jeudi 22 décembre 2016

« La défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France » par Marc Hecker


Ce livre de Marc Hecker La défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France (Les éditions L’Harmattan) est la version revue et corrigée d’un mémoire universitaire soutenu à la Sorbonne. Un livre court et dense qui aborde avec honnêteté des questions sensibles et toujours d’actualité : qui défend l’Etat d’Israël dans la république française ? Et comment ? Les intérêts de cet Etat et ceux des Français Juifs sont-ils toujours communs, ou un fossé se creuse-t-il entre l'Etat Juif et la diaspora Juive en France ? Le 18 décembre 2016, M6 a diffusé le numéro d'Enquête exclusive intitulé Jérusalem : quand la ville sainte se déchire et émaillé d'erreurs historiques. Un collectif d’urgence, réunissant une vingtaine d’organisations juives et chrétiennes, appelle à un rassemblement de protestation le 22 décembre 2016 à 18 heures devant le siège de M6, 89, avenue Charles de Gaulle à Neuilly-sur-Seine.


Diplômé de l'Institut d'Etudes politiques (IEP) de Strasbourg, Marc Hecker est doctorant au Centre de recherches politiques de la Sorbonne.


Dans La défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France, il se livre à une étude originale, sans a priori, citant des sources pro-palestiniennes et pro-israéliennes.

Et nous offre un « état des lieux » à partir d’une enquête afin de déterminer qui fait quoi, comment et avec quelle efficacité pour défendre les intérêts de l’Etat d’Israël en France.

Des actions dans le respect de la république et l’amour d’Israël
Son livre est composé de deux parties alimentées par des lectures de livres et de la presse, ainsi que par les interviews de 12 personnalités : responsables communautaires, diplomates, hommes politiques. Après quelques précisions terminologiques, Marc Hecker présente un historique des relations entre la France et l’Etat d’Israël, puis, il décrit ces défenseurs et leurs modes d’interventions dans le respect de la République.

Ces intérêts sont bien difficiles à appréhender et l’auteur insiste essentiellement sur ceux politiques. Ce qui l’amène à négliger le rôle de certains acteurs, dont la Chambre de commerce France Israël (CCFI).

Affleure un problème lié à la définition des intérêts d’Israël - pour partie immuables, et pour partie fluctuant en fonction de divers paramètres (politiques, stratégiques, etc.) – et à leur perception en Israël et en France selon l’époque et les dirigeants.

Essayons de les cerner. Ces intérêts supposent la défense du principe de l’existence de l’Etat juif, dans des frontières sûres. Ils comprennent aussi celle de l’image de l’Etat d’Israël ternie par des médias. Ils incluent également une meilleure compréhension des actions du gouvernement israélien.

Contrairement à l’allégation de Pascal Boniface, directeur de l’IRIS (Directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques), et à la différence des Etats-Unis, il n’y a pas de « lobby pro-israélien » en France. Seule l’UPJF (Union des patrons et professionnels juifs français) se présente comme un lobby. En tout cas, Marc Hecker récuse ce terme en raison de « l’imaginaire obscur auquel il est susceptible de renvoyer ».

Qui sont ces défenseurs institutionnels ? Bien sûr l’ambassade d’Israël en France. Parmi les associations juives françaises citées, émerge le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), porte-parole politique de la communauté. A ses côtés : l’ADELMAD (Association des élus amis d’Israël), l’association France Israël, le B’nai B’rith France, le Consistoire central de France, Medbridge, SIONA, l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), la WIZO (Organisation féminine sioniste)…

Sans oublier au Parlement, les groupes d’amitié France-Israël.

Ces associations communautaires forment un ensemble hétérogène, parfois critique à l’égard de la politique de certains gouvernements israéliens, mais toujours profondément attaché à l’Etat juif. Elles insistent sur la citoyenneté française de leurs membres et leur volonté de respecter les gouvernements israéliens, émanations démocratiques de leurs concitoyens.

L’auteur n’élude pas les divergences parmi ces défenseurs, par exemple sur l’« initiative de Genève ».

Et l’ambassade d’Israël dans tout cela ? Elle s’efforce de ne pas se laisser instrumentaliser par ces défenseurs sans le soutien desquels elle ne peut agir efficacement.

Comment agissent les défenseurs, juifs et non-juifs, de l’Etat d’Israël ? Par les dialogues, des manifestations, des communiqués, des conférences, des articles dans la presse, des rencontres parfois informelles avec des interlocuteurs divers – politiciens, journalistes, etc. -, et en informant, c’est-à-dire en présentant la vérité : Israël est un Etat démocratique, respectueux des droits et libertés, partageant avec la France des valeurs, des principes et certains intérêts communs, notamment face au terrorisme islamiste, et luttant pour sa survie depuis sa recréation au sein d’un environnement majoritairement hostile, dans un conflit existentiel.

Et quoi de mieux qu’un voyage au Proche-Orient pour que politiciens, dirigeants d’entreprises, magistrats et journalistes se rendent compte par eux-mêmes, libres d’interroger des décideurs, de la réalité de l’Etat juif au Proche-Orient, notamment de sa faible superficie et de l’étroitesse de la distance entre la côte méditerranéenne et le Jourdain ?

L’efficacité de ces actions de défense des intérêts d’Israël ? Elle est variable. Certains, dont le général Michel Darmon, alors président de l’association France Israël/Alliance général Koenig, se heurtent au roc de la politique arabe de la France et au traitement partial du conflit au Proche-Orient par des médias français.

A Marc Hecker qui s’étonne de l’absence de synergie induite par un éparpillement d’actions ou un par « manque de coordination », le Dr Yves-Victor Kamami , ancien président du B’nai B’rith France, répond : « C’est comme çà. Pour trois juifs, vous avez quatre synagogues ! »

Des clivages
Au printemps 2010, JCall-Appel juif pour la raison lié à JStreet et l’appel Raison garder ont illustré ce débat sur la défense de l'intérêt de l'Etat d'Israël en France.

Ces défenseurs des intérêts de l’Etat d’Israël se trouvent parfois en porte-à-faux avec les dirigeants israéliens quand ceux-ci opèrent des revirements à 180°C de leur ligne politique. Quelques exemples.

Quand le gouvernement israélien a opté pour les accords d’Oslo – l’OLP terroriste devenant un « partenaire pour la paix », le CRIF, qui avait critiqué la visite à Paris du terroriste Yasser Arafat, a invité à son dîner annuel Leïla Shahid, représentante de l’OLP à Paris et petite-nièce du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, dont elle occulte auprès de médias les profondes affinités avec les dirigeants nazis.

Quand le gouvernement israélien conclut une trêve avec le Hamas en juin 2008 ou négocie avec la Syrie, il fragilise les efforts de ses défenseurs exhortant le gouvernement français à ne pas dialoguer avec un mouvement terroriste ou à ne pas inviter au défilé du 14 juillet le président syrien Bachar al Assad.

Quand Ehud Olmert, alors Premier ministre, évoque en 2008 ou en 2009 la division de Jérusalem dont une partie relèverait de l'Autorité palestinienne, il soulève un tollé notamment parmi des dirigeants communautaires français attachés à Jérusalem, capitale éternelle et indivisible de l'Etat Juif. En mai 2009, le CRIF "tient à rappeler la centralité de Jérusalem pour le peuple juif depuis trois mille ans. Tout en considérant que le gouvernement démocratiquement élu de l'État d'Israël est souverain et seul habilité à prendre les décisions qu'il jugera utiles pour la paix au Proche-Orient, le CRIF estime, pour sa part, que Jérusalem, capitale historique d'Israël doit rester une et indivisible. Le CRIF rappelle par ailleurs que c'est seulement depuis la réunification de Jérusalem sous souveraineté israélienne en 1967 que les fidèles des trois religions monothéistes peuvent exercer leur culte en toute liberté". Mais des membres directeurs du CRIF - Me Théo Klein, Henri Bulawko, Me Michel Zaoui - ont accepté de faire partie du Comité de parrainage de La Paix Maintenant qui soutient "un partage de souveraineté sur Jérusalem". La Convention du CRIF du 14 janvier 2013 a soulevé la question des relations entre des dirigeants communautaires et les positions de l''Etat d'Israël. L'association SIONA a demandé dans Israel HaYom que soit reconnu aux Juifs de diaspora leur "droit à revendiquer la légitimité de Jérusalem-une et indivisible comme centralité spirituelle du peuple juif". Le 14 janvier 2013, le quotidien Israel Hayom'annonce Si je t'oublie Ô Jérusalem de l'association française SIONA. Celle-ci "demande pour les Juifs de la diaspora, sans s'immiscer dans les élections qui relèvent du seul peuple Israélien, que soit reconnu leur droit à revendiquer la légitimité de Jérusalem-une et indivisible- comme centralité spirituelle du peuple Juif", manifeste "sa totale opposition à la partition de Jérusalem qui doit demeurer la capitale d’Israël. Parler de« judaïsation » de Jérusalem est un non-sens. Jérusalem, citée 643 fois dans la Bible, est juive depuis plus de 3. 000 ans. Jérusalem a été créée par le Roi David et n’a été la capitale que d’un seul peuple : le peuple Juif, la capitale que d’un seul Etat : Israël".

L'OSE (Oeuvre de secours aux enfants) est une des associations Juives françaises les plus importantes et est membre du CRIF. La Fondation du judaïsme français (FJF) abrite la Fondation OSE-MES dont le délégué général, Roger Fajnzylberg, a signé un Appel promu par les Amis de La Paix Maintenant et publié par Le Monde (7 novembre 1996). Cet Appel s'indigne des « déclarations d'intransigeance de M. Netanyahou et son souhait affiché d'imposer la paix dans l'annexion... la tentative de créer une situation irréversible par le renforcement des implantations ou la judaïsation de Jérusalem-Est ». Or, Jérusalem, capitale éternelle et indivisible d’Israël, est au cœur du judaïsme. J’ai interrogé l’OSE qui n’a pas répondu à mes questions. En outre, Roger Fajnzylberg a déclaré en février 2013 souhaiter se "rendre disponible pour des institutions communautaires comme le CRIF ou le Fonds Social Juif Unifié". Sauf erreur involontaire de ma part, Roger Fajnzylberg, ancien directeur général de l'OSE, ne s’est pas distancé de cet appel.

