Citations

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« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 27 novembre 2020

Marc Chagall. Rétrospective


Les Musées royaux des beaux-arts de Belgique ont présenté Marc Chagall. Rétrospective. Deux cents œuvres retraçaient la carrière de Marc Chagall (1887-1985) sur près de 80 ans, de 1908 aux années 1980. Des créations artistiques protéiformes – peintures sur toile, illustration de livres, conceptions de costumes pour le théâtre et du nouveau plafond de l’Opéra de Paris, vitraux, etc. -, poétiques, parfois oniriques, inspirées par des thèmes récurrents : la Bible, l’enfance à Vitebsk (Biélorussie), l’amour, la Shoah, l'aspiration à la paix entre les hommes… Arte diffusera le 29 novembre 2020 « Chagall entre deux mondes » (Chagall. Ein Maler zwischen den Welten) de Laurence Jourdan.

Plus de deux cents œuvres de Marc Chagall (1887-1985), venant de musées et fondations prestigieux - musées de Saint-Pétersbourg et de Nagoya, le Moma à New York, le Tate à Londres, les Fondations Maeght et Beyeler -, ont été réunies pour cette rétrospective, allant des premières peintures en 1908 jusqu’aux dernières œuvres monumentales des années 1980. 

« Si les grands thèmes chers à Chagall sont évidemment abordés, comme la culture Juive, l’iconographie du village Juif ou encore les traditions populaires, l’exposition se concentre également sur sa rencontre avec la littérature du XVIIe siècle - et spécifiquement La Fontaine -, le théâtre et l’opéra, la découverte de la lumière et le traitement de la couleur. Un écho particulier est donné à la période russe de l’artiste, au moment où son style si personnel le distingue d’un courant artistique imprégné par la révolution cubiste ». 

Chagall « ne fut pas toujours compris et on évoque à tort l’aspect naïf de son œuvre qui est une suite de tableaux, dessins et ouvrages qui relatent des événements heureux ou malheureux de sa vie… »

« Fidèlement retranscrit, le langage poétique original de Chagall embarque les visiteurs dans un univers époustouflant, témoin de multiples cultures et traditions ».

Né à Liozna près de Vitebsk (alors dans l’empire russe, et actuellement en Biélorussie), Marc Chagall grandit dans une famille Juive hassidique nombreuse : le couple pieux a neuf enfants.

Après une enfance à Vitebsk, il étudie à l’école des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg et débute dans des ateliers

Il arrive « à Paris en 1908, emportant avec lui ses sources d’inspiration telles que les coutumes populaires russes et les histoires traditionnelles de ghettos. Il les adapta aux divers mouvements artistiques de la peinture : avant-garde, cubisme, surréalisme en jonglant avec les formes, les couleurs, les contes, les histoires ».

« Audaces spatiales, approches poétiques, contes à dormir debout, amoureux volants, l’exposition présente des pièces d’exception qui enchantent à mesure que se poursuit la visite de l’exposition devenue l’antre de la fantaisie, de la parabole, de la métaphore ».

Le 4 juillet 2016, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) a proposé un atelier pour enfants sur l'enfance de Chagall.

Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture a proposé l'exposition Chagall. De la poésie à la peinture. "Près de 300 œuvres sont réunies à Landerneau et illustrent  ce parcours hors norme de Marc Chagall qui a traversé le 20e siècle et laisse une œuvre présente sur tous les continents et qui nous livre à l’infini un message de liberté".

« Peindre. Un homme a passé sa vie à peindre. Et quand je dis sa vie entendez bien. Le reste est gesticulation. Peindre est sa vie. Que peint-il ? Des fruits, des fleurs, l’entrée d’un roi dans une ville ? Tout ce qui s’explique est autre chose que la vie. Que sa vie. Sa vie est peindre. Inexplicablement. » écrit le poète Louis Aragon. Lorsque Marc Chagall disparaît le 28 mars 1985, la reconnaissance de son œuvre est universelle. Peu de personnes cependant ont en mémoire les liens indéfectibles qu’il a toujours entretenus avec la poésie, en écrivant lui-même, gravant ou peignant au contact des écrivains et poètes de son temps. Sur les chemins de la poésie et dans ce « grand jeu de la couleur » dont a parlé son ami André Malraux, il aura forgé une œuvre atypique, intense et généreuse".

