dimanche 12 mai 2013

« Hélène Berr, une vie confisquée »

 
La vie d'Hélène Berr (1921-1945) est évoquée par son Journal 1942-1944 (Editions Tallandier) republié en 2013, l'exposition itinérante Hélène Berr une vie confisquée, Ceci est mon journalpièce de Pierre Tré-Hardy, et Hélène Berr, une jeune fille dans Paris occupé, documentaire de Jérôme Prieur. L'exposition didactique et émouvante Hélène Berr, a Stolen Life (Hélène Berr, une vie confisquée) sera montrée la Maison familiale horticole à Machecoul (14-18 mai 2013). Hélène Berr, une jeune femme cultivée, issue de la bourgeoisie française Juive, au destin tragique : cette agrégative d’anglais est morte au camp de Bergen-Belsen peu avant sa libération.

 
En janvier 2008, la publication du Journal 1942-1944 d’Hélène Berr, préfacé par Patrick Modiano, avait été une double révélation : par son « témoignage subtil et éclairé de ce que fut la France et le Paris de l’Occupation » et par sa qualité littéraire. « D’une écriture bouleversante, ce texte mêle l’expérience quotidienne de l’insoutenable et le monde rêvé des lettres, alternant à chaque instant entre l’espoir et le désespoir ».

Bien accueilli par la presse et le public, ce Journal, « révèle un réel pressentiment de l’inéluctable » : il s’achève par ces mots prononcés par Kurtz, le héros d’Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad : « Horror, Horror, Horror » (« L’horreur, l’horreur, l’horreur »).

Citant le Journal 1942-1944 de cette Parisienne publié en 2008 (Tallandier), l'exposition présente des documents inédits – photographies familiales, cahiers et devoirs scolaires, pages manuscrites du Journal - sur Hélène Berr et son environnement familial et amical. Elle rappelle aussi le contexte historique dramatique des persécutions antisémites sous l’Occupation qui préludent la Shoah.

Histoire du Journal
Hélène Berr commence son journal intime le 7 avril 1942, après une visite à l’écrivain Paul Valéry qui lui a ainsi dédicacé un de ses livres : « Au réveil, si douce la lumière, et si beau ce bleu vivant ».

Ce journal s’achève le 15 février 1944.

Il est gardé, ainsi que le violon d’Hélène Berr, par Andrée Bardiau, la cuisinière de la famille Berr, qui le remet à la Libération au frère d’Hélène, Jacques Berr.

Conformément au vœu de sa sœur, Jacques Berr remet le manuscrit original au fiancé d’Hélène, Jean Morawiecki, engagé en novembre 1942 dans les Forces françaises libres, à son retour à Paris. La famille Berr en garde une copie dactylographiée par un employé de Kuhlmann, entreprise dont le père d’Hélène avait été le vice-président directeur général.

Pendant 60 ans, le manuscrit du Journal d’Hélène Berr n’a été qu’un « douloureux héritage familial ».

En novembre 1992, la nièce d’Hélène et ancienne libraire, Mariette Job, qui avait lu ce Journal, contacte, par l’intermédiaire du Quai d’Orsay, Jean Morawiecki, diplomate.

En avril 1994, Jean Morawiecki remet le manuscrit original à Mariette Job, et fait de celle-ci sa légataire du Journal.

En 2002, avec l’accord de sa famille, Mariette Job dépose ce manuscrit au Mémorial de la Shoah. Ce manuscrit est placé dans une vitrine de l’exposition permanente.

Karen Taïeb, responsable des Archives au Mémorial, en parle à l’historien Michel Laffitte qui prépare sa thèse sur l’UGIF (Union générale des israélites de France) dont l’une des assistantes sociales bénévoles était Hélène Berr. Dans son livre Juif dans la France allemande (Tallandier, 2006), Michel Laffitte évoque le destin d’Hélène Berr.

Publié par les éditions Tallandier en janvier 2008, ce Journal rencontre un succès immédiat et immense, en France et à l’étranger.

En mars 2009, la Ville de Paris a rendu hommage à Hélène Berr en rebaptisant la médiathèque Picpus du nom de cette étudiante brillante et violoniste, « en raison de l’attachement d’Hélène Berr aux valeurs de dignité humaine et de liberté, de son combat intellectuel pour la mémoire, de la qualité littéraire et de la clairvoyance de son œuvre, mais aussi pour sa passion de la littérature et de la musique ». L'inauguration officielle de la "Médiathèque Hélène Berr" (anciennement bibliothèque Picpus) a eu lieu le 6 mai 2010.

Le 28 janvier 2010, à l’Université de la Sorbonne, le  prix Annie et Charles Corrin 2009 a été remis à la classe de 1ère ES lauréate 2009 du lycée Pierre Bourdieu à Fronton (31) pour le projet « Hélène Berr, une jeune étoile dans le Paris de l'occupation ». Un travail mené par leur professeur d'histoire et géographie Jérôme Pujol.

