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lundi 7 octobre 2019

L’arrêt de la Cour d’appel de Paris relaxant Philippe Karsenty tance sévèrement France 2 et Charles Enderlin

Le 21 mai 2008, Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (M-R ), a été relaxé par la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris. Il avait été condamné en 2006 pour diffamation pour avoir qualifié notamment de « faux reportage », les images controversées de « la mort de Mohamed al-Dura », commentées par Charles Enderlin, correspondant à Jérusalem de France 2, et diffusées au JT de cette chaîne le 30 septembre 2000. L’arrêt de 13 pages de la Cour est un désaveu de pratiques de France 2, Charles Enderlin et Talal Abu Rahma. Il souligne l’importance de la liberté d’expression, voire de vive critique, sur des « sujets d’intérêt général », face au pouvoir des médias. Il insiste sur le droit du public à une « information sérieuse ». Le 28 septembre 2019 s'est tenue la Convention de la droite. Le journaliste Eric Zemmour y a tenu des propos condamnés par l'ensemble des médias. 


Quels camouflets cinglants et ironiques !

Et quel rappel ferme à France 2 et à Charles Enderlin des obligations – en particulier vérité, justesse, précision, rigueur, transparence - incombant à ceux qui informent le public et des droits à la critique, à l’analyse et à la libre expression à peine de danger pour la démocratie !

Une chronologie des faits
Présidée par Laurence Trébucq, la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris débute son arrêt par une chronologie des faits (p.5 à p.7) .

Le 30 septembre 2000, France 2 diffusait au JT de 20 heures un reportage d’environ 50 secondes de Charles Enderlin déclarant en voix off : « Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».

Le 1er octobre, Tsahal regrettait « les pertes en vies humaines » et affirmait : « Il n’est pas possible de déterminer l’origine des tirs ».

Le 2 octobre, France 2 précisait que la scène montrant « l’inacceptable » avait été filmée par son cameraman Talal Abu Rahma, « sûr que les tirs provenaient du côté israélien » .

Le 3 octobre 2000, Talal Abu Rahma déclarait sous serment : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne ».

Le 27 novembre, France 2 rapportait une information de Charles Enderlin selon laquelle l’enquête militaire menée par le général Samia chargé de la sécurité en zone sud a conclu qu’il était « plus probable que l’enfant ait été tué par les Palestiniens que par les Israéliens ».

Le 28 novembre, France 2 et Charles Enderlin faisaient « cependant valoir que « plusieurs éléments de la thèse israélienne sont en contradiction avec les éléments recueillis sur place » ainsi qu’avec le témoignage du médecin ayant examiné le corps ».

Le physicien israélien Nahum Shahaf poursuivait son enquête sur cet incident et doutait de l'authenticité des faits allégués.


L’agence de presse Metula News Agency ou Mena procédait à des recherches qui la conduisaient à la même conclusion que ce physicien.

Courant mars 2002, la chaîne de télévision allemande ARD diffusait le documentaire de Esther Schapira Qui a tué Mohamed al-Dura « qui met l’accent sur le défaut de preuves matérielles permettant notamment de déterminer l’origine des tirs et sur l’absence de véritable autopsie de l’enfant » .

Le 30 septembre 2002, Talal Abu Rahma s'est rétracté.

Le 2 octobre 2002, le film d’Esther Schapira était projeté sur un écran géant devant un millier de personnes réunies devant les locaux de France Télévision et un « prix de la désinformation » symboliquement attribué à France 2 et à Charles Enderlin par les organisateurs de la manifestation .

En novembre 2002, l’agence de presse Metula News Agency ou Mena réalisait « un documentaire de 20 minutes Al-Dura : l’enquête, qui, à partir des déclarations de Nahum Shahaf, physicien ayant participé à l’enquête du général Samia, [mettait] en cause la réalité des scènes filmées par le cameraman de France 2 et [concluait] à une véritable mise en scène jouée par des acteurs ».

En janvier 2003, Gérard Huber, alors le « correspondant permanent de la Mena à Paris », publiait Contre-expertise d’une mise en scène.

Le 22 octobre 2004, France 2 et Arlette Chabot invitaient trois journalistes « ayant tenu des propos critiques, Daniel Lecomte (Arte) et Denis Jeambar (L’Express) et Luc Rosenzweig (ex-Le Monde), à visionner les 27 minutes de rushes du 30 septembre 2000 ».

Le 18 novembre 2004, France 2 organisait une conférence de presse au cours de laquelle étaient « présentés des clichés des blessures de Mohamed al-Dura ». A Radio J, Arlette Chabot affirmait que l'on ignorait l'origine des tirs.


Le 26 novembre 2004, M-R diffusait un communiqué de presse électronique à la teneur similaire à cet article.