Quand le service culturel de la problématique ambassade d'Israël en France soutient et assure la promotion de manifestations - expositions, spectacles, etc. - et la publication d'œuvres politiques et partiales, il suscite parfois l'opposition publique d'organisations Juives, tels le Centre Simon Wiesenthal (CSW) et le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA). Mais il entrave et réduit la marge de réaction et de manœuvre des dirigeants communautaires ainsi que de cette ambassade. Comment celle-ci peut-elle s'indigner d'un blood libel (accusation diffamatoire portée à l'égard des Juifs accusés de tuer un enfant non-juif pour utiliser son sang dans la confection de mets juifs) récompensé par le Mémorial de Caen et soutenir activement des vecteurs de haine anti-israélienne ?

La ligne jaune clivante est donc tracée.

Ceci esquisse une fracture qui risque de s'approfondir entre le gouvernement israélien et la communauté française Juive. Et ce n'est pas le fonctionnement problématique des services de l'ambassade d'Israël en France qui comble cet écart croissant.

Fait récent corroborant cette analyse : en mai 2013, Roger Cukierman, élu président du CRIF le 23 mai 2013, a déclaré que "même si nous soutiendrons toujours Israël, nous devons adopter un profil bas sinon les gens continuerons à nous voir comme l'arrière-salle de l'ambassade d'Israël, et nous perdrons toute crédibilité en France". Une idée exprimée aussi par le candidat François Guguenheim lors de la campagne électorale pour la présidence du CRIF en mai 2013.

Une position réitérée le 9 décembre 2013, auprès de journalistes, par Roger Cukierman qui veut "changer l'image du Crif, casser l'impression d'une institution fermée sur elle-même, composée de fachos sionistes, défendant inconditionnellement l'Etat d'Israël. Cette image ne correspond pas à la réalité... Il faut cesser d'apparaitre comme la deuxième ambassade d'Israël en France, car cela nuit à notre combat contre l'antisémitisme ».

Le 19 décembre 2013, rappelant que les statuts du CRIF prévoient la défense de l'État d'Israël, Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël, lui répondait via des médias communautaires : "Il s'agit, ni plus ni moins que d'une capitulation intellectuelle et morale dont nos adversaires vont pouvoir exulter et les amis d’Israël désespérer tout aussi légitimement. par hypothèse intellectuelle absurde, s'il fallait pour des raisons tactiques s'asseoir sur les principes pour sauver l'essentiel, j'écris ici, que cette tactique serait mauvaise... Car le Moloch du terrorisme intellectuel qui s'acharne sur Israël et les juifs ne se contente pas de demi-mesures. Dans ces mêmes colonnes, la semaine dernière, mon ami Alain Finkielkraut reconnaissait : « Les juifs, de plus en plus, doivent s'excuser d'Israël, quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent, et cela ne suffit jamais. Je suis sans cesse ramené à ma défense d'Israël, critiqué moi-même pour ma défense d'Israël alors que je suis signataire de J Call… Cela ne suffit pas. Au fond, viendra le jour où, pour que les juifs redeviennent acceptables, il faudra qu'ils se désolidarisent solennellement d'Israël »... Tous les actes et discours d'antisémitisme perpétrés contre la communauté juive de France ont pour toile de fond la détestation de l'État du peuple juif ».

En outre, Zvi Tal, ministre plénipotentiaire à l'ambassade d'Israël en France, a déclaré au Times of Israel (11 juillet 2013) :  
"L'ambassade prend soin de ne pas être vue comme intervenant dans les affaires internes de la communauté. Cela n'est pas facile en raison d'une communauté large, active et avec des membres importantes qui maintiennent des liens avec l'Etat d'Israël, dont des Israéliens influents. Cette communauté commentera si l'ambassade n'a pas répondu assez rapidement ou avec assez de force à des évènements qu'elle considère comme préjudiciable à Israël. Nous disons gentiment : "Avec tout notre respect, et comme ambassade étrangère, nous ne pouvons pas toujours faire ce que vous, citoyens loyaux, peuvent faire. Notre agenda diffère légèrement du vôtre".
 Mais quel est l'agenda de cette ambassade ? Et quel est celui de la communauté Juive française institutionnalisée ? Mystères...

Me Gilles-William Goldnadel a pourfendu la ligne jugée désastreuse de dirigeants communautaires dans sa  tribune Entre la colère et la honte (Actualité juive, 30 juillet 2014) :  
"Je disais au président du CRIF qu'il s'illusionnait en croyant que délaisser le combat pour Israël, comme il en avait manifesté l'intention, rendrait l'organe représentatif communautaire plus efficace ou plus populaire, à l’heure où l'anti-israélisme était le vecteur principal d'un antisémitisme et d'un anti-judaïsme puissants au sein de l'islam. 
Depuis, la détestation antijuive a fait des ravages. Le CRIF est conspué quoi qu'il fasse… Toute politique d'accommodements ne fera qu'aggraver les choses. Et j'avoue ressentir comme une honte le fait qu'aucune manifestation en faveur d'Israël ou même pour protester contre le traitement fait aux juifs n'aura été organisée à Paris dans ces circonstances exceptionnelles. Ainsi, la rue aura été laissée à ceux qui veulent la mort des juifs et de leur état, et ceux-ci préposés uniquement à aller demander la protection du pouvoir. Avouer à ce point sa faiblesse confine à une franchise que j'oserai qualifier de désarmante".    
Autre  clivage essentiel. Alors que, lors de la conférence de l'AIPAC du 4 mars 2014, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu insiste pour que Mahmoud Abbas reconnaisse l'Etat d'Israël en tant qu'Etat Juif, Roger Cukierman a déclaré le 14 mars 2014, sur Radio J, qu'il estimait secondaire cette reconnaissance par l'Autorité palestinienne. Pour le président du CRIF, "le vrai débat, c'est le problème des frontières, c'est Jérusalem". Le 25 mars 2014, à quelques jours de la fin de son mandat de huit ans à la présidence du FSJU (Fonds social juif unifié), Pierre Besnainou  s'est opposé, sur RCJ, radio de la fréquence Juive francilienne soutenue par le FSJU, à ce que le Premier ministre israélien mette la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat Juif "comme condition préalable". Il a interrogé : "Cela changerait-il quoi que ce soit pour moi qu'Abbas reconnaisse l'Etat Juif ?", et a insisté : "Sans Etat palestinien, l'Etat d'Israël ne peut pas et ne sera pas être un Etat Juif". Ainsi que le souligne le journaliste David Hazony, "accepter l'Etat Juif, c'est créer les conditions minimales d'une fin du conflit. C'est le problème central" quand des foules arabes ont tué des Juifs désarmés, notamment à Hébron (1929), quand les Etats Arabes ont refusé le plan de partition onusien de la Palestine mandataire (1947) créant en particulier un Etat Juif, quand en 1964 l'OLP fut créée pour "éliminer le sionisme en Palestine", quand après la guerre des Six-jours (1967) huit Etats arabes ont déclaré le "triple Non" de Kartoum, etc. Et "c'est là le défi d'Israël : en reconnaissant la légitimité d'Israël, l'islam acceptera le principe de l'égalité des hommes et des peuples et abolira le jihâd et la condition de dhimmi. Et s'il le fait pour les Juifs, il le fera pour les Chrétiens et le reste de l'humanité" (Bat Ye'or). Sur ce clivage entre l'Etat d'Israël et le leadership communautaire, se greffe un fossé croissant entre celui-ci et les Français Juifs lambda qui, informés, savent d'une part à quel point il est crucial que les "Arabes palestiniens" et, au-delà, les mondes arabe et/ou musulman reconnaissent au plus tôt, et non pas en fin de négociation, l'Etat d'Israël en tant qu'Etat Juif, et d'autre part que les négociations actuelles n'amèneront à aucune paix, car elles ne sont qu'une des batailles de la "guerre d'Oslo".

En outre, le 28 octobre 2014, Caroll Azoulay, une des correspondantes en Israël de l'hebdomadaire Actualité juive, a promu dans sa page Facebook la conférence exceptionnelle, en anglais, Droit des Palestiniens, perspectives juridiques et droits de l'homme, accueillie à l'Espace Rachi-Guy de Rothschild, siège du FSJU, du CRIF et d'autres organisations communautaires françaises, le 4 novembre 2014.  Le 17 juillet 2013, Calev Myers, un des trois orateurs de cette conférence, avait suggéré : "Nous avons besoin d'arrêter de nous disputer sur les droits du peuple Juif et commencer un nouveau discours public fondé entièrement sur les droits de l'homme des Palestiniens" (We need to stop quarreling about the rights of the Jewish people and begin a new public discourse, based entirely on the human rights of the Palestinians").

Cette conférence marque un tournant majeur. Un infléchissement qui éloigne encore davantage ces organisations des Juifs lambdas sionistes. C'est d'autant plus choquant qu'en cet automne 2014, l'Etat d'Israël déploie de multiples actions diplomatiques contre la reconnaissance unilatérale de la "Palestine" notamment par des pays européens - France, Grande-Bretagne, Suède, etc - et, plus généralement, à l'ONU. Soulignons qu'une conférence similaire, mais sur les droits des Juifs ou des Israéliens en Eretz Israël, est inconcevable à l'Institut du monde arabe (Paris) ou à la Grande mosquée de Paris. Et quelle faute stratégique ! Il faut au contraire affirmer les droits du peuple Juif, souvent ignorés ou méconnus y compris parmi les Juifs français. Si les Juifs et l'Etat d'Israël ne le font pas, qui le fera ?


