute dans l’avenir le meilleur bouclier pour vous protéger, il se trouve à vos côtés pour la défense de nos libertés de pensée ou de culte face au seul vrai ennemi, le fondamentalisme islamiste ».

La position du FN sur le conflit au Proche-Orient ? Au printemps 2012, le FN a retiré son investiture à Michel Thooris, alors candidat du FN dans la 8e circonscription des Français de l'étranger qui inclut l'Etat d'Israël, après que ce candidat a déclaré : « La défense des populations des régions juives de Judée et Samarie est au cœur de mon projet politique, J’aurai à cœur de défendre dans l’hémicycle le Grand Israël et sa capitale éternelle, Jérusalem ». Le 10 mai 2012, Marine Le Pen a alors déclaré à l'AFP . « Les positions qu’il (Michel Thooris, Nda) développe sur le plan géopolitique ne sont pas dans la ligne de la vision internationale du Front national ». En juin 2012, Huguette Lévy, candidate du FN, avait recueilli 542 voix, soit 3,76% des voix. Le taux d'abstention s'élevait à 86,63%. En juin 2013, lors de l'élection législative partielle dans cette 8e circonscription, Huguette Lévy avait enregistré un score inférieur : 1,79% (203 voix) pour le Rassemblement Bleu Marine (RBM). Le taux de participation atteignait 10,37%.

Dans quel sens va évoluer ce "vote Juif" pour le FN ? La réponse à cette question devait surgir de la ligne politique et de la future direction du FN qui devait émerger lors du XVe congrès du FN (28-29 novembre 2014) ainsi que la capacité ou/et volonté des autorités politiques françaises nationales à lutter contre les causes de la recrudescence d'agressions antisémites. 

Si Marine Le Pen a misé sur l'attentisme pour éviter de se prononcer sur l'opération Bordure protectrice (été 2014) suspendue par une trêve, elle devait être  amenée lors de ce congrès à révéler son programme sur des sujets intéressant particulièrement les Français Juifs, outre sa stratégie pour redresser une France en déclins : la reconnaissance de l'Etat d'Israël comme Etat Juif et le soutien à cet Etat, la condamnation de l'islamisme et des mouvements terroristes islamistes tels le Hezbollah au Liban et le Hamas dans la bande de Gaza, l'arrêt des attaques sur des pratiques du judaïsme, telle la chehita (abattage rituel juif) respectueuse de l'animal, le refus du programme nucléaire iranien, une condamnation de la Shoah et de l'antisémitisme, notamment islamique. "Le vrai clivage politique passe par l'islam. En France, un même désir de retour à la nation originelle fédère de nombreux citoyens, par-delà les partis. Mais c’est l’islam qui, en l’occurrence, sert de révélateur à la fracture politique. Celle-ci oppose ceux qui défendent la pérennité de l’unité nationale aux partisans de sa dissolution dans la "diversité", au prétexte d’une culpabilisation occidentale enfouie", observe l'éditorialiste Ivan Rioufol le 12 septembre 2014. 

Peu avant le dîner du CRIF auquel le FN n'était pas convié, Roger Cukierman, son président, a déclaré le 23 février 2015, sur Europe 1 "Derrière Marine Le Pen, qui est irréprochable personnellement, il y a tous les négationnistes, tous les vichystes, tous les pétainistes. Pour nous, le Front national est un parti à éviter. Il n'est pas fréquentable. Le Front national est un parti pour lequel je ne voterai jamais, mais c'est un parti qui aujourd'hui ne commet pas de violence. Toutes les violences sont commises par des jeunes musulmans. Bien sûr, c'est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes". Devant l'indignation, notamment de Serge Klarsfeld, président de l'association des Fils et Filles des déportés juifs de France (FFDJF), Roger Cukierman a précisé à l'AFP : "Madame Le Pen n'est pas fréquentable parce qu'elle ne s'est pas désolidarisée des propos de son père. Son parti est rempli de vichystes et de pétainistes. Il n'est pas souhaitable pour la France. Je ne voterai jamais pour le FN".



Le 8 juillet 2015, Vadim Rabinovich, fondateur et président du Parlement juif européen (EJP), a rencontré Marine Le Pen, présidente du Front national. Celle-ci a exprimé son opposition à l'antisémitisme et au BDS. A la suite de cette rencontre, des élus du PJE ont démissionné. "Lors de cette réunion privée, la présidente du FN a fait des déclaration très positives  sur la communauté Juive et sur Israël. Mais elle a dit qu'elle ne pouvait pas tenir les mêmes propos en public. Pour moi, c'est dangereux. Ceux qui sont contre les musulmans en général, pourraient se retourner contre les Juifs", a déclaré Shimon Samuels, directeur du Centre Simon Wiesenthal-Europe, au Jerusalem Post, après la victoire du FN lors du premier tour des élections régionales 2015.

L'essayiste Michel Gurfinkiel a indiqué qu'au sein du Parlement européen, le Front national et le groupe auquel il appartient ont voté contre une résolution visant l'étiquetage des produits fabriqués au-delà de la Ligne Verte.