"L’exposition, présentée au Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture, réunit des œuvres majeures provenant de musées internationaux et de collections privées. Ces œuvres illustrent le thème de la Bible et les événements qui ont marqué la vie de Chagall : la révolution, la guerre, l’exil… ainsi que des textes essentiels du passé qui lui ont servi d’appui pour de grands livres illustrés : Jean de La Fontaine, Gogol... Des écrivains ou poètes dont Chagall fut l’ami proche, Blaise Cendrars, Guillaume Apollinaire, André Malraux, Louis Aragon,… disent également d’autres rencontres d’exception qu’il fit en son temps".

Saint-Paul et Vence
Le 13 octobre 2017 à 16 h 30, dans le cadre d'Invitation au voyage (Stadt Land Kunst) présentée par Linda Lorin, Arte proposa Chagall, Saint-Paul et Vence, les deux amours de Chagall / Londres / Moscou (Chagall, Saint Paul und Vence / London / Moskau), réalisé par Fabrice Michelin (39 Min).

"Attiré par la lumière du Midi et sa végétation foisonnante déchirée par des pics rocailleux, le peintre Marc Chagall s’installe à Vence en 1949, qu'il quittera en 1966 pour Saint-Paul".

"Londres, la plus punk des capitales. Il y a quarante ans, Londres voyait éclore le punk dans une époque de récession et de chômage. Ce mouvement musical spontané a rapidement investi les sphères culturelle, politique et sociale pour donner à la capitale anglaise son ambiance abrasive".

"L’incontournable" : à Moscou, "L’ouvrier et la kolkhozienne". "L’ouvrier brandit son marteau, la kolkhozienne sa faucille. Créée en 1937 pour l’Exposition universelle de Paris, cette gigantesque sculpture, symbole du réalisme socialiste soviétique, cache une histoire de rivalité".

« Chagall entre deux mondes »
Arte diffusera le 29 novembre 2020 « Chagall entre deux mondes » (Chagall. Ein Maler zwischen den Welten) réalisé par Laurence Jourdan.

Un documentaire "diffusé en marge de deux expositions – "Marc Chagall. Le passeur de lumière" prévue au Centre Pompidou-Metz et "De couleur et d'encre. Marc Chagall et les revues d'art" au Musée national Marc Chagall à Nice. 

"Suspendues en raison de la situation sanitaire, ces deux expositions reprendront à l'issue du confinement."

« Figure charnière entre deux mondes – tradition et modernité, figuration et abstraction –, Marc Chagall nous entraîne, de 1910 à 1923, entre Paris et Vitebsk, petite ville de Biélorussie qui devint au début du XXe siècle un laboratoire de l’avant-garde russe. À travers le parcours personnel et artistique de Chagall, c’est aussi l’histoire des artistes juifs de l’Empire russe que ce documentaire nous invite à découvrir. »

« Entre 1910 et 1930, de l’Empire russe à Paris, le peintre juif Marc Chagall (1887-1985) voyage entre art populaire et art moderne, entraînant dans son sillage toute une génération. Un passionnant portrait. »

« Mon art avait besoin de Paris comme un arbre a besoin d’eau." En 1910, Marc Chagall, comme nombre d’artistes aimantés par la frénésie créatrice de la capitale française, quitte l’Empire russe pour s’abreuver à la source des avant-gardes ». 

« Si le fauvisme – qui a libéré ses couleurs – et le cubisme infusent ses toiles, le jeune peintre, proche de Blaise Cendrars, façonne son propre univers, à la croisée des cultures juive, russe et française, depuis son atelier de la Ruche à Montparnasse ». 

« En 1914, de retour à Vitebsk, sa ville natale en Biélorussie, Marc Chagall retrouve sa bien-aimée, Bella Rosenfeld, qu’il épouse l’année suivante »

« Le peintre, issu d’une famille nombreuse, modeste et pieuse, immortalise alors le quotidien dans la "zone de résidence", où les Juifs de l’Empire sont parqués et persécutés ». 

