Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 29 octobre 2020

Toni Morrison (1931-2019)


Chloe Ardelia Wofford Morrison, célèbre sous son nom d’auteure, Toni Morrison (1931-2019), est une romancière, essayiste, critique littéraire, dramaturge, librettiste, professeure de littérature et éditrice afro-américaine. Lauréate du Prix Pulitzer (1988) et du Prix Nobel de littérature (1993), elle a stigmatisé à tort l’Etat d’Israël. Arte diffusera le 4 novembre 2020 « Toni Morrison et les fantômes de l'Amérique » (Toni Morrison - Amerikas Gewissen) de Claire Laborey.

Raymond Aron (1905-1983) 
« ENS : L'école de l’engagement à Paris » par Antoine de Gaudemar et Mathilde Damoisel
Archives de la vie littéraire sous l'Occupation
Hélène Berr (1921-1945) 
Bertolt Brecht (1898-1956)

Chloe Ardelia Wofford Morrison, célèbre sous son nom d’auteure, Toni Morrison (1931-2019), est une romancière, essayiste - Playing in the Dark: Whiteness and the Literary Imagination, The Origin of Others, •The Source of Self-Regard: Selected Essays, Speeches, and Meditations -, critique littéraire, dramaturge -Desdemona, Dreaming Emmett -, librettiste - Margaret Garner sur une musique composée par Richard Danielpour -, professeure de littérature et éditrice afro-américaine. 

Parmi ses oeuvres : The Bluest Eye (1970), Sula (1973), Song of Solomon (2004), Tar Baby (1981).

En 1987, "Beloved", premier tome d'une trilogie comprenant Jazz puis Paradis, est bien reçu par la critique. Ce roman best-seller relate la vie d’une esclave afro-américaine qui commet un infanticide. En 1998, la réalisateur Jonathan Demme adapte le livre pour le cinéma en dirigeant Oprah Winfrey, Danny Glover et Thandie Newton.

Lauréate du Prix Pulitzer (1988) et du Prix Nobel de littérature en 1993 - année où le magazine Time la choisit pour sa couverture -, elle reçoit la Médaille présidentielle de la Liberté en 2012 des mains de Barack Hussein Obama, alors Président démocrate qu'elle avait soutenu.

Elle demeure la huitième femme et le second auteur afro-américain après Derek Walcott à avoir reçu cette distinction.

Au travers d'une grille de pensée racialiste, Toni Morrison a déclaré : "Beaucoup de Noirs croient que les Juifs de ce pays sont devenus blancs. Ils se comportent comme des Blancs plutôt que comme des Juifs". Car, pour cette intellectuelle progressiste, les Blancs vilipendés sont assimilés aux oppresseurs.

En 2015, Quand un éditeur lui a proposé de rédiger l'introduction d'une collection des œuvres complètes de Primo Levi - un écrivain et chimiste juif italien qui a écrit sur sa déportation dans un camp nazi et la Shoah - ce choix a suscité une controverse, notamment en raison du refus de Toni Morrison de mentionner le mot "Juif" dans son introduction et de ses positions hostiles à l'Etat Juif.

"Dans sa façon typique de dresser les groupes ethniques et les races les uns contre les autres - une industrie dont elle a tiré des millions - elle a utilisé "Beloved", la longue dissertation surestimée pour laquelle elle est la plus connue, afin d'insinuer que la Shoah a reçu trop d'attention par rapport à l'esclavage des Noirs en Amérique. La dédicace de "Beloved" parle de "60 millions et plus", suggérant que l'esclavage était dix fois pire que la Shoah. Mais personne (à l'exception de certains tenants de la suprématie blanche) n'a jamais dit que l'esclavage n'était pas une tragédie géante dans l'histoire américaine... Soyons honnête, elle n'était pas une grande femme de lettres. Toute sa carrière est la preuve d'une discrimination positive... Malgré la haine de Toni Morrison envers les Juifs, c'est grâce aux Juifs de l'industrie de l'édition, des cercles intellectuels et du showbiz qu'elle est devenue une multimillionnaire au-delà de ses rêves les plus fous, malgré son talent moyen... Ils n'ont pas seulement consenti à son ascension. Avec leurs collègues Gentils, ils ont contribué à promouvoir et à faire de Toni Morrison une star. Et ils n'ont pas eu un mot de protestation quand elle les a remerciés avec ses commentaires et ses déclarations ignobles", a déploré Debbie Schlussel (Toni Morrison: Jew-Hating, Anti-Israel, Overrated Writer Dead, 6 août 2019). 

