mercredi 10 février 2016

« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël

Dominique Schnapper, directrice d’études à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), Chantal Bordes-Benayoun, directrice de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), et Freddy Raphaël, professeur émérite à l’université Marc Bloch de Strasbourg, analysent les résultats d’une enquête sociologique réalisée auprès d’un échantillon représentatif d’une « partie de la population française qui se reconnaît comme juive » à Strasbourg (2004-2005), à Toulouse (avril-septembre 2004) et dans la région parisienne (octobre 2005-avril 2006), lors d’une « vague violente de manifestations antisémites ». Commandé par la Fondation du Judaïsme Français, rendu public le 31 janvier 2016, le sondage d'IPSOS Perceptions et attentes de la population juive. Le rapport à l’autre et aux minorités a été mené par Brice Teinturier et Etienne Mercier.


Dominique Schnapper, directrice d’études à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), Chantal Bordes-Benayoun, directrice de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), et Freddy Raphaël étudient « le rapport au politique » des personnes interrogées.

Ces résultats sont éclairés par les commentaires ou anecdotes notées par les enquêteurs, sociologues ou anthropologues de formation.

Un « nouvel israélitisme » ?
Cette population « est plus homogène que dans les années 1970 ».

Ses « manières d’être juive » ont changé.

« La réinterprétation de la judéité en termes religieux est devenue dominante et est d’autant plus revendiquée que la pratique est plus intense ». Progresse l’affirmation du « judaïsme laïc ».

Un « sentiment aigu de l’antisémitisme » se conjugue avec l’inquiétude quant à l’avenir.

Quant à « l’attachement à Israël », il « croît avec l’âge des interviewés » et le degré de pratique religieuse.

Les auteurs de ce livre  intéressant observent une « tentation du repli sur soi », une attirance vers « l’intervention publique », ainsi qu’une « forte participation électorale, un refus des extrêmes, le choix de la gauche modérée et l’éloignement relatif des partis de gauche ».

Ils observent une « rigidité et une politisation des institutions officielles » dans une France en mutations.

La "tentation de l'entre-soi" ou "l'entre-soi" par isolement contraint ? En moins de quinze ans, au fil des agressions antisémites et attentats islamistes, des défilés de la "rue musulmane" et de ses soutiens, de la diffamation et de la délégitimation d'Israël - affaire al-Dura, BDS -, la condition juive s'est dramatiquement affaissée. Son socle s'est délité. Son leadership a décliné. Et son avenir obscurcit.

Publié le 8 novembre 2013, le rapport  du FRA  (Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne) intitulé Discrimination et crimes de haine à l’égard des Juifs dans des États membres de l’UE  révèle que les Juifs français  ont un des taux de perception de l’antisémitisme parmi les plus élevés en 2013.

Commandé par la Fondation du Judaïsme Français, rendu public le 31 janvier 2016, le sondage d'IPSOS Perceptions et attentes de la population juive. Le rapport à l’autre et aux minorités a été mené par Brice Teinturier et Etienne Mercier. Ceux-ci ont mené trois enquêtes : une enquête Grand public, une enquête auprès des Juifs et une enquête auprès des musulmans. Près de quatre personnes sondées sur cinq pensent que la France est en déclin. Les Français Juifs déplorent un manque de réaction à l'antisémitisme essentiellement du gouvernement, des médias, de la population française dans son ensemble, de partis d'extrême-gauche et des musulmans.

Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël, La condition juive en France, la tentation de l’entre-soi. PUF, coll. Le lien social, 2009. 152 pages. 20 euros. ISBN : 978-2130567073

Dominique Schnapper et Freddy Raphaël ont participé à la conférence Le judaïsme français depuis 1944, le 26 novembre 2013, à 19 h 30, au MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme). Réservation indispensable par mél ou par téléphone au 01 53 01 86 48, du lundi au vendredi de 14 h à 17 h 30.

A lire sur ce blog :

Commandé par L’Arche, cet article n’a pas été publié par ce magazine du FSJU. Il a été publié sur ce blog le 25 novembre 2013.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire