Citations

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mardi 18 août 2026

Des Justes parmi les Nations

Les Justes parmi les Nations sont des non-juifs ayant sauvé, souvent au péril de leur vie (Pologne), celle de juifs durant la Deuxième Guerre mondiale. Ils sont reconnus, après étude d'un dossier contenant deux témoignages distincts, par Yad Vashem, Mémorial à Jérusalem (Israël) qui remet à ces Justes, ou à leurs ayants-droit, une médaille et un diplôme de Justes parmi les Nations durant une cérémonie hommage. Ainsi Israël exprime sa gratitude envers ceux qui ont aidé des juifs alors persécutés par les Nazis et leurs collaborateurs. Au 1er janvier 2023, 28 707personnes, dont plus de 7 300 Polonais, ont été distinguées comme Justes parmi les Nations : diplomates, couturière, paysan, artiste peintre, etc. « sont plus de 4 300 en France et vingt mille en Europe. 
Arte.tv diffusera dès le 24 août 2026 « Tzedek - Les Justes », série documentaire en deux parties de Marek Halter.


"L’attitude envers les Juifs durant la Shoah oscille principalement entre indifférence et hostilité. La majorité des gens demeurent passifs alors que leurs voisins de toujours sont arrêtés, déportés ou tués ; certains collaborent avec les meurtriers ; nombreux sont ceux qui bénéficient de l’expropriation des biens juifs". Des policiers ont prévenu des juifs de leur prochaine arrestation, des fermiers ont recueilli des enfants juifs, des agents municipaux ont fourni de faux papiers aux persécutés...

Toute une variété de situations se sont présentées durant la Deuxième Guerre mondiale. Certains ont hébergé et nourri des enfants juifs et les ont choyés, d'autres les ont fait travailler durement. D'autres encore les ont violés.

Au terme de l’examen des dossiers répondant à des critères exigeant au moins deux témoins, Yad Vashem a reconnu environ au 1er janvier 2016 26 120 Justes parmi les nations et, au 1er janvier 2023 28 707 Justes parmi les Nations, essentiellement en Europe. La Shoah n'est pas seulement une tragédie historique européenne ou sur le seul continent européen.

A Jérusalem (Israël), le Mémorial Yad Vashem remet aux Justes une médaille et un diplôme de Justes parmi les Nations lors d'une cérémonie d'hommage. L'allée des Justes parmi les Nations a été inaugurée en 1962 en présence de Golda Meir, alors ministre israélienne des Affaires étrangères. "Les onze premiers arbres sont plantés le long de l'allée menant à la Crypte du souvenir, sur la colline dénudée du Mont du souvenir... Dans les premiers temps, des arbres étaient plantés par certains des Justes, ou par leurs familles, sur le Mont du souvenir. Aujourd’hui, leurs noms sont gravés sur les murs du jardin des Justes."

Avec 6 620 Justes parmi les nations en 2016 et 7 318 Justes en 2023, la Pologne, où ceux qui aidaient les Juifs risquaient d’être exécutés avec leur famille, figure en première place dans la liste des Justes. Employée au Comité d’aide sociale de Varsovie, la Polonaise Irena Sendlerowa (1910-2008) a assuré l’évasion d’environ mille cinq cents enfants juifs du ghetto gardé par les nazis.

La France a abrité 3 925 Justes en 2016 et a 4 303 personnes distinguées comme Justes parmi les Nations en 2023.

Ont été reconnues comme Justes parmi les Nations en 2023, plus de 6 137 personnes aux Pays-Bas, 2 713  personnes en Ukraine, 1 819 personnes en Belgique, 75 en Albanie et 24 en Arménie.

"La Résistance danoise a demandé à ce que tous ceux de ses membres qui avaient participé au sauvetage de la communauté juive ne soient pas répertoriés un par un mais reçoivent un hommage collectif."

"Il convient de noter que le nombre de personnes reconnues comme Justes ne reflète pas l'ampleur réelle de l'aide apportée par des non-Juifs à des Juifs pendant la Shoah ; les chiffres étant essentiellement basés sur les témoignages et la documentation dont dispose Yad Vashem. La majorité des Justes ont été reconnus comme tels suite aux demandes faites par des Juifs sauvés. Dans certains cas, les survivants n'ont pas trouvé la force nécessaire pour faire face à leur douloureux passé et ne se sont pas fait connaître ; d'autres ignoraient l'existence du programme ou ne pouvaient pas déposer de demandes, notamment lorsqu'ils vivaient derrière le Rideau de fer durant les années du régime communiste en Europe de l'Est ; d'autres enfin sont morts avant d'avoir pu effectuer une demande. En outre, la majorité des cas reconnus correspondent à des tentatives réussies : les Juifs ayant survécu ont pu se manifester auprès de Yad Vashem pour demander la reconnaissance de leurs sauveteurs."

