samedi 6 février 2016

« L’énigme du fils de Kafka » de Curt Leviant


Professeur américain retraité d’études juives, traducteur d’Isaac Bashevis Singer, Curt Leviant livre un roman évoquant Kafka. Le 7 février 2016, dans le cadre de Toute la mémoire du monde, 4e festival international du film restauré, la Cinémathèque française présentera Kafka va au cinéma, de Hanns Zischler (France / 2002 / 52 min) : "Durant des années, au gré de ses voyages et de ses déplacements professionnels, Hanns Zischler a tenté de retrouver, dans les archives et les cinémathèques, la trace des films évoqués par Franz Kafka dans sa Correspondance et dans son Journal entre 1908 et 1913. Ce film documentaire propose un jeu de pistes sur les traces de l'écrivain, entre Prague, Vérone et Paris, à la rencontre de personnalités qui viennent éclairer les réflexions de Zischler. Michal Bregant, des Archives du cinéma de Prague, évoque le cinéaste tchèque Jan Krizenecky dont les films, souvent comparés à ceux des frères Lumière, dévoilent Prague telle que Kafka l'a connue. Peter- ndré Alt apporte une analyse de la méthode d'écriture de Kafka à l'aune de sa vision du cinéma. Ce film offre des perspectives pleines d'esprit sur la fascination de Franz Kafka envers le cinématographe, et la fascination de Hanns Zischler envers Kafka".

Professeur américain retraité d’études juives, Curt Leviant a traduit du yiddish en anglais plusieurs romans, dont ceux d’Isaac Bashevis Singer (1902-1991).

Son prénom Curt pourrait débuter par un K.

K comme Kafka ou Danny Kaye.

K comme Jiri Krupka-Weisz, avec lequel le narrateur Amschl, réalisateur de documentaires, sympathise dans une synagogue de New York, la shul d’Eldridge Street.

K comme ces personnages que ce documentariste-narrateur rencontre dans la Praga Magica : Philippe Klein ou Katya, la jeune femme ravissante dont il s’éprend...

Ce roman mêle réalisme et fantastique. Le héros est un cinéaste américain à l’esprit cartésien, réceptif aux révélations invraisemblables. De New York à Prague, il poursuit ses quêtes d’une vérité qui se dérobe en se révélant, de personnes aux identités incroyables, d’explications incroyables, de preuves. Pour témoigner de l’existence de K., c’est sa chambre vide que l’auteur filme.

Invoquant les mânes du Maharal, créateur du Golem, Curt Leviant brode son intrigue dans la vie de Kafka.

Son étrange roman est doté de sept débuts (incipits) et de sept fins (excipits). Ce qui lui confère un côté décousu, comme des bribes de réalité arrachées.

Un glossaire traduit une vingtaine de mots du yiddish ou de l’hébreu.

Addendum
Le 7 juillet 2015, un tribunal israélien a statué : les manuscrits de Kafka, dont avaient hérité Eva Hoffe et Ruth Wiesler, filles de la secrétaire de Max Brod, Esther Hoffe, reviendront à la Bibliothèque nationale d'Israël. 

Curt Leviant, L’énigme du fils de Kafka. Traduit de l’anglais par Béatrice Vierne. Ed. Anatolia, 2009. 498 pages. 25 euros. ISBN : 9782354060381
Cet article a été publié en une version plus concise dans le numéro 629 de L’Arche, et sur ce blog le 30 octobre 2010, puis le 9 juillet 2015.

1 commentaire:

  1. Puis-je avoir le site ou le e-mail du fils de l'écrivain Isaac Bashevis Singer qui parait-il vit en Israël. D'autre part le plus jeune frère de Isaac l'écrivain, Moshé devenu rabbin serait mort en 1944 en Pologne pendant la Shoah.Pouvez-vous m'aider à ce sujet. Je prépare une recension sur la soeur Esther Kreitman. Viviane Lessebaum
    vsl.labima@gmail.com

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