Chauprade et/contre Le Pen
Dans la tribune La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français publiée sur son blog de "géopolitique multipolaire" le 11 août 2014, Aymeric Chauprade, eurodéputé et conseiller de Marine Le Pen sur les questions internationales, a écrit : "Il est loin le temps où le monde arabe rêvait de développement, de modernisation, de sécularisation d’un islam sunnite toujours menaçant pour les minorités chrétiennes et chiites... C’était aussi le temps où la cause palestinienne était encore une cause nationaliste et pas encore une cause islamique. Seulement voilà, de l’eau a coulé sous les ponts et l’Autorité palestinienne comme le Fatah ont été effacés par le Hamas. Ce temps des nationalismes arabes est bien révolu. Rongé par la corruption de ses propres élites, dévasté volontairement par la politique américaine (ennemie des nationalismes pétroliers) autant que par l’énorme erreur stratégique d’Israël avec lequel il aurait pu s’entendre pour assurer à la fois l’existence d’un État palestinien et la sécurité de l’État juif, le nationalisme arabe a signé son acte de décès... Fiction occidentale, le « Printemps arabe » ne fut qu’un sombre festival qataro-saoudien. Le Qatar et ses amis « Frères musulmans » purent s’offrir les régimes Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, Kadhafi en Libye, la terreur et le chaos en Syrie. Quant à l’Arabie Saoudite, elle emporta le deuxième acte au Caire en éliminant, grâce aux généraux égyptiens, Morsi et ses Frères musulmans mais elle disputa au Qatar l’influence sur les groupes terroristes en Syrie. Toute cette œuvre funeste d’égorgements, de décapitations, de viols des jeunes chrétiennes ou chiites vierges, d’exécutions sommaires, de prisonniers enterrés vivants, de vidéos macabres postées sur Youtube et téléchargées des dizaines de milliers de fois dans nos banlieues, tout cela nous le devons « à nos magnifiques alliés », nos nouveaux amis du Moyen-Orient, gorgés de pétro-dollars, le Qatar et l’Arabie Saoudite. Le bilan de Sarkozy et Hollande au Moyen-Orient : chaos islamiste et crimes contre l’Humanité. La dernière fois que nos gouvernants eurent un peu de bon sens au Moyen-Orient ce fut en 2003 quand Chirac refusa de s’associer à la guerre américaine en Irak... Nous avons le résultat de cette folie sous nos yeux et ce bilan n’est pas seulement le bilan de Washington. Non ce n’est pas seulement la faute de Washington car Sarkozy et Hollande (et avec eux Juppé et Fabius) portent une très lourde responsabilité dans les génocides communautaires (les chrétiens, les Alaouites, les chiites duodécimains, les Yazidis…) en œuvre aujourd’hui en Syrie et en Irak comme ils sont directement responsables des massacres tribaux en Libye. Nous devons aider les Chrétiens à rester chez eux, à défendre leurs villages, leurs églises, car ils étaient les premiers sur la Terre d’Orient. Je soutiens donc sans réserve les frappes militaires américaines contre l’État islamique et j’affirme que c’est l’intérêt et l’honneur de la France que de se joindre à ces frappes... L logique impose d’aller plus loin, d’avoir le courage d’accepter l’erreur occidentale en Syrie ce qui signifie s’allier à nouveau avec Bachar al Assad et l’aider à détruire les foyers islamistes qui gangrènent son pays... Certes le principe de non ingérence est un principe essentiel auquel je tiens beaucoup. Mais je crois aussi au principe de solidarité civilisationnelle. La France reste à mes yeux la Fille aînée de l’Eglise, celle qui a secouru les Chrétiens du Liban en 1860, et ces chrétiens sont mes frères... Il faut choisir, soit nous accueillons ces pauvres gens au motif de la préférence chrétienne qui devrait être une évidence en matière d’asile, soit nous aidons activement (solution que Louis Aliot a préconisé le premier et qui a été malhonnêtement déformée par les médias en une forme d’indifférence à l’égard des chrétiens) les Chrétiens d’Orient à rester sur une terre où leurs prières en araméen s’entendaient à l’époque du Christ, six siècles avant l’apparition de l’islam".
Et d'ajouter : "Il y a un enjeu essentiel dans la destruction de ce califat. C’est qu’il a muté du statut de califat régional au statut de califat mondial... Nous savons que près de 1000 djihadistes disposant de la nationalité française sont partis combattre en Syrie et en Irak et que beaucoup ont rallié le califat islamique. Nous ne devons pas les considérer comme des égarés mais comme des ennemis qui reviendront bientôt en France, forts de leur expérience militaire, l’esprit affranchi de toute limite après les exactions commises (viols, tortures, décapitations). Nous devons les éliminer in situ et ce devrait être le rôle de nos services spéciaux de s’en occuper dès maintenant. Nous ne pouvons prendre le risque d’attendre qu’ils reviennent. Arrêtés et emprisonnés en France ils seront de puissants moteurs de conversion à l’islam dans les prisons et donc un facteur supplémentaire de propagation du fondamentalisme islamique dans notre pays. Il revient la responsabilité à chaque nation européenne (France, Royaume Uni…) d’éliminer ses ressortissants djihadistes avant qu’ils ne reviennent... Pendant que nos médias font leur couverture sur les prétendus « agents russes » en France (comme si l’on avait besoin d’être payé pour défendre la bonne entente avec la Russie et pour prôner le monde multipolaire!), ils ferment les yeux sur les millions d’euros qui abreuvent les politiques de l’UMP et du PS ou les instituts de relations internationales, presque tous devenus pro-Golfe donc anti-Iran, anti-Syrie et anti-Russie, mais favorables à l’intégration de la Turquie. Dans ce contexte on comprend mieux aussi la « pensée unique » anti-Israël qui s’installe dans ces milieux subventionnés. Israël ayant perdu la guerre de l’image (et comment la gagner face à des images d’enfants palestiniens déchiquetés?), on ne prend plus beaucoup de risque aujourd’hui à taper sur Israël sur les plateaux de télévision. Pour le système UMPS et ses « experts » subventionnés, la double alliance avec les musulmans de France et l’argent du Golfe est une aubaine : c’est le double jackpot puisqu’ils empochent l’argent du Golfe en même temps qu’ils commencent à récolter le vote musulman". 
Puis d'exhorter à ne pas "se tromper d'ennemi" : "Je m’adresse à ceux qui sont capables de regarder la réalité en face et donc de surmonter leurs réflexes et héritages idéologiques. L’un des grands défis de la politique tient en effet à la capacité de s’adapter à des circonstances qui changent afin de rester soi-même. Pendant la Guerre froide, j’étais anti-communiste donc anti-soviétique et favorable à l’alliance avec les États-Unis. Aujourd’hui je défends l’indépendance de la France et de l’Europe face aux États-Unis et par conséquent je regarde la Russie comme nécessaire partenaire stratégique, d’autant qu’elle défend les fondamentaux de la civilisation chrétienne... Mes positions politiques ne sont pas et ne seront jamais déterminées par mes amitiés personnelles et je sais même qu’aujourd’hui certains de mes amis pro-palestiniens auront du mal à les comprendre. Je connais tous les pays arabes, j’ai même été longtemps consultant pour un Royaume arabe, et je n’ai jamais été en Israël. J’ai une histoire personnelle avec le monde arabe et les positions que je prends me coûtent sur le plan affectif mais c’est le devoir de celui qui aspire à gouverner derrière Marine Le Pen de ne penser qu’à l’intérêt supérieur du pays. Car un vrai patriote français doit être capable de hiérarchiser les dangers qui menacent la France, de refuser l’idéologie et les constructions intellectuelles simplistes lui désignant un ennemi mondialiste imaginaire contre lequel il faudrait mener une révolution mondiale. Israël n’est pas l’ennemi de la France. La France n’a aujourd’hui qu’un véritable ennemi : le fondamentalisme islamique sunnite. Certes Israël est aujourd’hui encore très lié aux États-Unis mais ceux-ci commencent à s’en détourner et Israël adopte une posture multipolaire en construisant des relations fortes avec la Russie, l’Inde, la Chine. A moins donc qu’il ne soit gouverné par un antisémitisme obsessionnel, un patriote français ne peut chercher à former, contre Israël, et avec l’extrême gauche pro-palestinienne, la racaille de banlieue et les islamistes une alliance à la fois contre-nature et sans issue politique. Certains m’objecteront qu’Israël a tout fait pour créer cette situation qui a conduit au remplacement du nationalisme palestinien originel par le Hamas, tout ceci afin de renforcer la cohésion des Occidentaux autour de l’État juif. C’est possible (on se souvient que Cheikh Yacine fut en effet ramené en Palestine par les Israéliens pour faire contrepoids à Arafat), mais si c’est le cas, cette stratégie a réussi et, de fait, les Européens de l’Ouest se trouvent dans le même bain que les Israéliens".
Et de préciser : "Je ne vais pas attendre que mon pays soit repeuplé par une majorité de musulmans radicalisés pour déclencher le grand soir contre un capitalisme dit apatride ! Je n’ai qu’une priorité, impérieuse, c’est le peuple français, et mon combat politique ne s’articule pas autour de la lutte contre le sionisme !... Je défends la nation française, sa civilisation qui a 1500 ans comme je défends la civilisation européenne. La France a évidemment besoin de profondes réformes économiques, et d’une réforme morale sans doute, mais elle est, avant tout, menacée par le remplacement de sa population historique par une population en majorité africaine et musulmane. Il s’agit là d’une évidence qu’aucun déni de réalité ne saurait masquer. Les Français de souche sont peu à peu remplacés et comme l’assimilation ne fonctionne que pour une partie seulement de cette nouvelle population extra-européenne (celle qui a eu la volonté de s’assimiler), la France s’expose mécaniquement à la perspective de ne plus être, d’ici une ou deux décennies, ce qu’elle a été depuis son origine c’est-à-dire une nation de souche européenne et de culture chrétienne. Ce phénomène n’est pas propre à la France. D’autres pays d’Europe occidentale le connaissent et les États-Unis aussi qui voient leur population WASP (White Anglo-Saxon Protestants) en voie de minorisation... Il n’y aucune autre solution crédible que de construire cette majorité avec ceux qui ont déjà compris le lien entre le défi islamique intérieur et le défi islamique extérieur. De ce point de vue, le sort des minorités chrétiennes d’Orient, projection dans l’avenir de ce que pourraient vivre les Français dans une France majoritairement islamisée, comme le sort des Juifs de France de plus en plus victimes de brimades quand il ne s’agit pas de violence, devraient aider les Français à comprendre que l’unité de la France ne va plus de soi et que de grands périls pèsent sur elle. Le nouvel antisémitisme vient d’une partie de la communauté musulmane qui associe les Juifs à la politique d’Israël. Les manifestations pro-palestiniennes récentes ont apporté la preuve évidente, d’une part que la cause palestinienne est devenue une cause islamiste, d’autre part que l’antisionisme ne cherche même plus à s’y distinguer de l’antisémitisme (on a même vu dans ces manifestations des pancartes se référant à Mohammed Merah, tueur d’enfants juifs). Bien évidemment, tout Français lucide n’est pas dupe quant au jeu symétrique du communautarisme juif, lequel a ses propres raisons de se victimiser pour soutenir la logique d’émigration vers Israël. Mais l’exagération ou l’instrumentalisation n’enlèvent rien à cette réalité implacable que les enseignants de l’Education nationale relèvent depuis des années maintenant dans les copies de beaucoup d’élèves issus de l’immigration. Un pan entier et important de la population de nationalité française d’origine arabo-maghrébine et musulmane n’est plus seulement antisioniste, il est antisémite. Certains ont reproché à Marine Le Pen d’avoir défendu la Ligue de Défense Juive. Ils n’ont pas compris sa position. D’abord Marine Le Pen a toujours été du côté des libertés, cela a été vrai à l’époque de la polémique sur Dieudonné ; c’est vrai aujourd’hui à propos de la LDJ. Elle ne cautionne ni Dieudonné ni la LDJ, mais se méfie simplement de ces velléités d’interdictions qui peuvent ouvrir la voie à n’importe quelle autre interdiction sous n’importe quel autre prétexte. Lorsqu’un militant de la LDJ a poignardé un commissaire de police, l’affaire a été étouffée par la gauche et personne n’a demandé à interdire la LDJ. Tout à coup, parce que la LDJ fait le coup de poing contre les militants pro-palestiniens (dont de nombreux casseurs), il faudrait l’interdire? La vérité c’est que la LDJ n’est que le reflet d’une posture d’auto-défense d’une communauté qui se sent de moins en moins en sécurité en France, comme d’ailleurs des millions de Français eux-mêmes agressés par la racaille. Voilà la question qu’il convient de se poser! Marine Le Pen a parlé, une fois de plus, en faveur de la liberté et de la sécurité, deux thèmes centraux de son programme politique. A moins d’un changement politique de grande ampleur, les Français juifs peuvent donc se faire du souci sur leur avenir en France car ni l’UMP ni le PS ne constitueront pour eux un rempart. En plus d’être achetés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, nos gouvernants de l’UMP et du PS ont fait le choix cynique du poids démographique de la clientèle électorale musulmane. C’est ce qui explique avec quelle facilité le communautarisme musulman tire ce qu’il veut (construction de mosquées cathédrales, entorses multiples à la laïcité…) des municipalités UMP et PS. C’est aussi ce qui explique la propagation d’une pensée unique « pro-palestienne » dans les médias dominants. Chez ce personnel politique lâche de l’UMPS qui a toujours obéi à celui qui parlait le plus fort, on pensait avant que « les Juifs étaient puissants » donc on fermait les yeux sur le sort des enfants palestiniens mais aujourd’hui premièrement on sent l’isolement croissant d’Israël, deuxièmement on « palpe » l’argent du Golfe et troisièmement on mesure l’importance de la clientèle musulmane en France, donc on peut se dire sans grand risque pro-palestinien. Mais moi je ne serai pas de ceux qui cèdent aux ficelles émotionnelles de la guerre de l’information employées hier contre l’Irak ou la Serbie pour justifier les bombardements sur Bagdad et Belgrade, et mobilisées aujourd’hui contre la Russie à propos de l’Ukraine autant que contre Israël à propos des Palestiniens. Un Français doit raison garder et il doit savoir analyser les causes et les ressorts d’une guerre en se détachant des images horribles qu’il voit. C’est parce que l’on aspire à gouverner de manière responsable et courageuse à la fois que l’on doit savoir s’affranchir du double piège de l’immédiateté et de l’émotion. Notre pays a accueilli des millions de musulmans. Une partie restera, une autre devra partir. Cette grande séparation entre ceux qui ont vocation à rester et ceux qui devront quitter notre terre va se nouer autour des enjeux internationaux. C’est la raison pour laquelle, plus que jamais, un programme politique de redressement national nous doit des choix internationaux clairs et cohérents. Ceux des musulmans sunnites qui s’assimileront choisiront d’intégrer l’héritage d’une France chrétienne, laïque et d’accepter que leurs compatriotes Juifs puissent aimer Israël comme eux-mêmes aiment la terre de leurs ancêtres, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Les autres (ils sont nombreux) qui font le choix de l’Oumma plutôt que de la France, qui voilent leur femme et leurs filles, qui adoptent la barbe salafiste, ceux-là n’ont vocation ni à être ni à rester français. Le refus énergique de l’islamisation (en refusant la construction de mosquées et l’intégration des règles islamiques dans nos coutumes) autant que la réforme profonde des conditions d’accès à l’État-Providence seront les deux choix politiques forts qui créeront les conditions du retour de ceux qui n’ont pas voulu choisir d’aimer la France. A titre personnel, je ne crois pas à l’immigration zéro. Ni pratiquement, ni moralement... Je crois au contraire à l’inversion des « mauvais » flux migratoires. Et je crois que la solution passe par l’établissement du droit du sang, l’abolition du regroupement familial, la réduction drastique de l’asile (avec une préférence civilisationnelle comme avec les chrétiens d’Irak ou les Coptes d’Égypte…) et une politique migratoire de choix (choisir ceux qui apportent à la France)... Face au défi identitaire français, les choix de politique étrangère s’avèreront donc déterminants. L’alliance avec la Russie, seule grande puissance européenne à assumer ouvertement et fermement sa civilisation chrétienne, devrait aller de soi pour tout patriote. Comme devrait l’être aussi l’entente avec le chiisme et l’ensemble des minorités du Moyen-Orient face au réveil du volcan sunnite qui essaie obsessionnellement de reconstituer l’Oumma dans un grand califat mondial appelé à s’étendre au détriment des autres civilisations. Je suis convaincu d’ailleurs que les États-Unis et Israël finiront par s’entendre avec l’Iran (y compris l’Iran puissance nucléaire comme l’est le Pakistan sunnite) comme avec l’Irak à dominante chiite. Il faut bien sûr aussi coopérer avec les monarchies sunnites modérées du monde arabe, celles qui ne financent par le djihad, comme le Maroc, les Émirats arabes unis, ou le Koweït. La guerre n’est pas contre l’islam sunnite, elle est contre l’extrémisme sunnite qui ronge une partie conséquente de l’islam sunnite et la nuance est essentielle car cette guerre doit être menée aux côtés de tous les musulmans sunnites modérés. Vis-à-vis d’Israël, la France ne doit pas céder au piège émotionnel, mais conserver une politique équilibrée. Quand on défend un monde fondé sur la souveraineté, on défend aussi la souveraineté d’Israël et son droit à la sécurité. Il est néanmoins évident que la sécurité d’Israël ne peut découler que d’une solution juste pour les Palestiniens ce qui imposera à Israël (comme le préconisait Sharon à la fin de sa vie) de faire des concessions territoriales douloureuses en Cisjordanie, et donc de démanteler des colonies. L’émotion face au drame des Palestiniens est en train de gagner certains d’entre nous qui perdent le sens de la mesure et oublient les causes profondes du conflit. Un argument que l’on entend sans cesse est que tout cela est injuste parce que les Israéliens n’ont que 50 morts (militaires) tandis que les Palestiniens en déplorent 2000 (essentiellement civils). À cela je réponds par le principe de responsabilité politique. Si l’on me confiait le Ministère de la Défense français et que mon pays était agressé par des roquettes alors oui je ferai le maximum pour avoir zéro mort du côté français et pour infliger des pertes maximales à mon ennemi. Mais alors se pose la question : pourquoi les pertes palestiniennes sont-elles essentiellement civiles ? Réponse : les combattants du Hamas sortent des tunnels qu’ils ont creusés pour tirer des roquettes sur Israël à partir des immeubles où vivent leurs familles puis ils retournent s’abriter dans les tunnels. L’aviation et l’artillerie israéliennes répliquent donc sur les points d’origine des tirs de roquette, c’est-à-dire les immeubles d’habitation où se trouvent des civils que les combattants du Hamas ont choisi de ne pas protéger. Il est donc clair que le Hamas choisit sciemment de sacrifier les civils palestiniens et cela parce qu’il mène une guerre mondiale de l’information fondée sur l’image et l’émotion. Chez un politique digne de ce nom, l’intelligence doit pourtant prendre le pas sur l’émotion, comme l’analyse doit précéder la communication et non l’inverse. Oui les images d’enfants palestiniens démembrés m’écœurent. Seulement depuis 2011 nous a-t-on montré les images d’enfants chrétiens ou alaouites syriens massacrés par les djihadistes rebelles armés par Paris, Londres et Washington ? Nous a-t-on montré les images de civils libyens carbonisés dans leurs immeubles par des frappes de l’OTAN ? Nous a-t-on montré les images de civils de Donetz pulvérisés par des tirs d’artillerie ukrainiens ? La guerre est implacable. Les Palestiniens de Gaza ont choisi de donner le pouvoir à un mouvement, le Hamas, dont l’objectif n’est pas de construire une réelle souveraineté palestinienne à côté d’Israël, mais de détruire Israël. À partir du moment où un peuple amène au pouvoir un mouvement qui n’a d’autre objectif que de harceler son voisin militairement surpuissant, il ne peut s’attendre à autre chose que le malheur. C’est terriblement injuste pour les civils qui périssent mais les mauvais choix se paient au prix fort et nous paierons bientôt aussi les nôtres au prix fort si nous persistons dans notre angélisme et nos erreurs stratégiques".

Conseiller République-Laïcité de Marine Le Pen, Bertrand Dutheil de La Rochère a rédigé un communiqué le 2 octobre 2014 distinguant islamisme de l'islam, tout en critiquant une religion qui punit de la peine de mort les apostats : "Le Conseil français du culte musulman (CFCM) n’a que l’audience que chaque musulman en France veut bien lui accorder. En conséquence, s’il est nécessaire que ce Conseil et les autres autorités musulmanes condamnent le terrorisme pratiqué au nom de l’islam, chaque musulman doit aussi veiller à ne pas faciliter des amalgames en suivant des imams aux positions pour le moins ambiguës. Avec Marine Le Pen, le Rassemblement Bleu Marine condamne tous ceux qui veulent confondre l’islam, qui est une religion, avec l’islamisme, qui est un totalitarisme. Parallèlement, il dénonce toute complaisance et toute faiblesse envers ceux qui commettent des crimes en invoquant cette religion. En revanche, l’islam est une religion et non une race : critiquer l’islam, comme critiquer le christianisme, ne peut être considéré comme une forme de racisme. Enfin, chacun doit être libre de changer de religion ou de ne pas avoir de religion". Un communiqué critiqué sur Riposte Laïque.

A noter que David Rachline, élu le 28 septembre 2014 maire de Fréjus et sénateur du Var (Provence-Alpes-Côte d'Azur) sous l'étiquette Front national, est né de père Juif non pratiquant et socialiste d'origine ukrainienne, "Je ne suis pas Juif selon les  codes... Il ne doit pas y avoir de filiation en religion", a-t-il déclaré à Rue 89 en 2011 en estimant le catholicisme plus "proche de [sa] conscience identitaire".

Dans une tribune publiée le 6 janvier 2015 dans le quotidien égyptien arabophone Al Akhbar Al Yawm (Les nouvelles du jour), et dont Le Figaro a rendu publique la teneur, deux élus du Front national, Marion Maréchal-Le Pen, député et petite-fille de Jean-Marie Le Pen, et Aymeric Chauprade se sont exprimés en direction du monde arabe sur le conflit au Proche-Orient : « Aux portes du pouvoir, le Front national, premier parti de France, s'adresse aux amis arabes… ». Les deux édiles écrivent que l'arrivée aux affaires du Front national « marquera une véritable rupture avec la politique étrangère menée depuis plusieurs décennies par les gouvernements français ». Ils affirment que le FN a, « depuis toujours », dénoncé l'alignement « systématique » de la France sur les États-Unis et s'est opposé aux « ingérences illégitimes » en Irak, en Afghanistan, en Syrie et en Libye. Ils se présentent comme les partisans du « respect des souverainetés nationales » et de « l'équilibre » dans un monde multipolaire. 
Constatant l'impasse d'une « guerre sans merci » entre Israéliens et Palestiniens, Aymeric Chauprade et Marion Maréchal-Le Pen s'efforcent de "ménager les deux parties en soulignant les vaines tentatives de solutions internationales. Aux vies perdues palestiniennes, ils opposent « les larmes et le sang » israéliens. « Israël gagne chaque année de la terre et les Palestiniens des hommes», constatent-ils avant de s'interroger sur l'efficacité du rôle la France dans un tel contexte, entre « le Hamas et les faucons israéliens », d'une part « le Fatah et les modérés israéliens», de l'autre. « Que peut finalement la France, elle qui croit en l'équilibre et la justice depuis toujours, elle qui aime à la fois les Arabes et les Juifs? », poursuivent-ils, en critiquant l'arrogance des Européens « à vouloir décréter par le vote une solution à la guerre israélo-palestinienne » et en estimant que la paix « ne s'impose jamais ». Personne « ne peut dessiner l'avenir du Proche Orient à la place des Palestiniens, des Israéliens, des Égyptiens », affirment-ils".
Puis, Aymeric Chauprade et Marion Maréchal Le Pen ont listé les concessions qu'ils envisagent  afin qu'Israël et "la Palestine" puissent « vivre à côté ». La paix devrait "s'appuyer, notamment, sur le droit d'exister dans la sécurité de l'État hébreu et sur l'acceptation de l'histoire de la Terre sainte qui est « de manière sacrée juive, chrétienne, musulmane ». Mais ils précisent également" que «personne ne peut raisonnablement soutenir cela tant que le Hamas apparaît chez les Palestiniens comme la force dominante, qui n'a qu'un seul but, éradiquer « l'entité sioniste » d'une carte purement islamique dont elle rêve pour le Proche-Orient ».
Ces deux élus FN "promettent leur « soutien pour une discussion sincère » ainsi qu'un « langage de vérité » tenu aux deux parties en cas d'accession du FN au pouvoir, « en dehors de toute considération communautariste et donc clientéliste en France ». Ils évoquent la reconnaissance, par Israël, d'un droit palestinien à disposer d'un Etat « territorialement cohérent ». Quant aux Palestiniens, ils devraient « éliminer les forces bellicistes et terroristes comme le Hamas », renoncer au retour d'une partie des réfugiés au nom" d'un « réalisme démographique » et devenir un « Etat national arabe-palestinien laïque (musulman et chrétien) ». Donc jüdenrein ?
Selon Nader Allouche, "journaliste franco-libanais indépendant et cheville ouvrière du projet, cette tribune a été initiée il y a trois mois et le thème en a été défini à la suite d'une réunion de prépublication à laquelle ont participé divers « intellectuels » et « journalistes » arabes, en accord avec les auteurs. Allouche explique avoir choisi ce quotidien égyptien en raison de l'importance de sa diffusion (1 million de lecteurs en Égypte, 2 millions dans le monde arabe et 2,5 millions dans le monde) et du poids politique de l'Égypte. En 2012, il avait déjà réalisé un entretien avec Marine Le Pen pour la chaîne privée syrienne Sama TV (proche du régime de Bachar al-Assad), présentée comme la première interview d'un responsable politique occidental diffusée à la télévision syrienne depuis le début de la guerre civile en Syrie. A la suite d'un conflit d'ordre « éthique » lié aux "conditions de diffusion d'une deuxième interview exclusive de François Bayrou (MoDem) sur Sama TV en 2013, Nader Allouche affirme avoir cessé toute collaboration avec cette chaîne syrienne depuis cette date".

Le 19 janvier 2015, peu après les attentats islamistes contre la rédaction de Charlie hebdo et à l'hypercacher de la porte de Vincennes les 7 et 9 janvier 2015, Marine Le Pen s'est distancée d'Aymeric Chauprade, et a demandé aux cadres FN de ne pas relayer la vidéo « La France est en guerre » de cet eurodéputé frontiste dans laquelle ce dernier évoque dès le 15 janvier  sa théorie du « choc des civilisations ». Elle a annoncé avoir mis un terme à sa fonction de conseiller spécial aux affaires internationales.

Impliqué l’exfiltration de la République dominicaine de deux pilotes français compromis dans l’affaire « Air cocaïne » -  ce qui avait déplu à Marine Le Pen et à Florian Philippot -, Aymeric Chauprade a été convoqué devant le bureau exécutif du Front national. Le 9 novembre 2015, Aymeric Chauprade a annoncé dans Le Figaro et sur i-Télé sa démission du Front national, avant d’éventuelles sanctions qu’aurait pu lui imposer ce parti. « Je ne vais pas attendre d’être jugé par des gens que je ne respecte pas », a affirmé l’eurodéputé.

La "Palestine"
Autre sujet auquel les électeurs français Juifs sont sensibles : la reconnaissance de la "Palestine" par le Parlement à l'automne 2014. Les édiles lepénistes, notamment marinistes, y sont favorables.

Le 2 décembre 2014, les députés frontistes - Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, et Me Gilbert Collard - se sont abstenus lors du vote sur la résolution portant sur cette reconnaissance. Marion Maréchal-Le Pen a alors déclaré : "La position du Front National sur le conflit israélo-palestinien a toujours été la recherche de l’équilibre. Notre mouvement souhaite depuis toujours la reconnaissance de l’Etat palestinien à la condition que ce dernier reconnaisse également le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. Cette situation permettrait aux Palestiniens de rentrer dans le concert des nations, leur donnant les moyens et le devoir de lutter contre le terrorisme et la corruption. Néanmoins, le contenu de la résolution, que l’on ne put amender, tranche de façon irréaliste la question de la ville de Jérusalem en en faisant la capitale des deux Etats. Cette ville sainte, berceau des trois grandes religions monothéistes, doit être encadrée par un statut international sous contrôle de l’ONU et la municipalité cogérée par les trois religions. Les symboles ne sont pas des solutions politiques".