Aristides de Sousa Mendes
Aristides de Sousa Mendes (1885-1954) est un diplomate portugais né dans une famille noble catholique et monarchiste. Durant la Deuxième Guerre mondiale, dès fin 1939, ce quinquagénaire, père de quatorze enfants, est consul à Bordeaux. 

S'opposant à la circulaire 14 du gouvernement Salazar qui veut maintenir la neutralité du Portugal, il délivre sans autorisation préalable du ministère des milliers de visas à ceux devant quitter la France pour fuir le nazisme, les persécutions antisémites, etc. Parmi eux : Otto de Habsbourg, fils de Charles Ier d'Autriche, des ministres du gouvernement belge en exil, Guy Tavernier, physicien, des Juifs...

Le 8 juillet 1940, Aristides de Sousa Mendes rejoint le Portugal. A Lisbonne, le Conseil de discipline l'accuse de désobéissance, préméditation, récidive et cumul d'infractions, la délivrance de visas non autorisés, "la falsification de passeports et le crime d'extorsion (à la suite de la plainte de l'ambassade britannique)". Salazar lui inflige une peine légère afin que Sousa Mendes puisse percevoir son salaire de consul.

En 1966, Aristides de Sousa Mendes est déclaré « Juste parmi les nations », puis réhabilité par la République portugaise le 15 novembre 1986.


En 2012, le politicien portugais Abel Matos Santos a écrit sur Facebook à propos de Aristides de Sousa Mendes : "Pourquoi défendre Sousa Mendes, qui était un usurier requin de Juifs ?”  

Révélés en janvier 2019, ces propos ont suscité l'indignation, notamment des Juifs portugais qui ont évoqué une "offense à tous les juifs et non-juifs sauvés" des Nazis.


Le 31 janvier 2020, Abel Matos Santos, récemment élu vice-président du CDS, petit parti du peuple (droite), a présenté des excuses après que la communauté juive de Lisbonne ait protesté contre ces propos. Il a dit que le choix de ses mots était "malheureux", mais il a ajouté qu'il croyait que son commentaire reflétait un débat prochain sur les motifs d'Aristides de Sousa Mendes. Cependant, ce débat est "complètement non pertinent à la lumière des vies sauvées".


“J'aimerais présenter sincèrement mes excuses pour avoir blessé par mes mots écrits voici des années, et ayant été opportunément, maintenant, sortis de leur contexte", a écrit Matos Santos dans une lettre ouverte envoyée le 31 janvier 2020 à José Oulman Carp, président de la communauté juive de Lisbonne.

« Sauvés par des Justes » 
Diffusé dans le cadre d’une soirée spéciale consacrée à la libération des camps nazis sur Arte, le documentaire « Sauvés par des Justes » (Stille Retter) par Christian Frey et Susanne Wittek présente des témoignages de Juifs sauvés par des Justes parmi les nations : Robert Badinter, avocat, ancien garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et sénateur socialiste (1995-2011), Alfred Grosser, politologue et historien né en 1925 à Francfort-sur-le-Main, réfugié avec sa famille en France dès 1933.

« Gros plan sur ces citoyens qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont risqué leur vie pour sauver des Juifs en tout désintéressement », luttant face à la peur et contre le désespoir ». 

Après l'accession d’Hitler au pouvoir en janvier 1933, les « Juifs d’Allemagne sont rapidement mis à l’écart ». Les « Juifs d’Allemagne » étaient allemands. Pourquoi Arte les dénaturalise-elle ?

« Dès le mois d’avril, un boycott des magasins juifs est organisé, empêchant notamment les commerçants d’accéder à leur lieu de travail ». Et aussi les clients. Par qui est organisé ce boycott ?


« En 1935, les lois de Nuremberg ancrent l’antisémitisme dans la législation du IIIe Reich ».





« L'escalade se poursuit avec le pogrom de la Nuit de cristal, du 9 au 10 novembre 1938, qui contraint des milliers de juifs à l’exil ». Un pogrom, ou plutôt des pogroms en Allemagne, en Autriche et dans la région Sudètes, peuplée de Germanophones, annexées par le IIIe Reich.

Arte évite d’utiliser le mot « nazi ». Pourquoi ?