France 2 et Charles Enderlin poursuivaient en justice l’auteur de ces imputations qu’ils estimaient diffamatoires, notamment ces mots : « faux reportage », « mise en scène », « supercherie » et « imposture médiatique », « Charles Enderlin, en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi ? Cherche-t-il à couvrir son imposture ? »

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris présidée par Joël Boyer condamnait pour diffamation Philippe Karsenty à une amende de 1 000 euros, à verser à chaque partie civile - France 2 et Charles Enderlin - un euro de dommages intérêts et à la chaîne publique et à son journaliste ensemble 3 000 euros au titre de l'article 475-1 du Code de procédure pénale (frais de justice) .

Philippe Karsenty interjetait immédiatement appel de ce jugement.

En 2007 et 2008, plusieurs audiences ont été consacrées au visionnage des rushes de France 2 et à la présentation des positions de chaque partie.

Philippe Karsenty demandait « l’infirmation du jugement, la relaxe, serait-ce au bénéfice de sa bonne foi et le débouté des parties civiles de toutes leurs demandes ».

L’avocat général requérait la confirmation du jugement.

Les intimés - France 2 et Charles Enderlin – sollicitaient, outre cette confirmation, 20 000 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale (frais de justice).

Une loi de la presse exigeante en matière de preuve
Poursuivi pour diffamation (1), le prévenu est relaxé s’il apporte la vérité des faits (exception de vérité) ou démontre sa bonne foi qui, selon la jurisprudence, suppose la réunion de quatre conditions : une enquête préalable sérieuse, un but légitime, la prudence dans l’expression et l’absence d’animosité personnelle.

Le « fait de tromper sciemment le public en diffusant et/ou en faisant diffuser un faux reportage comportant des images qui ne reflètent pas la réalité, en représentant une « fausse mort », même si [Philippe Karsenty] a pris le soin d’accompagner son accusation d’un certain nombre d’explications, porte incontestablement atteinte à l’honneur et à la réputation de professionnels de l’information ».

La « preuve des faits diffamatoires doit être parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée ».

La Cour constate que les offres de preuve de Philippe Karsenty ne sont pas juridiquement parfaites. Philippe Karsenty, par ses offres de preuve établissant un « montage douteux [de France 2] largement contesté » en novembre 2004, « ne peut prétendre démontrer le fait d’avoir sciemment diffusé un « faux reportage » » : le « faux montage » est « un diminutif », mais non synonyme, de « faux reportage ».

En moins d’une page (p.7), la Cour rejette donc « l’exception de vérité soulevée par le prévenu ».

La bonne foi retenue par un raisonnement juridique accablant les intimés
Puis, la Cour d’appel de Paris examine la bonne foi à laquelle elle consacre quatre pages (p.9 à p.12) denses, étayées d’arguments puisés dans l’argumentation de Philippe Karsenty.

C’est la partie essentielle dans la motivation de cet arrêt.

La Cour alterne évidences, bon sens et principes juridiques fondamentaux de la démocratie. Le « quatrième pouvoir » n’est pas au-dessus des lois ni de la déontologie régissant les médias. Ceux-ci ne peuvent bouter hors du champ public les critiques de leurs collègues, les analyses de professionnels de diverses disciplines et les questionnements les visant. Ils doivent répondre de l’exercice de leur métier, a fortiori quand le sujet est « d’intérêt général » et sensible, et quand le reportage est diffusé à une heure de « large audience ». Et la Cour de souligner le danger d’un pouvoir sans contrepoids (2) et le droit du public à « une information sérieuse ». Des affirmations énoncées par Sandrine Alimi-Uzan, substitut du Procureur devant la XVIIe chambre du TGI, le 14 septembre 2006.

En outre, la Cour juge « légitime » la démarche de Philippe Karsenty qui a usé, dans les limites légales, de sa liberté d’expression, un principe fondamental garanti par la Convention européenne des droits de l’homme qui s’impose en droit français.

Je vous laisse apprécier la clarté, l’intelligence et la logique de la démonstration qui, paragraphe après paragraphe, progresse vers la relaxe de Philippe Karsenty. Un régal pour les démocrates. Accrochez-vous quand même…

Une enquête et sa transmission au public légitimes
Tout d’abord, la Cour précise que les « critères de la bonne foi doivent s’apprécier différemment selon le genre de l’écrit, la qualité de l’auteur, et notamment avec une plus grande rigueur lorsque celui qui est poursuivi fait profession d’informer ou de procéder à la notation des médias ».

Et de poursuivre : « Il est incontestablement légitime pour une agence de notation des médias, d’enquêter, serait-ce en raison de l’impact qu’ont eu les images critiquées dans le monde entier (3), sur les conditions dans lesquelles le reportage en cause a été tourné et diffusé, et de porter les résultats de l’enquête à la connaissance du public ainsi que de les soumettre à la critique des professionnels ».

D’autant que « Philippe Karsenty aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, … le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches ».

Charles Enderlin « peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de France 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères ».

