dimanche 25 décembre 2016

« Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? La nouvelle christianophobie » par Alexandre del Valle



Dans ce brillant essai argumenté, l'expert en géo-politique Alexandre del Valle distingue quatre sources ou vecteurs de christianophobie (haine des chrétiens ou/et du christianisme) : islamisme radical, fondamentalismes hindouiste et bouddhiste, communisme (Chine, Corée du Nord, Vietnam, Cuba) et haine de soi occidentale. Une christianophobie occultée ou minorée notamment par les autorités politiques occidentales et les médias. 

« La fin des chrétiens d'orient ? », par Didier Martiny 
« Les chrétiens d’Orient - Vitalité, souffrances, avenir » de Jean-Michel Cadiot
« Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? La nouvelle christianophobie » par Alexandre del Valle

Selon l’association catholique Aide à l’Eglise en détresse (AED), 75% des cas de persécution religieuse dans le monde en 2010 concernent les chrétiens. 

« Toutes les cinq minutes dans le monde, un chrétien est tué à cause de sa foi », a déclaré le professeur Massimo Introvigne, représentant de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens, à la conférence, organisée par la Hongrie et le Conseil de l’Union européenne, sur le dialogue interreligieux entre juifs, chrétiens et musulmans, à Budapest, (2-3 juin 2011). Soit un total de plus de 105 000 chrétiens tués chaque année dans le monde au seul motif de leur foi.

Des assassinats qui s’ajoutent aux restrictions dans l’exercice du culte, menaces, enlèvements lors de ghazwas (raids, razzias), agressions physiques, conversions forcées, mariages imposés, viols, incendies d’églises, profanations de cimetières, mises en esclavage, génocides d’Arméniens et d’assyro-chaldéens dans l’empire ottoman en 1915 et de deux millions de chrétiens au Sud-Soudan dans les années 1990-2000, et autres crimes.

Sans protection de la police et sans sanction judiciaire en cas de plainte, l’exil forcé s’impose à nombre de chrétiens qui souhaitent éviter une survie éprouvante comme martyrs de leur foi et préserver l’avenir de leurs enfants.

Une christianophobie occultée
Cette haine du christianisme et des chrétiens a longtemps laissé indifférents et silencieux les droitsdel’hommistes, le système onusien, les intellectuels, les médias et une partie de la hiérarchie des églises.

La médiatisation des attentats à Bagdad - celui revendiqué par Al-Qaïda, le 31 octobre 2010, contre la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad (Irak) et qui a causé au moins 46 morts, dont deux prêtres, et 60 blessés - et à Alexandrie - contre une église copte d'Alexandrie (Egypte), lors de la nuit du nouvel an 2011, qui a fait au moins 21 morts et 79 blessés - a été éclipsée par le « printemps arabe », alors que les violences contre les chrétiens se sont poursuivis, au Moyen-Orient - exil forcé des chrétiens d'Orient - et ailleurs.

Géopolitologue, essayiste, universitaire et éditorialiste à France Soir, Alexandre del Valle analyse cette tragédie ignorée, méconnue ou souvent occultée par le « politiquement correct » : la christianophobie, et ces terres devenues ou risquant de devenir christianrein, un vocable forgé par « le juriste Juif des Etats-Unis Joseph Weiler, à propos de l’Occident », à l’instar des pays Judenrein (sans Juif).


Cet essai synthétique, argumenté et clair présente un panorama mondial des persécutions actuelles frappant le christianisme et ses fidèles dans toutes leurs sensibilités : catholiques, protestants, coptes, arméniens, assyro-chaldéens, etc.

L’auteur distingue quatre sources ou vecteurs de christianophobie : islamisme radical, fondamentalismes hindouiste et bouddhiste, communisme (Chine, Corée du Nord, Vietnam, Cuba) et haine de soi occidentale.

Point commun : les chrétiens y sont souvent assimilés aux anciens colonisateurs, à l’impérialisme et à l’Etat d’Israël, tous honnis, ou à une « cinquième colonne » aux ordres de l’Occident.

En « terre d’islam », les chrétiens sont considérés comme des dhimmis, « infidèles conquis ». La dhimmitude, c’est la « soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Ce statut est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique) et contraint le dhimmi à l’infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, [à] un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique » (Bat Ye’or). De plus, selon l’islam, la Bible, hébraïque ou chrétienne, est une « falsification de la vérité coranique ».

En Inde, les chrétiens sont victimes des nationalistes hindous dans « les Etats gouvernés par les partis religieux intégristes adeptes de l’idéologie radicale de l’hindutva » (expression signifiant hindouïté ou indianité et inventée par Vinayak Damodar Savarkar) au « double motif que les adeptes du Christ sont des « apostats » issus des castes inférieures (« intouchables ») qui remettent en question l’ordre inégalitaire des castes et qu’ils adhèrent à une religion prosélyte « étrangère à la nation indienne ». Au Pakistan, la situation des chrétiens est pitoyable : loi anti-blasphème, promesse de récompenses par des imams à ceux qui tueraient des "mécréants", etc. Au Sri Lanka et au Vietnam, les persécutions émanent de bouddhistes majoritaires.

La christianophobie marxiste est peu médiatisée, mais « la plus meurtrière en intensité » et « la plus ignorée du grand public ». En effet, des « médias occidentaux sont encore influencés par un tiers-mondisme de gauche incitant à minimiser les crimes communistes et à dénoncer en priorité le sionisme, l’impérialisme américain et les dictatures dites de « droite » liées à l’Occident ». Les Etats communistes reprochent aux chrétiens « de ne pas être athées et d’être un vivier naturel pour l’opposition démocratique soutenue par l’Occident. Les églises y sont « interdites » ou « non-enregistrées » et leurs fidèles poursuivis, réduits à exercer leur culte en secret, dans la peur.

Quant à la christianophobie dans les « démocraties occidentales sécularisées et surtout dans la vieille Europe qui a coupé le cordon ombilical avec ses racines judéo-chrétiennes pour mieux être acceptées par les peuples non-chrétiens anciennement colonisés », elle est « alimentée par une culpabilisation collective » et se traduit par des profanations d’églises et de cimetières – 430 sur les 495 profanations de lieux de culte ou de cimetières en France ont concerné en 2010 des lieux et symboles chrétiens -, des actes d’intolérance à l’égard de chrétiens – le 5 mars 2008, le père d’une église de Londres est tabassé par deux jeunes Asiatiques qui exigeaient que ce lieu soit transformé en mosquée, un couple britannique se voit retirer son agrément comme famille d’accueil au motif que sa « foi chrétienne l’empêchait de considérer l’homosexualité comme normale » -, une haine de soi « oublieuse » – en décembre 2010, la Commission européenne a édité un agenda, distribué à 3,2 millions de collégiens et de lycéens, où figurent toutes les fêtes religieuses à l’exception des célébrations chrétiennes » -, attaques contre la personne du Pape, mythe du complot visant une Eglise diabolisée (best-sellers de Dan Brown), etc.

Utiles pour le lecteur : les annexes – dont le « Pacte d'Omar » sur la dhimma - l’index et le glossaire de ce livre remarquable de concision et d'érudition.

Lors d'une conférence à l'Amitié judéo-chrétienne de Boulogne-Billancourt le 17 janvier 2012, Alexandre del Valle a déploré l'attitude pour le moins frileuse de l'église catholique et des chrétiens français, et souligné la dynamique à initier pour vaincre cette christianophobie.

Un avenir sombre
Ajoutons à ce sombre tableau, la persécution en Europe de musulmans convertis au christianisme : l'apostat est considéré comme un crime punissable de mort par l'islam.

La persistance des crises - notamment économique et financière - dans l'Union européenne engagée dans Eurabia, le spectre d'un nouveau califat, la puissance politique de la Russie, le pouvoir économique de la Chine, la crainte de la puissance nucléaire de la Corée du Nord, les pétrodollars ou gazodollars stratégiquement investis (Qatar, etc.), les  conséquence du  « printemps arabe » et notamment la victoire des islamistes en Tunisie et en Egypte - et bientôt en Libye ? -, le sentiment de culpabilité d’Etats européens à l'égard du Tiers-Monde, le refus de l'OTAN de reconnaitre l'échec de ses interventions en 1999 au Kosovo qui pratique l'épuration ethnique ou plutôt religieuse en persécutant les chrétiens (Albanais catholiques, Serbes, etc.)… Tous ces faits se conjuguent pour celer ces drames et les laisser perdurer.

Pour combattre cette christianophobie, les chrétiens demeurent divisés, parfois réticents à s’allier avec les Juifs, et malhabiles dans leur communication en direction d'Occidentaux déculturés.

L’Occident se doit de demeurer fidèle à la liberté de critiquer les religions, donc de refuser de rétablir le délit de blasphème - un blasphème dont est accusée à tort la jeune Asia Bibi au Pakistan. Si l’Europe continue à se taire, elle risque un "naufrage moral et spirituel, plus nocif encore que la crise économique », estime le professeur Massimo Introvigne qui insiste sur la nécessité de « communiquer les données des crimes contre les chrétiens » sans euphémisme.

Parmi les voies pour lutter contre cette christianophobie :  l’affirmation par l’Occident de son identité, de ses valeurs et de son passé, la lutte contre les idéologies politiques ou/et religieuses fanatisant les tueurs, ces régimes autoritaires ou dictatoriaux, ces mouvements extrémistes, une réforme de l’islam afin d’établir des relations d’égalité entre musulmans et non-musulmans, et l’écriture d’histoires nationales sans tabou ni « vérité officielle », donc le refus du « mythe al-Andalus » de la tolérance islamique idéalisée sous domination musulmane.