Cette exposition permet de découvrir des archives familiales déposées au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), ainsi que l’original du manuscrit de ce journal

Une famille française Juive brillante
Hélène Berr est née dans une famille juive de veille souche française, patriote, illustre, brillante. On compte de nombreux savants, ingénieurs dans sa parentèle.

Un aïeul Germain Sée, était un médecin célèbre sous le Second Empire.

Maurice Lévy, son arrière-grand père (1838-1910, X 1856), a été membre de l’Institut. Ce jeune ingénieur des Ponts et Chaussées a fait bénéficier de son savoir l’industrie française de l’armement lors de la guerre franco-allemande de 1870. Il « fut le premier théoricien français qui comprit et chercha à vulgariser les avantages que présentent les méthodes graphiques pour les calculs de résistance des matériaux ». Professeur de mécanique à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, il a présidé l’Académie des sciences. Parmi ses travaux : « la construction du siphon au-dessus du canal Saint-Martin pour le passage de l'égout collecteur de Bercy (1879-1880) » .

Louis Lehmann Berr (1852-1933), grand-père paternel d’Hélène, était juge d’instruction, puis conseiller à la Cour d’appel de Paris.

Frère jumeau du père d’Hélène, Maxime Charles Gustave Berr (1888-1917, X 1907) est mort pour la France : capitaine d’artillerie, il est tué en 1917, et est honoré de cinq citations.

La famille maternelle d’Hélène compte un ingénieur civil des Mines, Jacques Hippolyte Rodrigues-Ely (né en 1901).

Le père d’Hélène, Raymond Berr (1888-1944) est polytechnicien (X 1907) et ingénieur du prestigieux corps des Mines.

Jeune professeur de géologie à l’Ecole des mines de Saint-Etienne, il est blessé lors de la Grande guerre, puis est nommé adjoint du directeur du service de fabrication des munitions pendant la Première Guerre mondiale.

Il fait toute sa carrière de 25 ans à la société Kuhlman (devenue Péchiney) dont il contribue à l’essor : entré à 31 ans comme directeur-général, il en devient le vice-président directeur général. Sa contribution dans le développement de la chimie industrielle en France dans l’entre-deux guerres est essentielle.

Raymond Berr et son épouse Antoinette, fille d'un industriel polytechnicien, ont cinq enfants : Jacqueline (1915-1921), Yvonne (1917-2001), Denise (1919-2011), Hélène (1921-1945) et Jacques (1922-1998).

Yvonne et Daniel Schwartz sont partis dans le Sud avant 1942, et Jacques a été caché en Dorgogne sous une fausse identité. Denise a épousé François Job en 1943.

Raymond Berr est arrêté le 23 juin 1942 au prétexte que son étoile jaune, obligatoire depuis le 8 juin, était agrafée, non cousue. Il est libéré le 22 septembre 1942 après un internement de trois mois au camp de Drancy, et le versement d’une caution par l’entreprise Kuhlmann dirigée alors par René Duchemin. Il est alors contraint de travailler de son domicile.

Il est arrêté lors d’une rafle avec son épouse Antoinette et leur fille Hélène dans leur appartement du 5 avenue Elisée-Reclus (75007), près de la Tour Eiffel, le matin du 8 mars 1944.

Amenés à Drancy, ils font partie du convoi n° 70 du 27 mars 1944 pour le complexe concentrationnaire Auschwitz.

Antoinette Berr est gazée le 30 avril 1944. Raymond Berr est tué le 27 septembre 1944 : "Il était entré au "revier" pour un phlegmon au genou. Un médecin anitisémite lui a inoculé un poison", me précise Mariette Job en avril 2013.

Déportée le jour de ses 23 ans, Hélène est « transférée fin octobre d'Auschwitz à Bergen-Belsen début novembre », nous précise Mariette Job. Souffrant de typhus et de mauvais traitements, elle meurt début avril 1945.

Lucidité et sensibilité
Du 7 avril 1942, au 15 février 1944, en s’interrompant du 28 novembre 1942 au 25 août 1943, Hélène relate dans son journal intime, avec peu de ratures, sa vie quotidienne, ses amis, son fiancé Jean, son violon, la Sorbonne, le quartier Latin, son travail de bibliothécaire à la Sorbonne, ses activités sociales dans deux organisations juives, les rafles, les Juifs traqués, « l’engrenage infernal », les rumeurs sur l'élimination des Juifs. Son but :
« Écrire toute la réalité et les choses tragiques que nous vivons, en leur donnant toute leur gravité nue sans déformer par les mots, c’est une tâche très difficile et qui exige un effort constant ».
Hélène Berr écrit « par devoir », et aussi pour Jean.

Elle évoque la douceur d’un Paris magnifique ensoleillé, le bonheur d’un matin à cueillir des fruits dans un verger d'Aubergenville avec le « garçon aux yeux gris » aimé, Jean Morawiecki, les flâneries dans un contexte de solitude, de souffrances, d’exclusions de la communauté nationale, de persécutions, de resserrement inéluctable de l’étau, ce « mauvais rêve ».

Les lois antisémites du régime de Vichy lui interdisent de présenter le concours de l’agrégation.

Sur le port de l’étoile jaune, Hélène Berr hésite. La porter, c’est « une infamie et une preuve d’obéissance aux lois allemandes ». Ne pas le faire, c’est « une lâcheté vis-à-vis de ceux qui le feront ». Hélène Berr décide de la porter fixée par un bouquet tricolore. En juin 1942, elle écrit :
« Mon Dieu, je ne croyais pas que ce serait si dur. J’ai eu beaucoup de courage toute la journée. J’ai porté la tête haute, et j’ai si bien regardé les gens en face qu’ils détournaient les yeux. Mais c’est dur. D’ailleurs, la majorité des gens ne regardent pas. Le plus pénible c’est de rencontrer d’autres gens qui l’ont… Il me semblait brusquement que je n'étais plus moi-même, que tout était changé, que j'étais devenue étrangère, comme si j'étais en plein dans un cauchemar ».
Et ce contrôleur du métro à l’Ecole Militaire qui lui intime de monter dans la « dernière voiture » réservée aux juifs…

Plutôt que de fuir, Hélène Berr s’occupe bénévolement d’enfants juifs. Dès 1941, elle est secrétaire à l’Entraide temporaire (association clandestine où juifs et protestants parviennent à sauver 500 enfants juifs), puis à partir de juillet 1942 elle œuvre comme assistante sociale à l’Union générale des israélites de France (UGIF).

Consciente de la volonté des nazis d’éliminer les juifs, elle a la prescience de ce qui l’attend, mais veut vivre. On peut regretter que cette exposition didactique soit située en trois lieux, dont le dernier loin des deux premiers.

Nous invitons ceux qui ne peuvent visiter l’exposition à lire ou écouter le Journal d’Hélène Berr, et voir le site Internet de l’exposition.

Le Mémorial de la Shoah prépare une exposition itinérante éponyme disponible, pour la France et l'étranger, à partir de septembre 2010.

Cette exposition a été montrée au siège de l’UNESCO (24 janvier-1er février 2011) et à celui de l’ONU (24 janvier-28 février 2011).


CECI EST MON JOURNAL
 
 
Le 7 avril 2013 à 19 h 45
8, rue Georges-Bernard Shaw. 75015 Paris
Tél. : 01 45 67 97 96
 
Le 28 février 2013 à 18 h
Au Centre universitaire Clignancourt de l'université Sorbonne
Amphi Hélène Berr
2, rue Francis de Croisset, 75018 Paris
Représentation de Ceci est mon journal. Cette pièce de Pierre Tré-Hardy est adaptée du Journal d’Hélène Berr, et interprétée par Clara Kessous, artiste de l’UNESCO pour la Paix ; elle est interprétée par Michèle Temime, Salomon Belasiak et Christian Macairet.
Le spectacle sera suivi d'un débat avec Mariette Job, nièce d'Hélène Berr
Le 25 novembre 2012, à 15 h 30
Lecture théâtrale par Pierre Tré-Hardy Ceci est mon journal, d'après le Journal d'Hélène Berr, en présence de Mariette Job, nièce d'Hélène Berr
52, rue René Boulanger, 75010 Paris
Tél. : 01 42 02 17 08
 
 
 
Journal d’Hélène Berr de Jérôme Prieur
France, documentaire, 2013, 65 mn, Mélisande Films, France Télévision. Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Le 27 mars 2013 à 19 h 30
17, rue Geoffroy-l’Asnier. 75004 Paris
Tél. : 00 33 1 42 77 44 72
 Le 30 mai 2013 à 18 h 30
Place des Arts. 31700 Blagnac


HELENE BERR, UNE VIE CONFISQUEE (HELENE BERR, A STOLEN LIFE)

Du 14 au 18 mai 2013
Du 14 au 18 mai 2012
Boulevard des Régents. 44270 Machecoul
Tél. : 02 40 02 39 90
 
Du 1er au 27 mars 2013
Corner of Calhoun and Coming Streets
205 Calhoun St, Charleston, SC 29401
Téléphone :+1 843-953-5530 
 

Du 13 au 31 mars 2013
Au Palais de Justice de Poitiers
Place Alphonse Lepetit. 86000 Poitiers

 
Du 24 janvier au 1er février 2011
Au siège de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture)
Salle Miro
7, place de Fontenoy, 75007
De 9 h à 17 h 30

Du 24 janvier au 28 février 2011
New York, Etats-Unis
Entrée libre
 
Jusqu'au 25 septembre 2010
70, rue de Picpus, 75012 Paris. Tél. : 01 43 45 87 12

Jusqu’au 13 avril 2010
17, rue Geoffroy-l'Asnier, 75004 Paris. Tél. : 01 53 01 17 26.
Entrée libre – Niveau crypte. Tous les jours, sauf le samedi, de 10 h à 18 h, nocturne le jeudi jusqu’à 22 h.
 
