Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 28 mai 2021

Haïm Korsia, grand rabbin de France

Membre de l'Institut, Haïm Korsia a brigué un second mandat de sept ans de Grand rabbin de France (GRF)Le 6 juin 2021, il a été réélu par 189 voix sur 300 électeurs. Engagement en faveur des "migrants" en 2015, inaction dans les affaires du Dr Lionel Krief et de David Amzallag spoliés par le "gouvernement des juges", "neutralité politique" à géométrie variablelouanges réitérées envers le Président Emmanuel Macron du "en même temps", occasion manquée de célébrer le Judaïsme lors de l'inauguration du Centre européen du Judaïsme (CEJ), silence sur les Juifs comme "angle mort de l'historiographie" et du récit national, erreurs partagées avec d'autres dirigeants communautaire lors de l'affaire Sarah Halimi et la pandémie de coronavirus... Tels sont des éléments du bilan du GRF Haïm Korsia. 


Illustrant le judaïsme orthodoxe, la fonction de grand rabbin de France (GRF) est caractéristique d'un Consistoire central israélite de France bicéphale - un président laïc et un grand rabbin -, fondé par Napoléon Ier en 1806 et à la devise : « Religion et Patrie ». L'empereur a voulu contrôler les Juifs via le Consistoire, et placer le spirituel, le rabbin, sous la domination d'un laïc, le président.

C'est la raison de l'importance des deux élections à la tête du Consistoire Central Union des communautés juives de France : le 6 juin 2021 pour le poste de grand rabbin de France et le 13 octobre 2021 pour celui de président de cet organisme bicentenaire.

Les deux élus devront faire preuve de capacité de conviction, d'autorité et d'indépendance en interne pour remédier aux problèmes dont souffre l'institution - rabbins peu attirés par la formation au Séminaire israélite (Ecole rabbinique de France), isolés et insuffisamment rémunérés, difficultés budgétaires de communautés affectées par la gestion étatique aberrante de la pandémie de coronavirus, etc. -, et, en externe, pour résister aux pressions éventuelles en vue de l'élection présidentielle de 2022 et mieux défendre les Français Juifs victimes d'antisémitismes ainsi que le judaïsme orthodoxe.

Les sondages contribuent à un story telling peu vraisemblable accréditant l'idée d'un second tour de l'élection présidentielle 2022 identique à celui de 2017. 

Impopulaire, le Président Emmanuel Macron a un socle électoral qui n'a cessé de fondre (- 41% en deux ans (2017-2019) : au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a obtenu 18,19% (8 656 346 voix) des 47,5 millions d'inscrits, au premier tour de l'élection législative de 2017 son mouvement La République en marche (LREM) a obtenu 13,51% (6 391 269 voix) des 47,2 millions d'inscrits, à celles européennes de 2019, la liste Renaissance soutenue par LREM, le Modem et ses partenaires a eu 10,72 % (5 078 781 voix des 47,3 millions d'inscrits), et LREM a recueilli au premier tour des élections municipales en mars 2020 2,2 %. Or, en mars 2020, une étude Ifop indiquait que "43 % des Français se disent satisfaits du président de la République (36 % "plutôt satisfaits", 7 % "très satisfaits"), contre 32 % fin février. Il s'agit de son plus haut niveau depuis avril 2018." Et en juin 2020, selon un sondage Ifop-Fiducial, "Emmanuel Macron et Marine Le Pen seraient au coude à coude au premier tour de l'élection présidentielle, avec environ 28 % d'intentions de vote". 

Les résultats des élections locales en juin 2021 montrent que la chute s'est accentuée. Aux élections départementales, LREM a recueilli au 1er tour 1,57 % des suffrages exprimés nationalement (215 387 voix) et au second tour 0,73 % (97 542 voix - 10 sièges) des suffrages. Quant aux élections régionales, LREM a eu ces résultats nationaux : au 1er tour 76 457 voix (0,52 % des suffrages exprimés), et au 2nd tour 67 220 voix - 7 sièges (0,44 %). Et, contre toute évidence, selon "un sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et LCP-Assemblée nationale/Public Sénat, publié dimanche 28 juin, le chef de l'Etat sortant et la présidente du Rassemblement national sont en tête quel que soit le candidat de la droite testé dans ce sondage".

Le Président Emmanuel Macron ne peut espérer être réélu que s'il se retrouve au second tour face à Marine Le Pen, et s'il bénéficie du "sursaut républicain" auquel appelleraient notamment les dirigeants d'institutions juives françaises. La déroute électorale du RN en juin 2021 va inciter le Président Emmanuel Macron à repenser sa stratégie.

Et après ? S'il est réélu, ce qui n'est pas sûr, le Président Emmanuel Macron, démiurge ou apprenti sorcier, fondera son "nouveau monde" sans contre-pouvoir, sans s'embarrasser du judaïsme, du christianisme, de la civilisation française, du récit national ou de l'histoire européenne de "l'ancien monde". Il imposera sa société multiculturaliste dont il chérit déjà la Silicon Valley française (la Seine-Saint-Denis, Ndlr) et les « plus de 10 millions de nos concitoyens qui ont des familles de l'autre côté de la Méditerranée ». Exeunt les Juifs ! Chalom en Israël ! Avec Macron, ce ne sera plus "Moi ou le chaos", mais "Moi et le chaos" avec des islamistes et antifas maîtres de la rue et déchainant leur violence barbare dans le cadre d'un djihad mondial. C'est aussi cela, l'un des enjeux de ces élections consistoriales.

Selon Michaël Darmon (Actualité juive n° 1600, 27 mai 2021), "des institutions au sein du monde juif se posent ces jours-ci la question dans leur comité stratégique : que se passerait-il en cas d'élection de Marine Le Pen à l'Elysée ? Au centre des préoccupations, les statuts d'utilité publique et les subventions de l'Etat." Cet "Indiscret" véhiculerait-il un stéréotype antisémite : celui des Juifs obnubilés par l'argent ? Le Consistoire de Marseille a twitté le 30 mai 2021 : "Le Consistoire en tant  qu'association de loi 1901 ne perçoit aucune subvention publique..."

La fonction de grand rabbin de France demeure perçue par les pouvoirs publics, nationaux ou locaux, comme représentant spirituellement les Français juifs. C'est donc un des postes institutionnels juifs dont le contrôle les intéresse afin que leur parole soit relayée par des dirigeants communautaires auprès de leurs coreligionnaires.

"Sa force réside sans doute dans sa capacité à dire les choses franchement et honnêtement sans jamais être partisan. Cette qualité valait pour ses rapports avec le monde politique comme avec les autres religions". C'est ainsi qu'est décrit le grand rabbin de France Jacob Kaplan (1895-1994) dans "Etre Juif et Français : Jacob Kaplan, le rabbin de la République" signé par Haïm Korsia (Privé, 2006). Des qualités morales valables pour tout grand rabbin de France. Et dont le GRF Jacob Kaplan a fait preuve notamment après la conférence de presse du Président Charles de Gaulle en date du 27 novembre 1967, lors d'un entretien le 1er janvier 1968.

Et parmi les anciens titulaires de cette fonction de 1889 à son décès : né en Alsace, arrière-petit fils "du rabbin Jacob Meyer qui avait participé au Sanhédrin réuni par Napoléon en tant que grand rabbin du Bas-Rhin", Zadoc Kahn (1889-1905) a lutté "inlassablement contre l'antisémitisme, [était] favorable à la colonisation de la Palestine organisée par Edmond de Rothschild, [et] joua un rôle important pendant l'Affaire Dreyfus". Sous sa direction, a été traduite et publiée de 1899 à 1906, de l'hébreu au français, la Bible (La Bible du Rabbinat).

En octobre 2012, Gilles Bernheim, alors grand rabbin de France (2009-2013), s'est opposé publiquement au mariage homosexuel lors d'une audition au Sénat et dans son livre "Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : ce que l’on oublie souvent de dire" (25 pages) loué et cité par le pape Benoît XVI (discours annuel à la Curie romaine, 21 décembre 2012). Il explique : « Ce qui pose problème dans la loi envisagée, c’est le préjudice qu’elle causerait à l’ensemble de notre société au seul profit d’une infime minorité, une fois que l’on aurait brouillé de façon irréversible trois choses :
- les généalogies en substituant la parentalité à la paternité et à la maternité,
- le statut de l’enfant, passant de sujet à celui d’un objet auquel chacun aurait droit,
- les identités où la sexuation comme donnée naturelle serait dans l’obligation de s’effacer devant l’orientation exprimée par chacun, au nom d’une lutte contre les inégalités, pervertie en éradication des différences. »

Une position qui a suscité l'ire du gouvernement dont la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a porté le projet de loi sous la Présidence du socialiste François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault éclaboussé par le scandale Cahuzac (décembre 2012-mars 2013). Le 11 avril 2013, alors que le scandale Cahuzac éclaboussait ces autorités, le GRF Gilles Bernheim avait annoncé sa "mise en congé avec effet immédiat" après la révélation de plagiats et de la non-détention de l'agrégation dont il se prévalait, et après que le ministre de l'Intérieur, alors Manuel Valls, l'invitait à "réfléchir" à son avenir". Un événement révélateur.

La représentativité du grand rabbin de France a décru en raison de la part accrue des unions mixtes, de l'assimilation, de l'exil de Français juifs, de l'essor du mouvement Chabad ou Loubavitch, et d'associations du judaïsme Massorti ou libéral - Judaïsme En Mouvement (JEM) créé en 2019 par le rapprochement entre le "Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) et l’Union Libérale Israélite de France (ULIF) après une séparation de plus de 40 ans", et dont la figure médiatisée est la femme rabbin Delphine Horvilleur, située politiquement à gauche. 

Témoigne de cet affaiblissement du Consistoire cet exemple : en 1947, le grand rabbin Jacob Kaplan débutait son enseignement au prestigieux Sciences Po (Institut d'Etudes Politiques de Paris, Nda), et avait notamment pour élève Jacques Chirac. Lancé en 2016 par l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, « Emouna, l’Amphi des Religions », qui forme les responsables "des grandes religions présentes en France, juive, catholique, protestante, orthodoxe, musulmane et bouddhiste", bénéfice d'un collège de fondateurs : si chaque culte dispose d'un représentant, le judaïsme est représenté par "Pauline Bebe, rabbin de la Communauté juive libérale, Île-de-France, et Moché Lewin, rabbin, conseiller spécial du Grand Rabbin de France, directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens".

Autre exemple : l'Institut des Hautes Études du Monde Religieux (IHERM) qui "propose une formation unique en France réunissant conférences, visites d'étude et travaux en comités, qui permet de comprendre le fait religieux via les bases théoriques, dans son épaisseur historique mais aussi sur le terrain. Elle est étudiée pour être compatible avec [l']activité professionnelle, et s’adresse aux décisionnaires dans les secteurs publics et privés". Le GRF Haïm Korsia est membre de son Conseil de surveillance, et Yann Boissière, rabbin de JEM, est le secrétaire général de son Conseil d'administration

Le rabbin Haïm Korsia a été formé au Séminaire israélite de France (SIF), sans complément de formation dans une yeshiva en Israël. Il cite rarement des rabbins autres que le grand rabbin Emmanuel Chouchena, "son maître et son modèle".

Alors que ses prédécesseurs pédagogues, les grands rabbins de France Joseph Haïm Sitruk (1944-2016), professeur aussi au Séminaire israélite de France durant ses mandats (1987-2009), et Gilles Bernheim, donnaient des cours, très appréciés, à la prstigieuse grande synagogue des Victoires (Paris), le grand rabbin de France Haïm Korsia s'en est différencié par l'absence de telles conférences.
« Il faut donner une place à la vérité de chacun. Chacun pense avoir la vérité, chacun accepte sa vérité, et la vérité de chacun ne peut exister que si elle se confronte à celle des autres... La parole crée le débat, un débat nécessaire pour défendre l'idée de diversité ». (La nouvelle république, 21 juin 2017) Le GRF Haïm Korsia exprime souvent ces idées qui semblent signifier l'absence de Vérité, que toutes les vérités doivent être respectées, coexister dans l'affrontement, se valent. Jusqu'où ? Est-il possible au judaïsme de reconnaître Jésus comme un messie ou Mahomet comme un prophète ? Non. 

Membre du Comité consultatif national d’éthique (2005-2009), Officier de la Légion d'honneur (2015), Prix Scopus de l'université hébraïque de Jérusalem (2016), Officier de l'ordre national du Mérite (2012) promu Commandeur (2021), Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2020), membre de l’Académie des sciences morales et politiques (2014)... Haïm Korsia est le grand rabbin de France (GRF), ancien aumônier en chef du culte israélite des armées, ancien membre du Comité consultatif national d'éthique, aumônier de l'École polytechnique, administrateur du Souvenir français... 

"Monsieur le rabbin"
Certains ont découvert le rabbin Haïm Korsia en 1999 lors de la diffusion télévisée du documentaire intéressant "Monsieur le rabbin" de Christophe de Ponfilly.

"Rabbin de la ville de Reims depuis 11 années, Haïm Korsia, 35 ans, partage son temps entre cette communauté dont il a la responsabilité et de nombreux domaines où il est investi. Ainsi est-il aussi rabbin des aéroports de Paris, aumônier militaire dans l'armée de l'air et l'armée de terre, chargé de mission auprès du grand rabbin de France, Joseph Sitruk, sans oublier une régulière activité de conférencier bénévole qui l'amène à parler du judaïsme dans des milieux divers. Ce jeune rabbin n'économise ni ses forces, ni son temps pour établir des liens entre les hommes qu'il croise, ceux vers qui il va et ceux qui viennent à lui. Christophe de Ponfilly s'attache à rendre compte de ses combats quotidiens."

Dieudonné
En 2004, le rabbin Haïm Korsia avait indiqué sa volonté de se rendre avec le comédien Dieudonné, poursuivi pour propos antisémites et relaxé par des magistrats, au camp nazi d'Auschwitz (Pologne) : « Il est l'un des rares à pouvoir parler à ces jeunes désocialisés qui insultent des juifs. Bien malgré lui, il est devenu l'icône de ceux qui veulent s'opposer aux juifs. Je suis certain qu'il peut avoir un impact positif sur ces jeunes qui peuvent avoir un rejet du judaïsme ». "Bien malgré lui" ?

Le grand-rabbin Joseph Sitruk a exprimé publiquement son opposition à ce projet que le rabbin Haïm Korsia a abandonné. Quand je l'avais interrogé alors pour l'agence de presse Guysen International News, il demeurait convaincu de la justesse de son initiative.

« A corps et à Toi » 
Dans A corps et à toi publié en 2006 aux éditions Actes Sud, le rabbin Haïm Korsia évoque la vision du judaïsme sur la sexualité. Il traite ce sujet sensible en termes simples et sur un ton juste. 
Citations de la Genèse, de la Torah et du Talmud à l’appui, le rabbin Haïm Korsia, alors aumônier général de l’armée de l’Air,  présente, explique et commente la vision de la sexualité par le judaïsme, qui exclut la pudibonderie et associe amour, sexualité et plaisir imprégnés de spiritualité.

« Consubstantiel à la vie, le désir est un don divin ». Cependant, la pulsion de désir doit être canalisée pour l’empêcher de détruire l’être humain car elle veut « dominer, posséder tout et tout le monde ».

La « sexualité contribue à l’équilibre humain ». Le rabbin Haïm Korsia souligne le rôle de la spiritualité dans la sexualité, pour la transcender et permettre au couple et à la société de perdurer. De même, le plaisir doit s’associer à une « finalité altruiste, même théorique ».

Guidé par un souci de clarté, l’auteur trouve un ton juste, évitant les écueils de la fausse pudeur, de l’hypocrisie et de la grivoiserie.

Refusant la démagogie ou le laxisme, il prône une pulsion sexuelle, pulsion de vie, ni affaiblie, ni brimée, ni débridée, mais instillée et encadrée par le spirituel qui lui confère un signifiant bénéfique.

"Les enfants d'Abraham"
En 2011, Les Presses de la Renaissance ont publié "Les enfants d'Abraham. U
n chrétien, un juif et un musulman dialoguent" du père Alain Maillard de la Morandais, le grand rabbin Haïm Korsia, et Malek Chebel, anthropologue. 

Les auteurs "échangent sur 12 questions essentielles en prise directe avec la réalité d'aujourd'hui. Ils démontrent ainsi que le dialogue entre juifs, chrétiens et musulmans, les « enfants d'Abraham », est plus que jamais nécessaire et surtout possible. Dans la continuité de leur émission « Les Enfants d'Abraham » diffusée sur Direct 8, ils échangent, avec la franchise, le respect et l'humour qui les caractérisent, sur douze questions essentielles mêlant société et religion, dont :
• Juifs, chrétien et musulmans croient-ils au même Dieu ?
• Est-il raisonnable de ne pas croire en Dieu ?
• Les religions n'ont-elles pas toujours justifié la violence tout en prêchant la paix ?
• Quelle doit être la place des religions dans un État laïc ?
• Liberté individuelle et volonté divine sont-elles compatibles ?
• Quelle place la religion accorde-t-elle à la sexualité ?
• Dieu et l'argent font-ils bon ménage ?
• Qu'est-ce qui nous attend après la mort ?"

D'emblée, le titre du livre procède à un amalgame erroné : Abraham est le premier patriarche du peuple Juif, et Ibrahim un prophète de l'islam. De plus, chronologiquement, le judaïsme précède le christianisme.

Chaque chapitre du livre est composé de la réponse détaillée, d'intérêt variable, de chacun des trois auteurs à ces question, puis d'un trilogue, en fait souvent un dialogue entre le rabbin et le prêtre car ils ont la Bible hébraïque en commun. 

Ainsi, promoteur du mythe al-Andalus (p. 75), Malek Chebel, évoquant le djihad dans "l'islam-religion-de-paix" (p. 114), peine à comprendre le concept de "guerre juste" défendu par ses deux interlocuteurs (p. 91-96). Le rabbin Haïm Korsia avance alors (p. 92) : "Dans l'Histoire, il y a des moments où la guerre s'impose. La situation actuelle des chrétiens d'Orient rendrait légitime, par exemple, une décision d'intervention de l'Occident, même légère, pour faire cesser les massacres". Massacrés par qui ? Et si cette "légère" guerre est gagnée, que faire après ?

Evoquant Jérusalem, Alain de La Morandais et Malek Chebel expriment la propagande anti-israélienne (pp. 124-135) : "colonisation juive", "on dépossédait toute une partie des Palestiniens de leurs lopins de terre au sein même de Jérusalem"... Ebranlé par les arguments du rabbin Haïm Korsia, le père Alain de La Morandais, docteur en histoire et en théologie, concède : "Je suis peu informé, je n'en sais que ce que je lis et entends dans les média". Mais Malek Chebel persiste. 

Que, sur l'histoire d'Israël, le rabbin Haïm Korsia renvoie, par deux notes de bas de pages (pp. 129-130), à Wikipedia et au site www.nuitdorient.com révèle des carences informatives des sites Internet de l'ambassade d'Israël et d'organisations juives françaises.

Quant aux chiffres prétendument "arabes" selon le rabbin Haïm Korsia, ils sont indiens (p. 99).

"Je n'accepte pas que l'on me présente une vision angélique de l'islam, mais de la même manière, je refuse absolument d'entendre parler d'un islam terroriste", affirme le rabbin Haïm Korsia (p. 106). Or, ISIS (Islamic State of Iraq and Sham) ou Daech est dénommé Etat islamique, non islamiste. Et, Ferhat Mehenni, chanteur et écrivain algérien, fondateur et premier président du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie, a affirmé : « L’islam c’est l’islamisme au repos et l’islamisme, c’est l’islam en mouvement. C’est une seule et même affaire ».

Ce dialogue interreligieux s'avère fondé sur des non-dits. Exemples : nul n'indique que l'islam fustige la "falsification des écritures" juives et chrétiennes - "falsification du message divin" - ou que l'islam, qui se considère comme l'ultime révélation, se présente comme remplaçant, "clôturant" selon 
Malek Chebel, judaïsme et christianisme (pp. 102-103). Quid des tribus juives vivant dans la péninsule arabique au VIIe siècle ? La dhimmitude est très succinctement évoquée, et plutôt édulcorée.

OSE
Ancien directeur général de l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) de 2004 à 2013, Roger Fajnzylberg a été ensuite délégué général de la Fondation OSE MES (Mémoire Enfance Solidarité) jusqu'en juin 2014. 

« Roger Fajnzylberg est issu d’une longue tradition du judaïsme ashkénaze. Ses racines religieuses sont profondément enfouies », a dit le rabbin Haïm Korsia  sur Roger Fajnzylberg qui n’a « reçu aucune éducation religieuse ». (Actualité juive, 13 décembre 2007)

Le  2 mai 2014, Haïm Korsia, alors candidat à la fonction de Grand rabbin de France, a reçu sur Facebook le soutien de Roger Fajnzylbergsignataire en 1996 d'un appel contre « la judaïsation de Jérusalem-Est » publié dans Le Monde (7 novembre 1996). Or, Jérusalem, capitale éternelle et indivisible de l'Etat d’Israël, est au cœur du judaïsme.

Haïm Korsia est membre du conseil d'administration de l'OSE (Œuvre de Secours aux enfants). Ce qui suscite des interrogations : Cette appartenance risquerait-elle peut-être d'être perçue comme privilégiant une association juive française ?  Serait-il justifié de la conserver alors que l'OSE a reproduit des photographies et un texte sans autorisation de leur auteur, sans le payer et sans le créditer ? Certes, la justice française ne l'a pas condamnée, et l'OSE n'est pas la seule association juive française à avoir agi ainsi. Mais ces actes sont-ils conformes à la halakhah (loi juive), au droit de la propriété littéraire et intellectuelle ou/et à la morale ? Conviendrait-il peut-être que le grand rabbin de France rappellât à ces organisations le respect de ce droit ?

Election de 2014
Le rabbin Haïm Korsia était l'un des dix candidats à la fonction de grand rabbin de France. Il a été élu le 22 juin 2014 (233 électeurs lui avaient accordé leurs suffrages). 

Le 2 juillet 2014,
Mediapart a publié l'article "Le nouveau grand rabbin de France est lui aussi adepte du « copier-coller ». Dans deux de ses livres, le rabbin Haïm Korsia aurait "recopié des passages entiers d’autres ouvrages, sans les citer. L’affaire pourrait faire du bruit au sein de la communauté juive, encore secouée par la démission en avril 2013 de Gilles Bernheim, précédent grand rabbin qui avait tenté de camoufler ses propres « emprunts » et revendiqué à tort une agrégation de philosophie. Des termes comme « emprunts », « paraphrase », « copier-coller », voire « plagiat », circulent depuis quelques jours à propos de deux livres" du grand rabbin de France.

Et Mediapart a poursuivi : "Les premières accusations publiques contre Haïm Korsia ont été portées par un blog anonyme intitulé « Ligue juive contemplative ». Ses auteurs ont interpellé Haïm Korsia à plusieurs reprises avant et après l’élection, puis ont dépublié leurs billets. Selon nos informations, ils ont aussi alerté par e-mail le Consistoire avant l’élection. Ces mises en cause ont été prises au sérieux par les dirigeants du judaïsme français, mais elles ont été rapidement désamorcées par le candidat Korsia, qui a apporté des réponses jugées rassurantes."

Voyages
Le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui parle le créole martiniquais, a effectué, avec son épouse, une "visite pastorale en Martinique du 24 au 26 décembre 2014". 

"Cela faisait 25 ans qu’un Grand Rabbin de France ne s’était pas rendu en Guadeloupe. Le Grand Rabbin Korsia était en visite dans l’île du 26 au 30 décembre dernier. Il a notamment passé chabbat au sein de la communauté guadeloupéenne en présence d’une centaine de personnes. Nous avons vécu ces quelques jours dans l’union et la fraternité et l’ensemble de la communauté juive de la Guadeloupe remercie donc le Grand Rabbin et son épouse pour tous ces moments partagés avec simplicité, pour leur proximité avec chacun, mais aussi et surtout pour avoir renforcé l’unité de notre belle communauté entre les générations." (Dan Amar, Secrétaire-général de la Communauté de Guadeloupe)

"Né en 2012 du désir de proposer des séjours cacher d’exception, alliant charme, élégance et un esprit décontracté", Pearl club proposait pour Pessah 2015 (Pâque juive)  un séjour au Grande Real Villa Italia Hotel ***** de Cascais (Portugal) du 3 au 12 avril 2015. Une "ancienne résidence du roi Umberto II d’Italie lors de son exil entre les années 50 et 80". Un palace dont l'"exposition offre une vue imprenable sur l’océan Atlantique, et sur les collines et châteaux de Sintra. Les salles de bain sont pourvues de marbre italien et de mosaïques vénitiennes."

Pearl club a "limité le nombre de personne à 160 sur la globalité du séjour en raison de la présence exceptionnelle du Grand Rabbin de France, Monsieur le Grand Rabbin Haim Korsia". Etaient proposés : une gastronomie et une "pension casher complète" avec de nombreuses "activités quotidiennes, des "offices", des "cours de Zumba", des "activités sportives", "fitness-programme de remise en forme", "excursion à Lisbonne et Sintra / Visite du quartier juif de Lisbonne", "soirées Barbecue / Soirée Jazz", et... des "conférences du grand rabbin de France Haïm Korsia". Prix : "Deluxe Room à partir de 2 080 € par adulte", de 650 € à 1 180 € par enfant selon l'âge. 

Sur Facebook, Laurie Cohen a posté le 7 avril 2015 la photographie d'un "déjeuner officiel avec le Grand Rabbin de France Haim Korsia et les dirigeants de la communauté juive de Lisbonne — à Grande Real Villa Itália."

"Migrants"
Le 6 septembre 2015, 
à la grande synagogue de la rue des Victoires (Paris), lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation et en présence de membres du gouvernement, d'élus, de diplomates et de dirigeants communautaires, le grand rabbin de France Haïm Korsia a déclaré :
« Aujourd’hui, il nous faut agir ! Agir pour lutter, dans un front uni, contre le terrorisme et tous ceux qui instrumentalisent et dévoient la religion pour tuer au nom de Dieu, d’où qu’ils viennent et quels qu’ils soient. Agir, pour ne laisser personne au bord du chemin de la vie. Quel engagement pouvons-nous prendre pour les minorités persécutées d’Orient ? Quelles actions en faveur des migrants, ces réfugiés qui affluent depuis des mois dans des conditions insupportables vers les terres européennes, fuyant la guerre, la pauvreté, la souffrance indicible ? La France, terre d’asile et d’accueil, la France, berceau des droits de l’homme, ne peut fermer les yeux sur ces femmes et ces hommes qui échouent aux portes de nos frontières, avec pour seul espoir, celui de vivre. La France, qui rayonne dans le monde entier de par ses valeurs d’humanisme, d’universalité et de partage, ne peut se taire face à l’épreuve de ses frères humains. N'oublions pas le terrible verdict de Chantecler dans le Roman de Renart : « Maudits soient les yeux qui se ferment quand ils doivent rester ouverts ». J’appelle de mes vœux un sursaut civique et humain, des gestes forts de notre pays et de l’Union européenne pour que des solutions soient trouvées au plus vite. Ce verset biblique vaut pour chacun : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même, car tu as été étranger en terre d’Egypte » (Lévitique XIX, 34). C'est ce dont nous parlerons prochainement avec les dirigeants des grandes organisations de la communauté juive, afin de retrouver la force si simple et si parfaite du message du cardinal Saliège de Toulouse en 1942 : « Les Juifs sont des hommes, les juives sont des femmes ». Oui, ce message s’applique à tous. Nous devons être les Saliège et les Théas, les Trocmé et les Boegner de notre temps et dire, en mémoire de nos disparus et en fidélité avec nos valeurs : « Les migrants sont nos frères en humanité  ».
Il convient de procéder à des définitions juridiques liminaires. Un "migrant" est un immigré illégal aux motivations généralement économiques ou financières. Un demandeur d'asile est un étranger ayant sollicité le statut de réfugié 
défini par la Convention de Genève (1951) et s'appliquant à une personne "craignant avec raison d'être persécutée en raison" notamment "de sa race, de sa religion, ... de ses opinions politiques". Un réfugié est un étranger ayant obtenu ce statut reconnu par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

Notons que le grand rabbin de France Haïm Korsia ne qualifie pas le terrorisme d'islamique. Or, c'est un djihad mondial qui nous menace. Quelles autres religions que l'islam tueraient "au nom de Dieu" en Europe ? 

De plus, il me semble quelque peu contradictoire que le grand rabbin de France Haïm Korsia nie tout antisémitisme d'Etat en ce début de XXIe siècle tout en invoquant les mânes de Justes parmi les nations, ceux qui ont sauvé des Juifs victimes de l'antisémitisme de l'Etat français, ou régime de Vichy, et de celui de l'occupant nazi.

Ce parallèle infondé avec la Shoah – « migrants » assimilés à tort aux Juifs, notamment à ceux persécutés sous l'Occupation nazie – est exprimé par Emmanuel Macron, alors ministre français de l’Economie, et par Sir Erich Reich, président de l’Association of Jewish Refugees’ Kindertransport group, dans sa lettre au Premier ministre britannique, alors David Cameron.

"Lors de la guerre en Bosnie, pour les Américains, les réfugiés musulmans étaient l’équivalent des réfugiés juifs de la Seconde Guerre mondiale, alors que personne à cette époque ne parlait des massacres de Serbes. Aujourd’hui, lorsqu’on évoque les migrants, on fait souvent référence à la Shoah", a déploré Bat Ye'or interviewée par 
Valérie Toranian (« Le djihad contre les juifs est aussi une guerre contre l’Europe », La Revue des deux mondes, décembre 2018-janvier 2019).

Des parallèles jugés par beaucoup de personnes comme infondés. 

"Les réfugiés syriens qui affluent en Europe ne fuient pas une mort imminente. Ils quittent des camps de réfugiés en Jordanie, au Liban et en Turquie qui, sans être idéaux, ne sont pas Auschwitz", a rappelé James Kirchick, un visiting fellow à la Brookings Institution, dans son article "The Bad-Faith Analogy Between Syrian Refugees and Jews Fleeing Nazi Germany" (L'analogie de mauvaise foi entre les réfugiés syriens et les Juifs fuyant l'Allemagne nazie) publié par Tablet magazine (4 décembre 2015). Et de soulever la question de l'assimilation des "migrants" ainsi que la posture morale consistant à qualifier d'indifférents les opposants à l'accueil de "migrants". 

La plupart des "migrants", notamment ceux venant du Maroc, ne fuyaient aucune guerre. Par ailleurs, les Juifs fuyant le nazisme dans les années 1930 ne disposaient d'aucun Etat Juif et se heurtaient à l'indifférence, voire à l'antisémitisme, alors qu'une vingtaine d'Etats arabes ou/et musulmans, proches de la Syrie, auraient pu/du accueillir ces "migrants" qui partageaient leur culture, leur langue, leur religion. 

D’autres dirigeants communautaires, tels Eric de Rothschild ou Roger Cukierman, alors présidents respectifs de la Fondation Casip-Cojasor et du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), ont dressé un parallèle avec l’arrivée de Juifs ashkénazes en France, ou l’« exode oublié » des Juifs d’Afrique du Nord.

Or, les Juifs ont été contraints de quitter des pays Arabes ou/et musulmans après moultes persécutions étatiques en raison de leur judéité : spoliations, pogroms, enlèvements, viols, etc. Et l'ONU n'a pas manifesté de sollicitude envers eux. Des Syriens musulmans arrivés aux Etats-Unis ou en Allemagne ont amené avec eux leur haine des Juifs.

Le 7 septembre 2015, je postais sur Facebook, cette annonce de mon interview de Bat Ye'or sur Eurabia :
"Tablant sur une opinion publique réagissant sur le registre de l'émotion et peu/mal informée, des pays d'Europe occidentale - France, Allemagne - ont accepté l'entrée sur leur territoire de dizaines de milliers de "migrants" essentiellement musulmans - combien de terroristes parmi eux ? combien de "migrants" acceptés par des pays moyen-orientaux ? -. En outre, l'Union européenne songe à imposer des quotas de "migrants" à ses Etats-membres, et elle considère urgent, légal, l'étiquetage des produits fabriqués en Judée et en Samarie, et non le combat contre l'Etat islamique. Bat Ye’or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme « dhimmitude » pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (dhimmis) dans les pays islamiques ou « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à fondre l’Europe dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée en janvier 2008."

Et le 27 septembre 2015, je publiais mon interview de Bat Ye'or sur les "migrants".

A l'initiative du Grand Rabbin de France, "guidées par la notion de Tikkoun Olam ("réparation des brisures du monde")  issue de la philosophie juive et conscientes qu'un combat moral se joue aujourd'hui dans une société parfois trop marquée par l'individualisme", les principales organisations juives françaises - AIU, B'nai B'rith de France, EEIF, CASIP-COJASOR, Consistoire, FSJU (Fonds social Juif unifié), OSE, UEJF, EUJS - se sont mobilisées en faveur des "réfugiés accueillis en France". "Très sensibles à l’engagement du gouvernement et des autorités publiques - fidèles en cela à la tradition et aux valeurs d’asile et d’hospitalité de la France - d’accueillir 24 000 personnes sur le territoire français, ces organisations, particulièrement ébranlées par la détresse et la souffrance des réfugiés, s’associent à l’élan de solidarité de la société civile".

Le 9 septembre 2015, le Conseil des dirigeants Juifs et musulmans (Muslim-Jewish Leadership Council, MJLC) 
a été créé par la Conférence des rabbins européens (CER), qui réunit environ 700 rabbins orthodoxes, le Secours islamique mondial, et le Conseil islamique pour la République fédérale d'Allemagne. Sa réunion de lancement a été accueillie par la problématique Kaiciid, organisation intergouvernementale fondée par l’Arabie saoudite, l’Espagne et l’Autriche. Soutenu par Haïm Korsia, grand rabbin de France, et Moshé Lewin, directeur exécutif de la CER, le MJLC a annoncé qu’il « mobilisera ses ressources dans ses réseaux pour soutenir les réfugiés en Europe ». Il « a exhorté les décideurs politiques européens à entreprendre tous les efforts pour assurer la sécurité aux réfugiés ». Un peu curieux de la part de l’Arabie saoudite.

Cette position d'organisations juives en Europe ou aux Etats-Unis (HIAS ou Hebrew Immigrant Aid Society, Anti-Defamation League ou ADL, American Jewish Committee ou AJC) a suscité l'opposition, voire l'indignation de nombreuses personnes.

Ainsi, Daniel Greenfield, Shillman Journalism Fellow au David Horowitz Freedom Center, a écrit "Opposing Syrian Muslim Refugees Is A Jewish Value" (L'opposition aux réfugiés musulmans syriens est une valeur Juive), un article sous-titré "77% of Syrians supported Hamas" (77% des Syriens ont soutenu le Hamas) et publié par FrontPage Magazine le 2 décembre 2015 :
"Ces dernières semaines ont été marquées par l'exploitation opportuniste et honteuse de la Shoah par les médias en soutien à la migration des musulmans syriens aux États-Unis. Éditoriaux, dessins et infographies clament qu'un groupe violemment antisémite est en quelque sorte comme les Juifs fuyant l'antisémitisme.
Mais le tableau apparaît très différent en Europe, où la vie juive est assiégée par des migrants musulmans.
Abdelhamid Abaaoud, le meneur des derniers attentats terroristes musulmans de Paris, s'était faufilé dans le pays avec les soi-disant réfugiés syriens. Ses cibles avaient inclus des quartiers juifs. La précédente attaque terroriste musulmane contre Charlie Hebdo avait également ciblé un supermarché juif avant le chabbat. Ceci avait été précédé par l'attentat terroriste musulman contre l'école Ozar Hatorah à Toulouse....
L'été dernier [durant l'Opération Bordure protectrice contre le Hamas en 2014, Ndlr], Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, a prévenu : "Ils crient "Mort aux Juifs" et attaquent des synagogues."
Des centaines de Juifs ont été piégés dans la synagogue Don Isaac Abravanel alors qu'à l'extérieur une foule musulmane criait "Hitler avait raison !" et "Juifs, quittez la France !".
Voilà ce que l'immigration musulmane a fait aux Juifs de France... C'est ce qu'elle fera à l'Amérique...
Le chef de la communauté juive de Vienne a demandé un ralentissement de l'arrivée des réfugiés et a prévenu que l'afflux de migrants syriens musulmans en Autriche entraînerait de l'antisémitisme. "Certains de ces soi-disant réfugiés ont grandi en pensant que l'antisémitisme est normal. Ce serait terrible si cela devait arriver en Autriche"...
Le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne a averti que les réfugiés "viennent de cultures où la haine des Juifs et l'intolérance sont des parties intégrantes"...
A Amsterdam, un quartier juif craint les projets d'installation d'un abri pour les réfugiés syriens et irakiens dans son secteur. Le Conseil central juif a déclaré : "Le CJO (Central Jewish Board, Nda) et les organisations juives locales d'Amsterdam et d'Amstelveen sont très préoccupées par la sécurité de la communauté juive après l'hébergement de réfugiés syriens et irakiens"...
Treize pourcent des réfugiés syriens se prononcent en faveur d'ISIS. C'est une minorité, mais cela signifie tout de même que le premier groupe de 10 000 individus qu'Obama veut faire venir en Amérique contiendra 1 300 partisans d'ISIS... Un sondage réalisé en 2007 a montré que 77 % des Syriens soutenaient le Hamas.
S'opposer à l'immigration musulmane en Amérique est une valeur juive. C'est une valeur Juive fondamentale car sans les Juifs, il ne peut pas y avoir de valeurs Juives. Toute personne ou organisation qui invoque les valeurs Juives au nom d'une politique qui nuira aux Juifs incite à un pacte de suicide . Et le suicide est contraire aux valeurs Juives".
L'expression "pacte de suicide" a été utilisée pour la première fois en 1949 par le juge de la Cour suprême Robert Jackson exprimant une opinion dissidente dans l'affaire Terminello contre Chicago. "Le choix n'est pas entre l'ordre et la liberté. C'est entre la liberté avec l'ordre et l'anarchie sans l'un ou l'autre. Le danger existe que, si la Cour ne tempère pas sa logique doctrinaire par un peu de sagesse pratique, elle transforme le Bill of Rights constitutionnel en un pacte de suicide."


Quant à ZOA (Organisation sioniste d'Amérique), elle a publié le communiqué "ZOA Opposes Bringing in ISIS-Infiltrated Syrian Refugees" (8 décembre 2015) alertant, sondage inquiétant, référence aux attentats de novembre 2015 à Paris et aveu d'un ancien dirigeant d'ISIS à l'appui, sur le "grave danger" pour "tous les Américains, notamment ceux juifs", posé par l'arrivée de terroristes de l'Etat islamique infiltrés parmi les "réfugiés" syriens musulmans".

Dans son article "Regarding refugees, suicide pacts not required" (Concernant les réfugiés, les pactes de suicides ne sont pas nécessaires" (New Jersey Jewish News, 27 avril 2016), Jared Silvermanattorney à West Orange (New Jersey) et ancien président du Government Affairs Committee des United Jewish Communities (UJC) de MetroWest depuis plus de 20 ans, rappelle : "Quand on commence à jouer la carte de la culpabilité juive, on doit faire attention à la sémantique." Il réfute la pertinence de citer des livres de la Bible - Deutéronome, Lévitique - ou d'évoquer les réfugiés juifs des années 1930 pour tenter de justifier l'accueil de "migrants". D'une part, "nous étions un genre particulier d'étrangers en Égypte. Le Deutéronome 15:15 nous demande de "nous souvenir que nous étions esclaves en Égypte", en utilisant le mot hébreu eved, qui peut signifier esclave, serviteur ou serf". D'autre part, "une large fraction de ces "migrants" aimerait faire du mal à notre société et à notre culture". Comme "toutes les peurs ne sont pas irrationnelles", Jared Silverman conclut : "Les demandes humanitaires doivent être tempérées par la sagesse pragmatique".

"Ces défenseurs de l'immigration ignorent les passages primordiaux de la Torah et du Talmud qui nous interdisent de mettre nos vies en danger et soutiennent des frontières solides -, et ils citent à tort la phrase biblique suivante : "Vous ne ferez pas de tort à un étranger et vous ne l'opprimerez pas, car vous avez été des étrangers en terre d'Égypte" (Exode 22:20)", écrivent Morton A. Klein, président nationale de ZOA, et Elizabeth Berney, directrice des Projets spéciaux de ZOA (AlgemeinerTorah Values and Why We Oppose Resettling Syrian Refugees, 8 février 2016). 

Et ces deux dirigeants de ZOA de rappeler
"Le mot hébreu pour "étranger" dans Exode 22:20 (et dans des passages similaires, comme Lévitique 19:33) est "Ger". Un "Ger" est un converti au judaïsme ("ger tzeddek") ou un étranger résident qui accepte les sept lois noachiques fondamentales interdisant le meurtre, le vol, l'idolâtrie, l'inceste, etc.  ("ger toshav"). Les commentateurs expliquent ainsi que l'Exode 22:20 (et des passages similaires) interdit de se moquer d'un converti, notamment en lui rappelant son passé non-juif. Ces passages ne soutiennent pas l'immigration d'une population hostile infiltrée par ISIS.
Un terroriste potentiel qui pourrait assassiner des citoyens innocents dans son nouveau pays d'accueil n'est ni un converti ni un étranger résident qui a accepté les lois morales fondamentales, et n'est donc pas un "ger".  Il s'agit plutôt d'un ennemi. Bien qu'il soit interdit aux Juifs de se réjouir des malheurs de leurs ennemis, il est interdit d'amener des ennemis dans son pays. Voir Exode 23:33 ("Ils [les ennemis] n'habiteront pas dans ton Pays, de peur qu'ils ne te fassent pécher contre Moi, que tu n'adores leurs dieux, car ce serait un piège pour toi").
Le massacre de San Bernadino est un nouveau rappel déchirant de ce que des migrants insuffisamment contrôlés peuvent faire. Parmi les autres dangers, citons l'infiltration par des formateurs et leurs élèves syriens du Hamas, la capacité d'ISIS à falsifier des passeports et d'autres pièces d'identité, et l'endoctrinement de la population syrienne dès son plus jeune âge à célébrer le martyre, à agir violemment envers les "ennemis", à haïr les Juifs et les Américains, ainsi qu'à soutenir les organisations terroristes (par exemple le Hamas et le Hezbollah) qui appellent au meurtre de tout Juif.
Par conséquent, la loi et les valeurs juives s'opposent en fait à l'immigration syrienne, car l'auto-préservation est l'une des plus hautes valeurs du judaïsme.
La Torah nous ordonne de prévenir les situations et d'éviter les personnes qui mettent nos vies en danger, et d'ériger des barrières pour empêcher la mort et les blessures. Voir Deutéronome 4:9 et 4:15 ("Prends garde à toi" et "Veillez soigneusement sur vos vies.") ; Pirkei Avot 1:7 ("Eloigne-toi d'un voisin malveillant ; ne te lie pas à un rasha [celui qui fait le mal]") ; Deutéronome 22:8 ("Erige une balustrade pour ton toit, ainsi tu ne mettras pas de sang dans ta maison si quelqu'un en tombe.")
En outre, des frontières solides sont une "valeur juive". Moïse a béni le peuple Juif avant sa mort en priant pour des frontières solides "scellées comme du fer et du cuivre" afin de permettre au peuple de vivre "en sécurité" jusqu'à une "vieillesse" en bonne santé." (Deutéronome 33:25, 28). Voir aussi Exode 23:33 ("Ils [les ennemis] n'habiteront pas dans ton pays..."). La Torah dit aussi que Dieu a établi les frontières des nations du monde. Voir Deutéronome 23:8 ("Il [Dieu] fixa les frontières des peuples [du monde] en fonction du nombre des enfants d'Israël").  Ainsi, l'immigration sans entrave - un monde essentiellement sans frontières - n'est pas une "valeur juive."
La véritable "valeur juive" (et le bon sens, bien sûr) est d'empêcher les migrants infiltrés par ISIS d'entrer aux États-Unis - et de simplement aider les réfugiés syriens dans les camps de réfugiés en Jordanie, ou de contribuer à établir d'autres espaces sûrs au Moyen-Orient."
Que de réflexions argumentées pertinentes ! Quelle vie juive intellectuelle dynamique ! Et ce n'est qu'un florilège. 

Pourquoi en France n'y a-t-il pas eu ce débat dans des médias juifs ? Pourquoi cette unanimité institutionnelle française ? 

Ajoutons ces questions : est-ce à des immigrés illégaux, enrichissant des trafiquants, de définir et d'imposer la politique migratoire d'un Etat souverain comme la France ? Et la France parviendra-t-elle à assimiler ces "migrants" alors qu'elle n'a pas assimilé des millions d'immigrés depuis des décennies ? Quand un pouvoir politique, insuffisamment soucieux de l'ordre public, accepte une violation de la loi risquant aussi d'induire le "Grand remplacement" (Renaud Camus), quelle doit être la position de dirigeants d'institutions juives françaises ?

Le 29 août 2019, à l'Assemblée nationale, lors d'une audition devant la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la bioéthique, le GRF Haïm Korsia a révélé l'ampleur de son engagement en faveur des "migrants" : 
"Je me suis battu – cela m’a d’ailleurs coûté ma place au Conseil national d’éthique – pour refuser la prise d’ADN chez les jeunes migrants dans le but d’établir qu’ils étaient bien les enfants de ceux qui prétendaient être leurs parents. J’ai emmené le CCNE sur cette position, ce qui ne plaisait pas au gouvernement de l’époque, parce que j’estimais scandaleux cette confusion entre génétique et filiation. Si l’on adopte un enfant, on n’a n’aucun lien génétique avec lui, et pourtant c’est notre enfant. Alors qu’on aurait exigé d’un étranger un lien génétique pour pouvoir affirmer que c’est son enfant. C’est scandaleux d’avoir une parentalité pour les Français et une parentalité pour les étrangers. C’est inadmissible...
Cela concernait des migrants, et ce n’était pas pour l’octroi de la nationalité mais dans le but de limiter le nombre de personnes qui arrivent en France. C’était un temps très précis de notre histoire récente. Je me suis opposé à cela. J’ai bien à l’esprit qu’il y a une différence, même si je me méfie de cette obsession de vouloir tout déterminer par la génétique."
Le GRF a montré un engagement profond victorieux. On ne peut que regretter qu'il n'ait pas fait preuve d'une implication similaire pour contester des mesures problématiques du projet de loi sur la bioéthique. 

Dans l'intérêt général, afin de demeurer maître de sa politique migratoire, pour éviter l'instrumentalisation d'enfants, un Etat démocratique recourt aux tests ADN.

En novembre 2007, le Conseil constitutionnel avait "validé l’article 13 de la loi sur l’immigration, qui laisse la possibilité, sur la base du volontariat, de procéder à des tests ADN pour vérifier la filiation des étrangers candidats au regroupement familial". « En limitant les tests ADN à l’établissement d’une filiation avec la mère », le législateur a pris en compte « le droit à une vie familiale normale, le respect de la vie privée de l’enfant et du père et la sauvegarde de l’ordre public» a expliqué le Conseil... La filiation de l’enfant étranger reste soumise à la loi du pays de la mère. La preuve de sa filiation - adoption ou autre - se fait selon les modalités reconnues dans ce pays maternel. La loi ne « crée donc pas un droit spécial pour les étrangers », et « respecte le principe de l’égalité », explique le Conseil. Les Sages précisent aussi que l’existence des tests ADN « ne dispense pas les autorités diplomatiques ou consulaires de vérifier au cas par cas les actes d’état-civil ». Le Conseil veut ainsi interdire « une application systématique du recours aux tests ADN ». Pour des raisons de "délai et de logistique", face à l'opposition de gauche, Eric Besson, alors ministre de l'Immigration sous la Présidence de Nicolas Sarkozy, a annoncé en septembre 2009, qu'il ne signera "pas le décret d'application instaurant des tests pour les candidats au regroupement familial". 

Dans la cadre du regroupement familial, les Etats-Unis ont recouru aux tests ADN. En 2019, ils ont déployé un programme de test « ADN Rapide » "sur plusieurs sites le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, franchie chaque mois par des dizaines de milliers d'immigrés clandestins venus pour la grande majorité d'Amérique centrale. Beaucoup de demandeurs d'asile se déplacent en famille. Mais, selon des responsables américains, des adultes se servent d'enfants avec lesquels ils n'ont aucun lien de parenté comme sésame pour pénétrer aux Etats-Unis et y rester. « Nous savons que ce sont des cellules familiales frauduleuses», a affirmé l'une de ces sources. Près de 190.000 personnes sont entrées aux Etats-Unis dans le cadre de cellules familiales ne disposant pas de documents légaux d'immigration entre octobre et mars, selon les statistiques de la police des frontières. Sur ce total, par le biais d'interrogatoires et d'autres techniques d'enquête, les autorités de la Sécurité intérieure ont déterminé que plus d'un millier de ces « familles » n'en étaient pas réellement. Les nouvelles analyses ADN vont se concentrer sur l'identification des liens parents-enfants, sans s'intéresser à d'autres relations familiales comme oncle-neveu par exemple." 

Terrorisme islamique
Le grand rabbin de France Haïm Korsia débute ainsi son éditorial publié par l'Annuaire du Consistoire Central 5776 (2015/2016) :
"L'année qui s'achève fut difficile, pour la communauté juive comme pour la communauté nationale. 
Frappée au cœur, meurtrie dans ses chairs après les morts tragiques de Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Wolinski, Clarissa Jean-Philippe, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada, la société jusqu'ici muette a enfin décidé de sortir de son silence complice, de crier sa colère et de dénoncer haut et fort ces actes abjects. 
Le 11 janvier dernier, dans un formidable élan de solidarité, les Français ont fait l Histoire en rappelant leur attachement aux valeurs qui ont fait la France : « liberté, égalité, fraternité ». Certes, tout le monde n a pas été Charlie ; tout le monde n'a pas crié « Je suis juif », mais l'élan était présent. Et l'Etat, le gouvernement, les forces de l'ordre étaient au rendez-vous".
L'auteur de ces lignes omet d'indiquer que ces victimes ont été assassinées lors d'attentats terroristes islamistes, dont l'un était antisémite.

Situé en Asie centrale, quasi-Judenrein, l'Afghanistan est devenu en août 2021, après le retrait effectué d'une manière catastrophique, en termes stratégiques, militaires et d'image, sous la Présidence Biden, un Etat musulman terroriste dirigé par les Talibans, et abritant des mouvements djihadistes. Des milliers d'Afghans cherchent à fuir leur pays.

Le 16 août 2021, le Président de la République Emmanuel Macron a déclaré lors d'une allocution sur la situation en Afghanistan :
"Ensuite, la déstabilisation de l’Afghanistan risque également d’entraîner des flux migratoires irréguliers vers l’Europe. La France, comme je l’ai dit, fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés. Nous prendrons toute notre part dans le cadre d’un effort international organisé et juste. Mais l’Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent, et nourriraient les trafics de toute nature. 
Nous porterons donc, en lien avec la République Fédérale d’Allemagne, et je me suis entretenu il y a quelques instants à ce sujet avec la Chancelière Merkel, et avec d’autres états européens, une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie qui passera par la lutte contre les flux irréguliers, la solidarité dans l’effort, l’harmonisation des critères de protection, et la mise en place de coopérations avec les pays de transit et d’accueil comme le Pakistan, la Turquie ou l’Iran."
Interviewé par Actualité juive hebdo (n° 1611 du 2 septembre 2021), le GRF Haïm Korsia a indiqué :
"Dans son histoire, la France a eu un traumatisme avec les Harkis après la guerre d'Algérie. On a mal traité les gens qui nous avaient aidés. 
Beaucoup d'entre eux ont été massacrés par le pouvoir algérien tandis que ceux qui sont venus en France ont été délaissés. 
Certains s'en sont sortis. Je pense notamment à l'un de mes plus proches, Michel Hadj, colonel de l'Armée française, fils de Harki qui fait l'honneur de l'armée française. 
Ainsi a-t-on voulu s'éviter cette faute morale qui est de ne pas prendre avec nous ceux qui nous ont aidés. J'espère que les services font leur travail pour déterminer clairement qui peut rentrer et qui ne peut pas rentrer en France.
La Bible nous dit : "Tu accueilleras l'étranger car tu as été étranger en terre de l'Egypte". L'acte premier est donc celui d'accueillir. Accueillir en demandant d'accepter les règles. Et quand l'accueil n'est plus possible, le dire également".
Le 5 septembre 2021, à la Synagogue de la Victoire (Paris), lors de la cérémonie à la mémoire des déportés et des victimes de la Shoah, le GRF Haïm Korsia n'a pas évoqué les Afghans.

Un double revirement par rapport à sa position en 2015. 

Débat communautaire
Le 3 juin 2016, Haïm Sitruk, (1987-2008)ancien grand rabbin de France, a déploré l'homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire matinale sur Radio J. Une polémique s'en est suivie, mêlant postures "politiquement correctes", hypocrisie,  crainte de s'aliéner un lobby particulièrement actif dans les milieux politiques et médiatiques, électoralisme - "vote homosexuel" dans certains arrondissements parisiens -, réactions liberticides, propos comminatoires, ignorance du judaïsme, silence rabbinique, mépris pour l'altérité, la norme et l'autorité spirituelle ou morale, clientélisme, etc. 

Le 8 juin 2016, interrogé par Laetitia Enriquez pour Actualité juive hebdo, le grand rabbin de France Haïm Korsia a dit « comprendre que les propos du grand rabbin Sitruk aient pu choquer, plus particulièrement dans le contexte de l’horrible assassinat perpétré l’an dernier dans un même défilé qui se déroulait à Jérusalem... Mais je connais bien le grand rabbin Sitruk, et je peux vous assurer que ses propos ont largement dépassé sa pensée, et qu’ils ne correspondent pas à ce que le grand rabbin Sitruk a construit d’humanité tout au long de sa carrière ».

Et de poursuivre : « Il faut être autant rigoureux avec soi-même qu’il faut être généreux et bienveillant envers les autres. C’est là la grandeur du judaïsme et c’est ce que le grand rabbin Sitruk m’a lui-même appris tout au long de ces années que j’ai passées à ses côtés. Si le mot abomination est bien la traduction du mot qu’emploie la Torah au sujet de l’homosexualité, pour autant, la Torah ne parle pas de condamnation humaine. Chacun doit au contraire accueillir l’autre dans le respect de son intimité et, de façon plus générale, en œuvrant en faveur de la lutte contre les discriminations, y compris contre l'homophobie. Or, en matière de lutte contre les discriminations, le grand rabbin Sitruk a toujours été à l’avant-garde de tous les combats menés par la société française au cours de ces trente dernières années ». 

Le grand rabbin Korsia "assure en outre que son prédécesseur n'avait pas mesuré le risque d'interprétation d'appel à la violence de ses mots sur d'éventuelles actions radicales de qui que ce soit", car « le grand rabbin Sitruk a toujours affirmé que celui qui commet un crime au nom de l'Éternel, commet un crime contre l'Éternel ».

D'un grand rabbin de France, de l'auteur d'un essai sur le judaïsme et la sexualité, on attendait une réaction d'une autre nature.  Le long silence de Haïm Korsia sur la polémique née des propos du grand rabbin dont il a été le conseiller spécial, intrigue et s'avère éloquent. Une piste explicative peut être trouvée dans un Droit de réponse de Me Alex Buchinger publié par Actualité juive (n° 1394, 9 juin 2016). Cet avocat avait été pris à partie par le rabbin Gabriel Farhi dans cet hebdomadaire (1er juin 2016) dans un texte intitulé Le grand rabbin de France n'est pas libéral. Me Alex Buchinger écrit : "En tant que secrétaire rapporteur de l'ACIP" (Association Consistoriale Israélite de Paris), "je suis l'interlocuteur de ses salariés. Plusieurs rabbins consistoriaux m'avaient fait part de leurs préoccupations du fait de la place prise de plus en plus grande, par les dirigeants du mouvement libéral aux côtés du grand rabbin de France, et ce, au détriment de l'institution consistoriale". Cet avocat affirmait sa conviction que le grand rabbin Korsia n'était pas libéral.

Aucun rabbin, consistorial ou libéral, n'a indiqué, dans un communiqué de presse ou un post, la position du judaïsme sur l'homosexualité afin d'éclairer, d'informer, Juifs et non-Juifs. Aucun n'a fait ce travail indispensable de pédagogie. Ce qui aurait pu aussi mettre un terme à la polémique. 

Le Grand rabbin de France Haïm Korsia a répondu favorablement à l'invitation du Beit Haverim et participa au débat Judaïsme contre toutes les discriminations, le 29 juin 2016, à 18 h 30, au Centre communautaire de Paris. Ce débat a été animé par Eva Soto et Pierre Gandus, journalistes respectivement sur Judaïques FM et Radio Shalom, et Jean-François Strouf, responsable de la communication et des projets au Centre et à l'ECUJE (Espace culturel et université juif d'Europe) et membre d'Avenir du judaïsme.

Organisée par le Centre communautaire de Paris et le Beit Haverim, le 29 juin 2016, cette réunion est ainsi présentée : "Dans la plus récente actualité comme dans les grandes tendances de la société, les questions de discrimination sont hélas à l’ordre du jour. On a parfois du mal à mettre des mots sur des actes. Après l’attentat d’Orlando, il aura fallu attendre plusieurs heures avant que soit prononcée l’expression «  crime homophobe » - quid de l'absence du mot "islamiste" ? -, "aussi longtemps que pour l’expression « attentat antisémite » après l’attaque contre l’HyperCacher. Quel regard le Judaïsme, comme doctrine, et ses dirigeants portent-ils sur ces discriminations ? A l’intérieur même de la Communauté juive, les femmes sont-elles  considérées avec équité par nos institutions ? Les homosexuels sont-ils réellement les bienvenus dans nos synagogues ?  Dans quelle mesure l’orthodoxie juive  dialogue-t-elle avec les autres courants du Judaïsme ? "

Selon le rabbin Farhi, ce débat avec Alain Beit, président de Beit Haverim, sera l'occasion de "réfléchir sur les discriminations, de présenter le regard du judaïsme  sur les discriminations, de faire un tour d'horizon sur la place des femmes, les différents courants - Loubavitch, conservateur, libéral, Masorti - du judaïsme". Une manière de noyer la question de l'homosexualité parmi des thématiques diverses. Le statut des femmes est-il comparable à celui des homosexuels ? Dans aucune synagogue on interroge les fidèles sur leur sexualité, et l'entrée à la synagogue n'est pas subordonnée à l'hétérosexualité.

L'AFP (Agence France Presse) publiait une dépêche intitulée La place des homosexuels dans le judaïsme français en débat. "C'est la première fois qu'un grand rabbin de France en exercice accepte notre invitation, qui sera aussi l'occasion de parler de plusieurs sujets qui fâchent", a expliqué à l'AFP Alain Beit, président de l'association de juifs homosexuels. Le grand rabbinat a tenu à "élargir le propos à d'autres discriminations, comme le sexisme", ainsi qu'aux relations entre le judaïsme incarné par le Consistoire israélite, traditionaliste et orthodoxe, et les courants progressistes (libéral ou massorti), confirme-t-on dans l'entourage du chef religieux de la première communauté juive d'Europe".

L'AFP citait Jean-François Strouf qui considérait la déclaration de l'ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk "en contravention avec la loi: en France, l'homophobie n'est pas une opinion, c'est un délit... Ma lecture, qui est celle de la très grande majorité des Juifs pratiquants, est que ce que dit la Torah n'est jamais au service de la stigmatisation. Si quelqu'un ne veut pas respecter le shabbat, par exemple, personne ne peut le stigmatiser. Cela doit s'appliquer à tous les sujets".

L'AFP évoquait aussi le guet, divorce juif, la "candidature d'une femme à la présidence du Consistoire central qui a été contestée par des dayanim, les juges rabbiniques". Sur l'homosexualité, "sujet pas vraiment abordé par le Consistoire" déplore Alain Beit, "les tabous demeurent. Est-ce que les juifs homosexuels sont des parias? Ou bien sont-ils les bienvenus dans les synagogues, traités sur un pied d'égalité au niveau des rites, avec une possibilité de "monter à la Torah" par exemple?" D'où l'idée d'un premier débat, dont le mouvement homosexuel espère qu'il ne sera "pas un rendez-vous unique".

Le 29 juin 2016 à 18 h 24, la page Facebook de cet événement indiquait : 17 Internautes intéressés dont moi, 15 participants et quatre invités. Parmi les participants : le rabbin Gabriel Farhi, deux journalistes d'Actualité juive hebdo - Sandrine Szwarc et Pierre Regini - et Yaël Hirschhorn, conseillère en Communication du grand rabbin de France. Bigre ! L'événement passionne...

La rare photographie publiée sur Twitter révèle une faible assistance. Lors du débat, aucun post n'a été publié sur cette page Facebook. Sur Twitter, Mikael Zenouda, président d'Act Up-Paris, a twitté quelques citations des orateurs.

Exemples : "Les discriminations contre les femmes ne tuent pas en France et dans le monde occidental, ailleurs oui envers les jeunes filles" (Haïm Korsia) - or, le "4 octobre 2002, Sohane Benziane, 17 ans, était brûlée vive dans une cave de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine" -, "Réprobation collective contre les maris qui ne remettent pas le guet à son ex femme, symbole d'asservissement de la femme" et "Place des femmes : aucune limitat° à l'accès à l'étude, mais pr rabbinat : posit° libérale non partagée par le judaïsme orthodoxe" (Korsia), "Il y a déjà un placard dans une synagogue, n'en rajoutons pas un 2eme" (Beit Haverim). Quoi de neuf ? Rien.

Ultime tweet de Mikael Zenouda à 20 h 54 à la fin du débat : "Rencontre korsia / beit : questions du public, aucune femme n'a eu la parole. @labarbelabarbe se frotterait les mains". Puis, Mikael Zenouda s'est ravisé et a interpellé Haïm Korsia sur ce fait. A 23 h 54, il a interrogé : "Je n'ai tjrs pas compris votre conception différente de l'homophobie, condamnable et d'être contre l'homosexualité, acceptable".

Par ce débat entre personnes partageant peu ou prou les mêmes idées, le grand rabbin Haïm Korsia a poli son image en "rabbin-prônant-l'ouverture-et-la-tolérance" par un discours convenu. Fiasco ?

Curieusement, Actualité juive hebdo (n° 1398, 7 juillet 2016) a publié un article d'une demi-page présentant de manière louangeuse ce débat. " Sans précédent également étaient à la fois la teneur et la fermeté des propos tenus car, avec audace, si ce n'est courage, la plus haute autorité religieuses du judaïsme français a martelé que l'homophobie est d'abord un délit pénalement condamnable et que "L'homophobie n'a absolument pas sa place dans le judaïsme, ni à la synagogue, ni à l'école juive", a écrit Sandrine Szwarc. Cette "plus haute autorité religieuse du judaïsme français" a-t-elle défini l'homophobie ? Où est son courage ? Le Code pénal définit-il l'homophobie ? Cet article illustre l'écart abyssal entre un média communautaire et un regard extérieur critique.

Ce "débat" est révélateur d'un manque ou d'un refus de lucidité de dirigeants communautaires sur l'urgence de défendre les Juifs spoliés sous un "gouvernement des juges", telle la sexagénaire, Eva Tanger, qui affronte aussi des problèmes liés à son divorce religieux (guet), et sur laquelle pèse une menace d'expulsion alors que le fond du dossier est en cours d'examen. Au lieu d'affronter le pouvoir politique, le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui n'a pas aidé le Dr Lionel Krief victime de spoliations et d'antisémitisme, a tenu des propos creux similaires à ceux énoncés lors de sa campagne électorale en 2014 et depuis son élection. Au mieux, aucun intérêt. Au pire : lamentable.

Récit national
Colloque, livres - L'image des Juifs dans l'enseignement scolaires de Barbara Lefebvre et Shmuel Trigano (AIU, éditions du Nadir, 2008) et Les Juifs une tache aveugle dans le récit national sous la direction de Paul Salmona et Claire Soussen (Albin Michel, 2021) - et 
émissions sur France Culture ont souligné la part faible, biaisée - Juifs présentés comme victimes lors de l'affaire Dreyfus et de la Shoah, puis devenus des "bourreaux israéliens brimant les Palestiniens" -, et insuffisante au regard de leur contribution à l'Histoire de France, réservée aux Juifs et au Judaïsme dans les manuels scolaires ou musées français, et plus généralement dans le récit national.

En mars 2021, le B'nai B'rith France, "très préoccupé par la montée de l’antisémitisme en France et par son nouveau visage, l’antisionisme,"  a publié une étude réalisée par sa Commission nationale Israël, présidée par Véronique Hauptschein, et intitulée « Représentations du conflit israélo-arabe dans les manuels d’Histoire de classe Terminale ».  Son président, Philippe Meyer, y déplore "une approche parfois manichéenne, voire partisane des faits". 

Sur le site Internet du Consistoire central Union des communautés juives de France, "l'histoire des communautés juives de France" débute par l’Assemblée des notables (1806) et les décisions doctrinales du Grand Sanhédrin (1807) sous le Premier Empire de Napoléon Ier. Quant au site du Consistoire de Paris Ile-de-France, il ne présente aucun historique sur les Juifs parisiens ou d'Ile-de-France. Pourtant leur histoire y est bimillénaire...
Pire, l'exposition permanente du Musée national de l'histoire de l'immigration à Paris donne l'impression que les Juifs sont une communauté immigrée parmi les autres - sénégalaises, etc. - en France !?

Tout un combat essentiel est à mener pour réhabiliter les Juifs, notamment leur place dans la Nation française dont ils sont une composante essentielle et historique.

Qu'une agression antisémite grave survienne, qu'il s'agisse de lutter contre l'antisémitisme, où vont dirigeants politiques et communautaires français ? Au Mémorial de la Shoah. En ignorant curieusement le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ). 

Election présidentielle de 2017
Le 23 novembre 2016, sur Europe 1, "favori de la primaire de la droite après son très large score du premier tour, François Fillon" a déclaré : « Les intégristes sont en train de prendre en otage la communauté musulmane. Il faut combattre cet intégrisme, comme d’ailleurs dans le passé on a combattu une forme d’intégrisme catholique, comme on a combattu la volonté des juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République française ». Sans préciser la période, ni citer les règles visées. Une déclaration fustigée par le dessinateur Joann Sfar.

"Le grand rabbin de France, qui s’est ensuite entretenu au téléphone avec M. Fillon, a « tenu à réaffirmer l’attachement des Français de confession juive à la France et à ses valeurs et leur souci d’intégration à la société française. Il a également souligné que le communautarisme juif qui a pu exister jadis n’était en rien le fait ni le choix des citoyens de confession juive, mais la conséquence de la non-acceptation par la société française d’alors de leurs semblables », rapporte sa conseillère, Yaël Hirschhorn. 

Et l'ancien Premier ministre (Les Républicains) a posté sur son compte Facebook même jour : "Depuis ce matin, certains essayent d’exploiter une phrase que j’ai prononcée sur Europe 1. Il n’a jamais été dans mon intention de remettre en cause l’attachement de la communauté juive de France à nos valeurs communes et au respect des règles de la République. Cet attachement est ancien et sincère, je le sais. Je déplore donc qu’en cette fin de campagne certains aient osé instrumentaliser mes propos." 

Le 4 février 2017, le candidat Emmanuel Macron (La République En Marche) a dit : "Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse". Et le 21 février 2017, à Londres, il a ajouté : « L'art français, je ne l'ai jamais vu ». No comment du GRF Haïm Korsia.

En Algérie, le candidat Emmanuel Macron a qualifié, dans une interview à la chaîne algérienne Echorouk News diffusée le 14 février 2021, la colonisation de « crime », de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie ». No comment du GRF Haïm Korsia.

Dans une interview au Figaro (20 février 2017), le GRF Haïm Korsia alléguait : « La France s'est construite dans l'Histoire comme une terre d'asile et d'accueil ». Non, la France n'a été un pays d'immigration qu'à partir de 1850. 

Cet entretien est ainsi résumé par le Times of Israël : "Contre le revenu minimum, mais pour le réenchantement de la parole politique garante de dépassement des clivages et des peurs, le Grand Rabbin de France placerait-il ses espoirs dans le candidat Macron ?" 

"Dans ce qui ressemble fortement à une réponse à la proposition d’instaurer un revenu universel du candidat socialiste Benoît Hamon, le Grand Rabbin rappelle que dans la « Bible le travail est une bénédiction (pas] une malédiction, interprétation erronée qui résonne (…) avec ce faux idéal de posséder des biens sans travailler (…). L’enjeu n’est donc pas de distribuer de l’argent pour pouvoir consommer, mais bien de proposer une activité productive qui confère une dignité ». Bref, exit un éventuel vote pour le socialiste Benoît Hamon. Curieusement, le GRF Haïm Korsia n'émettra pas la moindre critique contre les aides financières allouées par les gouvernements Philippe, puis Castex durant leur gestion catastrophique de la pandémie de coronavirus en 2020, notamment aux entreprises pour maintenir l'emploi.  

Le candidat Emmanuel Macron n'a émis aucun communiqué public dans les jours suivant l'assassinat de Sarah HalimiNo comment du GRF Haïm Korsia.

Le 25 avril 2017, le grand rabbin de France Haïm Korsia donnait sa consigne de vote. Au vu des "données du second tour", pour redonner "l'espérance de la fraternité", il faut "absolument voter pour Emmanuel Macron, le choix est simple. Cela n'a rien à voir avec une proximité idéologique avec des personnes; je me dois d'être neutre institutionnellement. Mais, dans ce cas de figure, il ne s'agit pas d'être neutre. Yves Simon chante 'le silence est toujours complice ou trompeur'. Aujourd'hui, s'abstenir c'est être complice ou trompeur", estime-t-il. Pour le grand rabbin de France, lors des législatives, "chacun pourra reprendre son positionnement politique, idéologique". Les élections législatives fonctionnent comme une prime au Président élu : les électeurs lui accordent une majorité parlementaire.

"En même temps"
Durant la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a usé à maintes formules de l'expression "en même temps". "Tic de langage" ?  Pour inviter à la nuance ? Pour surmonter le clivage droite/gauche ? Par habileté ou cynisme politique ? Pour plaire à des cibles différentes ? Pour désarçonner et brouiller les repères des électeurs ? Pour refléter une pensée très intelligente et goûtant le paradoxe ? Selon Michèle Monte, chercheuse en sciences du langage à l’université de Toulon, « l’expression donne l’impression que la synthèse est possible, en refusant de penser le conflit et de l’arbitrer ». 

Dans  "Réinventer les aurores", le GRF Haïm Korsia affirme que le "en même temps" macronien constituerait non pas "à faire vivre deux contraires en même temps", mais à "inventer des solutions d'un bord ou de l'autre, sans exclure une bonne idée, d'où qu'elle vienne", donc "en assumant un choix" (p. 16). Il pense que le "projet de société porté par le président Macron ne trouve pas sa matrice originelle dans le néolibéralisme, mais dans une capacité à additionner les possibles". 

Le Président Emmanuel Macron, s'il a continué à recourir à cette expression paradoxale, a appliqué un programme dit "progressiste" : 
 mesures liberticides - promulgation de la "loi contre la manipulation de l'information" dite « loi infox » ou « loi fake news » (2018) -, vote favorable à Marrakech (Maroc) du Pacte mondial sur les Migrations piloté par l'ONU (décembre 2018), adoption prochaine du projet de loi sur la bioéthique supprimant des repères anthropologiques (2021), "européisme" dogmatique - frontières maintenues ouvertes durant la pandémie de coronavirus - voire oxymorique - "souveraineté européenne" prônée -, industrie nationale sacrifiée au profit d'une "mondialisation" induisant ou accentuant les déclins et dépendances de la France...

Annual Kaddish
Des années 1940 aux années 1970, près d'un million de Juifs ont du fuir les pays Arabes, la Turquie, l'Iran, la vieille ville de Jérusalem, la Judée, la Samarie, etc. Un exil méconnu de Juifs implantés souvent bien avant la conquête islamique, parfois depuis des millénaires. Des pays devenus rapidement (quasi)Jüdenrein. Un phénomène historique et tragique majeur.

Le 30 novembre est la Journée dédiée en Israël aux Juifs ayant du quitter, en quelques décennies, les pays Arabes et l'Iran. 

Depuis quelques années, à l'initiative d'un Canadien Juif d'origine irakienne et vivant à Montréal, Sass Peress, des organisations juives demandent que lors du chabbat le plus proche du 30 novembre 2020 soient organisés dans des synagogues un Kaddish et une Azkara, ou Hazkara, à la mémoire des Juifs enterrés dans des cimetières situés dans ces pays et aux tombes souvent inaccessibles (cimetières interdits d'accès à leurs familles)

Le 30 novembre 2019, à l'initiative de Sass Peress, le Kaddich a été dit dans 38 synagogues aux Etats-Unis, au Canada, à Londres et à Paris (synagogue consistoriale Buffault) ; les fidèles prièrent pour les Juifs tués dans ce monde Arabe ou/et musulman et ceux qui y sont enterrés .

Ces prières (Annual Kaddish for Jews buried in Arab countries) ont eu lieu le 28 novembre 2020. En raison du coronavirus, des prières pouvaient être téléchargées afin d'être récitées à domicile.

Qu'ont organisé en 2019 et 2020 le CRIF, le Consistoire israélite de France et le FSJU pour rappeler cet exil ? Rien.

"Am Israël Echad" ("Le peuple d'Israël est un", en hébreu). Donc, l'histoire des Juifs sépharades fait partie, au même titre que celle des Juifs ashkénazes, de l'Histoire des Juifs. Et elle doit être dite, honorée par la communauté juive institutionnalisée. Dans son entièreté.

Shoah
Le Grand Rabbin de France Haïm Korsia promeut des voyages au camp nazi  d'Auschwitz (Pologne).

Rénové notamment à son initiative, le pavillon français dans ce camp évoque-t-il les Juifs d'Afrique du nord, dont des dizaines ont été déportés de Tunisie ? 

Cacherout
La chehita ou shehita est le rite d'abattage juif afin de rendre des animaux autorisés - ruminants à sabots fendus, oiseaux non prédateurs - propres à la consommation conformément à la halacha (loi juive) qui respecte l'animal et se soucie de son bien-être.

Depuis des décennies, l'abattage rituel est menacé par des associations, dont PETA et L214, dénonçant, par des campagnes d'affichages, parfois négationnistes, ou par des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, les maltraitances subies par des animaux sans avoir été préalablement étourdis dans les abattoirs. Mais ces opposants à l'abattage rituel occultent le taux d'échec de 16% de l'abattage conventionnel de bovins par recours à un pistolet à tige perforante, et l'impossibilité de mesurer la souffrance animale.

Dans une ère de vogue du vegan et de l'antispécisme, des politiciens tentent d'obtenir, par des normes juridiques (loi, décision judiciaire), l'interdiction des abattages rituels, juifs et musulmans. S'ils y parviennent, la conséquence première sera le renchérissement du prix de la viande cacher qui devra être importée. 

Les organisations juives réagissent dans divers Etats de l'Union européenne. En France, l'action défensive est menée, en France et en Europe, avec persévérance, par Bruno Fiszon, vétérinaire et grand-rabbin de Metz et de la Moselle depuis 1997.

"Le politique est sensible à l'opinion publique. Or, si cette dernière se mobilise massivement, et c'est le but de L214, évidemment nous serons en difficulté", a déclaré Bruno Fiszon au Parisien (20 février 2020). 

Pourquoi les Consistoires n'ont-ils pas pris l'initiative d'une campagne visant à sensibiliser l'opinion publique, à l'informer de la réalité spécifique de la chehita  

Bénéficiant d'un contrôle particulier, les produits certifiés cacher par les Consistoires, notamment la viande ou les gâteaux pour Pessah (Pâque juive), ont un prix plus élevé que ceux ayant le label de cacherout consistorial. 

Invité par Raphy Marciano dans l'émission "Réponses sans tabou" sur Radio J le 16 mai 2021, le GRF Haïm Korsia, présenté comme attentif aux familles juives, a été interrogé sur le coût des produits cacher :
Raphy Marciano : "Sous votre septennat, les prix ont tout le temps augmenté dans les hypercachers…"
GRF Haïm Korsia : "C’est aussi une question de concurrence. Je pense que la nature du marché va vers une concentration des opérateurs..."
RM : "Le grand rabbin n’a pas son mot à dire ?"
GRF HK : "Je peux voir des dérives criantes. Mais en fait, c’est aussi une démarche commerciale. C’est aussi aux clients d’acheter ou de ne pas acheter. Croyez-moi, si le client n’achète pas un produit honteusement trop cher, croyez-moi, il sera baissé. Le Talmud nous l’apprend". 

Georges Bensoussan
Le 10 octobre 2015, lors de l'émission « Répliques » d'Alain Finkielkraut sur France Culture, l'historien, 
co-auteur des Territoires perdus de la République, alors rédacteur en chef de la Revue d'histoire de la Shoah et responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris), Georges Bensoussan avait déclaré : 
« Aujourd’hui nous sommes en présence d’un autre peuple [les personnes de culture arabo-musulmane-Ndlr] au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret... Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3 : c’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère ». 
Le Parquet, auquel s'étaient jointes des associations dont le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), l'avait poursuivi pour diffamation. Il avait interjeté appel de la relaxe du prévenu par le Tribunal. L'historien a été relaxé en appel.

Le 31 mai 2018, Akadem a alors publié l'interview vidéo "Nous avons évité une grande défaite, avec G. Bensoussan"Cette vidéo a ensuite disparu de son site.

Georges Bensoussan y a remercié ses soutiens, et fustigé des "notables juifs" « pour lesquels j’étais devenu un infréquentable, parce qu’ils craignaient qu’à continuer à me faire travailler au Mémorial de la Shoah je ne choque la communauté musulmane"... Le Consistoire m’a soutenu, Joël Mergui m’a demandé d’intervenir dans des communautés. Le grand rabbin de France Haïm Korsia a signé la pétition" en sa faveur. 

Juifs français spoliés
Depuis une vingtaine d'années, le "gouvernement des juges" ruine ou/et spolie des Français Juifs. Vraisemblablement par manque de formation juridique ou par refus plus ou moins conscient d'appréhender une réalité choquante, des dirigeants d'organisations juives françaises peinent à comprendre cette réalité inquiétante. 

Refusant d'appliquer la loi, bafouant l'autorité de la norme juridique supérieure à la jurisprudence, statuant en fonction de sa vision d'une affaire, voire de sa vision de l'équité ou de l'opportunité, ce "gouvernement des juges" est par essence anti-judaïque et anti-Juif.

Parmi ces victimes du "gouvernement des juges" : le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire spolié de ses deux Centres d'imagerie médicale en Picardie.

Le 15 avril 2016, le grand rabbin de France Haïm Korsia m’a répondu via son assistante : « Haïm Korsia a été sollicité il y a plusieurs années par le Dr Krief à titre privé (hors du cadre de toute fonction). Il a alors assisté le Dr Krief à la mesure de ses possibilités, en lui indiquant notamment le nom de plusieurs avocats susceptibles de le conseiller dans cette affaire. Considérant qu'il était tenu par une obligation de moyens, il s'est efforcé d'épauler le Dr Krief comme il l'a pu, mais il est à noter qu'il ne pouvait être en aucun cas tenu par une obligation de résultat. En revanche, il n'a été aucunement sollicité dans le cadre de ses fonctions de Grand Rabbin de France, qu'il exerce depuis le 22 juin 2014 ».

Le grand rabbin de France Haïm Korsia ne « m’a jamais assisté, ni n’a répondu aux multiples mails de relance et d’information », m’a affirmé Dr Krief. Le 31 janvier 2011, Rina Krief avait écrit au rabbin Haïm Korsia, alors un collaborateur du grand rabbin de France Gilles Bernheim, car elle avait besoin d’une « structure puissante pour que cet acharnement cesse enfin ». Une allusion au Consistoire de France qui n’a pu échapper à un fin lettré tel que le rabbin Korsia contacté aussi par Christelle Rennuit, secrétaire du Dr Lionel Krief. Le 6 juillet 2014, le Dr Krief a sollicité le nouveau Grand rabbin de France, Haïm Korsia, via le Consistoire. En vain. 

Ce communiqué de Haïm Korsia semble être rédigé par un juriste, et non par un rabbin. Pas une phrase pour s’enquérir de la situation de Lionel et Rina Krief.

Et que dire de David Amzallag qui avait acheté un local commercial en 1992 destiné à la vente de produits cacher ! Ruiné lui aussi par le "gouvernement des juges", il se plaint de l'attitude de Michel Herbillon, député Les Républicains (LR) de la 8e circonscription du Val-de-Marne, vice-président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, ancien maire de Maisons-Alfort (1992-2017). S'estimant victime d'antisémitisme, il affirme avoir alerté sur son sort les dirigeants communautaires français, dont le GRF Haïm Korsia. En vain. Seul Le Parisien a évoqué en 2001 le combat solitaire de David Amzallah, dont la famille a éclaté. Et c'est un rabbin non consistorial qui l'aide pour le chabbat ou des fêtes juives.

J'invite le GRF Haïm Korsia, et les deux autres candidats à cette élection, à défendre publiquement les Juifs français spoliés et à signer la pétition "LA FRANCE DOIT CESSER DE RUINER SES JUIFS" qui a recueilli 3 040 signatures au 26 mai 2021.

Jacques Chirac
En septembre 2019, lors du décès de Jacques Chirac, ancien Président de la République et auteur de la préface de sa biographie de Jacob Kaplan, le GRF Haïm Korsia a déclaré :
 « Nous sommes tous aujourd’hui orphelins. Jacques Chirac fut un grand homme, un grand Français, un grand homme d’Etat ».

Peut-être, un hommage too much ? Surnommé le "roi fainéant" par Nicolas Sarkozy en raison de son maigre bilan, l
e Président Jacques Chirac avait refusé en 2004 que soient inscrites dans la constitution de l’Union européenne (UE) les racines chrétiennes de l’Europe en alléguant : « Les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Il avait provoqué en 1996 dans la vieille ville de Jérusalem l'esclandre que le Président Emmanuel Macron a rejouée en 2020. Le 4 octobre 2000, le Président Jacques Chirac, accueillant à Paris le Premier ministre israélien Ehud Barak, lui avait lancé, peu après la diffusion des images par France 2 des "al-Dura" : « Ce n’est pas une politique de tuer des enfants ».  Fervent soutien de Yasser Arafat, il avait accordé en 2004 une cérémonie officielle d'hommage au dirigeant défunt sur le tarmac de la base militaire de Villacoublay en présence notamment du premier ministre, alors Jean-Pierre Raffarin...

Centre européen du Judaïsme
Le 29 octobre 2019, a été inauguré le si attendu Centre Européen du Judaïsme (CEJ) à Paris en présence du Président de la République Emmanuel Macron, du Président des Consistoires et initiateur du projet le Dr. Joël Mergui, du Grand rabbin de France Haïm Korsia, et de quelques centaines de personnalités juives, chrétiennes et musulmanes.  

Joël Mergui a lu un discours dense, remerciant tous ceux qui depuis 2006 ont rendu possible la concrétisation de son projet. Il a évoqué ses doutes et inquiétudes concernant ce projet dans le contexte tragique des assassinats antisémites. Il a loué le travail quotidien des rabbins pour un « judaïsme-citoyen » et l'implication du Consistoire dans l’avenir des Juifs français dans leur pays.

Dans un discours semble-t-il improvisé et superficiel, le Grand rabbin de France Haïm Korsia, qui souhaitait introduire de l'humour dans la cérémonie, a souligné combien le Centre « représente la pluralité du judaïsme » et a conclu par la Prière pour la République.

Adepte semble-t-il de la « cool attitude », il me semble avoir manqué une opportunité unique de présenter le Judaïsme et ses contributions éminentes à des thèmes éternels et contemporains. Des plaisanteries ne peuvent suppléer un manque de profondeur. Ce qui laissait insatisfaits nombre de spectateurs.

Sur le ton empreint de compassion que l’on adopte pour chuchoter à un patient gravement malade, le Président Emmanuel Macron a loué la contribution des Juifs aux arts et aux sciences : « A Cordoue, aux IXe et Xe siècles, malgré leur statut de dhimmis, les Juifs développèrent une culture extraordinaire  ». 

Il a dénoncé « la résurgence de l’extrémisme et de discours de haine » sans les qualifier. Il a allégué avoir tenu ses engagements de lutter contre l’antisémitisme. Il a conclu que le départ des Juifs français « est une amputation de ce qu’est la République » et a cité la philosophe juive Simone Weil analysant des « Juifs déracinés ». La Terre d'Israël n'est-elle pas la racine du peuple Juif ? Une Terre sur laquelle a été refondé l'Etat Juif en 1948. Ou le Président voulait-il signifier que les Français Juifs sont déracinés ?

Le "en même temps", source de confusions ou d'interprétations multiples, du Président Emmanuel Macron m'a laissé une impression gênante de "Juifs-bashing" quelque peu pervers. Sans qu'aucun dirigeant d'organisations juives françaises ne réagisse publiquement. 

"Réinventer les aurores"
En février 2020, Fayard a publié "Réinventer les aurores" du Grand rabbin de France Haïm Korsia. «  Réinventer les aurores, c’est retrouver le souffle des premiers matins de la République  : s’éveiller et s’émerveiller, lucides mais jamais désespérés. La réflexion que je livre n’est pas juste un cri d’alerte, c’est ma conception de la vie et de la politique, en tant qu’elles se rejoignent en leur point de plus grande fragilité, là où il s’agit d’affirmer que l’on peut reconstituer, maille après maille, le tissu de la société menacée par tout ce qui la délite, de la peur à la haine. Je veux proposer un manifeste contre l’indifférence, un plaidoyer pour la fraternité, une politique de la jubilation et du bonheur retrouvé.  »

Le chapitre "La promesse démocratique" s'ouvre sur ces lignes : "Il n'y a pas plusieurs France, celle des villes et celle des champs, la périphérique et la centrale, celle du haut et celle du bas : il y a la France. Eternelle, car renouvelée, comme le sont les grandes idées qui s'incarnent ; fragile, comme tout ce qui relève de la construction humaine" (p. 23).

Pourtant, dans Etre Juif et Français, l'auteur était moins catégorique. Qu'on en juge : "S'il y a autant de judaïsme que de juifs, la France elle-même n'est pas un bloc monolithique et n'est pas définie une fois pour toute. Il y a différentes France... Et puis s'il y a la France éternelle, il y a une France d'aujourd'hui et une autre de demain qui sera tout à la fois la même et différente". (p. 360)

Cet essai est émaillé de tautologies ainsi que de wishful thinking (vœu pieux), et parfois semble un plaidoyer pro-domo (participation à la Conférence internationale de Paris pour la paix et la solidarité organisée par la Ligue islamique mondiale (LIM) et la Fondation de l’islam de France (FIF) à Paris en 2019)

Première mesure préconisée par l'auteur pour "réenchanter le monde" ? Repenser la formation des hauts fonctionnaires actuellement assurée par l'ENA (Ecole nationale d'administration) !? On ne peut qu'encourager l'auteur à améliorer la formation des rabbins au Séminaire israélite délaissé par de jeunes Juifs français au profit de yeshivas en Israël. 

On aurait pensé que le "réenchanteur" aurait supprimé les règlementations qui entravent la libre entreprise, recentré l'Etat sur ses missions régaliennes, mis un terme aux organismes (para)publics inutiles où sont recasés les amis du pouvoir politique (Commission nationale du débat public, entre autres) et à la gabegie dénoncée par la Cour des comptes, etc.

Curieusement, ce fervent républicain ne recourt qu'à trois reprises au terme "nation", dont souvent avec une connotation négative.

Le GRF Haïm Korsia distribue les bons et les mauvais points sans toujours donner les noms des personnes visées. Ainsi, il déplore que "Raphaël Enthoven, le plus doué de sa génération, s'en va dialoguer avec Marion Maréchal, qu'Eric Zemmour flirte avec le FN" (le Front national est dénommé Rassemblement national depuis 2018, Ndlr). Mais il évoque sans le nommer un politicien ayant dit "Notre erreur est d'avoir probablement été trop intelligents, trop subtils..." : il s'agit du député Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Ce qui gêne le plus est l'ensemble de louanges envers le Président Emmanuel Macron du "en même temps". En effet, les problèmes les plus graves remontent à l'Elysée afin que le Président choisisse une option, choisit une voie médiane, tranche quand tout n'est pas conciliable. 

Exemple. L'opération israélienne "Gardien du Mur" ou "Gardien des Murailles" (Chomer Hahomot en hébreu, Guardian of the Walls en anglais) a été menée du 6 au 21 mai 2021 par l'Etat Juif en réaction aux frappes par tirs de missiles (jusqu'à 400 kg d'explosif par missile) du Hamas à partir de la bande de Gaza

Le "en-même temps" macronien s'est exprimé en deux temps, en deux déclarations difficilement conciliables. 

Le 13 mai 2021, le Président Emmanuel Macron a "fermement condamné les tirs revendiqués par le Hamas et d'autres groupes terroristes" qui mettent "en grave danger la population de Tel Aviv" et nuisent "à la sécurité de l'État d'Israël", a indiqué l'Élysée à l'AFP (Agence France Presse). La population de Jérusalem, capitale d'Israël, aussi.

Le 9 juin 2021, le Président Emmanuel Macron a évoqué l'affaire Sarah Halimi lors de son discours au Global Forum de l'American Jewish Committe Paris (AJC), Il a continué par la "spirale de violences qui vient de frapper le Proche-Orient", une formulation qui occulte l'agresseur, le mouvement terroriste islamiste Hamas, et l'agressé qui se défend, l'Etat d'Israël.

Dans son livre, le GRF Haïm Korsia occulte toute critique négative : la destruction revendiquée du récit national, le parallèle entre le "statut de la Shoah" et le défi mémorial de la guerre d'Algérie, la violence de la répression policière et judiciaire contre des Gilets jaunes, la vente controversée d'​Alstom à l'américain General Electric, le projet de loi sur la bioéthique aux éléments inquiétants ("PMA pour toutes" donc pour les homosexuelles anticipant, par souci d'égalité la GPA, allongement de la durée limite pour cultiver des embryons humains in vitro, chimères inter-espèces ou homme-animal)... 

Et on peut s'interroger : un devoir de réserve ou de neutralité politique caractérise-t-il la fonction de grand rabbin de France ? Qui sanctionne son éventuelle violation ?

Covid-19
Depuis le début de la pandémie de coronavirus au printemps 2020, les dirigeants des principales organisations juives françaises ont obéi aux directives changeantes de dirigeants politiques qui ont menti sur sur la nécessité des masques, des tests, des confinements, sur la prétendue contamination par les enfants...

Ils ont adopté tardivement des mesures prudentes, et parfois en renforçant les restrictions étatiques. 

"Fallait-il par exemple laisser les synagogues ouvertes ? Les premières mesures gouvernementales autorisaient les lieux de culte à accueillir un public réduit à vingt personnes. J’avais immédiatement limité ce nombre à 15, en m’inspirant de la position prise par un rabbin en 1806 face à une épidémie de choléra. Puis finalement, on a décidé de toutes les fermer par mesure de précaution. Nous avons aussi dû prendre la décision de fermer des bains rituels, et de repousser toutes les cérémonies", a déclaré le GRF Haïm Korsia le 8 avril 2020 au Club des juristes.

Et le GRF d'ajouter : "Le Président de la République E. Macron a d’ores et déjà réuni l’ensemble des représentants des cultes pour évoquer ces questions. Cette période est aussi l’occasion de réinventer la façon d’être solidaire dans la société. Prenons l’exemple des migrants et des SDF dont on perçoit la situation particulièrement critique pendant cette période. Il parait inimaginable de les rendre de nouveaux invisibles une fois l’urgence sanitaire dépassée."

Et à la différence d'associations catholiques ou musulmanes, le Consistoire n'a pas sollicité par la justice l'annulation de mesures non justifiées et attentatoires à la liberté de culte.

Résultats ? Un nombre élevé de morts juifs au début de la pandémie, des malades morts sans que leurs proches aient pu leur parler, des familles esseulées lors de deuils, des difficultés financières de synagogues en raison de confinements (fermeture, jauge autorisée trop faible) induisant des "synadons" pour notamment payer le salaire de rabbins... « Chaque synagogue enregistre un manque à gagner estimé à 20 à 50%. Avec le reconfinement, cela risque de continuer, avec des fidèles qui sont moins présents », du fait de l'annulation des cérémonies religieuses ou parce que « des fidèles sont eux-mêmes dans une situation économique difficile », a déclaré Joël Mergui au Figaro (4 novembre 2020)

Si Joël Mergui a reconnu éprouver des regrets dans la gestion consistoriale, le GRF Haïm Korsia n'en a exprimé aucun. 

Aucun dirigeant communautaire n'a esquissé la moindre réflexion publique sur cette société émergeante gérant les populations par la peur avec des conséquences psychiatriques graves - suicides d'enfants -, et par des ordres insensés (couvre-feu aux horaires variables, auto-autorisations de déplacements sans prévoir les lieux de culte), négligeant les personnes âgées (refus de prise en charge par le SAMU et recours au Rivotril au printemps 2020), interdisant des traitements médicamenteux efficaces au profit de la seule vaccination, imposant sa distinction entre ce qui est essentiel ou pas - dans cette dernière catégorie : les jouets pour enfants, mais pas ceux pour animaux -... 

Au 11 juillet 2021, la France recensait quatre décès du coronavirus. Des "experts" et médias prévoyaient une "quatrième vague" de coronavirus en insistant, comme le gouvernement, uniquement sur le nombre de cas issus de tests peu fiables, et en occultant le nombre d'enfants hospitalisés dans des unités psychiatriques en raison des effets dévastateurs de la peur distillée à toute une population, jour après jour.

Au 12 juillet 2021, le nombre de décès en France s'élevait à 28, soit une moyenne de 22 morts sur sept jours

Le 12 juillet 2021, le Président Emmanuel Macron annonçait, dans un discours télévisé notamment l'institution d'un pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour certaines professions. Il annonçait : 
"Pour nous protéger et pour notre unité, nous devons aller vers la vaccination de tous les Français car c’est le seul chemin vers le retour à la vie normale.
Il y a ensuite tous les autres Françaises et Français, les millions d’entre vous qui n’ont pour le moment reçu aucune injection. En fonction de l’évolution de la situation nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français.
Mais je fais le choix de la confiance. Et j’appelle solennellement tous nos concitoyens non-vaccinés à aller se faire vacciner dès aujourd’hui au plus vite."
Le 22 juillet 2021, Le Figaro a publié la tribune collective « Être vacciné c'est être le “gardien de son frère” », signée par le Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, Haïm Korsia, grand rabbin de France, Mohamed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman. Quid de la conférence des évêques de France ?
"Des représentants de cultes protestant, musulman et juif s'expriment en faveur de la vaccination de tous. Face à la crise sanitaire, ils enjoignent aux Français de ne pas se diviser sur les questions sanitaires, afin de préserver la fraternité comme pilier de notre société."
"Depuis mars 2020 et la pandémie de COVID-19, d'aucuns se sont improvisés virologues, épidémiologistes ou autres spécialistes.
On a vu déferler sur les plateaux télévisés d'éminents spécialistes ayant chacun une idée sur l'éventuelle saisonnalité du virus, les traitements possibles et sa réponse à telle ou telle molécule.
Que l'on soit en télétravail ou pas, le virus est devenu le cœur de toutes les conversations et beaucoup ont décrété que leur avis pouvait être égal à celui des experts, tant ceux-ci se déchiraient par médias interposés. D'autant plus, si « les faits sont complètement démentis par mon opinion », comme se plaisait à le croquer Xavier Gorce.
Depuis plus de six mois et la mise sur le marché du premier vaccin, il y a tout autant de spécialistes de la vaccination ou de l'ARN-messager. Sans compter les théories complotistes les plus absurdes qui circulent sur les réseaux sociaux.
Toutes les études démontrent aujourd'hui l'efficacité de la vaccination, en ce qu'elle protège de la maladie comme de la contamination. Aussi, il est impératif d'encourager activement la vaccination afin de nous permettre collectivement de retrouver progressivement une vie normale. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, protéger la population d'un virus dévastateur pour recouvrer la liberté.
Oui, la liberté ! Liberté de recevoir des amis, de dîner au restaurant, d'aller au cinéma ou de voyager. Des choses simples de la vie mais qui sont essentielles au bonheur de l'être social que nous sommes, sans pour autant avoir sur nos têtes en permanence l'épée de Damoclès d'une contamination à ce virus mutant, toujours plus dangereux et redoutable.
Aussi nous faut-il redoubler d'efforts pour convaincre les sceptiques, et combattre les opposants à la vaccination, qui sous prétexte de la liberté, veulent faire valoir leur droit à être un danger pour les autres. Ces derniers arguent de la liberté, un des piliers essentiels de notre triptyque républicain, comme épouvantail pour crier au scandale voire au complot. Une minorité de Français invoquent bruyamment, et parfois même de manière indécente, leurs libertés individuelles pour refuser le vaccin contre la pandémie qui ravage la planète.
Nous nous insurgeons d'avoir vu dans les rues de notre pays, des manifestants défiler en portant des étoiles jaunes. Rien ne saurait jamais pouvoir être comparé à la Shoah. Rien.
Joseph Szwarc, rescapé du Vel d'Hiv, nous l'a rappelé avec beaucoup d'émotion et nous y souscrivons sans réserve. Les caricatures, les slogans et les images posant un parallèle entre les appels à la vaccination et la déportation puis l'extermination massives de Juifs par le Troisième Reich sont une honte. Les signataires de cette tribune sont attachés de toute leur force et de toute leur âme, par leurs convictions les plus profondes, à l'exercice le plus entier et le plus universel des libertés. Au premier chef, la liberté individuelle de conscience, la liberté des croyants et celle des libres penseurs, et plus généralement dans notre République, fort heureusement laïque, la liberté d'opinion, la liberté d'expression et le cortège d'autres libertés que nous ont légué les combats de nos pères et de nos aïeux. Beaucoup d'entre eux ont donné leur vie pour ces valeurs que nous devons chérir et auxquelles tant de nos contemporains n'ont pas encore ou n'ont plus accès.
Si manifester est un droit, tout n'est pas permis pour autant et sûrement pas les amalgames honteux qui ne cherchent qu'à choquer. Il ne faut pas s'y tromper. « La liberté, c'est toujours la liberté de l'autre » disait Rosa Luxembourg. Il est inadmissible d'exciper de la liberté pour justifier une posture entravant la liberté d'autrui, en étant en prime, susceptible de mettre la santé des autres en jeu.
« Liberté, que de crimes on commet en ton nom » s'écria sur l'échafaud Madame Roland en montant les marches où la menait la Terreur. Aujourd'hui, au cœur de la pandémie, il n'y a en France ni Terreur, ni dictature, ni échafaud pour quiconque. C'est l'échafaudage fragile de nos sociétés humaines qui est menacé dans sa complexité, sa fragilité et dans l'interdépendance inédite de tous les êtres humains, et au-delà, de tous les êtres vivants, partout sur la planète. De dictature, il n'y a que celle des lois statistiques de la propagation virale et des mutations aléatoires. Et de Terreur, il n'y a que celle inspirée par l'ignorance, la défiance, la désinformation et quelques prophètes de malheur aux desseins obscurs.
Nous espérons donc que nos voix unanimes porteront haut, fort et loin lorsque nous voulons solennellement signifier ici qu'évoquer sa liberté personnelle pour refuser l'acte de solidarité et de fraternité de la vaccination est un dévoiement absolu de ce merveilleux attribut qu'est notre libre arbitre.
Il ne relève évidemment pas de notre compétence de rappeler ici les raisonnements scientifiques qui font de la vaccination, aux côtés de précautions élémentaires dans nos interactions, la seule arme face au virus. Ou plutôt, devrions-nous dire, le seul bouclier. Bouclier individuel et bouclier collectif.
Car refuser le vaccin, ce n'est pas seulement risquer pour soi-même les coups du virus, c'est pratiquement armer son propre corps, comme on dégoupillerait une grenade, pour le transformer en engin potentiellement mortel, frappant aveuglément et aléatoirement autour de soi. Par-delà l'affirmation de notre liberté, c'est le droit naturel et les fondements les plus essentiels de la conscience universelle qui condamnent un tel retournement de la notion de libre arbitre pour substituer à la guerre de chacun contre le virus la guerre de tous contre tous.
Plus encore, dans ces circonstances exceptionnelles, la règle éprouvée qui énonce que la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres n'a plus de signification, puisque nous sommes tous alignés sur la même ligne de front, sans repli possible. Car, nous vivons dans une société où nos droits impliquent des devoirs.
Se vacciner, ce n'est donc pas seulement une mesure d'autoprotection et de solidarité, c'est le contraire même d'un acte d'agression individuelle et collective.
Face au virus, notre devise républicaine «Liberté, Égalité, Fraternité» est mise à mal car nous ne sommes pas égaux face à lui et notre liberté est temporairement contrainte par les nécessités du combat sanitaire. La fraternité doit donc rester le plus solide pilier de notre société. Pilier face à la pandémie, mais aussi face aux nombreuses autres menaces qui guettent l'Humanité et même toute la biosphère.
Lorsqu'il faudra lutter contre d'inévitables pandémies futures, contre le dérèglement climatique, contre les inégalités béantes entre populations de la Terre, l'exercice dissident de son propre libre arbitre ne sauvera aucun voyageur se décrétant passager clandestin pour mieux s'affranchir des nécessités et lois communes assumées par les autres.
Des nécessités et des lois communes ? Lesquelles ?
La réponse est simple.
Tu ne tueras point.
Tu te vaccineras.
Ou de façon moins biblique et plus républicaine, se faire vacciner, c'est être protégé et protéger les autres. Être vacciné c'est être « le gardien de son frère ».
Être vacciné pour être enfin libre."
Sur Twitter, si certains commentaires soutenaient cette tribune, d'autres exprimaient des critiques. 

Cette société barbare et de surveillance de tous par tous, sous le contrôle d'un Etat intrusif, qui se profile est-elle compatible avec le Judaïsme ?

La loi du 5 août 2021 sur la gestion de la crise sanitaire exclut les lieux de culte de ceux exigeant un pass sanitaire à leur entrée. 

L'Eglise catholique et le Centre français du culte musulman (CFCM) la respectent.

Le GRF Haïm Korsia, ,Joël Mergui et le Consistoire israélite de France ont exigé un pass sanitaire ou un test PCR de moins de 72 heurs pour entrer dans les synagogues consistoriales, notamment durant les fêtes de Tichri. 

Le 2 septembre 2021, le GRF Haïm Korsia a qualifié les manifestants anti-vaccin ou anti-pass sanitaire de "connards" esur  RCJ, radio du FSJU.

Il a aussi présenté cette directive contraignante, en citant le communiqué de l'AMIF (Association des médecins israélites de France), notamment dans son entretien avec deux responsables d'Actualité juive hebdo et sur RCJ

Curieusement, aucun des journalistes l'ayant interviewé ne lui a rappelé cette loi ou ne s'est offusqué de . Et aucun des trois interlocteurs, dont les journalistes Rudy Saada et Laurence Goldmann, ne portait de masque dans le studio de RCJ

Interviewé par Actualité juive hebdo (n° 1611 du 2 septembre 2021), le GRF Haïm Korsia a annoncé qu'il allait interdire "de faire les offices de Roch Hachana et de Kippour" à un "rabbin qui refuse de se faire vacciner". 

Des Juifs discriminent d'autres Juifs durant "Les jours redoutables" (Yamim Noraïm), alors qu'ils implorent D. de les "inscrire dans le Livre de Vie" !? 

Rappelons le principe talmudique : "Dina demalkhouta dina" ("La loi du royaume est la loi").

En 1807, le Sanhedrin avait répondu par l'affirmative aux douze questions posées par l'empereur Napoléon 1er, en particulier à la sixième question : "Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? Ont-ils l'obligation de la défendre ? Sont-ils obligés d'obéir aux lois et de suivre les dispositions du Code civil ?"

Assassinats antisémites impunis  
Depuis le déclenchement de l'Intifada II en 2000, treize, voire seize Juifs Français, et peut-être plus, ont été assassinés par des musulmans. Parmi eux Sarah Halimi, née Attal.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, quelques semaines avant le premier tour de l'élection présidentielle, dans le quartier parisien de Belleville, Sarah Halimi, directrice d'école et médecin à la retraite, juive orthodoxe française, a été séquestrée et rouée de coups dans son domicile, puis défenestrée par Kobili Traoré, voisin musulman antijuif d’origine malienne prononçant des prières islamiques et âgé de 27 ans. Sans que les policiers présents n'interviennent. 

L'instruction judiciaire et les arrêts ont révélé des réticences, voire des refus de magistrats de reconnaître l'antisémitisme islamique. L'assassin a été déclaré irresponsable pénalement.

A plusieurs moments, avec d'autres dirigeants d'organisations juives françaises, le grand rabbin de France est intervenu publiquement dans cette affaire tragique. 

Le 7 avril 2017, le procureur de Paris François Molins a reçu des dirigeants d’organisations juives françaises pour faire part de sa prudence à l'égard de la qualification d'antisémitisme. 

Signé par quatre organisations juives françaises - l
e Consistoire de France, le CRIF, le FSJU (Fonds Social Juif Unifié) et le SPCJ (Service de protection de la communauté juive) -, ce communiqué du 7 avril 2017 intitulé "Communiqué des associations juives de France sur l'assassinat de Sarah Attal-Halimi" a été diffusé dans les réseaux sociaux, notamment sur Facebook par le grand rabbin de France Haïm Korsia :

"Des représentants des associations juives de France ont rencontré aujourd'hui le Procureur de la République de Paris. Ce matin, Haïm Korsia - Grand Rabbin de France, Joël Mergui - Président du Consistoire, Ariel Goldmann – Président du FSJU, Robert Ejnes – Directeur Général du CRIF et le SPCJ ont été reçus par Monsieur François Molins – Procureur de la République de Paris et les personnes chargées de l’enquête concernant le meurtre de Sarah Halimi Attal zalCette rencontre, obtenue à la demande des Institutions centrales de la communauté juive, avait pour but de faire connaître la vive émotion que suscite ce drame et toutes les interrogations profondes qui l’accompagnent. Il a été expliqué de façon très claire que « l’enquête en cours a pour but de parvenir à la manifestation de la vérité et déterminer si la circonstance antisémite doit être retenue ». A cette date, selon les premiers éléments de l’enquête et sur la base des premiers témoignages « rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes ». Un juge d’instruction va être désigné. Le temps de l’enquête est long car il impose d’entendre tous les témoins, notamment les membres de la famille qui sont dans la semaine de deuil en Israël et qui seront entendus à leur retour, de saisir et exploiter tous les éléments d’indice sur le lieu du crime, toutes les analyses des échanges avec la Police et autres communications, toutes les investigations dans le passé de l’auteur des faits. Ce temps est essentiel et incompressible pour qu’aucun détail ne soit laissé inexploité. La vive émotion que ce drame inspire à tous est immense et chaque minute qui nous distance des résultats de l’enquête augmente la tourmente. Toutefois nous faisons pleine confiance aux hommes et femmes qui œuvrent à cette enquête. L’enquête ne peut se faire sur les réseaux sociaux, le mélange d’informations provenant de témoins directs avec des récits « revisités » par des commentateurs, le mélange d’informations vérifiées et avérées avec des informations supposées, imaginaires, voulues ou encore déniées créent une confusion qui dessert la recherche de la vérité.  Or chaque information ou témoignage peut être décisif. Tous ceux qui pensent pouvoir contribuer à l’enquête doivent se manifester auprès des enquêteurs et leur délivrer toutes les informations dont ils disposent. C’est là que leur témoignage sera le plus utile. Nos pensées et prières accompagnent la famille et les proches de Sarah Halimi zal."
La suite judiciaire a prouvé que la confiance de ces dirigeants n'était pas fondée. Sarah Halimi n'était pourtant pas la première victime d'un voisin musulman antijuif.

La formulation « Rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes » laisse dubitatif. La piste antisémite était-elle ouverte ?

Ce message a été répercuté avec célérité, dans les médias juifs et via les réseaux sociaux, par les dirigeants de ces organisations auprès de leurs coreligionnaires bouleversés

Le 10 avril 2017, Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, a été la première candidate à cette élection, et pendant des semaines, la seule à évoquer cet assassinat. 

Candidat ou Président, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé publiquement sur ce crime. Et ce, malgré la présence dans son premier cercle de Français juifs, et de candidats aux élections législatives qui prétendaient "avoir l'oreille" d'Emmanuel Macron. 

« On ne peut pas à la fois reconnaître que l'Etat s'est engagé pleinement à travers le plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et suspecter les uns ou les autres de ne pas vouloir reconnaître un acte antisémite », a confié à l'AFP le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le 16 juin 2017.

Le 25 décembre 2019, Le Figaro a publié la tribune du grand rabbin de France Haïm Korsia "
Madame la ministre, il faut que le meurtre de Sarah Halimi soit jugé". "Alors que la chambre de l’instruction a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, le suspect du meurtre de la sexagénaire juive, le grand rabbin de France lance un appel à la garde des Sceaux. Un procès doit avoir lieu, estime-t-il."
"Madame la Garde des Sceaux, Madame la Ministre,
Je m’astreins d’habitude à ne pas commenter les décisions de justice, estimant que, rendues au nom du peuple et avec l’assentiment de la société, elles ne peuvent souffrir la contradiction, si ce n’est celle des parties prenantes.
Mais, concernant la décision tragique et ubuesque de ne pas juger l’assassin présumé de Lucie Attal-Halimi, sous prétexte de « bouffée délirante » ponctuelle, il y a une grave rupture de confiance et je ne peux croire que ce choix soit le reflet de ce que pensent les Français.
Madame la Ministre, la grandeur de notre justice réside, par-delà la sentence, en sa capacité à poser des mots sur les drames et à obtenir, pour les personnes lésées ou meurtries dans leurs chairs, la reconnaissance par la société de leur douleur. Oui, la justice se doit de cautériser les plaies, à défaut de ne pouvoir les réparer, en constatant la culpabilité d’un suspect et en lui infligeant une peine à la hauteur de la gravité des actes commis.
Le 19 décembre dernier, la chambre de l’instruction a tranché et décrété l’abolition du discernement de Kobili Traoré, donc son irresponsabilité au moment des faits, alors même qu’il a reconnu avoir tué Mme Lucie Attal. Il ne va donc y avoir ni procès, ni condamnation… Aujourd’hui, même parler de « l’assassin » de Lucie Attal serait impossible puisque les faits ne sont pas établis dans un procès. Mais elle ne s’est pas tuée toute seule.
Comment ne pas s’indigner, non pas de la décision, qui est de la responsabilité des magistrats, mais que l’on empêche le procès ? Et il ne s’agit pas que vous, en tant que ministre, donniez des consignes aux juges, mais juste que vous fassiez en sorte que ces guerres d’experts ne se déroulent pas devant la chambre d’instruction, mais au cours d’un véritable procès, mais avec toute sa charge symbolique portée par le tribunal et le jury populaire.
Comment envisager que le suspect puisse échapper à la justice? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Priver la famille de Mme Attal et la société dans son ensemble, d’un procès. Cela ne rendrait certes pas vie à la pauvre disparue, mais cela apporterait un peu d’apaisement, de soulagement, sur une plaie à jamais béante. Non seulement ses proches seront à jamais privés de sa présence, mais on leur confisque même la possibilité d’être entendus et de voir la réalité des faits établie. C’est déposséder les citoyens d’un des droits les plus précieux qui soit en démocratie: celui de faire appel à la justice pour faire la lumière sur un tel déferlement de violence et de haine.
Sans antécédent psychiatrique connu, le suspect a fait l’objet de plusieurs expertises. Il est établi qu’il avait consommé une forte dose de stupéfiants, ayant provoqué une « bouffée délirante aiguë », qui serait la cause de cet effroyable assassinat. Pourquoi l’emprise de la drogue constituerait-elle ici une circonstance atténuante, voire excluante? Ne serait-ce pas précisément l’inverse? Pourquoi un automobiliste ayant causé un accident sous l’effet de stupéfiants écoperait-il d’une circonstance aggravante tandis qu’un assassin présumé bénéficierait, lui, sous l’emprise de la même drogue, d’une circonstance atténuante?
Comment expliquer qu’une bouffée délirante aiguë consécutive à une absorption volontaire et considérable de stupéfiants puisse exonérer quiconque de ses responsabilités? Devrait-on en déduire que tout individu drogué serait doté d’un permis de tuer les Juifs?
Madame la Ministre, dans ce drame, in fine, qui est coupable? Si l’altération de la condition du suspect a exacerbé ses pulsions antisémites, cela signifie bien qu’elles étaient préexistantes ! Donc constitutives à tout le moins d’un délit répréhensible, et en l’occurrence ici, d’un crime !
Madame la Ministre, il est aisé de déceler la dangerosité d’un tel état de fait pour l’avenir. Il n’est pas pensable qu’une telle décision puisse faire jurisprudence. Car au-delà de ce crime odieux, on voit ici et là émerger d’autres dangers, parmi lesquels celui de la non prise en considération de l’antisémitisme par la justice, alors que je sais les efforts de formation des magistrats que vous déployez en la matière. Mais, tandis que nous sommes engagés aux côtés des pouvoirs publics pour éradiquer ce virus qui ne cesse de muter en mettant en place tant des mesures éducatives que des sanctions lourdes visant à marquer la gravité de ce fléau, il y va de notre crédibilité collective de ne pas laisser ce crime impuni.
En cette fête d’Hanouka, fête des Lumières, célébrée depuis le 22 décembre dans tous les foyers juifs et au lendemain de Noël, toutes deux synonymes d’espérance, je forme le vœu que le cri de colère et de douleur des proches de Mme Attal, ce cri qui est celui de l’ensemble de la Nation, soit entendu. Parce que nos petites lumières ont l’ambition de changer le monde tant elles instillent l’espérance alors que plus personne ne croit, j’en appelle à vos responsabilités afin d’éclairer enfin ce drame ignoble du procès digne et respectable qu’il mérite, pour que chacune et chacun puisse raviver la flamme de l’espoir, de la confiance, et de l’espérance qu’incarne la République.
Sachant que vous comprendrez l’esprit républicain qui m’anime, je vous prie de croire, Madame la Garde des Sceaux, en l’expression de ma très haute considération".
Cette tribune révèle les carences en droit de son rédacteur. Oui, on peut commenter une décision de justice, et c'est même un exercice essentiel effectué notamment par les étudiants en droit. Il existe des manuels expliquant sa structure. De plus, la justice consiste à appliquer le droit, sans registre doloriste. En outre, la Nation n'a pas manifesté d'empathie envers la victime et ses proches. Enfin, quels buts visait le GRF Haïm Korsia par cette lettre ouverte ? Pourquoi n'a-t-il pas qualifié d'islamique cet antisémitisme létal ?

Le 16 avril 2021, Le Figaro a publié la tribune GRF Haïm Korsia « Pourquoi l’absence de procès du meurtrier de Sarah Halimi est si choquante ». "La Cour de cassation vient de confirmer l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, qui, en avril 2017, à Paris, a agressé et défenestré une femme de 65 ans, Sarah Halimi. Le grand rabbin de France critique vivement cette décision de justice."
"Le ministre britannique des Affaires étrangères, sir Edward Grey, déclara prophétiquement à l’entrée en guerre du Royaume-Uni en 1914: « Les lumières s’éteignent dans toute l’Europe, nous ne les reverrons plus s’allumer de notre vivant. » On sait ce qu’il en fut du XXe siècle.
Faut-il transposer cette formule en lisant l’arrêt du 14 avril dernier de la Cour de cassation, notre plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, qui vient de porter un coup d’étouffoir à l’affaire du meurtre de Sarah Halimi ?
Les lumières sont-elles sur le point de s’éteindre depuis les instances de base jusqu’au plus haut échelon de la hiérarchie judiciaire française, dans quel état sera notre République, et dans quel État vivrons-nous lorsque, après les ténèbres, ces lumières s’allumeront à nouveau? Car elles s’allumeront à nouveau un jour, je ne veux pas perdre foi en notre humanité ni en notre nation.
Il ne m’appartient pas de développer ici l’argumentation juridique qui exposerait à nouveau le caractère invraisemblable de ce scandale judiciaire. Après les avocats de Sarah Halimi depuis des années, nombre d’autres, parmi les plus éminents jurisconsultes l’ont fait avec compétence et talent. Mais les principes sont simplissimes: soit le meurtre est antisémite et donc pensé, soit il est l’œuvre d’un « irresponsable » et donc non pensé. Pas les deux à la fois. Or, il a été reconnu comme antisémite par l’instruction.
Et puis, pourquoi l’utilisation de drogue par un agresseur serait-elle un caractère aggravant pour tout acte commis à l’encontre de quelqu’un, sauf pour un meurtrier antisémite ? Ne voit-on pas la distinction qu’il serait évident de faire entre un individu qui n’a pas conscience malgré lui de ce qu’il fait et un autre qui se met lui-même en état de ne plus être conscient ?
Et surtout pourquoi se priver d’un procès, établissant les faits, les connivences, les connexions, les mobiles, pourquoi en priver la famille, la société, la victime? Rien n’empêche de conclure, à la fin de ce moment d’établissement de la vérité judiciaire à l’éventuelle irresponsabilité de l’auteur. Le président de la République, lui-même, avait fait part de son souhait d’un procès. Et je n’ose imaginer que c’est pour se démarquer de cette réflexion de bon sens que les magistrats auraient pris leur décision.
Mon propos n’est pas de rappeler l’horreur insoutenable des faits, tant ils parlent d’eux-mêmes, tant ils hurlent très haut et très fort. Même la crise sanitaire planétaire et le cortège des malheurs et souffrances qu’ils infligent à l’humanité entière ne sauraient couvrir l’indignation que suscite la décision de la Cour de cassation.
Alors que penser, que dire et surtout, que faire, en présence d’une décision judiciaire vouée à laisser tout honnête homme ou femme dans la sidération? Ne pas baisser les bras devant l’autorité de la chose mal jugée.
J’en appelle à la conscience collective de la nation pour qu’elle se ressaisisse et pour que, par tous les moyens de droit, et bien sûr dans le respect absolu des lois de la République, elle se lave de ce déshonneur qui la souille et qui nous menace tous.
Si la loi ne permet pas le distinguo entre l’irresponsabilité de la folie, par exemple, et celle découlant de prise de stupéfiants, alors tirons-en les conséquences et que les députés proposent un amendement dans le projet de loi sur la justice qui va être examiné par le Parlement. L’objet de ce texte porté par le garde des Sceaux est bien de rendre compréhensible la justice, ce en quoi il a absolument raison, car il est vital qu’il en soit ainsi afin qu’elle soit bien rendue « au nom du peuple français ».
Le meurtre de Sarah Halimi est un meurtre incontestablement antisémite, quasiment un meurtre rituel, comme en attestent objectivement les propos du meurtrier proférés durant son forfait. La Cour de cassation ne reprend pas cette qualification «antisémite» dans son arrêt, pas plus que les décisions de première instance et d’appel qu’elle confirme. Et en cela, quelles qu’en soient les raisons, elle a bien fait, ce qui n’est pas le moindre paradoxe dans cette affaire. En effet, la nouvelle jurisprudence qu’elle consacre, menace tous les citoyens indépendamment de leurs croyances et toutes les valeurs suprêmes de notre république laïque, tant elle «sacralise» l’impunité et même l’irresponsabilité, sous certaines conditions «opératoires» aisées à observer, de tous les auteurs d’actes de violence inspirés par quelque idéologie que ce soit, et quand bien même il s’agirait des plus aveugles et des plus barbares.
Le président de la République française, garant du bon fonctionnement des institutions et en particulier de la justice, dispose aux termes de notre Constitution d’un droit de gracier tout condamné, mais ne dispose pas d’un droit de poursuite et de condamnation d’un gracié de fait par nos plus hauts magistrats. Il est évidemment heureux qu’il en soit ainsi, mais cet autre paradoxe souligne le caractère insoutenable de la situation.
France, mon pays, notre pays, pays de paradoxes parfois mais toujours de raison et d’espoir, réveille-toi."
Le grand rabbin de France émet l'idée que les magistrats auraient voulu prouver leur indépendance en contrant le souhait du Président Emmanuel Macron. Or, les procédures judiciaires relatives à l'assassinat antisémite de Sébastien Selam en 2003, par Adel Amastaibou, un voisin musulman, se sont déroulées comme dans l'affaire Sarah Halimi - pas de reconstitution du meurtre, irresponsabilité pénale du criminel, etc. - alors qu'aucun Président de la République ne s'était prononcé publiquement dans ce dossier. Par ailleurs, doit-on vraiment se réjouir de la non-reconnaissance du caractère antisémite de cet assassinat ? Pourquoi le grand rabbin de France ne qualifie-t-il pas d'islamique cet antisémitisme ? De nouveau, quels  buts visait-il dans ce texte ? Les a-t-il atteints ?

Le 21 avril 2021, l’ECUJE a organisé le w
ebinaire "Sarah Halimi - "La Justice, la justice tu poursuivras" avec la participation du GRF Haïm Korsia ainsi que Patrick Klugman, avocat, membre du comité directeur du CRIF, Muriel Ouaknine-Melki, avocate du frère de Sarah Halimi, William Attal, et présidente de l’OJE, Francis Szpiner, avocat des enfants de Sarah Halimi et maire du XVIe arrondissement de Paris. Haïm Korsia a préconisé que le gouvernement consacre la lutte contre l'antisémitisme en grande cause nationale. Me Patrick Klugman lui a rappelé qu'en 2015 le gouvernement avait attribué à ce combat le label "Grande cause nationale 2015". Avec quelle efficacité ? Mes Muriel Ouaknine-Melki et Patrick Klugman ont relaté les réticences des juges dans les dossiers d'antisémitisme. 

Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 25 000 personnes, surtout juives, ont participé le 25 avril 2021 à ces rassemblements en France : plus de 20 000 à Paris et plus de 6 200 en province. A la tribune, le grand rabbin de France Haïm Korsia "a prononcé un psaume, puis la prière pour la République, le Kaddish et la Hachkava. Il était entouré du grand rabbin de Paris Michel Gugenheim, de représentants religieux catholiques, protestants, orthodoxes, bouddhistes et musulmans – dont plusieurs imams, parmi eux Hassen Chalghoumi".

Sur la fréquence juive, le GRF Haïm Korsia s'est réjoui de la volonté du Président Emmanuel Macron que soit modifié un article du Code pénal sur l'irresponsabilité pénale. Or, la famille de Sarah Halimi aspire à un procès devant une Cour d'assises afin que la vérité sur les faits le soir de l'assassinat soit établie et le coupable puni.

Faute d'avoir recensé et analysé les assassinats antisémites impunis commis par des musulmans déclarés irresponsables pénaux, faute d'avoir identifié leur ennemi interne existentiel ("gouvernement des juges"), des dirigeants communautaires n'ont établi aucune stratégie d'actions. Ni les tribunes publiées ni les manifestations ne le dissimulent plus aux yeux de Français Juifs.

Rabbins
Le rabbin d'une grande synagogue parisienne est remplacé durant ses vacances estivale, mais pas hivernales. Pourquoi ? 

Et que dire des problèmes liés à la formation et au déroulement des rabbins ainsi qu'aux difficultés éprouvées par de jeunes rabbins devant concilier de nombreuses fonctions - direction des offices, dialogue avec les fidèles, etc. -, leur vie familiale, et ce, dans une grande solitude et des difficultés financières - rémunération d'environ 900 euros/mois -, face à divers interlocuteurs - édiles politiques, organisations sociales, président de la communauté, etc. - ? Une fonction rabbinique en pleines mutations.

Louis-Xavier Thirode
Le 8 avril 2021, Le Monde a publié l'article de 
Stéphanie Marteau intitulé "Qui est Louis-Xavier Thirode, le conseiller cultes et immigration de Gérald Darmanin", sous-titré "A 42 ans, ce spécialiste de la laïcité est notamment derrière la loi sur le séparatisme actuellement examinée au Sénat."

Une source élyséenne a nuancé le portrait présenté par cet article louangeur qui révèle cependant une brutalité chez ce conseiller :
« Merci à Louis-Xavier Thirode, mon ami, pour ses conseils avisés et sa contribution essentielle dans mon acculturation aux questions touchant à l’islam politique », écrit Gérald Darmanin à la fin de son livre Le Séparatisme islamiste (Editions de l’Observatoire, 2021). L’ouvrage, que Marine Le Pen aurait « pu signer », a-t-elle dit, et dont Thirode, conseiller cultes et immigration, serait, selon des membres du cabinet du ministre, la plume, en dépit des démentis de Darmanin. L’opuscule, dans lequel les musulmans sont comparés aux juifs du XIXe siècle, a fait polémique en reprenant les poncifs antisémites de l’époque napoléonienne.
Après un passage à l’ambassade de France à Alger, Louis-Xavier Thirode, 42 ans, énarque et sous-préfet, prend en 2011 la tête du Bureau central des cultes (BCC), sous tutelle du ministère de l’intérieur. Il se lie avec Franck-Philippe Georgin, le conseiller cultes de Claude Guéant place Beauvau".
 En 2012, Thirode, apprécié pour son calme et son humour british, échange des SMS avec Gérald Darmanin, qui vient d’être élu député du Nord. Lorsque Georgin est nommé directeur des études de l’UMP (de 2015 à 2017), lui aussi consulte régulièrement Thirode, en off, pour conseiller le candidat Sarkozy, notamment sur les questions de laïcité. Lorsque, en 2015, Darmanin prend la tête, avec Henri Guaino, d’une cellule de réflexion sur l’islam en France, Thirode est à nouveau sollicité pour son expertise sur la loi de 1905.
A la tête du BCC, Louis-Xavier Thirode, éminent juriste, rédige le code de la laïcité, avant de claquer la porte de l’établissement en 2013 – un an avant la fin de son mandat – et d’être détaché à la DGSE. « L’installation à ­l’Elysée de l’Observatoire de la laïcité par François Hollande l’a rendu fou furieux. Pour Thirode, le BCC était dessaisi de son expertise juridique au profit de l’Observatoire, dirigé par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, prônant une laïcité ouverte, modérée », note un ancien collaborateur. Défenseur d’une vision « ­gallicane », Thirode propose un contrôle strict des ­religions admi­nistré par l’Etat et une sacralisation de la République. « Il a toujours considéré que l’Etat, l’administration, devait mettre les cultes au pas », résume un ancien ­collaborateur. Avec la fin programmée de l’Obervatoire de la laïcité, il a obtenu gain de cause.
« Thirode est au carrefour des décisions importantes du moment », euphémise François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, qui dénonce la loi contre le séparatisme et l’intrusion de l’administration dans les affaires religieuses. Thirode n’a en revanche pas eu de mal à convaincre ses amis de longue date de soutenir le projet de loi : Haïm Korsia, le grand rabbin de France, et Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande Mosquée de Paris. Thirode et Hafiz se voient en famille. Une familiarité qui autorise le conseiller à adresser des SMS en forme de rappel à l’ordre au recteur quand ce dernier s’émeut publiquement, fin mars, des déclarations de Marlène Schiappa laissant entendre qu’avec la charte de l’islam de France, les imams allaient « reconnaître » le droit au mariage pour les couples homosexuels."

Campagne électorale 2021
Le dimanche 6 juin 2021, vers 13 h, au Centre européen du Judaïsme (CEJ), après que les candidats se soient exprimées devant l'Assemblée générale du Consistoire central de France, a eu lieu l'élection du Grand rabbin de France selon un mode de scrutin non décrit sur le site du Consistoire central. 

Par un vote électronique, 300 ou 330 - le nombre varie selon les sources - grands électeurs l'ont élu pour une durée de sept ans, renouvelable une fois consécutive, et à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés au second tour.

Une élection très importante en cette période de déclins français accentués par le Président de la République Emmanuel Macron.

Les notables électeurs, qui ont du se déplacer souvent de province pour aller voter un lendemain de chabbat, ont signalé par leur vote quel rabbin, avec quelle stature, représente environ 450 000 Français juifs. 

L'organisation du scrutin est assurée par le Consistoire de France présidé par Joël Mergui dont le troisième et dernier mandat a expiré en 2020, et qui a bénéficié en juillet 2019 d'un "délai supplémentaire. Ce vote a été acquis [le 30 juin 2019] lors d’une assemblée générale extraordinaire, à la quasi-unanimité (une voix contre et deux abstentions) des 120 voix. Son mandat s’achèvera donc le 24 octobre 2021". Un vote qui lui a permis d'inaugurer en octobre 2019, avec le Président Emmanuel Macron, le Centre européen du Judaïsme fragilisé par les conséquences de la pandémie du coronavirus

Selon Actualité juive hebdo (15 avril 2020), "300 grands électeurs et leurs suppléants" éliront un des trois candidats. Qui sont-ils ? Un très grand nombre de présidents de communautés, dynamiques ou quasi-inexistantes, et des rabbins au nombre d'une vingtaine ou d'une trentaine selon un familier des arcanes du Consistoire. Pourquoi les rabbins sont-ils si peu nombreux (environ 10%) à élire le grand rabbin de France ?

Trois candidats se présentent à cette haute fonction : Laurent Chalom Berros, rabbin de la communauté de Sarcelles (banlieue de Paris), Mikaël Journo, rabbin de la communauté de Chasseloup-Laubat à Paris (75015), et Haïm Korsia
Je ne "roule" pour aucun des trois candidats à cette fonction.

Au 7 février 2021, le GRF Haïm Korsia n'avait pas annoncé publiquement s'il se représenterait. Aucun rabbin n'avait exprimé officiellement sa volonté de présenter sa candidature. Trop tôt.

En janvier-février 2021, le GRF Haïm Korsia s'est retrouvé au cœur d'un débat sur l'antisémitisme en France et le choix de l'exil, principalement l'aliyah, de Français Juifs. 

Dans le n° 1583 d'Actualité Juive (14 janvier 2021), Ariel Kandel, directeur général de Qualita, association israélienne chargée "d’améliorer de manière significative les chances de réussite des Olim de France, en Israël", a réagi, dans sa tribune, au dossier de la précédente édition de l'hebdomadaire sur "La grande solitude des juifs de France". 

Ariel Kandel a écrit : "Il est en effet peut-être temps de dire tout haut ce que certains pensent tout bas. La France est dépassée. Elle est dépassée dans la lutte contre le Covid, dans la distribution des vaccins mais aussi dans la lutte contre l'islam radical et l'antisémitisme."

Il a poursuivi : 
"Les forces de l'ordre sont dépassées et ne peuvent sécuriser l'immense majorité des sites de la communauté juive. Les tribunaux sont dépassés dans la façon de juger et de condamner les terroristes. Quant à la double allégeance, elle n'existe pas, elle n'existe plus, elle n'a peut-être jamais existé. Certes, il y a plus de 200 ans, les responsables communautaires avaient répondu "Oui ! Jusqu'à la mort" à la question qui leur était posée par Napoléon : "Les juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? Ont-ils l'obligation de la défendre ?" Mais avaient-ils le choix de dire "non" vu qu'ils n'avaient pas où aller ? Ils l'ont d'ailleurs payé au prix fort, de leurs vies, des dizaines de milliers d'entre eux tombèrent pour la France durant la Première Guerre mondiale
Aujourd'hui, les choses ont bien changé. Les juifs vivent en France pour des raisons pratiques, aimant la culture française mais soutenant au mieux la France... lorsqu'elle joue au football. Il y a trente ans, j'ai pris la décision définitive de faire mon Alyah exactement pour cette raison. Des années plus tard, à la question d'un journaliste de France 2 sur les motivations de mon Alyah, je lui répondis qu'à chaque fois que je me faisais "emmerder" dans le métro, personne ne bougeait, y compris aux heures de pointe... Il est temps de comprendre que les proches des juifs vivant en Israël, les enfants de responsables communautaires et les anciens grands rabbins de France qui y vivent également ne sont pas un simple hasard. Il est temps de faire plus, il est temps de faire mieux. On ne peut pas se contenter d'avoir la larme à l'œil lorsque Macron se rend au Kotel. Le sondage de 2015 de l'IFOP commandité par François Hollande sur la communauté des juifs de France avait déjà révélé que 43% d'entre eux souhaitaient faire leur Alyah  : 200 000 personnes. Ce qui voudrait dire que presque tous les juifs dits communautaires en France penseraient à la Alyah. Comment transformer ce souhait en réalité ?
Pour les jeunes, c'est plus simple et les programmes d'intégration Massa sont là pour cela. Pour les parents, c'est plus dur. Ce sera un des défis du prochain gouvernement israélien et nous feront tout pour que ce souhait devienne réalité, pou permettre à nos frères d'aller vivre "là-bas".
Le n° 1584 d'Actualité juive (21 janvier 2021) a publié ce long texte du Grand rabbin de France Haïm Korsia : 
"Je laisse de côté le fait que monsieur Kandel professe forcément un point de vue biaisé, eu égard à son activité professionnelle de responsable de l'association Qualita, un organisme très actif pour aider nos concitoyens à s'intégrer le mieux possible en Israël, car chacun sait les difficultés de langue, d'insertion et d'ancrage sans la si vivante et bouillonnante société israélienne.
Mais je ne peux partager cette vision si amère et la description caricaturale d'une société...
Ceux qui sont morts au front, et ne particulier mon arrière-grand-oncle Abraham Korsia le 22 août 1914 en Belgique, comme des millions de leurs compatriotes, sont morts parce que Français, non parce que Juifs ! Comme il y a plus de 200 ans, les Juifs de Tsarfat, cette si belle occurrence du prophète Abdias, regardent la France comme leur patrie. Et je ne porte pas ceci uniquement parce que j'ai servi dans les armées, mais j'ai consulté les dirigeants de toutes les grandes institutions communautaires sur cette réaction et ils partagent mon point de vue. Notre amour et notre engagement pour Israël sont absolus, et nul n'est besoin de déprécier la France pour aimer plus encore Israël.
C'est le sens de la prière pour la République que nous récitons dans nos synagogues, c'est le sens de l'injonction biblique à ne jamais mépriser l'Egyptien, car, malgré tout, nous avons séjourné en Egypte. J'aime cette idée profondément juive qu'on remercie toujours. Et s'il est toujours concevable, compréhensible et estimable que des membres de la Diaspora aient le projet de s'installer en Israël, sur la terre de nos ancêtres, pour y construire un autre avenir et d'autres espérances, ce projet, que nous aidons en enseignant dans nos synagogues et nos institutions un sionisme et un amour d'Israël aussi sincères qu'inconditionnels, pour être fructueux, ne peut être négatif, c'est-à-dire seulement fondé sur la fuite et la détestation d'un ailleurs. S'installer en Israël est un choix de vie, un choix spirituel, un choix idéologique, un choix libre et positif . Jamais un choix par défaut. Et je sais que les Juifs français qui se sont installés dans le pays où coulent le lait et le miel y ont emmené une partie de l'esprit de la France, de la culture de la France, et qu'ils y reviennent avec tendresse en y conservant toujours des racines fortes.
La France, dans un siècle de mondialisation, est confrontée aux mêmes difficultés et travers que les autres nations ; elle les affronte avec lucidité et, sans qu'il soit question ici de politique, elle porte le souci de la protection de ses citoyens, de tous ses enfants, quelles que soient leurs origines, leur religion ou leur couleur. Les policiers et les militaires devant nos synagogues et nos écoles en sont la parfaite illustration.
La communauté juive de France, certes confrontée à des difficultés spécifiques et victime d'agressions insupportables et tragiquement répétées, est solide, fermement ancrée dans ses valeurs et dans celles de la République, à qui elle a donné et continue de donner de grands serviteurs. Si, depuis le début des années 2000 jusqu'en 2015, nous avons pou souffrir d'une indifférence peut-être plus coupable que tout, les temps ont changé car, enfin, le mal de notre société est nommé. Nous luttons tous, oui, tous, contre l'islamisme radical, celui qui tue en France, et en Israël, ainsi qu'ailleurs dans le monde et nous devons être unis pour affronter cet ennemi commun. Si la communauté juive de France se pose légitimement des questions, comme tous les Français, elle a confiance en son devenir au sein de la Nation, où elle peut affirmer sa spécificité et son talent. Et cet avenir, comme toujours, elle le construira.
J'ai toujours considéré comme un privilège de pouvoir, en ma qualité de grand rabbin de France, l'accompagner dans cette voie".
Le 24 janvier 2021, dans un long post intitulé "Le sens de l'Histoire" sur Facebook, Me Nili Naouri, avocate israélienne à Jérusalem, a fustigé cette tribune :
"Décidément, les propos du Grand rabbin de France, le Rabbin Korsia, me scandaliseront toujours. Il a prouvé une fois de plus dans un papier publié sur ActuJ le 21/01 qu’il ne comprend rien ni à la réalité, ni au sens de l’Histoire, ni à la Torah. Et je pèse mes mots !
La réalité est que la France, gangrénée par l’islam qui l’a choisie car cible facile, n’est plus à même d’assurer la sécurité de la communauté juive. C’est une simple constatation objective. La France n’est ni « lucide » ni « courageuse » ! La France pense bien faire en se soumettant à l’électorat musulman beaucoup plus nombreux que l’électorat juif, et qui sait se montrer violent en cas de non satisfaction contrairement aux citoyens juifs qui ont pour règle de toujours respecter les lois du pays qui les accueille. Non seulement la France ne se mobilise pas pour ses juifs assassinés, mais elle relaxe leurs assassins !
Oui, Israël est aussi confronté aux attentats. La différence fondamentale est que la politique appliquée face au terrorisme est aux mains d’un gouvernement juif et que la sécurité est assurée par Tsahal, nos policiers juifs et par les citoyens eux mêmes qui considèrent comme un frère celui qui est en danger et qui sont capables de risquer leur vie pour lui !
Le sens de l’Histoire est que nous vivons le Retour du Peuple juif sur sa Terre ancestrale ! Le Rabbin cite avec fierté ces juifs qui ont donné leur vie pour « leur pays » (lire : « la France »…) durant la 1ere Guerre Mondiale « morts parce que français, non parce que juifs ». Faut-il lui rappeler ces scènes horribles lorsqu’un soldat juif allemand tirait sur un soldat juif français et qu’il l’entendait réciter le shema Israel en agonisant, et inversement ?! Faut-il lui rappeler que durant la Seconde Guerre Mondiale, les juifs de France sont morts parce que juifs, et menés vers les camps de la Mort par les autorités françaises ?!
Les communautés juives à l’extérieur d’Israël ne constituent pas une « Diaspora », comme l’expliquait mon père, Jacques Kupfer ZAL : C’est un Exil auquel il est grand temps de mettre fin. « Liquidez la Galout, ou la Galout vous liquidera » avait déjà prévenu Zeev Jabotinsky à la veille de la Shoah. L’assimilation et le regain terrible d’antisémitisme prouvent que cette phrase est toujours d’actualité.
Que ce ne soit pas évident pour tout un chacun de manière immédiate de faire son Alyah est tout à fait compréhensible. Mais s’installer en Israël n’est pas un « choix de vie » ! C’est comprendre le Destin de la Nation Juive. Ce n’est pas un « choix spirituel » ! Quelle conception chrétienne de notre identité ! Certes, pas étonnant de la part de quelqu’un qui « se sentait chez soi à Notre Dame de Paris »…
Toute notre Torah a pour axe Eretz Israel. Le don de cette Terre a été le sujet de la Promesse faite à nos Patriarches Abraham, Isaac puis Jacob. Le récit biblique relate la sortie de l’exil de l’Egypte jusqu’à l’entrée en Eretz Israël. Nos prophètes ont rapporté le temps de l’Exil après la destruction du Temple mais ils ont rapporté aussi le temps du Retour à la Patrie avec des détails que nous voyons se réaliser chaque jour sous nos yeux. Le Ramban englobe toutes les mitzvot dans la mitzva de s‘implanter en Israël. Ne pas en avoir conscience est une incompréhension totale de notre Foi au mieux, une infamie au pire.
Le Rabbin Korsia affirme que les responsables communautaires partagent son avis. Pourquoi ne suis-je pas surprise ? Les Explorateurs envoyés par Moshe, à la demande du Peuple, sont revenus en affirmant qu’il était impossible de conquérir Eretz Israel. Il s’agissait pourtant de hauts notables, des responsables de chaque Tribu. Le problème est, d’après nos commentateurs, qu’ils craignaient perdre leur statut de chef de tribu une fois en Israël. Il est temps que la Communauté juive de France ouvre les yeux : si aujourd’hui, les rabbins et responsables communautaires n’encouragent pas, dans leur majorité (D merci il y a des exceptions) à quitter l’Exil c’est qu’ils veulent garder leur titre de président, de vice-président, de rabbin de la communauté x ou y etc… ; c’est qu’ils craignent que leurs ouailles quittent le navire et qu’ils se retrouvent seuls ; c’est qu’ils craignent, s’ils font leur Alyah, de perdre leur titre !
Ces responsables feraient bien de lire l’œuvre « Em Habanim Semeh’a » du Rav Teichtal, rav antisioniste d’avant-guerre, qu’il avait rédigée dans une cage d’escaliers se cachant des nazis, et dans laquelle il se repent ouvrant les yeux sur le destin de la Galout, se rallie à la cause sioniste, émettant une critique virulente contre les rabbins qui avaient exhorté leurs fidèles à ne pas quitter leur pays de résidence pour Israël alors qu’ils auraient pu être sauvés s’ils l’avaient fait.
Contrairement à ce que pense le Rabbin Korsia, je suis intimement persuadée que la communauté juive ne croit plus en son Avenir en France car elle est lucide !
Juifs de France, je sais que quitter la vie que vous avez construite, votre carrière professionnelle, votre environnement social, vos habitudes, vos facilités n’est pas chose aisée. Il faut s’y préparer. Je sais que tourner la page de la France et en recommencer une nouvelle en Israël n’est pas chose facile et peut effrayer. Mais ce sera une page exaltante et qui vous inscrira dans le sens de l’Histoire juive qui aujourd’hui s’écrit en Israël." 
Le 29 janvier 2021, Tribune juive a publié la réponse de Mikael Journo, aumônier général israélite des Hôpitaux de France, secrétaire général de l'association des Rabbins français, conseiller auprès du Grand rabbin de Paris, au GRF Haïm Korsia : 
"Cher Haïm Korsia, Cher Monsieur le Grand Rabbin de France,
Dans l’hebdomadaire Actualité juive daté du 21 janvier, vous ouvrez un débat fondamental sur la place des Juifs en France et leur rapport à Israël. Où sont-ils chez eux ? Doivent-ils choisir entre ces deux pays ? Pour quelles raisons l’Alyah est-elle justifiée ? Pour lesquelles ne l’est-elle pas ?
Vous mettez en garde contre une “Alyah par défaut“, qui ne résulterait pas d’une adhésion à un projet spirituel ni même à un “choix idéologique”, mais qui serait fondée sur le rejet du pays que l’on quitte.
J’aimerais, en tant que Rabbin d’une communauté parisienne, Chasseloup-Laubat, vous rappeler la grande détresse que vivent nombre de membres de nos communautés et qui justifie de ne pas porter de jugement sur ceux inquiets de leur condition de Juif en France.
Reprenons vos propres arguments de ces “difficultés spécifiques” : Ces “agressions insupportables et tragiquement répétées” que subit la communauté juive en ce début du XXIe siècle et “aggravées depuis le début des années 2000 jusqu’en 2015” et qui ont mis en évidence cette “indifférence peut-être plus coupable que tout“.
Peut-on porter un jugement sur ceux qui pensent pouvoir plus facilement accomplir leur judaïsme en Israël ? Ceux qui partent pour pouvoir porter la kippa dans la rue, respecter le  shabbat sans difficultés, offrir une éducation à leurs enfants sans se sentir en danger ?
Qu’il s’agisse de l’antisémitisme, de la pratique des Mitzvots, ou de toute autre raison, il est de notre responsabilité, en tant que dirigeants religieux, de ne pas accabler ceux qui décident de partir et de les accompagner, quelles que soient leurs raisons. 
Dans cette tribune, vous réaffirmez aussi votre appartenance au “franco-judaïsme“, ce courant qui mêle patriotisme français et fidélité religieuse qui fut la doctrine officielle du Consistoire jusqu’en 1940. Vous rappelez à juste titre que le patriotisme des Juifs français ne repose pas seulement sur la Révolution française, mais sur un enracinement exceptionnel.
Nous sommes d’accord pour rappeler que les Juifs font partie intégrante de la Gaule puis de la France depuis deux mille ans. Ils ont servi Julien II, empereur romain, à Lutèce, les rois mérovingiens dans leurs palais de Neustrie et d’Austrasie. Charlemagne les respectait tout particulièrement et envoya un ambassadeur juif à Bagdad. Rashi, les Tosafistes, les sages de Provence, étaient français au point de gloser parfois la Torah dans le langage du pays. Cerf-Berr n’a pas attendu 1789 pour équiper les armées de Louis XV et de Louis XVI. Et en 1940, au moment-même où le piège de Vichy se refermait sur le “franco-judaïsme”, les “Israélites” auto-émancipés redevenus Juifs étaient au premier plan de la France libre et des maquis.
Or, et cela fait aussi partie de notre histoire, le maréchal Pétain a aussi livré aux nazis les soldats et officiers juifs qui avaient servi la France sous ses ordres à Verdun. La Shoah a structurellement refondé ce rapport : pour nombre de Juifs français dont je suis, la collaboration est une tâche indélébile, une preuve de la faillite et de l’abandon de l’Etat.
Depuis cette époque, la plupart de nos coreligionnaires se méfient de ce “franco-judaïsme” qui a mené une telle tragédie notamment en cessant de se qualifier d’ “Israélites”, et en reprenant au contraire le terme franc de “Juifs”. Ils ont renversé la charge de la preuve.
Israël est inscrit dans l’histoire de tous les Juifs du monde qui peuvent y trouver refuge à tout moment. Pour résumer, certes “Sans les Juifs, la France ne serait pas elle-même“, comme l’ont dit un Premier ministre et un Président de la République au cours des dernières années. De même, sans l’horizon d’Israël et l’accompagnement des dirigeants communautaires dans leurs démarches, s’ils le souhaitent, les Juifs ne seraient pas eux-mêmes.
Je vous prie de recevoir, cher Haïm Korsia, cher Monsieur le Grand Rabbin de France, l’expression de mes salutations respectueuses.
Mikael Journo"
Le 29 janvier 2021, sous le titre "Haim Korsia-Mikaël Journo : la controverse (2)", Tribune juive publiait ce texte rédigé en écriture inclusive par Paul Levy, Président du Consistoire régional du Centre Ouest, historien et éditeur :
"Cher.e.s Ami.e.s
Le texte publié par le rabbin Mickaël Journo répondant à la tribune du grand rabbin de France, Haïm Korsia, démontre, de toute évidence, une lecture superficielle, voire tendancieuse, du texte qu’il incrimine.
Son auteur a voulu instrumentaliser les trois principales préoccupations des Juifs français en les sortant de leur contexte historique et politique, lorsqu’il aborde l’antisémitisme, la France sous Vichy et l’Alyah en Israël.
Si son regard avait été quelque peu averti, il aurait pu constater que l’antisémitisme qui sévit en France reste essentiellement le fait de l’islamisme radical qui a frappé aussi bien les enfants de Toulouse, les clients de l’Hypercacher que les journalistes de Charly-Hebdo et les spectateurs du Bataclan. Toute la société française, voire européenne, est touchée par ce fléau. Ces attentats ne sont pas la conséquence de l’antisémitisme traditionnel de l’extrême droite. Il s’agit avant tout du rejet des principes républicains et de la volonté de créer un particularisme islamiste.
Cependant, les gouvernements français tiennent compte de la spécificité des attaques antijuives en protégeant nos écoles, nos synagogues et nos institutions. La création d’une délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la DILCRAH en liaison avec le Bureau de vigilance, le BNVCA, permet d’inventorier les agressions antisémites et de poursuivre leurs auteurs. Enfin, la loi sur les séparatismes, actuellement débattue, va tenter de limiter les atteintes islamistes aux valeurs et aux principes de notre société.
Autre confusion qui est sans doute due à sa méconnaissance de la réalité historique, lorsque le rabbin Mickaël Journo évoque le rôle de Vichy. Fait indéniable, le gouvernement de Vichy a collaboré avec l’Occupant. Cependant, dans son remarquable discours du 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac nous a rappelé que la : « France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n’a jamais été à Vichy ». La France que nous aimons et pour laquelle nous avons combattu se trouvait à Londres et dans la Résistance intérieure. Après les déportations les plus importantes de l’été 1942, le pasteur Boegner de l’Eglise Réformée, Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, Mgr Théas, évêque de Montauban et bien d’autres forces spirituelles et politiques se sont dressées contre les persécutions antijuives, menées par Vichy et les Nazis.
Grâce à leurs actions de sauvetage, c’est en France que nous trouvons le plus grand nombre de Justes de l’Europe occidentale. Deux tiers des Juifs qui vivaient en France ont été sauvés grâce au courage, « au péril de leur vie », de ces hommes et de ces femmes. Contrairement aux Pays-Bas où hélas, les 75 % de la population juive a disparu.
Autre question instrumentalisée par le rabbin Mickaël Journo, car il sait, combien elle nous est chère, à nous Juifs de France ! En dramatisant volontairement la situation des Juifs français, mêlant confusément évènements récents et histoire passée, il a voulu nous faire croire que le grand rabbin Haïm Korsia nous mettait en garde contre l’Alyah. Bien au contraire, si sa lecture avait été un peu plus attentive, il aurait pu lire ces lignes écrites par le grand rabbin qui soulignait l’importance de l’Alyah : « ce projet que nous aidons en enseignant dans nos synagogues et dans nos institutions un sionisme et un amour d’Israël ». De même lorsqu’il évoque une Alyah consciente : « un choix de vie, un choix spirituel, un choix idéologique, un choix libre et positif ».
Autrement dit, Cher.e.s Ami.e.s, je trouve excellent le texte du Grand Rabbin de France, qui répond clairement à nos interrogations de Juifs français. Quant au texte du rabbin Mickaël Journo, en y introduisant des confusions, que je n’ose croire volontaires, il crée des divisions entre nous, Juifs de France, au lieu de nous réunir. Ne serait-ce pas le rôle d’un rabbin que de rassembler ?"
Curieusement, cet éditeur écrit de manière erronée le titre "Charlie hebdo" et qualifie les Français juifs de "Juifs de France". Une question se pose : l'unité devrait-elle s'établir dans le suivisme silencieux ou thuriféraire envers le GRF Haïm Korsia ? Que serait le Judaïsme sans questionnements ?