ADDENDUM : 
En juillet 2012, Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès du Conseil onusien des droits de l'homme à Genève, a déploré les violences contre les chrétiens dans le monde.
Des graffitis de couleur rouge - "Feux aux chapelles", "Ni Dieu, ni Maitre" -  ont été découverts sur le parvis de la basilique du Sacré-Coeur à Paris, le 18 mars 2014. Le 18 mars 1871 a débuté la Commune de Paris.
Marie-Hélène Rutschowscaya, ancienne responsable de la section copte au Louvre et conservateur général honoraire du patrimoine, s’alarme le 7 avril 2014 de « l’abandon par le musée du Louvre du projet d’un département regroupant les collections des arts de Byzance et des chrétientés d’Orient  ». Le 7 janvier 2010, le Président Nicolas Sarkozy avait annoncé la création au Louvre d’un « département consacré aux arts des chrétientés d’Orient, des empires byzantins et slaves ». Le 26 novembre 2010, le Conseil d’administration de l’établissement public du musée du Louvre alors présidé par Henri Loyrette avait approuvé « la création du département des Arts de Byzance et des chrétientés d’Orient ». Une décision conforme au contrat de performance du Louvre (2006-2008) et à l’élargissement de l’Union européenne à des pays d’Europe orientale et méridionale. Le 15 avril 2013, en accord avec le ministère de la Culture, Jean-Luc Martinez, nouveau président du Louvre, a annulé  ce projet d’un IXe département du Louvre qui aurait été implanté dans les anciennes salles des arts de l’islam. Marie-Hélène Rutschowscaya déplore que la « France ait une politique culturelle trop frileuse envers des pays profondément marqués par le christianisme oriental d’époques byzantine et post-byzantine que notre Moyen Âge occidental a reçu en héritage ? Les événements dramatiques que nous connaissons actuellement au Proche-Orient et en Europe de l’Est devraient nous inciter à être plus attentifs et à développer des liens culturels pérennes ». A l’initiative exprimée en 2003 par le Président Jacques Chirac, le Louvre s’était doté d’un nouveau département des arts de l’islam.
Née en 1987 d’un père musulman et d’une mère chrétienne orthodoxe, la soudanaise Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été élevée dans la religion chrétienne après le départ de son père quand elle avait cinq ans. Elle s'est convertie au catholicisme lors de son mariage. Elle avait été condamnée à mort le 15 mai 2014 pour apostasie, puis a été libérée en juin 2014 par la Cour d'appel à la suite d'une campagne internationale en sa faveur, et s’est réfugiée à l’ambassade américaine à Khartoum (Soudan).
Le sénateur musulman Khalifa Ahmed Zannamusulmans a dénoncé au Daily Post (7 juillet 2014), journal nigérian, les rapts, viols collectifs et assassinats de 250 filles chrétiennes de Chibok (Etat de Borno, Nigéria), puis de 250 autres filles chrétiennes de villages près de Chibok, par le mouvement islamiste Boko Aram qui a rendu public les vidéos de ces crimes. "Initialement kidnappées pour en faire des esclaves sexuelles et au nom d'Allah", certaines de ces enfants chrétiennes ont été contraintes d'épouser des adultes musulmans, parfois sexagénaires, infectés de maladies sexuellement transmissibles, telle la syphilis. Boko Aram avait évité les écoles musulmanes, pour viser les seules écoles des "Infidèles".
En octobre 2014, est paru Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde (XO Ediitons), sous la direction de Mgr Jean-Michel Di Falco, évêque de Gap et Embrun, le dominicain Timothy Radcliffe et Andréa Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio. Ceux-ci ont "recueilli les témoignages, les reportages et analyses d'experts de 17 nationalités". De 150 à 200 millions de chrétiens - catholiques, protestants et  orthodoxes - sont visés par cette "guerre mondiale contre les chrétiens", par des groupes terroristes ou des gouvernements, au Proche-Orient, au Moyen-Orient, en Afrique du nord et subsaharienne, en Amérique Latine et en Asie. Mgr Di Falco explique : "Les chrétiens sont les plus nombreux. On les estime à 2 milliards 300 millions, dont 1 milliard 200 millions de catholiques. Leur nombre progresse partout sauf dans les pays occidentaux. Cette expansion est souvent perçue comme une menace. Dans de nombreuses parties du monde, les chrétiens ne sont pas seulement une minorité religieuse, mais aussi une minorité ethnique, linguistique, culturelle. Enfin les chrétiens, où qu'ils vivent, sont souvent assimilés à l'Occident, et en conséquence, ceux qui sont hostiles à l'Europe ou aux États-Unis sont tentés de se venger sur eux".
Le 29 octobre 2014, à 18 h, un rassemblement sur le parvis des droits de l'Homme, place du Trocadéro (Paris), a été organisé en faveur d'Asia Bibi, mère de famille chrétienne pakistanaise dont la condamnation à la peine de mort pour blasphème - elle avait bu de l'eau considérée ensuite comme impure par ses voisines musulmanes - en novembre 2010 a été confirmée le 16 octobre 2014 par la Haute cour de Lahore.