Hélène Berr, Journal 1942-1944. Préface de Patrick Modiano. Postface Hélène Berr une vie confisquée de Mariette Job. Tallandier, 2008. 301 pages. ISBN : 978-284734-500-1

Hélène Berr, Journal. Livre audio lu par Elsa Zylberstein. Audiolib, 2008. 2 CD audio. 2 h 30. Code EAN : 9782356410368
 
 
Sur Raymond Berr :
 
 
Visuels de haut en bas :
Portrait d’Hélène Berr, vers 1941-1942
Mémorial de la shoah/CDJC – coll.Job

Dédicace de Paul Valéry à Hélène Berr dans son ouvrage intitulé « Autres Rhumbs » ( Paris, Gallimard, 1934).
L'ouvrage, précieusement conservé par Jean Morawiecki, a été retrouvé par Mariette Job dans les ouvrages qu'il lui a légués.
© Coll. Job

Portrait de Jean Morawiecki, 1941-1942
Mémorial de la shoah/CDJC – coll.Job

Pages extraites du manuscrit du Journal d’Hélène Berr
Mémorial de la shoah/CDJC – coll.Job

Aubergenville 1942.
De gauche à droite, Jean Morawiecki, François Job, Hélène Berr et Jean Pineau. 1942
Mémorial de la shoah/CDJC – coll.Job
 
Partie du Mur des noms au Mémorial de la Shoah à Paris où sont gravés notamment les noms de la famille Berr déportée de France en 1944 « dans le cadre du plan nazi de la destruction des Juifs d'Europe, avec la collaboration du gouvernement de Vichy »
© Véronique Chemla

La 9e ordonnance allemande concernant les mesures contres les Juifs datée du 8 juillet 1942 interdit aux Juifs l’accès aux lieux et établissements publics.
Mémorial de la shoah/CDJC – coll.Job

Hélène Berr et Jean Morawiecki, Aubergenville, 1942.
Mémorial de la shoah/CDJC – coll.Job

 
Articles sur ce blog concernant :


Article publié pour la première fois le 11 avril 2010, puis le 11 mai et le :
- 23 novembre 2012 à l'approche de la lecture théâtrale par Pierre Tré-Hardy Ceci est mon journal, d'après le Journal d'Hélène Berr, en présence de Mariette Job, nièce d'Hélène Berr, au Centre MEDEM-Arbeter Ring, le 25 novembre 2012, à 15 h 30. Il a été modifié la dernière fois le 16 avril 2012 ;
- 28 février 2013, l'approche de la représentation de Ceci est mon journal le 28 février 2013, à 18 h, au Centre universitaire Clignancourt de l'université Sorbonne, Amphi Hélène Berr, 2, rue Francis de Croisset, 75018 ParisLe spectacle sera suivi d'un débat avec Mariette Job, nièce d’Hélène Berr ;
- 9 mars 2013 avant la représentation de Ceci est mon journal le 13 mars 2013 à 20 h 30 à l'Aire Falguière, 55 rue de la Procession, 75015 Paris.Cette pièce de Pierre Tré-Hardy est adaptée du Journal d’Hélène Berr, et interprétée par Clara Kessous, artiste de l’UNESCO pour la Paix ; elle est interprétée par Michèle Temime, Salomon Belasiak et Christian Macairet ;
- 24 mars 2013.
Il est modifié pour la dernière fois le 25 avril 2013.

2 commentaires:

  1. Pourquoi chère Véronique remettre sans arrêt cet article ?
    Mes commentaires de hier n'ont pas été publié dommage ... confisqué également . Je vais finir dans une grotte si ça continue !!!!! Lol !

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  2. J'hésite à publier les commentaires des Anonymes.
    Je n'ai pas compris votre commentaire, donc je ne l'ai pas publié.
    Je republie mes articles en fonction de l'actualité.
    Hélène Berr a inspiré un film, un spectacle théâtral, une exposition itinérante. Lors d'une nouvelle présentation de l'exposition, lors de la projection en avant-première du documentaire, je republie mon article modifié et actualisé.

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