 De plus, l’affaire al-Dura illustre aussi un long hiatus entre les défenseurs de la vérité en France, tel Philippe Karsenty, et une partie des dirigeants politiques ou diplomates israéliens - ambassadeurs d'Israël en France Nissim Zvili et Daniel Shek - refusant ou ne percevant pas toute l’importance de révéler Pallywood et la pertinence de douter de l’authenticité d’images emblématiques de l’Intifada II diffusées par France 2 lors de son JT du 30 septembre 2000, commentées par son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin, sur des images attribuées au cameraman palestinien Talal Abu Rahma. A cet égard, la récente tribune de l’historien Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, est très éclairante. Finalement, le 19 mai 2013, le gouvernement israélien a publié un rappport concluant à la "mise en scène" des faits allégués. Et maintenant, c'est le CRIFqui demeure silencieux sur cette affaire.

Contée par Me Théo Klein, une anecdote laisse perplexe. « En mai 1989, la communauté juive française s’est vivement opposée à la venue de Yasser Arafat à Paris ». Une opposition sous-estimée par l’entourage du Président de la République François Mitterrand. Jacques Attali, conseiller de ce dernier, téléphone à Me Théo Klein, alors président du CRIF. Il était « très embêté ». Peu après, Me Théo Klein lui « envoie un petit mot » lui suggérant que le Président écrive « une lettre du genre… Et puis je lui mets un texte, notamment : "Ecouter quelqu’un, ce n’est pas forcément l’approuver". Quelques jours plus tard, je reçois une lettre signée du Président de la République qui était ce texte ». On peut s'interroger sur l'éventuel conflit d'intérêts où s'est trouvé Me Théo Klein qui, par sa fonction, était chargé de la défense des intérêts de l'Etat d'Israël et de ceux des Juifs français, et non de suggérer, en l'occurrence officieusement et afin de rassurer les Juifs français sur ses intentions, une lettre au Président Mitterrand. Celui-ci a ensuite maintenu son invitation à un ennemi acharné d'Israël, Yasser Arafat.

En 2008, un article paru dans la presse arabe a suscité des questions dans FrontPage Magazine sur le rôle de Valérie Hoffenberg, responsable du bureau parisien de l’American Jewish Committee (AJC), une association juive américaine majeure.

Citant des sources françaises, le journal en langue arabe et basé à Londres, Elaph.com, a relaté la visite le 12 juin 2008, de Valérie Hoffenberg, « envoyée du Président français », dans les territoires disputés. En compagnie notamment d’Allan Rame, consul de France, elle y a préparé la venue de Nicolas Sarkozy dans une future zone industrielle française à Bethlehem afin de relancer l’économie palestinienne.

Cet article conclut sur les demandes de « l’envoyée française » auprès des autorités israéliennes, notamment pour « faciliter la circulation à Bethlehem », ce qui selon FrontPage Magazine suppose « la levée de barrages israéliens érigés pour prévenir les attentats terroristes contre les Juifs ». Et FrontPage Magazine d’interroger : « Qui représente l’AJC : les Juifs, le gouvernement français ou les Arabes ? [Valérie Hoffenberg] était-elle en mission pour le gouvernement français, l’Autorité palestinienne ou l’AJC ? » De quoi laisser dubitatif sur un conflit d’intérêts.

La discrétion revendiquée par Valérie Hoffenberg a trouvé là une exception notable sur laquelle il serait bon que l’AJC et sa représentante à Paris s’expliquent.

Le 25 juin 2008, Valérie Hoffenberg a déclaré à l'agence de presse Guysen International News : « Contrairement aux affirmations de ces articles, je n’ai pas demandé la levée de barrages. J’ai obtenu que cette zone industrielle française se trouve en zone A, c’est-à-dire sous contrôle palestinien. J’ai agi avec l’accord du Président Shimon Peres, des ministères israéliens des Affaires étrangères, de la Défense et des Infrastructures. L’AJC a des relations dans le monde arabe, tant au niveau politique qu’économique ».

Nous avons alors interrogé l’ambassade d’Israël en France pour avoir confirmation des dires de Valérie Hoffenberg, sans obtenir de réponse. Mme Hoffenberg a été nommée par le Président de la République Nicolas Sarkozy, en juin 2009, représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient.

Exemple déplorable de silence de la communauté Juive française institutionnalisée, de médias communautaires, de représentants de l'Etat d'Israël et du Quai d'Orsay : la carte de la "Palestine" englobant l'Etat d'Israël dessinée par des adolescents palestiniens dans le cadre de Construire la paix, les jeunes Israéliens et Palestiniens s’engagent (19-23 septembre 2010), action menée par Valérie Hoffenberg. Le leadership communautaire présent est demeuré silencieux devant cette carte. Tout comme l'ambassadeur d'Israël, alors Daniel Shek, des diplomates israéliens, des dirigeants du ministère israélien de l'Education, des journalistes communautaires et israéliens, etc.