Important journal israélien créé en 1997, Makor Rishon (31 janvier 2021) rappelle avec ironie que le GRF Haïm Korsia, qui reproche à Ariel Kandel sa partialité, reçoit son salaire de l'Etat, que les forces de l'ordre ne protègent plus visiblement les synagogues, et que le rabbin Mikael Journo souligne que, sans le soutien de l'Etat d'Israël aux Français juifs, "leur situation ne serait pas la même". Il souligne que le GRF Haïm Korsia "souhaite continuer à occuper ses fonctions et a envoyé son texte aux 330 « électeurs » votant à l'élection du Grand rabbinat, et que le rabbin Mikael Journo songerait à se présenter à cette élection.

Pour Dov Maimon, responsable pour l'Europe du Jewish People Policy Institute, le Grand rabbin de France proposerait "d'aimer Israël à distance, littérairement aliéné de lui. Il est tombé amoureux de sa galout [exil].”

Le 7 février 2021, Tribune juive a publié le texte "A Monsieur le Grand-Rabbin de France par Michel Gurfinkiel", éditorialiste, essayiste et signant cette lettre en avançant ses fonctions consistoriales : administrateur du Consistoire Central et administrateur du Consistoire de Paris
"Monsieur le Grand-Rabbin de France,
Le 25 janvier dernier, vous avez adressé par courriel un « Message » à divers Grand-Rabbins et Rabbins, à des Présidentes et Présidents de Communauté, et à d’autres personnes – notamment, je le suppose, des membres du Conseil du Consistoire Central -, que vous qualifiez plus simplement de « Chers Amis ».
Un « Message du Grand-Rabbin de France », acheminé sous le sceau du Consistoire Central, c’est a priori quelque chose de rare et donc de solennel. En tout cas, le simple membre du Conseil du Consistoire Central et Ami que je suis n’en a pas souvent reçu (exception faite des déclarations ou communiqués cosignés avec le président du Consistoire Central).
Je m’attendais donc à un texte particulièrement important dans l’ordre thoranique ou halakhique. Lorsque j’ai ouvert votre « Message », je n’ai rien trouvé de tel, hélas, mais menue polémique.
M. Ariel Kandel, le directeur de l’organisation francophone israélienne Studio Qualita, venait de publier une opinion sur l’aliyah des juifs français dans le journal Actualité juive. Vous en désapprouviez la teneur, ce qui est votre droit. Vous aviez fait parvenir votre propre opinion, fort différente, au même journal, ce qui peut ou ne peut pas être votre droit : car le Grand-Rabbin de France a tout de même un rang à tenir, bien au dessus d’un duel d’ op-ed. Mais ce qui est plus discutable encore, c’est que vous ayez ensuite diffusé votre texte de façon officielle, ex cathedra, par le biais de votre secrétariat. En affirmant que « beaucoup d’entre nous » partageaient votre « stupéfaction » devant le billet de M. Kandel.
M. Kandel dit assurément des choses dures sur la France, ou sur son déclin. Mais est-ce interdit à un Israélien d’origine française ? Et est-il interdit à un juif français de 2021 de partager un tel diagnostic, partiellement ou entièrement ? Au nom de quelle police de la pensée, de quel « politiquement correct » parfaitement étranger – pour le coup – aux traditions profondes de ce pays ? Tout le monde en France s’interroge actuellement sur la France, sans concession ni ménagement, de même que tout le monde en Amérique redoute ou constate un déclin américain. Pourquoi les juifs n’auraient-ils pas le droit de prendre part à de tels débats ?
M. Kandel observe que la condition juive en France, qui n’a jamais été parfaite, semble se détériorer. Là encore, consultez les médias, personne (parmi les observateurs de bonne foi) ne le nie plus : ni juif, ni gentil.
Enfin, M. Kandel conclut en donnant raison aux juifs français, nombreux, qui ont fait leur aliyah, et à ceux, non moins nombreux, qui envisagent de la faire. Il n’est pas seulement dans son rôle professionnel, comme vous le notez cavalièrement. Il est dans la droite ligne de tous ses engagements personnels puis qu’il avait fait lui-même fait ce choix dans sa jeunesse.
Je veux bien admettre que votre ardent patriotisme ait été froissé. Mais – la chose est assez étrange – vous souscrivez en fait à la plupart des propos que vous prétendez réprouver. Vous parlez longuement des réussites morales et matérielles du sionisme, de « l’amour absolu » des juifs pour Israël. Et vous énumérez tout aussi longuement les raisons que les juifs français ont eu, depuis l’an 2000, de douter de leur avenir. S’il fallait procéder à une analyse statistique de votre texte, les phrases ou paragraphes qui confirment M. Kandel l’emporteraient sur ceux qui l’infirment.
Dès lors, où voulez-vous en venir ? Pourquoi accabler un interlocuteur dont vous n’êtes pas si loin ? Que reprochez-vous réellement à M. Kandel ? Peut-être de ne pas souscrire à un narratif qui vous est cher, et qui, de l’an II à l’an Quarante, fut en effet cher à tous les Israélites français : celui d’une fusion entre le Décalogue et les Droit de l’Homme, d’un amalgame entre le messianisme biblique et le messianisme républicain, d’une assimilation qui serait en même temps une fidélité. Je suppose que ce ne sont pas seulement les grâces vintage de ce narratif qui comptent pour vous, mais que vous y voyez aussi un modèle qui pourrait, dans une France du XXIe siècle, être repris par d’autres communautés et contribuer à apaiser de graves tensions. Il est fort possible que vous en parliez autour de vous – à l’Institut, par exemple – et qu’on vous écoute attentivement.
Malheureusement, comme le suggère M. Kandel (et comme, en définitive, vous en convenez aussi) ce narratif ou ce modèle n’a pas apporté, en son temps, tout ce qu’on attendait de lui. Il n’a empêché ni l’affaire Dreyfus, ni les lois de Vichy. De telle sorte que la grande majorité des juifs français lui préfèrent aujourd’hui un narratif plus large, où s’inscrit également le sionisme. C’est peut-être contre-intuitif, mais c’est ainsi : « Dieu écrit droit sur des lignes courbes », disait Paul Claudel. Les juifs français ont découvert qu’ils étaient plus pleinement français, et plus profondément respectés par leurs concitoyens, depuis la restauration d’un Etat juif en Terre Sainte.
Vous attachez beaucoup d’importance à la chose militaire, à juste titre. Les juifs français ont été de bons et de grands soldats français tout au long des XIXe et XXe siècle ; et ce sont des ingénieurs juifs qui, souvent, ont forgé les meilleures des armes françaises, notamment dans l’aviation et la marine. Mais on a longtemps persisté, ce nonobstant, à douter de leurs capacités guerrières ou de leur loyauté. C’est la saga de Tsahal, à partir de 1948, qui a rendu son plein honneur sur ce plan, ou son plein prestige, au peuple juif tout entier et aux juifs français en particulier.
De même, vous le savez ou devriez le savoir, les efforts du Rabbinat dit concordataire, ou post-concordataire, n’ont pu empêcher, jusqu’aux années 1950, un dépérissement du judaïsme en tant que religion. C’est Israël, à travers la résurrection de l’hébreu et le retour à l’Etude, qui nous a rendus à notre foi. Et qui a accru notre légitimité, notre éclat, parmi les familles spirituelles françaises.
Je suis sûr, Monsieur le Grand-Rabbin de France, que vous voudrez remonter de l’arène où vous n’auriez pas du descendre, et employer vos talents, qui sont grands, à la défense et illustration du judaïsme traditionnel de notre pays et de Klal-Israël. Il vous faudra aussi, à cette fin, empêcher tels ou tels de vos amis de mal vous défendre en attaquant urbi et orbi le rabbin Mickaël Journo, qui a voulu s’exprimer à sa manière sur l’affaire Kandel. Sans quoi vous n’empêcherez pas nombre de juifs français d’attribuer d’autres motivations, infiniment plus prosaïques, à votre indignation et à la leur. Ce qui n’est pas ni ne saurait être.
Veuillez agréer, Monsieur le Grand-Rabbin de France, et cher Ami, l’assurance de mon profond respect.
Administrateur du Consistoire Central
Administrateur du Consistoire de Paris"
Ce débat public montre que l'antisémitisme en France et le devenir des Français juifs - en France, en Israël, voire ailleurs ? - se trouvent déjà placés au centre de cette élection. Et que, débutée dans un hebdomadaire communautaire print et web, cette controverse s'est close par un média électronique.

Le discours du Grand rabbin de France Haïm Korsia s'avère classique, régulièrement réitéré par lui, mais déconnecté de la réalité : une France qui a supprimé le service militaire et rogné sur ses dépenses militaires face à un djihad mondial, a accepté de croissants abandons de sa souveraineté nationale au profit de l'Union européenne (UE), est dirigée par des politiciens médiocres ainsi que par une alliance entre le "gouvernement des juges" et le quatrième pouvoir (médias) "politiquement corrects", ne sait/peut/veut enrayer ses déclins - économiques, moraux, éducatifs, etc. - et assimiler des immigrants, principalement musulmans - une partie refuse l'assimilation à laquelle le Président Emmanuel Macron est opposé -, etc. Et durant la Première Guerre mondiale, ces "Fous de la République" ont eu à cœur de prouver aussi que, contrairement aux stéréotypes antisémites, ils n'étaient pas couards ou traîtres, mais de courageux et fervents patriotes. 

Interrogé par Actualité juive (n° 1593, 25 mars 2021), Alexis Blum, ancien rabbin de la synagogue de la rue Ancelle, à Neuilly (banlieue huppée située à l'ouest de Paris) qui a fait son aliyah, a qualifié le grand rabbin Haïm Korsia, de dernier des "patriotes républicains". "Pas la peine de creuser, il n'aime pas les conflits. On ne sait jamais s'il est ironique", commente la journaliste Eve Boccara. Alexis Blum a aussi déclaré : "En Israël, vivent nos trois enfants et nos douze petits-enfants, nous pourrons les voir grandir. Et puis, on trouve aujourd'hui plus de rabbins français en Israël qu'en France". 

Le GRF Haïm Korsia a éludé les questions fondamentales soulevées par Ariel Kandel, en particulier les faiblesses de la France dans la lutte contre l'antisémitisme, la peur de nombreux coreligionnaires face à cette violence antisémite islamique non jugulée, la décision de dirigeants communautaires français, dont les GRF René-Samuel Sirat et Gilles Bernheim, de faire leur alyah ou d'acheter des appartements en Israël... Des centaines de milliers de Juifs ont été contraints de quitter leur pays d'origine, des Etats musulmans, pour faire leur aliyah, car l'Etat d'Israël était l'un des rares, voire le seul, à les accueillir. Et je connais peu de Juifs français ayant fait leur aliyah qui reviennent en France ou parlent de ce pays "avec tendresse". Quand la page est tournée...

Dans deux articles du journaliste Cnaan Liphshiz, JTA et The Jerusalem Post m'ont citée, en particulier sur mes remarques concernant "la distance entre des dirigeants communautaires français juifs, préservés de la violence antisémite émanant généralement de musulmans, et leurs coreligionnaires/concitoyens lambdas. Des dirigeants souvent perçus plus comme des porte-paroles du pouvoir politique auprès de leurs coreligionnaires, que l'inverse. L'effet d'une vingtaine d'années d'agressions anti-juives.

En 2018, le devenir des Français juifs avait déjà été abordé par le rabbin et le président d'une communauté juive parisienne consistoriale proche de la Grande synagogue de la rue des Victoires. Et en termes directs. Preuve que cette question existentielle taraude nombre de Français juifs déstabilisés et inquiets par les mutations de leur pays.

Dans le calendrier israélite 2018-2019 de la synagogue consistoriale Berith Chalom, le regretté Salomon Malka, alors son rabbin, avait écrit : 
"L'Europe n'a pas de mémoire. Elle a vécu l'impensable et puis la guerre finie, elle a juré "plus jamais cela". Elle croit se rattraper par une politique conciliatrice avec les migrants et continue à se laisser ronger par un antisémitisme qui ne se cache plus. Les juifs réfléchissent sur leur devenir et sont plus nombreux à opter pour d'autres destinations plus clémentes. Quelque part nous faisons partie de ces biscornus qui par paresse et parfois par inconscience pensons à des lendemains meilleurs parce que le pouvoir en place offre une parole agréable sans aucune garantie sur le futur. Il reste Kippour et son lot d'espoir. Les sages pourtant avertissent que la partie est loin d'être gagnée. La prière n'est qu'un palliatif". 
Le calendrier israélite 2019-2020 de la synagogue Berith Chalom s'ouvrait sur un texte de Sam Attia, président de cette communauté : 
"Les actes antisémites qui se sont produits ces dernières années ne trouvent pas la qualification exacte qui s'impose. Y-a-t-il une volonté de la part de la justice de taire cette évidence, ou bien est-ce nous qui semblons être frappés de paranoïa ?
Les faits sont bien là. La population juive se replie sur elle-même dans les quartiers les plus sûrs de la capitale pour échapper à une communauté hostile. Devrons-nous éternellement vivre dans la crainte ? Devrons-nous déployer plus de moyens pour simplement protéger nos enfants durant leur trajet qui les mènent au collègue ou au lycée ? L'antisémitisme est-il si difficile à combattre en France ou y-a-t-il une incapacité à le faire ? Beaucoup de questions qui attendent des réponses. Les instances communautaires, certains intellectuels et certains hommes politiques font tout leur possible pour lutter contre ce fléau.
Pour l'instant il ne nous reste qu'à compter sur nous-même et faire preuve d'une extrême vigilance en attendant un climat meilleur".
Le regretté rabbin Salomon Malka y avait déploré :
"On conteste le droit à la Mila (circoncision, Ndlr) parce qu'on prétexte défendre le droit de l'enfant. On nie le droit à la Cacherout parce qu'on croit protéger le droit de l'animal. Bientôt on n'aura pas le droit au repos du Chabbat parce qu'on se distinguerait des autres donc danger dans la demeure. On oublie l'entourloupe du port de la kippa, affaire classée parce que désignée signe ostentatoire, et la double nationalité, problème prétendu de non respect et infidélité. Pour le moment à cause probablement d'autres urgences, comme les contestations étudiantes et surtout les manifestations hebdomadaires engendrant des casseurs de tous bords, on laisse tous ces interdits futurs en suspens. 
Cette année a été marquée par la recrudescence des actes antisémites et leurs banalisations. Bien que les pouvoirs publics et à leur sommet le Chef de l'Etat ont condamné fermement ces abominations, il paraît difficile de trouver les moyens efficaces pour les annihiler. Il y a une sorte de démission au nom de la sacro-sainte devise de la démocratie qui autorise la libre opinion et le droit d'expression. La seule alternative de notre communauté se focalise à sa migration vers des frontières plus clémentes, notamment en Israël.
Lorsque l'année 5780 est annoncée, l'être se met à espérer que les coups reçus devront cesser pour laisser place à un meilleur comportement. On croit au pouvoir de changement des femmes et des hommes raisonnables. Mais faut-il au moins reconnaître les blessures commises pour les empêcher de se reproduire. Faisons confiance à notre optimisme cette année encore même s'il n'a plus l'intensité des décennies antérieures. Le rapport avec D. étant constant, l'année nouvelle garante et ses promesses sont une évidence céleste".
Décédé du coronavirus Covid-19 au printemps 2020, l'éminent rabbin Salomon Malka a été enterré en Israël où vivent une partie de sa famille, dont ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Sur Radio J, le grand rabbin de France a nié en mai 2021 avoir voulu polémiquer.

Lancée vers mars 2021 sur Change.org par Stéphane Attal, créateurs des agences "Zap !" puis "Les Influenceurs" et auteur de "Influencer, c'est la communication d'aujourd'hui : L'opinion publique, arbitre de la communication des idées et des marques" (2016), la pétition "Pour une nouvelle candidature de Haim Korsia, Grand Rabbin de France" qui a reçu 724 signatures (pour un objectif de 1000) :
"L'élection du Grand Rabbin de France est prévue le 6 Juin 2021.
Soutenons Haim Korsia afin qu'il se présente pour un nouveau mandat. Il a tant fait pour le Judaisme Français et chacun de nous, notre communauté a besoin de lui.
Encouragez le à poursuivre sa mission !
Le système électoral du Consistoire Central ne permet pas aux fidèles de voter, cependant, en nous mobilisant individuellement, nous lui montrerons notre attachement à son travail quotidien, sa pensée et  sa vision du Judaisme Français".
Cette pétition renvoyait vers la page Facebook du Groupe de soutien à la candidature de Haïm Korsia. Combien de membres ? 4 597. Ses administrateurs : Chantal Elgherabli, qui travaille chez Paris Aéroport, Clara Isus-Selaudoux, étudiante, à ISMaPP-Ecole Supérieure en Management Public, Salomé Izzas, secrétaire, à Max Total Alimentos, et Stephane Attal, Paris.

Le GRF Haïm Korsia a été l'invité de visioconférences organisées par le CRIF, l'UEJF et le BNVCA sans actualité particulière les justifiant... Des organisations qui, curieusement, n'ont pas procédé de même avec les deux autres candidats. Pourquoi ? 

Le 16 avril 2021, Le Monde a publié « Le Concordat, c’est aussi un engagement des religions à défendre les valeurs de la République », tribune de Mendel Samama. "Rabbin à Strasbourg, Mendel Samama analyse les effets sur son sacerdoce du régime concordataire qui, en Alsace et en Moselle, organise les relations entre les religions et l’Etat, et fait de lui un « rabbin d’Etat ». Un sujet d'actualité. Aucune organisation juive française ne l'a publiée sur son site Internet. Pourquoi ? Une reprise de cet article aurait été gratifiante pour son auteur, et suscité une saine émulation parmi les rabbins.

