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vendredi 27 août 2021

« Jean de La Fontaine - L'homme qui aimait les fables » de Pascale Bouhénic

Arte diffusera le 29 août 2021 « Jean de La Fontaine - L'homme qui aimait les fables » (Jean de La Fontaine. Der Mann der Fabeln) de Pascale Bouhénic. « Célébrant les 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine, à Château-Thierry en 1621, un documentaire consacré à l’œuvre de l’indétrônable fabuliste, source d’inspiration inépuisable pour les illustrateurs, de Gustave Doré à Joann Sfar et Emmanuel Guibert. »

Raymond Aron (1905-1983) 
« ENS : L'école de l’engagement à Paris » par Antoine de Gaudemar et Mathilde Damoisel
Archives de la vie littéraire sous l'Occupation 

"Le corbeau et le renard", "Le lièvre et la tortue ", " La cigale et la fourmi"... Qui n’a pas appris et récité par cœur l’une des mémorables fables de Jean de La Fontaine » (1621-1695), poète, dramaturge et auteur de livrets d'opéra. 

« Si ses vers ont marqué des générations d’écoliers, c’est un tout autre public qu’ils séduisent en 1668 ». 

« Dédicacé - « Je me sers d'animaux pour instruire les hommes... » - au jeune Dauphin, le fils de Louis XIV, le premier recueil du poète, rassemblant 124 fables, connaît à sa publication un succès colossal auprès des cercles mondains et lettrés ». 

« Inspirés des œuvres de fabulistes de l’Antiquité gréco-latine comme Ésope, Phèdre ou Horace, ces récits courts, ponctués de dialogues faussement naïfs, soulignent les défauts humains et critiquent les travers de la société de son temps en mettant en scène un fabuleux bestiaire : lions, tigres, éléphants, ours, hirondelles... » 

« Croqués par le peintre François Chauveau, graveur du roi, ces savoureux contes moraux nourriront par la suite l’imaginaire d’une pléiade d’artistes ». 
 
« Des somptueuses illustrations de Jean-Baptiste Oudry au XVIIIe siècle à celles de Gustave Doré au XIXe, des dessins de Benjamin Rabier aux gouaches oniriques de Marc Chagall au XXe, jusqu’à Joann Sfar et Emmanuel Guibert aujourd’hui, ce documentaire dévoile une impressionnante collection d’images qui témoignent du caractère intemporel de l'œuvre de La Fontaine ». 

Moraliste, proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine ne fréquente pas la cour royale, et préfère les salons tel celui de Madame de La Sablière. Engagé dans les débats de son temps, il rejoint les rangs du parti des Anciens dans la célèbre Querelle des Anciens et des Modernes.

« Dans ce film, nourri d’interviews de spécialistes et de dessinateurs, Pascale Bouhénic (James Tissot – L’étoffe d’un peintre) éclaire également la personnalité du fabuliste, qui fut maître des Eaux et Forêts du duché de Château-Thierry et protégé du surintendant aux Finances Nicolas Fouquet, dont il partagea un temps la disgrâce avant d’entrer à l’Académie française en 1684 ».  
 


« Eh bien, dessinez maintenant ! »

« Grand Prix du Festival d'Angoulême 2020, le dessinateur Emmanuel Guibert, qui témoigne dans le documentaire de Pascale Bouhénic, a récemment illustré, lui aussi, les fables intemporelles de La Fontaine. Entretien. Propos recueillis par Hélène Porret.
 
Dans quelles circonstances avez-vous été amené à illustrer des fables de La Fontaine ?
Emmanuel Guibert :
En 2020, le ministère de l’Éducation nationale m’a sollicité pour illustrer une trentaine de fables dans le cadre de l’opération "Un livre pour les vacances". Pour ce recueil, remis à près de 900 000 élèves de CM2, je me suis plongé pendant deux mois dans une sélection de fables célèbres, de "Le corbeau et le renard " à "Le pot de terre et le pot de fer". S’emparer de ce répertoire a été un régal. Illustrer les fables de La Fontaine, c’est dessiner tout un cortège : on croise le monde entier !

Comment avez-vous abordé son œuvre ?
Je voulais des images agréables à détailler et amusantes. J’ai toujours gardé en tête que je m’adressais à de jeunes enfants. Je souhaitais que les illustrations leur plaisent mais qu’elles servent aussi d’appui pour la compréhension des textes. J’ai choisi de découper les histoires en trois, quatre ou cinq images muettes, chacune décrivant les principales étapes de la fable. J’ai également voulu insérer les personnages dans des décors que j’avais préalablement dessinés au fil des années. Je possède des centaines de dessins réalisés lors de balades dans la nature, principalement en Normandie. J’ai pioché dans cette collection pour chercher les lieux et les saisons qui se prêteraient le mieux à ces fables.

D’autres artistes se sont prêtés à cet exercice avant vous. Lesquels vous ont inspiré ?  
J’aime les illustrations de Gustave Doré ou encore les pastiches de Gotlib que j’ai découverts enfant. J’ai aussi fait l’acquisition il y a quinze ans d’une édition des gouaches réalisées par le peintre Marc Chagall. Elles m’enchantent, je m’y plonge régulièrement. C’est l’une des premières commandes qu’il a exécutées pour l’éditeur d’art Ambroise Vollard en 1926, à son arrivée à Paris. Il y peint une nature russe mâtinée de ce qu’il découvre de la France. Je suis envoûté par son extraordinaire capacité à traiter les couleurs et les compositions. Aucune des solutions que Chagall a trouvées pour illustrer les fables ne m’aurait effleuré. Son travail est unique.

Que représentent pour vous les petites leçons de morale dispensées par La Fontaine ?
Des trésors de style. J’ai appris des vers par cœur et je le fais encore aujourd’hui. À chaque relecture, j’ai l’impression de découvrir de nouvelles richesses, y compris dans les textes que je connais déjà. C’est ce qui fait la merveille des grands écrivains : ils fondent leur observation sur des traits de caractère éternels. Les fables de La Fontaine continuent d’offrir aux nouvelles générations ce qui nous édifie depuis l’Antiquité. »


France, 2020, 53 min
Sur Arte le 29 août 2021 à 17 h 15
Disponible du 22/08/2021 au 27/10/2021
Visuels :
"L'ours et l'amateur de jardins" par Jean-Baptiste Oudry
"Le loup et l'agneau" par Gustave Doré
© DR

Arbre généalogique avec les différentes fables de Jean de La Fontaine
Statue de Jean de La Fontaine
© Zadig Productions 2021

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