Patrick Klugman est un ancien président de l'UEJF. Il est adjoint socialiste à la maire de Paris, Chargé des Relations Internationales et de la Francophonie Conseiller de Paris. Il demeure membre du Comité directeur du CRIF et porte-parole du CRIF. Il soutient JCall. Vice-présidente du parti Les Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté au Conseil de Paris un vœu contre le BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) visant l'Etat d'Israël. Et ce, peu après l'action du BDS contre Tel Aviv sur Scène, le 13 août 2015. Le 28 septembre 2015, une majorité de conseillers de Paris ont voté contre ce vœu présenté par l’opposition au sein de cet organe. Parmi les opposants à ce vœu : Patrick Klugman, qui était présent à la cérémonie au cours de laquelle Anne Hidalgo, maire de Paris, a remis à Mahmoud Abbas (Abou Mazen), "président" de la "Palestine", la médaille Grand Vermeil de Paris, en vantant "un homme d'État exceptionnel" qui n'a "jamais eu d'autre fin que le paix", et n'a "jamais employé d'autre moyen que la légalité internationale" (sic). Le 2 octobre 2015, critiqué par certains, Patrick Klugman a réagi sur son compte Facebook par plusieurs messages dont l'un adressé "aux imbéciles" évoquant la tribune Le boycott d'Israël est une arme indigne publiée dans Le Monde voici cinq ans, signée en particulier par Anne Hidalgo et lui.

Le 18 octobre 2016, les 58 Etats-membres du Conseil exécutif de l'Unesco ont voté en séance plénière sur des résolutions niant tout lien entre le judaïsme et la terre d'Israël. La résolution sur Jérusalem a été adoptée. Le 27 octobre 2016, a eu lieu à l'appel de plusieurs organisations françaises juives un rassemblement à Paris devant le Quai d'Orsay, siège du ministère des Affaires étrangères. Il a rassemblé 3 500 personnes selon les organisateurs. Le CRIF ne s'est pas joint à ces organisations, mais son président Francis Kalifat y a participé.

Il convient de souligner ces carences essentielles du leadership communautaire français dans la défense des intérêt de l'Etat d'Israël en France : l'absence de stratégie d'actions du court au long terme, le refus d'expression du narratif juif ou israélien excluant "le peuple palestinien" et la "solution-à-deux-Etats" définitivement éclatée par l'Etat islamique redessinant les frontières au Moyen-Orient, l'ignorance de l'Histoire, notamment Juive, chez nombre de dirigeants  et journalistes communautaires, etc. A quoi sert d'organiser des voyages de journalistes en Israël si, à leur retour, ces derniers ne font pas état de ce qu'ils ont vu, s'ils n'ont pas été informés des réalités historiques, juridiques, etc. justifiant la légitimité du seul Etat juif ?

Il eût été judicieux pour Marc Hecker d’évoquer Osirak plus tôt dans le livre, notamment en 1981.

L’oubli de l’attentat terroriste palestinien commis le 9 août 1982 dans la rue des Rosiers, dans un quartier parisien réputé juif (Pletzl), surprend. Dans les heures qui l’ont suivi, des habitants y ont proféré des slogans hostiles au Président François Mitterrand et aux médias : « Mitterrand, journalistes, assassins ! Mitterrand complice ! Mitterrand trahison ! » Ce qui indique une tension précoce dans les relations entre ce Président et une partie de ses concitoyens.

Quant à « l’appel d’Ariel Sharon » incitant en 2004 les juifs français à effectuer leur aliyah très vite, il aurait gagné à être contextualisé : c’est un leit-motiv sioniste des dirigeants israéliens.

On peut regretter que Marc Hecker occulte le rôle de groupes chrétiens ou de certaines associations juives, comme les Conseils des communautés juives (CCJ) qui, en Ile-de-France, visent notamment à promouvoir les intérêts d’Israël par leur vigilance à l’égard de manifestations pro-palestiniennes diffamant cet Etat.

Autre sujet ignoré par ce chercheur : les rassemblements organisés tardivement par la communauté Juive française institutionnalisée. Celle-ci avait pourtant organisé, avec succès, au printemps 2002, une manifestation de la place de la République à celle de la Bastille, en soutien à Israël et contre l'antisémitisme. Mais depuis quelques années, elle laisse la "rue arabe" et ses soutiens haineux arpenter les grandes artères de Paris pendant les opérations militaires défensives israéliennes, et opte pour des rassemblements tardifs : plusieurs semaines après l'arraisonnement du navire Marmara, elle choisit un rassemblement place du Trocadéro le 22 juin 2010, et plus de trois semaines après le lancement de l'opération Bordure protectrice, elle improvise un rassemblement près de l'ambassade d'Israël en France le 31 juillet 2014. Pourquoi ? Pressions des autorités politiques françaises aux plus hauts niveaux ? Crainte que la police ne parvienne pas à assurer la sécurité des manifestants ? Peur de ne pas attirer assez de monde ? 