« Beaucoup choisissent de se réfugier dans la patrie de la Révolution et des droits de l’Homme. Mais après l’occupation d’une partie de la France par les troupes allemandes en 1940, la lutte pour la survie continue ».


« Malgré l’implication des autorités françaises dans leur persécution, les trois quarts des juifs, Français et réfugiés, échapperont à la déportation, notamment grâce à l’aide des Justes ». Grâce aussi à des organisations juives, à leurs amis, des relations professionnelles, le hasard...

Ces « gestes de solidarité ou de sauvetage, dès les rafles de l'été 1942, de la part de citoyens de toutes conditions sociales, opinions ou religions, seront reconnus en 1953 par une loi israélienne qui crée pour eux le titre de « Juste » (Righteous Among the Nations), rendant ainsi hommage à ceux « qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs en tout désintéressement ».

Instrumentalisation politique 
Ce titre de Juste parmi les Nations s’avère un enjeu politique instrumentalisé à des fins étrangères à la vérité, dans un but de rapprochement avec le monde arabe ou/et musulman, pour pallier le refus de mener le dialogue judéo-musulman, ou de la part d'Etats musulmans pour instrumentaliser le lobby juif américain afin d'obtenir son soutien à des fins de politique régionale (le Maroc impliqué dans le conflit du Sahara occidental).

Ainsi, avec l’appui de Juifs marocains, le Maroc tente d’obtenir ce titre pour le roi Mohammed V. Or, les travaux d’historiens ont prouvé que ce souverain, alors sultan Mohammed V, n’a protégé aucun Juif.


« Sur l’essentiel, le Sultan Mohammed n’a pas protégé les Juifs puisqu’il a même promulgué les statuts des Juifs en Dahir (décret) chérifien. En réalité, le Sultan Mohammed entend faire savoir aux autorités de Vichy qu’il reste le maître du pays. S’il y a persécution ou protection, il estime que c’est à lui à en décider. Le message est les suivant : les Juifs sont ses sujets et non pas ceux de Vichy. A travers les Juifs, le Sultan Mohammed réclame sa part d’autonomie vis-à-vis du gouvernement de Vichy. Les Juifs sont des pions parmi d’autres dans le rapport de force entre le Makhzen et Vichy. Par ailleurs, il ne fait preuve d’aucune détermination à défendre les Juifs : il ne rencontre les dirigeants de la communauté juive qu’une seule fois et en privé, au printemps 1942, pour leur dire qu’à titre personnel, il désapprouve les mesures de Vichy. En revanche, à titre officiel et publiquement, il ne prend aucune mesure en faveur des Juifs. Pire, il traduit les statuts des Juifs en Dahir chérifien ! », a déclaré l’historien Georges Bensoussan.

Et de réfuter le mythe selon lequel le sultan se serait opposé au port de l’étoile jaune par les Juifs : « Le port de l’étoile jaune est une mesure allemande qui n’a jamais été d’application en Zone libre, c’est-à-dire sur l’ensemble du territoire français placé sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Et le Maroc (comme l’Algérie) faisait partie de la Zone libre. Seule la Tunisie s’est vue appliquée le port de l’étoile jaune dans la région de Sfax pendant les six mois qu’a duré l’occupation allemande. Or, les Allemands n’entrent pas au Maroc. Le Sultan Mohammed n’a donc jamais eu le moindre contact avec les Allemands. Il n’y a donc jamais eu d’étoile jaune au Maroc… Les 150.000 Français vivant au Maroc sont violemment antisémites. L’administration française est littéralement gangrenée par l’antisémitisme. Quotidiennement, elle apporte la preuve de son antisémitisme dans la façon dont elle traite les Juifs. Ainsi, le gouvernement de Vichy n’accorde aux Juifs que 50% des ressources alimentaires qu’il attribue aux musulmans. Dans ce contexte particulier, l’attitude du Sultan du Maroc -qui reçoit notamment les dirigeants de la communauté juive en audience privée pour leur témoigner de sa solidarité- fait le tour de tous les mellahs (quartiers juifs) du Maroc. En comparant son attitude avec celle des autorités françaises, il n’a aucune difficulté à apparaître comme un sauveur magnanime ».