Le 3 novembre 2014,  l'Observatoire de la liberté religieuse a publié son rapport étudiant 196 pays d'octobre 2012 à juin 2014 : "81 pays – soit 41 % – sont identifiés comme des endroits où la liberté religieuse est entravée (classification « haute » ou « moyenne » dans la carte) ou est en déclin. Trente-cinq pays au total – soit 18 % – ont été classés comme présentant quelques problèmes de liberté religieuse qui sont « inquiétants », mais sans détérioration de leur statut. Lorsqu’il y a eu des changements en matière de liberté religieuse, il s’agit dans presque tous les cas de détérioration : 55 pays (soit 28%) ont vu leur situation se détériorer, et sur les 196 pays analysés, seul six pays sont concernés par des améliorations. Même dans les six pays dans lesquels quelques améliorations ont été constatées, quatre – Cuba, Émirats Arabes Unis, Iran et Qatar – restent classés comme des lieux de « haute » ou « moyenne » persécution. Le Zimbabwe et Taïwan sont classés respectivement dans les catégories « préoccupante » et « faible »".
"Au total, 20 pays sont rangés dans la catégorie « haute », compte tenu de l’absence de liberté religieuse.  Parmi eux, 14 vivent des situations de persécution religieuse liées à l’extrémiste musulman. Ces pays sont : l’Afghanistan, la République centrafricaine, l’Égypte, l’Iran, l’Irak, la Libye, les Maldives, le Nigéria, le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Dans les six pays restants, la persécution religieuse est liée à des régimes autoritaires. Ces pays sont : la Birmanie (Myanmar), la Chine, l’Érythrée, la Corée du Nord, l’Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan".
Ce rapport conclut : "La liberté religieuse mondiale a connu un grave déclin. Les pays musulmans sont prédominants dans la liste des États manifestant les plus graves violations de la liberté religieuse. La liberté religieuse est en baisse dans les pays occidentaux qui sont majoritairement ou historiquement chrétiens. Deux facteurs principaux expliquent cela. Tout d’abord, il existe un désaccord en ce qui concerne le rôle que doit jouer la religion dans la « sphère publique ». Deuxièmement, l’ouverture à la liberté religieuse est menacée par l’augmentation des préoccupations sociétales concernant l’extrémisme. Les chrétiens restent la minorité religieuse la plus persécutée, en partie à cause de leur large dispersion géographique et de leur nombre relativement élevé. Cependant, les musulmans subissent également un niveau sérieux de persécution et de discrimination, imputable soit à d’autres musulmans, soit à des régimes autoritaires. Les juifs d’Europe occidentale font l’objet de violences et d’autres mauvais traitements, en général de faible niveau. Toutefois, ces problèmes ont augmenté, provoquant une augmentation de l’émigration vers Israël. Quelques signes positifs de coopération religieuse ont été constatés, mais ils ont souvent été le fruit d’initiatives locales plutôt que de progrès au niveau national. La persécution des minorités religieuses établies depuis longtemps et la montée des États mono-confessionnels se traduisent par des déplacements de population d’une ampleur exceptionnelle, ce qui a contribué à une crise des réfugiés dans le monde entier. Les pays d’Europe de l’Ouest, qui jusqu’à ces dernières décennies étaient majoritairement chrétiens et racialement homogènes, ressemblent de plus en plus aux pays multiconfessionnels et aux sociétés diversifiés du Proche-Orient. Cela génère des tensions, tant politiques que sociales. La montée de « l’analphabétisme religieux » chez les décideurs occidentaux et dans les médias internationaux empêche un dialogue productif et l’élaboration de politiques efficaces. Pour inverser les tendances inquiétantes relevées dans le présent rapport, la responsabilité de la lutte contre la violence et la persécution incombe, avant tout, aux communautés religieuses elles-mêmes. La nécessité, pour tous les chefs religieux, de proclamer haut et fort leur opposition à la violence d’inspiration religieuse et de réaffirmer leur soutien à la tolérance religieuse, devient de plus en plus urgente".