Hormis ces réserves minimes, le livre de Marc Hecker se lit aisément et avec un grand intérêt.

Enquête exclusive
Le 18 décembre 2016, M6 a diffusé le numéro d'Enquête exclusive intitulé Jérusalem : quand la ville sainte se déchire, présenté par Bernard De La Villardière et émaillé d'erreurs historiques et juridiques. M6  la présente ainsi : 
"C'est la ville la plus explosive de la planète : Jérusalem. Depuis l'année dernière, la ville sainte connaît un regain de violences entre Juifs et Musulmans. « L'intifada des couteaux » a déjà fait plus de 30 morts côté israélien, 200 côté palestinien. Et dans les deux camps, les extrémistes gagnent chaque jour du terrain.
Le haut lieu des tensions religieuses, c'est l'Esplanade des Mosquées, appelée aussi Mont du Temple par les Juifs. Ce site sacré est géré par les Musulmans. Les Juifs n'ont pas le droit d'y prier, mais certains radicaux refusent de se plier aux règles. Le rabbin Yehuda Glick multiplie les provocations en organisant des visites sur le site musulman et la situation peut dégénérer à tout moment. Dès qu'un Juif met les pieds sur l'Esplanade, il est pris à parti par des Musulmans, notamment un groupe de femmes extrémistes appelé « les Morabitat » (« guerrières » en arabe).
Agressions au couteau, assassinats en pleine rue, provocations systématiques… La ville sainte est au bord du chaos. Pour éviter de vivre la peur au ventre, certains Juifs ont décidé d'apprendre à se défendre. Les cours de « krav maga » ou self-défense sont légion à Jérusalem. D'autres préfèrent s'armer, comme Sarah et son mari, professeur de pensée juive. Ces colons sont installés dans un quartier arabe de la ville. Ils vivent en vase clos dans une résidence ultra-sécurisée. Malgré l'hostilité de leurs voisins, pour eux, pas question de déménager.
On compte désormais 125 colonies israéliennes sur le territoire palestinien. Ces installations juives inquiètent les Palestiniens installés dans les villes voisines, comme à Silwan où des recherches archéologiques juives ont détruit les fondations de leurs maisons et les ont obligés à quitter les lieux. Pourtant, malgré les condamnations de la communauté internationale, les colonies juives en terre palestinienne continuent de s'implanter".
L'ordre chronologique importe. Le Mont du Temple est appelé par les musulmans l'Esplanade des Mosquées. En outre, ces territoires ne sont pas "palestiniens", mais disputés ou contestés selon le droit international. Et Israël bénéficie d'arguments pertinents pour revendiquer la souveraineté notamment sur la Judée et la Samarie, terres bibliques.

Le 21 décembre 2016, Le président du Crif Francis Kalifat a adressé une lettre ouverte au Président de M6 pour lui faire part de l'émotion de la Communauté juive de France suite à la diffusion de l'émission "Jérusalem : quand la ville sainte se déchire" : 

"Monsieur le Président,
Votre chaîne a diffusé dimanche soir une émission "Enquête exclusive" de Monsieur Bernard de la Villardière" consacrée à Jérusalem.
Erreurs flagrantes, omissions, et partialité en ont fait un véritable document à charge contre Israël, suscitant un très vif émoi chez de très nombreux membres de la communauté juive pour deux raisons essentielles.
La plus flagrante concerne la réalité historique (en 1947-1948, la Jordanie n'a cédé aucun territoire mais annexé la Cisjordanie contrairement au Droit International).
La seconde porte sur la tonalité générale du reportage qui fait la part belle au point de vue palestinien, sans donner la possibilité aux officiels israéliens de développer le leur.
Dans le climat tendu que connaît notre pays, nous voyons là un risque sérieux de tension supplémentaire.
C'est la raison pour laquelle nous nous devons d'attirer votre attention sur ce type de reportage déséquilibré qui peut contribuer à créer ou accentuer des difficultés inutiles, pouvant aller jusqu'à la justification d'actes antisémites chez des esprits faibles.
Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression de mes sentiments les plus respectueux".
Francis Kalifat s'est également entretenu avec Bernard de La Villardière.

Un collectif d’urgence, réunissant une vingtaine d’organisations juives et chrétiennes, a appelé à un rassemblement de protestation le 22 décembre 2016 à 18 heures devant le siège de M6, 89, avenue Charles de Gaulle à Neuilly-sur-Seine. Environ quatre cents personnes ont répondu à cet appel.

Le 22 décembre 2016, sur son compte Facebook, Bernard de la Villardière a écrit :
"Ma réponse au President du CRIJF
Monsieur le Président,
Permettez moi de vous dire mon étonnement et ma tristesse en découvrant votre lettre ouverte à M6 concernant le document diffusé dans le cadre de l'émission Enquête Exclusive dimanche soir. Ce film n'est pas du tout à charge contre Israël. Il s'attache à rendre compte de la manière dont les extrémistes tentent de prendre en otage Jérusalem et son histoire pour mieux servir leur cause souvent raciste et "essentialiste" comme on dit aujourd'hui. Nous avons montré une réalité qui éclate chaque jour aux yeux des visiteurs de cette ville si belle et attachante. Le commentaire est pesé au trébuchet pour tenter de ménager les susceptibilités de part et d'autres. Dès les premières minutes de diffusion j'ai reçu des injures et des menaces de mort venant de téléspectateurs qui trouvaient le document trop "pro-israélien". Vous savez les mêmes qui me traitaient "d'islamophobe" après le Dossier Tabou dénonçant la progression du salafisme en France ! Ce fameux numéro qui m'a valu une sécurité renforcée et les félicitations de quelques membres du CRIJF et singulièrement les vôtres. Au cours d'un récent déjeuner je vous annonçais que ce reportage sur Jérusalem risquait hélas de tendre nos rapports jusque-là cordiaux. Je ne connais que trop la comédie humaine et ses postures. Vous m'aviez dit que concernant la politique du gouvernement Netanyahu dans les Territoires Occupés, les juifs de France sont tout autant divisés que l'est la société israélienne ! Mais l'autre jour au téléphone en m'annonçant ce communiqué vous avez fait état des nombreuses pressions dont vous étiez l'objet depuis dimanche soir. Vous donnez des gages. Je ne vous en veux pas.
En revanche je trouve tout à fait insupportable que vous insinuiez que ce film puisse "aller jusqu'à la justification d'actes antisémites chez les esprits faibles". Croyez-vous vraiment qu'ils regardent M6 ? N'ont-ils pas beaucoup mieux sur les réseaux sociaux ou sur les chaînes satellites accessibles partout en France pour nourrir leur haine ? Je trouve votre procédé tout à fait inique et pernicieux. Il vise tout simplement à museler l'information sur ce qui se passe dans cette partie du monde. Sans compter qu'il me désigne comme cible auprès des extrémistes juifs. Voilà des années que les émissions françaises qui s'intéressent à la situation dans cette partie du Proche-Orient déclenchent des polémiques parfois violentes visant à intimider ceux qui critiquent - non pas Israël - mais la politique israélienne. J'aurais aimé en ce qui vous concerne que vous ne cédiez pas aux braillards et aux hystériques de la mémoire.
Pour ma part soyez assuré de ma volonté de continuer à exercer mon métier le plus librement possible. Cette année 2016 a été riche en épisodes déroutants : j'ai été menacé de mort par un français de Daesh, jeté en prison à Cuba et expulsé du Venezuela quelques jours à peine avant de voir mon nom conspué devant M6 par des militants de la Ligue de Défense Juive.
Veuillez recevoir Monsieur le Président, l'expression des mes sentiments distingués.
Bernard de La Villardière".
Venant d'un journaliste, cette lettre surprend. Le commentaire d'un journaliste ne doit pas "tenter de ménager les susceptibilités de part et d'autres", mais être "accurate", terme anglais signifiant précis, exact, adéquat. Mettre en parallèle une menace de mort par l'Etat islamique - pourquoi Bernard de la Villardière ne le désigne-t-il pas ainsi ? - et des huées de membres de la LDJ est aberrant.

Passons sur les outrances ridicules et les refus du journaliste de répondre aux arguments opposés à ses partis pris et propos infondés :  Jérusalem "est l'épicentre d'un conflit séculaire entre Israéliens et Palestiniens" !? Israël a été refondé en 1948 et la charte de l'OLP a été adoptée en 1964. Le 26 décembre 2016, sur I24news, Bernard de La Villardière a été incapable de justifier ses chiffres et allégations. Il a toujours botté en touche, multiplié les hors-sujets et s'est présenté en victime d'insultes. Indigne d'un journaliste.

Relevons le passage alléguant  : "L'autre jour au téléphone en m'annonçant ce communiqué vous avez fait état des nombreuses pressions dont vous étiez l'objet depuis dimanche soir. Vous donnez des gages". De quels pressions et gages s'agit-il ? Pourquoi avoir averti le journaliste avant de publier le communiqué ? Pour s'excuser ? Pour maintenir des relations cordiales avec ce journaliste qui n'hésite pas, après avoir enquêté sur l'islamisme, à donner des gages aux musulmans au détriment d'Israël, peuple et Etat ? Le président du CRIF adopterait-il une posture officielle de défense contrainte d'Israël ? Une attitude similaire à celle de certaines de ses prédécesseurs ? Et qui signifierait un refus ou une impuissance à contrer la désinformation ?


Marc Hecker, La défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France. Avant-propos de Denis Sieffert. Préface de Michel Gurfinkiel. Ed. L’harmattan, 2005. Coll. Inter-National. 124 pages. ISBN : 2 7475 9228 6


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Cet article a ét épublié par Guysen en juin 2008, puis sur ce blog le 5 mars 2010, les 14 janvier et 12 juillet 2013, 5 janvier et 27 mars 2014. Il a été modifié pour la dernière fois le 16 octobre 2015.

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