Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 13 juin 2018

George Orwell (1903-1950)


George Orwell (1903-1950) était un journaliste et écrivain britannique engagé contre l’impérialisme britannique, pour le socialisme, rejetant les totalitarismes soviétique et nazi. En 1936, lors de la guerre d’Espagne, il rejoint les ranges du POUM (Parti ouvrier d'unification marxiste, Partido Obrero de Unificación Marxista, Partit Obrer d'Unificació Marxista). Arte diffusera le 13 juin 2018 à 23 h 45 « La ferme des animaux » (Aufstand der Tiere - Animal Farmpar Joy Batchelor et John Halas.   

La valise mexicaine. Capa, Taro, Chim
« La tragédie des Brigades Internationales » de Patrick Rotman

Les thématiques de George Orwell (1903-1950) s'avèrent actuels : sens des mots pervertis, débats intellectuels sous la crainte de judiciarisation, du "politiquement correct", du "gouvernement des juges", novlangue - "chocs ponctuels" pour attentats terroristes islamistes (communiqué de la Mairie de Paris sous Anne Hidalgo, 2017), "marche du retour" pour guerre génocidaire antijuive  -, etc.

La Ferme des animaux
Arte diffusera le 13 juin 2018 à 23 h 45 « La ferme des animaux » (Aufstand der Tiere - Animal Farm) par Joy Batchelor et John Halas. « Un cochon tyrannique détruit la société utopiste à laquelle œuvrent les animaux d’une ferme... D’après la fable animalière de George Orwell" intitulée "Animal Farm. A Fairy Story", un "petit bijou de l’animation britannique des années 1950. » C'est le premier long métrage d'animation britannique. Une dystopie.


« Porté sur la boisson, Jones est un fermier brutal. N'ayant que faire du bien-être de ses bêtes, il les exploite sans vergogne. Révolté par les injustices et les mauvais traitements dont ils sont victimes, le plus vieux cochon de la ferme, sentant sa fin proche, les exhorte à chasser leur maître afin d’organiser une nouvelle société où l'égalité régnera. Après un temps heureux où, des poules aux moutons, tous donnent le meilleur d'eux-mêmes au bénéfice de la communauté, un cochon tyrannique leur impose sa loi… »

« Publiée en 1945, la fable animalière de George Orwell transpose dans l’univers clos d’une ferme la confiscation d’une utopie par un despote, mais laisse entrouverte la porte de l’espérance. Satire à peine voilée du stalinisme, l’adaptation animée de Joy Batchelor et John Halas n’est pas destinée à un public enfantin ». Halas & Batchelor, firme d'animation londonienne, avait réalisé des films de propagande pour le gouvernement britannique.

« Bien sûr, j’ai conçu ce livre en premier lieu comme une satire de la révolution russe. Mais, dans mon esprit, il y avait une application plus large dans la mesure où je voulais montrer que cette sorte de révolution (une révolution violente menée comme une conspiration par des gens qui n’ont pas conscience d’être affamés de pouvoir) ne peut conduire qu’à un changement de maîtres. La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. Le tournant du récit, c’est le moment où les cochons gardent pour eux le lait et les pommes (Kronstadt). Si les autres animaux avaient eu alors la bonne idée d’y mettre le holà, tout se serait bien passé. Si les gens croient que je défends le statu quo, c’est, je pense, parce qu’ils sont devenus pessimistes et qu’ils admettent à l’avance que la seule alternative est entre la dictature et le capitalisme laisser-faire. Dans le cas des trotskistes s’ajoute une complication particulière : ils se sentent coupables de ce qui s’est passé en URSS depuis 1926 environ, et ils doivent faire l’hypothèse qu’une dégénérescence soudaine a eu lieu à partir de cette date. Je pense au contraire que le processus tout entier pouvait être prédit – et il a été prédit par un petit nombre de gens, Bertrand Russel par exemple – à partir de la nature même du parti bolchevique. J’ai simplement essayé de dire : “Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre propre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas” », a écrit George Orwell, « Lettre à Dwight Macdonald. 5 décembre 1946 ».

« Certaines séquences, comme la mort du fier cheval, ont d’ailleurs valu à leur film d’être interdit en salles aux moins de 18 ans jusqu’au début des années 1960. Des recherches récentes ont en outre mis en lumière la contribution apportée à son financement par la CIA afin de servir, après-guerre, l’agenda anticommuniste des États-Unis ». Le film a été réalisé pendant la Guerre froide opposant le monde libre dirigé par les Etats-Unis au bloc communiste mené par l'Union soviétique.

« Le film n’en reste pas moins un petit bijou à (re)découvrir pour la fluidité de son récit, son dessin aux traits simples et aux couleurs impeccables, sa ribambelle d’animaux aux prises avec une histoire plus grande qu’eux, et surtout, sa réflexion profonde sur l’iniquité humaine ».