Incohérences des images et réponses contradictoires
Une fois ces principes posés, la Cour retient les documents examinés par le TGI et ceux nouveaux (nos 43 à 73) apportés par Philippe Karsenty et que les parties civiles souhaitaient voir écarter des débats.

Elle va « apprécier la validité de l’enquête » de Philippe Karsenty, non pas afin de démontrer « la vérité des imputations diffamatoires », mais en raison de « la valeur et de la variété des sources utilisées, ainsi que de la pertinence de leur contenu ».

Elle distingue les deux critiques portées contre le reportage : d’une part, « Charles Enderlin a présenté à tort les tirs mortels en provenance des positions israéliennes comme délibérés », d’autre part, « les images de la mort du jeune Mohamed al-Dura, fictives, ne correspondent pas à la réalité commentée ».

Elle liste les arguments de Philippe Karsenty : « l’incohérence inexplicable des images visibles dans la scène principale, l’absence de caractère probatoire des photos des blessures de Jamal al-Dura présentées par France 2, et les réponses contradictoires de Charles Enderlin aux interrogations relatives aux coupures dans son montage et de [Talal Abu Rahma] au sujet de l’enchaînement des scènes filmées et des conditions de tournage ».

Minutieusement, la Cour va scruter les déclarations des principaux protagonistes et démontrer que la source de l’appelant n’est ni « unique » ni univoque, et ne repose pas sur des « affirmations péremptoires ». Elle s’oppose donc ainsi à la motivation du jugement du TGI (p.22).

Charles Enderlin « n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix « off », selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs ».

Or, « France 2 a indiqué le 1er octobre 2000 que la mort de l’enfant avait « été filmée par Talal Abu Rahma, [son correspondant à Gaza] et, le 2 octobre, que le cameraman « filmait « l’inacceptable », ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux ». Ce qui « a conduit Philippe Karsenty… à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien (« c’est moi qui décide ce qui est important », l’entend-on dire dans une des interviews) et le commentaire de ces images par Charles Enderlin ».

Certes, les conclusions des films d’Esther Schapira – « enfant mort par une balle perdue palestinienne » - et de la Mena à partir des déclarations de Nahum Shahaf – « mise en scène palestinienne de la mort » - diffèrent. Peu importe qu’elles soient « inconciliables ». Ces deux films ont « conduit [Philippe Karsenty], par étapes successives, à interroger le reportage de France 2 quant à la réalité des faits rapportés par des professionnels de l’information ».

La « thèse dite de la Mena, sujet de l’ouvrage de Gérard Huber », déduit des scènes « de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed al-Dura ». « Reprise par Philippe Karsenty », cette thèse s’appuie sur trois éléments : « les réticences de France 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, l’imprudente affirmation, par Charles Enderlin, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant, et les déclarations [de] plusieurs journalistes ayant visionné les rushes ». Bref, la Cour stigmatise l’opacité des parties civiles. L’expression « imprudente affirmation » est reprise du jugement du TGI (p.19).

Luc Rosenzweig a constaté le 22 octobre 2004 que, « sur les 27 minutes des rushes de Talal Abu Rahma, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens ». Ce témoin de Philippe Karsenty penche pour la « mise en scène [de la mort de l’enfant] ».

Un « témoignage conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel Leconte et Denis Jeambar qui relèvent : « Cette fameuse scène de l’agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas » (4).

Toutefois, ces deux journalistes « refusent de prendre à leur compte la thèse de la mise en scène de la mort de l’enfant ». Pourquoi ? Ils « s’appuient sur le film de Talal Abu Rahma présenté par France 2 le 18 novembre 2004 pour démontrer que les blessures du père correspondaient exactement aux pansements qu’il avait le lendemain à l’hôpital de Gaza ».

Avec finesse et ironie, la Cour remarque, ou persifle, que ces deux journalistes n’envisagent pas la « possibilité d’une contradiction entre les photos qui leur ont été présentées et leurs propres constatations que, dans les rushes, ‘le père porte un T-shirt sur lequel on ne voit aucune trace de sang’ ». Notons qu’Arlette Chabot et d’autres accusaient ceux qui énonçaient ce constat de « révisionnistes ».

Selon Richard Landes, autre témoin de Philippe Karsenty, la « probabilité d’une mise en scène de la mort de l’enfant est supérieure à 95% ».

C’est alors que la Cour critique sévèrement la motivation du jugement déféré.

Elle s’étonne : « Aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du général Samya, ni « l’imprudente affirmation » de Charles Enderlin -, n’a paru aux premiers juges à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté ».

La Cour se différencie de ces juges car elle, elle a visionné les « 18 minutes de rushes de Talal Abu Rahma communiquées par France 2 ». Et l’examen de ces rushes « ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats ».

