Citations

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mardi 31 décembre 2019

Kurt Tucholsky (1890-1935)


Kurt Tucholsky (1890-1935) était un juriste, journaliste – critique musical, littéraire et cinématographique - réputé et prolifique (3 000 articles publiés par cent journaux), écrivain, auteur de poèmes, polémiste, satiriste allemand et engagé - antimilitariste, pacifiste, socialiste, défenseur de la démocratie contre le nazisme – et franc-maçon. Ses prises de position lui ont valu des procès. Arte diffusera le 3 janvier 2020 « Dans la fièvre des années 20. Le Berlin de Tucholsky » (Die wilden ZwanzigerBerlin und Tucholsky) par Christoph Weinert. 


Kurt Tucholsky est né en 1890 à Berlin, dans une famille juive bourgeoise et prospère.

Il est scolarisé au lycée français de Berlin.

La mort en 1905 de son père si admiré, laisse Kurt Tucholsky face à une mère autoritaire.

Kurt Tucholsky poursuit sa scolarité, puis entame des études de droit à Berlin et à Genève. 

A Prague, avec son ami Kurt Szafranski, il rencontre Max Brod, puis Franz Kafka qu’il sera le premier à faire connaitre durant sa future carrière de critique littéraire influent.

Parallèlement à l’écriture d’articles moqueurs dans le journal satirique Ulk et social-démocrate Vorwärts, Kurt Tucholsky passe en août 1913 son doctorat de droit à l’université d’Iéna. Un an plus tard, il soutient sa thèse sur le droit hypothécaire avec une mention honorable et reçoit en 1915 son certificat de doctorat.

En 1912, est publié Rheinsberg ein Bilderbuch für Verliebte, un livre illustré par Szafranski. L’histoire d’amour inspire par Else Weil, qu’il épouse en mai 1920, plait au public par son style frais, léger. Tucholsky et Szafranski ouvrent un bar à livres sur le Kurfürstendamm à Berlin afin de susciter la vente de leur livre.

En 1913, débute sa collaboration, qui deviendra régulière, avec l'hebdomadaire de critique théâtrale Die Schaubühne devenue Die Weltbühne dirigée par le journaliste et critique Siegfried Jacobsohn, mentor et ami de Tucholsky. 

Durant la Première Guerre mondiale, en avril 1915, Kurt Tucholsky est envoyé sur le front est. Dès novembre 1916, il écrit dans le journal de sa compagnie Der Flieger. Dans les bureaux de l’école d’artillerie et d’aviation, il rencontre Mary Gerold, qu’il épousera.

En 1918, il est promu adjudant et est muté comme commissaire de police militaire en Roumanie où, à l’été 1918, il se convertit au protestantisme luthérien.

L’automne 1918 marque son retour en Allemagne où il dirige jusqu’en avril 1920 la rédaction d’Ulk, hebdomadaire satirique lié au journal de gauche libéral Berliner Tageblatt, édité par Rudolf Mosse. Ignaz Wrobel, Paulus Bünzly, Peter Panter… Sous ces pseudonymes et bien d’autres encore, Kurt Tucholsky y signe ses articles. Il écrit aussi des chansons pour Claire Waldoff et Trude Hesterberg et des textes pour le cabaret. En octobre 1919, est publié Fromme Gesänge, recueil de poésies.

Sa contribution à Pieron, publication assurant la propagande hostile à la Pologne dans le cadre du référendum sur la frontière entre l’Allemagne et la Pologne en Haute-Silésie, lui sera reprochée. Tucholsky invoquera ses problèmes financiers et exprimera ses regrets.

Il écrit des articles antimilitaristes Militaria, fustige la laxisme des juges envers les assassins monarchistes ou nationalistes de politiciens : Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, Walther Rathenau, Matthias Erzberger et Philipp Scheidemann ou Maximilian Harden. Ce qui induit selon lui un déni de justice.

Après l’assassinat du ministre des affaires étrangères Walther Rathenau en 1922, il lance un appel exhortant à un sursaut républicain après « quatre années de meurtres ».

En 1923, à la suite d’une dépression ou pour subvenir à ses besoins en période d’inflation, il est engagé par la banque berlinoise Bett, Simon & Co comme secrétaire privé de Hugo Simon, directeur de la banque. Un an plus tard, il s’installe à Paris comme correspondant de la Weltbühne et du journal Vossische Zeitung.

Divorcé en 1924, il épouse Mary Gerold. Le couple se sépare en 1928. La même année, il est admis à la loge maçonnique Zur Morgenröte de Berlin. En 1929, il se fixe en Suède.

Dans ses écrits, il aspire à une seconde révolution susceptible de générer une démocratie en lieu et place de la République de Weimar qu’il juge réactionnaire.

Pessimiste, il analyse le régime nazi comme durable. Il sent le besoin de rompre avec l’Allemagne et sa langue. Déchu de la nationalité allemande en 1933, il demande la nationalité suédoise.

Il s’intéresse au sort des Juifs allemands persécutés par les nazis et écrit à Arnold Zweig, émigré en Palestine mandataire : « Il faut tout revoir depuis le début ».

Il décède le 21 décembre 1935 à Göteborg d’une surdose de somnifère. Suicide ou erreur de posologie ?

A l’été 1936, les cendres de Tucholsky sont placées sous un chêne dans le cimetière suédois de Mariefred.

Le château de Rheinsberg abrite le musée de la littérature dédié à Kurt Tucholsky.

« Le Berlin de Tucholsky »
« Entre archives foisonnantes et reconstitutions, ce premier épisode d’une série sur les Années folles plonge dans un Berlin en effervescence, à travers le regard d’une de ses plus flamboyantes figures : Kurt Tucholsky, journaliste et auteur de chansons libertines. »

« À peine relevée de la Première Guerre mondiale, l’Europe se grise de la paix retrouvée au rythme effréné des Années folles ». 

« Son cœur bat à Berlin, capitale débordant de vitalité de la timide République de Weimar, qui succède à l’Empire allemand déchu. Un carrefour des avant-gardes où fleurissent cabarets et music-halls, temples de nouvelles icônes scandaleuses, mais où, dès janvier 1919, sont assassinés Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht ». 

« Tout à la fois journaliste au magazine culturel Weltbühne et auteur de chansons libertines, Kurt Tucholsky, fils d’une famille juive aisée, navigue en virtuose entre ces mondes, dandy poète la nuit, socialiste et antimilitariste le jour. »

 « Entre extraits de ses œuvres, archives – Berlin s’aime et se filme – et scènes reconstituées, c’est à travers le regard et la plume acérée de Tucholsky que ce docu-fiction jubilatoire revisite une époque d’intense bouillonnement culturel ». 

« Expressionnisme, dadaïsme, nouvelle objectivité : la capitale allemande joue la métropole star des arts du XXe siècle, quand le Nosferatu de Murnau s’échappe des studios Babelsberg et qu’Erwin Piscator, Max Reinhardt et Bertolt Brecht réinventent le théâtre ». 

« Fil rouge de ce voyage, Kurt Tucholsky compte aussi parmi les premiers à détecter, derrière le voile de l’insouciance, les signes des ténèbres à venir. Car si Joséphine Baker et sa Revue nègre échauffent les esprits, la crise de 1929 met un terme brutal à l'effervescence, précipitant l’Allemagne dans le chaos et ouvrant la voie aux nazis ».


Allemagne, 2014
Sur Arte le 3 janvier 2019 à 23 h 45. Disponible du 03/01/2020 au 16/02/2020
Visuels : 
Kurt Tucholsky (Bruno Cathomas) et Mary Gerold (Sarina Radomski) - Reconstitution
Kurt Tucholsky (Bruno Cathomas) feuillette le livre de George Grosz " Dieu avec nous" - Reconstitution
Kurt Tucholsky (Bruno Cathomas) songe à un manuscrit devant sa machine à écrire - Reconstitution
© C-Films Deutschland/Gerrit Gronau/Sandra Müller

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Les citations proviennent  d'Arte.

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