La fin du film diffère de celle du livre.

1984

Arte diffusa le 16 octobre 2017 « 1984 » par Michael Radford. « Dans une société totalitaire, la descente aux enfers d'un modeste employé au ministère de la Vérité, un insoumis malgré lui... Une transposition fidèle du roman éponyme écrit par George Orwell en 1949, magistralement interprétée par John Hurt, Richard Burton et Susanna Hamilton ».

« En 1984, après une catastrophe dévastatrice, le monde est divisé en trois blocs. En guerre permanente avec Estasia et Eurasia, Océania est dominée par un gouvernement totalitaire que dirige l'omniprésent Big Brother. Contrôlée au travers d'innombrables écrans et d'une "novlangue" mensongère, la vie de chacun y est misérable, notamment celles des prolétaires, considérés comme des sous-hommes".

"Modeste employé au Miniver, le ministère de la Vérité, Winston Smith consigne secrètement ses réflexions dans un journal intime. Une activité proscrite, comme le sont aussi les relations amoureuses. Lorsque Winston rencontre Julia et s'éprend d'elle, il ne mesure pas les risques que lui fait courir son insoumission... »

« Sous-alimentée, manipulée, dressée à ne plus penser, à ne plus aimer, la population d'Océania courbe l'échine sans ciller, ou presque. Dans un monde déshumanisé régi par une bureaucratie folle qui prétend éradiquer toute individualité, de lavages de cerveaux en exécutions publiques, une violence terrible est à l'œuvre ». 

Ce « film réalisé par Michael Radford en 1984 se montre en tout point fidèle à la dystopie en partie visionnaire imaginée en 1949 par George Orwell dans une Europe en ruines ». Un livre que le journaliste, écrivain et militant écrit dans l’archipel des Hébrides, au nord-ouest de l’Ecosse.

« Magistralement interprété par John Hurt et Richard Burton, dont ce fut le dernier film, le tableau vertigineux d'une société de surveillance organisée pour broyer les hommes ».

Le Comité Les Orwelliens a été créé car il repère dans la démocratie française des similarités avec le monde décrit par Orwell dans 1984.


« Le concept même de la vérité objectif disparaît du monde. Les mensonges passeront pour faits historiques. »

« Être journaliste, c’est imprimer quelque chose que quelqu’un d’autre ne voudrait pas voir imprimé. Tout le reste n’est que relations publiques. »

« En ces temps d’imposture, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

« Dans la vraie vie, c’est toujours l’enclume qui brise le marteau. »

« Si vous voulez une image du futur, imaginez une botte écrasant un visage humain… pour l’éternité. »

« Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. »

« Les menaces pesant sur la liberté d’expression, d’écriture et d’action, bien que souvent insignifiantes dans l’isolement, sont cumulatives dans leurs effets et, à moins qu’elles ne soient contrôlées, conduisent à un manque de respect général pour les droits des citoyens. »

« Le langage politique est destiné à rendre vraisemblable les mensonges, respectables les meurtres et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent. »

« Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même .»

« Mais si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée. »

« Il est des idées d’une telle absurdité que seuls les intellectuels peuvent y croire. »

« Le Parti finirait par annoncer que 2 et 2 font 5 et il faudrait le croire. (…) L’hérésie des hérésies était le sens commun. » 

« La ferme des animaux » (Aufstand der Tiere - Animal Farm) par Joy Batchelor et John Halas
Royaume-Uni, 1954, 72 min
Image : Sid Griffiths, John Gurr, William Traylor, Roy Turk
Musique : Matyas Seiber
Production : Halas & Batchelor
Producteur/-trice : Joy Batchelor, John Halas
Scénario : Lothar Wolff, Borden Mace, Philip Stapp, John Halas, Joy Batchelor
Acteurs : Maurice Denham, Gordon Heath
Animation : John F. Reed
Auteur : George Orwell
Sur Arte le 13 juin 2018 à 23 h 45
Visuels : © Malavida
Sur Arte le 13 juin 2018 à 23 h 45 

« 
1984 » par Michael Radford
Royaume-Uni, 1984, 105 min
Auteur : George Orwell
Image : Roger Deakins
Montage : Tom Priestley
Musique : Dominic Muldowney, Eurythmics
Production : Umbrella-Rosenblum Films Production, Virgin Cinema Films
Producteur/-trice : Simon Perry
Scénario : Michael Radford
Avec Richard Burton, Suzanna Hamilton, John Hurt, Cyril Cusack, Gregor Fisher, James Walker, Bob Flag
Sur Arte le 16 octobre 2017 à 22 h 30

Visuels
Scène du film : la réunion du parti
John Hurt
Suzanna Hamilton et John Hurt.
Richard Burton (à gauche) et John Hurt (à droite).
Suzanna Hamilton et John Hurt.
© 1984 Orion Pictures Corp.

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Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 16 octobre 2017.

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