Quant aux « attestations produites par les soins du cameraman, elles ne peuvent pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles ». Philippe Karsenty avait présenté le rapport d’une graphologue qui concluait que ces témoignages avaient été écrits par… Talal Abu Rahma.

Dans son jugement (pages 13, 14, 18, 20, 22), pour condamner Philippe Karsenty, le TGI avait relevé le fait que les autorités israéliennes n’avaient pas repris à leur compte ou avaient accordé un « faible crédit » à la thèse de la mise en scène exprimée par Nahum Shahaf, le film de la Mena, le livre de Gérard Huber... Or, affirme la Cour, « aucun principe ne permet de refuser sans examen, ni explication tout crédit à un document qui ne bénéficierait pas d’un label officiel ou qui ne recueillerait que peu de crédit de la part des ‘autorités’ ».

De plus, la Cour contextualise l’attitude de ces autorités : « Les premières déclarations des autorités israéliennes, notamment celle du général Eiland, ont été faites au vu des seules images du reportage de France 2 ». Quant à l’armée israélienne, « elle ne répond quasiment jamais sur rien. C’est le choix de communication qu’elle a fait », comme l’ont expliqué ces deux journalistes. Un silence à nuancer (5)

Un reportage doit témoigner de « ce que le journaliste a vu et entendu »
Ensuite, la Cour donne à la fois un camouflet et une leçon de journalisme à Charles Enderlin, présenté par ses avocats comme un parangon de toutes les vertus d’un correspondant, tout en soulignant l’extrême gravité des effets de ces images.

Charles Enderlin a déclaré « que « l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie », alors qu’un reportage [se définit] comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu ».

Le correspondant de France 2 à Jérusalem a ainsi « reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel Dayan, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias ».

Une vivacité d’expression autorisée par l’importance de la question débattue
Vient le ferme plaidoyer pour la liberté d’expression consacrée par le droit supranational et pour « le droit du public à une information sérieuse ».

Les « limites de la critique admissible sont d’autant plus grandes que le sujet est d’intérêt public et les accusations étayées sur un faisceau d’éléments d’enquête et d’autant plus larges à l’égard de ceux qui, par leurs fonctions ou leur activité s’exposent au public ». Ce qui est le cas du correspondant de France 2 à Jérusalem.

De prime abord, la répétition des mots incriminés – « faux reportage », « mise en scène », « mascarade », « supercherie » et « imposture » - revêt « un aspect critique, négatif, voire provoquant (« fausse mort ») ».

Mais c’est que Philippe Karsenty « explique avec véhémence, mais sans véritable outrance en quoi la chaîne publique a mérité sa critique au regard des critères de notation de son agence ».

Il qualifie les scènes de guerre de « pure fiction » ? C’est « aussi soutenu par plusieurs des grandes signatures de la presse et de l’information ayant vu les rushes en 2004 ».

 Le responsable de l’agence de notation des médias déduit des « incohérences inexplicables et des contradictions dans les explications sur l’agonie de l’enfant donnée par Charles Enderlin que celui-ci se trompe, ce qui revient à lui imputer une simple erreur, et « du même coup », trompe le public, ce qui apparaît comme une formulation euphémique ».

Par la question finale incriminée – Charles Enderlin « cherche-t-il à couvrir une imposture ? » -, l’appelant « aborde le fond du sujet avec une vivacité de l’expression que l’importance de la question débattue doit pourtant autoriser ».

Pas d’animosité personnelle de Philippe Karsenty contre les intimés
La Cour écarte les allégations d’animosité personnelle de Philippe Karsenty à l’égard de France 2 ou de Charles Enderlin. D’une part, les attestations de René Backmann et François Raiga-Clémenceau sont « postérieures à son enquête ». D’autre part, « le contenu de l’article et du communiqué de presse » poursuivis « ne révèle aucun sentiment personnel hostile à l’égard » des parties civiles.

Enfin, « les éléments de l’enquête constituent une base factuelle suffisante pour admettre que les propos litigieux… aient pu être tenus… pour traiter de sujets d’intérêt aussi général que le danger [du] pouvoir de la presse, en l’absence de contrepoids, et le droit du public à une information sérieuse ».

Ce faisant, Philippe Karsenty « a exercé de bonne foi son droit de libre critique… Il n’a pas dépassé les limites de la liberté d’expression reconnue par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme » . Cette liberté « vaut aussi pour [les informations ou idées] qui heurtent, choquent ou inquiètent ».

Une relaxe relatée
Le 21 mai 2008, la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris, relaxe Philippe Karsenty, infirme le jugement de première instance et déboute France 2 et Charles Enderlin de toutes leurs demandes .

Ce qui stupéfie Me Bénédicate Amblard, avocate de France 2 et Charles Enderlin. Ceux-ci se sont pourvus en cassation le jour-même (6).

Relatée par des agence et journaux français, cette relaxe a été accueillie chaleureusement bien sûr par Philippe Karsenty, et saluée par des médias et organisations anglo-saxons et israéliens, dont Shurat HaDin-Centre juridique d’Israël qui, le 12 mai 2008, a demandé à la Cour suprême israélienne de retirer l’accréditation de France 2 et de Charles Enderlin …

Combien sont-ils ceux qui, comme Philippe Karsenty, sont parvenus progressivement, en lisant la presse, notamment sur Internet, ou le livre de Gérard Huber, en voyant le film d’Esther Schapira, en assistant à des conférences sur l’affaire al-Dura, et désormais en lisant l’arrêt de la Cour et ses commentaires, à la conscience d’une « mise en scène » de l’incident al-Dura et seraient relaxés par la justice française s’ils énonçaient cette conviction étayée ? Des centaines ? Vraisemblablement plus d’une dizaine de milliers.

Certes, tous ne dirigent pas une agence de notation des médias. Mais certains sont des hommes et femmes d’influence…

Conspiracy Watch
Le 6 avril 2014, Rudy Reichstadt, directeur du site Conspiracy Watch, Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot, a été interviewé par Jean Corcos, dans l'émission Rencontre sur Judaïques FM, sur Les Juifs, les musulmans et les théories du complot. Il a vu dans l'affaire al-Dura la "structure discursive de théories du complot".  La Cour d'appel de Paris n'a pas classé en 2008 cette affaire parmi les "théories du complot".

Appel Pour Charles Enderlin
Après la relaxe par la Cour d’appel de Paris le 21 mai 2008, Le Nouvel Observateur avait publié le 4 juin 2008 la pétition Pour Charles Enderlin lancée notamment par René Backmann. Plus de deux cents personnes l'ont signée.


Extrait : "Voilà sept ans qu'une campagne obstinée et haineuse s'efforce de salir la dignité professionnelle de notre collègue (...)", un journaliste "connu pour le sérieux et la rigueur de son travail".

Ivan Rioufol a ainsi commenté cette pétition dans son article "Médias, le pouvoir intouchable" (13 juin 2008) :
"Le Nouvel Observateur vient de publier un appel, soutenu par de talentueux confrères, dénonçant une “campagne obstinée et haineuse” contre Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem. Le texte reproche à “des individus” de contester la véracité d’un de ses reportages montrant Mohammed al-Doura, 12 ans, “tué par des tirs venus de la position israélienne le 30 septembre 2000 dans la bande de Gaza, lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens”. Enderlin, journaliste infaillible?La pétition suggère qu’un reporter, singulièrement dans une zone de conflit, ne saurait être jugé que par ses pairs: un esprit de corps qui a pour effet d’imposer une vérité, en décrédibilisant les contradicteurs. La presse soviétique procédait pareillement. Certes, les médias aiment mieux donner des leçons qu’en recevoir. Mais l’omerta sur la contestation de ces faits, qui ont eu de considérables répercussions au Proche-Orient, fait injure à la démocratie.La diffusion par France 2 de la mort de l’enfant auprès de son père blessé avait attisé la deuxième intifada. Deux réservistes israéliens allaient être lynchés par des Palestiniens. Ceux qui, devant une caméra vidéo, tranchèrent la tête du journaliste américain Daniel Pearl, en 2002 au Pakistan, avaient la photo de la scène. Elle ébranla des esprits aussi avisés que Catherine Nay: “La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le ghetto de Varsovie.”Or, des contre-enquêtes contredisent désormais cette version d’Enderlin, qui n’était pas sur place. C’est son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma, militant du Fatah, qui a fourni les images en attribuant les tirs aux Israéliens. Depuis, des expertises font douter de cette thèse. Les rushes, qui montrent des Palestiniens mimant de fausses blessures, font dire également à Philippe Karsenty, directeur d’une agence de notation des médias, qu’il y a même “mise en scène” et “imposture” sur l’agonie filmée. Poursuivi pour diffamation, la cour d’appel de Paris vient de lui reconnaître son “droit de libre critique”.Rien ne permet d’accuser Enderlin, professionnel visiblement estimé, de désinformation. Mais rien ne justifie de le présenter comme au-dessus des critiques. Pourtant, c’est bien un corporatisme absurde qui maintient la chape de plomb sur “l’affaire al-Dura”. Dans Marianne, cette semaine, l’historien Elie Barnavi propose une commission d’enquête indépendante. Elle est devenue indispensable. Les amis d’Enderlin ne peuvent cautionner davantage un crime de lèse-majesté.Exemples d’autoprotectionLe pouvoir médiatique ne peut ainsi s’autoprotéger sans tomber dans l’arbitraire qu’il dénonce par ailleurs. Or ce travers revient assez régulièrement. Michel Legris, qui vient de nous quitter, en avait fait les frais après avoir dénoncé, en 1976, dans un livre à succès (Le Monde tel qu’il est, Plon), la politisation sournoise de cette “institution”, mise au service de la gauche derrière un apparent équilibre journalistique. Pour avoir osé mettre en cause la prétendue rigueur du quotidien du soir, dont il avait démissionné en 1972, Legris allait devoir attendre 1985 avant de retrouver un employeur, avec L’Express. Le lynchage de Dominique Baudis, accusé sur la place publique, en 2003, pour des crimes inventés par des affabulateurs, n’a pas davantage conduit à l’autocritique des médias suiveurs. Sans parler du scandale d’Outreau. Quant au “Watergate français”, promis par une meute aux trousses de Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream, il y a longtemps qu’il s’est effiloché. Le dossier aura pourtant mobilisé deux juges d’instruction parmi les plus en vue. Il est tellement vide concernant l’ancien premier ministre, mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse, que le parquet a dû requérir un supplément d’information sur son implication présumée. Depuis, les multiples procureurs autoproclamés ont-ils émis des bémols sur leurs convictions de culpabilité ?"
ITélé
Des journalistes de ITélé ont lancé un mouvement de grève en invoquant des raisons éditoriales et éthiques, et demandant la mise en retrait de l'antenne de Jean-Marc Morandini, mis en examen pour corruption de mineurs. Peu de journalistes les ont soutenus. Ces journalistes, grévistes et non grévistes, se sont tus dans l'affaire al-Dura ou ont pris position pour Charles Enderlin. Les journalistes d'ITélé ont mis fin à la grève après la conclusion d'un accord avec Canal +.

Eric Zemmour
Le 28 septembre 2019 s'est tenue à Paris la Convention de la droite. Organisée par des proches de Marion Maréchal, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, et notamment par le magazine L'Incorrect faites-le taire !, Racines d'avenir et Audace, elle réunissait des orateurs journalistes (Ivan Rioufol, Geoffroy Lejeune), dont Eric Zemmour et Ivan Rioufol, entrepreneur, édiles (Gilbert Collard, Robert Ménard), philosophes (Raphaël Enthoven), avocat.

Ils ont débattu "le temps d’une journée des grands défis économiques, politiques, sociaux, environnementaux et identitaires auxquels sont confrontées les nations occidentales au XXIe siècle, autour du thème de « L’alternative au progressisme ». Ce grand rendez-vous, introduit par Éric Zemmour, a vocation à devenir l’un des temps forts de la vie politique française. Cette convention est la déclaration d’indépendance de la droite à l’égard du progressisme, du multiculturalisme et du libre-échangisme auxquels elle a bien trop souvent été soumise. Le souhait des organisateurs est de rompre avec les erreurs des 30 dernières années, sur les questions économiques, sociales et sociétales, afin de réarmer intellectuellement la droite."


Dans un discours diffusé en direct sur la chaîne d'informations LCI, Eric Zemmour a défini deux universalismes menaçants. Ces "deux universalismes écrasent nos nations, nos peuples, nos territoires, nos traditions, nos modes de vie, nos cultures : d’un côté, l’universalisme marchand qui, au nom des droits de l’homme, asservit nos cerveaux pour les transformer en zombies déracinés ; de l’autre, l’universalisme islamique qui tire profit très habilement de notre religion des droits de l’homme pour protéger son opération d’occupation et de colonisation de portions du territoire français qu’il transforme peu à peu, grâce au poids du nombre et de la loi religieuse, en enclaves étrangères, en ce que l’écrivain algérien Boualem Sansal, qui a vu les islamistes en Algérie opérer ainsi dans les années 80, appelle des « Républiques islamiques en herbe ».

Certains extraits ont suscité l'indignation de politiciens et d'un très grand nombre de journalistes. Le 1er octobre 2019, le Parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence. »

RTL, Paris Première et Le Figaro, auxquels il collabore, ont pris leur distance à son égard. L'association Damoclès a lancé une pétition de soutien en ligne. Intitulée « #JESOUTIENSZEMMOUR : non à la censure, oui à la liberté d’expression ! », elle a recueilli 62 884 signatures au 7 octobre 2019. 


Le 1er octobre 2019, Christian Creseveur, Dessinateur de presse, scénariste, a publié sur Mediapart le dessin "L'extrême-droite tient son nouveau Doriot". En une gamme chromatique de nuances de marron - rappelant les chemises brunes ? -, il a représenté une caricature du journaliste français juif Eric Zemmour disant la main gauche agrippée à une tribune ornée du symbole du Parti populaire français (PPF), créé en 1936 par Jacques Doriot, d'inspiration fasciste et ayant collaboré avec l'occupant nazi : "Le nazisme est parfois intolérant. Tandis que l'Islam veut nous exterminer, lui". Dans la partie inférieure gauche de l'image, des mains se tendent en salut nazi. "Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart, fondé par Edwy Plenel. Ses contenus n'engagent pas la rédaction". Même s'ils recourent aux stéréotypes antisémites ? Nul journaliste ou politicien ne s'est indigné par ce dessin qui circule dans les réseaux sociaux.


