Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 14 novembre 2019

« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé


Arte diffusera le 16 novembre 2019 « Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » (Friedrich II. - Der Staufer Der ewige Kampf mit dem Papst) par Markus Augé. « Portrait de l’empereur Frédéric II, dont le règne marque un tournant dans l’histoire du Saint Empire romain germanique. »
« Les chevaliers Teutoniques » de Krzysztof Talczewski 
« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé 

Le Saint-Empire romain était un regroupement politique de territoires localisés dans l'Europe occidentale et centrale au Moyen Âge. A sa tête : un monarque dénommé « empereur des Romains ». De sa création en 962 à son démantèlement en 1806 par Napoléon, il se situait dans le prolongement de l’empire d’Occident des Carolingiens et même de l’Empire romain. Le qualificatif "Saint" fut ajouté durant le règne de Frédéric Barberousse afin de conférer une légitimation "divine" ou "sacrée" au pouvoir.

Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), « régna sur le Saint Empire romain germanique de 1220 à 1250". Il fut roi de Germanie, roi de Sicile, roi de Provence-Bourgogne (ou d'Arles), et roi de Jérusalem depuis 1229.

Petit-fils de Frédéric Barberousse, ultime empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il "fut une figure historique hors norme ».  

« Né en Sicile, ce grand réformateur et promoteur des sciences est considéré par certains comme le premier souverain "moderne". Il est surnommé de son vivant "Stupor Mundi" (la « Stupeur du monde ») et « prodigieux transformateur des choses »,

Il dirigea la sixième croisade, pacifique, et fut le second, après Godefroy de Bouillon, à reconquérir les lieux saints de la chrétienté. 

Des différends l'opposèrent à la papauté. Frédéric a été à plusieurs reprises excommunié. Le pape Grégoire IX le surnommait « l'Antéchrist ». 

Polyglotte, « empereur cultivé, épris de beauté, Frédéric II se révéla pourtant un homme de pouvoir brutal, qui n’hésita pas à jeter en prison son propre fils pour défendre son trône ». 

« Retour sur la destinée de cet empereur du Moyen Âge, qui, en raison de son hégémonie, s'attira de nombreux conflits avec les papes qui se succédèrent au cours de son règne ainsi que deux excommunications ».

Juifs
« Nul ne subira de violence pour la raison qu'il est juif ou sarrasin.» Ainsi en disposent les constitutions de Melfi, édictées en 1231 par Frédéric II de Hohenstaufen, l'un des personnages les plus originaux et les plus contrastés de son siècle. Si elles conservent une bonne part d'inégalités – le sang d'un juif ou d'un sarrasin y vaut la moitié de celui d'un chrétien – les constitutions de Melfi sont la première tentative, au Moyen Age, de substituer un Etat laïque, organisé sur la loi et fondé sur un corps de fonctionnaires, à l'instabilité des allégeances féodales."

Ernst Hartwig Kantorowicz (1895-1963) était un historien allemand naturalisé américain, spécialisé dans l'étude des idées politiques médiévales. En 1927, il publie une biographie de l'empereur Frédéric II. Critiquée par certains historiens, cette oeuvre a été appréciée des nazis : le führer Hitler déclarait l'avoir lue plusieurs fois, et Göring en offrit un exemplaire au Duce Mussolini. 


Légendes
En 2015, les éditions Perrin ont publié "Frédéric II. Un empereur de légendes" de Sylvain Gouguenheim. « Frédéric II Staufen (1194-1250), l’empereur qui stupéfia le monde, selon les mots d’un chroniqueur contemporain, exerça son pouvoir dans une époque riche en mutations. Au cours d’un règne tumultueux, il déploya des qualités qui le placent parmi les souverains les plus fascinants de toute l’histoire médiévale occidentale. Héritier des rois normands de Sicile et des souverains germaniques, ce monarque réformateur et d’une volonté de fer apparaît comme l’une des figures majeures du Saint Empire. Dominant l’Allemagne, l’Italie et le royaume de Jérusalem, son objectif fut partout et toujours le même : exercer et défendre les droits royaux et impériaux, en usant avec souplesse des possibilités offertes par les situations locales. Les réussites, réelles, du règne ne masquent pourtant pas ses difficultés et ses échecs. Frédéric II se heurta à la révolte de son premier fils, Henri. En butte à l’opposition radicale de la papauté, il fut excommunié, puis, déclaré parjure et hérétique, il fut déposé par le pape Innocent IV. Par ce travail basé sur des archives aussi bien allemandes qu’italiennes et françaises, et en délaissant le mythe comme la psychologie supposée du personnage, mais en s’attachant à étudier le règne, sans a priori ni anachronisme, Sylvain Gouguenheim dresse le portrait renouvelé d’une figure médiévale d’exception ».

"Gouvernant l’Allemagne de loin, puisqu’il a passé l’essentiel de sa vie en Sicile et en Italie du Sud, Frédéric II représente « une pensée politique traduite en actes ». Le souverain, souligne Gouguenheim, s’attacha à construire un Etat puissant en exerçant les droits royaux et impériaux. Cette ambition, à l’instar de ses prédécesseurs, le fit entrer en conflit avec la papauté. Excommunié, déclaré parjure et hérétique, l’empereur finit par être déposé par le pape Innocent IV. S’il protégea les juifs, il combattit avec ardeur les hérétiques : contrairement à ce qui se dit, il ne fut nullement un apôtre de la tolérance, concept inconnu en son temps. De même ne fut-il pas un adepte du multiculturalisme, puisqu’il fit une guerre sans merci aux dernières poches musulmanes de Sicile. « Même délivré des mythes et des légendes qui le rendent multiforme et intemporel, voire opaque, conclut Gouguenheim, Frédéric II demeure un personnage étonnant, en aucun cas un souverain médiocre. » Une belle leçon d’histoire", a analysé Jean Sévillia.


« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé 
Allemagne, 2018
Sur Arte le 16 novembre 2019 à 21 h 45
Visuels : © Markus Augé

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire