mardi 9 janvier 2018

L'Arche, magazine du FSJU (11/11)


L’Arche est un "magazine du judaïsme français" créé en 1957 et édité par le Fonds Social Juif Unifié (FSJU). Gestion opaque, décideurs communautaires peu compétents en matière de presse, argent communautaire dilapidé en procédures judiciaires liées à des violations du droit par le FSJU parfois reconnues par la justice, montages juridiques bizarres, adaptation tardive et ratée à Internet ainsi qu'aux réseaux sociaux, crise médiatisée, faible audience... L'Arche, "un média Fonds Social Juif Unifié", s'avère emblématique des failles des médias juifs français.

1ère partie : Un paysage médiatique Juif français contrasté
4e partie : La réaction de Virginie Guedj-Bellaïche, journaliste à Actualité juive hebdo et Osmose.

Créé en 1957, L’Arche est un "magazine du judaïsme français" imprimé sur papier de qualité. Sa périodicité a évolué au fil des décennies : revue mensuelle, et depuis 2011 trimestrielle. Sa pagination : environ 160 pages dans les années 2000.

L'Arche est édité par le Fonds Social Juif Unifié (FSJU). Ainsi, le directeur du FSJU, actuellement Gérard Uzan, est le directeur de cette publication. Son équipe a évolué au fil des changements de directeurs de publication.

Crise médiatisée
Le 24 février 2011, par une lettre-circulaire électronique, Jacques Bénichou, directeur général du FSJU et de L'Arche, a annoncé aux 73 collaborateurs - journalistes, universitaires, dessinateurs, etc. - de L’Arche « une pause dans leur collaboration » et les a exclus de la réflexion sur l’avenir du journal. Un envoi collectif que Pierre Besnainou, alors président du FSJU, qualifiera de « maladresse ».

Le 9 mars 2012, sur RCJ, alors que l'essayiste Alain Finkielkraut, lecteur et ancien collaborateur de L'Arche, soulignait que L'Arche n'était pas ni un "jouet" ni une "danseuse" et que, si "un journal a des lecteurs", un "site Internet a des navigateurs", ce même président du FSJU a reconnu : " Nous avons mal préparé la suite. Cela n'aurait pas du se passer comme cela". Et Pierre Besnainou s'est prévalu d'une "décision du Bureau exécutif du FSJU après une réflexion de 18 mois" et a qualifié l'envoi par Internet de ce courrier d'"inacceptable dans la forme".

Le 8 mars 2011, Libération écrivait : « Avec 2 000 à 2 500 abonnés et 200 à 300 numéros vendus, selon les chiffres de Besnainou, ce magazine perd de l’argent ». Alors président du FSJU, Pierre Besnainou a argué de problèmes financiers graves affectant L’Arche. « L’audience de L’Arche est de plus en plus faible. Nous n’avons pas arrêté de pousser la communication […] Dernièrement, nous avons envoyé 300 000 mails, et nous avons eu très peu de retour », a-t-il déclaré. Et de préciser qu’il s’agissait de transformer « L’Arche papier en Arche.fr ». Un site qui republierait les archives de L'Arche. Quant à la version imprimée, elle deviendrait trimestrielle. Quid des droits d'auteur à négocier pour cette republication ?

Cette double mutation  a suscité l’opposition de la quasi-totalité des collaborateurs du magazine dénonçant le 15 mars 2011, dans Libération, « un sabordage politique », « un aveuglement », et l’oubli d’« un des fondements du judaïsme, sa part symbolique, la dimension particulière de l’écrit et du « Livre ». Ce même journal a publié la pétition de soutien La fin du mensuel «l’Arche» ? Un regard juif menacé de disparition :
"Ce mensuel existe depuis 1957, il est diffusé en France, en Israël, dans toutes les sphères du monde juif, mais il est également lu dans des milieux autres que juifs et c’est toute sa richesse et sa force. L’Arche se lit en Europe et outre-Atlantique, en Pologne, aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique, en Italie… Il se trouve dans les librairies du Quartier latin comme dans les centres culturels étrangers, lu par les non-juifs, les juifs laïques ou religieux, de tous horizons politiques et socioculturels. Chaque mois, ce magazine exigeant se fait l’écho de la pluralité des opinions qui agitent chacun d’entre nous, Français de gauche, de droite, appel JCall, Raison garder, pratiquants et agnostiques confondus. Chaque mois, il apporte de l’intelligence, de la curiosité, de l’information sur toutes les questions, sur tous les sujets - politiques mais aussi philosophiques, talmudiques, littéraires, culturels, sans oublier évidemment l’humour.Chaque mois, il porte un regard juif sur un monde en mouvement. Sa disparition annoncée serait un désastre, qui n’est hélas pas dû qu’à la seule mauvaise conjoncture économique qui frappe la presse papier aujourd’hui. C’est un sabordage politique qui a été décidé unilatéralement par l’institution qui l’a créé et qui en avait la responsabilité, le Fonds social juif unifié (FSJU). Le sacrifier aujourd’hui sur l’autel de la technologie ou de la rentabilité relève de l’aveuglement autant que de la bêtise.Mais c’est surtout passer à côté d’un des fondements du judaïsme, sa part symbolique, la dimension particulière de l’écrit et du « Livre » nécessaire aux uns comme aux autres".
Parmi les signataires : "Geneviève Brisac écrivaine, Pascal Bruckner écrivain, Claude Cohen-Tannoudji prix Nobel de physique, Elisabeth de Fontenay philosophe, Didier Decoin secrétaire général de l’académie Goncourt, Gabriel Farhi rabbin, Alain Finkielkraut philosophe, Dan Franck écrivain, André Glucksmann philosophe, Ilan Greilsammer essayiste, Mireille Hadass-Lebel universitaire, Karine Tuil écrivaine, David Kessler conseiller d’Etat, David Klatzmann professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie, Rivon Krygier rabbin, Claude Lanzmann écrivain, cinéaste, Marceline Loridan-Ivens cinéaste, Joëlle Losfeld éditrice, Gila Lustiger écrivaine, Malka Marcovich historienne, Jacky Mamou collectif Urgence Darfour, Jean-Jacques Moscovitz psychanalyste, Paul Otchakovsky-Laurens éditeur, Michaël Prazan réalisateur, Gilles Rozier écrivain, Léo Scheer éditeur, Pierre-André Taguieff sociologue, Yves Ternon historien, Jean-Pierre Winter psychanalyste, Michel Zaoui avocat, Valérie Abécassis journaliste, Gad Abittan journaliste, Pierre Antilogus journaliste, Corrine Bacharach Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Anne-Marie Baron professeur, Frédérick Casadesus journaliste, Michaël de Saint-Cheron auteur, Michel Derczansky essayiste, Raphaël Draï universitaire, Monique Feldstein journaliste, Janine Gdalia écrivaine, Dominique Godreche journaliste, Olivier Guez journaliste, Philippe Gumplowicz écrivain, Michèle Kahn écrivaine, Francine Kaufmann universitaire, Yitskhok Niborski universitaire maître de conférences en yiddish, Inalco, Edith Ochs traductrice, Hélène Schoumann journaliste, Jérôme Segal chercheur, Ariel Sion mémorial de la Shoah, Antoine Spire journaliste, Jacques Tarnero documentariste, Michel Taubmann journaliste, Philippe Trétiack journaliste"
 .
Hormis cette pétition, les membres de la rédaction de L'Arche opposés à cette mutation ont vite cessé de se battre. Incapacité à concevoir et appliquer un plan d'actions ? Refus d'affronter une institution communautaire majeure, par crainte des conséquences (non-invitation à des colloques) ou par solidarité juive ? Dans ce domaine, comme en matière de lutte contre l'antisémitisme, des intellectuels écartés de ce magazine n'ont pas su se défendre, ni défendre leur idéal.

Le 22 septembre 2011, Témoignage chrétien affirmait que L’Arche disposait de « 2 900 abonnés pour 500 à 600 exemplaires vendus en kiosque » début 2011. Curieusement, les statistiques diffèrent les unes des autres, alors qu’elles émanent du même FSJU...

Il semble que des dirigeants du FSJU, généralement sans expertise journalistique – entrepreneur, Pierre Besnainou avait confié à des journalistes la direction de la rédaction de Tribune juive qu’il avait acquise pendant quelques années ; Gil Taieb est « docteur en chirurgie dentaire » ; Patrick Chasquès, directeur de la communication, Marc Abensour, ancien directeur administratif et financier chez Natixis, etc. - et de L’Arche n’ont pas su au fil des années mieux positionner ce magazine ni prendre pendant plus d'une décennie le bon virage Internet. N’en ont pas appliqué les règles : fréquence rapide des publications, mises en page éclatées, synergie entre web, blog et réseaux sociaux, etc. Ont lancé des campagnes d’abonnement sans dynamiser parallèlement le site Internet de L’Arche et sans jouer des synergies entre les versions imprimée et numérique de L’Arche. N’ont pas associé à leurs réflexions et actions les collaborateurs de L’Arche, ce qui les a vraisemblablement privés d’avis éclairés de journalistes compétents et expérimentés dans la presse écrite et les médias électroniques.

Au printemps 2012, le site Internet de L’Arche présentait des articles du romancier Yann Moix sur le terrorisme et de l’universitaire Eric Marty sur les assassinats d’enfants Juifs par Mohamed Merah, et, dans la rubrique Culture Life Style, des textes datant de septembre 2011, le Tweet le plus récent de L’Arche remontait à 141 jours !

Dans son n° 1213 (7 juin 2012), Actu J indiquait Les ambitions de L'Arche nouvelle formule. "C'est Internet que le magazine veut conquérir", résumait cet hebdomadaire. Curieusement, pour présenter ces ambitions, ce n'était pas le rédacteur en chef, Shlomo Malka, mais Marc Abensour, chargé des finances du journal, directeur général adjoint du FSJU et "un de ceux qui ont décidé de la nouvelle périodicité du journal" - trimestrielle - qui s'exprimait. "La diffusion sur Internet est prometteuse, explique-t-il. Nous visons 20 000 visiteurs pour les débuts, puis autour de 50 000 visiteurs mensuels dans les trois ans à venir". Des visiteurs qui devraient pouvoir consulter les anciens numéros de L'Arche, en ligne et gratuitement. "Peut-être pas tous", précise M. Abensour. Il est vrai qu'avec plus de six cents numéros, le passage au numérique sera un travail titanesque. Et qui aura un prix... Le site n'hébergera sans doute pas de fil d'information ni de dépêches. Il proposera en revanche des articles politiques, des chroniques culturelles et des blogs". Aucune information n'est donnée sur le coût actuel et futur de L'Arche, sur la raison du changement de rédacteur en chef, etc.

Au cours de l'été 2012, RCJ diffusait des annonces publicitaires présentant quelques titres du sommaire du numéro estival de ce "magazine du judaïsme français" et invitant les auditeurs à l'acheter dans leurs "kiosques habituels". Le 6 octobre 2012, ce trimestriel indiquait être diffusé essentiellement dans près de 70 kiosques et librairies parisiennes.

Le site Internet de L'Arche présentait quelques articles du numéro d'août 2012, ainsi qu'un lexique de Twitter. Joke : l'auteur de ce lexique ignorait le mot hashtag. Parmi les signataires d'articles, des journalistes de RCJ, tels Jonathan Siksou et Paule-Henriette Lévy. Pour la rubrique Expositions : Rachel Rimmer, responsable de la Communication de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), et Ariane Charton, "spécialisée dans l'étude de l'époque romantique"...

Échecs des nouvelles formules

L'Arche consacrait son numéro d'octobre 2012 à un dossier sur Pierre Mendès France comprenant une interview du Président François Hollande sur cet homme politique et l'antisémitisme. Ni le Président ni les journalistes Salomon Malka et Dominique Laury n'ont qualifié l'attentat antisémite de Toulouse contre l'école Ozar HaTorah de djihadiste ou d'islamiste, ni abordé la diplomatie française, notamment à l'égard de l'Etat d'Israël.


Le 4 décembre 2012, un petit tour dans ce site Internet montre un Tweet vieux de 31 jours, soit du 2 novembre 2012,  indiquant : « Nous vous remercions pour vos messages sur le site et cette page facebook. Malheureusement nous ne pouvons pas encore publier les feedback, mais nous en tenons bien entendu compte  » - un message présent aussi, et c'est le seul, sur la page Facebook de L'Arche magazine L'article  IFeelSmart, l’iPhone grand écran remonte au 30 septembre 2012. Toujours en page d'accueil, l'annonce d'un article de la "rédaction" sur l'exposition du peintre Yoël Benharrouche qui s'est achevée le... 4 novembre 2012. Etc. Etc. Etc. Quel thème abordé dans ce site web est susceptible de séduire les jeunes Internautes ?

Dans son n°1253 du 1er mai 2013, Actu J publiait l'interview de Robert Ejnès, directeur général du FSJU depuis l'automne 2012, par Yaël Scemama. Curieusement, ni la journaliste ni ce dirigeant communautaire n'évoquaient L'Arche ou les raisons du départ rapide de Jacques Bénichou de la direction générale du FSJUEt quand Robert Ejnès a quitté début 2014 sa fonction au FSJU pour celle de directeur du CRIF, nul média n'a enquêté sur les raisons de ce turn over inquiétant à la direction d'une fédération communautaire majeure. Des sujets tabous ?

Il faut attendre le n°1297 (10 avril 2014) de cet hebdomadaire pour que Yaël Scemama interviewe, sans le relancer, Pierre Besnainou sur son bilan. Et ce président en fin de mandat déclarait : "On a un journal au moins aussi bon que dans le passé, une audience au moins aussi importante, et un équilibre financier qui ne pèse pas sur la collecte". Bref, la situation demeurerait inchangée. Alors pourquoi toutes ces modifications ? Et sur qui pèse l'équilibre financier ? Pierre Besnainou ne communiquait pas le montant du budget, les nombres d'exemplaires publiés et ceux vendus, etc. C'est d'autant plus curieux que son second objectif lors de son élection en 2006 était de maintenir au FSJU "cette culture Rothschild de la transparence et de l'efficacité dans l'action".

Depuis plus de six ans, le FSJU ne communique pas les résultats des deux "nouvelles" formules de la désormais trimestrielle L’Arche lancées à l’automne 2011, puis à l'automne 2012. Pour la promotion de cette seconde formule, le FSJU a recouru à plusieurs reprises à la mailing list d'un site Juif sur Internet. En 2013, il a payé des annonces publicitaires publiées par Actu J. A quel coût, avec quels résultats en terme d'audience conquise et gardée ? Mystère.

Quelques constats. L’Arche a vu défiler trois rédacteurs en chef en un an, dont deux pour sa nouvelle formule – Laurent-David Samama, âgé de 24 ans et membre du comité de la rédaction de La règle du jeu, puis Shlomo Malka, et trois directeurs de la publication en trois ans. Ce qui fait un peu beaucoup. Le 31 juillet 2014, Shlomo Malka a annoncé qu'il présentait son dernier journal radiophonique sur RCJ, mais demeurait rédacteur en chef de L'Arche.

Si loquaces en 2011 pour alléguer des nombres contradictoires d'abonnés - 2 000 ? 2 500 ? 2 900 ? - annoncés pour justifier les modifications de la formule du magazine, les dirigeants du FSJU demeurent silencieux sur le nombre d'abonnés plus de six ans après la mutation de ce magazine et sur la fin de la collaboration de 70 contributeurs. S'il s'avérait que cette énième formule est un échec - à quel coût ? -, le FSJU le reconnaîtrait-il ? Et dans l'affirmative, le pourrait-il sans engager la responsabilité des dirigeants ayant initié ces réformes et qui demeurent aux rênes de cette organisation ? Par ailleurs, pourquoi aucun média communautaire - RCJ, Actu J, etc. - interviewant ces dirigeants ne manifeste la moindre curiosité sur ce sujet ?


Les « personnalités de l’envergure du sociologue Michel Wieviorka ou de la philosophe Blandine Kriegel » annoncées en 2011 dans Témoignage chrétien par Patrick Chasquès, alors directeur de la publication de L’Arche, ont-elles rejoint L’Arche ? Non. Il est curieux d'avoir évoqué le sociologue Michel Wieviorka qui déclarait en mars 2012 au Monde, après cet attentat islamiste à Toulouse : "La France se trouve en effet dans un contexte historique où l'antisémitisme est, dans l'ensemble, moins prégnant ; on n'a pas le sentiment que, contrairement à il y a une dizaine d'années, les juifs sont menacés de manière générale... Il y a eu un pic lorsque l'identification à la cause palestinienne a rencontré un courant de sympathie en France. Aujourd'hui que les ennemis d'Israël sont des groupes violents comme le Hamas ou le Hezbollah, cette identification est plus difficile. Des changements sur la scène géopolitique ont changé la donne..On peut même avancer que la hantise de l'islam prend de telles proportions que l'antisémitisme trouve un espace réduit". No comment !

Après la deuxième formule de L'Arche (octobre 2012), force est de constater que ses dirigeants ne parviennent pas à jouer de la synergie entre le magazine print (imprimé), le site Internet et les réseaux sociaux : ainsi, le 31 juillet 2013, aucun des articles de la page d'accueil du site Internet n'est commenté, rares sont les posts sur le mur Facebook de L'Arche commentés ou likés, etc.

Mais il ne faut pas désespérer : une troisième formule sera peut-être lancée par le FSJU, avec qui sait, un quatrième rédacteur en chef...

En outre, L’Arche n’a plus recouru à ses quelques 70 collaborateurs. Ce qui pénalise en particulier les journalistes et les dessinateurs. Blessés par la lettre-type électronique du FSJU, des collaborateurs se sont interrogés avec angoisse en particulier sur leurs modes de rémunération et leurs droits. Rappelons qu’au programme du candidat Gil Taïeb aux élections législatives de juin 2012 figure la « défense des acquis et octroi de nouveaux droits sociaux ».

Par ailleurs, en 2012, le FSJU  a lancé le magazine annuel, Balagane, qui est passé de 40 pages à 84 pagesCurieusement, le FSJU a trouvé les moyens financiers pour ce "jewish culturel magazine", devenu le "magazine du Festival des cultures Juives", et distribué gratuitement. Combien de lecteurs à ce magazine ? Quel coût et quelles retombées ? Re-mystères.

Le souci du FSJU de gestion optimale de son budget est compréhensible et juste. Mais on ne déshabille pas David pour habiller Simon, ni Rachel pour habiller Sarah. Pourquoi le FSJU n’a-t-il pas proposé aux journalistes de L’Arche des emplois par exemple dans RCJ ou Akadem ? Ne serait-il pas envisageable par exemple de scinder en deux ou en trois Objectif santé de Karen Taïeb ou Hors antenne de Paule-Henriette Lévy afin de libérer des créneaux horaires pour d’autres émissions ? Ce qui ne pourrait qu’être bénéfique à RCJ et serait conforme à son histoire. 

Verra-t-on un jour un radiothon pour des collaborateurs de L’Arche, à l’instar de celui annuel « organisé à l’occasion de la campagne nationale pour la Tsédaka » (justice, en hébreu ; campagne annuelle de collecte de fonds dirigée par le FSJU) ? Quel est le coût financier de RCJ ou de Communauté nouvelle, magazine mensuel soutenu par le FSJU et longtemps dirigé par Patrick Chasquès, directeur (2014-2017) du FSJU ? Quels sont les résultats financiers, et en termes d'abonnements, de cette énième relance de L'Arche ?

De plus, combien a coûté au FSJU le rassemblement place du Trocadéro du 22 juin 2010, à l’initiative de plusieurs organisations communautaires et visant à afficher le soutien à l’Etat d’Israël peu après la « Flottille pour la paix » et à exhorter à la libération de l’otage franco-israélien Guilad Shalit ? Co-organisée par Gil Taïeb, cette manifestation n’a attiré qu’environ 3 200 personnes selon la police, au plus 5 000 individus, et non les 15 000 allégués alors par les organisateurs.

Le 8 septembre 2014, le vénérable magazine Juif américain Forward a publié l'article French Jews, Escaping to Israel Is Not the Answer (Juifs français, fuir en Israël n'est pas la réponse) de Laurent-David Samama qui épingle la nouvelle orientation de L'Arche. Pourquoi avoir exhorté ses compatriotes et coreligionnaires à demeurer en France dans un article en anglais publié par un magazine américain ? Un tel article en français n'aurait-il pas eu plus d'audience auprès du public visé ? A moins que l'auteur ait voulu assurer aux  Américains Juifs que tout va bien en France, que le gouvernement Valls lutte avec efficacité contre l'antisémitisme et que les Français Juifs ont tort de songer au départ, etc. A lire les commentaires des Internautes, Laurent-David Samama n'a pas convaincu ces derniers. Il y a oublié de citer l'assassinat de Sébastien Selam en 2003, l'extrême-gauche antisioniste, etc. Pourquoi ? Il a déploré le récent focus croissant sur l'Etat d'Israël de L'Arche qui "perd lentement son identité socialiste". Il a allégué avoir réuni lorsqu'il en était le rédacteur en chef "une équipe de penseurs établis populaires et de nouveaux écrivains prometteurs pour dire aux lecteurs comme il était intéressant d'être un Juif en France - en opposition aux regards toujours tournés vers Israël. Cette ligne éditoriale a échoué. Nos lecteurs ne pouvaient absolument pas accepter le changement. Ils étaient - et malheureusement sont toujours - plein d'informations biaisées venant de blogss et de sites Internet non professionnels". Bref, ce n'est pas de la faute de Laurent-David Samama, mais celle des lecteurs et de la direction du FSJU qui a mis un terme prématuré à cette orientation. N'y avait-il pas d'autres raisons ? Quel dommage que Laurent-David Samama ne nomme pas ces "penseurs établis populaires" et ces "nouveaux écrivains prometteurs" Pourquoi cet homme de gauche n'informe-t-il pas ses lecteurs que s'il a manifesté de l'intérêt pour mon dossier sur les Juifs Noirs, il ne l'a pas publié dans L'Arche ? Pourquoi L'Arche devrait-il avoir une "identité socialiste" ? Il est financé par le FSJU qui doit respecter un principe de neutralité. A se positionner à gauche sur l'échiquier politique français, il s'éloigne d'une partie non négligeable des Français Juifs. Quelles "informations biaisées" ? Quels "sites non professionnels" ? Deux liens Internet renvoient vers Dreuz et vers JSSNews qui tous deux ont répondu vertement. Laurent-David Samama croit-il qu'il soit si facile de créer un blog ou site Internet, de l'alimenter en informations, de le faire monter en puissance, et de tromper les Internautes par un contenu erroné ? Il écrit aussi : "En France, une diversité d'opinions peut encore être exprimée en politique et dans les médias". Mais non, le "politiquement et islamiquement correct" caractérise la classe politique et les médias français. Ce qui explique le fossé croissant entre eux et les Français lambda

Laurent-David Samama a conclu : "La fuite est-elle vraiment la solution ? L'aliyah résout-elle tous les problèmes des Juifs français (sécurité, jobs, éducation) ? Tous les Juifs qui se précipitent en Israël croient-ils vraiment qu'il est plus facile d'être une part d'un pays constamment en guerre, une terre jamais apaisée, un Etat sous la constante menace d'attaques terroristes et de la montée possible d'une nouvelle Intifada ? La France souffre probablement de problèmes sociaux profonds, d'une incapacité à intégrer ses récents immigrants et d'une organisation politique désespérément datée, mais elle demeure un des pays les plus paisibles et beaux au monde. Aussi longtemps que cela ne change pas, il y aura toujours un avenir pour les Juifs en France". Cette description de l'Etat d'Israël, dénuée de toute spiritualité, semble étonnante et affligeante. La France ne vit-elle pas au rythme des Intifadas : émeutes urbaines récurrentes, manifestations violentes de la "rue arabe", d'un niveau élevé du nombre d'agressions antisémites, etc. ? Pourquoi ne pas nommer des immigrants musulmans ? Dans ce beau pays de France, Laurent-David Samama arborerait-il une étoile de David ou une kippa, par exemple à Barbès ou en Seine-Saint-Denis ? Pour les Juifs espagnols au XVe siècle, pour les Juifs allemands des années 1930, pour les Juifs marocains dans les années 1960, la fuite a été la solution. Et l'affaire du Dr Lionel Krief prouve que nous n'en sommes pas si loin.

Le 9 juillet 2015, interviewé sur Radio J, Shlomo Malka a refusé d'indiquer le tirage de L'Arche. 

En 2016, il a co-rédigé  avec son frère Victor Le Grand désarroi. Enquête sur les Juifs de France. Tous deux « ont interrogé des intellectuels, des responsables religieux et associatifs, assisté à des colloques, scruté le fait juif dans des livres et films contemporains, dans les discours des musulmans  ». Et ils n’ont jamais entendu parler de l’affaire Krief !? Une non-affaire.

Quelle est l'audience de L'Arche ? Quel est son coût ? Comment son site Internet s'articule-t-il avec celui de RCJ, radio de la fréquence juive francilienne financée par le FSJU ? La publication de ses posts sur les réseaux sociaux est irrégulière...


Arrêt inique du "gouvernement des juges"
En septembre 2017, un litige de droit du travail et de droit de la propriété littéraire et artistique a opposé le FSJU et un ancien journaliste/photographe de L'Arche devant la Cour d'appel de Paris ainsi composée : Brigitte Delapierregrosse, présidente, Rémy Le Donge L’Henoret, conseiller, et Philippe Michel, conseiller 

Lors de cette audience devant la Cour, Me Muriel Kahn Herrmann, avocate du FSJU, a allégué que L'Arche était un "support de communication" du FSJU. 

Un "support de communication" payant, vendu en kiosques, dont la crise en 2011 est couverte par les principaux médias hexagonaux, et en faveur duquel se mobilisent de célèbres intellectuels français, notamment non-juifs ?! Et qui couvre l'actualité française, les grands événements politiques ou autres mondiaux, notamment en Israël, la culture, etc. ?  Un support pour quelle "communication" ? Et  poursuivant quels buts ? En janvier 2017, L'Arche, qui se présentait comme le "site d'information et de débat du judaïsme français", a publié l'interview d'Emmanuel Macron, candidat d'En Marche et élu en mai 2017 Président de la République. Une interview pour servir "la communication" du FSJU ? Les autres médias du FSJU - radio, print, Web, etc. - servent-ils eux aussi "la communication" du FSJU ? 


Curieusement, la Cour d'appel de Paris a considéré que le FSJU n'était pas une "entreprise de presse" ! Or, le FSJU revendique ses médias surmontés de son logo : RCJ, radio de la fréquence juive francilienne disposant d'un site Internet, de comptes sur les réseaux sociaux et d'une chaîne Youtube, une presse imprimée - revue « L’Arche », bimestriel, « Communauté nouvelle », Hamoré, « revue du FSJU dédiée aux enseignants et éducateurs juifs », Balagane, « magazine des cultures juives » -, AKADEM, « campus numérique juif », le site Internet Judaicine.fr  qui « promeut les films israéliens et à thèmes juifs en France et dans le monde francophone », Kesharim, newsletter « des acteurs de la vie juive », etc.


En outre, l'article 2 de la loi du 1er août 1986 définit l'entreprise de presse comme « toute personne physique ou morale ou groupement de droit éditant, en tant que propriétaire ou locataire gérant, une publication de presse ou un service de presse en ligne ». Et ce, sans requérir que cette activité soit exercée à titre exclusif ou principal. Par ailleurs, L'Arche répond à la définition de la publication de presse : « tout service utilisant un mode écrit de diffusion de la pensée mis à la disposition du public en général ou de catégories de publics et paraissant à intervalles réguliers ». Une jurisprudence constante se réfère à cette définition législative. En 2013, la Cour de cassation "a admis la possibilité d’accorder la qualification de journaliste professionnel à une personne sans que l’employeur soit une entreprise de presse".

La Cour d'appel a aussi allégué que L'Arche "constitue une entité distincte" du FSJU !? Et cela, sans avoir abordé cette allégation fausse et infondée lors des débats !? Et alors que le FSJU n'avait jamais nié publier ce magazine et avoir rétribué l'appelant.

Une aberration attentatoire au principe du contradictoire, une violation flagrante des droits de la défense, et d'autant moins admissible que le magazine L'Arche est toujours présenté, sous le logo-type du FSJU, comme un "média Fonds Social Juif Unifié", et que le journaliste ayant attrait en justice le FSJU a été payé par chèque du FSJU puis par "Virement FSJU" à son compte bancaire


Quant à la lettre de Jacques Bénichou, directeur de la publication L'Archeen date du 23 février 2011, envoyée à tous les employés du magazine pour les informer qu'il suspendait la publication de ce magazine et donc leur collaboration, la Cour a indiqué que Jacques Bénichou, "certes directeur du FSJU, est également directeur de la publication de L'Arche". Donc, un hasard ? Pour la Cour, ce courrier ne prouvait aucun lien de subordination entre ce journaliste et le FSJU. Pourquoi cette lettre a-t-elle l'en-tête-logo du FSJU suivi de la mention "Le Directeur Général", et en bas de page les coordonnées du seul FSJU, "association reconnue d'utilité publique" ? La Cour semble feindre d'ignorer l'article 6 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse : "'Le directeur de la publication est le représentant légal de l'entreprise éditrice". En l'occurrence, cette lettre prouvait que L'Arche était/est un magazine du FSJU.

Le numéro de Siret de L'Arche correspond à l'association "L'Arche revue du FSJU", créée en 1988, et dont le siège est... celui du FSJU. Quel hasard ! Verif.com ne mentionne aucun compte annuel publié. 

Pour monter son groupe médiatique et échapper à son "objet social", le FSJU a-t-il créé des "associations" pour chacun de ses médias ? Le budget de "L'Arche revue du FSJU" a curieusement un compte bancaire appelé "FSJU". "L'Arche revue du FSJUa-t-elle vraiment une personnalité morale ? Quel est le montant de son budget ? Cette "entité" est-elle distincte du FSJU ? Paie-t-elle un loyer au FSJU, et si oui, de quel montant ? D'où proviennent ses ressources ? Qu'indiquent ses comptes annuels ? Et dire que les instances dirigeantes du FSJU compte des juristes de cabinets réputés ! 

De deux choses l'une : soit L'Arche a "une entité distincte" du FSJU, et ce magazine a usurpé le logo du FSJU qui le finance "à l'insu de son plein gré", soit L'Arche est partie intégrante du FSJU, dans un cadre à éclaircir, et on se demande ce qui a motivé cet arrêt inique rendu par Brigitte Delapierregrosse, présidente, Rémy Le Donge L’Henoret, conseiller, et Philippe Michel, conseiller à la Cour d'appel de Paris.

La Cour a allégué aussi : "Par ses services et ses subventions", le FSJU "déploie des programmes transversaux qui ne pourraient pas être menés par une association seule". Quels "programmes transversaux" ? Quel rapport entre cette divagation de la Cour et ce conflit de droit du travail et de droit d'auteur qu'elle devait juger en appliquant le droit ? Des associations françaises déploient de tels programmes en raison du désengagement de personnes publiques.  