Le 2 octobre 2019, le journaliste Ivan Rioufol défendait Eric Zemmour dans "Ces journalistes qui réclament la censure" publié sur son blog du Figaro :
"Faire taire Eric Zemmour ! Il est l’homme à abattre. Les islamistes peuvent toujours continuer à prêcher la haine dans les cités, à humilier les femmes, à injurier les Juifs et à attiser la guerre civile, ils ne seront pas inquiétés par les censeurs : ceux-là auront toujours un mot d’excuse pour les minorités. Mais rien n’est plus urgent que de condamner un journaliste coupable de refuser de fermer les yeux et de se plier aux injonctions de la pensée officielle... [Le 30 septembre 2019], un communiqué de la Société des Journalistes du Figaro, se prévalant d’une volonté "de l’immense majorité" des journalistes, a demandé "instamment à la direction de la rédaction de mettre un terme" aux "provocations" du chroniqueur maison.
Dans son éditorial de ce mercredi, Le Monde fait le parallèle entre le discours anti-islam de Zemmour, d’"inspiration fasciste", et celui d’Edouard Drumont, "figure française de l’antisémitisme de combat". D’autres titulaires de cartes de presse ont aussi fait connaître leur désir de voir sanctionné celui qui ne traverse pas la rue dans les clous. Alors que la liberté d’expression se rétrécit toujours un peu plus, des journalistes montent en première ligne pour cautionner cette régression démocratique. Ils font le lit de la
pensée totalitaire. L’hallali contre Zemmour, encouragé par le gouvernement, révèle l’assujettissement d’une partie de la presse au politiquement correct et à ses délits d’opinion. L’esprit de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui proclame que "la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme", est piétiné par les nouvelles législations : au prétexte de lutter contre le racisme et la discrimination, elles en viennent à réprimer des propos trop réalistes. Rien n’est plus imbécile que de préférer le gourdin au débat. Ceux qui veulent que Zemmour se taisent sont des fuyards. Ils renoncent à argumenter et préfèrent interdire. Cette démarche est celle des régimes despotiques et fascistoïdes. Pour ma part, j’estime que Zemmour est parfois trop outrancier dans ses analyses. Je ne partage pas son pessimisme ni sa vision apocalyptique de la société. Quand il déclare : "Tout est détruit", je pense qu’il se trompe : il ne semble pas mesurer la force vitale de la France oubliée, qui entend reprendre son destin en main. Je trouve qu’il a tort quand il désigne l’islam et l’immigration comme des facteurs aggravants du désastre français. Pour moi, le vrai désastre vient de la trahison des élites, qui ont ouvert la France à l’islam et à l’immigration. Ce sont ces dirigeants français qui devraient rendre des comptes, et non des boucs émissaires étrangers qui sont venus remplir des vides. Mais ces divergences ponctuelles sont de celles qui se règlent dans le choc des idées. Ceux qui veulent imposer le silence des cimetières sont des dangers publics."

Le 2 octobre 2019, Eric Zemmour s'est expliqué sur Paris Première : il participe à un débat politique et a cité des intellectuels des années 1930 sur l'islam. 

Cette polémique était concomitante à des rumeurs concernant une émission qu'animerait Eric Zemmour sur CNews. Elle s'est éteinte le 3 octobre 2019, quand un policier Michael Harpon, Antillais converti à l'islam, âgé de 45 ans, travaillant depuis seize ans comme informaticien à la Direction du renseignement (DR) de la Préfecture de police de Paris, a assassiné avec un couteau en céramique quatre collègues, dont sa supérieure hiérarchique surprise qu'il ne salue plus ses collègues féminines a blessé grièvement une autre, puis a été tué par un policier-stagiaire.


(1) La diffamation est une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne » (article 29 de la loi du 29 juillet 1881)

(2) « Préconisée par Locke à la fin du XVII siècle et par Montesquieu au XVIIIe siècle, la théorie de la séparation des pouvoirs est étroitement liée à la philosophie des Lumières. Elle procède de la distinction de trois fonctions [: législative, exécutive et juridictionnelle... Il s’agit] d’équilibre des pouvoirs. L’objectif est simple et Montesquieu l’a clairement défini : « Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». (Pierre Pactet, Institutions politiques et droit constitutionnel. Masson, 1983). Dans De la démocratie en Amérique (1833), Alexis de Tocqueville insiste sur la nécessité de contre pouvoirs. On désigne par « 4e pouvoir » celui de la presse, puis par extension les médias.
Société Montesquieu : http://montesquieu.ens-lsh.fr/nouvelles.php3
Dictionnaire électronique Montesquieu : http://dictionnaire-montesquieu.ens-lsh.fr/