Le 11 décembre 2014, les sénateurs frontistes - David Rachline et Stéphane Ravier - n'ont pas pris part au vote sur la proposition de résolution concernant la reconnaissance d'un Etat palestinien. David Rachline, Sénateur-Maire de Fréjus, a alors expliqué ainsi sa position : "Je suis depuis toujours favorable à la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État et ma participation aux auditions des ambassadeurs israéliens puis palestiniens dans le cadre des travaux en commission la semaine dernière au Sénat m’ont conforté dans mon choix. J’ai été frappé par la modération et la volonté constructive de l’ambassadeur du peuple palestinien ; j’ai en revanche été indigné par les leçons qu’a tenté de donner l’ambassadeur d’Israël qualifiant cette initiative « d’irresponsable ». Je suis favorable à la création de deux États libres et souverains dans le cadre des frontières de 1967, ainsi que le placement de Jérusalem sous contrôle international ; il est donc impérieux que la communauté internationale fasse respecter le droit et réclame la fin de la colonisation, ce qu’elle a été incapable de faire ces dernières années. Tout comme le terrorisme utilisé par certains palestiniens, la poursuite de la colonisation israélienne, les réactions complètement disproportionnées de l’armée israélienne l’été dernier, l’abandon total des civils spécialement à Gaza où le monde laisse ces gens mourir dans ce qui est devenu un territoire duquel on ne peut ni rentrer ni sortir, sont contraire au droit international et doivent être condamnés avec force. Malheureusement, il apparaît clairement, et les débats spécialement à l’Assemblée nationale l’ont particulièrement souligné, que cette résolution est avant tout une manœuvre de politique intérieure. Les socialistes, manipulant leurs alliés communistes et écologistes depuis toujours en pointe sur cette question, essaient de retrouver une partie de l’électorat qui s’est détournée d’eux notamment depuis leurs réformes sociétales. Sinon pourquoi avoir attendu plus de 2 ans pour proposer ce texte ? Et surtout pourquoi ne pas demander à leurs amis actuellement au pouvoir de reconnaître la Palestine puisque la pratique constitutionnelle donne à l’exécutif la responsabilité de la politique internationale et non au parlement ? Quel dommage qu’une question si cruciale pour la paix dans le proche orient mais aussi pour l’apaisement des tensions dans certains quartiers de notre pays soit devenue une manœuvre politicienne de la gauche !"

Jean-Marie Le Pen
Le 2 avril 2015, Jean-Marie Le Pen, qui doutait de la stratégie de « dédiabolisation » du FN et ne visait pas la conquête du pouvoir, est revenu sur ses propos polémiques de 1987 : il a ré-allégué que les chambres à gaz sont un « détail de l'histoire ». Le 9 avril, il a refusé de qualifier l'ex-maréchal Pétain de "traître".

Marine Le Pen a décidé d'engager une procédure disciplinaire contre son père et l'a invité à se retirer de la vie politique. Jean-Marie Le Pen a renonce à se présenter à l'élection régionale en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le 4 mai 2015, le bureau exécutif du Front national l'a suspendu de sa qualité d'adhérent du parti dans l'attente d'un vote, par courrier, des adhérents visant à entériner une réforme des statuts incluant en particulier la suppression de la présidence d'honneur du FN créée en 2011 et assumée par Jean-Marie Le Pen. Une décision qualifiée par ce dernier de « félonie ». Jean-Marie Le Pen a déploré l'influence sur Marine Le Pen de Florian Philippot, et n'espérait pas la victoire de sa fille à l'élection présidentielle de 2017. Cet eurodéputé n'est pas membre du groupe "Europe des nations et des libertés" (ENL), que Marine Le Pen a fondé au Parlement européen en juin 2015. Un groupe de 36 eurodéputés, mais sans Jean-Marie Le Pen. Subventions - 4,5 millions d'euros/an, dont environ 3 millions pour avoir créé un groupe, et 900 000 euros pour sa caractéristique paneuropéenne ; soit près de 20 millions d'ici la fin de l'actuelle mandature -, temps de parole doublé - deux minutes au lieu d'une - , bureaux mis à disposition avec secrétariat distinct de celui du Parlement, facilitation dans la nomination à la rédaction de rapports, faculté d'amendement aux textes en séance plénière, et non plus seulement en commission... Le FN engrangera divers avantages bénéficiant au groupe au sein du Parlement européen. Cette manne financière européenne permet à Marine Le Pen de ne plus dépendre financièrement du président d'honneur du FN. 

Jean-Marie Le Pen a porté son différend en justice Le 2 juillet 2015, le Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre a annulé sa suspension du parti pour des motifs de forme, et l'a rétabli dans ses droits liés à sa double qualité d'adhérent et de président d'honneur. Le 8 juillet, ce TGI a suspendu le vote des adhérents frontistes sur la réforme des statuts.

Le 20 août 2015, composé de Jean-François Jalkh, Wallerand de Saint-Just, Nicolas Bay, Steeve Briois, Marie-Christine Arnautu et Louis Aliot, et en l'absence de Marine Le Pen et de Florian Philippot, le bureau exécutif en formation disciplinaire du FN, a exclu « à la majorité requise » Jean-Marie Le Pen du parti. Louis Aliot, Marie-Christine Arnautu et Marion Maréchal-Le Pen ont exprimé leur opposition à cette exclusion. Divers élus ont quitté ou ont été exclus du FN en raison de leur divergence avec la nouvelle ligne du parti.

Le 5 septembre 2015, Jean-Marie Le Pen a annoncé la création d'un « Rassemblement Bleu-blanc-rouge », afin d'« agir dans le même sens que le Front national », sans nécessairement « y appartenir ».

Stabilité du "vote Juif"
Publié en octobre 2015 par les Presses de Sciences Po, Les Faux-semblants du Front national analyse le "vote frontiste juif". Et ce, malgré l'absence "de données actualisées sur l’évolution du vote juif depuis 2012 au plan national". 

Cet ouvrage collectif considère que "les résultats électoraux des bureaux de vote sarcellois de la « petite Jérusalem » n’ont pas traduit de percée supplémentaire du FN ni aux européennes de 2014 ni aux départementales de 2015".

FN, premier parti de France
Le 2 décembre 2015, à l'approche des élections régionales, le CRIF a publié ce communiqué : "Après les attentats du 13 novembre, le CRIF appelle les Français à se rendre massivement aux urnes dimanche.6 et 13 décembre pour les élections régionales et démontrer ainsi la vitalité démocratique de notre pays malgré les menaces terroristes. A quelques jours du premier tour des élections régionales, le CRIF rappelle sa position de rejet de l'extrême-droite (en particulier du Front National) et de l'extrême-gauche, dont les valeurs sont contraires à notre pacte républicain".

Et sur Radio J, l'UPJF ne décolérait pas contre ceux tentés de voter FN, et qui oublient  la position de Marine Le Pen sur l'abattage rituel, le port de la kippa - Marine Le Pen est hostile au port de la kippa dans l'espace public - , son refus de subventions aux communautés, etc.

Au soir du 6 décembre 2015, lors du premier tour des élections régionales, le FN a devancé tous les autres partis dans six régions métropolitaines sur treize - il était à égalité dans une septième région - : ce parti a atteint le taux de 27,96 % au niveau national, devant la liste Union de la Droite (26,89%) et celle Union de la Gauche (23,33%), avec un taux d'abstention de 50,02%.  Au vu de la victoire du FN, Jean-Marie Le Pen a félicité sa fille Marine dont la liste dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie a obtenu 41,02% des suffrages exprimés. En région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, Marion Maréchal-Le Pen a obtenu 40,55%. 
En France entière, sur 45 299 289 inscrits sur les listes électorales, 22 609 335 ont voté - le nombre de suffrages exprimés s'élevait à 21 708 280 -, 6 018 914 ont voté pour le FNEn France métropolitaine, sur 43 961 479 inscrits, 22018 050 ont voté - 21 145 273 suffrages exprimés. 6 010 586 d'électeurs ont apporté leur vote au FN. Le nombre de Français majeurs dépasse 51 millions.

Jean-Marie Le Pen dit "le Menhir" a aussi publié sur Twitter une vidéo de Christian Estrosi, député-maire de Nice et chef de liste Union de la droite qui a recueilli 26,48% des voix en région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, portant kippa et dansant avec des Juifs orthodoxes et ainsi commentée : "Contre mauvaise fortune bon cœur". Un message abondamment liké et retweeté, et que son auteur a supprimé de son compte après des réactions indignées, et pour ne pas gâcher la victoire électorale frontiste.