Le 21 décembre 2014, le pape François (Franciscus) a écrit  une lettre  aux chrétiens  du Moyen-Orient. Le Saint-Père  les a exhortés  au dialogue inter-religieux, les a encouragés à demeurer dans leurs pays auxquels ils ont tant contribué, a dénoncé sans le nommer l’Etat islamique, a déploré les persécutions dont ils sont victimes :
« L’affliction et la tribulation n’ont malheureusement pas manqué dans un passé même récent du Moyen-Orient. Elles se sont aggravées ces derniers mois à cause des conflits qui tourmentent la région, mais surtout du fait d’une plus récente et préoccupante organisation terroriste, de dimensions autrefois inimaginables, qui commet toutes sortes d’abus et de pratiques indignes de l’homme, en frappant de manière particulière certains d’entre vous qui ont été chassés de façon brutale de leurs propres terres, où les chrétiens sont présents depuis les temps apostoliques. En m’adressant à vous, je ne peux pas oublier non plus d’autres groupes religieux et ethniques qui subissent également la persécution et les conséquences de ces conflits… A tous, je veux exprimer ma proximité et ma solidarité ainsi que celles de l’Église, et offrir une parole de consolation et d’espérance. Chers frères et sœurs, qui avec courage rendez témoignage à Jésus en votre terre bénie par le Seigneur, notre consolation et notre espérance c’est le Christ lui-même… Je demande à Dieu que tant de souffrance unie à la croix du Seigneur donne de bons fruits pour l’Église et pour les peuples du Moyen-Orient. milieu des inimitiés et des conflits, la communion vécue entre vous en fraternité et simplicité est signe du Royaume de Dieu. Je suis heureux des bonnes relations et de la collaboration entre les Patriarches des Églises Orientales catholiques et ceux des Églises Orthodoxes ; comme aussi entre les fidèles des diverses Églises. Les souffrances endurées par les chrétiens apportent une contribution inestimable à la cause de l’unité. C’est l’œcuménisme du sang, qui demande un abandon confiant à l’action de l’Esprit Saint… Puissiez-vous toujours rendre témoignage à Jésus à travers les difficultés ! Votre présence même est précieuse pour le Moyen-Orient. Vous êtes un petit troupeau, mais avec une grande responsabilité en cette terre, où est né et où s’est répandu le christianisme… Votre effort pour collaborer avec des personnes d’autres religions, avec les juifs et avec les musulmans, est un autre signe du Royaume de Dieu. Le dialogue interreligieux est d’autant plus nécessaire que la situation est plus difficile. Il n’y a pas d’autre voie. Le dialogue fondé sur une attitude d’ouverture, dans la vérité et dans l’amour, est aussi le meilleur antidote à la tentation du fondamentalisme religieux, qui est une menace pour les croyants de toutes les religions. Le dialogue est en même temps un service à la justice et une condition nécessaire pour la paix tant désirée… La plupart d’entre vous vit dans un milieu à majorité musulmane. Vous pouvez aider vos concitoyens musulmans à présenter avec discernement une image plus authentique de l’Islam, comme le veulent beaucoup d’entre eux, lesquels répètent que l’Islam est une religion de paix qui peut s’accommoder du respect des droits humains et favoriser la cohabitation entre tous. Ce sera un bien pour eux et pour la société tout entière. La situation dramatique que vivent nos frères chrétiens en Irak, mais aussi les yazidis et les membres d’autres communautés religieuses et ethniques, exige une prise de position claire et courageuse de la part de tous les responsables religieux, pour condamner de façon unanime et sans aucune ambigüité ces crimes et dénoncer la pratique d’invoquer la religion pour les justifier… Bien-aimés, presque tous, vous êtes des citoyens natifs de vos pays et vous avez pour cela le devoir et le droit de participer pleinement à la vie et à la croissance de votre nation. Dans la région, vous êtes appelés à être artisans de paix, de réconciliation et de développement, à promouvoir le dialogue, à construire des ponts, selon l’esprit des Béatitudes (cf. Mt 5, 3-12), à proclamer l’Évangile de la paix, ouverts à une collaboration avec toutes les autorités nationales et internationales… Je désire vous exprimer de manière particulière mon estime et ma gratitude, très chers frères Patriarches, Évêques, Prêtres, Religieux et sœurs Religieuses, qui accompagnez avec sollicitude le chemin de vos communautés… A vous, jeunes, j’envoie une accolade paternelle. Je prie pour votre foi, pour votre croissance humaine et chrétienne, et pour que vos meilleurs projets puissent se réaliser. Et je vous le répète : « N’ayez pas peur ni honte d’être chrétiens. La relation avec Jésus vous rendra disponibles pour collaborer sans réserve avec vos concitoyens, quelle que soit leur appartenance religieuse » (Exhort. ap. Ecclesia in Medio Oriente, n. 63). A vous, personnes âgées, je fais parvenir mes sentiments d’estime… Je voudrais encourager tous ceux d’entre vous qui œuvrent dans les domaines très importants de la charité et de l’éducation…Bien-aimés, même si vous êtes peu numériquement, vous êtes protagonistes de la vie de l’Église et des pays dans lesquels vous vivez. Toute l’Église vous est proche et vous soutient, avec grande affection et estime pour vos communautés et votre mission. Nous continuerons à vous aider par la prière et avec les autres moyens disponibles. En même temps, je continue à exhorter la communauté internationale à répondre à vos besoins et à ceux des autres minorités qui souffrent ; en premier lieu, en promouvant la paix à travers la négociation et le travail diplomatique, en cherchant à contenir et arrêter le plus tôt possible la violence qui a causé déjà trop de dégâts. Je réitère la plus ferme condamnation des trafics d’armes. Nous avons plutôt besoin de projets et d’initiatives de paix, pour promouvoir une solution globale aux problèmes de la région. Pendant combien de temps le Moyen-Orient devra- t-il encore souffrir à cause du manque de paix ? Nous ne pouvons pas nous résigner aux conflits comme si un changement n’était pas possible ! Dans le sillage de mon pèlerinage en Terre Sainte et de la rencontre de prière qui s’en est suivie, au Vatican, avec les Présidents israélien et palestinien, je vous invite à continuer de prier pour la paix au Moyen-Orient. Que celui qui a été contraint à laisser ses propres terres, puisse y retourner et y vivre dans la dignité et dans la sécurité. Puisse l’assistance humanitaire s’accroître, en mettant toujours au centre le bien de la personne et de chaque pays dans le respect de sa propre identité, sans faire passer avant d’autres intérêts. Que l’Église tout entière et la communauté internationale deviennent toujours plus conscientes de l’importance de votre présence dans la région. Chères sœurs et chers frères chrétiens du Moyen-Orient, vous avez une grande responsabilité et vous n’êtes pas seuls à l’affronter. C’est pourquoi, j’ai voulu vous écrire pour vous encourager et pour vous dire combien votre présence et votre mission sont précieuses en cette terre bénie par le Seigneur. Votre témoignage me fait beaucoup de bien. Merci ! Chaque jour, je prie pour vous et à vos intentions ».
La veille de la fête de la Nativité, le pape François a téléphoné à des réfugiés irakiens au Kurdistan..