(3) Diffusée gratuitement dans le monde entier par France 2, l’image de Mohamed al-Dura devient l’emblème de l’Intifada II et le symbole de l’inhumanité des soldats israéliens. Elle est notamment arborée fin 2000 lors d’un défilé à Paris où l’on crie : « Mort aux Juifs » et est incrustée dans la vidéo de l’égorgement par des islamistes du journaliste Juif américain Daniel Pearl (z’’l).
Le Dr Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) : ''Cette affaire nous préoccupe tous énormément. Ces images ont été la cause de vocation de terroristes. Ce ne sont pas que des images parmi d'autres. La vérité doit se faire jour, quelle qu'elle soit''. 21 novembre 2007.
Affaire Al-Dura: il n’est pas trop tard pour savoir, http://crif.org/?page=articles_display/detail&aid=10995&returnto=articles_display/presse_th&artyd=5&tg_id=4

(4) Texte précis de l'interview de Denis Jeambar et Daniel Leconte diffusée sur l'antenne de RCJ le 1er février 2005, http://www.m-r.fr/actualite.php?id=1169
Nouveaux éléments accablants dans la mise en scène de Francetélévisions, 3 février 2005, http://www.m-r.fr/actualite.php?id=1083

(5) L'avis de l’armée dans un courrier du 10 septembre 2007 adressé par le colonel Shlomi Am-Shalom, adjoint du porte-parole de Tsahal, notamment à Charles Enderlin et Patrick de Carolis, président de France Télévision, est dévastateur pour les intimés : « L’analyse de toutes les données sur le terrain, l’emplacement de la position de Tsahal, les angles de tir, l’emplacement du père et de son fils derrière un tonneau leur servant d’abri, la fréquence des tirs, les angles de pénétration des balles dans le mur placé derrière le père et le fils ainsi que le timing de l’évènement, rendaient hautement improblable que les tirs ayant soi-disant atteint le père et son fils aient pu être tirés par les soldats de Tsahal se trouvant dans cette position… Le général Samia m’a précisé que toutes ses tentatives d’obtenir les prises de vue pour compléter l’enquête ont été vouées à l’échec… Nous sommes conscients de tentatives de mises en scène médiatisées et comme un doute s’est insinué à cet égard envers ledit reportage, nous demandons [une copie complète non montée] afin de découvrir la vérité ». http://www.m-r.fr/page1.htm

(6) Le délai légal pour se pourvoir en cassation est de trois jours en droit de la presse.

Photos : © DR, V. Chemla ou Richard Landes. De haut en bas :
- la porte d'entrée à la 11e chambre de la Cour d'appel de Paris. © Véronique Chemla ;
- Mohamed al-Dura déclaré mort par Charles Enderlin ;
- logo de la Mena ;
- couverture du DVD du film d'Esther Schapira ;
- couverture du livre de Gérard Huber Contre-expertise d’une mise en scène ;
- photo de Philippe Karsenty ;
- les al-Dura dans la vidéo de Daniel Pearl ;
- Jamal al-Dura téléphone à l’hôpital ;
- carte du carrefour de Netzarim. © DR, Richard Landes et Véronique Chemla ;
- un cycliste passe tranquillement au carrefour de Netzarim ;
- des grilles du jardin du Luxembourg lors de l’exposition Objectif Une : un demi-siècle vu par L’Express (2004). La légende de la photo des « al-Dura  », indiquait en français, anglais et espagnol : « 30 septembre 2000. Jamal al-Dura et son fils Mohamed, âgé de 12 ans, se protègent des balles israéliennes. L’enfant sera tué ». Des passants ont supprimé les mots « israéliennes  » et  « tué ». Des barrières métalliques ont été mises pour protéger le texte. L’autre photo était ainsi légendée : « Un Palestinien montre ses mains trempées dans le sang de deux soldats israéliens lynchés dans un poste de police à Ramallah, en Cisjordanie ». Le 12 octobre 2000, deux réservistes israéliens, Vadim Norzhich et Yosef Avrahami, se sont égarés, ont été arrêtés par des policiers palestiniens, puis atrocement torturés et assassinés par des Palestiniens. Malgré la censure de l'Autorité palestinienne (AP), une équipe italienne est parvenue à transmettre à un média italien les images qu'elle avait filmées de ces faits tragiques et horribles. Ces images atroces ont été diffusées dans de nombreux pays. Al Hayat al Jadida, quotidien de l'AP, a publié la lettre de Riccardo Cristiano, correspondant de la RAI en Israël, dans laquelle ce journaliste affirmait que c'était un média rival qui avait diffusé ces images et qu'il a toujours respecté les règles de travail de l'AP. © V Chemla ;
- Mohamed al-Dura déclaré mort soulève les jambes et le coude et regarde la caméra ;
- logo de France 2.

Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié par Guysen et sur ce blog le 27 décembre 2010, puis les 6 avril 2014 et 17 novembre 2016.

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