samedi 2 janvier 2016

« Aznavour en concert. Paris 2015 », par Marc di Domenico


Arte diffusera les 3 et 6 janvier 2015 « Aznavour en concert. Paris 2015 » (Aznavour in Concert - Paris 2015), réalisé par Marc di Domenico (2015). Un artiste talentueux, intelligent, curieux, maîtrisant la comédie, le drame, et la composition de chansons narratives, et osant aborder des sujets sensibles.

Quatre-vingts ans de carrière, plus de mille chansons composées – Jezebel, Plus bleu que tes yeux, Le feutre taupé (1948), Sur ma vie (1956), Je m’voyais déjà (1960), Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les comédiens (1962), La mamma (1963), Et pourtant (1963), Hier encore (1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964), La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967), Désormais (1969), Comme ils disent (1972), La Marguerite  -, concerts dans le monde en six langues différentes, plus de 180 millions de disques vendus, une filmographie de plus de 70 longs métrages, ambassadeur d’Arménie en Suisse... 

Exceptionnel palmarès d’un artiste, Charles Aznavour, né en 1924 lors du séjour de ses parents, survivants du génocide commis à l’égard des Arméniens dans l’empire ottoman et artistes amateurs, à Paris dans l’attente de leurs visas pour les Etats-Unis. Pour la terre de ses ancêtres, il crée une Fondation Aznavour pour l’Arménie, crée Pour toi Arménie chantée par 80 artistes émus par le séisme ayant frappé ce pays (1989).
Avec sa sœur Aïda qui a l’oreille absolue, cet enfant de la balle apprend son métier à l’Ecole des enfants du spectacle, et débute une carrière d’acteur et de chanteur, notamment dans la compagnie de Jean Dasté. Ses parents cachent  des Juifs et des résistants, dont des membres du groupe Manouchian.
Grâce à Raoul Breton, éditeur de Charles Trénet, Charles Aznavour est présenté aux artistes qui comptent dans la variété française.

A la Libération, il forme un duo avec le pianiste Pierre Roche et fait une tournée au Canada. Remarqué par Edith Piaf, il rentre en France, et sert d’homme à tout faire pour la chanteuse qui le persuade de subir une rhinoplastie en 1950. 

S’il peine à s’imposer auprès du public comme interprète – « Mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité. Ma voix ? Impossible de la changer. Les professeurs que j'ai consultés sont catégoriques : ils m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte. D'une petite dixième, je peux obtenir une étendue de près de trois octaves. Je peux avoir les possibilités d'un chanteur classique, malgré le brouillard qui voile mon timbre. De la ténacité j'en ai eu, et elle a payé » -, il co-écrit notamment avec Gilbert Bécaud et son beau-frère Georges Garvarentz, des standards interprétés par les plus célèbres chanteurs : Edith Piaf, Juliette Gréco (Je hais les dimanches), Eddie Constantine, Marcel Amont (Le Mexicain)…

Ses premiers succès de chanteur surviennent vers 1956 auprès des publics difficiles de Marseille et de Casablanca. 

Las ! L’arrivée des chanteurs yé-yé représente un défi qu’il relève en nouant une amitié avec Johnny Hallyday et Sylvie Vartan pour lesquels il écrit des standards : Retiens la nuit (1961), et La plus belle pour aller danser (1963). Une expérience qu’il renouvellera avec les chanteurs apparus dans les années 1980-1990.

Un répertoire qui a enrichi le patrimoine musical français et qui est repris par la jeune génération, en particulier par Joana Mendil.

Parallèlement, Charles Aznavour trouve au cinéma des rôles intéressants, de la comédie au drame : La Tête contre les murs de Georges Franju, avec Pierre Brasseur, Jean-Pierre Mocky (1958), Le Passage du Rhin d’André Cayatte, Tirez sur le pianiste de François Truffaut et Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière avec Lino Ventura en 1960,  Le Rat d'Amérique de Jean-Gabriel Albicocco (1962), La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965),  Le Tambour de Volker Schlöndorff avec David Bennent et Mario Adorf (1979),  Qu'est-ce qui fait courir David ? d'Élie Chouraqui avec Francis Huster, Nicole Garcia (1981), Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol avec Michel Serrault (1982),  Ararat de Atom Egoyan avec Marie-Josée Croze (2002)…

Mari et père comblé, il entame une carrière d’écrivain.

En septembre 2015, au Palais des sports de Paris, Aznavour « interprète entre autre ses éternels succès devant un public ravi. À 91 ans, cet immense artiste démontre une nouvelle fois son talent d'écriture, de composition et d'interprétation sur la scène du Palais des sports. Son répertoire, qu'il a chanté dans le monde entier, de New York à Tokyo, de Moscou à Montréal, raconte toutes les facettes de l'existence humaine ».

Une « captation au plus près de l'artiste et de son immense talent. Privilégiant les plans serrés, la réalisation fait la part belle au visage et à la gestuelle du chanteur, adaptée à chaque titre. Un hommage chaleureux à l'un des grands de la chanson française ».
  

« Aznavour en concert. Paris 2015  », par Marc di Domenico
86 min
Sur Arte les 3 janvier 2015 à 17 h 45 et 6 janvier 2015 à 3 h 15

Visuels : © Marc di Domenico

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