Lors de son message de Noël du 25 décembre 2014 - le deuxième de son pontificat - lu debout, dans la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, et conclu à midi par la bénédiction « Urbi et Orbi » (A la ville et au monde, en latin), le page François a pleuré « les larmes du monde ». Il a évoqué les chrétiens persécutés, et d'abord « nos frères et sœurs d’Irak et de Syrie ». Il a fustigé la « persécution brutale » subie par les chrétiens ainsi que « d’autres groupes ethniques et religieux ». Il a cité le conflit sur « la Terre bénie de (la) naissance » de Jésus, et en Ukraine. Les guerres - Nigeria, Libye, Sud Soudan, Centrafrique, RDC - et l'épidémie d'Ebola en Afrique ont elles aussi été mentionnées par le pape. Le Saint-Père a espéré que « les nombreuses personnes déplacées, dispersées et réfugiées […] de la région et du monde entier... puissent recevoir les aides humanitaires nécessaires pour survivre à la rigueur de l'hiver et revenir dans leur pays ». A des dizaines de milliers de personnes réunies, le pape a fait part de son souci pour les violences commises à l'égard des enfants, « tous les enfants aujourd’hui tués et maltraités, ceux qui le sont avant de voir la lumière, privés de l’amour généreux de leurs parents et ensevelis sous l’égoïsme d’une culture qui n’aime pas la vie, ceux qui sont exilés à cause des guerres et des persécutions, abusés et exploités sous nos yeux et notre silence complices, les enfants massacrés sous les bombardements, y compris là où est né le Fils de Dieu [en Terre Sainte, Nda]. Aujourd’hui encore, leur silence impuissant crie sous l’épée de tant de Hérode. Sur leur sang se tient aujourd’hui l’ombre des Hérode actuels ». Un blood libel...  Le Saint-Père a souligné le rôle du « dialogue » comme unique voie de solution des guerres, et a requis un « soutien aux efforts de ceux qui s'engagent efficacement pour le dialogue entre Israéliens et Palestiniens ». 

Le 26 décembre 2014, lors de l’Angelus sur la place Saint-Pierre emplie d'une assistance attentive, le pape François a exhorté à un « engagement dans le monde entier pour reconnaître et assurer concrètement la liberté religieuse, droit inaliénable ». Il a rendu hommage à « tous ceux qui sont discriminés, persécutés, tués » en raison de leur foi chrétienne, et stigmatisé « la persécution brutale » les ciblant. Et d'ajouter que les chrétiens « ne sont pas tous appelés à verser leur sang, mais doivent donner témoignage, sans peur d’aller à contre-courant et de payer de leur personne », "L’Église catholique célèbre au lendemain de Noël la fête de Saint-Étienne, premier martyr de l’Église, un des premiers disciples de Jésus lapidé à Jérusalem".

En janvier 2015, l'association Portes ouvertes a publié son rapport annuel sur la persécution des chrétiens dans le monde. "Basé sur des faits réels, l’Index Mondial de Persécution donne une analyse objective de la situation vécue par des millions de chrétiens aujourd’hui. Les chrétiens constituent le groupe religieux le plus persécuté dans le monde". Il a mesuré l’évolution, l'étendue et l'intensité de la persécution des chrétiens dans le monde".


Il a dégagé les "six tendances de la persécution antichrétienne en 2015 : pour la première fois, trois pays - Corée du Nord, Somalie et Irak - sont en zone de persécution absolue - la persécution augmente encore et le pire ne semble ne jamais atteindre son paroxysme -, quatre continents - Afrique, Asie, Amérique, Europe - sont concernés (la persécution contre les chrétiens s’intensifie encore et s’étend, même dans des pays à majorité chrétienne), l’extrémisme islamique "constitue le "principal mécanisme de persécution - c'est le cas dans 40 des 50 pays de l’index, que ce soit une persécution violente ou d’oppression. Sur les 10 pays où les chrétiens subissent le plus de violences, 8 connaissent une radicalisation islamique : Nigeria, Irak, Syrie, Centrafrique, Soudan, Pakistan, Egypte et Kenya (les deux autres pays sont le Myanmar et le Mexique) -, de plus en plus de chrétiens sont chassés de chez eux - de nombreux chrétiens ont dû fuir la persécution, créant un flot sans précédent de réfugiés et de déplacés internes vivant dans une extrême précarité. En Syrie, 40% de la population chrétienne a quitté le pays. Sur les 1,8 million de chrétiens que comptait le pays avant la guerre, 700 000 sont partis. En Irak, depuis l’été 2014, 140 000 chrétiens ont été déplacés et 5 000 familles chrétiennes ont émigré.. Au Nigeria, des milliers de chrétiens ont été chassés de chez eux par Boko Haram. En Érythrée, ils quittent le pays pour échapper à la prison -, les chrétiens sont de plus en plus marginalisés socialement et culturellement - les dix pays les plus touchés par ce type de persécution sont la Somalie, la Corée du Nord, l’Afghanistan, les Maldives, Érythrée, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Irak, l’Iran et la Libye -, l'Afrique est dans la tornade : c’est dans les pays d’Afrique et en particulier en Afrique sub-saharienne, que la persécution augmente le plus rapidement". 

Le 5 avril 2015, le pape François a déclaré : « Qu'une prière incessante monte de tous les hommes de bonne volonté pour ceux qui ont perdu la vie – je pense en particulier aux jeunes qui ont été tués jeudi à l'université de Garissa au Kenya – , pour tous ceux qui ont été enlevés ».