Toni Morrison a exprimé son opposition à la politique de gouvernements israéliens. En 2006, après le kidnapping du soldat Guilad Shalit par un mouvement terroriste palestinien, vraisemblablement le Hamas, au sud d'Israël, des journaux importants, en particulier The Nation (18 août 2006), publient une lettre signée notamment par 18 écrivains dont Toni Morrison, John Berger, Noam Chomsky, Harold Pinter, José Saramago, Arundhati Roy, Naomi Klein, Howard Zinn, Charles Glass, Richard Falk, Gore Vidal, Russell Banks et Thomas Keneally. Ces auteurs critiquaient l'indignation suscitée par ce rapt alors qu'il y avait "environ 10 000 [Palestiniens] dans les prisons israéliennes... Cet "enlèvement" est considéré comme un scandale, alors que l'occupation militaire illégale de la Cisjordanie et l'appropriation systématique de ses ressources naturelles - plus particulièrement de l'eau - par les forces de défense israéliennes ( !) est considérée comme une réalité regrettable mais réaliste, et est typique de la politique de deux poids deux mesures appliquée par l'Occident face à ce qui est arrivé aux Palestiniens, sur les terres qui leur ont été attribuées par les accords internationaux, au cours des 70 dernières années". Et les auteurs d'alléguer que l'Etat d'Israël viserait L'objectif politique d'Israël n'est rien de moins que la "liquidation de la nation palestinienne". La lettre se terminait pas un post scriptum nazifiant Israël : "Comme Juliano Mer Khamis, réalisateur du documentaire "Les enfants d'Arna" a interrogé : “Qui va peindre le ‘Guernica’ du Liban ?”

Après le décès de Toni Morrison dans la nuit du 5 au 6 août 2019, Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail, a souhaité lui rendre hommage en twittant : « Hommage à une très grande dame, écrivaine, poète et militante, Toni Morrison. Grâce à elle, les noirs ont enfin pu rentrer par la grande porte dans la littérature. Les mots réveillent les consciences et les cœurs, ils font reculer le racisme et la haine. Les mots ont un pouvoir ».

Des Internautes ont rappelé les noms d'auteurs afro-américains ou français importants dans l'histoire de la littérature : James Baldwin, Chester Himes, Richard Wright, Ralph Ellison, Gwendolyn Brooks, Maya Angleou. Muriel Pénicaud a alors supprimé son twitt, et en a republié la teneur sans la phrase ayant suscité indignation en raison de ce qui était jugé un signe d'inculture ou de racisme..

« Toni Morrison et les fantômes de l'Amérique »

Arte diffusera le 4 novembre 2020 « Toni Morrison et les fantômes de l'Amérique » (Toni Morrison - Amerikas Gewissen) de Claire Laborey.

« En 1987, six ans avant son prix Nobel, Toni Morrison donnait corps et voix à la mémoire de l'esclavage avec "Beloved". Retour sur le chef-d'œuvre plus que jamais brûlant d'une grande dame des lettres disparue en 2019 ». 

« Pas un jour ne passe sans que les fractures de l'Amérique ne fassent la une des médias du monde entier. Jamais l’œuvre de Toni Morrison, figure de proue de la littérature afro-américaine contemporaine et grande dame des lettres, n’a autant résonné avec l’actualité, à l’heure où Donald Trump fait campagne pour un second mandat et où son pays s’embrase à nouveau dans une lutte contre les violences racistes ». 

« Première femme noire lauréate du prix Nobel de littérature en 1993 pour avoir, selon l’Académie, "rendu morceau par morceau leur histoire aux Africains-Américains", Toni Morrison n’a eu de cesse pendant cinquante ans de mettre en mots l'indicible : l’emprise de la "color line" sur la société américaine, de l'esclavage au racisme ordinaire en passant par la ségrégation ». 

« Apparu comme une déflagration dans le paysage littéraire de 1987, son roman Beloved explore le grand tabou de l'esclavage et sa férocité imprimée au plus profond de ceux qui l'ont subi pendant quatre siècles. "Au début, je ne voulais tout simplement pas y aller, résume Toni Morrison dans un entretien d'archive. C'était trop douloureux. Et puis j'ai pensé que si eux l'avaient vécu, je pouvais passer quelques années à l'écrire."

« Soixante millions et davantage. J'appellerai mon peuple / Celui qui n'était pas mon peuple / Et bien-aimée / Celle qui n'était pas bien-aimée." Ainsi commence l'histoire de Sethe, une esclave en fuite qui, sur le point d'être reprise, égorge sa fillette afin de lui épargner ce qu'elle a vécu elle-même, puis accueille son fantôme, des années plus tard ». 

« Inspiré de l'histoire véridique, mais réinventée, d'une esclave nommée Margaret Garner, Beloved épouse l'intériorité de Sethe pour dérouler, toujours plus profondément, le récit de ses souffrances physiques et psychiques, traumas enfouis et transmis en silence de génération en génération ». 

« Tissé d'extraits d'entretiens avec Toni Morrison, de ses archives personnelles, de fervents témoignages de lecteurs (l'activiste Mona Jenkins, la poétesse Nikki Giovanni, l'écrivaine Yiyun Li, le metteur en scène Peter Sellars…) et des images des luttes menées depuis plus d'un siècle par l'Amérique noire pour conquérir ses droits, ce documentaire nous immerge dans la genèse et les pages d'un chef-d'œuvre à la puissance intacte ». 


« Toni Morrison et les fantômes de l'Amérique » de Claire Laborey

France, 2020, 53 min

Sur Arte le 4 novembre 2020 à 22 h 35

Disponible du 28/10/2020 au 01/02/2021

Visuels :

Toni Morrison

© Bert Andrews

Toni Morrison tenant une orchidée à la cathédrale de St. John the Divine à New York, le 5 avril 1994

© AP Photo - Kathy Willens

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Les citations sur le film sont d'Arte.

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