Dans leurs interviews, Laurent Chalom Berros et Mikaël Journo ont exposé les grandes lignes de leurs programmes. Une critique en creux du bilan du candidat sortant caractérisé notamment par la persistance de problèmes liés au guet (divorce religieux), malgré la création d'un tandem homme-femme chargé au Consistoire de dossiers délicats et en partie en raison de la mauvaise volonté de l'époux récalcitrant.

Mikaël Journo bénéficiait de la page Facebook Le Judaïsme du Cœur - Soutien au rabbin Mikaël Journo.

"A quelques jours des élections au poste de Grand Rabbin Haïm Korsia, a souhaité  réunir des forces vives du judaïsme français afin d’échanger à propos de thématiques importantes concernant l'avenir de la  communauté communauté juive". L'affiche annonçait des intermèdes musicaux : Aaron Hayoun, 1er ministre-officiant, Hazan de la Victoire, le Rav Yehuda Berdugo, cantor. L'événement s'est achevé avec l'office d'Arvit. Une pièce d'identité et un billet permettait d'accéder à la réunion. En raison du couvre-feu, "des attestations pour le retour" étaient "prévues pour ceux qui habitent loin".

Le 2 juin 2021, à partir de 19 h, à la grande synagogue de la rue des Victoires joliment décorée de roses blanches, des dirigeants d'organisations juives françaises (UEJF, OSE) et des rabbins ont loué dans cette prestigieuse synagogue le GRF Haïm Korsia qui a prononcé une allocution. Aucun des orateurs ne portait de masque. 

Durant cette "soirée formidable", le "grand rabbin de France Haïm Korsia s’est adressé à la communauté pour communiquer sa vision et nous bénir pour les 7 années à venir", a posté sur Facebook Stéphane Attal. Une réunion privée diffusée sur YouTube et en direct sur Facebook

Le site Internet de la célèbre synagogue indique les tarifs pour la location de ses salles : la "privatisation de la Grande Synagogue pour une bar ou bat mitsva en dehors des offices publics M. (membres): 950 € - NM. (non membres) : 1200 € - dimanche et fériés : M.: 1200€ - NM. : 1500 €".

Le 4 juin 2021, le grand rabbin Gilles Bernheim a posté sur cette page son soutien :
"SOUTIEN AU GRAND RABBIN HAÏM KORSIA
En cette veille de Shabbat qui précède l'élection du Grand Rabbin de France, je tiens à apporter mon indéfectible soutien au Grand Rabbin de France Haïm Korsia.
Par son enseignement de Torah à tous, ses prises de position sur les problèmes de société, son action de terrain à travers toute la France et par son comportement d'une grande  humanité, il fait honneur au judaïsme français.
Je connais personnellement ces responsables communautaires, hommes et femmes qui mettent leur temps au service de la communauté.
Je sais qu'ils auront à cœur en ce dimanche 6 juin de renouveler leur confiance au Grand Rabbin de France.
J'adresse au Grand Rabbin Haïm Korsia toutes mes bénédictions."
Mais Batia Cohen a commenté : "Ah non on veut du changement...Rabbin Michael JOURNO...TOP!!"

Claude Bendavid a posté une image de Charlton Heston interprétant Moïse dans le film de Cecil B. de Mille et portant les deux Tables de la Loi sur lesquels sont inscrits les  Dix Commandements, avec ce texte "KORSIA RABIN DE FRANCE TU SERAS". Dans le respect du droit d'auteur ?

Soutiens d'Olivier Kaplan et du Consistoire Israélite du Haut-Rhin (1er juin) ainsi que  des témoignage vidéo du rav Pinto (2 juin) étaient égrenés au fil des jours... Comme lors de campagnes présidentielles de Nicolas Sarkozy ou d'Emmanuel Macron.

Le 6 juin 2021, à 6 h 48, Stéphane Attal a posté ce texte sur cette page Facebook :
"A l’orée de l’élection du Grand Rabbin de France,  le C.C.J. 94,  tout en reconnaissant les  qualités des autres candidats,  apporte un soutien  particulier au grand rabbin Haim KORSIA en espérant sa réélection.
Au vu du mandat en tout point exemplaire qu’il a accompli au poste de grand rabbin de France, de la dignité et de l’intelligence de la fonction de représentation qu’il a su assurer depuis la base communautaire jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, en passant par toutes les catégories de la société et de la sphère médiatique, nous souhaitons qu’il poursuive sa mission dans l’intérêt supérieur du judaïsme français 
Le Conseil des Communautés Juives du Val-de Marne (CCJ 94)"
Le site Internet https://grf2021.fr a diffusé une biographie, neuf newsletters, une profession de foi, un agenda (du candidat ou/et du GRF ?), des rubriques Ouvrages, Actualité - "tribune publiée dans Le Figaro du 17 avril 2021, faisant suite à l’arrêt de la Cour de Cassation de ne pas poursuivre pénalement le meurtrier de Sarah Halimi - et Médias avec des interviews vidéos, dont la déclaration de candidature annoncée lors de questionnements par les journalistes Olivier Lerner et Brigitte-Fanny Cohen

Le "Site est la propriété de l’association Espoir 2021, sous le numéro W751224615 dont le siège est situé au 121, boulevard Diderot 75012 Paris. 
Le directeur de la publication est Monsieur Moise Lewin".

Pétition sur Change.org, page Facebook de soutiensite Internet https://grf2021.fr actualisé... La campagne électorale électronique du GRF Haïm Korsia a recouru à une panoplie variée d'outils de communication digitale, privilégiant les réseaux sociaux, et révélant un professionnalisme ainsi qu'un budget conséquent. En cette période où tant de Français juifs, fragilisés par trois confinements, ont du mal à boucler leurs fins de mois, cette campagne pourrait peut-être sembler déconnectée d'une réalité si difficile, et ses promoteurs très éloignés de leurs coreligionnaires lambdas. 

Le 6 juin 2021, s
ur Twitter, Jack-Yves Bohbot, vice-président du Consistoire Central de France, trésorier du Consistoire de Paris, président de la synagogue Nazareth (Paris), et chroniqueur Radio Shalom et Israël Actualités, a couvert en direct cette élection concernant une communauté juive française d'environ 450 000 âmes.

Au Centre européen du Judaïsme, Joël Mergui "revient sur les faits marquants de l’année passée et bien sûr sur la crise épidémique qu’a traversé notre pays : « Nous avons respecté les règles sanitaires et nos dirigeants ont accompagné ces décisions avec courage ». Il "se félicite de la décision du gouvernement permettant d’augmenter le niveau de la déduction fiscale pour les dons (déductibilité des dons réalisés au bénéfices d’associations cultuelles de 66% à 75%, Ndlr). Cette mesure permettra de faire face aux nombreuses difficultés financières que connaissent nos communautés. Les rapports moral et financier sont adoptés à une très large majorité", a twitté Jack-Yves Bohbot.

Ensuite, ont pris la parole pendant dix minutes devant l'Assemblée générale les rabbins Mikaël Journo, Haïm Korsia puis Laurent Berros. 

Les électeurs ont recouru à un "petit boîtier électronique" pour voter. 

Le 6 juin 2021, vers 13 h, le GRF Haïm Korsia a été réélu par "189 voix sur 254 votants au premier tour, soit 74,4% des suffrages exprimés" ; "pour être élu, le candidat doit réunir 170 voix". "Le rabbin Laurent Berros a obtenu 34 voix (13,38%), et le rabbin Mikael Journo 30 voix (11,81%). 

Pas de vote blanc ou nul ?! Le taux de participation s'élevait à 84,6%. Et si l'on rapporte les 189 voix au collège de 300 électeurs, le taux s'élève alors à 63%. Combien de rabbins ont voté pour Haïm Korsia ?

"Le Président du Consistoire a annoncé les résultats en félicitant chaleureusement le Grand Rabbin de France et a appelé l’ensemble des présidents et des rabbins à soutenir la poursuite de la mission du Grand Rabbin de France."

"Le Grand Rabbin Haïm Korsia s’est adressé à l’assemblée, pour la remercier de la confiance renouvelée qu’elle lui a témoignée, avant d’affirmer la nécessité absolue de travailler dans l’unité."

Sur Radio J, le 7 juin 2021, le GRF Haïm Korsia a évoqué "un chemin d'espérance. Il faut retisser le lien avec la communauté nationale pour comprendre le caractère essentiel de l'apport du Judaïsme à la France. Il faut relancer la question des études juives en France".

"Pour les prochaines années, il a promis de réformer le Séminaire israélite, d'où sortent seulement 3 à 6 rabbins par an, pour "qu'il soit beaucoup plus une école d'application" et prône de suivre le programme inter-religieux "Emouna" de Sciences-Po."

"Il devra aussi faire revenir les fidèles dans les synagogues, après des mois de crise sanitaire. "Il faudra capitaliser sur ce qui a été inventé", dit-il faisant allusion aux outils numériques, mais aussi "ne pas abandonner le lien".

"A son actif pendant son premier mandat : l'interpellation des responsables universitaires sur les dates d'examens pour qu'elles ne tombent pas les jours de Shabbat, ou encore le règlement des cas problématiques pour les femmes de divorce religieux."

Pendant la campagne, certains de ses adversaires lui ont reproché d'être "trop politique" et de ne pas assez s'occuper des communautés. Le grand rabbin répond qu'il agit, en toute discrétion. Et qu'il fera tout pour gagner la confiance des 26 % n'ayant pas voté pour lui.

Gad Weil, coprésident de Judaïsme en mouvement (courant libéral), interrogé par l'AFP, aimerait qu'il mette en place "une réflexion commune" associant les rabbins de tous les courants "sur la place du judaïsme en France".

"Il a une oreille pour toutes les tendances du judaïsme. Il a mis en haut de sa liste la dignité des femmes", affirma à l'AFP Pauline Bebe, première femme rabbin en France, qui appartient au courant libéral (minoritaire), le 6 juin 2021.

Les félicitations d'édiles - la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, le marie du XVIIe arrondissement de Paris Geoffroy Boulard -, de dirigeants communautaires - le président du FSJU Ariel Goldmann, le président du CRIF Francis Kalifat -, et d'associations diverses - UEJF, AJC Paris, Conseil français du culte musulman (CFCM) - ont abondé sur les réseaux sociaux.

Actualité Juive (n° 1602, 10 juin 2021) a consacré deux pages à cette élection du GRF. "Parmi les 254 grands électeurs, nombreux étaient venus spécialement de province", y a écrit le journaliste Jonathan Nahmany qui cite six grands électeurs, dont un grand rabbin.

Rédactrice en chef, Yaël Scemama avance l'idée que le retrait de Joël Mergui et la probable élection du "très probable candidat" Me Elie Korchia au poste de Président du Consistoire de France ont peut-être joué en faveur du GRF Haïm Korsia, dont "le renouveau s'inscrit dans la continuité". Elle évoque "les rumeurs et les calomnies, venant de toutes parts" ayant couru lors des dernières semaines et dont "le journal n'a pas voulu se faire l'écho". 

"Depuis le début de la campagne, en avril, on a entendu parler de l'emploi fictif et des nombreuses maîtresses d'un candidat, du barbecue sous couvre-feu organisé par un autre, nécessitant l'intervention de la police et entraînant une demande de destitution de sa fonction de rabbin. On évoque régulièrement des menaces et des intimidations...
Si tout le monde reconnaît à Haïm Korsia un solide carnet d'adresses et une forte influence dans les allées de la République - il fut notamment proche de Jacques Chirac -, d'autres lui reprochent de se concentrer sur ce seul rôle de représentation et de ne pas être assez présent au quotidien. Pour compenser leur absence de surface nationale, ils promettent, s'ils sont élus, de mieux associer les communautés locales aux décisions et de s'occuper davantage d'une jeunesse tentée par le repli religieux. "L'erreur depuis des années a été d'attendre les gens dans les synagogues au lieu d'aller les chercher ", insiste Laurent Berros. "Le grand rabbin n'est pas un homme politique", renchérit Mikaël Journo."  
Interviewé par Yaël Scemama, le GRF Haïm Korsia a cité Léon Blum, mais pas la Bible. "Pour refaire communauté après une année de crise communautaire", il a préconisé de "capitaliser sur ce qui a été inventé pendant la crise, c'est-à-dire le zoom, sans abandonner ce qui est le trésor de notre communauté, à savoir le lien humain". Le Judaïsme est rarement mentionné dans cet entretien. 

Sur sa tribune en réponse à la chronique d'Ariel Kandel, le GRF a déclaré :
"Des choses inadmissibles avait été écrites par votre contributeur hebdomadaire. J'ai redit les choses comme je les pensais et sans acrimonie en associant, dans ce texte, toutes les organisations juives, même si j'étais seul à signer le texte puisque je l'avais écrit. Ce qui m'a le plus fait plaisir furent les positions des deux anciens directeurs de l'Agence juive en France qui m'ont remercié pour les précisions que j'avais faites. Oui, les juifs français sont profondément et intimement fidèles à la République et oui, ils sont aussi intimement et profondément liés à Israël".
Sur l'assassinat de Sarah Halimi, le GRF Haïm Korsia a dit :
"Nous avons réussi, de mon point de vue, une chose extraordinaire. D'abord, la loi va changer. Laissons maintenant les avocats travailler pour déterminer les chances judiciaires d'une réouverture du dossier. J'ai pris des risques en critiquant ouvertement dans la presse une décision de justice. Mais je l'ai critiquée parce qu'elle était critiquable. Au fond, et ne l'ai pas fait seul, la majorité des partenaires politiques et de l'opinion publique pensaient que cette décision était inadmissible. Avec le président de la communauté juive de Lille, Guy Bensoussan, nous allons faire un livre sur le docteur Sarah Halimi qui sera édité à 250 000 exemplaires et que l'on offrira partout. Ce livre sera consacré à sa vie et à ses engagements avec de nombreux textes et contributions. Nous voulons faire découvrir qui était cette femme, ce docteur, directrice de crèche et engagée pour la jeunesse. Un médecin qui avait donné du sens à sa vie."
Sarah Halimi représente à la fois l'exemple du Français juif loué par le GRF Haïm Korsia et son contre-exemple : une femme médecin qui a choisi de travailler dans une crèche juive et qui, apeurée et insultée impunément par un antisémite, songeait à faire son aliyah pour rejoindre en Israël sa famille.

Le projet du GRF : "Etre engagé pour servir... Chaque communauté a des besoins spécifiques et il faut immédiatement s'atteler à la réforme du Séminaire israélite de France. Il faut adapter l'Ecole rabbinique aux réalités et aux besoins des communautés. Je veux, notamment, que les élèves rabbins aient un dialogue ouvert et soutenu avec les autres cultes, je le veux. Ils feront le Séminaire Emouna de Sciences Po. Les faire travailler dans le contexte de cette école prestigieuse est une chance, cela ouvrira nos élèves à d'autres horizons."

Une critique indirecte de la formation dispensée au Séminaire ? La formation par Emouna, dans un Institut d'études politiques gangrené par l'islamo-gauchisme et affaibli par la discrimination positive, apporterait-elle THE solution ? Et ce, quand tant de communautés provinciales manquent d'argent pour rémunérer décemment un rabbin qui devrait, en outre, bénéficier de perspectives de carrière ?

Une réélection qui confère une légitimité particulière : son premier mandat succédait à une période intérimaire consécutive à un scandale, son second mandat devrait lui permettre d'imprimer sa marque par des mesures importantes.

Et ce, dans un contexte favorable caractérisé par la fin du mandat de Joël Mergui, qui avait été amené à défendre le judaïsme orthodoxe contre des avancées du judaïsme libéral et demeure préoccupé par la situation financière du CEJ qu'il préside. Les électeurs espèrent que les relations entre le GRF et le prochain président du Consistoire de France se noueront dans l'harmonie, et non plus dans la tension.

Mais ce Consistoire sera dirigé par un duo politique composé d'un rabbin proche de l'élite dirigeante et d'un président, familier des arcanes consistoriales, avocat, et chargé des relations avec le pouvoir politique. 

Judaïsme en mouvement
Le 15 juin 2021, Judaïsme en mouvement a publié sa "lettre de félicitations que nos co-présidents ont adressée à Haïm Korsia, réélu Grand Rabbin de France :
"Monsieur le Grand Rabbin de France,
C’est avec grande joie que nous avons appris votre réélection et le niveau du score qui vous conduit à pouvoir exercer un nouveau mandat. Vous représentez un judaïsme républicain, que nous aimons.
Comme vous le savez, Judaïsme En Mouvement représente une autre sensibilité juive que celle du Consistoire devenue au fil du temps une sensibilité orthodoxe.
Mais devant les défis qui s’accumulent sur la tête des Français juifs, il nous paraît souhaitable qu’un dialogue serein puisse enfin s’ouvrir entre le Consistoire et Judaïsme En Mouvement.
En espérant que vous partagerez cette opinion, sachez que vous nous trouverez toujours présents à vos côtés pour faire entendre la voix de la France, de la République et de ses valeurs qui sont aussi les valeurs du judaïsme.
Jean-François Bensahel et Gad Weil
Co-présidents de Judaïsme En Mouvement"
Elections régionales et départementales 2021
Le 14 juin 2021, le Consistoire de France, le CRIF et le FSJU ont publié un communiqué de presse 
appelant les électeurs à "se mobiliser pour aller voter massivement aux élections départementales et régionales les 20 et 27 juin", afin de "faire barrage aux partis extrémistes qui mettent la République en danger."

Et ces organisations ajoutent : "Les solutions politiques aux problèmes que rencontrent les Françaises et les Français ne se trouvent ni dans le rejet et l'exclusion, ni dans la complaisance clientéliste, mais dans les principes d'une République unie et solidaire."

"Les institutions juives s’inquiètent particulièrement du risque de voir le Rassemblement National remporter une ou plusieurs régions, et appellent à la mobilisation le plus large possible pour éviter de voir une ou plusieurs régions présidées par un parti dont les valeurs abîment le pacte républicain."

"Les institutions juives appellent également à ne pas apporter de voix à La France Insoumise dont les complaisances coupables affaiblissent également la République."

Le 16 juin 2021, le Consistoire israélite de Marseille diffusait un communiqué similaire signé de Michel Cohen Tenoudji, son président.

Il précisait : "Le danger dans notre région de voir le Rassemblement National remporter cette élection est réel. La communauté juive est inscrite au cœur de la République et nous vivons à Marseille en parfaite harmonie. Il est aussi de notre devoir de faire en sorte que cela continue. Ne laissez pas les autres décider pour vous".

Le 21 juin 2021, ces organisations juives françaises ont publié le communiqué "Second tour des élections départementales et régionales 2021 : Faisons barrage aux extrêmes" :
"Le Crif, le Consistoire Central, et le Fonds Social Juif Unifié appellent les électeurs à se mobiliser pour aller voter massivement le 27 juin prochain et pour rejeter les extrêmes. 
Le Crif, le Consistoire et le FSJU constatent avec soulagement que résultats du 1er tour des élections régionales n'ont pas vu la montée du Rassemblement National annoncée dans les sondages. Malgré une abstention très forte qui affaiblit la démocratie, les Institutions Juives de France se félicitent du "bon sens républicain" de l'immense majorité des votants qui ont ainsi apporté leurs suffrages aux partis fidèles aux valeurs de concorde, loin des messages d'exclusion ou de stigmatisation.
Face à la menace d'une victoire du RN en PACA, les Institutions Juives appellent les responsables politiques à tout faire pour présenter un front unique face à la liste de Thierry Mariani. En envisageant le maintien de sa liste au second tour, Jean-Laurent Felizia, porte l'immense responsabilité de favoriser le basculement d'une région vers le RN.
Par ailleurs, les Institutions Juives s'inquiètent de l’annonce en Ile-de-France et en Centre-Val de Loire d’une alliance contre-nature à gauche avec La France Insoumise. Elles rappellent notamment les fréquentes dérives complotistes, la complaisance vis-à-vis des discours indigénistes et la défiance face à la République au sein de LFI.
Dimanche prochain, face au RN et à LFI, la mobilisation et la "vigilance républicaine" doivent rester de mise."
LREM a subi une énième cuisante défaite à ces deux élections locales...

Olim à la Victoire
Le 23 juin 2021, le Consistoire de France et l'Agence Juive ont organisé la cérémonie annuelle au cours de laquelle les Français juifs faisant leur alyiah sont bénis. A la grande synagogue de la rue des Victoires, des dirigeants communautaires ont béni ces olim. 

"Quitter son pays est une épreuve, un pari sur l'avenir. Vous allez être très prochainement des ambassadeurs de France en Israël", a déclaré le GRF Haïm Korsia.

Curieux, car Israël est aussi l'Etat des Juifs dans son berceau historique (Eretz Israël). Ce qu'avait rappelé Herzl dans son essai Der Judenstaat

Et, une fois l'aliyah effectuée, la nationalité israélienne obtenue, l'insertion dans la société réussie, ces olim voient le lien avec la France se diluer dès la deuxième génération, et parfois dès la première génération pour les plus jeunes.

Eric Zemmour/Election présidentielle 2022
Sur Actualité juive hebdo (n° 1611 du 2 septembre 2021), le GRF Haïm Korsia a été interrogé sur l'élection présidentielle de 2022, les extrêmes de gauche et de droite. Il a incité les électeurs à aller voter, pour "s'exprimer comme un citoyen et diminuer d'autant le poids des extrêmes". 

Sur la possible candidature de l'essayiste et éditorialiste Eric Zemmour, le GRF Haïm Korsia a  précisé :
"Je ne suis pas un commentateur politique. Je n'ai donc pas à commenter les candidatures des uns et des autres, et encore moins les potentielles candidatures. De mon point de vue, chacun est libre de se présenter à cette fonction. S'y présenter signifie vouloir assumer l'ensemble des prérogatives de cette fonction et non pas uniquement la fonction de dénonciation et de stigmatisation des uns ou des autres. Un président de la République doit être capable de porter de l'attention à chacun. C'est être empathique et instiller de l'espérance et non pas uniquement faire des constats. Pour l'instant, les candidatures se multiplient, mais elles ne restent que des intentions. Nous verrons bien. ". 
A la question "N'y-a-t-il pas un "phénomène Eric Zemmour" ? Il séduit énormément dans la communauté...", le GRF HaÏm Korsia a répondu :
"Dire que Pétain a protégé les Juifs français est une ignominie. Lui trouver la moindre excuse, voire l'appeler de son ancien titre de maréchal est faire une énorme erreur d'autant que la justice lui a retiré cette appellation. C'est jouer sur les ressorts de la société française et oublier les travaux incroyables de Serge Klarsfeld qui a retrouvé le documenta confirmant que Pétain a, de sa main, durci les conditions de mise à l'écart des Juifs de la société française. Quiconque prône une différence entre Juifs français et Juifs installés en France ne peut pas envisager d'incarner, à un moment ou un autre, la République".
"On peut, hélas, pressentir des tentions à l'aune de ces prochaines élections présidentielles. Prévoyez-vous d'intervenir dans ce débat politique ?", a interrogé l'hebdomadaire. Et le GRF HaÏm Korsia a considéré : 
"Il faudra sans doute le faire, ne serait-ce pour rappeler l'importance de voter. Les responsables religieux n'ont pas vocation à donner des consignes de vite, sauf à rappeler que les extrêmes sont toujours des dangers pour les sociétés. Nulle part au monde l'extrême droite ou l'extrême gauche au pouvoir n'a amené du bonheur à la société. Bien au contraire. Leur arrivée est toujours une mauvaise nouvelle et en premier lieu pour les Juifs.
J'entends les uns et les autres croire que la fermeté prônée par certains est la solution à tout. Or, dès que l'on hait quelqu'un dans la République, les suivants sur la liste sont les Juifs. Je vous renvoie là encore au livre de Charles Donner, La France goy. Ce livre montre que l'antisémitisme était le point de focalisation de tant de mouvements hostiles à la République. Aujourd'hui aussi, l'antisémitisme est le point de focalisation de l'extrême-droite et de l'extrême gauche".
Quid de l'islam et de sa compatibilité avec les valeurs de la République française ?



Rabbin Haïm Korsia, A corps et à Toi. Ed. Actes Sud, coll. Le souffle de l’esprit. Paris, 2006. 57 pages. ISBN : 2-7427-6497-6
    
Cet article a été publié le 4 avril 2010, puis le 12 mai 2014.

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