Le 29 octobre 2015, la cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe de huit membres du groupe Femen , poursuivies pour avoir dégradé une cloche à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Deux surveillants, qui les avaient sorties hors du monument ont été condamnés à des amendes avec sursis, un troisième a été relaxé. Ces Femen avaient dégradé la cloche Marcel, "une des cloches centenaires recouvertes de feuilles d’or - leur action avait entraîné un devis de réparation de 7 176 euros". En février 2013, jour où les députés devaient voter sur le projet sur le mariage homosexuel, les Femen s'étaient jointes aux touristes entrant dans la cathédrale, puis avaient baissé leur manteaux afin de montrer leur poitrine sur laquelle étaient inscrits des slogans "Pope Game Over", "Crise de foi" -, étaient monté sur le socle de trois cloches, "exposées provisoirement dans la nef à l’occasion du jubilé des 850 ans de Notre-Dame de Paris. Elles avaient crié : « Pope no more ! » (« Plus de pape ! »), en faisant tinter les cloches avec des morceaux de bois. Elles "avaient aussi scandé sur le parvis « In gay we trust ! » (« Nous croyons en l’homosexualité ! », parodie de la devise américaine « In God we trust », « Nous croyons en Dieu ») ou encore « Dégage homophobe ! », après avoir été expulsées de la cathédrale". "Faute d’éléments suffisants pour leur imputer les dégradations sur la dorure de la cloche Marcel (du nom de Saint-Marcel), le tribunal correctionnel de Paris les avait relaxées en 2014, mais le parquet avait fait appel. Devant la cour, une même peine de 1 000 euros d’amende avait été requise contre chacune des huit jeunes femmes. Pour leur défense, elles ont de nouveau souligné qu’elles avaient pris soin de recouvrir les bâtons avec lesquels elles ont fait sonner les cloches avec de la feutrine. Trois surveillants qui avaient chassé les Femen hors de l’édifice, avaient été condamnés en première instance à des amendes de 300, 500 et 1 000 euros avec sursis pour des violences sur trois des jeunes femmes, dont l’une avait eu une dent cassée". "On ne peut que s’interroger sur le message que renvoie cette décision. Il est tout d’abord étonnant que le chef d’accusation retenu n’ait pas été la « provocation à la haine religieuse », pourtant manifeste, qui aurait, de fait, entrainé de plus lourdes sanctions. La qualification des faits aurait-elle été semblable pour une mosquée ou une synagogue ? La décision souligne également une inversion des valeurs et une complaisance inquiétante des juges face aux attaques antichrétiennes", considère Anne-Laure Debaecker dans Valeurs actuelles.

Le 18  novembre 2015, l'association des maires de France (AMF) a publié un Vade-mecum sur la laïcité. Cette brochure affirme l'incompatibilité avec la laïcité des crèches de Noël au sein de mairies - la jurisprudence française est contradictoire sur ce point -, ce qui a suscité une polémique. D'autant que le président et le premier vice-président délégué de l'AMF, respectivement François Baroin et André Laignel, sont francs-maçons. Le 25 novembre 2015, l'AMIF a précisé le caractère non contraignant des préconisations dans son ouvrage visant à "indiquer, sur des sujets très variés, les textes applicables, la jurisprudence et quelques recommandations utiles afin de sécuriser vos décisions. Il n’a bien évidemment aucune valeur contraignante, chaque conseil municipal étant libre de ses choix. Il rappelle plus généralement l’attachement de l’AMF à la Loi de 1905, ne remet pas en cause le régime concordataire et  prend en compte les traditions historiques ou culturelles de nos territoires. Ce document devait nourrir un important débat sur la laïcité prévu en ouverture de notre 98ème congrès, reporté, comme vous le savez, suite aux attentats terroristes du 13 novembre. Il a néanmoins été présenté lors du Rassemblement des maires de France organisé le 18 novembre destiné à réaffirmer notre attachement collectif aux valeurs de la République... Le point particulier des crèches dans les bâtiments publics, sujet d’interrogations et parfois de déformations du travail de l’AMF, fait justement partie de ceux-ci ; il avait d’ailleurs déjà été évoqué lors de la conférence de presse précitée car c’est un principe général de la loi sur l’utilisation des bâtiments publics. Afin d’éviter toute incompréhension, nous tenons, par la présente, à vous préciser les dispositions contenues dans le vade-mecum (p.16). Sur ce sujet, « l’AMF réaffirme la nécessité d’appliquer la règle définie à l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 qui proscrit « tout signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit ». A cet égard, «  la présence de crèches de Noël dans l’enceinte des mairies n’est, du point de vue de l’AMF, pas compatible avec la laïcité. Elle relève toutefois que la jurisprudence administrative est, encore à ce jour, discordante sur ce sujet. C’est pour cette raison que nous avons interpellé le ministre de l’Intérieur (le 1er juillet 2015) sur l’hétérogénéité actuelle des jurisprudences qui nuit à la compréhension de la règle par les élus et les citoyens ». En effet, à 5 jours d’intervalle en octobre 2015, soit il y a un mois à peine, deux Cours administratives d’appel ont jugé de manière opposée cette pratique, considérée comme cultuelle ou culturelle selon le cas ! Ces deux arrêts ont fait l’objet de pourvois en cassation devant le Conseil d’Etat qui devra donc se prononcer".