Pour faire barrage au FN, la direction du Parti socialiste a imposé le retrait de ses listes dans le Nord et en Provence arrivées en troisième position, après le FN et Les Républicains et invité à voter pour le candidat de droite, et pour le candidat socialiste lors de triangulaires. Président de ce parti-ci, Nicolas Sarkozy a maintenu ses listes dépassées en nombre de voix par le PS (stratégie du "ni ni", "ni retrait ni alliance dans une Front républicain"). La classe politique unanime a exhorté les électeurs à ne pas voter pour le FN. Des triangulaires - second tour opposant les candidats du FN, du PS et de LR - et la réforme en 2014 des régions - de 27 régions dont 22 métropolitaines à 18 régions dont 13 métropolitaines - vont permettre au PS de conserver des régions, des conseillers régionaux. Des régions, circonscriptions administratives, représentant des avantages variés : postes pour des notables et affidés, fonctions rétribuées par la manne publique, budgets à allouer aux associations amies et aux entreprises, conseillers régionaux pouvant parrainer des candidats à l'élection présidentielle, etc.


Mathieu Bock-Côté, docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal (Canada), a analysé le 8 décembre 2015 : " Les formules sont convenues et un peu creuses, mais elles sont encore utilisées, comme si elles étaient rassurantes, et même réconfortantes : la poussée du Front national aux élections régionales est accueillie par des cris indignés qu'on veut aussi douloureux. Pour les uns, l'intolérance progresse et la percée du FN confirmerait en fait l'avilissement moral des Français. Pour les autres, les années 1930 pointent leur museau. Dans tous les cas, la démocratie serait en danger contre lequel il faudrait se mobiliser. Les éditorialistes, pour l'essentiel, partagent cette grille d'analyse, qui reconduit, pour l'essentiel, les catégories de l'antifascisme des dernières décennies. Et un peu partout, la presse étrangère, avec quelques nuances, reprend ces catégories et annonce une poussée historique de l'extrême-droite en France. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce cri de scandale ne nous aide pas vraiment à comprendre sa progression. Il confirme la vétusté de l'appareil conceptuel utilisé pour penser le populisme européen. Mais quoi qu'on en pense, on ne pourra pas toujours rabattre la vie politique contemporaine sur la Deuxième Guerre mondiale... Dans les faits, la référence à l'extrême-droite est de moins en moins opérante... Aujourd'hui, elle sert moins à décrire qu'à décrier... On a réservé le même sort aux intellectuels qui s'inquiétaient de la dénationalisation de la société française et qui ne célébraient pas systématiquement la diversité à la manière d'une richesse... L'idéologie soixante-huitarde, qui prend forme aujourd'hui à travers la sacralisation de la diversité, a besoin du mythe du fascisme pour poursuivre son implantation. Il lui permet d'associer ainsi aux pires horreurs du vingtième siècle la simple défense des valeurs traditionnelles et des institutions qui les pérennisaient. Dès lors, le progressisme dominant propose son alternative funeste: multiculturalisme ou barbarie. Le désaccord populaire est toujours rabattu sur le fascisme, comme s'il représentait la dernière étape avant la conversion décomplexée à l'extrême-droite. En fait, il s'agit de désarmer mentalement le commun des mortels devant ce qui est quand même une entreprise sans précédent d'ingénierie sociale et identitaire visant à modifier en profondeur l'identité du peuple français et de la civilisation européenne... En un mot, les élites françaises ont sacrifié la fonction protectrice du politique, ou sa part conservatrice, si on préfère. Elles ont ainsi renoncé à certaines aspirations fondamentales au cœur de la cité. Elles ont négligé le besoin d'enracinement au cœur de l'âme humaine. Les enjeux sociétaux ont émergé ces dernières années... C'est à une crise de légitimité qu'on assiste, en fait. Une crise de régime, si on veut, qui touche toutes les sociétés occidentales même si encore une fois, même si c'est en France qu'elle prend une portée civilisationnelle. La France devient le théâtre des grandes contradictions qui traversent le monde occidental... Il y a certainement d'excellentes raisons de s'opposer au Front national, mais la réduction de sa progression à la renaissance d'une forme de fascisme intemporel, qui serait la tentation diabolique de la civilisation européenne, n'en est pas vraiment une. Elle rassure certainement une frange significative des élites politiques et intellectuelles, qui peuvent dès lors prendre la pose avantageuse de la résistance contre la bête immonde, mais elle rend à peu près incompréhensible et inintelligible le pourrissement de la situation qui a pourtant propulsé le Front national au rang de premier parti de France. Et pour tout dire, la meilleure manière de lui faire barrage ne consiste certainement pas à pousser encore plus loin la politique qui a contribué à sa croissance".


Le 7 Décembre 2015, interrogée sur RTL sur les appels la veille du CRIF et de SOS Racisme à faire barrage au FN, Marine Le Pen a déclaré : "Ces structures sont toujours du côté du manche, ultra hyper subventionnées, sous perfusion financière depuis des années. Ce sont des instruments du pouvoir, ressortis à chaque élection pour permettre au pouvoir, qui n'obtient aucun résultat, de se maintenir en place alors que le chômage, la pauvreté explosent, alors que notre pays est dans  une situation dramatique en matière d'endettement et de création de richesse, alors que la concurrence internationale déloyale fait des ravages... Ces structures sont financées pour ça, pendant des années pour le moment des élections venir dire "Il ne faut pas que cela change". Les Français ont envie que cela change".


Le CRIF a appelé "à faire barrage au Front national" et nié toute subvention publique : "Au soir du premier tour des élections régionales, dimanche 6 décembre, le Front national fait la course en tête dans les urnes. Le CRIF appelle à voter massivement dimanche prochain pour faire barrage au Front national, parti xénophobe et populiste. Ne laissons pas la République reculer ! Par ailleurs, ​​le CRIF s'insurge des accusations perfides, caricaturales et inexactes de Marine Le Pen invitée ce matin chez RTL. Le CRIF précise qu'il ne reçoit aucune subvention de l'Etat ni des collectivités territoriales".  Les CRIF Alsace et CRIF Marseille ont lancé un appel similaire. Le CRIF Provence-Alpes-Côte d'Azur a aussi exhorté à ne pas voter pour la liste du FN. Ainsi que Roger Cukierman, président du CRIF, l'a reconnu sur la fréquence Juive francilienne les consignes de vote du CRIF ne sont pas suivies. 


Le 11 décembre 2015, lors d'un live-tweet, Roger Cukierman a été interrogé sur le silence du CRIF sur l'extrême-gauche alliée du PS. Il a répondu : "Nous disons non à tous les extrêmes. Mais le #FN a un poids électoral beaucoup plus menaçant que l'extrême gauche". Certes, mais la doxa, qui imprègne tant de médias, politiciens, manuels scolaires, magistrats et d'enseignants, exprime largement les thèses de la gauche anti-israélienne.  Et l'alliance entre le PS et l'extrême-gauche explique bien des atermoiements, silences et inactions des autorités socialistes locales et nationales.


Le CRIF a aussi publié l'étude  FN : une duperie politique, de Valérie Igounet et Stephane Wanich. Une publication décevante dans son analyse du FN et les Juifs. A noter cependant cette explication de Louis Alliot, vice-président du parti, en 2013 à Valérie Igounet : « La dédiabolisation du FN ne porte que sur l’antisémitisme.  En distribuant des tracts dans la rue, le seul plafond de verre que je voyais ce n’était pas l’immigration ni l’islam… D’autres sont pires que nous sur ces sujets-là. C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela. À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste. […] Depuis que je la connais, Marine Le Pen est d’accord avec cela. Elle ne comprenait pas pourquoi et comment son père et les autres ne voyaient pas que c’était le verrou. Elle aussi avait une vie à l’extérieur, des amis qui étaient aux antipodes sur ces questions-là des Le Gallou et autres. C’est la chose à faire sauter. »


Haïm Korsia, grand rabbin de France, a exhorté à un "sursaut civique le 13 décembre, et à une plus grande mobilisation qu'au premier tour", à "rejeter en bloc celles et ceux qui montent les uns contre les autres, qui prônent l'isolement et l'exclusion". "Cohésion nationale". Il faut "faire vivre la démocratie (...) et veiller à la cohésion nationale, en ces temps particulièrement troublés que vit la Nation... Il nous faut défendre nos valeurs et rejeter en bloc celles et ceux qui montent les uns contre les autres, qui prônent l'isolement et l'exclusion, car l'Histoire nous apprend que la haine et le rejet, d'où qu'ils viennent, feront un jour de nous des victimes... Je forme le vœu que les lumières que nous allumerons chaque soir  [en cette fête de Hanouccacette semaine puissent nous éloigner de l'obscurantisme".  