« Mais tandis que ses comparses (Lazar Lissitzky, Solomon Ioudovine…), formés, comme lui, par "le peintre du shtetl" Iouri Pen, se mettent en quête d’un art populaire juif, avant de glisser vers la modernité, Marc Chagall, toujours attaché à son indépendance esthétique, se contente d’y puiser des motifs ». 

« Aux souffrances de la Première Guerre mondiale, qu’il fixe à l’encre de Chine, succède l’euphorie de la révolution de 1917, synonyme d’égalité des droits pour la communauté juive ». 

« Nommé commissaire aux Beaux-Arts de Vitebsk, le peintre fonde une école ouverte à tous les courants, dont le suprématisme de Malevitch, qui gagne la bataille de l’abstraction ».
 
« Évincé de l’établissement en 1920, Chagall regagne Paris, où la joie des Années folles imprègne sa palette, à l’image de ses illustrations éclatantes des fables de La Fontaine, avant que la montée des nationalismes et de l’antisémitisme n’assombrisse son horizon ». 

« Ce passionnant portrait retrace le parcours du peintre entre 1910 et 1930, de Vitebsk, laboratoire de l’avant-garde russe, à Paris, où s’écrit une page majeure de l’histoire de l’art. Nourri de décryptages d’œuvres et d’éclairages de spécialistes (dont Meret Meyer, sa petite-fille), il raconte aussi l’émergence d’une génération d’artistes juifs russes, figures charnières entre l’Est et l’Ouest, la tradition et la modernité, le figuratif et l’abstraction ». 


"Né dans l'Empire russe au sein d'une famille juive, Marc Chagall découvre Paris en 1910. Dès lors, il ne cessera d’irriguer ses œuvres de ces différentes cultures. Intervenant dans le documentaire Chagall entre deux mondes, Nathalie Hazan-Brunet, qui fut conservatrice au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, commente trois tableaux majeurs de l'artiste. Propos recueillis par Guillemette Hervé".

"Autoportrait aux sept doigts" (1912-1913)
"Marc Chagall articule ses cultures juive et russe avec la modernité qu'il découvre en France. Dans ce grand tableau de sa période parisienne, il affirme son statut d’artiste et se représente entre ses deux mondes : derrière lui, on aperçoit par la fenêtre Paris et la tour Eiffel. À droite, dans une nuée, Vitebsk, sa ville natale. Sur le mur, de part et d’autre de sa tête, sont inscrits en yiddish ‘Russie’ et ‘Paris’. Il peint À la Russie, aux ânes et aux autres (1911) : une vache vole sur les toits de Vitebsk, une femme à la tête dissociée du corps tient un seau. Sa main à sept doigts posée sur la toile renvoie à sa langue maternelle, le yiddish, et à l'expression 'Mit ale zibn finger' ('avec les sept doigts') qui signifie 'faire quelque chose avec intensité'. L’œuvre de Chagall opère comme le yiddish, langue de 'fusion' qui  intègre les idiomes du pays où elle se développe et les transforme. Le peintre procède ainsi avec les mouvements artistiques de l'époque, ici le cubisme, pour effectuer une synthèse, construire son propre langage."

"Paris à travers la fenêtre" (1913)
"'La peinture me semblait être une fenêtre par laquelle je pouvais m'envoler vers d'autres mondes', écrit Chagall en 1958. La liberté qu’il découvre à Paris se traduit dans ce tableau où le bleu, le blanc et le rouge résonnent comme un hymne à la France. Un train roule à l'envers, un couple vole tête-bêche, le chat arbore un visage humain... À droite, un autoportrait, un Janus à deux faces entre passé et avenir. Un thème fréquent chez Chagall, où l'homme/l’artiste a souvent la tête renversée ou séparée du corps : une manière de dire le monde à l’envers. Dans le ciel, sans doute encore un autoportrait, cette fois en Luftmensch, ‘l’homme de l’air’ de la littérature yiddish, un homme qui vit de rêves ; sous un parapluie, il atterrit dans sa nouvelle patrie.