En 2016, l'association Portes ouvertes a publié son rapport annuel sur la persécution des chrétiens dans le monde en 2015. Les "tendances des persécutions antichrétiennes en 2016" sont une "progression constante de la persécution - il devient de plus en plus difficile, dans un nombre de pays qui va croissant, de pratiquer sa foi chrétienne. Le seuil d’entrée dans l’index 2016 a encore augmenté par rapport à l’année dernière -, l’extrémisme islamique : encore la 1re source de persécution - d’année en année, cette tendance ne fait que se renforcer et a des répercussions partout dans le monde. Dans 35 pays sur les 50 que comptent l’index, l’extrémisme islamique est le principal mécanisme de persécution -, un refus de coexister avec les chrétiens - la persécution prend une forme de nettoyage ethnique qui refuse toute cohabitation entre les communautés chrétiennes et musulmanes. On le constate au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie - et la persécution d’État, toujours d’actualité - certains États instrumentalisent la religion pour des raisons nationalistes. En Corée du Nord, on peut parler d’une « religion athée ». En Inde, l’hindouisme est utilisé pour cimenter la nation aux dépens des minorités".

Selon cette ONG, du 1er novembre 2014 au 31 octobre 2015, "au moins 7 100 chrétiens tués pour des raisons liées à leur croyance, soit une augmentation de 63% par rapport à l’année dernière où on en comptait 4344. Chaque année ce nombre ne cesse d’augmenter, montrant une croissance de la persécution contre les chrétiens dans le monde (en 2013, ils étaient 2 123 et en 2012, 1 201. Au moins 2 406 églises ciblées - ce terme comprend les églises attaquées, endommagées, plastiquées, pillées, détruites, réduites en cendres, fermées -, soit plus du double par rapport à l’année dernière où on en comptait 1 062 (en 2013, elles étaient 1 111)".

Le 26 juillet 2016, deux terroristes islamistes sont entrés dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), près de Rouen en criant "Allah Ouaqbar", cri affirmant la supériorité d'Allah et de l'islam. Munis de couteaux. Ils y ont pris en otages cinq personnes au nom de l'Etat islamique. Ils ont égorgé Jacques Hamel, prêtre auxiliaire de la paroisse et âgé de 86 ans, et gravement blessé un autre otage. Lors de l'assaut, la Brigade d'intervention rapide (BRI) les a tués. "La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête. L’enquête a été confiée à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet". Le grand rabbin de France Haim Korsia a exprimé sur Twitter sa solidarité avec l'église catholique.

"En mémoire du Père Jacques Hamel", est prévu le 27 juillet 2016 à 19 h 30, un rassemblement sur le parvis de Notre-Dame de Paris, où débutera une marche vers la butte de Montmarte, mont des martyres. Pendant cette marche, les participants découvriront qui fut le Père Jacques Hamel, et alterneront lectures et chants. Arrivés devant la Basilique du Sacré-Coeur, ils prendront un temps de recueillement. "Là où est la haine, que je mette l'amour" (Saint François d'Assise)".


Alexandre del Valle, Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie. Préface de Denis Tillinac. Maxima Laurent du Mesnil éditeur, 2011. 360 pages. ISBN : 978-2840016946


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Publié le 24 décembre 2011, cet article a été modifié le 27 juillet 2016. Il a été republié le 25 décembre 2012 puis le :
- 14 mars 2013 alors que, le 13 mars 2013, l'archevêque argentin Bergoglio a été élu  pape, et qu'il a pris le nom de pape François ;
- 15 août 2013, en ce jour de l'Assomption. L'amalgame entre les processions chrétiennes et les prières musulmanes dans les rues est infondé. Les processions sont réglées par l'article 27 de la loi de 1905 (police des cultes). Le Conseil d'Etat a développé une jurisprudence conciliant la liberté de culte et l'ordre public. En l'occurrence, les processions chrétiennes de l'Assomption sont annuelles et soumises à autorisation. Or, les prières de musulmans dans les rues françaises se sont déroulées sans autorisation ni du Maire ni de la préfecture de police, étaient hebdomadaires, et contrevenaient à l'ordre public défini par le droit ("bon ordre, sécurité, salubrité et tranquillité publiques") ;
- 24 décembre 2013 ;
- 10 avril 2014. A l’initiative de Chrétienté-Solidarité, une veillée de soutien pour la liberté religieuse en Arabie Saoudite et dans le monde aura lieu ce 10 avril 2014, de 19 h à 22 h, place du Général-Brocard (Paris 17e) ;
- 13 mai 2014Une mobilisation tardive apparait en faveur des 223 lycéennes chrétiennes nigérianes kidnappées le 14 avril 2014 par le mouvement islamiste Boko Aram ;
- 29 juin 2014.Née en 1987 d’un père musulman et d’une mère chrétienne orthodoxe, la soudanaise Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été élevée dans la religion chrétienne après le départ de son père quand elle avait cinq ans. Elle s'est convertie au catholicisme lors de son mariage. Elle avait été condamnée à mort le 15 mai 2014 pour apostasie, puis a été libérée par la Cour d'appel à la suite d'une campagne internationale en sa faveur, et s’est réfugiée à l’ambassade américaine à Khartoum (Soudan) ;
- 1er août, 28 octobre et 25 décembre 2014, 13 février, 5 avril et 30 octobre 2015, 26 juillet 2016. 

1 commentaire:

  1. Mais Jésus Christ lui même nous a prévenu de la persécution a venir. Jésus revient !

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