Dès son premier quinquennat, le Président de la République François Mitterrand a sciemment, par cynisme politique, favorisé le FN, alors dirigé par Jean-Marie Le Pen et parti aux résultats électoraux négligeables. Il a sciemment contribué à son essor. Objectifs ?  Diviser et affaiblir la droite républicaine, réduire l'ampleur de défaites électorales prévisibles du parti socialiste - d'où l'adoption du scrutin proportionnel pour les élections législatives de 1986 -, etc. "Pour rafler des électeurs, il lui fallait communiquer [au FN], donc l'accès à la télévision", a résumé Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, dans Mitterrand. Que reste-t-il de nos amours ?, documentaire de William Karel. Le Président Mitterrand a alors "dit à Jean-Marie Le Pen qu'il avait insisté auprès des chaines pour qu'on le traite mieux" (Eric Roussel, journaliste). Le Président Mitterrand a instrumentalisé le Front national, comme il a instrumentalisé les institutions juives françaises. Et le Président François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls poursuivent dans cette voie.

Par un discours rompant souvent avec le "politiquement correct", en insistant sur l'identité française, le candidat Sarkozy avait réussi en 2007 à convaincre des électeurs du FN à voter pour l'UMP (Union pour un mouvement populaire, devenu Les Républicains). Las ! Il n'a pas tenu toutes ses promesses et a déçu nombre de ses électeurs. 


Les fautes politiques et économiques du début de la présidence socialiste de François Hollande, l'incapacité des politiciens, souvent incompétents, de tous bords à retrouver depuis les années 1970 le chemin d'une croissance riche en emplois et leur déni des réalités, l'afflux des migrants, les attentats terroristes islamistes en 2015, l'attachement à la nation française et le rejet d'une société multiculturelle ainsi que d'une Union européenne bureaucratique, dispendieuse, construite sur la ruine des souverainetés nationales, un mode d'élection des conseillers régionaux complexe, largement dépendant des partis et "cuisines internes".., Ces facteurs ont concouru au succès du FN.

Ainsi que l'a analysé l'essayiste Eric Zemmour le 8 décembre 2015 sur RTL, deux France, l'une socialiste à l'ouest, l'autre frontiste à l'est "semblent se regarder en chiens de faïence", et enserrent des régions ayant voté pour Les Républicains. Un nouveau paysage politique français émerge avec l'apparition vraisemblable à venir d'un parti centriste allant d'Alain Juppé à Manuel Valls via l'UDI et le Modem (centre) en lieu et place des partis socialiste et Les Républicains. Des partis qui exhortent à ne pas voter pour le FN sans l'avoir jamais interdit, ignorent ou dédaignent les significations du "vote FN", ne présentent aucun mea culpa aux électeurs pour leurs erreurs, arrangements, collusions, politiques, utilisent "l'épouvantail FN" pour garder leurs privilèges, brandissent le "front républicain" tout en délitant la démocratie. Le "tripartisme" actuel serait donc temporaire, et laisserait la place à un bipartisme constitué du FN et d'un pôle agrégeant un vague centre, des socialistes et des gens issus de la droite républicaine, unis sur des dénominateurs communs flous, et sans idéologie claire. Un pôle qui servira la candidature du Président François Hollande. Un  "barrage républicain que Marine Le Pen utilisera comme "marche-pied" en 2017.

Le 11 décembre 2015 s'est tenu à Saint-Denis un meeting  « pour une politique de paix, de justice et de dignité », avec Tariq Ramadan, prêcheur et petit-fils de Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans, et Clémentine Autain, porte-parole de « Ensemble ! » et n°2 sur la liste du socialiste Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, en Seine-Saint-Denis. Un meeting lié à un appel contre le racisme et l'islamophobie signé notamment par les Indigènes de la République et le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France). Interpellé sur les réseaux sociaux, Claude Bartolone, farouchement opposé à la transparence sur les revenus des élus et heureux propriétaire d'une villa urbaine d'architecte, d'une valeur de deux millions d'euros et située dans une zone pavillonnaire des Lilas avec une vue magnifique de Paris, est demeuré silencieux. La position de Clémentine Autain ? Elle n'assistera pas au meeting qui est "pour la paix". Adressée au Premier ministre socialiste Manuel Valls, la pétition demandant l'interdiction de ce meeting a réuni 1545 signatures en moins de 48 heures. Le CRIF n'a pas protesté contre ce meeting et cette alliance. Ni les médias, ni la direction du PS n'ont manifesté à ce jour la moindre indignation à l'égard de ce meeting.

 Nolens volens, les Français Juifs constituent un enjeu symbolique crucial dans cette "politique politicienne" sans scrupule. Leurs institutions et eux sont instrumentalisés par des partis politiques, de droite et de gauche, qui semblent viser le seul maintien de leurs pouvoirs et prébendes, sans se soucier des électeurs et de l'intérêt général du pays, et quitte à confisquer à ces derniers un de leurs rares pouvoirs : voter. Ce faisant, ils dégagent un large boulevard pour le FN et préparent le terreau fertile à une révolution car la France a souvent privilégié les émeutes violentes, les insurrections, aux réformes... Avec tous les risques pour les Juifs, éternels boucs-émissaires.

En réduisant son action à des communiqués, des institutions françaises Juives révèlent leur inaptitude à desserrer l'étreinte cynique, depuis les années 1980, d'autorités politiques soutenues par des médias et intellectuels, à discerner les vrais enjeux du vote FN et à prendre les mesures adéquates.

Le 13 décembre 2015, au soir du second tour des élections régionales, sur 45 293 603 inscrits en France entière18 838 040 se sont abstenus, soit 41,59%, et 26 455 563 ont voté, soit 58,41% contre 49% au premier tour. Le taux de participation est supérieur d'environ 15% à celui du second tour lors des élections régionales en 2010 (43,47 %), Ces votants sont constitués de 736 800 bulletins blancs (1,63%), 552 458 nuls (1,22%), et 25 166 305 de bulletins de vote exprimés (55,56%). 

La Liste d'Union de la droite a recueilli 10 127 196 voix, soit 22,36% des inscrits et 40,24% des exprimés. Elle a remporté sept des 13 régions métropolitaines - les plus peuplées - : Ile-de-France (12 millions de Franciliens) auparavant présidée par le Parti socialiste, PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Alsace-Champagne-Ardennes- Lorraine, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Normandie. Elle a gagné huit régions en France. Le retrait de listes socialistes a permit à LR d'augmenter le nombre de régions obtenues.

La Liste Union de la Gauche a obtenu 7 263 567 de voix, soit 16,04% des inscrits et 28,86% des exprimés. Le PS a gagné dans cinq régions : Bretagne,  Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire. Ce qui était inespéré pour un gouvernement si impopulaire, après des défaites cuisantes aux élections municipales et départementales. La direction du PS a survécu en sacrifiant, ou liquidant sans hésitation ses bastions au Nord et au Sud, entachés de soupçons de corruption et clientélisme. A évité une défaite cuisante prévisible en raison de l'accumulation d'échecs politiques, sécuritaires, économiques, sociaux, diplomatiques, etc., par la réforme regroupant les régions dans des méga-régions, par la COP 21 qui a largement éclipsé les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015, par une communication politique habile rééditant celle du 21 avril 2002 ("Front républicain" contre Front national) en innovant (spectre de guerre civile brandi par le Premier ministre socialiste Manuel Valls, retraits de listes). Dans son discours, Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, a évoqué "le Front national qui veut la stigmatisation des musulmans", mais non les Juifs.


La Liste Front National a reçu 6 820 147 voix, soit 15,06% des inscrits et 27,10% des exprimés. Elle a maintenu toutes ses listes au second tour, mais n'a conquis aucune région. Marine Le Pen a dénoncé le "système" (désistements mutuels, partage du pouvoir, fausse alternance), s'est réjouie du triplement de ses conseillers régionaux dans toutes ces collectivités locales et de l'entrée dans le bipartisme. Avec au moins 6,82 millions de voix, plus que lors du premier tour (6,01 millions de suffrages) et que son record du premier tour de l'élection présidentielle 2012 (6,42 millions de voix). Signe de progrès : son nombre de conseillers régionaux passe en cinq ans de 118 à 358 selon le décompte du Monde.

Le titre du film diffusé par TFI après l'annonce et les commentaires des premiers résultats électoraux ? Le Dîner de cons, de Francis Veber.

Le 14 décembre 2015, sur RCJ, Roger Cukierman a exprimé son soulagement que le FN ne "soit pas devenu un parti de gouvernement. Il y a eu un échec de nos gouvernants, de droite comme de gauche... Ils ont raté l'économie, l'intégration sociale, éducative de cette jeunesse issue de l'immigration d'Afrique du Nord. Cela se traduit pas une insécurité qui pèse sur les esprits".