"Les portes du cimetière" (1917)
"Dans cette œuvre réalisée à Vitebsk, Chagall célèbre deux événements de 1917 : la révolution russe, qui accorde aux Juifs du pays la pleine citoyenneté, et la déclaration Balfour, favorable à l'établissement d'un foyer juif en Palestine. Cette représentation d’un cimetière et de pierres tombales s’inscrit dans le retour au patrimoine juif qu’effectuaient les artistes de cette époque. Le cimetière, rendu dans sa partie inférieure de façon très réaliste, est surmonté d'un ciel explosif, 'cubisant', aux couleurs du drapeau sioniste et, sur le fronton de son portail, sont inscrits des versets de la vision du prophète Ézéchiel dans la vallée des ossements, laquelle évoque une résurrection, la renaissance du peuple juif. L’œuvre de Chagall est toujours arrimée à son temps ; elle en transmet les promesses, les menaces, elle se fait l’écho de ses traumatismes." 


« Chagall entre deux mondes » de Laurence Jourdan France
France, ARTE France, Zadig Productions, 2019, 52 min
Sur Arte les 29 novembre 2020 à 17 h 55 et 27 décembre 2020 à 6 h 50
Disponible du 22/11/2020 au 27/01/2021
Visuels :
Marc Chagall
© Archives Marc et Ida Chagall, Paris

Marc Chagall, Autoportrait aux sept doigts, 1912
© Stedelijk Museum Amsterdam / Adagp, Paris 2020

Marc Chagall, Moi, 1911
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat / Adagp, Paris 2020

El Lissitzky, Had Gadya (planche titre), 1919
© RMN-Grand Palais - mahJ / Michel Urtado

Marc Chagall, gouache illustrant la fable « Le Loup et l’agneau » de Jean de La Fontaine (détail).
© Comité Marc Chagall / Adagp

Marc Chagall, La Mort, 1908-1909 (détail).
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacques Faujour / Adagp, Paris 2020


Michel Draguet, Jean-Claude Marcadé, Marcello Massenzio, Ambre Gauthier, Ugo Volli, Paolo Biscottini, Evgenia Kuzmina, Marc Chagall. Une rétrospective 1908-1985. bilingue français et néerlandais. Giunti - Fonds Mercator, 2015. 352 pages. 304 ill. ISBN : 978-94-6230-085-9

Jusqu’au 28 juin 2015
Rue de la Régence 3. 1000 Bruxelles. Belgique 
Tél. : +32 (0)2 508 32 11
Du mardi au vendredi de 10 h à 17 h. Le week-end de 11 h à 18 h

Visuels
Affiche
Marc Chagall, La promenade
1917-1918, huile sur toile
State Russian Museun, Saint-Petersbourg
© Chagall® SABAM Belgium 2015

Marc Chagall
© Chagall® SABAM Belgium 2015

Marc Chagall
Couple au-dessus de Saint-Paul
1968, huile sur toile,  collection privée
© Chagall® SABAM Belgium 2015

Marc Chagall
Composition au cercle et à la chèvre - Théâtre d'art Juif 
1920, huile sur carton posé sur bois aggloméré (modèle), collection privée
© Chagall® SABAM Belgium 2015, 

Affiche
Entre chien et loup, 1938-1943
Huile sur papier marouflé sur toile
100 x 73 cm
Collection privée

Le bûcheron et Mercure, 1927
Gouache sur papier brun
51,4 x 41,2 cm
Collection privée

Le miroir, 1915
Huile sur papier monté
sur carton
100 x 81 cm
State Russian Museum,
Saint-Pétersbourg

Le midi de la France du peintre Marc Chagall se trouve dans le pays vençois. Parmi les vallées s’étagent des collines à la végétation méditerranéenne, déchirée par des pics rocailleux, d’une blancheur virginale. Sur ces contreforts, comme ancrée dans la terre surgissent deux villages fortifiés : Vence et Saint Paul. Attiré par la lumière, Chagall s’installe à Vence en 1949.
© Elephant Doc


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Les citations proviennent du dossier de presse. L'article a été publié le 26 juin 2015, puis les 31 octobre 2016 et 11 octobre 2017.

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