Colloque

Dans le cadre de l’année croisée France-Israël, l’Association Bnai Brith Moshe Dayan, en partenariat avec le Comité Yad Vachem Nice Côte d’Azur et la ville de Nice, invita le 27 novembre 2018 à 18 h 30 au Centre Universitaire Méditerranéen. Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Simon Benchimol, Président Bnai Brith Moshe Dayan, Denis Sibony Vice-Président en charge de la culture, tous les membres Association B'nai B'rith Moshe Dayan, Daniel Wancier, Président du Comité Yad Vashem Côte d'Azur, Anita Mazor, Ministre près l’Ambassade d’Israël à Paris en charge du sud de la France convièrent au colloque "Les Justes parmi les Nations". De la mémoire à la reconnaissance, comment Israël honore ses Justes", en présence de Martine Ouaknine, Adjointe au Maire, Conseillère métropolitaine, Conseillère départementale, de Justes, de descendants de Justes et des personnes sauvées qui livreront leurs témoignages. Entrée libre.

« Tzedek - Les Justes »
Arte.tv diffusera dès le 24 août 2026 « Tzedek - Les Justes », série documentaire en deux parties de Marek Halter.

« Dans les années 1990, l’écrivain Marek Halter, rescapé du ghetto de Varsovie, parcourt le monde à la recherche de femmes et d’hommes qui ont sauvé des juifs de la barbarie nazie. Un recueil de témoignages pour une émouvante ode à l’humanité. » 

"Selon le Talmud, le monde repose à chaque génération sur 36 Justes." Dans les années 1990, un demi-siècle après l’Holocauste, le célèbre écrivain français Marek Halter, juif d’origine polonaise, décide de partir à leur rencontre : de Sarajevo sous les bombes à Jérusalem, de la Côte d’Ivoire au Japon, de sa terre natale à sa patrie d’accueil en passant par de nombreux autres pays européens, dont l’Allemagne, il collecte les témoignages de femmes et d’hommes qui ont risqué leur vie pour sauver celle de ses coreligionnaires. »

« Parmi eux, Irena Sendler, dont le réseau a exfiltré 2 500 enfants du ghetto de Varsovie ; des religieuses polonaises ou italiennes qui ont caché des femmes et des enfants malgré le silence assourdissant du Vatican ; des diplomates qui ont usé de leur position pour favoriser la fuite des persécutés ; des pêcheurs danois dont les embarcations ont servi à évacuer une grande partie de la population juive vers la Suède ; des résistants de l’intérieur, à l’instar de l’industriel Berthold Beiz, qui employa quelque 800 juifs dans ce qui était à l’époque la seule compagnie pétrolière allemande ; et beaucoup de gens ordinaires qui, seuls ou organisés, ont nourri, hébergé, pourvu en faux papiers les personnes traquées… » 

« Pourquoi et comment ont-ils agi alors que tant d’autres sont restés immobiles face à l’entreprise d’extermination nazie ? Ont-ils eu peur ? Se comporteraient-ils de la même manière aujourd’hui ? À ces questions récurrentes, les Justes interrogés ici – ou leurs descendants – répondent avec une poignante modestie : tendre la main aux juifs s’est imposé à eux, par amitié, par amour de leur prochain, par refus de la barbarie. » 

« Leurs témoignages se mêlent à ceux, tout aussi déchirants, de survivants pour esquisser une puissante réflexion sur le bien et le mal. »

« En deux parties, un chant d’espoir dédié aux parents du réalisateur, Perl et Salomon Halter, qui lui "ont appris à ne pas désespérer de l’humanité". 

« Au moment où une grande partie de l’Europe se rend complice de la Shoah, des hommes et des femmes risquent leur vie et celle de leurs proches pour sauver des Juifs. Marek Halter part à la rencontre de Polonais, d’Allemands ou encore de Japonais, qui ont refusé de se soumettre à la peur pour éviter à 500 000 Juifs le sort qui leur était réservé par les nazis. »

« En France, en Italie, au Danemark et partout ailleurs, industriels, religieuses ou paysans témoignent des risques qu’ils ont pris pour sauver un demi-million de Juifs des camps d’extermination. » 


« Tzedek - Les Justes » de Marek Halter
France/Suisse, 1994, 2 x 1 h 20 mn
Auteurs : Marek Halter et Clara Halter
Production : Kurtz Production, Sara Films, Vega Films, France 2 Cinéma, Télévision Suisse Romande, Palmyre Productions, C.E.C. Rhône-Alpes 
Sur arte.tv du 24/08/2026 au 22/08/2027
Visuels : © Marek Halter

« Sauvés par des Justes » par Christian Frey et Susanne Wittek
2016, 52 min
Sur Arte le 24 janvier 2017 à 21 h 45
Visuels :
© Suzanne Radelhof
© Gebrüder Beetz Film

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Les citations non sourcées proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 23 janvier 2017, puis les 28 novembre 2018, 26 février 2020.

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