Quant à Claude Bartolone, malgré sa défaite - la région Ile-de-France a été gagnée par la liste de droite menée par Valérie Pécresse -, il a retrouvé le 15 décembre 2015 aisément le perchoir de l'Assemblée nationale : le groupe socialiste l'a reconduit dans cette fonction par acclamation, sans vote. Cet édile a estimé que ses propos sur la "race blanche" n'étaient "pas forcément calibrés". Des députés de la majorité se sont étonnés que le « patron » du "groupe LR ne demande pas que l’un des siens, Marc Le Fur, nettement battu dimanche en Bretagne, ne remette pas en jeu son poste de vice-président de l’Assemblée". Quid du meeting avec Tarik Ramadan, qui avait prôné le moratoire de la lapidation des femmes ? Ajoutons que Claude Bartolone, qui avait accusé le 9 décembre 2015 Valérie Pécresse, tête de liste de la droite en Ile-de-France, de défendre "Versailles, Neuilly et la race blanche", était absent à l'Assemblée nationale pour cause d'hospitalisation à... l'hôpital américain de Neuilly.

C'était mon premier article dans le Figaro. Presque trois décennies... Je prévenais du leurre mortel, de ne monter la garde avec une vigilance obsessionnelle qu'en scrutant jour et nuit la seule ligne de front National au risque d'être pris à revers par l'immense armée islamo -gauchiste. J'expliquais que la bête immonde avait toujours su faire peau neuve pour tromper son pauvre monde. Le président du Crif de l'époque me tança amicalement, avec ce brin de condescendance, qui affectait à l'époque les gens de gauche qui croyaient incarner l'intelligence et la générosité. Les 30 années qui viennent de s'écouler ne m'ont, hélas, pas cruellement démenti, et la communauté nationale-juive comprise-a depuis largement pris la mesure de la bêtise xénophile et de la vanité de la démagogie gauchisante qui auront par leur terrorisme intellectuel permanent favorisé le terrorisme criminel. Voilà pourquoi, après Ilan Halimi, après Merah, après Nemmouche, après l'hyper-casher, après le vendredi 13 novembre, lire encore sous la plume du président du CRIF un appel à voter contre le seul FN « populiste », sans la moindre référence aux dangers de l'extrême gauche populiste, m'aura plongé dans un état d'hébétude sidérée", a écrit Me Gilles-Villiam Goldnadel, président de l'Alliance France-Israël, dans Le Figaro (15 décembre 2015).

Et d'observer : "Les socialistes se sont alliés une fois de plus au PC et aux Verts. L'obscénité d'un tel accouplement ne méritait-elle pas la même réprobation ? 
- J'ai rappelé à plusieurs reprises dans ces mêmes colonnes que plusieurs municipalités communistes de la région parisienne (Aubervilliers, Stains, Pierrefitte, Valenton, Bezons, la Courneuve, Vitry, Gennevilliers etc.…) ont fait citoyens d'honneur de leur commune des terroristes tueurs de juifs en France comme en Israël. Comment, après les récents massacres, des représentants des juifs de France peuvent-il encore tolérer de tels accommodements lorsqu'ils se piquent de vouloir donner des consignes de vote? Ne voient- ils pas, pour ne prendre qu'un exemple parmi mille, qu'il existe un populisme islamo-gauchiste mortifère qui fait que l'on découvre soudainement des centaines de cégétistes islamistes radicaux dans nos aéroports?
-Les Verts français font montre depuis toujours d'un antisionisme radical et permanent. Jacques Boutault, leur représentant dans le 11e arrondissement, était présent en Juillet 2014 lors d'une manifestation après Gaza aux côtés de progressistes qui criaient «mort aux juifs!». Jean-François Placé et François de Rugy, qui ont heureusement quitté ce parti «pas comme les autres», ont eu la clairvoyance de dénoncer ce travers antisioniste pathologique.
Il est vrai que certains notables juifs de France ne sont pas très différents de certains de leurs alter ego européens... 
Depuis 30 ans j'affirme que la tolérance de l'intolérable union électorale entre les socialistes et les partis islamo-gauchistes - alors que dans le même temps on vitupérait sans relâche une alliance droite-extrême droite qui n'a jamais existé - a constitué une faute politique et morale majeure.
-Elle a conféré une respectabilité à des groupes radicaux-et à leur discours- qui ne méritaient que la réprobation.
-Elle a contribué à une gauchisation par contamination d'un parti socialiste qui commence seulement à sortir imparfaitement de ses songes creux multiculturalistes, alors que le pays avait besoin d'une gauche responsable...
Dans ce sombre contexte, 30 ans après tant d'erreurs, trente jours après la dernière saignée, que l'organe censé représenter les juifs de France, qui pour la plupart ont bien compris, n'ait toujours rien appris, en se conduisant comme une sorte de succursale d'un SOS-Racisme en faillite, qu'il n'ait toujours pas guéri d'une hémiplégie intellectuelle et morale qui a tant coûté, défie l'entendement.

Il n'est pourtant pas interdit aux prétendus représentants d'une communauté qui passe pour intelligente de réfléchir entre deux massacres".

Juifs originaires des pays Arabes
Le 8 décembre 2015, le Times of Israel a publié l'article As French Jews vote for Le Pen, a case of the enemy of my enemy? (Quand les Français Juifs votent pour Le Pen, un cas "l'ennemi de mon ennemi" ?), d'Amanda Borschel-Dan. Le sous-titre : "National Front’s tough stance on terrorism and the long memory of French Jews expelled from Arab lands make for a growing number of Jewish voters for a party once deemed taboo" ("Les propos fermes du FN sur le terrorisme et la longue mémoire des Français Juifs expulsés des terres Arabes contribuent au nombre croissant d'électeurs Juifs pour un parti jugé jadis tabou").


La réaction du Premier ministre socialiste Manuel Valls - retrait des listes de gauche dépassées par celle des Républicains - est selon Sacha Reingewirtz, président de l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France), "responsable". Interrogé sur la raison pour laquelle certains Juifs soutiennent le FN, Sacha Reingewirtz a déclaré : "Pour beaucoup de Français Juifs qui ont été expulsés des pays Arabes en Afrique - quelques 70% de la communauté est d'origine sépharade -, leur expérience traumatique, et le fait d'être ciblés de plus en plus par le terrorisme influent sur leur vote".

Et Guershon Nduwa, président de la communauté Juive noire, de renchérir : "Ils se connaissent [de Tunisie, d'Algérie et du Maroc], et la situation n'était pas bonne pour eux là-bas. Maintenant, avec ces  deux communautés se rencontrant de nouveau en France, beaucoup de ces Juifs ont tendance à être xénophobe, et des électeurs naturels du Front national ".

Aucun des Français Juifs interviewés n'a voté pour le Front national, aucun ne connait un électeur Juif du FN, mais chacun a son idée.  Tous m'ont fait penser à "l'homme qui n'a pas vu l'homme qui n'a pas vu l'ours". Quelles sont les sources de ces deux dirigeants communautaires ? Mystère. 

Foin d'ironie. Il est navrant de lire des propos infondés, peu "responsables" de deux dirigeants communautaires qui n'hésitent pas à désigner d'autres Juifs d'où "viennent tout le mal", des Juifs jugés infidèles aux valeurs du judaïsme. Les Juifs français ashkénazes auraient-ils eu un "passé traumatique" qui les immuniserait du vote FN ? Quel mépris pour les Juifs originaires des pays Arabes et éduqués dans l'amour du judaïsme, de la France, de la République et de ses valeurs ! Quelle ignorance ! Qu'a fait l'UEJF pour commémorer l'exode oublié d'environ un million de Juifs de pays musulmans des années 1940 à 1970 ? Rien, comme d'autres associations communautaires. 

Bref, une "guerre des Juifs" dont on se serait volontiers passé.

Quant à l'historienne Diana Pinto, elle a rejeté l'idée que les Juifs seraient plus en danger sous le Front national : "Les Juifs votent pour Le Pen depuis des années... En France, une minorité non insignifiante de Juifs est attirée par Marine Le Pen précisément en raison de ses déclarations anti-musulman, maintenant devenues anti-terroristes islamiques".

Or, la position du FN à l'égard de l'islam et des musulmans semble si changeante et si compliquée qu'elle ne peut attirer les électeurs Juifs.

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Cet article a été publié le 29 avril 2012, puis le 7 septembre 2014. Il a été modifié le 18 décembre 2015.

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