On peut s'étonner que le FSJU, notamment son président Me Ariel Goldman, avocat, et ses organes dirigeants - Daniel Elalouf, président du Bureau Exécutif et trésorier, Gil Taieb, Marc Zerbib, Soly Levy et Arié Flack vice-présidents, Me David Revcolevschi, avocat et administrateur au FSJU ainsi qu'au Consistoire israélite -, ait préféré vraisemblablement rémunérer depuis six ans - la procédure judiciaire n'est pas terminée... trois avocates - Me Monique Rotenberg, Me Muriel Kahn Herrmann, Me Christine Pfaudler -, dont le cabinet se trouve dans un quartier huppé de Paris, plutôt que de régler un différend par un règlement amiable, dans un esprit guidé par le chalom.

In fine, combien aura coûté ce procès au FSJU : 20 000 € ? Plus ? D'où vient l'argent versé par le FSJU pour régler les honoraires vraisemblables de ces trois avocates ? N'aurait-il pas été mieux affecté s'il avait bénéficié à des Juifs dans le besoin ? Notons que le site Internet de L'Arche diffuse des appels aux dons contre "la grande pauvreté"...

"Gardons en tête que la plus intolérable des discriminations est bien souvent d’ordre matériel", a écrit Me Ariel Goldmann qui ne cache pas être un juif pratiquant. "Ma pratique du judaïsme s’inscrit dans le respect de ses traditions et de ses commandements" , a indiqué Me David Revcolevschi, candidat élu en 2017 administrateur du Consistoire israélite de Paris Île-de-France. Il est navrant que le FSJU n'ait pas depuis 2011 remis à ce journaliste chômeur les documents requis par Pôle-Emploi pour étudier ses droits aux allocations chômage. C'est d'autant plus lamentable que le candidat David Revcolevschi avait souligné, lors de sa campagne électorale à l'automne 2017, la nécessité d'une bonne gestion du personnel du Consistoire. Et ces deux avocats sont d'éminents avocats... 

Soit les dirigeants du FSJU ignoraient tout de ces faits. Comment cela serait-ce possible ? Soit ils en ont eu connaissance. Et assurent-ils la meilleure gestion du FSJU ? 

Infligent-ils aux journalistes de RCJ, par exemple à Karen Taieb ou Sandrine Sebbane, des violations du droit ? C'est peu vraisemblable car Sandrine Sebbane a déclaré sur les ondes de la fréquence juive francilienne détenir la carte de presse de journaliste. Ce qui suppose que la Commission d'identité de journaliste professionnel, qui délivre cette carte professionnelle, a reconnu dans le FSJU une "entreprise de presse" ayant alloué un niveau de rémunération mensuelle légale, et non 38 € par feuillet (1 500 caractères) au lieu de 77 €. Donc, au sein du FSJU, certains journalistes sont plus égaux que d'autres.

Non respect du droit de de la propriété littéraire et artistique, absence de contrat de travail à ce journaliste-photographe, remise de "relevés de piges" payés en "honoraires de droit d'auteur" et non par des bulletins de salaire comme le prescrit la loi pour tout journaliste, absence de visite médicale préalable à l'embauche, de formation continue, de remboursement des frais de transports, de tickets-restaurants, etc. La Cour d'appel de Paris n'a rien sanctionné. Et pour cause, ce "gouvernement des juges" a estimé que le FSJU n'était pas une "entreprise de presse", que L'Arche était autonome par rapport au FSJU et n'a pas appliqué le droit !

Quelle triste image ces dirigeants communautaires juifs offrent aux magistrats saisis de litiges et aux donateurs de la Tsedaka !

Quelle aubaine pour le pouvoir politique qui doit bien rigoler et dispose ainsi d'atouts dans son dialogue avec des dirigeants communautaires !

« La loi du pays est la loi » (Dina demalkhouta dina). Pourquoi le FSJU ne respecte-t-il pas toujours cet "adage talmudique exprimé en araméen. Depuis l’Antiquité, cet adage leur servit [aux Juifs, Nda] de viatique dans les pays où ils s’installèrent en dehors d’Israël, le plus souvent poussés par les nécessités de l’exil. Ils respectent donc les lois civiles des pays où ils résident tout en pratiquant leur spiritualité". Une explication fournie par Akadem, "campus numérique du FSJU".

A suivre...

J'ai interrogé le FSJU et je publierai sa réponse dès réception.

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Cet article a été en grande partie publié dans mon dossier sur les médias juifs français. J'ai collaboré à L'Arche.

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